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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Messieurs, bonjour. Nous allons bientôt commencer. Nous attendons juste que les dernières personnes qui arrivent prennent place, ce qui ne devrait plus être bien long. Mesdames, Messieurs, chers amis, chers compagnons, je vous remercie d'être venus aujourd'hui si nombreux, malgré les intempéries, dans ce merveilleux cirque d'hiver qui, moi, à titre personnel, a enchanté ma jeunesse. Je vous avoue que je n'ai jamais imaginé un seul instant prendre la place de Roger Lanzac sur la piste aux étoiles. C'est un rêve de gosse qui se réalise. Je tiens à remercier chaleureusement notre hôte, Francisco Bouglione, qui a toujours répondu présent à chaque grand événement organisé par Debout la France et notre président. Notre président Nicolas Dupont-Aignan, vous l'attendez tous avec impatience, et il va très prochainement nous dévoiler sa vision de la situation actuelle du pays, ainsi que les mesures qu'il entend mettre en œuvre pour le redresser. Mais si vous le voulez bien, nous allons dans un premier temps commencer par une table ronde où nous évoquerons les principaux défis que la France doit relever pour assurer son avenir, dans des domaines aussi variés que l'assimilation et la sécurité, en passant bien évidemment par l'économie. Nous en avons retenu six. que chacun de nos brillants intervenants va pouvoir développer. Et pour vous les présenter, je passe la parole à notre responsable de la ville de Fréjus, dont elle fut longtemps la troisième adjointe, je vais nommer Brigitte Aulois.
Merci Jean-Marc. Alors j'espère que... Vous serez indulgents, je ne suis pas une professionnelle et je suis sur une piste, comme tu me l'as dit aux étoiles. Donc mes chaussures brillent, mais j'espère que je ne vais pas vous décevoir. Alors je vais présenter rapidement nos intervenants. Je vais commencer par Guillaume Bigot. On ne le présente plus d'ailleurs. Vous êtes entre autres politologue, chroniqueur et directeur de l'IPAC Business School, donc avec ses deux campus, Paris et Nice. José Evrard, cher José Evrard, vous êtes député du Pas-de-Calais depuis 2017 et vous êtes vice-président de DLF. Nous accueillons aussi cet après-midi Julien Berthaud, et nous en sommes ravis, policier, policier national à Tours depuis une vingtaine d'années, représentant du syndicat CFDT Alternative Police en Indre-et-Loire. Merci à lui d'être présent. Et nous accueillons une femme, une première femme, Madame Martine Bidel. Maire du Ménil-Aubry, Val-d'Oise, 930 habitants dans le nord de Paris. Ancienne juriste en entreprise et je la félicite d'être ici. Et je la félicite d'être maire parce que j'étais un petit peu adjointe dans une autre vie. Et c'était un gros boulot. Et bravo à vous d'être là et de venir nous parler de vos difficultés. Merci. Cher Arnaud Alza Lali. Tu es enseignant professeur de lettres classique à Valence, délégué national à la culture, Nicolas t'a fait cet honneur, et au patrimoine. Et tu souhaitais que je l'indique, tu fais, tu vas nous le dire toi-même, tu enseignes l'art.
Les arts de la scène, exactement. Les
arts de la scène, donc tu es dans ton espace. Et je m'approche de madame Yamina Hamzal, qui est là ce soir, cet après-midi avec nous. Merci à elle, merci à cette deuxième femme, qui a un parcours extraordinaire, hors du commun. Elle est enseignante universitaire, docteur S. Sciences, notamment en génie des procédés et en mécanique des fluides. Je ne me suis pas trompée. Et elle est conseillère municipale d'Ivry-sur-Seine, entre autres, et vous verrez par la suite, elle a d'autres responsabilités associatives. Merci Madame.
Juste un mot pour vous préciser une chose qui est très importante. Vous savez que nous avons organisé cet événement sans passe sanitaire. Il est donc particulièrement important que chacun garde sa place et garde son masque pendant toute la durée de l'événement. Merci.
nous allons commencer avec Guillaume Bigot. Monsieur Bigot, vous êtes docteur en sciences politiques, éditorialiste, je l'ai dit, écrivain, chroniqueur, chroniqueur télé, au franc-parler, désormais légendaire. Vous avez travaillé avec Jean-Pierre Cheminement, Charles Plachuskois. Si, si, il faut le dire. Vous enseignez la géopolitique notamment à l'IPAD, votre école, l'IPAD Business School, dont vous êtes le directeur général. Un tel CV vous désignez tout naturellement pour ouvrir cette table ronde et nous livrer votre sentiment sur l'état général d'une France qui ne laisse pas d'inquiéter de plus en plus de nos concitoyens.
