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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
D
'accord. Alors...
t'es prêt ? C'est bon ?
bon ? Alors, le groupe insoumis à l'Assemblée nationale a décidé cette année de faire fonctionner son droit à avoir une commission d'enquête, comme on l'avait fait les années précédentes, et cette fois-ci, nous avons décidé... de l'affaire sur le thème de l'eau. C'est une... Bon, donc, cette commission est constituée, elle sera présidée par Mathilde Panot, qui, avec Loïc Prudhomme et dans notre groupe, les personnes qui ont en charge des questions très directement liées à l'écosystème, sous un angle ou sous un autre. Alors, la question de l'eau, évidemment, nous l'abordons à partir des événements qui se sont imposés à nous, et qui nous ont permis de faire comprendre l'importance que nous, on y attachait. C'est le moment où sont apparues les crises de sécheresse dans le pays, à des endroits inattendus. Par exemple, lorsque je me suis rendu sur le seau du Doubs, où il n'y a plus de seau, il n'y a plus d'eau, il n'y a plus de Doubs. ou en d'autres endroits du pays où il y a une crise de l'eau qui est liée à la manière avec laquelle elle est utilisée, je pense à la question des bassines dans l'île de Sèvres. Et puis à la Réunion, île traditionnellement bien arrosée, compte tenu de sa position singulière dans l'océan, et qui connaît une crise de sécheresse. Si bien que ce qui paraissait d'abord être un événement isolé, dans les Caraïbes, surtout en Guadeloupe, mais aussi en Martinique, qui arrivait peu jusqu'à la métropole, on ne parlait plus du fait qu'un tiers de l'île n'a plus d'eau courante, est apparu comme dorénavant un phénomène qui pouvait atteindre tout le territoire national. C'est donc par la question de l'accès à l'eau potable, que nous avons commencé à poser le problème de la gestion de l'eau. Nous sommes engagés dans cette bataille pour les plus anciens d'entre nous depuis au moins une décennie. Je pense à tout le travail qui a été fait autour de Gabriel Lamarre, en lien avec les principales organisations sur le sujet. Mais nous pensons que le moment est venu de lui donner une acuité. et une singularité à laquelle nous voulons identifier jusqu'à notre propre mouvement. Nous avons pensé que, par exemple, le logo de la maison insoumise pourrait changer et ne pas rester seulement le fi, mais le fi dans une goutte d'eau. La question de l'eau va devenir, est en train de devenir, devient une question pratique dans la vie quotidienne des gens. l'eau, pouvoir y accéder, deuxièmement une eau potable, troisièmement une eau potable qui soit saine, c'est-à-dire pas rempli de plastique et pas rempli de pesticides, et formulée comme je viens de le faire, on la retrouve comme deuxièmement un problème politique, économique, qui produit l 'eau, dans quelles conditions, est-ce une propriété privée, est-ce une propriété collective ? Ensuite, quelle politique permet d'accéder à un service de l'eau raisonné et raisonnable ? Comment se fait-il qu'on perde la moitié de la flotte qu'on transporte dans nos canalisations ? Et enfin, ça devient un problème géopolitique, après avoir été un problème politique, économique, individuel, un problème géopolitique, et on peut dire que les guerres de l'eau sont commencées. dans plusieurs endroits du monde. Au demeurant, nous observons que la question de l'eau a été au point de départ de plusieurs révolutions citoyennes dans le monde dans la période récente. Ce fut le cas au Liban, ce fut le cas au Chili, ce fut le cas en Équateur et dans plusieurs pays où se sont exprimés des grands mouvements de masse et de population. Le point de départ avant que les questions sociales et politiques viennent sur le tapis sont les questions de l'eau. Voilà. Voilà le cadre dans lequel intervient notre commission d'enquête. On connaît les trois chiffres que je vais répétendre d'une réunion à l'autre. La planète est faite de 70% d'eau. Il y a à peine 2% d'eau potable. À 2% de manque d'eau dans votre corps, vous avez soif. À 