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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Bonsoir à tous, Marine Le Pen a été définitivement condamnée par la justice française, mais Marine Le Pen peut encore... se présenter à l'élection présidentielle de l'an prochain en une phrase, voilà, si on pouvait résumer la décision que la Cour d'appel de Paris a rendue en début d'après-midi dans l'affaire des assistants parlementaires des eurodéputés du Front National. Tous les regards désormais sont tournés vers la principale intéressée, Marine Le Pen, la chef de file de l'extrême droite française, qui va se prononcer l'heure du journal de TF1 dans... Un peu moins d'une heure, on va suivre évidemment cette prise d'opposition de Marine Le Pen, on va la commenter en direct sur RFI et d'ici là on va analyser cette décision parce qu'elle est historique elle aussi de la cour d'appel qui tenait en haleine la classe politique française et potentiellement qui tenait en haleine l'avenir du pays. Les premières réactions politiques, nos reporters, au siège du Rassemblement national dans le 16e arrondissement de Paris, au fièvre de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont dans le nord de la France. Édition spéciale sur Radio France Internationale. Soyez les bienvenus, c'est parti.
RFI, édition spéciale.
pour débuter, je vais présenter les personnes qui sont à mes côtés en studio, qui vont m'accompagner tout au long de cette édition spéciale. Émilie Zapalski, bonsoir. Vous êtes communicante politique et fondatrice de l'agence Émilie Conseil et Valérie Gasse. Bonsoir Valérie. Bonsoir Romain, bonsoir à tous. Chef du service politique de Radio France Internationale. Avant de vous donner la parole, Laura Martel également à mes côtés en studio. Bonsoir Laura.
Bonsoir.
Vous étiez ce matin à la cour d'appel de Paris sur l'île de la Cité, cette île de la Cité qui a été envahie par les journalistes très tôt. Ce matin, vous avez suivi précédemment ce procès des assistants parlementaires des eurodéputés du Front National. On va commencer par la lecture de la décision du jour. Le principal enseignement d'abord, c'est que Marine Le Pen et les autres prévenus, et y compris le parti lui-même, sont reconnus coupables de détournement de fonds publics européens.
Pour la Cour, il y a bien eu une organisation mise en place pour faire financer par le Parlement européen des assistants parlementaires qui travaillaient pour le parti. Des faits graves a insisté la Cour pour plusieurs raisons. Ils se sont déroulés sur plus de 11 années. Ils ont causé un préjudice de plus de 2,8 millions d'euros au Parlement européen et donc aux citoyens européens, mais aussi au niveau national parce qu'ils ont provoqué une rupture d'égalité avec les autres partis politiques et surtout qu'ils ont été commis par des élus en charge. de l'intérêt général et dont la cour dit qu'on attend une probabilité totale alors en revanche il faut noter que la cour a relevé qu'il n'y avait pas eu d'enrichissement personnel ce qui veut dire que c'est bien le parti qui a profité de ces détournements le parti d'ailleurs a vu sa peine confirmée en appel 2 millions d'euros d'amende dont 1 million d'euros avec sursis et la confiscation d'un autre million saisie en 2018 et puis il faut noter que concernant Marine Le Pen elle mène et bien la cour a insisté le rôle d'instigateur détournements est plus dangereux que celui qui aide à commettre l'infraction, car il pèse sur la volonté des autres acteurs.
Alors, malgré cela, Laura, la chef de file du Rassemblement National, c'est un enseignement important de cette décision aujourd'hui, a vu sa peine revue à la baisse, notamment en termes d'inéligibilité.
Oui, on s'en souvient, elle avait été sanctionnée de 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui veut dire un… immédiate en première instance, ce qui la rendait de facto inéligible. Aujourd'hui, elle a donc été condamnée à 45 mois d'inéligibilité, dont 15 mois ferme. Or, cette peine, elle l'a déjà purgée. Paradoxalement, justement, grâce à cette exécution provisoire du premier jugement qu'elle avait pourtant tant contesté.
Mais alors pourquoi cette peine revue à la baisse ? Quelles explications les juges ont-ils donné sur ce point-là ?
Alors d'abord, la Cour a rappelé que ces peines complémentaires d'inégibilité n'étaient pas obligatoires à l'époque des faits comme elles le sont par contre maintenant. Et la Cour a considéré, et c'est dans la lignée de décision de l'année dernière d'ailleurs du Conseil constitutionnel, que c'est à elle d'apprécier la proportionnalité, c'est-à-dire l'équilibre. entre la sanction des manquements à la probité d'une part et l'atteinte qui pourrait être portée au droit de la liberté des candidatures et de la liberté de choix des électeurs qui, la Cour le rappelle, est cruciale pour le suffrage démocratique. Et donc, en fait, les juges ont estimé qu'avec ces 15 mois d'inigibilité, eh bien, en fait, déjà effectués, ils avaient d'ores et déjà réparé finalement les infractions à la probité et que, en fait, les prononger, l'ignorer porterait une atteinte trop grande au principe. Donc
Laura, Marine Le Pen est légalement... Éligible, elle peut être candidate à l'élection présidentielle, on le saura dans une heure environ. Ça ne veut pas dire qu'elle sera candidate.
Oui, parce qu'elle a aussi été sanctionnée d'une peine de prison. Trois ans de prison, dont un ferme, à purger à domicile sous surveillance électronique. Or, la chef de file du RN l'a répété, et notamment récemment, elle ne ferait pas campagne avec un bracelet électronique. Alors, elle peut bien sûr toutefois changer d'avis. Mais sur ce point du bracelet, il faut noter qu'il y a beaucoup d'incertitudes. D'abord, vous le savez, Marine Le Pen... comme le parquet peut se pourvoir en cassation. Alors là, ça suspenderait la peine et ça lui permettrait de faire campagne sans bracelet dans un premier temps. Mais elle prendrait aussi le risque d'attendre la décision de la Cour de cassation, une décision qui pourrait éventuellement confirmer cette peine sous bracelet fin décembre, début janvier, au moment justement où la campagne entrerait dans sa dernière ligne droite. Une
dernière question, si elle ne se pourvoit pas Marine Le Pen ?
Première conséquence, ça veut d'abord dire qu'elle assume sa condamnation qui devient... est définitive et les modalités de pose du bras électronique seraient alors déterminées par le juge d'application des peines. Alors, le juge d'application des peines n'est pas obligé de cantonner la candidate à son domicile, il est libre de faire un peu ce qu'il veut. Il peut donner des heures de sortie autorisées, il peut donner son aval à des déplacements, y compris sur l'ensemble du territoire. En fait, sur demande de la personne condamnée, il peut s'adapter à des éventuels impératifs personnels. Ce qui veut dire que, sur le papier, cette mesure pourrait être... compatible avec la tenue d'une campagne. D'autant, il faut le noter que depuis 2023, les personnes condamnées peuvent bénéficier de réduction de peine si elles font preuve de bonne conduite ou d'effort de réinsertion. Pour une peine d'un an de bracelet, cette réduction de peine peut aller jusqu'à six mois. Mais donc, cela voudrait dire que Marine Le Pen ferait au moins une partie de la campagne avec ce bracelet au pied. En conclusion, ce sera donc à Marine Le Pen de trancher elle-même si elle compte faire... campagne ou non dans ces conditions.