Merci infiniment. Merci à toutes et à tous. Enfin, on dit maintenant toutes et tous, etc. Je ne sais pas si je vais céder à cette mode, mais en tout cas, je suis surtout un citoyen. Et comme chacune, chacun d'entre vous, évidemment, inquiet pour le destin de notre pays. Et je m'a demandé, c'est une charge très difficile, de dresser un tableau général. Et donc j'ai appelé Nicolas pour qui j'ai beaucoup d'estime et d'amitié. Je pense que les politiciens, les hommes politiques vont être balayés. C'est souvent le cas dans l'histoire, il y a des changements de classe dirigeante, je vais peut-être revenir sur cette idée très rapidement, mais je pense qu'il fera, et sans doute avec d'autres élus qui ont gardé une fidélité et une droiture, il sera un survivant de cette classe dirigeante qui sera probablement, qui connaîtra un peu le sort des dinosaures. Je suis inquiet pour la France, c'est vrai, et en même temps, on sent quelque chose se passer. Vous avez eu la gentillesse de rappeler que j'ai travaillé avec Charles Pasqua, avec Jean-Pierre Chevènement. Jean-Pierre Chevènement, on était justement au Cirque d'Hiver, c'était un grand discours. A l'époque, on disait qu'il avait fait turbuler le système. Alors, il a été monté jusqu'à 13% dans les sondages. Et j'avais lancé un petit groupe, ça s'appelle Génération République, avec Natacha Polony et d'autres jeunes. À l'époque, j'étais un jeune choubraniste, maintenant j'ai les cheveux blancs. Et donc on... Mais sincèrement, je ne sentais pas ce que je ressens aujourd'hui profondément, c'est-à-dire qu'on est arrivé au bout d'un cycle. Et lorsque j'ai téléphoné à Nicolas Dupont-Aignan tout à l'heure, à notre président, je lui ai dit mais de quoi veux-tu que je parle ? Et il m'a confié cette anecdote, j'espère qu'il ne m'en voudra pas, mais il m'a dit mais en fait on devait retransmettre ce qui se passe ici. sur une chaîne de télévision que je connais bien, que je ne nommerai pas. Et en fait, finalement, c'est remplacé par la mort de Bernard Tapie. Et il se trouve que j'ai croisé Bernard Tapie, j'ai même écrit des discours pour lui quand j'étais gamin, quand j'avais besoin de sous, j'étais étudiant. Je l'ai connu, c'était un homme assez impressionnant, c'est vrai, avec une énergie, une fougue incroyable. Il y avait quelque chose d'une sorte de bête, de scène, de foire, enfin taureau, tout ce qu'on dit sur lui est vrai, il avait une énergie vitale incroyable, c'est un combattant. Mais je pense qu'en... Qu'est-ce que ça signifie peut-être la mort de Bernard Tapie ? Je pense que c'est la mort d'une époque. Cette époque qu'il a parfaitement incarnée d'ailleurs. C'est l'époque de la gagne, c'est l'époque de Margaret Thatcher, c'est l'époque de Reagan, c'est l'époque des Etats-Unis, c'est l'époque de l'individualisme, c'est l'époque de l'économie écrasant la politique, et c'est l'époque finalement du bon plaisir individuel. C'est-à-dire, je fais ce que je veux quand je veux, comme je veux. Ça veut dire, je fais ce que je veux dans l'ordre des mœurs. des choses qui se font, des choses qui ne se font pas, mais je fais ce que je veux aussi dans l'ordre économique, c'est-à-dire si je veux déplacer mon argent d'un pays à l'autre, je le fais, qu'importe les conséquences pour l'économie de mon pays, je fais ce que je veux, le bon plaisir individuel, en fait c'est ça aussi le gouvernement des juges, ce qu'ils appellent l'état de droit, en fait comment les juges écrasent sous leur talon la démocratie. C'est le bon plaisir individuel. Tout ça, finalement, ça a un sens. Et cette génération et cette façon de voir les choses est en train de... Alors, il est mort, mais c'est ce monde qui est en train de mourir sous nos yeux. C'est-à-dire que le monde entier ne veut plus du bon plaisir individuel. Et le bon plaisir individuel, après l'effondrement de l'Union soviétique en 1991... C'est devenu la mondialisation, mais en fait c'est un mot de passe, c'est un surnom la mondialisation, il faut retirer cette étiquette de mondialisation, la mondialisation c'est bien sûr une américanisation, et l'américanisation c'est l'Amérique d'ailleurs, se comporte, écarte les bras, elle se comporte comme elle veut, fait ce qu'elle veut, quand elle veut, elle veut récupérer les puits de pétrole, elle fabrique des fausses preuves, elle attaque un pays, elle le détruit, etc. Voilà un peu l'état, et je pense que... L'état de la France, c'est d'abord le fait que cet univers-là est en train de disparaître. Bien sûr, au cœur de ce système, il y a l'Union européenne, qui a promu des droits économiques, la liberté de circulation, la liberté de circulation des capitaux, la liberté de circulation des marchandises, la liberté de circulation des hommes, l'immigration. Il ne faut jamais oublier que la circulation des capitaux et la circulation des hommes, c'est l'aver et le revers d'une même médaille, en fait. Si vous laissez les capitaux circuler... Les néolibéraux vont vous dire mais il faut aussi ouvrir les frontières à l'immigration. On voit bien cette mise en concurrence globale et cette mise en concurrence elle est liée profondément à une époque parce qu'on nous a expliqué que si on critiquait ce modèle c'est qu'on était communiste, c'est qu'on avait la nostalgie d'Union soviétique, du socialisme, etc. Ensuite, alors qu'est-ce qui nous... Moi j'ai l'impression plutôt, pour être assez bref, que c'est vraiment, on va assister à un changement de classe dirigeante. Je suis attaché à cette idée parce que je pense, regardez les gens qui ont fait la troisième république, on parlait de la république des Jules. C'était des gens qui avaient des caractéristiques sociologiques, c'était plutôt des instituteurs ou des professeurs, c'était plutôt des avocats, c'était plutôt des médecins, des gens qui avaient des professions libérales qui venaient de province, qui avaient été élus et après l'effondrement du second empire, c'est gens qui avaient la république chevillée au corps comme on le sait, c'est eux qui ont fait la loi sur les associations, ils ont fait la loi de la laïcité, ils ont fait la loi de l'école obligatoire et ils ont fait de la France sparte. Et c'est 14-18 ce que les Français ont fait à Verdun. À part les Russes, à Stalingrad, aucun peuple ne l'a fait. Si, peut-être les Spartiates et les Athéniens dans