10%, vous délirez. À 12%, vous êtes mort. L'eau est le dénominateur commun de toute vie, de toute forme de vie, et aucun problème, aucune question ne peut être discutée sans qu'elle intègre la question de l'eau. J'achève en vous rappelant ce que nous avons fait ici depuis que nous siégeons un groupe insoumis. En décembre 2017, nous avons fait une proposition de loi constitutionnelle visant à faire de l'accès à l'eau un droit inaliénable. Nous reprenions les batailles politiques qui avaient été menées par nos amis et camarades boliviens. Et les votes de l'ONU sur le sujet. En juin 2018, il y a eu le rapport de notre camarade, le rapporteur Loïc Prudhomme dans le cadre de l'émission d'information sur la ressource en eau. Tous ces documents sont disponibles. En juin 2020. Loïc présidait une commission qui avait à traiter la question des conflits d'usage de l'eau, qui sont des formes sous lesquelles apparaît la question de l'eau. Enfin, moi-même, pas ici, mais devant le mouvement, les Insoumis, j'ai présenté une résolution. L'eau, notre défi commun qui a été adopté par l'Assemblée représentative du mouvement. Il va de soi que dans la campagne présidentielle que j'anime, la question de l'eau jouera le rôle de fil conducteur entre plusieurs aspects de la politique que nous défendons. Voilà, je n'en dis pas plus. Nous voici au janvier 2021. La commission d'enquête sur la mamie sur la ressource en eau par les intérêts privés et ses conséquences est présidée par Mathilde Panot et c'est à elle que je donne la parole.
Merci beaucoup Jean-Luc. Bonjour à toutes et à tous. Nous faisons cette conférence de presse pour vous annoncer le lancement de cette commission d'enquête. Vous le savez, chaque année, l'opposition a un droit de tirage pour décider d'une commission d'enquête. Nous avons décidé de l'exercer sur l'eau, donc sur la main basse des intérêts privés sur l'eau et sur ses conséquences. Jean-Luc Mélenchon a rappelé la suite de longues batailles que nous avions menées sur cette question. et dont cette commission est la suite, et qui réaffirme pour le groupe Insoumis l'idée que l'accès à l'eau et à son assainissement est le grand défi de notre siècle. Aujourd'hui, l'eau est une ressource qui est une ressource en danger, d'abord du fait du dérèglement climatique et des crises écologiques avec une raréfaction de l'eau qui pourrait aller en 2070 jusqu'à moins 50% du niveau des nappes phréatiques qui baisseraient. Et une mise en danger aussi par son accaparement, par des multinationales qui mettent en danger la ressource en eau potable. Je rappelle que la ressource en eau potable est seulement de 1% sur notre planète, donc est extrêmement restreinte sur le volume d'eau totale terrestre. Et donc il nous paraissait extrêmement important d'avoir pour objectif dans cette commission d'enquête d'examiner et de faire la lumière sur les différents aspects de la main basse sur l'eau. la corruption qui en découle, la prédation, la mauvaise gestion de l'eau par des opérateurs privés ainsi que... le rôle de l'État et de ses conséquences. Alors dans cet accaparement, on le retrouve à toutes les étapes de l'eau, directement dans les nappes phréatiques, jusque dans la gestion, et avec des conséquences démocratiques extrêmement fortes, puisque le marché de l'eau est aujourd'hui un marché extrêmement juteux et opaque. Il y a eu de nombreux scandales de corruption sur cette question. Trois multinationales principales se partagent aujourd'hui, le marché de la gestion de l'eau, créant 25 milliards d'euros générés par ce marché, donc partagé par Veolia, Suez, Ondéo et Lassor. Et la Cour des comptes, qui n'est pas une officine insoumise, ça ne vous aura pas échappé, la Cour des comptes estime que cette gestion privée de l'eau correspond à un coût qui est en moyenne 10% de plus qu'une gestion publique. Et ce chiffre est encore plus élevé selon certaines des associations et des collectifs qui travaillent sur cette question. La gestion privée de l'eau aujourd'hui est en recul dans notre pays, preuve que le privé n'est pas