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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Mesdames et messieurs, merci d'être présentes et présents parmi nous ce matin pour cette présentation d'un projet qui vient d'être adopté et dont Chloé, dans quelques instants, vous rappellera quelles en sont les grandes lignes. Depuis plusieurs années, nous avons pris l'habitude de vivre au rythme des crises. La pandémie, le Covid, la guerre en Ukraine, les tensions géopolitiques. L'accélération du dérèglement climatique, les bouleversements provoqués par l'intelligence artificielle, chacune de ces secousses semblait exceptionnelle. En réalité, elles dessinent un même paysage. Nous sommes entrés dans un monde où les grandes transformations sont désormais permanentes. La canicule que nous venons de vivre nous rappelle avec une force particulière ces changements, ces bouleversements. Elle n'est pas, cette canicule, simplement une question environnementale. Elle interroge notre manière de travailler, de construire nos villes, de protéger les plus fragiles, d'organiser nos services publics, de produire notre énergie ou encore d'aménager notre territoire. Elle révèle aussi une vérité simple. Face au bouleversement du siècle, nous ne sommes pas toutes et tous égaux. Les plus modestes, les travailleurs exposés, les personnes âgées, les enfants, ceux qui vivent dans des logements mal isolés, en paient toujours le prix le plus élevé. Cette réalité nous oblige. Pendant longtemps, la politique a consisté à réparer les crises. Après qu'elles eurent produire leurs effets, à poser des rustines, cette manière de gouverner n'est plus suffisante. Gouverner au XXIe siècle, c'est comprendre les transformations avant qu'elles ne nous dépassent. C'est préparer plutôt que subir, c'est anticiper plutôt qu'improviser. Et en la matière, nous avons aujourd'hui un contre-modèle à la tête de l'État. Qui aurait pu prédire ? Je reprends là les mots du chef de l'État. C'est en cet état d'esprit que nous avons élaboré ce projet. Il est le fruit d'un très long travail d'écoute, de rencontre avec des citoyens, des chercheurs, des intellectuels, des syndicats, des associations, des élus. Et je veux à ce moment précis saluer le travail immense qui a été conduit sous l'égide de Chloé Rydel, finalement peut-être par paresse, l'habitude de dire, et de complètement retrouver un esprit, une ardeur, une forme d 'innovation qui nous était peut-être plus familière, d'abord en reprenant comme angle celui de la liberté. J'y reviendrai dans un instant. La question, c'est effectivement pour nous toutes et tous de retrouver la maîtrise de notre destin. Et au fond, le titre de ce projet résume la question qui traverse aujourd'hui la société française. Comment vivre libre dans un monde où tout semble nous échapper ? Comment vivre libre lorsque le logement devient inaccessible, lorsque le travail ne garantit plus toujours une vie digne, lorsque l'on attend des mois un rendez-vous médical, lorsque des grandes plateformes numériques organisent notre accès à l'information, orientent nos comportements et captent notre attention, lorsque les décisions qui influencent notre quotidien semblent toujours prises plus loin de nous ? Nous sommes allés à travers la France. Sans doute, quelques-uns d'entre vous ont-ils suivi notre parcours avec ce que nous avions appelé la France parlons-en. Nous avons écouté, entendu des histoires singulières, différentes, mais derrière leur diversité revenait un même sentiment, celui d'une perte de maîtrise. Beaucoup de nos concitoyens ont le sentiment que leur vie dépend désormais davantage des marchés, des algorithmes, des crises internationales ou des décisions plus que de leur propre volonté. Cette inquiétude est le terreau de la défiance démocratique lorsqu'un peuple a le sentiment qu'il ne décide plus de son avenir. Il doute de la politique, puis il doute de la démocratie elle-même. Notre projet est parti de cette réalité-là. Notre ambition est simple, redonner aux Français les moyens de reprendre la maîtrise de leur vie et collectivement de notre destin. Et donc, notre volonté est d'assurer une liberté des égaux. Nous avons choisi de placer la liberté au cœur de ce projet. Certains peut-être s'étonneront. Ils sont habitués à l'idée que la liberté est d'abord revendiquée par ceux qui se prétendent libéraux. Pourtant, il n'y a rien de plus fidèle à notre histoire, à celle du socialisme français, que de placer la liberté au cœur de notre projet. Depuis plus de deux siècles, notre famille politique poursuit une même ambition, faire en sorte que la liberté ne soit pas le privilège de quelques-uns, mais le bien commun de tous. Je ne vais pas ici vous refaire la longue histoire qui nous raccroche à la révolution de 1989, ni même à celle de 1830-1848, Époque après époque, nous avons cherché à définir la gauche, à chercher et à définir ce qu'était la liberté, une liberté des égaux, une liberté qui permette à chacune et à chacun de maîtriser son destin. Notre projet s'inscrit dans cette histoire. Car la liberté que nous défendons n'est pas celle du plus fort, ce n'est pas la liberté d'un marché sans règles, ce n'est pas celle du renard qu'on lâche dans le poulailler, ce n'est pas la liberté de quelques-uns d'accumuler chaque jour davantage pendant que les autres voient leur horizon se fermer. Nous défendons une autre liberté, celle des égaux, vous l'aurez compris. Je le dis parce qu'il y a deux définitions qui vont désormais s'opposer. C'est vrai à l'échelle du monde, ce sera vrai à l'échelle de cette élection présidentielle. A l'échelle du monde, chacun l'a bien compris, il y a aujourd'hui une internationale réactionnaire qui défend une autre idée de la liberté, qui est celle d'avancer sans contrainte, de permettre à quelques-uns d'avancer et de concentrer davantage de pouvoir et d'argent chaque jour, chaque jour davantage. Et puis il y a cette liberté que nous défendons et que je viens de redéfinir devant vous et que Chloé fera encore dans un instant. Ce que nous voulons faire, c'est adopter une attitude de combat frontal contre ceux que l'on appelle les libertariens, qui ont partout dans le monde, en réalité, des visages qui se ressemblent, qui sont à chaque fois celui de l'extrême droite. Et ce combat-là, il est essentiel. Vous l'aurez noté. Pendant longtemps, l'extrême droite en France a cherché à se masquer, a cherché à éviter d'être cataloguée, d'être renvoyée à son histoire, renvoyée à son idéologie. Et pourtant... Pourtant, à l'approche de l'élection présidentielle, chaque jour, on découvre derrière les propos de Jadane Bardella ce qu'il est véritablement. Au fond, il n'est qu'un libertarien parmi d'autres. Il est de ceux qui ont été se faire adouber par Trump. Il est de ceux qui participent à tous les congrès de cette internationale MAGA. Il est de ceux qui, au fond... n'ont aucune autre imagination que celle de copier servilement ce qu'aujourd'hui l'extrême droite de Milley, celle de Trump, celle qui vient de gagner au Chili ou en Bolivie et qui, au fond, cherche à étendre l'emprise de cette internationale réactionnaire sur notre pays. Et