l'histoire. Donc ils ont vraiment redressé la France après la guerre de 70 et ils ont fait leur office en tant que classe dirigeante. Vous voyez, c'est un style de classe dirigeante. Ils avaient des valeurs, ils avaient des croyances. ils ont amené la France à accomplir un exploit, un exploit de civilisation, parce que la France en 1900, au moment de la tour Eiffel, c'était le centre du monde, c'était le centre du monde scientifique, artistique, tous les grands peintres, les grands de la littérature mondiale étaient là, Montparnasse, et c'est un peuple qui avait... Ils avaient profondément, ces fameux hussards noirs, ils avaient profondément inscrit dans le cœur des jeunes français la devise d'Athènes, courage et culture. Ils avaient monté le niveau scolaire de tous, y compris de gens vraiment analphabètes dans les campagnes, qui parlaient parfois des patois et pas le français. Ils en avaient fait des citoyens français. Et par ailleurs, ils en avaient fait aussi des hommes capables de donner leur vie pour leur pays. Eh bien, ces mêmes Jules, d'une certaine façon, ces mêmes républicains, francs-maçons, disons, radicaux, radicaux-socialistes, etc., ces gens-là, qui étaient de la trompe de Clémenceau, sont devenus des nuls, des nuls, des tocards, des mauvais, des zéro-pointés. Ils sont responsables d'avoir laissé Hitler faire des coups de poker successifs. Ils sont responsables d'avoir lâché la Tchécoslovaquie, d'avoir lâché la République espagnole. Ils sont responsables de l'affairisme dans l'entre-deux-guerres. Ils sont responsables du pourrissement de la démocratie française dans les années 20-30. Ce sont les mêmes en fait. Les mêmes qui avaient fait quelque chose de prodigieux se sont effondrés. Je pense que c'est exactement ce que nous avons vécu avec une forme de technocratie qui a été mise sur orbite par le général de Gaulle en 1958. Le général de Gaulle d'ailleurs avait cette idée de les remplacer. Mais en 1945, il n'a pas eu le temps de le faire, il a quitté les affaires. Et d'ailleurs, il avait plutôt, parce qu'il avait peur, comme on le sait, du maquis communiste, il a plutôt laissé les élites de la Troisième République qui avaient massivement collaboré. La Troisième République, je veux dire, le centre-gauche, centre-droite, je ne veux nommer aucun parti aujourd'hui, mais tout le monde sait bien, tout le monde a un secret de polychinelle, c'est que les électeurs du Rassemblement National, du FN, etc., avec tout ce cirque de fascisme, de la lutte contre le fascisme d'Operet, comme disait Jospin. Ces électeurs-là, sociologiquement, sont ceux qui faisaient sauter des trains, sont ceux qui étaient dans la résistance, bien sûr. On sait très bien où était le centre gauche, le centre droit. On le sait très bien. C'est très bien avec qui il savait le champagne pendant l'occupation, et qui a signé les ordonnances de Vichy, etc. Quel genre de population c'était ? C'est bien sûr les classes dirigeantes, c'était bien sûr les people d'aujourd'hui, c'était bien sûr les juges, c'était bien sûr les journalistes, c'était bien sûr toute cette bien-pensance qui nous fait la leçon matin, midi, soir. Et cette culpabilité-là, il la transfère sur le peuple français. Refermons cette parenthèse, je pense que cette technocratie que le général de Gaulle a lancée en orbite en 1958, Elle a fait un travail formidable, elle a modernisé considérablement la France jusqu'au seuil des années 80-90. Et puis ensuite, elle a commencé à s'affaisser, à s'effondrer sur elle-même. Et là, on en voit le bout du bout. Elle a cru d'ailleurs que l'Union Européenne allait être une sorte de levier d'archimède, comme disait le général de Gaulle, parce que, pour une raison très simple, c'est que la France s'est faite... par une sorte de technocratie, déjà à l'époque des rois, qui a abaissé les octrois, qui a unifié le royaume de manière administrative, de manière juridique, et qui a notamment unifié le commerce et unifié le droit, si vous voulez. Donc il y a eu un processus d'uniformisation. Et en fait, la technocratie française s'est emparée de l'Union européenne et a pensé qu'il... elle pouvait faire la même chose à l'échelle du continent européen, qu'en harmonisant la manière dont on ramassait les poubelles, en harmonisant la manière dont on chassait les oiseaux, en harmonisant la manière dont on classait les fromages ou les crus, en harmonisant, bref, sous une forme absolument technocratique, ça allait engendrer un peuple. Évidemment, c'était faux. De plus, il y a cette américanisation avec cette idée américaine du bon plaisir individuel. Pour conclure, moi je pense que tout le monde sait bien. que nous sommes menacés par cette mondialisation, qu'elle nous ébranle dans nos fondements. On est menacés par la concurrence chinoise avec un modèle assez effrayant qui a l'air de séduire une partie de nos classes dirigeantes, les QR codes, une société de l'archi contrôle. C'est une société hyper oppressante, c'est une société où l'individu n'est rien, il est complètement écrasé. On a encore ce fantasme qu'incarne Nicolas Sarkozy, qu'incarnait Bernard Tapie, qu'incarne encore M. Macron de la Start-up Nation, c'est-à-dire du monde américain en fait, avec le bon plaisir individuel, je fais du business, et le business va tout résoudre, résoudre tous les problèmes, et notamment les problèmes politiques. On est arrivé au bout. Et enfin, il y a bien sûr l'islamisme. L'islamisme qui est finalement un moyen de remplir ce vide spirituel qui est aussi une sorte de patriotisme et de substitution, parce que comme le disent les Écritures, en plus c'est l'Ancien au Nouveau Testament, l'homme ne vit pas que de pain. Je crois que c'est Jésus qui dit ça. Effectivement, c'est vrai, on n'a pas... Si
on pouvait éviter l'exégèse de la Bible... Oui, mais
ça fait partie de notre patrimoine au sens très large. Je vais abréger surtout. Je pense pour conclure que il faut en fait arrêter d'adapter la France à la mondialisation. C'est ça l'erreur. Et ça fait 30 ou 40 ans que cette erreur perdure. Et cette mondialisation, elle a un visage américain, elle a un visage chinois, elle a un visage islamiste. Et je crois qu'en fait, ce que nous avons apporté au monde, il faut d'abord reconstruire nos forces, c'est peut-être de franciser la mondialisation. Voilà, merci à vous.