plus efficace et meilleur, comme on aime le dire généralement dans la doctrine libérale, puisque aujourd'hui il y a plus de contrats publics que de contrats privés. Il n'empêche qu'il reste encore 60% de la population qui a une gestion aujourd'hui... privés de l'eau avec de nombreux effets sur les usagers de contrats léonins, de clauses abusives. Et j'en passe avec notamment des versements de dividendes qui ne sont pas reversés dans les réseaux et on se retrouve avec pour le coup des conséquences écologiques extrêmement fortes, non seulement sur l'accaparement de la ressource, puisque je disais que certaines transnationales vont jusqu'à pomper directement dans les nappes phréatiques. C'est le cas de Nestlé à Vittel ou de Danone à Volvic, ou encore de Crystalline qui a été mise en cause récemment pour des questions de pollution, donc qui mettent à mal déjà la ressource, la quantité et la qualité de la ressource qui est disponible. avec des prix d'eau en bouteille qui sont 100 à 300 fois plus chers que l'eau qu'on a en robinet, donc avec des factures qui sont faites aux usagers qui sont extrêmement fortes, donc des conséquences qui pour nous sont extrêmement importantes, qui est que le droit humain à l'eau, qui a pourtant été reconnu par l'ONU sous l'impulsion de la Bolivie, le droit humain à l'eau n'est plus respecté aujourd'hui dans le monde et encore aussi dans notre pays. En France, vous avez... 300 000 personnes qui n'ont pas accès à l'eau courante. Vous avez 2 millions de personnes qui ont des difficultés à payer leurs factures ou des difficultés à avoir accès à une eau de qualité et saine. Et l'ONU estime que d'ici à 10 ans, en 2030, il y aura 4 milliards de personnes dans le monde qui auront des restrictions chroniques d'eau. Donc là, nous sommes en train de parler d'une situation extrêmement grave. Jean-Luc Mélenchon rappelait l'importance de l'eau. dans toute vie, dans toute économie, dans tout ce qu'il y a, et ce qui se passe actuellement dans notre pays, peut-être le voit-on le mieux en Outre-mer, et c'est pour ça que je suis heureuse aussi qu'il y ait à la fois Loïc Prudhomme, qui est notre grand spécialiste, mais aussi Jean-Huy Grattemont, député des Outre-mer, parce que les Outre-mer sont aujourd'hui... en première ligne de cette pénurie d'eau. Vous avez notamment en Guadeloupe, mais aussi à Mayotte, mais aussi en Guyane, Jean-Hugues en parlera, mais vous avez en Guadeloupe 44 écoles qui ont dû fermer à la rentrée parce qu'il n'y avait pas d'eau dans les écoles. Vous imaginez ce que ça veut dire si ça s'était passé en métropole des parents qui ne pouvaient plus envoyer leurs enfants à l'école parce qu'il n'y avait plus d'eau. des coupures d'eau absolument incessantes en Guadeloupe notamment, et il se trouve que qui gérait l'eau en Guadeloupe ? Eh bien il se trouve que c'était Veolia qui gérait l'eau en Guadeloupe, et que lorsqu'ils sont arrivés, il y avait 18 millions d'excédents, et que lorsqu'ils sont repartis 15 ans après, il y avait 100 millions d'endettements. Alors la question de savoir où est passé l'argent, et de savoir quand même, quand on a des conséquences écologiques dont je vous parlais, qui fait qu'en métropole, vous avez 1 litre sur 5 qui est perdu en gaspillage parce qu'ils ont sous-investi dans les réseaux et qu'en Outre-mer, on monte à 1 litre sur 2 qui est perdu dans les canalisations. Eh bien, la question de savoir de ce qu'a fait Veolia est quand même extrêmement importante. Je vous le dis quand même pour que vous réalisiez ce que ça veut dire pour la vie des gens et ce que ça veut pouvoir dire aussi pour l'avenir, puisque, je le disais, l'Outre-mer est en première ligne. Ça veut dire concrètement... Par exemple, une mère seule avec des enfants guadeloupéennes qui reçoit le jour de Noël une facture de 5 000 euros pour son eau au titre de 2017, donc à Noël 2020. Donc ça veut dire des choses comme ça. D'autres usagers m'ayant parlé de 17 000 euros de factures qu'ils ont reçues ou encore de factures de 22 000 euros. Vous imaginez ce que ça veut dire. La