c'est la raison pour laquelle nous ne pouvions pas laisser la liberté dans les mains de l'extrême droite, comme à d'autres époques. Nous avons peut-être par défaut... de lucidité, par volonté de ne pas entrer dans des pièges qui nous étaient tendus à l'époque par Nicolas Sarkozy. Nous n'avons pas voulu rentrer dans le débat sur l'identité, à tort. Le vide a été comblé par d'autres. Nous n'avons pas toujours su, sur la laïcité, définir ce qu'elle était avec suffisamment de précision, à tel point qu'aujourd'hui, elle est devenue dans les mains de l'extrême droite un outil exclusif. qui sert en réalité à se battre contre une seule religion, l'islam. Nous n'avons pas toujours fait attention au fait qu'ils chercheraient à retourner jusqu'à l'état de droit, dont aujourd'hui ils disent qu'il n'est pas inamovible et qu'ils s'opposent à la souveraineté populaire. Et nous devons être attentifs au fait que demain, ils utiliseront jusqu'au féminisme pour chercher à opposer les uns aux autres. J'allais dire, chers camarades, on n'en est pas là. Je m'emporte, je me reprends. Et j'allais dire donc que ce combat-là est un combat qui est un combat existentiel. Le combat que nous allons mener à partir des prochains jours, des prochaines semaines, des prochains mois, qui nous conduira à l'élection présidentielle de 2027, est un combat que nous n'allons pas enjamber. Je lis, j'entends parfois que certains imagineraient que nous pourrions déjà faire l'impasse sur l'élection présidentielle, que nous considérerions comme déjà perdus et que nous serions déjà à penser à la recomposition qui suivra. Il n'en est rien. Nous allons nous battre comme des chiens, du premier au dernier jour. Et le premier jour, c'était effectivement le jour de ce vote sur le projet. J'ai souvent lu sous vos plumes ou derrière vos caméras ou en vous écoutant à la radio, que les socialistes n'avaient pas de projet, que les socialistes n'avaient rien à dire. C'était, au-delà du caractère légèrement discourtoire, le fait que vous n'aviez peut-être pas toujours écouté ce que nous disions, que vous aviez peut-être, et c'est de notre faute, privilégié ce que peuvent être les débats internes, souvent riches et nourris, qui permettent de nourrir aussi la presse politique. Mais la vérité, c'est que nous n'avons jamais cessé de travailler, que nous n'avons jamais cessé de proposer. Au cours des années qui viennent de s'écouler, chaque semaine au Parlement, nous avons fait des propositions alternatives à celles de la droite et de l'extrême droite. Et il fallait effectivement un moment où tout ça puisse être remis en perspective, ce que nous avons fait à travers ce projet. Et désormais, voilà le socle, la base à partir duquel notre candidat à l'élection présidentielle partira dans cette échéance et défendra pied à pied ce que la gauche et les écologistes peuvent défendre ensemble, ce que je souhaite ardemment. Voilà, chers amis, et pour certains d'entre vous, moins nombreux, chers camarades. Voilà ce que je voulais dire en introduction, laissant la parole à Chloé que je salue à nouveau et dire que c'est une nouvelle génération qui a aussi pris le pouvoir dans ce parti, qui a fait en sorte de renouveler notre pensée, nos habitudes, nos pratiques. Pas assez encore de mon point de vue, mais ça viendra. Et donc voilà un de ses visages, celui de Chloé, qui est un visage inspirant et en tout cas qui nous a permis d'aboutir à un résultat que je salue à nouveau. Merci.
Bonjour à tout le monde, mesdames et messieurs. Merci Olivier pour tes mots, ta présentation. Moi, je commencerai par dire que le nouveau projet du Parti Socialiste, il a désormais été adopté jeudi dernier par les militantes et les militants avec 83% de vote favorable. Et je crois que ce résultat est important, qu'il donne à ce projet une légitimité politique claire. Et je le dis, ce projet sera celui que devra défendre le candidat ou la candidate qui représentera le parti socialiste lors de la prochaine élection présidentielle. Toutes celles et tous ceux qui voudront le soutien du Parti Socialiste auront à faire avec ce projet qui bénéficie d'une double légitimité, non seulement le vote des militants, mais en amont tout le travail collectif qui s'est déroulé, les amendements qui ont été très nombreux. Je vais revenir très rapidement sur la méthode, Olivier, tu en as dit un mot. qui a présidé à la refondation du projet socialiste depuis près d'un an maintenant. Nous avons fait un tour de France d'écoute qui s'appelait Notre France Parlons-en. Nous avons mené plus de 200 auditions avec des scientifiques, des représentants d'associations, de syndicats, d'organisations. Nous avons recueilli des contributions militantes de nos fédérations. J'ai travaillé avec l'ensemble. des sensibilités du Parti socialiste qui m'entourait dans un comité de pilotage et je me réjouis qu'à la fin, au bout de ce processus de refondation, nous ayons pu valider à l'unanimité du Bureau national la transmission du projet aux militants. Pendant la phase d'amendement, il y a eu des milliers d'amendements qui sont venus conforter. les grands axes politiques du texte, mais aussi l'enrichir et le corriger par endroits. Ce projet, il dit ce que nous sommes, c'est-à-dire une gauche radicale de gouvernement qui se tient sur ses deux jambes. Radical parce que notre ambition de transformation est profonde, nous sommes une gauche de transformation et quand on voit aujourd'hui la canicule, la crise climatique, plus personne ne peut faire croire que des demi-mesures suffiront, que le business as usual peut continuer. Et c'est ce besoin de radicalité que l'époque exige, je peux le décliner dans d'autres domaines que celui de la crise climatique. Je peux aussi parler du pouvoir d'achat, de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, du mauvais état des services publics, de la justice fiscale. Tout ça, il faut une ambition radicale qui est la nôtre. Et gauche de gouvernement parce que nous restons toujours fidèles à notre méthode, c'est-à-dire le dialogue. la recherche du compromis, le refus de la violence, le respect de la démocratie. C'est cette identité qui est celle du Parti Socialiste et que ce projet vient réinfirmer. Le grand combat de la gauche aujourd'hui, je le crois, c'est de refermer la parenthèse libérale qui s'est ouverte dans les années 80 et proposer une alternative. Il faut mettre fin à cette mondialisation sans règles équitables qui a dérégulé, qui a concentré les richesses, qui a affaibli la puissance publique, fragilisé nos emplois, nos industries, nos territoires, qui a aussi produit de nouvelles dépendances dont on a aujourd'hui du mal à sortir et qui aujourd'hui évolue vers un capitalisme brutal que nous appelons nous prédateurs, de prédation, qui accélère le dérèglement climatique, qui se dresse contre la démocratie. Et donc ce combat contre ce capitalisme-là, Olivier l'a dit, c'est un combat pour la liberté. Pas la liberté réduite au laissé-faire, pas la liberté du marché sans règles, pas la liberté des plus puissants contre tous les autres, mais la vraie liberté, c'est-à-dire celle qui permet de choisir sa vie, de vivre dignement de