Merci beaucoup Guillaume Bigot. Merci infiniment, c'était passionnant. Je retiens juste que la prochaine fois que vous me direz que je serai bref. J'ai mon étalon maintenant. José Evrard, Brigitte vous a présenté tout à l'heure. Vous êtes effectivement député de la troisième circonscription du Pas-de-Calais, si ma mémoire est bonne, mais vous êtes aussi fils de mineur. Élu du bassin minier-lançois, vous êtes depuis un demi-siècle de tous les combats pour la défense de l'indépendance nationale, de l'état social issu du Conseil national de la résistance, et pour le patriotisme économique que tous nos partenaires américains et allemands, dont Guillaume Bigot évoquait tout à l'heure, viennent pour leur part pratiquer. à l'heure où de plus en plus de politiques se convertissent à ce crédo du patriotisme économique que vous partagez depuis de très longues années avec Nicolas Dupont-Aignan. Quel regard portez-vous aujourd'hui sur la situation économique de notre pays
Écoutez, tout d'abord, je voudrais dire qu'on ne tombe pas impunément amoureux de la France sans être élevé par une certaine éducation, sans respecter sa culture, sans respecter son identité et sans soutenir son âme. Je suis fils de mineurs, mais fils de résistants mineurs. A la citadelle d'Arras, sur 218 fusillés, il y avait 188 mineurs et la plupart communistes. Et ces mineurs-là, au lendemain de la Libération, dont je suis issu, je suis un fils de la Libération, qui a connu les privations, les difficultés, les tickets de rationnement, ces mineurs-là, à l'appel du général de Gaulle et de Maurice Thorez, ont lancé la grande bataille du charbon. Ils ont retroussé leurs manches. Ces mineurs de France ont permis que notre pays ne devienne pas américain. Parce qu'à l'époque, il y avait l'AMGOT et les rotatifs tournés pour sortir un dollar américain-français d'occupation. Et ces mêmes mineurs ont eu une récompense extraordinaire en 1948. C'est de connaître l'occupation des mines. 70 000 hommes de troupes, de chars d'assaut, de gendarmes, envoyés par Jules Moque, le socialiste, pour réprimer ces mineurs. 3 000 licenciements, des gens qu'on n'a jamais reconnus et qu'on n'a jamais voulu absoudre de cette intervention qui était celle de défendre la France. Alors pourquoi j'ai fait cette introduction ? Tout simplement pour dire qu'au lendemain de la Libération, on a mis en place ce qu'on appelle un état social. Cet état social... C'était l'union du peuple de France qui allait de l'alliance royaliste au gauchiste en passant par les communistes, par les royalistes. Mais cet état social nous a permis de nous relever des ruines. Il a permis d'être leader parce qu'on avait des capitaines d'industrie qui avaient l'intérêt général chevillé au corps et qui avaient l'intérêt général de la France comme priorité. Je parle de l'EDF, je parle de la SNCF, je parle de la sécurité. Tout ça aujourd'hui est battu en brèche, parce qu'effectivement, on veut mettre en cause cette réalité-là. Alors, oui, je suis un homme d'engagement. Depuis 56 ans, je me bats. Je me bats pour rester fidèle à ce qui m'est prioritaire, c'est le regard de mon père. Mineur engagé, Le premier mineur à faire grève au fond de la mine en 1953, au 7 d'Auchelle, à Cochis-à-la-Tour, premier puits fermé par la communauté européenne du charbon et de l'acier. Deux mois et demi, ils se sont battus. Ils se sont battus pour leurs enfants, les enfants des terris aujourd'hui, à Lens, la capitale du bassin minier, dont je suis le député. C'est 50% de gens qui vivent avec moins de 15 000 euros annuels. C'est 23% de RSA, c'est 20% de chômeurs. C'est un commerce qui périclite, qui n'existe plus. Il n'y a pas besoin d'Hauswahl à Lens. À 9h du soir, les magasins sont fermés. Par conséquent, nous avons eu une situation. qu'on a mis en détresse volontairement. Je rappelle pour mémoire, je le ferai plus long après peut-être, qu'en 1973, le gouvernement français prend la décision de faire voter une loi qui fasse que la France soit dépendante de la finance. Et à partir de là, nous avons eu les prérogatives qui nous permettaient. d'être libre de nos choix politiques, d'être libre de nos décisions. Et donc, par conséquent, je peux témoigner qu'on a eu un passage de témoins du Parti Socialiste à la droite qui ont, pendant 40 ans, abaissé ce pays. Et que pendant 40 ans... Ils ont cassé la France, ils ont abandonné le bassin minier. Il n'y a plus rien dans le bassin minier, ni charbon, ni sidérurgie, ni métallurgie, ni textile. Et aujourd'hui, il y a un pays de désolation. Mais ce pays de désolation, c'est quelque chose qui se voit encore par des décisions que Bruxelles prend à la place du peuple français. Exemple, Bridgestone. Bridgestone reçoit l'argent des contribuables, il délocalise en Pologne et en Hongrie parce que les salaires sont à 400 euros. Cerise sur le gâteau nous annonce un grand renfort de communication et de propagande qu'on va construire une JICA Factory à Douvrin dans le sens de relancer l'activité automobile qui a été une activité de substitution par rapport à la décadence du bassin minier. Or cette usine Factory n'est pas encore démarrée qu'on annonce déjà que ceux qui seront prioritaires à l'embauche ce seront les travailleurs de PSA sur le trottoir d'en face dont l'usine de moteur. à essence partira en Hongrie. C'est des exemples vécus. Et ce vécu-là, c'est la réalité. Et moi, ce que je demande, parce qu'aujourd'hui, on peut toujours parler des pays totalité, etc. Mais il y a immensément de candidats qui ont un trait commun. Ils sont tous... Verts y compris, tous pour l'Union européenne. Et ça, c'est la catastrophe imminente sans les moyens de la conjurer. Ils sont tous pour l'Union européenne. Mais en même temps, quand j'entends M. Mélenchon dire « Ah, j'ai voté pour le traité de Maastricht, pitié de moi, j'ai voté en 2005 contre le traité européen », moi je m'en fous qu'il me dise ça. Il ne met pas en cause Maastricht, il ne met pas en cause Bruxelles, il ne met pas en cause l'euro, et donc par conséquent son absolution c'est un peu du vent. qu'il disperse comme ça par illusion pour se montrer qu'il est encore de gauche. Voilà la réalité dans laquelle j'ai été plongé.
Je
m'arrêter là. On
aura l'occasion d'y revenir brièvement dans le deuxième tour de table.