Ça c'est la grande question. Est-ce que Marine Le Pen va débuter une campagne présidentielle avec un bracelet électronique ? Merci beaucoup Laura Martel d'avoir planté ainsi le décor, d'avoir rendu compte de cette décision de la Cour d'appel aujourd'hui de Paris. Émilie Isabelle, est-ce que votre première réaction à cette décision qui a été rendue aujourd'hui ?
Déjà ce que je retiens c'est revue à la baisse. Je trouve qu'il y a l'inégibilité qui saute, puisqu'elle a déjà été effectuée, et revue à la baisse. Je trouve que c'est deux éléments qui pèsent dans la balance et qui peuvent changer un petit peu la donne. Et aussi, ce que je me dis, c'est quel chemin il y a eu entre les derniers éléments et aujourd'hui. On a Jordan Barlella qui a... quasiment déjà pris un peu la place de Marine Le Pen, et on le voit dans les sondages, il est au-dessus d'elle, mais on voit aussi ses fragilités, et je pense que le camp de l'extrême droite le voit bien, qui a quand même, chez Jardin Bardella, déjà pas la même ligne, je pense qu'on en reparlera, beaucoup plus libéral que Marine Le Pen ne l'est, et il n'y a pas la même facilité due à l'expérience, due à sa personnalité, due à son parcours, quelque part, Marine Le Pen. Donc tout ça fait que, c'est vrai que moi, en entendant... Et ça, je me suis dit, elle peut y aller. Parce que soit en faisant appel, soit avec son bracelet. Le bracelet, il est à double tranchant. Voilà ce que je me suis dit. Il est symbolique, oulala, une candidate sous bracelet. Et il est symbolique, ohlala, une candidate qui se bat pour sa liberté. Et je trouve que... Voilà, ça change un petit peu la donne. Je n'ai pas tout à fait le même diagnostic. Je pense que si ça n'avait pas été revu à la baisse, tout ça, bon, je pense que ça pliait le match. Et c'était sûr que Marine Le Pen n'y allait pas. Mais là, je trouve que ça laisse un peu un doute.
Ça vous interroge, justement, le fait que cette peine soit revue à la baisse ? En fait, c'est revue à la baisse de... la première instance, vers leur réquisition, jusqu'à aujourd'hui la décision de la Cour d'appel. Ça ne cesse la peine de Marine Le Pen d'être revue à la baisse. Est-ce que ça vous interroge sur le rôle des juges ? Elle citait Laura Martel, effectivement, ce communiqué de la Cour d'appel de Paris, qui affirme avoir pris en compte la liberté de candidature.
Je pense que déjà, ça coupe l'herbe sous le pied de ceux qui voudraient critiquer des juges qui ne seront pas libres, qui veulent la peau de Marine Le Pen. Je pense qu'il y a eu un gros travail de ce côté-là. Moi, je ne connais pas... Je ne suis pas dans le juridique pour savoir ce qu'il en est réellement. Mais je pense que ça montre le poids et le travail qui a été fait autour de ça. Mais c'est vrai que ça donne des signaux. Et je trouve que le fait de garder le principe de libre candidature, forcément, ils ont été très critiqués parce que c'était comme s'ils empêchaient ce parti qui semblerait si près de la présidence. Moi, je n'y crois pas. Mais en tout cas, dans les sondages, ça l'empêchait. Ça donnait le coup fatal pour l'empêcher. Ils coupent court à tout ça. Maintenant, jusqu'où ils ont fait du zèle pour ça ? Jusqu'où c'est normal de rabaisser cette peine ? Ça, moi, je ne suis pas capable de juger.
Valérie Gass, une peine revue à la baisse. En fait, finalement, un scénario qui n'était peut-être pas attendu pour Marine Le Pen, c'est-à-dire qu'on pensait que ce serait très clair, elle peut ou pas être candidate à l'élection présidentielle. Là, en l'occurrence, c'est un scénario difficile pour elle. La question,
Émilie Zabalski vient de la poser, c'était de savoir si les juges allaient laisser Marine Le Pen être candidate. Et on ressort aujourd'hui de ce jugement avec le fait que les juges ne prennent pas la responsabilité. Ils ne se sont pas totalement déjugés, certes, c'est revu à la baisse, mais notamment, comme le disait Laura aussi, elle est condamnée. Elle est condamnée parce qu'elle a fauté. Et donc, en fait, de ce point de vue-là, ils ne vont pas contre la décision en première instance. Ils ne se déjugent pas en quelque sorte, mais en même temps, ils rejettent la responsabilité et le cas de conscience sur qui, bien sûr, celle qui pourrait hypothétiquement être candidate, qui va devoir faire ce choix maintenant. Et ce n'est pas forcément le scénario qu'elle attendait le plus, même si on peut imaginer que Marine Le Pen, étant elle-même avocate, a pu envisager même ce scénario-là, mais ce n'était pas ce qu'on attendait. On pensait qu'il y aurait un choix, c'est possible, c'est pas possible. Là, c'est possible, mais dans des conditions très compliquées, parce qu'il y aura un bracelet électronique, dont on sait qu'on peut aménager son porc. Et il y a 10 jours pour ça, c'est ça. Et donc les juges finalement disent, elle est condamnée, elle est coupable, mais néanmoins on respecte. Le poids politique de Marine Le Pen, le fait qu'une grande part des Français, un certain nombre de millions de Français atteintent sa candidature. Et c'est elle qui va devoir se poser la question, et c'est ce qu'elle fait depuis des heures à son QG, avec ses proches, avec ses avocats, pour prendre cette décision. Le poids de la décision, il est sur les épaules de Marine Le Pen. Et les juges ne sont plus attaquables sur l'angle. Vous avez privé la démocratie de s'exprimer. par des millions de français de se présenter donc de fait on peut se dire que ça a dû être bien pesé et en effet l'avis du conseil constitutionnel qui après le jugement première instance avait dit mais quand même la liberté des électeurs la démocratie tout ça ça doit être ça doit être entendu aussi par les juges et donc les juges ils sont pas restés dans leur tour d'ivoire ils ont montré qu'ils écoutaient qu'ils entendaient qu'ils savaient et qui ne voulait pas prendre trop de responsabilités politiques, en tout cas ne pas se voir opposer cet argument-là, et dire à Marine Le Pen « Eh bien, voilà, vous êtes coupable ». Soit vous acceptez cette peine, et vous avez, parce qu'il faut pour pouvoir être candidate, il faut qu'elle accepte la peine. Parce que si elle se pourvoit en cassation, elle aura la décision d'un court de cassation à un moment où tout est trop tard. Si elle est condamnée définitivement, c'est trop tard pour Jordan Bardella, la campagne elle est foutue. Donc là on a tous les ingrédients, les scénaristes à Hollywood n'auraient pas rêvé mieux. Et là on a Marine Le Pen qui en quelques heures doit, parce qu'elle a elle-même fixé le scénario de comment elle a... réagir à la suite de l'annonce de ce jugement. Donc ça a été expliqué aux journalistes, on va rien dire, on va se réunir, elle ira au 20h, ce sera sa parole, elle prendra la décision. Ça a été
acté il y a plusieurs jours. Et ça a
été bien amené, ça a été bien diffusé. Et là maintenant, on se dit, est-ce qu'elle va aller faire ce fameux journal de 20h pour dire j'y vais, j'y vais pas ou attendez deux secondes, je réfléchis.