conséquence de cet acarparement de l'eau, c'est d'abord, en plus d'un problème démocratique, un droit humain à l'eau qui est bafoué. Et nous, nous souhaitons réaffirmer que le droit humain à l'eau doit être réaffirmé. Alors que des conflits d'usages vont augmenter, et ça c'était notamment la mission d'information qu'avait menée Loïc Prudhomme, c'est des multinationales qui ont la priorité sur les usages indispensables à la vie, et notamment ceux des habitantes et des habitants de notre pays. Les enjeux écologiques avec les fuites, mais aussi la question des pollutions. Donc c'est toutes ces conséquences. et cette réalité de l'accaparement de l'eau en France par des multinationales que nous voulons mettre en lumière avec cette commission d'enquête. Bien sûr, nous ferons aussi des recommandations. J'espère que nous pourrons faire des déplacements lors de cette commission d'enquête qui peut durer six mois, probablement avec une remise de rapport qui sera remise en juillet. J'espère que nous pourrons aller notamment en Outre-mer, mais bien évidemment aussi auditionner l'ensemble des PDG de ces multinationales, le ministère pour savoir... quel est le rôle de l'État aussi et comment l'État laisse faire cet accaparement de la ressource en eau. Et peut-être pour terminer, si nous faisons cette commission d'enquête, c'est pour dire avant tout que l'eau est trop précieuse pour être laissée aux mains des multinationales, que les multinationales n'ont pas à décider et à choisir et à faire du profit autour d'un commun qui est indispensable à la vie. Je voulais vous rappeler une phrase qui a été prononcée il y a plus de 30 ans par Thomas Sankara, qui a été alors le président du Burkina Faso, et qui disait déjà à l'époque « Il faut choisir entre le champagne pour quelques-uns et l'eau potable pour tous ». Eh bien, je crois que cette phrase augurait déjà la guerre de l'eau qui a commencé et le défi qui est celui de notre siècle. Nous, nous avons fait notre choix et j'espère bien que cette commission d'enquête... contribuera à mettre en lumière cet accaparement par des intérêts privés de la ressource en eau et surtout à proposer des solutions sur lesquelles, j'espère, les députés de la République en marche aussi comprendront l'intérêt général qui existe derrière le fait de refuser qu'on marchandise un commun indispensable à la vie. Merci. Peut-être, Jean-Luc, tu veux dire un mot sur les Outre-mer ? Vas -y.
Oui merci. Bonjour à tous. C'est vrai que le problème de l'eau, malheureusement, persiste dans les Outre-mer et gagne aussi un peu toute la France. Je voudrais avant tout remercier Jean-Luc d'avoir sacrifié un peu de ses vacances parlementaires, puisqu'il est venu à la Réunion fin décembre, au début des fêtes de fin d'année, pour justement aller à la rencontre. des acteurs de terrain, notamment à la ville de Saint-André, où il a eu l'occasion de voir et d'entendre des responsables autant municipaux que... des compagnies, mais aussi écouter la population sur cette problématique de l'eau. Et tout de suite après son départ, il y a eu un autre problème d'eau sur Saint-André et la ville à côté, problème de pollution qui a touché sur deux communes limitrophes, qui a touché 10 000 familles, problème de pollution. Et face à cela, c'était la cacophonie. On ne savait pas comment faire. Et donc, ça a duré quand même plusieurs jours. Et il a fallu distribuer des bouteilles d'eau pour les familles. Et qui a payé ? C'est toujours la population qui paye. Et malheureusement, on se pose toujours la question, mais pourquoi en 2020, 2021, on se retrouve toujours dans ce genre de situation ? Mais avant cela, il y a eu le problème de la pénurie. La pénurie d'eau à La Réunion qui a touché plusieurs communes. Il faut deux raisons. Première raison, c'est le problème de la pluviométrie, le problème du réchauffement climatique, le problème de manque de pluie, de manque d'eau. Et deuxième raison, c'est le problème des canalisations, comme l'a dit ma collègue Mathilde Pano, le problème du rendement des canalisations où il