En tout cas, merci José Vrard pour cet hommage au mineur de fond. Mon grand-père était mineur de fond. Merci beaucoup. Julien Berthaud, c'est à vous. Je l'ai dit tout à l'heure, vous êtes policier, policier national à Tours depuis une vingtaine d'années, représentant du syndicat CFDT Alternative Police en Indre-et-Loire. La sécurité est un vaste domaine qui englobe des problématiques policières, judiciaires, juridiques, sociales, voire même sociétales. Vous êtes de part votre fonction. au fait des dysfonctionnements du système et du malaise qu'il génère parmi nos forces de l'ordre avec des conséquences bien trop souvent tragiques. Nous entendons tous les jours policiers et magistrats, surtout les policiers, alerter sur le manque de moyens dont ils disposent alors même que les violences faites aux personnes, les violences conjugales et les violences contre les forces de l'ordre ou même envers les pompiers ne cessent d'augmenter. Ma question. Comment le policier de terrain et le syndicaliste que vous êtes ressentent-ils la problématique sécuritaire dans la France de 2021
Bonjour tout le monde. Le problème sécuritaire, avec l'expérience que j'ai, à savoir une vingtaine d'années, un fonctionnaire de police, moi j'ai l'impression que la situation se dégrade sur le territoire français. Il y a la sécurité, effectivement, dans sa globalité, qui concerne police, gendarmerie, mais il y a toutes les incivilités qui vont avec. La plus simple incivilité, c'est une occupation de hall d'immeuble. Il est anormal qu'en 2021, n'importe quel citoyen français puisse pas rentrer chez lui parce que le hall d'immeuble est occupé et que quand il fait le chemin pour y aller, il se fasse agresser. Ça, c'est pas logique. Il y a également toutes les violences subies, effectivement, par les pompiers. J'ai du mal à concevoir. C'est quand même un service qui porte secours aux personnes et qui se font agresser, caillasser sur des interventions, voire se faire voler des ambulances de pompiers lorsqu'ils sont en train d'intervenir dans les immeubles. Il y a quelque chose qui tourne pas rond. Au niveau police, je dirais, comme on l'entend beaucoup, c'est effectivement notre travail de ramasser tous les jours. Alors, le problème, c'est qu'on n'a pas un gouvernement actuel qui nous aide. Pourquoi ? Début de la crise sanitaire, il a fallu porter les masques. Et la consignité de nos forces de l'ordre, c'est d'aller contrôler tous les automobilistes ou faire des points de contrôle pour vérifier que les attestations étaient en bonne et due forme, alors que nous, les premiers... On ne nous fournissait pas les moyens de se protéger. Quelle est l'image qu'on pouvait avoir au niveau de la population ? Moi, je suis désolé, je ne refusais catéoriquement contrôler un automobiliste ou un citoyen qui rentrait de son travail, alors que moi, le premier, je n'avais pas ce qu'il fallait pour montrer l'exemple. Donc il était hors de question qu'on applique les contrôles. Ça nous a valu quelques remontrances, parfois de la hiérarchie, mais on s'en moquait, puisqu'effectivement, nous, on était des citoyens avant tout, et on disait, mais il est hors de question qu'on aille. entre guillemets, emmerder les honnêtes citoyens qui venaient travailler. puis d'autre part, en plus, on avait beau l'expliquer à nos hiérarchies pour que ça remonte au niveau de nos instances gouvernementales, c'est pas notre travail d'aller contrôler. Comme là, on nous demande d'aller vérifier les passes sanitaires, c'est pas notre travail. On n'est pas issus des milieux médicaux et je ne vois pas la légitimité que je peux avoir. Moi, rentrer dans un restaurant ou dans un bar et dire au patron, est-ce que tout est appliqué ici ? Non, je vous fais fermer le restaurant. Non, c'est pas notre travail. Il y a les autorités administratives qui peuvent le faire, les préfectures, etc. A eux de se débrouiller pour pouvoir l'organiser.
-ce que vous pouvez nous dire deux mots du Beauvau de la sécurité ? Je
pense que c'est
symptomatique de l 'incapacité à régler les vrais problèmes.
Il est régulièrement repris dans les médias que les syndicats policiers ne sont pas contents des conditions de travail. Et là, comme par miracle, élection présidentielle arrivant, M. Macron a décidé de nous faire un Beauvau de la sécurité où on est attendu une révolution en disant « c'est bon, il va nous donner les moyens ». Et qu'est-ce qu'il en sort ? Une nouvelle tenue pour les forces de l'ordre. Qui ressemble plus à un maillot de l'équipe de France de football qu'autre chose. Je ne vois pas trop comment on va régler le problème.
Avec en parallèle des heures supplémentaires qui ne sont pas payées, évidemment.
Et nous en demandent toujours plus. On a le même problème au niveau de la justice. Après, pour en avoir discuté avec des magistrats, ils font le même constat. C'est-à-dire qu'on leur fait des promesses pour pouvoir faire du travail. Et en fait, il n'y a rien au bout. Parce que c'est bien beau de nous dire « Ah oui, effectivement, on va alourdir les peines planchées contre les agresseurs de force de l'ordre. Ah oui, on peut leur condamner à 10 ans, mais comme ils ne vont jamais en prison, on ne réglera jamais le problème. » Ça, on y viendra dans la deuxième partie, puisque ce sera les solutions à apporter. Mais en fait, le problème est général. Il y a une impunité. En fait, plus personne, je dirais les honnêtes citoyens, malheureusement, n'ont peur. Mais les délinquants n'ont plus peur ni de la police ni de ce que représente l'État.
Et dans ces baux, vous avez proposé des solutions et vous avez pointé le doigt sur l'énorme problématique des suicides. Ils avaient dit qu'ils diraient quelque chose, ils ne l'ont rien dit, strictement rien.
De toute façon, il y a une partie des suicides, une grosse partie qui est effectivement liée à nos conditions de travail. Après, il y a aussi parfois, malheureusement, les collègues qui ont des soucis personnels et les deux réunis font qu'ils passent à l'acte. Et on attendait des actes importants, notamment là-dessus, sur la prise en charge psychologique. Parce que, vous voyez, ne serait-ce que quand il y a eu des attentats, il n'y a pas si longtemps que ça, il n'est pas très loin d'ici. Si les collègues ne s'étaient pas pris en charge eux-mêmes, avec des consultations psychologues, etc. en extérieur, il y aurait eu une catastrophe. Voilà, on était des héros il n'y a encore pas si longtemps. comme les médecins ont été des héros, et puis maintenant les pointent du doigt parce que certains veulent refuser le vaccin. Il y a un moment où il faut que le discours soit logique et que le gouvernement et soutienne, que ce soit ses forces de l'ordre, son personnel médical, sa magistrature. Il y a un moment où il va falloir qu'ils prennent conscience de ça.