son travail, d'avoir trouvé à se loger, à se faire soigner, se déplacer, être respecté, ne pas subir de discrimination. Cette promesse de liberté-là, elle n'est pas tenue aujourd'hui, aussi bien à l'échelle individuelle qu'à l'échelle du peuple français et même du continent européen. C'est le sens de notre projet, vivre libre, pouvoir permettre à chacune et à chacun de choisir sa vie et au peuple français de maîtriser son destin et de retrouver sa souveraineté. La liberté, elle est au cœur du discours socialiste depuis Jean Jaurès, mais là je choisis ce matin de citer Robert Badinter qui disait que la gauche n'est elle-même qu'autant qu'elle est porteuse de liberté nouvelle. Libération de la faim, de l'ignorance, de la maladie, de la peur, libération aussi du mépris, de l'humiliation, de la solitude, du rejet et des pesanteurs sociales qui écrasent les plus faibles et les plus démunis. C'est cette boussole-là que nous reprenons et vous voyez bien que face au capitalisme technologique, qui captent nos données, notre attention, qui en font marcher. L'enjeu, c'est bien de savoir comment rester libre, face à l'intelligence artificielle aussi, face à la canicule, quand des écoles ferment, c'est aussi la liberté qui régresse. Et je veux devant vous citer, pour terminer mon propos, et avant de laisser la place aux échanges, citer 10 priorités politiques. que nous souhaitons particulièrement mettre en avant. La première, c'est la revalorisation du travail par la hausse des salaires, par la reconnaissance des métiers essentiels et par le partage de la richesse et de la décision en entreprise en évoluant vers un vrai régime de co-détermination en entreprise qui permette d'avoir 50% de représentants de salariés dans tous les conseils d'administration des entreprises de plus de 500 salariés. La deuxième priorité que je veux citer, c'est celle du pouvoir d'achat, que nous ne traiterons pas sous le seul angle de l'augmentation des salaires, mais sous l'angle de la baisse des dépenses dites contraintes, le logement, l'énergie, l'alimentation, les transports, qui ont augmenté beaucoup plus vite que les salaires ces 30 dernières années et qui sont le problème véritable du pouvoir d'achat dans ce pays. Et on va faire baisser ces dépenses contraintes par des politiques de puissance publique affirmées et déterminées. Troisième priorité. Je veux vous parler des sécurités que nous avons à construire. Contrairement à l'extrême droite qui réduit le débat sur l'insécurité à la seule figure de l'étranger et de l'immigré, nous voulons nous réapproprier. le combat contre les insécurités et les conjuguer au pluriel. Parce qu'il y a, certes, et oui, l'insécurité physique. Il faut lutter contre la délinquance, contre les incivilités du quotidien, contre le narcotrafic. Mais il y a aussi l'insécurité sociale, celle que l'on ressent lorsque l'on n'a pas accès aux soins de santé, par exemple. 6 millions de Français qui n'ont pas de médecins traitants dans ce pays. Nous parlons de cette insécurité-là. L'insécurité environnementale et écologique. On l'a vu... Ces derniers jours, c'est une question de vie ou de mort. Quand en 2050, il est prévu 50 degrés à l'ombre à Paris, mais pas qu'à Paris, dans toutes les villes. Il nous faut nous adapter au réchauffement climatique. La climatisation, c'est très bien et c'est nécessaire, mais ça ne suffira pas. Il faudra adapter tout le parc de logements existants. On propose une prime climat unique sans avance de frais pour permettre à tous les Français qui en ont besoin de faire rénover leur logement, rénover les bâtiments publics, écoles, hôpitaux, EHPAD en priorité, adapter nos villes en désimperméabilisant les sols, en remettant des arbres, de l'eau, de la fraîcheur. Bref, du bon sens. Mais quand, par exemple, Anne Hidalgo l'a fait à Paris ces dernières années, elle a été la cible d'attaques terribles alors même qu'en fait, elle luttait pour la vie puisque c'est vraiment une question de vie ou de mort que de réduire la place de la voiture à Paris. On s'en rend compte aujourd'hui. Et donc, dans cette continuité, nous construirons les sécurités et toutes les sécurités pour les Français. La quatrième priorité que je veux évoquer, c'est la réindustrialisation. Pour nous, l'industrie, ce n'est pas juste une question économique. On la place au cœur de notre programme économique, de notre ambition économique, mais la désindustrialisation, c'est aussi un problème social, une crise politique, une crise territoriale. Et donc, nous voulons réindustrialiser. Avec quatre piliers en fait, c'est simple. Il y a Macron qui a porté une certaine politique qui consistait à déréguler le marché, le code du travail, à faire baisser ce qu'il appelle lui le coût du travail et à organiser des sommets à Versailles. C'est une politique qui se défend. Nous, nous pensons qu'il faut d'abord rendre l'énergie, l'accès à l'énergie qui est... vital pour nos industries moins chères, plus sûres, souveraines, donc construire une vraie souveraineté énergétique avec un mix décarboné 100% en 2050, avec du nucléaire autant que nécessaire et du renouvelable autant que possible, c'est la formule que nous voulons consacrer. Donc de l'énergie, mais aussi des investissements beaucoup plus ciblés, arrêter de saupoudrer les aides aux entreprises, plus de 200 milliards d'euros par an, et les concentrer dans les secteurs d'avenir. Mettre fin aux effets d'aubaine, le crédit impôt recherche qui est versé à l'agroalimentaire par exemple. On se demande bien pourquoi. Reconcentrer cet argent dans les secteurs dont nous avons besoin. Un effort enfin de formation et la protection du marché. Quand on parle d'industrie, c'est la langue mort de la politique industrielle d'Emmanuel Macron. Protéger le marché européen. Je suis députée européenne, nous menons ce combat-là. Il est long, il est pénible, mais progressivement on fait bouger les choses quand vous avez la Chine en face et sa politique de maximalisme industriel. On perdra notre industrie si on ne sait pas protéger, faire du protectionnisme. Ça n'est plus un gros mot pour nous, notre marché. Et donc, ça m'amène à la cinquième priorité, qui est la construction d'une souveraineté européenne. Je crois que c'est ce qui nous distingue aussi à gauche vis-à-vis de la France insoumise, qui, moi, je ne les entends plus parler d'Europe. Pourtant, aujourd'hui, la construction d'une souveraineté européenne, c'est la condition de notre liberté, comme peuple, le peuple français. Face aux Etats-Unis, face à la Chine, face à la Russie, sans souveraineté, il n'y aura pas de liberté. Et donc nous voulons construire la souveraineté européenne dans tous les domaines. Souveraineté alimentaire, souveraineté industrielle, souveraineté dans les services numériques, système de paiement. Dépendons des Américains pour cela. Il faut changer la donne et faire le saut qui nous conduira à la souveraineté européenne. Sixième priorité que je veux citer, c'est l'école et la réussite éducative parce que nous avons trois mesures emblématiques en la matière à faire. Réduction du nombre d'élèves par classe à 19 élèves maximum par classe dans toutes les classes