Intéressant. Avant de partir au... Justement au siège du Rassemblement National, rapidement Laura Martel.
Juste sur le fait d'être empêchée, d'abord elle a été reconnue coupable, donc il y a une infraction, donc on peut critiquer éventuellement les juges, mais bon là elle a été reconnue coupable, donc c'est son délit qui l'empêche. Il faut souligner aussi que sur le calendrier, 45 recours ont été déposés par le Rassemblement National, ce qui fait qu'en termes de calendrier, en fait, si tous ces recours n'avaient pas été déposés, la question de ce timing... avec la campagne ne se serait pas posée. Et juste un point, effectivement, les juges ont revu ça à la baisse. D'abord, je ne rentrerai pas dans les détails, mais en gros, le nombre de contrats concernés ont été réduits, notamment du fait du décès de Jean-Marie Le Pen et de certaines restrictions sur les dates et de certains contrats concernés. Au début, le tribunal de première instance a statué sur 4,4 millions de détournements. Du fait de ces retraits de contrats, on est arrivé à 2,8 millions. Et Valéry, effectivement, il y a des décisions très récentes, la fin 2025, du Conseil constitutionnel, qui a rappelé justement cette nécessaire proportionnalité entre l'assonction d'une part, certes, mais aussi le respect du libre choix des électeurs.
Évidemment, pour éviter d'être accusé d'une décision politique. Ça, c'est évidemment un enjeu important. On est en plein dedans. Il y a une année 2026 qui a été quand même marquée par l'emprisonnement d'un ancien chef de l'État, Nicolas Sarkozy. Raphaël Delvolvé, bonsoir. Bonsoir Romain. Vous êtes au siège du Rassemblement National dans le 16e arrondissement de Paris avec Bertrand Eclair. Alors c'est un lieu que Marine Le Pen, si tôt, la décision de la cour d'appel rendue a rejoint. Elle était évidemment aussi avec Jordan Bardella, le président du parti. Tous deux ont quitté alors qu'il est le siège du Rassemblement National ?
Oui, c'était il y a dix petites minutes maintenant. Jordan Bardella et Marine Le Pen qui étaient ensemble, qui sont rentrés dans la même voiture pour prendre le chemin de la chaîne de télévision TF1 où Marine Le Pen va donc accorder cette interview très attendue où elle va donner sa décision, sa décision qui est visiblement prise puisque les réunions maintenant sont terminées ici au siège du Rassemblement National. Marine Le Pen et Jordan Bardella qui se sont affichés concentrés. Marine Le Pen, qu'on a vu avant la décision de la Cour d'appel, après et il y a dix minutes maintenant, a affiché ce même visage. Marine Le Pen qui a passé plus de quatre heures comme ça aujourd'hui au quatrième étage de ce tout nouveau siège du Rassemblement National à consulter. étudier tous les scénarios possibles désormais en compagnie de conseils juridiques, ces avocats qui sont partis les premiers, puis de ces conseillers politiques. Alors là, on parle vraiment d'un noyau très, très proche et parmi lesquels il y a certains qui s'étaient confiés auprès d'RFI bien avant la décision d'appel et qui avaient étudié déjà, évoqué ce scénario, c'est-à-dire éligibilité. et bracelet électronique et qui poussait à l'époque pour que Marine Le Pen fasse des nouveaux recours, demande des aménagements de peine auprès du JAP, le juge d'application des peines. Alors ceux qu'on appelle les marinistes ont pour point commun justement au Rassemblement National à l'aune de cette tourmente juridico... de ne surtout pas vouloir de la candidature de Jordan Bardella. Toutefois, il faut quand même préciser que Marine Le Pen n'est pas non plus le genre à se dédire. Elle qui a dit encore la semaine dernière qu'elle ne ferait pas campagne sous bracelet électronique et pas le genre non plus à se laisser influencer par les autres. J'ai une petite anecdote à ce sujet-là, mais je n'ai peut-être pas le temps de la donner. Allez-y ! Replongez-vous, en 2018, Marine Le Pen convoque comme ça encore un petit cercle de proches. Elle évoque à l'époque la tête de liste des élections européennes qui vont se tenir l'année suivante. Elle propose un nom. Tout le monde regarde en l'air ou aux chaussures. impose ce nom malgré la désapprobation générale. Ce nom, c'est celui de Jordan Bardella.
Merci beaucoup. Raphaël Delvolvé avec Bertrand Eclair au siège du Rassemblement national dans le 16e arrondissement de Paris. Émilie Zapalski, c'est intéressant d'entendre qu'elle a consulté, qu'il y a eu des réunions avec des cadres du parti cet après-midi. Elle n'avait pas anticipé ce scénario-là d'être condamnée, mais potentielle, possible candidate à la présidentielle ?
Non, c'est vrai, quand on l'a entendu dire « de toute façon, si j'ai un bracelet, je ne ferai pas campagne », il y avait un côté un petit peu défaitiste, comme si c'était un petit peu plié. Peut-être que ça, oui, ça l'a étonné. et puis je pense qu'il ya des cadres 'ai pas j'ai vu passer notamment jean-philippe tanguy qui tient beaucoup à la candidature de marine le pen lors de la valette aussi je pense que voilà il ya quand même aussi tout le groupe de soutien le fan club de marine le pen qui peut être voilà essaie de faire remonter ça mais après bon bah c'est difficile de savoir quelle est la décision qu'elle a prise ils vont en duo Si c'était le cas,
ça se jouerait pour l'hypothèse d'une transition entre les deux qui serait actée. Maintenant, on n'est pas dans la voiture. On le verra. Ils
sont
peut-être sortis ensemble du QG. On va devoir attendre encore une grosse demi-heure avant d'avoir la fin du suspense. Mais c'est vrai qu'on est à la recherche de tous les signes de quel côté la pièce est tombée et quelle a été la décision de Marseille. Mais c'est vrai que là, il y a un jeu d'entourage. Chacun essaye de peser sur la potentielle candidate ou la potentielle pas candidate pour aller dans son sens. Parce qu'il y a quand même une petite guéguerre entre ceux qui soutiennent Marine Le Pen, ceux qui veulent propulser Jordan Bardella. Et quelle que soit la décision, et si jamais Jordan Bardella devait être candidat, il y aura des changements. Au Rassemblement national, la campagne, ce ne sera peut-être pas forcément la même. Donc, de fait, c'est le moment ou jamais. Et comme les juges ont donné... cette possibilité d'envisager qu'elle soit candidate par le petit trou de souris qui s'est un peu élargi tout à l'heure, ça a dû discuter très fort et ça a peut-être quand même un peu changé la donne de ce qui semblait paraître comme des scénarios plus clairs. Et donc chacun a essayé de tirer son épingle du jeu. Maintenant, incontestablement, c'est... la conscience et dans la tête de Marine Le Pen que les choses se sont décidées ? Est-ce qu'elle peut assumer une campagne dans les conditions qu'on a décrites ? Est-ce qu'elle est les épaules parce qu'elle sait qu'elle sera attaquée ? Ou est-ce qu'elle se dit que finalement, ça a peut-être plus de panache et plus de sécurité de passer le flambeau à Jordan Bardella ?