Merci Julien Berco. Merci beaucoup. Martine Bidel, vous êtes maire du Ménil-Aubry, une petite commune rurale de la Plaine de France, de 930 habitants, et vice-président du syndicat de traitement des déchets. Vous étiez jusqu'il y a peu juriste en entreprise, vous m'avez dit que vous étiez en reconversion, en art floral, et personne ne peut vous en blâmer. Les petites communes ont été fortement éprouvées par la loi NOTRe en 2015. et les intercommunalités prennent de plus en plus de place. Les dotations diminuent et nos compatriotes voient les services publics s'éloigner, au point parfois de ne plus jamais les voir. Tout ça au motif qu'Internet serait beaucoup plus performant à tout point de vue. Comment vit-on ces bouleversements lorsqu'on est maire d'une petite commune coincée entre l'aéroport de Roissy et Sarcelles ? Et ne vous sentez-vous pas seul quelquefois ?
Merci de donner la parole aux maires de petites communes telles que le Ménilobry. Je pense qu'effectivement, à l'heure actuelle, les trois quarts des communes de la France ont moins de 1000 habitants. Donc je pense que le Ménilobry représente parfaitement une grande partie de ces... de ces mairies, de ces communes. Effectivement, les maires de petites communes se sentent véritablement seules, démunies. L'État remet sur les maires de plus en plus de missions, sans pour autant donner les pouvoirs qui vont bien. Malheureusement, les maires n'ont pas les moyens tant humains que financiers. pour mener à bien leur mission. Effectivement, depuis 2015, avec le changement de périmètre au niveau des régions, Ça n'a fait qu'accentuer la débâcle. On ne s'y retrouve plus. Les intercommunalités ont grandi. Tels que chez nous, le Méninobri dépend de la communauté Roissy-Pays de France. On se retrouve noyés parmi des grandes communes qui ont plus de 50 000 habitants. Vous pensez bien que des petites communes comme celle du Méninobri ne s'y retrouvent pas. Nous n'avons pas les mêmes... les mêmes demandes, les mêmes besoins, et finalement on est, je dirais, de moins en moins entendus. Au niveau même des services publics, on s'aperçoit que ceux-ci sont de plus en plus réduits. Concernant toujours le Ménil-Aubriche, désolé, je donne ma commune en exemple. C'est pour ça que
vous êtes ici.
Mais voilà, nous avions un bureau de poste, celui-ci a été supprimé. Donc pour essayer de donner satisfaction à les administrés, la commune a essayé de conserver une agence postale. Donc ça suppose de mettre des locaux à disposition, de mettre du personnel à disposition, et finalement ça engendre encore des frais supplémentaires pour notre commune. On supprime des lits au niveau des hôpitaux, c'est pareil, on envoie des personnes âgées à 19h aux urgences à l'aide du SAMU. À minuit, on vous rappelle en vous disant, venez rechercher la personne, bien que celle-ci ne marche plus, ne tient plus debout, mais c'est pas grave, il faut la récupérer parce qu'il n'y a pas de lit pour l'accueillir. Autre sujet, pareil, les dépôts sauvages. On a de plus en plus de dépôts sauvages dans nos petites communes, dans nos campagnes. Le département n'intervient pas, bien que ce soit sur son périmètre. Donc finalement, on utilise les salariés, les collaborateurs de la commune pour aller enlever ces dépôts sauvages. Voilà, c'est encore des frais supplémentaires que la commune doit assumer. J'en passe et des meilleurs. Donc en fait, moins vous
avez de dotations, plus vous avez de tâches à accomplir.
Alors les dotations, on en a de moins en moins, parce qu'on ne remplit jamais les critères vis-à-vis de l'intercommunalité. Parce qu'en fait, le Méninobri ne remplit pas les critères, parce que normalement, il faut, pour avoir des subventions, avoir un accroissement de la population. Sauf que le Ménilobré est auprès de Roissy. Elle est dans une zone C, ce qu'on appelle une zone PEB, qui est là pour protéger les habitants et éviter qu'on développe le nombre d'habitants sur ce type de commune. Finalement, comme on ne se développe pas, on n'a droit à rien. Par contre, je vais avoir une salle communale à payer, une réfection d'église à 2,5 millions, mais on ne donne pas les moyens de mener à bien ma mission. C'est assez frustrant, mais je pense que la majeure partie des maires en France sont dans le même cadre. Rassurez-vous,
ils opinent du chef derrière vous. Merci beaucoup Martine Bidet.
Arnaud, Alzhalen, lorsque nous avons échangé sur le sujet que vous souhaitiez traiter, les sujets que vous souhaitiez traiter compte tenu de l'étendue de vos compétences, nous sommes tombés sur la culture et la liberté d'expression qui sont, à bien y regarder et réfléchir, deux domaines indissociables l'un et l'autre. Le philosophe danois Kierkegaard en effet que les gens exigeaient la liberté d'expression pour compenser leur liberté de penser qu'ils préfèrent éviter. Mais la liberté de penser elle-même, une grosse... La liberté de penser est elle-même une grosse consommatrice de cultures indispensables à son plein exercice. Une culture en déclin alerte-t-elle, selon vous, notre liberté de penser et compromet-elle notre liberté d'expression ? Là est la question.