de France. C'est la mesure qui fera la différence pour améliorer radicalement la réussite éducative dans ce pays et pour améliorer derrière la productivité et le capital humain en France qui baisse. C'est aussi la revalorisation du salaire des enseignants pour atteindre la moyenne de l'OCDE. En France, nos enseignants sont moins bien payés que la moyenne des pays de l'OCDE. Et c'est remettre de la mixité sociale dans les classes, la mixité scolaire, et dans la même continuité, démocratiser l'accès. aux métiers scientifiques et de l'innovation, notamment pour les enfants d'ouvriers, d'employés, pour les enfants des quartiers populaires et des campagnes qui n'ont pas accès à ces métiers-là et on perd énormément de talent en se privant de ces talents par les inégalités de destin et d'accès à l'information. La lutte contre les violences sexistes et sexuelles également est au cœur de notre programme, la protection de l'enfance. Nous portons ces derniers jours, vous l'avez vu, la loi intégrale qui sera examinée à l'automne, mais c'est là le cœur de notre politique en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, dont celle faite aux enfants. Je veux aussi citer l'intelligence artificielle, huitième priorité. Nous, notre philosophie, elle se résume rapidement. On veut que l'intelligence artificielle soit mise au service du bien commun et pas au service du profit de quelques-uns. Et donc comment est-ce qu'on met l'intelligence artificielle au service du bien commun ? En bâtissant une intelligence artificielle souveraine avec un pôle public de l'intelligence artificielle qui associe le CNRS, nos universités, mais aussi nos entreprises les plus innovantes en la matière. et industrialiser toute la chaîne de valeur de l'intelligence artificielle, tout ce dont on a besoin, notamment les puces, et puis utiliser l'IA, non pas pour faire des choses dont parfois sincèrement on n'a pas besoin, c'est-à-dire générer des images sympathiques ou des vidéos marrantes, mais par exemple pour améliorer les services publics, faire en sorte que pour la justice, le traitement des plaintes contre les auteurs de violences sexistes et sexuelles soit plus rapide. pour aussi faire tourner nos données de santé et les mettre au service d'une politique de prévention personnalisée. Avec l'IA, on peut faire des merveilles pour améliorer la santé et faire des recommandations au plus proche de la santé de chacun. Donc mettre l'IA au service du bien commun. Mais d'abord, il faut qu'on puisse maîtriser ces outils et être vraiment souverain en la matière. Je veux dire un mot, 9e priorité, j'en ai bientôt terminé, sur la politique d'immigration. Moi je suis députée européenne, il y a 10 jours au Parlement européen a été voté ce qu'on appelle le règlement retour, c'est-à-dire que c'est quelque chose d'inédit, on va pouvoir en Europe renvoyer des étrangers dans des centres de rétention où ils pourront être détruits jusqu'à 2 ans sans procès dans des pays dont ils ne sont même pas originaires à l'étranger. L'extrême droite au moment de ce vote s'est levée et a crié en anglais « renvoyez-les, send them back ». Donc on assiste là à un durcissement. de la politique d'immigration qui, pour nous, sous l'impulsion de la droite et l'extrême droite, devient à la fois inhumaine mais aussi inefficace. Et nous opposons une politique d'immigration et d'intégration par le travail. Nous l'assumons. Nous voulons d'abord retirer la politique d'immigration du ministère de l'Intérieur. Ça n'a aucun sens que le ministère de l'Intérieur soit seul responsable en la matière. On veut créer un secrétariat d'Etat placé sous l'autorité du Premier ministre parce que la politique d'immigration, ce n'est pas que de la sécurité, c'est de l'éducation, c'est du travail, c'est de la santé, c'est de l'apprentissage de la langue. Ce sera planifié de cette façon et on veut porter une politique assumée de régularisation. Des gens qui travaillent dans notre pays, qui sont étrangers et qui ont un contrat de travail depuis au moins six mois. Mettre fin aussi à la maltraitance institutionnelle des étrangers dans notre pays qui a été aggravée par la politique de Bruno Retailleau et permettre le renouvellement automatique des titres de séjour de longue durée. Voilà pour la philosophie de notre politique d'intégration. Il faut qu'elle soit à la fois réaliste, on ne peut pas accueillir tout le monde, c'est une évidence, mais qu'elle soit aussi humaniste et intelligente. Ça ne sert à rien de fabriquer des faux irréguliers dans notre pays. Il faut intégrer mieux et davantage les gens qui se trouvent sur notre sol, qui contribuent à notre économie, qui travaillent et les sortir de la précarité dans laquelle ils sont bien trop souvent. La dernière priorité que je veux évoquer, c'est celle de la refondation démocratique. Vous avez plus de 80% des Français qui ne croient plus dans les institutions démocratiques de notre pays. Donc nous voulons redonner du pouvoir aux citoyens, notamment par le référendum qui n'a plus été utilisé dans notre pays depuis 2005. Nous voulons déprésidentialiser. Nos institutions, faire du Premier ministre le véritable chef de la majorité, que ce soit lui qui dispose du pouvoir de dissolution, notamment. Nous voulons aussi garantir l'indépendance des médias, il y a urgence, en fixant des seuils anti-concentration exigeants et en conditionnant aussi les aides publiques, notamment en les refusant pour tous médias dont une des personnalités à antenne serait condamnée pour incitation à la haine. Voilà quelques-unes des priorités qui sont celles des socialistes. Encore une fois, ce seront ces priorités qui seront défendues dans le cadre de l'élection présidentielle par les Françaises et les Français. Pour l'instant, il y a beaucoup de candidats qui se mettent sur la ligne de départ, mais ce projet devra les unir parce qu'encore une fois, il bénéficie de cette double légitimité, le travail collectif d'un an en amont et le vote clair massif de 83% d'avis favorables. Et je crois qu'encore une fois, ils nous identifient clairement. Dans une période où l'extrême droite est aux portes du pouvoir, il faut être clair sur les idées, c'est important, ça compte, ce travail a été fait. Et il nous positionne comme une gauche de transformation, pas d'incantation, comme une gauche européenne, comme une gauche démocratique, comme une gauche qui a aussi le courage de combattre les injustices jusqu'au bout, de briser les structures et les pouvoirs qui empêchent encore trop de personnes dans notre pays de bien vivre et de vivre libres. Et donc je veux remercier l'ensemble des militants socialistes, l'ensemble des sensibilités du parti qui m'ont accompagnée dans ce travail. Je veux remercier Olivier Faure de m'avoir fait confiance pour porter ce travail et de tout ce qu'il a fait au parti aussi pour amener, comme tu l'as dit, une nouvelle génération dans ces responsabilités-là. Et je veux aussi dire aux militants qu'ils pourront compter sur moi pour défendre ce projet. C'est le mandat. qu'ils ont donné à nos candidats à l'élection présidentielle, et c'est ce mandat que nous allons faire vivre. Merci beaucoup.