y a peu d'investissement et on perd beaucoup d'eau. Mais plus grave encore, c'est que l'eau, on le paie avant les canalisations, mais pas au compteur d'eau. Il y a ce qu'on appelle une péréquation du prix appliqué sur le territoire. Donc les pertes sont payées par les consommateurs et non par ceux qui, à la limite, sont responsables des pertes d'eau. Nous avons des rendements autour de 50-60%. Donc il y a 40-50% d'eau perdue dans la nature. Et donc c'est un réel problème. Mais il y a aussi dans les territoires d'Outre-mer la qualité de l'eau en général. On attend toujours les usines de potabilisation de l'eau, par exemple, alors que la réglementation européenne l'impose sur ces territoires. Mais là encore, il y a des soucis et ça a des conséquences sanitaires au niveau de la population. Il ne faut pas s'étonner quand même que dans les Outre-mer, il y a autant de personnes malades qui souffrent de problèmes rénaux, qui se retrouvent... très jeunes en dialyse, etc. Et donc, ça a des conséquences sur la vie des gens, sur la qualité de vie des gens. Donc, il faut véritablement régler ce problème. Et l'enquête parlementaire, à mon avis, à mon sens, arrive au bon moment, puisque pour les compagnies, c'est beaucoup d'agents qui rentrent dans les caisses. Je prends l'exemple de la Réunion. On a le record de pluviométrie. Et en même temps, on a des problèmes, en des périodes, on a des problèmes de sécheresse où il n'y a pas d'eau. On a quand même le record de pluviométrie du monde. La Réunion est classée numéro 1 en pluviométrie. notamment sur le site de Takamaka. Et vous avez, l'eau nous appartient, les rivières nous appartiennent, et vous avez des multinationales qui débarquent et qui exploitent notre richesse, cette richesse qui appartient à l'humanité, qui appartient à tout le monde, qui exploitent cela au détriment de la population, au détriment des êtres qui habitent sur le territoire. Et je prends l'exemple aussi de Mayotte, où 5 ans, la moitié de la population ne sont pas raccordées à l'eau. à l'eau potable, qui n'ont pas accès à ces véritablement problèmes du fait du manque d'investissement, du fait aussi que l'eau pour ses dirigeants, pour les dominants, ce n'est pas une priorité. L'accès à l'eau pour la population n'est pas une priorité pour eux sur un territoire où plus de 60 à 70% des gens vivent en dessous du seuil de pauvreté. Donc là, c'est vraiment le droit humain qui est remis en cause et ça, on ne peut plus l'accepter. Nous n'allons pas faire l'enquête parlementaire là, nous n'allons pas donner les conclusions de l'enquête, mais ça va révéler quand même beaucoup de dysfonctionnements dans notre société, notamment sur ce problème de l'eau.
très rapidement, pour rajouter deux, trois éléments, je pense que notre mouvement, Jean-Luc l'a rappelé, mais aussi notre groupe parlementaire a pris ce problème dans son ensemble, parce qu'il est effectivement un problème technique, mais il est également un problème politique. Une illustration, ce que vient de dire mon collègue Jean-Luc Gratton, sur cette eau qui tombe sur le territoire de la Réunion, mais aussi sur notre territoire national. Et on a brisé le cycle de l'eau en artificialisant les sols. Et aujourd'hui, l'urgence politique, c'est de ralentir. la vitesse de l'eau pour qu'elle s'infiltre et que du coup, elle réalimente les nappes. Donc vous voyez que le problème qui paraît technique est un problème politique. Ça, c'est un premier exemple sur comment on restaure le cycle de l'eau. La deuxième question, c'est sur la qualité. Moi, la première mission d'information que j'avais menée partait aussi sur cette question qualité-quantité. Aujourd'hui, il y a une question politique qui n'est absolument pas réglée dans ce pays, qui n'est pas regardée. On parle de la pollution. mais on est absolument aveugles, on se rend sciemment aveugles, en tout cas les autorités publiques, les institutions, sur les métabolites qui sont aujourd'hui dans notre eau potable, les métabolites qui sont créés par la présence de pesticides massifs dans nos