Je voudrais vous remercier de me laisser m'exprimer sur un sujet qui est bien rare dans le débat politique, qui est le sujet culturel, car on a l'impression que c'est un sujet totalement négligeable, tant il paraît accessoire, comme une sorte de supplément d'âme des politiques publiques, un luxe qui serait réservé à une élite, une petite intelligentsia urbaine, qui rejoint peut-être d'ailleurs la caste dont M. Bigot parlait dans son intervention liminaire. est donc comme quelque chose qui ne nous appartiendrait plus à tous. Premier paradoxe puisque la culture, c'est bien ce qui nous lie tous. C'est bien ce qui fait que nous avons un sentiment d'appartenance à un collectif national. Aujourd'hui, nous avons l'illusion qu'elle est simplement réservée à quelques-uns. Toutefois maintenant, nous avons enfin peut-être une véritable prise de conscience de son importance fondamentale. Et j'entends bien fondamentale au sens étymologique du terme, elle est au fondement, elle est le socle qui va venir sous-tendre toutes les questions que nous avons évoquées autour de cette table ronde. Car pas d'éducation sans culture, pas de question d'assimilation sans culture, et même, j'aurais envie de dire, nous avons évoqué les questions économiques. Il y a aussi une culture économique de la France, le civisme qui s'apprend, la sécurité, on voit bien aujourd'hui qu'on en manque de civisme, c'est aussi la culture française. Donc c'est bien dans un sens de civilisation que j'ai envie d'évoquer la culture aujourd'hui, je sais que c'est un terme qui est cher à monsieur le député Évrard, cette civilisation. et non dans le périmètre étriqué des arts et de leurs subventions, car effectivement, depuis une quarantaine d'années, on a l'impression qu'il suffit de planter des primes, de planter des subventions, et que ça va pousser tout seul, sans chercher à avoir une véritable politique. Et en ce sens, ça ne peut être que négligé. Car si on se trompe d'échelle, on n'arrive pas à régler le véritable problème. Et ce qui est grave aujourd'hui, c'est que cette prise de conscience a lieu... uniquement à cause du fait que cette culture soit aujourd'hui en danger. Et c'est la raison pour laquelle j'ai souhaité lier la question culturelle à la question de la liberté d'expression, car les atteintes récurrentes et récentes à notre liberté d'expression ont été justement l'aiguillon qui nous a servi à nous réveiller et à nous dire qu'au travers de ces atteintes à la liberté d'expression, c'était aussi la culture française qui était... C'était une manière de penser, c'était un bon sens, c'était des automatismes que nous avions en tant que Français qui étaient critiqués. Et ainsi se rendre compte que, miracle, alors que pendant des décennies nous avons entendu le contraire, nous avions une culture française. Et c'est donc malheureusement par ce sentiment d'agression, par ce sentiment de dépossession de quelque chose que nous aurions tous en commun, que nous avons réagi. Et voilà bien l'un de nos mots. Notre difficulté à nous définir. Prenez quelqu'un dans la rue et demandez-lui qu'est-ce que la culture française ? Eh bien, je sentirais cette personne bien en difficulté. Ou alors, elle définira la culture française à contrario. Elle dira ce que nous ne sommes pas, et pas forcément ce que nous sommes. Nous ne sommes donc que dans une réaction à autre chose, et non plus dans savoir qui nous sommes. Or... Aujourd'hui, ce qui est important, c'est de savoir justement qui nous sommes. Impossible. de se conformer à un modèle à l'école s'il n'y a pas de culture. Impossible de s'assimiler pour un étranger si on ne lui propose pas de modèle d'assimilation. Seule l'attaque nous rend vivante. Et ces attaques vont être d'autant plus violentes dans le monde dit de la culture, c'est-à-dire le monde des arts, le monde des médias, attendu que justement nous les avons négligés, abandonnés à des formes de pensée extrêmes, il faut dire le mot d'extrême gauche. Et une fois devenu majoritaire, d'une fois devenu écouté, car sans opposition, donc dominant, eh bien ces gens-là, on les entend avoir de plus en plus des velléités presque totalitaires. Je vais faire disparaître toute pensée qui ne serait pas la mienne, comme à l'université. Donc on peut s'interroger aussi sur la provenance de ces attaques, et j'essaierai d'être bref. Elles nous parviennent essentiellement de deux côtés. Premier côté, un magma mondialiste qui cherche à tout unifier dans un modèle globalisant, ou plutôt qu'unifier, à tout uniformiser. Avec un paradoxe, c'est que ce modèle cherche aussi à être cosmopolite. Et de l'autre, nous avons l'un des grands mots de notre société qui est l'individualisme, qui va faire que les individus vont être juxtaposés les uns aux autres sans former aucun collectif. Et qui ne voit l'identité que comme l'exacte similitude, comme dans un miroir, à l'autre. Et ça, ça s'appelle le communautarisme. Et nous avons évidemment les exemples que nous connaissons tous, ceux qui se disent éveillés, dans un terme d'ailleurs assez religieux, les woke, ceux qui veulent annuler. Et que se passe-t-il ? Eh bien ces gens-là au Canada vont pratiquer l'autodafé, vont licencier des chanteurs d'opéra blanc en Angleterre, et ils vont donc là où il aurait peut-être fallu faire de la place. remplacer, supprimer l'existant au lieu d'agglutiner un autre existant à soi. Et ça, ça devient très grave. On substitue le faire de la place au remplacer. On peut d'ailleurs se demander jusqu'où va aller cet remplacement. Et d'autre part, je prendrais un exemple que tout le monde connaît, qui est celui d'écriture inclusive, très rapide. L'écriture inclusive, tout le monde en a entendu parler, qui va juxtaposer les féminins, les pluriels, etc. Et qui va nous montrer justement que grâce au signe de ponctuation le plus exclusif qui soit, n'allons pas intégrer... A l'intérieur du mot, tout le monde, il faut les mettre les uns à côté des autres. Donc l'identité, c'est comme une personne physique. Si vous ne connaissez pas, vous ne pouvez pas dans la vie avancer. Eh bien, il y a un travail d'introspection nationale très important à faire aujourd'hui.
Merci
beaucoup.
Yamina Hamzal, bonjour. Vous êtes diplômée de l'école polytechnique d'Alger. Vous êtes actuellement directrice d'études au département réseau et télécommunications à l'université Sorbonne-Paris-Nord de Ville-Tanneuse. Vous avez longtemps été ingénieur de recherche à l'école des mines de Saint-Etienne où vous avez passé un doctorat. Et j'ajoute que vous avez connu la guerre civile en Algérie et que vous êtes membre de l'union des femmes kabiles. Vous êtes arrivé en France en 2002 dans le cadre de vos études et votre parcours parle de lui-même, que ce soit dans le domaine de la vie publique, le domaine professionnel ou le domaine associatif. On est donc tout naturellement tenté de voir en vous une référence, une icône de l'assimilation républicaine. C'est ainsi que vous vous percevez vous-même et que vous inspire la situation actuelle de la France en matière d'assimilation des personnes étrangères, qu'elles soient arrivées récemment sur notre sol ou présentes depuis plus longtemps.