coup, on ouvre les questions, s'il y en a, c'est ça ?
Bonjour, Rachel Gara pour l'Humanité. Oui, par rapport à ce que vous nous avez présenté fin avril, qu'est-ce qui a été particulièrement modifié par les militants
prends plusieurs questions de suite ou je réponds à chaque fois
Milan Arjolas pour BFMTV. C'est juste pour confirmer que j'avais bien compris. Est-ce que vous prévoyez de mettre en place un secrétariat d'Etat à l'immigration ? C'est bien ça ?
je vous réponds très directement oui. Un secrétariat d'État à l'immigration et à l'intégration, on va passer en l'autre pour nous, placé sous l'autorité du Premier ministre pour planifier la politique d'immigration et d'intégration dans un cadre transversal qui ne soit pas réduit au périmètre du ministère de l'Intérieur. Je crois que ce serait un changement assez radical dans la façon dont on gère. la politique d'immigration et d'intégration dans notre pays. C'est une proposition qui nous a notamment été inspirée par Patrick Veil, historien et grand spécialiste de ces questions. Et sur les amendements, merci beaucoup pour la question. Il y a eu donc 3 500 amendements environ, donc une immense participation des militants. C'est un amendement qui émane de plus de 60 fédérations du Parti socialiste, donc vraiment une participation large et peu connue dans l'histoire de notre parti, il faut le dire. L'écrasante majorité de ces amendements venait conforter des... des propositions qui figuraient déjà dans la base de projets que nous leur avions transmis et qui venaient les détailler, les prolonger, les préciser. Nous, nous avons toujours dit qu'au stade du projet, pour pas que ça fasse trop de pages, que ce soit trop long, vous avez d'ailleurs des petits livrets qui sont disponibles, vous voyez que c'est déjà suffisamment long, on renverrait tout le détail et ce qui relève de l'exécution des mesures dans la publication de livrets thématiques ultérieurs. Donc ça, on n'a pas repris ces choses-là. Et puis après, il y a eu aussi des idées nouvelles. Je veux mentionner par exemple des propositions qui viennent... enrichir nos propositions pour les travailleurs indépendants. Aujourd'hui, c'est vraiment un nouveau mouvement dans la société. Il y a de plus en plus de jeunes qui veulent être à leur compte. Il y a 2 millions de micro-entrepreneurs dans notre pays et qui ne bénéficient pas de protection suffisante. Donc nous proposons par exemple une caisse de sécurité sociale pour les travailleurs indépendants qui serait abondée à la fois par les cotisations des travailleurs homens, par les donneurs d'ordres, c'est-à-dire les plateformes qui les emploient souvent. et abondé également par l'État. On a aussi ajouté des propositions face à la crise du logement qui visent à cibler les multipropriétaires. On appelle ça la taxe anti-rente. Vous voyez, ça colle bien avec notre récit sur la liberté. On est contre la rente. On pense que c'est mauvais, inefficace. Et donc on veut appliquer cette taxe dès le quatrième logement possédé, hors résidence principale. Et ça vient notamment répondre à la spéculation immobilière qu'on peut voir dans cette ville de Paris, où une concentration de la propriété des logements est particulière. On peut aussi mentionner des choses que nous avons ajoutées. sur la façon dont on peut retrouver une forme d'unité nationale, faire peuple, reconstruire de la cohésion, lutter contre le racisme, l'antisémitisme et l'islamophobie. Nous avions déjà dans la base de projet affirmé l'ambition. de dire que la colonisation, la faire reconnaître dans le droit français comme un crime contre l'humanité. Quand on a Edouard Philippe, par exemple, qui dit que la colonisation n'était pas un crime, nous on affirme le contraire. Et les amendements ont apporté des idées complémentaires et importantes, comme celui... de créer un musée national de l'histoire de la colonisation pour arrêter de taire cette partie de l'histoire de France, pour créer aussi un délit d'inéligibilité pour toute personne qui aura été condamnée pour racisme et incitation à la haine. Donc vous voyez, ce sont des propositions qui viennent, des amendements qui viennent. un peu compléter et ajouter des choses nouvelles, enrichir, mais qui ne venaient pas contredire les lignes que nous avons portées. Et puis il y a aussi des amendements que nous avons décidé d'écarter. Je peux citer par exemple l'ambition de salarier l'ensemble des médecins de France. C'est quelque chose qui, pour nous, n'était pas souhaitable. ni faisable, ça n'empêche pas que nous reconnaissons l'utilité de salariés des médecins dans des zones de désertification médicale. Carole Degas le fait par exemple en Occitanie, ça marche très bien. Mais bon, voilà, nous avons écarté, juste pour ne pas ignorer et me défausser face à votre question, il y a aussi des amendements qu'on a assumés mettre de côté. Pas vraiment, non. Quelques-uns quand même. Vous pourrez faire la comparaison des documents. Là, franchement, ça relève du détail, si vous voulez, et pas de la contestation ou de la ligne politique. Ce n'est pas déterminant, ce que je peux dire.
bonjour Thibaut Petit pour TF1-LCI. Si je peux me permettre une question au premier secrétaire sur le projet, justement parce que vous avez dit, Chloé Riedel, tout à l'heure, que le candidat qui serait désigné par le Parti socialiste devrait défendre ce programme. Est-ce que vous, Olivier Véfort, vous assurez de défendre que le candidat désigné par les socialistes reprendra l'intégralité du programme et que ça ne deviendra pas une sorte de barre à salade où le candidat pourra piocher dedans sans forcément tout appliquer ?
y aura des priorités après. Tu peux répondre Olivier ?