On ne va pas faire au jeu des pronostics, mais évidemment, on tente d'établir les différentes hypothèses des possibles scénarios. En tout cas, ce qui est certain, c'est que cette... condamnation peut devenir, pour les adversaires politiques de Marine Le Pen, un argument politique. Vous avez dit, Valérie Gass, ça commente beaucoup. Ça ne réagit pas tant que ça. En tout cas, c'est difficile aujourd'hui. Évidemment, c'était le grand sujet à l'Assemblée nationale. Mais ce n'était pas si simple d'arracher des mots de la part des députés qui étaient présents. Charles-Hurien Tomaca, appuyant de son micro, à Boris Vallaud, le chef de file des députés socialistes. Écoutez sa réaction.
Marine Le Pen est coupable. Marine Le Pen et le Rassemblement national ont détourné de l'argent public. C'est la seule conclusion que l'on peut tirer de cette décision de justice. Pour la deuxième fois, on appelle. La justice répond Marine Le Pen et le Rassemblement National sont coupables. C'est entre elle et sa conscience. Si elle se présente, ces électeurs devront savoir que c'est une délinquante qui se présente devant eux.
Émilie Zapalski pour les auditeurs qui nous rejoignent. Est-ce que Boris Vallaud, le chef des députés socialistes, a résumé l'enjeu pour Marine Le Pen ? Si elle est candidate, elle doit assumer le fait qu'elle est, je cite, une délinquante, en tout cas une femme condamnée par la justice, qui se présenterait à l'élection présidentielle ?
Ce qui est sûr, c'est que oui, la condamnation, elle est bien là. Laura Martel le rappelait. Même s'il y a eu une diminution sur 'inégibilité. Elle est bien là. Et moins d'amendes, quelque chose qui est revu à la baisse. C'est là. Donc il y a du détournement de fonds. Ça, c'est incontournable. Et elle aura un bracelet. Et donc, même si c'est des termes, après ça c'est la rhétorique politique, c'est les attaques. Mais oui, on pourra toujours lui reprocher ça. Après, attention, c'est l'Europe. C'est l'Europe. C'est détournement d'argent de l'Europe. Donc c'est un petit peu plus loin. C'est
un peu lointain pour les Français ?
C'est un peu plus lointain, c'est aussi ce que critique l'extrême droite, l'Europe. Alors ça ne veut pas dire que je critique, je prends dans la poche de ceux que je critique, mais il y a un côté quand même, voilà. Après sur l
'Europe, le Rassemblement National a adouci sa position, on a Jordan Bardella qui est le président des Patriotes. Et puis
Jordan Bardella, il y a d'autres affaires d'ailleurs en cours aussi, toujours au niveau de l'Union Européenne. Mais si on prend un peu de recul, attention les affaires en France. Alors oui, moi je pense que c'est normal que chaque responsable politique opposé au Rassemblement national commence à monter en disant « oui, c'est des délinquants, oui, c'est des voleurs ». Mais attention les affaires, comme vous l'avez dit tout à l'heure. On a eu quand même un ancien président en prison. On a quand même une multiplication des affaires depuis ces dernières années assez importante. Ça n'empêche pas des citoyens d'élire des hommes et des femmes politiques. Je pense ne serait-ce que M. Balkany. Les Français ont la mémoire
courte, c'est ça que vous voulez nous dire ? Les
Français soit ont les mémoires courtes, soit s'habituent à se dire que les politiques ne peuvent pas faire autrement que taper dans la caisse. Je ne sais pas ce qu'on s'imagine quand on vote pour des gens comme ça, mais il y a quand même ça. Il y a quand même ça dans l'air. Il y a à la fois une défiance très forte des politiques et à la fois un vote qui se fait quand même pour des gens qui ont tapé dans la caisse. Donc voilà. Et moi, ce que j'observe, c'est que... On a un peu l'obsession, beaucoup de partis politiques jusqu'à maintenant ont l'obsession du RN. Je me présente pour combattre le RN. Je suis là pour défendre la France contre l'extrême droite. Et là, ça devient encore plus parce que c'est des voleurs. Ça va être ça, la campagne ? Ça va être ça ? Ça va être une campagne sans fond ? Là, quelque part, ce procès nous montre encore du doigt le RN et met encore l'importance du RN et retire au RN le besoin d'argumenter, de discuter. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est que ça caricature encore plus cette campagne qui n'en est pas. Ça risque
de radicaliser encore plus cette campagne qu'on annonce très tendue. Et de la
rendre encore avec moins de fond parce que juste ça va être on s'oppose au RN, on s'oppose à ces RN, regardez, c'est des voleurs, regardez à la bracelet. Et de l'autre côté, évidemment, elle va réagir à ce niveau en disant Regardez, personne ne veut du RN, même quand on s'approche de la victoire, on nous empêche. Et même si la peine est révélée, elle pourra toujours prendre cet argument-là. Moi, j'en suis persuadée.
Édition spéciale suite à la décision de la Cour d'appel dans l'affaire des assistants parlementaires des eurodéputés du Front National. Donc la grande question, on l'a compris ce soir, est de savoir si Marine Le Pen sera ou non candidate à la prochaine élection présidentielle. Elle doit s'exprimer, aller dans un peu plus d'une demi-heure au journal de TF1 pour annoncer sa position. Elle qui a été donc condamnée, on le rappelle, si vous nous rejoignez par la Cour d'appel de Paris, aujourd'hui 45 mois d'inéligibilité, donc 15 mois fermes. qui ont déjà été purgés, donc cet aspect de la décision était évacué. En revanche, sa peine prévoit également trois ans de prison, dont un enferme, sous bracelet électronique. Ça veut dire qu'elle débuterait, Marine Le Pen, sa campagne avec un bracelet électronique, ce qu'elle a toujours écarté. Est-ce que sa position va évoluer ? Quels sont les scénarios possibles ? C'est ce qu'on évoque ce soir sur Radio France Internationale. Et on va à présent prendre la direction du fief de Marine Le Pen, Hénin Beaumont, dans le Pas-de-Calais, dans le nord de la France. Bonsoir Marie Lecoq.
Bonsoir Romain, bonsoir à tous.