nappes et dans notre eau de consommation. Et donc ça, c'est un problème que nous devons aussi regarder. Et puis pour en finir sur le fait que l'on embrasse cette question d'une manière très large et très politique, ressource en eau potable, elle est très rare. Et nos réserves... d'eau potable sur le territoire métropolitain sont notamment majoritairement dans les barrages hydroélectriques à l'heure où on parle de la privatisation et de la vente à la découpe de EDF. Et ça veut dire que là-dessus, on se met aussi en défaut par rapport à la gestion propre de notre bien commun de l'eau potable qui est sur notre territoire que l'on va confier à des gens. qui vendront cette eau non pas pour nous donner à boire ou pour irriguer nos cultures ou pour permettre qu'il y ait une industrie qui puisse se développer ou se maintenir sur notre territoire, mais qui la vendront uniquement pour leur profit, le profit de leurs actionnaires. Et ça, aujourd'hui, je pense qu'il faut prendre conscience de ça et je pense que vous l'avez en tête, cette problématique de l'eau est une problématique technique. de changement climatique, mais qui est bien sûr seulement réglé et seulement peut être réglé par un abord politique. Et c'était ce qu'on avait abordé aussi sur la gestion des conflits d'usage. Et je suis ravi que ce travail entamé en 2017 de longue main soit repris et finalisé par cette commission d'enquête. Donc je suis sûr que Mathilde saura en tirer aussi des propositions. qui feront date dans l'histoire de notre pays, dans l'histoire de notre mouvement politique, pour faire en sorte que cette problématique qui, à mon sens, est sous-estimée par nombre de décideurs politiques, soit prise vraiment à la hauteur des enjeux qui se révèlent à nos yeux à ce jour. Jean-Luc l'a rappelé, été après été, plus personne ne peut ignorer que nous sommes dans une période de grande crise face à cet accès à l'eau. Voilà, je vous remercie.
Merci beaucoup Loïc. Peut-être pour terminer une dernière chose, pour aller dans le sens de ce que disait Loïc sur la question des barrages et de la folie de laisser le privé et des multinationales décider des usages de l'eau qui en seront faits, décider des prix de facturation qui en seront faits. On a quand même des exemples internationaux de ce qui se passe lorsqu'on financiarise l'eau, lorsqu'on va vers une prédation encore plus forte du privé sur ce commun. On a l'exemple... depuis septembre en Californie, où pour la première fois on peut spéculer sur l'eau, ce qui réalise le rêve de Goldman Sachs, qui avait dit « L'eau sera le pétrole du XXIe siècle ». Autant vous dire que cette phrase est absolument terrifiante. Et on a surtout l'exemple de l'Australie, qui a été le premier État à mettre en place un marché de l'eau en 1994. Or, rappelez-vous, il y a eu des méga-incendies en Australie, et pendant qu'il y avait ces méga-incendies qui dévastèrent, le pays une entreprise singapourienne a vendu 89 milliards de litres d'eau douce australienne à un fonds de pension canadien ça vous donne bien aussi l 'idée de la priorité qui sera donnée aux usages de l'eau et à la nécessité de l'eau pour la vie lorsque ce sont des multinationales qui décident ou encore des fonds de pension qui décident de comment cette ressource doit être allouée est ce que vous avez des questions
Excusez-moi, je dois me sauver parce que j'ai un rendez-vous téléphonique avec celui dont j'espère qu'il sera élu président de l'Équateur pas plus tard que dimanche.
'est une commission d'enquête officielle, donc c'est notre droit de tirage. À 11 heures dans la commission des lois, elle a été jugée recevable par la commission des lois. Donc cette commission d'enquête, comme toutes les commissions d'enquête, sera composée de 30 membres, avec un membre de la France insoumise, un membre communiste, deux membres socialistes, etc., etc., etc. Bon, 15 membres de La République en marche. Donc oui, l'ensemble des députés de tous les groupes politiques, y compris... un non-inscrit, seront représentés dans cette commission parlementaire.