Sur la question d'identité, est-ce que vous vous retrouvez dans le concept de Nouvelle France de LFI ? Est-ce que vous partagez ce concept-là ou est-ce que tout est acheté et vous le déplorez
laisserai Olivier répondre à votre question après. Sur la nouvelle France, nous faisons le constat avant tout que notre France est profondément fracturée sur le plan territorial, sur le plan social, sur le plan culturel. Et donc nous mettons l'accent quand nous parlons de la France sur ce récit-là, des fractures qu'il nous faut résorber parce que nous pensons que ces fractures qui polarisent le peuple français, qui divisent le peuple français, elles nourrissent l'extrême droite. Et si on ne recrée pas de l'unité nationale, on ne remettra pas la gauche au pouvoir. Et donc, nous ne voulons pas opposer une ancienne France à une nouvelle France. Nous voulons plutôt insister sur la nécessité de retrouver de l'unité dans notre pays en résorbant les fractures sociales, territoriales et culturelles, pas par des appels un peu creux à la réconciliation, comme peut le faire Emmanuel Macron souvent, mais par des politiques de justice. de justice pour l'égalité entre les territoires, faire péter les ghettos urbains, renforcer les petites villes et les villes moyennes qui ont souffert de la métropolisation, les fractures sociales en faisant la justice fiscale, on propose des états généraux de la justice fiscale. Et puis les fractures culturelles, je l'ai mentionné avec tout ce que nous proposons sur une lutte résolue contre le racisme, l'antisémitisme et l'islamophobie. Ces trois choses-là ensemble, on ne va pas les séparer. avec des propositions pour à la fois tolérance zéro contre le racisme, l'antisémitisme et l'islamophobie dans les services publics, dans les entreprises, politique d'éducation dès le plus jeune âge, collèges, lycées, on voit bien que ça prend beaucoup parmi la jeunesse, ces clivages, notamment l'antisémitisme monte beaucoup dans les collèges, lycées, avec tous les clichés qui sont véhiculés sur les réseaux sociaux. Le renforcement de l'ARCOM pour que la procédure de retrait... l'agrément à une chaîne soit beaucoup plus rapide quand il y a des condamnations répétées, des lits d'inligibilité pour toute personne condamnée pour injure raciste. On veut faire de cette lutte-là une grande cause nationale parce que la fracture culturelle et identitaire de notre pays, elle est là aussi. Nous, nous portons ce récit-là pour la France. de retrouver l'unité du pays en résorbant ses fractures par des politiques de justice radicales et fondamentales. C'est comme ça que je résume les choses. Olivier.
a un débat en France sur l'identité qui a commencé il y a fort longtemps. Et il y a d'un côté un mensonge, de l'autre une maladresse. Le mensonge, c'est celui de l'extrême droite, qui nous parle d'une France éternelle. Il n'y a pas de France éternelle. La France est depuis l'origine, et je ne sais pas de quand faut-il la dater, Clovis, la Saint-Gétorix. En tout cas, la réalité, c'est que notre pays est un pays qui a subi des influences, qui s'est enrichi d'influences diverses depuis ses origines. Et la France, dans ses frontières actuelles, est en réalité assez récente. Et le dernier département français, c'est Mayotte, et ça date de ce siècle. Il y a donc un mensonge, celui porté par Éric Zemmour, par l'extrême droite plus largement, par Marine Le Pen, par Jordan Bardella. Et puis il y a une maladresse, la nouvelle France. La nouvelle France est une maladresse parce que d'abord, cela a été dit par Chloé à l'instant, il n'y a pas à opposer une ancienne France à une nouvelle France. La France, elle se renouvelle chaque jour en réalité. Et entre ces deux concepts, il y a un concept que moi je défends, qui est celui d'une France vivante. La France, elle s'est enrichie au cours des siècles. Nouvelle région, nouvelle cuisine, nouvelle culture, et qui a permis d'être ce que nous sommes, un pays métissé, pays pluriculturel, plurireligieux, que nous devons revendiquer. Et quand Jean-Luc Mélenchon va jusqu'à revendiquer l'idée d'un grand remplacement, quand il dit en meeting « le grand remplacement c'est vous se tournant vers la foule », il rentre sur un terrain qui est précisément celui de l'extrême droite. Pourquoi le fait-il ? Vraisemblablement pour mieux polariser un débat entre l'extrême droite et la gauche radicale. Mais moi, je crois que nous n'avons pas intérêt sur cette question de l'identité qui devrait être justement le ciment. Qu'est-ce qui nous unit ? Qu'est-ce qui fait que nous sommes ensemble ? Qu'est-ce qui fait que nous avons envie de regarder dans la même direction ? Il ne faut pas chercher en permanence à opposer les uns aux autres, mais au contraire à les rassembler, à les réunir. Et ça suppose donc de trouver un autre concept. C'est la raison pour laquelle j'évoque devant vous l'idée d'une France vivante. Une France qui, justement... à travers ces institutions, à travers la solidarité qu'elle s'est créée entre ses membres, à travers une politique culturelle qui se défend et qui ne fait pas de la culture une variable d'ajustement ou au contraire même le sujet sur lequel il faut chercher des économies en permanence, et bien sur tous ces sujets-là, il faut effectivement se poser une question, non pas qu'est-ce qui menace notre identité, Mais qu'est-ce qui fait que nous tenons ensemble ? Qu'est-ce qui nous unit ensemble ? Qu'est-ce qui fait que nous pouvons avancer ensemble ? C'est ce que je crois que nous devrions défendre dans une campagne présidentielle. Pour revenir donc à la campagne présidentielle et à ce que doit dire un candidat socialiste. L'évidence, c'est qu'il n'y a pas... Ça se serait de candidat naturel à l'élection présidentielle. C'est la raison pour laquelle, depuis de longs mois, je défends l'idée qu'il faudra un moment qu'il y ait un départage démocratique. Ce soir, nous aurons l'occasion d'y revenir lors du Conseil national. Mais d'évidence, s'il n'y a pas de candidat naturel, il y a un candidat naturel malgré tout qui existe, c'est le projet. Le projet, c'est ce qui rassemble les socialistes. C'est ce qui peut rassembler, y compris au-delà de nos rangs. Parce que, ça n'a pas été dit jusqu'ici, mais la réalité, c'est que nous sommes dans un dialogue permanent, y compris avec d'autres forces, et que dans ce que nous écrivons là, il y a matière, sans doute existe-t-il encore des divergences, mais il y a là matière à avancer là aussi ensemble. Et donc, moi, je considère qu'il y a un candidat qui est d'ores et déjà légitime, à valiser, c'est le projet.