Vous êtes allé à la rencontre des électeurs du Rassemblement national. Que vous ont-ils dit suite à cette décision de la Cour d'appel ?
bien ici, à Hénin-Beaumont, les électeurs du RN attendent surtout une chose, c'est de pouvoir se projeter pour 2027, et donc de savoir qui de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen portera les couleurs du parti. Malgré la condamnation, l'espoir et le soutien envers Marine Le Pen restent intacts, car les habitants sont en réalité très attachés à la candidate historique du parti. Chez les plus jeunes, en revanche, c'est le nom de Jordan Bardella qui suscite l'intérêt, car c'est bien entre ses mains que reposerait l'avenir du parti à la présidentielle. si Marine Le Pen décidait de passer le flambeau. Un Jordan Bardella plus jeune, certes, l'expérience en moins, mais surtout le fardeau du nom de famille Le Pen en moins, comme certains l'ont confiée au micro de RFI plus tôt dans la journée. Alors, qui de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen sera nommée candidat ? Marine Le Pen avait annoncé la semaine dernière, vous disiez qu'elle ne se présenterait pas si la justice l'obligerait à porter le bracelet électronique. Réponse attendue dans 30 minutes dans le journal de TF1 où elle a prévu d'annoncer ou non sa candidature.
Réponse qu'on va suivre. évidemment sur Radio France Internationale. Merci Marie Lecoq depuis Hélène Beaumont. Valérie Gass, ça c'est une grande question. Qu'est-ce qui peut servir le Rassemblement National, la candidature de Marine Le Pen, condamnée par la justice ou celle d'un Jordan Bardella, qui n'a pas pour le moment ? Émilie Zafelsky faisait référence évidemment aux ennuis judiciaires qui le guettent, mais qui n'a pas de condamnation pour le moment, mais qui est très jeune et qui a peu d'expérience politique par rapport à Marine Le Pen, qui entamerait sa quatrième campagne présidentielle.
Alors, c'est très difficile de savoir à ce stade de la campagne qui serait le meilleur candidat. Les sondages donnent une légère avance à Jordan Bardella, mais on ne peut pas dire que ce soit extrêmement révélateur. Marine Le Pen a pour elle en effet l'expérience, les cicatrices. Le fait qu'elle représente le Rassemblement national, c'est elle qui a fait du Front national le Rassemblement national, qui l'a, comme on dit, dédiabolisé. Elle a toute cette carrière, tout cet investissement pour elle. Jordan Bardella, c'est l'avenir, la jeunesse, celui qui parle aux jeunes, celui qui ouvre peut-être vers une autre partie de la droite. Le meilleur candidat, là, ce serait vraiment la question impossible à résoudre. Les adversaires du Rassemblement national ont souvent tendance à dire que Jordan Bardella est plus prenable, parce que plus fragile, parce que plus jeune, parce que moins compétent, parce que moins d'expérience, et que c'est une belle machine de communication. Que dans une campagne où on ne sait jamais de quoi demain sera fait, de quoi l'instant d'après sera fait, où il y a une multiplication d'imprévus, de choses non préparées, il aurait peut-être un petit peu de mal à s'adapter. Que Marine Le Pen a une très grande expérience. Elle a aussi un lien avec les gens, avec les Français qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, qu'on soit d'accord avec elle ou qu'on ne soit pas d'accord avec elle. Plus facile, plus proche, plus charnel que celui de Jordan Bardella. Maintenant, Marine Le Pen. Et la question pour elle, c'est aussi la question de savoir si elle handicape les chances du RN d'aller jusqu'à cette fameuse victoire qu'elle-même souhaitait. Donc le choix, c'est est-ce qu'elle... a plus de chance, elle, dans son intime conviction, d'avoir plus de chance que Jordan Bardella, pour toutes les raisons qu'on vient d'évoquer, ou est-ce que cette condamnation est une tâche indélébile ?
Et
est-ce qu'elle ne se met pas en situation de subir un plus gros échec que si jamais elle essaye de lancer son dauphin, celui qu'elle a préparé ? Honnêtement, c'est très très très compliqué comme situation. Vous
en pensez quoi, Emilie Zapalski, Jordan Bardella, ou est-ce que condamné ou pas ? à partir au moment elle peut être candidate à l'élection présidentielle marine le pen pour son parti doit y aller c'est celle qui a le plus de chance
si on regarde les deux candidatures je pense qu'il n'y a pas photo parce que valérie vous êtes super gentil mais moi je pense que jordan de bardellas alors c'est vrai que ces derniers temps il s'est quand même assez débrouillé pour ne pas trop parler et pour ne pas trop être en difficulté mais dès qu'il est Dès qu'il est questionné, il fait des faux pas. Il n'arrive pas à aller au-delà des éléments de langage très macro, très généraux. On sent bien que même sur le plan économique, je pense qu'il a des fragilités, même de compréhension. Peut-être que c'est dur ce que je dis, mais moi c'est ce que je ressens. De compréhension du fonctionnement des entreprises. Je l'ai vu souvent en difficulté, ou dire des choses qui sont très... particulière pour un homme politique qui va gérer ensuite des ministères, l'industrie. On sait qu'on est dans une situation quand même très complexe. Et puis surtout, ils
n'ont pas la même ligne, vraiment. Ils ne sont pas alignés totalement, Marine Le Pen et Jordan Bardella. Déjà sur la forme, je trouve qu
'il est en difficulté, déjà. Il fait des faux pas, il arrive très mal sur les marches blanches, sur tout ça. Il a fait quelques très grosses bourdes récemment, notamment sur l'affaire Liana. de choses. Vous ne voyez pas tenir une campagne. Oui, je suis au Grand Prix de Monaco, mais vous savez, il y a des marches blanches tous les jours, donc celle de Lyanna, je n'y suis pas. Et puis, il s'affichait au Grand Prix de
Monaco avec sa compagne qui est une princesse. Sa compagne, toute la communication sur sa compagne. Et