Merci, merci Jean-Marc. D'abord, je tenais à remercier toute l'équipe, Nicolas, pour cette invitation et de me permettre de parler d'un sujet qui me tient à cœur, comme vous le disiez Jean-Marc, la question de l'assimilation, qui depuis longtemps est devenue un tabou, voire même, quand on en parle, on taxe l'autre d'extrémistes, de fascistes, de je sais quoi d'autre, de tous les mots possibles. Alors oui, effectivement, moi, j'estime que mon parcours, en tout cas, que mon parcours que j'ai choisi d'assimilation à la France est aujourd'hui abouti, mais pas par l'effort que la France, malheureusement, m'a demandé de faire, puisque non, c'est parce que je portais en amour la France. J'aime la France. La question ne s'est pas posée pour moi quand je suis arrivée en France en 2002. Je ne me suis pas dit que je serai sûrement la chance pour la France, non. Je me suis dit juste que la France est d'abord une chance pour moi. Et j'espère l'être un jour pour elle. Voilà. J'espère l'être un jour pour elle et lui être utile aujourd'hui. Et donc pour moi c'était... C'était quelque chose de naturel, d'abord d'épouser ou de faire sienne la culture du pays qui nous accueille, qui nous a ouvert les portes. Et la France est un pays accueillant son histoire, sa culture, ses personnages historiques. Tout est à aimer en la France, très sincèrement. La fierté doit revenir aujourd'hui. chez tous les Français à qui on fait croire depuis des années, des années, des années, 40 ans, plus de 30 ans, de lâcheté, de renoncement d'une classe dirigeante, de politique d'une certaine élite, pour dire aux Français, ne soyez surtout pas fiers, puisque vous êtes coupables de tous les maux de la terre. Non, non, non, il faut sortir. de cette spirale culpabilisante et dire aujourd'hui qu'il faudrait pour pouvoir poursuivre ensemble, tous ensemble, quelle que soit son origine, quelle que soit sa culture d'origine, et c'est ça la force de la France, la nation française s'est construite ainsi. pour poursuivre ensemble cette volonté de vivre ensemble au sens d'Ernest Renan. Et ça, c'est formidable de pouvoir le poursuivre ensemble. Encore faut-il qu'il y ait un courage et une volonté politique pour le faire. Encore faut-il qu'il y ait un courage politique pour dire les bons mots sur les mots MAUX de la France d'aujourd'hui. Voilà. Et ça, il faut le faire. Je pense qu'il est primordial de le faire aujourd'hui parce que je pense très sincèrement qu'on est à la croisée des chemins. Ça veut dire que ce soir, il y a un sursaut, un sursaut du peuple français, de la France, pour faire face à un délitement total, il faut le dire, à l'école. Dans le domaine culturel, dans le domaine économique, partout, partout, il faut être aveugle pour ne pas l'observer, que ce délitement, que ces divisions alimentées, je disais, par des lâchetés qui ne datent pas que de ce gouvernement, hélas, il faut le dire, donc 40 ans de lâcheté, 40 ans d'abandon, 40 ans de compromissions pour certains politiques, aujourd'hui on voit le résultat. un multiculturalisme qui se développe. Il y a même des affrontements communautaires, on l'a vu récemment, à Dijon, entre la communauté maghrébine, la communauté tchétchène, me semble-t-il. Et qui a réglé le problème ? Qui a réglé le problème qu'il y avait entre ces deux communautés ? Ce n'est pas l'État, non, c'est l'imam du coin. Comment peut-on accepter cet état de délitement ? Comment peut-on accepter l'abondance totale de territoire entier ? Comment peut-on accepter de voir la France se défaire et rester indifférent sans agir ? Ce n'est pas possible. On ne peut pas l'accepter. Il est de notre devoir. De faire quelque chose, en tout cas d'agir ensemble. Puisque là, effectivement, la France se défait, une civilisation est menacée. Je lisais encore le dernier livre de Chantal Delson qui parle de la fin de la chrétienté en temps. qu'en tant que valeur, en tant que civilisation, alors il est temps peut-être de se réveiller et d'agir ensemble puisqu'on a laissé le terrain, on a laissé des idéologies, des courants de pensée prospérer, prospérer, on le voyait, on le voit encore aujourd'hui, prospérer. Monsieur Bigot parlait de l'islamisme tout à l'heure. Oui, l'islam au sens civilisationnel du terme, au sens identité du terme, aujourd'hui s'impose dans des quartiers totalement acquis. Il faut le dire. Il faut juste se balader, prendre le train, le RR, ici à Paris ou le train ailleurs, pour le voir. Il faut être très aveugle pour ne pas voir la gravité de la situation. Comment peut-on accepter qu'en France, pays qui a inventé la laïcité, qui a inventé la laïcité, cet espace qui permet à chacun de vivre en citoyen d'abord, en citoyen, indépendamment de sa religion ou de sa non-religion, peu importe, en citoyen d'abord, en citoyen accompli. Ce que l'école ne fait plus d'ailleurs, ce que la société, l'école ne fait plus, former des citoyens accomplis. Comment peut-on accepter que dans ces enclaves, il y a violence ? Oui, il y a délinquance, c'est une réalité. Je suis justement à Ville-Tanneuse, en Saint-Saint-Denis. Je traverse la Saint-Saint-Denis, je me balade dans la Saint-Saint-Denis tous les jours. Je suis tous les jours effarée, effrayée par ce qui se passe. Alors oui, l'islam prend de la place en tant que civilisation, en tant qu'identité dans ses quartiers. séparent les uns des autres, enferment une population... Je
préfère vous prévenir tout de suite, le deuxième tour de table sera extrêmement bref.
Mais je finis juste avec ça. Attention, cette idéologie a prospéré sur nos lâchetés, il faut le dire. Et on ne fait rien en réalité avec les quelques mesures, justement parce que les élections sont proches, et on parlera dans la deuxième partie. Il y a aussi des idéologies tout autant dangereuses, celles qui nous arrivent de l'Amérique, mais celles qui prospèrent ici, l'indigénisme, les décoloniaux, les wokismes. qui divisent, qui fracturent, qui veulent diluer la France, déconstruire tout simplement. Et ça, on ne peut pas l'accepter. Il faudra agir vite et maintenant.
Merci beaucoup, Yannine Asma. Toutes ces interventions ont été passionnantes. Malheureusement, je n'ai pas eu le cœur de vous interrompre parce que c'était vraiment captivant. On ne va pas avoir le temps de faire le deuxième tour de table, je m'en excuse. Mais vraiment, je tiens à vous remercier tous individuellement dans chacune de vos spécialités, dans chacune de vos expériences. Vous avez su nous captiver. C'était vibrant, c'était intéressant, c'était intelligent. Merci beaucoup et je laisse la place maintenant. On va faire un petit réaménagement de salle. Et vous savez qui va prendre ma suite. Merci beaucoup. Au revoir.
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