C'était pas
en
public, mais bon, passons, c'était pas... Enfin, oui, mais on était pas... Allez-y, allez-y. Alors, oui, on a déjà beaucoup d'idées de personnes à auditionner. Évidemment, je le dis dans les grandes multinationales, que ce soit chez Veolia, chez Suez, évidemment, chez... chez Danone, chez Nestlé. Nous allons auditionner chacun des PDG de ces multinationales. On va auditionner aussi des experts. Pour nous, c'est important. Il y a beaucoup de personnes qui travaillent sur la question de l'eau. va auditionner aussi le ministère, les agences de l'eau et toutes les autorités organisatrices. Aussi sur cette question du rôle que prend l'État dans cet accaparement de la ressource en eau par des multinationales privées. Il y aura évidemment les associations et les collectifs qui se battent sur cette question-là, notamment d'ailleurs en Outre-mer avec qui on a déjà été en lien, mais au Bien commun, beaucoup des collectifs qui travaillent depuis longtemps sur cette question-là. Donc comment ? Les collectivités, oui. En tout cas, il va y avoir les différents acteurs qui vont être... Évidemment, on va s'intéresser aussi au scandale autour... Qui montre bien la guerre de l'eau qui est en train de se passer pour justement mettre la main basse sur l'eau autour du scandale Veolia Suez. Et notamment, on auditionnera M. Frérot. Voilà, on va auditionner un nombre de personnes élevées, puisque vous le savez... On a quand même six mois de commission d'enquête, donc on a le temps d'auditionner différentes personnes. On espère bien pouvoir faire des déplacements aussi, voire avoir accès à des documents, puisque c'est ce que permet une commission d'enquête. Je rappelle quand même que pour la commission d'enquête, les personnes que nous demandons à auditionner sont obligées de venir sous peine d'amende très forte et de peine de prison, et sont obligées de témoigner sous serment. Donc c'est un des pouvoirs de cette commission d'enquête. Un autre étant de pouvoir aller directement, notamment dans les ministères, demander l'accès à des documents. Et donc nous utiliserons tous les moyens que nous offre cette commission d'enquête pour mettre en lumière cette main basse sur l'eau par les intérêts privés. Et votre deuxième question, excusez-moi, c'était... voilà. Eh bien ça, peut-être, je vous laisse un peu de suspense pour la suite. En tout cas, ce qui n'est pas un mystère, c'est que nous faisons campagne depuis longtemps et c'est un des combats. Alors Jean-Luc Mélenchon rappelait le combat de Gabriel Amart sur la régie publique en Essonne et qu'il mène depuis plus de 30 ans. Mais un des combats que nous menons de manière très forte, c'est ce que nous avions déposé dès décembre 2017, qui était la proposition de loi constitutionnelle qui demandait à ce que... l'eau soit inscrite dans la Constitution comme un commun, que l'on n'a pas le droit de marchandiser, parce que je crois que l'eau n'est pas une marchandise. Comment ? Voilà, exactement. L'eau n'est pas une marchandise et qu'on devrait interdire aux privés de faire main basse dessus. Donc ça, c'est un des combats qu'on mène depuis longtemps et probablement qui sera aussi un des fils rouges de cette campagne. sur la question des communs qui, je crois, a aussi un écho tout particulier dans la période. Je rappelle quand même qu'on est en période de coronavirus et que peut-être que... Le point le plus important pour combattre le virus et être à la hauteur de cette crise sanitaire, c'est d'abord et avant tout d'avoir accès à l'eau. Parce que sans accès à l'eau, vous imaginez bien que lorsque vous ne pouvez pas vous laver les mains, lorsque vous ne pouvez pas vous laver tout court parce que vous n'avez pas accès à l'eau courante, la lutte contre le virus se fait plus dure. C'est ce qui se passe en Outre-mer aujourd'hui. C'est ce qui pourrait se passer aussi. Vous avez vu les prévisions de Météo France. qui disent qu'on risque d'avoir bientôt, dans les années qui viennent, jusqu'à deux mois de sécheresse intense en France, avec une augmentation des températures très forte. Je crois qu'il faut prendre cette question au sérieux. Est-ce qu'il y a d'autres questions ? C'est bon ? Merci à vous.
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