puis, vous imaginez, c'est quand même un jeune homme d'une trentaine d'années. On vit des choses au niveau géopolitique quand même assez costaud. On a déjà un Macron qui a du mal à tenir tête à Trump-Poutine. Vous imaginez un jeune garçon de 30 ans. Voilà, c'est difficile, je pense. Et que plus ça va aller dans la réalité. la campagne, plus les gens vont voir ça. Probablement, le Rassemblement national, les électeurs s'en fichent, mais pour aller récupérer un peu plus largement, ça va être compliqué. Et là, on arrive sur la ligne, sur les différences de ligne. Parce qu'en effet, on a Jordan Bardella qui tout de suite va parler au MEDEF, tout de suite va parler libéral, tout de suite va dire « la retraite à 62 ans, pas sûr ». Et qui est beaucoup moins social et axé sur le pouvoir d'achat que n'est Marine Le Pen, que n'a été même le père, Jean-Marie Le Pen, qui a vite compris qu'il y avait à saisir des gens dans le rural, dans l'industrie, des ouvriers qui avaient été délaissés par le parti communiste et par la gauche plus généralement. Et qui nous ont récupérés. Et clairement, Marine Le Pen, par cet aspect dont vous avez parlé, un peu maire de famille, un peu maire de la nation, venez vers moi, je vais m'occuper de vous, je ne suis ni de gauche ni de droite, je vais m'occuper de vos conditions de vie, de salaire. Et ça, on l'entend peu dans d'autres parties. Et c'est vrai qu'elle a joué ce rôle-là. Et je pense que c'est en 2022 ce qui l'a beaucoup aidé à se hisser. Elle a transformé aussi tout le Rassemblement national. pas de fond, mais en tout cas en surface, c'est elle qui a fait tout ça. Et lui, on a l'impression qu'il assume beaucoup plus. D'ailleurs, il le dit, l'expression grand remplacement, il l'assume. Marine Le Pen, elle n'est pas sur cette ligne. Donc, socialement, et sur l'aspect sécurité-immigration, ils ne sont pas sur la même ligne. Donc, ça va... En fait, moi, la question que je me posais, on ne sait pas, on va savoir d'ici peu, on va voir ce qui va se passer au 20h, mais quel positionnement, si l'un ou l'autre prend le lead... Quel positionnement ? Si Marine Le Pen ne prend pas le lead, qu'est-ce qu'elle va ? Comment elle va faire pour sécuriser la candidature de Jordan Bardella ? Est-ce qu'elle est aux affaires étrangères similée, comme on avait entendu dire un peu ? Est-ce qu'elle se positionne à des endroits où ça peut donner du poids par rapport à cette personnalité qui pèse et qui a beaucoup plus d'expérience ? Est-ce qu'elle est en retrait ? Et inversement, si c'est elle, comment Bardella se positionne ? La question
se pose surtout si elle laisse Jordan... Bardella, quel rôle va-t-elle jouer ? Elle a dit récemment ce week-end qu'elle ferait campagne avec lui, qu'elle l'aiderait. Si Marine Le Pen y va, Marine Le Pen candidate, ce sera sa quatrième candidature. Le rôle de Jordan Bardella a déjà été défini. C'est celui qui est prépositionné pour devenir Premier ministre. Peu ou prou, on sait où on va. Dans le cas où c'est Jordan Bardella qui part en avant, oui, la question, on parlait des entourages tout à l'heure, du rôle des uns et des autres, de la ligne politique, va beaucoup plus se poser. Parce qu'à partir, jusqu'à présent, c'est un candidat virtuel, on a dit plan B, Bardella, maintenant. S'il devient le plan A, c'est-à-dire le, c'est à partir de maintenant, dans quelques jours, il devient le candidat déclaré du Rassemblement National, c'est plus la même chose. Il est en première ligne et il est tout seul. Donc il peut imposer ? Il va falloir qu'il incarne quelque chose, autre chose. Et en effet, ça n'est pas Marine Le Pen ni sur la ligne, ni sur la personnalité, ni sur le parcours politique. Donc de fait, il faudra qu'il prenne cette incarnation. Et ça se fera forcément au détriment de certains aspects de ce qu'a défendu Marine Le Pen. Donc il y aura certainement un jeu interne qui va être compliqué. Et puis, il y a la conquête des électeurs. En effet, le socle, il est acquis plus à Marine Le Pen. Le soc, elle ne le perdra pas. Après, la question, c'est comment on va gagner les voix qui peuvent faire gagner l'élection. Ça, ce n'est encore pas dit. Les sondages sont très très hauts pour l'un comme pour l'autre. Tous les autres candidats sont très très loin. Mais on est aussi très très loin de l'échéance. Et maintenant, c'est pour ça que cette journée, cette décision des juges et ce que va annoncer Marine Le Pen, c'est vraiment le moment où on va rentrer dans la vraie campagne. Parce qu'on aura le... Le vrai candidat du parti favori.
La prise de position de Marine Le Pen dans un peu plus de 15 minutes, elle est présentée comme le lancement de la campagne officielle. Oui, oui, ça sera le lancement officiel. On va partir au Parlement de Strasbourg dans quelques temps, mais allez-y. Non,
simplement, je me disais, si on prend un peu de recul, on a quand même un parti politique dont tout le monde dit, ça y est, c'est son temps. Il défonce tout le monde, que ce soit Jordan Bardella ou Marine Le Pen, ils sont bien loin devant. Mais quand on gratte là, on voit... à quel point ça va être compliqué, l'un comme l'autre en fait. C'est là où on rentre dans un principe de réalité. Bardella, pour toutes les fragilités dont on parle, ça va être compliqué. Marine Le Pen, pour son bracelet et cette condamnation, ça va être compliqué. Donc l'image que donnent les sondages par rapport à la réalité de ces deux candidatures potentielles, c'est pas la même. Et donc moi, tous les gens qui disent que le match il est plié et qu'en mai on a un gouvernement d'extrême droite, moi je... Je ne mets pas ma main, mais je pense que ça ne sera pas tout à fait cette perspective qui va se dessiner. C'est beaucoup plus compliqué quand on gratte comme ça et quand on voit, et quelle que soit la décision qui est prise là à 20h.
Mais de toute façon, cette campagne, elle s'annonce compliquée, elle s'annonce complexe pour tous les candidats. La présidentielle a énormément d'interrogations. Sophia Katzenkova, bonsoir.
Bonsoir.
Vous êtes donc au Parlement européen de Strasbourg, vous êtes l'envoyé spécial de Radio France Internationale. La séance plénière du Parlement européen se déroule précisément en ce moment. Alors c'est un enjeu l'Europe. Vous évoquiez, Emilie Zapalski, le fait qu'effectivement il y a beaucoup de défiance, historiquement en tout cas, du parti de l'extrême droite envers l'Europe. Mais on peut citer évidemment Jordan Bardella, dont on a beaucoup parlé ces dernières minutes, qui est le président des Patriotes pour l'Europe, qui est le groupe d'extrême droite. du Parlement européen. Est-ce qu'on parlait des réactions qui étaient compliquées finalement aujourd'hui à recueillir à l'Assemblée nationale ? Est-ce que ça a davantage réagi du côté des eurodéputés à cette décision de la Cour d'appel de Paris qui donc condamne Marine Le Pen mais qui ne l'empêche pas d'être candidate potentielle à la prochaine présidentielle en France
Écoutez, obtenir une réaction a été aussi très difficile aujourd'hui depuis le Parlement européen à Strasbourg, du côté du groupe de centre de droite conservateur ECR. Pas de commentaire pour l'instant. On explique attendre les prises de parole de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Même ligne chez les Patriotes, donc le groupe d'extrême droite auquel appartient le Rassemblement national. Le PPE, la droite traditionnelle et premier groupe du Parlement, a demandé à ses eurodéputés de ne pas communiquer sur une décision de... Et les sociodémocrates, centre-gauche, n'ont pas non plus répondu à nos sollicitations. Pour l'instant, les voix qui acceptent de réagir viennent surtout des écologistes et du groupe Centre Libéral Renew. Daniel Freund, eurodéputé allemand des Verts, fait partie des rares à s'être exprimé à notre micro. Et il n'a pas mâché ses mots.