Richard Fleurin du Figaro. Je ne vois pas parmi vos dix priorités figurer la situation des comptes publics. La Cour des comptes alertait très récemment à ce sujet, 3 500 milliards de dettes dépassées. Est-ce que ça veut dire que pour vous, cette situation-là n'est pas une priorité ? les retraites qui représentent un quart des dépenses sociales de la France. Est-ce que vous pourriez, s'il vous plaît, préciser votre doctrine sur le sujet ? Parce que ça va être une thématique fondamentale du débat présidentiel. Merci.
Merci beaucoup. Du coup, une deuxième que j'avais vue, comme ça, je fais...
moi, c'était pour le premier secrétaire, Olivier Faure, mais donc je la pose, Milana Arjolas, toujours pour BFM TV. Je rebondis, parce que vous avez le projet, je rebondis sur l'incarnation. Ce matin, c'est Philippe Brun qui s'est déclaré candidat à la primaire, une potentielle primaire, donc PS social-démocrate. Est-ce que vous n'avez pas peur que ça devienne illisible, ces candidats, pour certains candidats à la primaire et d'autres pas candidats à la primaire ? Je pense par exemple à Jérôme Guedj ou Karim Boimrad.
sur votre question très importante et je vous en remercie. Dans les priorités que je cite, ce sont des priorités thématiques. Et la question de l'endettement, de la réduction de la dette, nous la traitons dans le projet. Vous pourrez le retrouver dans l'exemplaire. Et nous nous mettons d'accord sur cette formule. Nous voulons nous réduire la dette en préparant l'avenir. C'est notre philosophie. Et en la matière, je crois que nous n'avons pas à rougir, puisque nous avons montré que lorsque nous gouvernions, nous socialistes, nous avions plutôt tendance à réduire. la dette et les déficits, qu'a les augmentés. Celui qui les a fait exploser, il s'appelle Emmanuel Macron, sur les dix dernières années. Et l'explosion d'ailleurs de la dette et du déficit vient majoritairement d'une politique qui a consisté à baisser les recettes fiscales sans que cette baisse de recettes ne soit financée. Donc nous voulons à la fois par de nouvelles recettes... Les États généraux de la justice fiscale, c'est un peu la mère des batailles, lever de nouvelles recettes. J'entendais Philippe Aguillon ce matin sur France Inter le dire, donner des pistes, le pacte d'Utreil, nous proposons de le plafonner. Il parlait aussi de revenir sur la suppression de la taxe d'habitation, sans rétablir pour autant la taxe d'habitation. Là aussi, c'est une proposition que nous faisons. Philippe Aguillon est plutôt réputé de ne pas être un économiste d'extrême gauche. Nous, nous proposons la création d'une contribution territoriale universelle qui s'appuierait sur l'ancienne assiette de la taxe d'habitation, mais qui aurait des recettes un peu moindres. Donc le choc fiscal ne serait pas... comparable, mais ça permettrait de renforcer l'autonomie financière des collectivités territoriales. Moi, j'ai mené des auditions avec l'ensemble de nos présidents de région et présidents de département dans le cadre de la refondation du projet. La chose première qu'ils m'ont dit, c'est qu'on ne veut plus être des mendiants de l'État, donc il faut créer une nouvelle ressource. Donc, de nouvelles recettes, la taxe Zuckmann, évidemment, ce qu'on appelle, nous, un impôt sur les grandes successions, qui, en fait... empêcherait la France de devenir encore plus une société de rentier. Vous savez qu'il va se passer d'ici 2040 ce qu'on appelle la grande transmission, qui est un phénomène inédit dans l'histoire de notre pays, où 9000 milliards d'euros vont être transmis par la génération dite des baby-boomers à leurs enfants et leurs petits-enfants. Si on ne rétablit pas de la justice dans l'héritage, on va vraiment créer une société de rentier. Ça, ça n'est ni juste ni bon pour l'économie. Donc un impôt sur les grandes successions, sans impact pour 99% des Français, mais qui, là aussi, va nous... permettent de lever des recettes déterminantes. Un deuxième volet d'économie structurelle. Il y a plein de pistes dans le projet. La suppression des niches fiscales et sociales inefficaces, la réduction des aides aux entreprises pour arrêter de les saupoudrer, mais les concentrer et aussi les conditionner. On ne va pas donner de l'argent public à des entreprises qui ensuite délocalisent, par exemple, ou qui ne respectent pas l'égalité salariale entre les femmes et les hommes. Des pistes d'économie avec le conditionnement... Des fonds publics à l'enseignement privé qui ne respecteraient pas des objectifs de mixité sociale ou de laïcité. Le tournant que nous voulons prendre aussi en matière de politique de santé pour investir dans la prévention. Ce sont des économies structurelles à moyen terme, mais qui peuvent être gigantesques. Vous avez 80% des maladies qui sont évitables et seulement 4% des dépenses de Français qui portent sur la prévention. C'est une absurdité à la fois humaine. et économique. Évidemment, le capitalisme, si on confie la santé au secteur privé, le secteur privé n'aurait aucun intérêt à la prévention. Ils auraient intérêt à ce que les gens soient toujours plus malades. Nous, nous voulons au contraire mettre l'accent sur la prévention pour éviter que les gens ne tombent malades. Et c'est possible, on a beaucoup de progrès à faire en la matière. Donc ça, ce sont des pistes d'économie structurelle importantes. Et après, un volet dépenses où nous déterminons évidemment des dépenses prioritaires. qui s'inscrivent dans les 10 priorités que je vous ai citées. Pour financer la réindustrialisation, pour financer la réduction du nombre d'élèves par classe, pour financer la revalorisation des salaires du SMIC, pour financer les mesures d'écologie populaire, on propose notamment de massifier la location sociale de petits véhicules électriques produits en France, comme on fait du logement social, faire du véhicule social. Donc on déterminera des dépenses prioritaires et nous présenterons, comme nous