Je trouve que la peine n'est pas très sévère. 100 000 euros d'amende pour plus de 4 millions détournés. J'espère quand même que ça envoie le message clair qu'on ne se laisse pas faire. Et si on détourne de l'argent du contribuable européen, il y a condamnation et il y a des conséquences. Donc
voilà pour l'instant à Strasbourg, le mot d'ordre c'est l'attente et surtout la prudence.
Merci beaucoup Sofia Katzenkoval, on l'envoie spéciale de Radio France internationale au Parlement européen de Strasbourg. Je voudrais qu'on poursuive par une autre réaction. On a entendu tout à l'heure Boris Vallaud pour la gauche qui est le chef des députés socialistes. Le député macroniste Jean-René Cazeneuve s'est exprimé du côté de l'Assemblée nationale aujourd'hui. Et après vous réagirez Émilie Zabelski et pour lui cette condamnation discrédite clairement Marine Le Pen.
je n'imagine pas une minute qu'elle se présente, qu'une femme politique qui est condamnée en appel à trois ans d'emprisonnement puisse se présenter. Ça me paraît absolument incongru, d'autant plus. que le Rassemblement National n'a jamais eu de mots assez durs pour les hommes politiques condamnés, pour les hommes politiques qui faisaient du détournement de fonds publics. Ce qu'elle a fait et ce qui est reconnu, on parle là pratiquement de 3 millions d'euros, c'est d'autant plus paradoxal aussi de la part de Marine Le Pen que son parti n'a jamais eu de mots assez durs sur les réductions de peines, sur les bracelets électroniques, sur l'individuation des peines, autant de dispositifs dont elle bénéficie aujourd'hui et qu'elle a longtemps... C
'est intéressant, on va évoquer la position dans quelques instants avant le grand journal du soir de 18h, temps universel sur RFI, de la classe politique face à ce qui se passe aujourd'hui concernant l'extrême droite française. Mais justement, si elle est candidate Marine Le Pen, est-ce qu'elle va devoir assumer une volte-face ? Elle avait dit, je ne peux pas aller demander un magistrat pour aller à Romorantin, pour aller au marché des Nîmes Beaumont. Est-ce qu'elle va devoir assumer ? J'ai changé, j'ai fait... Je
pense que le verdict est un petit peu différent. Je lisais là que l'avocat était partiellement satisfait. Donc ça veut dire qu'il y a une évolution quand même. Donc ça donne aussi du grain à moudre. Moi je le vois en tant que communicante pour des argumentaires qui seraient un peu différents de ce qu'elle a dit il y a quelques jours. Pas de campagne si j'ai un bracelet hors de question. Je pense qu'on peut développer... Des arguments autour de ce qui s'est passé, de la décision réellement revue à la baisse. Maintenant, évidemment, ça va être très compliqué quand même. Et puis, il faut voir quelles sont les modalités exactement de ce qu'elle pourra faire, ce qu'elle ne pourra pas faire. Ça sera très compliqué quand même. Une campagne où je dois rentrer chez moi le soir et je ne peux pas faire le tour des popotes. Ça va être quand même très compliqué. Et ça va à l'opposé aussi
de tout ce qu'elle prenait, comme le disait effectivement Jean-René Cazeneuve. Non, puis même, le parti... Nous, on n'est pas éclaboussé par les affaires. Alors
là, attention, parce que... loin de moi, défendre le RN, mais c'est vrai que le FN comme le RN, c'était tous pourris et tout ça. Mais Jean-René Cazeneuve, excusez-moi, il vient de quelle partie ?
Et combien de
mises en examen au gouvernement ? Combien de gens ont dû partir ? Il y a eu beaucoup d'affaires, je crois que c'est l'un des gouvernements où il y a eu le plus de mises en examen sur des sujets divers et variés. la phrase clé de Macron c'était c'est fini, on va avoir une éthique et plus de tout ça. Donc moi là-dessus, quelles que soient les couleurs politiques, les promesses et puis cet engagement-là, je ne sais pas pourquoi on a des hommes et des femmes politiques qui ne tiennent pas à ces engagements-là et qui n'ont pas d'éthique, et un jour ça serait bien qu'on fasse le ménage, mais je ne crois pas que c'est beaucoup de poids et qu'ils disent ça, enfin je suis désolé, c'est un peu ridicule. Valérie Gass,
ce qui ressort finalement de ce qu'on se dit ce soir, c'est que condamnation ou pas, Ce n'est pas d'augure à complètement plomber les ambitions présidentielles de Marine Le Pen. Peut-être que c'est une première réponse à ce qu'elle va annoncer ce soir. Et en ça, je voulais évoquer la position de la classe politique, des adversaires du Rassemblement National, jusqu'à quel point ils peuvent se nourrir de cette condamnation.
Si jamais elle décide d'y aller, on va lui rappeler qu'elle est une candidate à la présidentielle, une reprise de justice, une délinquante comme on l'a entendu dans la bouche de Boris Vallaud. C'est un angle d'attaque qui est quand même particulièrement facile. Après, je pense comme Émilie Zapalski que ça ne fera qu'un temps et que malgré tout, même ça reviendra, mais ça finira par s'atténuer si véritablement elle y va. Mais... Surtout,
c'est ce que disait aussi Émile Zappelski, c'est que derrière, où sont les idées ? C'est-à-dire que si on est en boucle sur la condamnation de Marine Le Pen, s'il n'y a pas d'alternative derrière, ça risque de tourner en rond.
Ah mais oui, et il va falloir, cette fois-ci, on n'a pas eu de campagne en 2022. Donc là, tous les candidats qui y vont, ils sont très nombreux actuellement. Mais on peut espérer qu'à un moment, ils seront moins nombreux et un petit peu plus... Voilà, et qu'ils rentreront plus dans le dur des propositions aux Français. Et bien évidemment que juste dénoncer la condamnation de Marine Le Pen, ça ne suffira pas à des candidats. Il faudra des projets, il faudra aller sur le terrain des idées, des propositions. Donc ça, ils en sont... tous conscients. Mais là, on est dans un moment où, en plus, il faut taper sur cette condamnation parce que les juges ont ouvert la porte en restreignant l'inéligibilité à une possibilité de candidature. Donc, en fait, là, tous les opposants au RN, c'est le moment de dire « oui, mais elle est condamnée, elle est condamnée, elle est condamnée ». C'est ce qui compte, c'est qu'elle est condamnée. Et parce que, voilà, on essaye de moins parler du fait que, finalement, la décision de la justice, c'est de laisser la possibilité à Marine Le Pen. de décider si elle est candidate. Donc, elle n'est pas empêchée d'être candidate. Donc, bon, là, on est dans un moment très précis. Et on va changer de moment dans quelques minutes. Quand elle aura parlé, on saura un petit peu plus à quoi sentir. Et peut-être que les argumentaires vont aussi évoluer à ce moment-là.
Marine Le Pen, Émilie Zabelski, ne peut pas avoir de grain à moudre contre la justice avec cette décision-là. Là, ça paraît difficile. Elle ne peut pas instrumentaliser, elle ne peut pas être sur le tout-spourri des juges, qui aurait pu être, si elle avait été condamnée, un vrai argument. C'est là qu'ils ont été malins. Je pense qu
'en effet, ils ont été malins et ils reposent le poids de la décision sur la tête de Marine Le Pen, quelque part. En effet, d'ailleurs c'est dur parce que c'est vraiment très compliqué comme décision. J'ai cru comprendre que Louis Alliot, son ancien compagnon, allait se pourvoir en cassation. J'ai compris ça, donc maire de Perpignan. On voit qu'il y a des stratégies un peu différentes, ce qui était déjà en première instance. Dont la peine a été aussi allégée. Il peut rester mère de Perpignan, l'inéligibilité ne lui est. Donc il y a quand même une baisse. C'est là où je dis que je pense qu'il y a du grain à moudre sur des éléments de langage, des argumentaires, une façon de pouvoir faire candidature au-delà de tout ça. C'est ça, moi, que je vois comme signaux. Après, ça ne présage rien de la décision. Mais voilà, je trouve qu'il y a... Et c'est étonnant parce que je pense que c'est un peu ce côté jusqu'au butiste. Ok, la peine a été revue à la baisse, je vais continuer, je vais en cassation, donc pour Louis Alliot, pas Marine Le Pen, je ne sais pas ce qu'il en est. Mais voilà, la bataille continue. En fait, c'est ça que je veux dire. Et cette bataille... continue, en tout cas pour lui, avec une peine qui est revue à la baisse. Donc ça donne une autre version, un autre récit, mais une condamnation qui reste là.
Donc une responsabilité. Et
une fermeté, puisqu'il y a un an ferme avec Bracelet. Donc il y a une responsabilité, il y a une véritable condamnation, il y a un véritable détournement de fond, et ça, il ne faut pas l'oublier. Mais y a un petit espace. Elle doit reconnaître sa culpabilité. Je pense qu'il ne faut pas qu'elle en fasse des tonnes, puisqu'elle va voir si elle faisait campagne avec un bracelet. De toute façon, il sera là, au pied, j'imagine. Ce qui
est intéressant, c'est que si elle veut faire campagne, elle est obligée de reconnaître sa culpabilité, c'est-à-dire d'accepter le jugement. Parce que si elle ne l'accepte pas, qu'elle se prouve en cassation, c'est suspensif, certes, mais au mois de janvier ou au mois de décembre, la décision tombe. Et si elle est contre elle, alors là, c'est la cata. Et donc, ce risque-là, elle ne le prendra pas. Donc, elle est aussi dans ce choix d'y aller en acceptant d'être... condamnée. Et que ça restera, parce que là, ce sera définitif. Marine Le Pen aura été condamnée pour détournement en fond public. Je pose la
question parce que la France n'est pas l'Amérique, mais outre-Atlantique, il y a un président qui a été condamné par la justice et qui est actuellement à la tête du pays. La France n'est pas les Etats-Unis.
Oui, on a senti à un moment cette velléité de Marine Le Pen et du camp, après le premier verdict de monter ce côté les juges contre nous, mais ils ont senti que ça ne prenait pas. La justice politique. Je pense sincèrement qu'on n'est pas la même société, on n'a pas la même culture. Je ne crois pas qu'on puisse faire de comparaison avec Trump, même s'il y a toujours cette tentation extrême droite, populiste. Et là, ils utilisent quand même... Beaucoup moins, globalement, en dehors de l
'affaire, l'alignement sur Donald Trump et la proximité avec Donald Trump n'est pas du tout en honneur de synthé. Et au Rassemblement national, ils essayent plus de prendre leur distance que de mettre en scène leur proximité.
Ce serait une première candidate à la présidentielle sous Brasse électronique. Évidemment, ce serait une première candidate à la présidentielle qui a des ennuis judiciaires. On se rappelle de François Fillon en 2017. Il n'a pas renoncé, mais ça a évidemment sacrifié sa candidature. Sinon,
il était très bien placé pour cette présidentielle-là. Oui, ça serait une première. Ce n'est pas les mêmes affaires,
ce n'est pas le même moment. Là, on est quand même loin. François Fillon, c'était vraiment dans le cœur de la campagne.
Oui, mais je pense que certains lui disaient « n'y va pas, n'y va pas, n'y va pas » et qu'il a faussé tête baissée. Il n
'a plus eu des pressions pour renoncer jusqu'à très proche de la campagne. Là, on est quand même plus loin. Ce n'est pas le même genre d'affaires. Il n'y a pas d'enrichissement personnel. C'est différent. Malgré tout, en effet, on a eu l'exemple d'une... campagne percutée par une affaire judiciaire.
Non mais plus globalement, sur la France, c'est vrai que c'est quand même ancien président en prison, une éventuelle candidate condamnée avec un bracelet, même si elle n'est pas candidate. On assiste quand même à des événements qui en France posent question. On va très loin dans les affaires et c'est exactement ce que je disais, c'est-à-dire il y a à la fois une espèce de... les gens acceptent. Et en même temps, il y a une défiance qui ne fait qu'augmenter. Il n'y a plus de confiance du tout dans les responsables politiques qui semblent donner tous les éléments pour qu'on n'ait pas confiance. Donc ça, il y a un moment, il va falloir que ça s'arrête.
C'est un bon élargissement, effectivement, parce que c'est un épisode qui risque d'aggraver encore la fracture entre les citoyens et les politiques en France. En tout cas, verdict le journal de TF1 débute à l'instant. Verdi, dans les prochaines minutes, que va décider Marine Le Pen suite à sa condamnation par la coronapel dans l'affaire des... assistant parlementaire des eurodéputés du Front National, donc on le rappelle condamnée, mais potentiellement, en tout cas, elle peut encore se présenter à l'élection présidentielle et elle clarifiera cette position dans les prochaines minutes. On le suivra sur RFI après le journal de 20h, heure française, donc dans un peu plus d'une minute. Je vais remercier Émilie Zapalski, qu'on va vous retrouver évidemment dans les prochaines minutes, mais communicante politique et fondatrice de l'agence Émilie Conseil, Valérie Gasse, chef du service politique de Radio France. Merci à Raphaël Delvolvé, qui était au siège du Rassemblement national dans le 16e arrondissement de Paris, accompagné par Bertrand Eclair, que l'on a retrouvé au cours de cette édition spéciale. Marie Lecoq, qui était à Hénin-Beaumont. Et merci à Sofia Katsenkova aussi, qu'on a retrouvé au Parlement européen de Strasbourg. On se retrouve dans les prochaines minutes, dans une dizaine de minutes, pour suivre cette décision de Marine Le Pen, avec Sylvie Noël, rédaction en chef. Claude Battista, réalisation bouger. À suivre dans 30 secondes, le journal, le grand journal du soir sur Radio France Internationale.
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