l'avions fait l'an dernier d'ailleurs à Blois, des pistes budgétaires dans le cadre du débat budgétaire et puis plus tard dans le cadre de la campagne présidentielle, d'autres éléments chiffrés. Parce qu'aujourd'hui, si vous voulez, on nous fait cette requête, mais je ne vois aucun candidat à l'élection présidentielle avancer le moindre chiffre. parfois même ça manque de propositions précises, mais le moindre chiffre, je ne l'ai pas vu. Donc chaque chose en son temps, mais je peux vous garantir que nous serons sérieux sur la question, parce que vous avez tout à fait raison de le dire, la dette empêche de construire l'avenir et d'investir dans l'avenir. Et sur la question des retraites, on est tous tombés d'accord sur une réforme. qui consiste à maintenir un système de retraite par répartition, j'insiste parce que Gabriel Attal, Bardella parle de capitalisation, nous on assume de vouloir maintenir un régime par répartition et de faire en sorte que l'âge légal qui serait ramené à 62 ans ne soit plus la variable principale du calcul de départ de l'âge à la retraite mais se fonder sur une durée de cotisation qui serait aménageable. en fonction de la pénibilité des métiers exercés tout au long de la vie. Donc on reprend les critères de pénibilité de la réforme touraine. On part de 43 annuités. Et ce nombre d'annuités peut être réduit en fonction de la pénibilité des métiers que vous avez exercés. C'est plus équitable. Et ça permet de satisfaire notre philosophie qui est que chaque personne puisse bénéficier d'une même durée de vie de retraite en bonne santé. Parce que c'est ça l'inégalité fondamentale aujourd'hui. Donc on se différencie de Bardella, Attal qui proposent aussi d'évoluer sur une durée de cotisation, de regarder plutôt ça, mais qui proposent de supprimer l'âge légal. Alors c'est complètement absurde et je crois que c'est impossible. Il faut maintenir l'âge légal comme une mesure de protection vis-à-vis des personnes qui ont des carrières hachées, notamment les femmes. Et on se différencie évidemment de Mélenchon et de la France insoumise qui proposent une retraite à 60 ans. On ne sait même pas comment une telle chose peut être financée. Et ça n'est pas non plus souhaitable de toujours investir plus d'argent dans les personnes âgées au détriment de la jeunesse de ce pays. Nous faisons aussi ce choix clair et assumé. Voilà. Tu veux répondre sur... Parce que
'aurais des choses à dire aussi.
peux te laisser attendre. Qu'est-ce qui caractérise le Parti Socialiste ? Nous sommes un parti démocratique. Quand nous avons à réfléchir sur un projet, c'est un projet qui fait l'objet d'un travail long, fastidieux, non seulement en notre sein, mais aussi avec l'extérieur. Nous n'avons pas conçu ce projet uniquement à huis clos entre socialistes. Nous avons interrogé, nous avons consulté, nous avons appris aussi de l'extérieur. Mais ce projet ensuite a fait l'objet d'un débat démocratique, qui a été assez long lui aussi, et une adoption, comme vous l'avez noté, qui n'est pas une adoption à 100%. On pourrait dire, après tout, puisque tous les courants se sont accordés pour dire que ce projet était un bon projet, on aurait pu admettre le fait que les militants ne votent pas ou bien même qu'ils les approuvent à 100%. Ça n'a pas été le cas. C'est vous dire que tout chez nous passe d'abord par la démocratie. Et donc, vous vous étonnez du fait qu'il y ait des candidatures nombreuses. Je m'étonne aussi parfois. Chaque matin, en me réveillant, je vérifie qu'il n'y a pas un nouveau candidat, histoire de ne pas avoir à le commenter. Et donc je ne commenterai pas ceux du matin. Mais en revanche, ce que je peux vous dire, c'est que l'objectif, quel est-il ? Il n'est pas de reprocher à qui que ce soit son ambition. Elles peuvent être parfois même légitimes. Mais elle est de dire qu'à la fin, il y en aura un seul ou une seule. Et donc ce choix-là, il devra lui aussi être démocratique. Et ce choix-là doit être partagé avec le plus grand nombre pour donner à cette candidature une légitimité forte, faire en sorte que nous puissions créer un élan populaire. On finirait presque par oublier à force de nous regarder nous-mêmes. Et pour ne pas faire comme avant, il faut effectivement chercher à rassembler les forces qui peuvent s'opposer. utilement à l'extrême droite, faire en sorte que nous puissions l'emporter. Moi, je ne crois pas à une victoire qui serait déjà écrite de l'extrême droite. C'est une légende urbaine, entretenue par l'extrême droite elle-même. Parfois, malheureusement, une partie des élites finissent par considérer que l'extrême droite pourrait être un moindre mal. où on s'habitue. Il y a une forme de mitrylétisation à force de prendre chaque jour sa dose de poison xénophobe, raciste. Mais puisque nous étions il y a quelques jours à célébrer au Panthéon, Marc Bloch et Simone Vidal-Bloch, Il ne faudrait pas qu'on oublie les leçons que lui-même tira en 1940, en temps réel, si on dirait maintenant, sur le fait que ce sont précisément quand les élites s'abandonnent que l'extrême droite l'emporte. Donc il n'y a aucune fatalité à cela. Mais pour cela, il faut qu'on se reprenne. Oui, c'est vrai. Il faut qu'à un moment, plutôt que de chercher chacun à avoir son cadre warolien, Il faut qu'on ait la possibilité de se dire qu'à l'issue d'un débat démocratique, là encore, il y en aura un seul ou une seule. Et celui-là ou celle-là sera le candidat de toutes et tous. Et celui ou celle-là portera le projet de toutes et tous. C'est ainsi que je conçois les choses. Et c'est ainsi que, je pense, l'immense majorité des militantes et des militants conçoivent les choses. Et plus largement que nos sympathisants que je rencontre chaque semaine... Dans ma circonscription et ailleurs. Hier soir, je mangeais dans un restaurant, je ne devrais pas te raconter, mais enfin, je mangeais dans un restaurant et je tombe sur un groupe de six personnes qui m'interpellent et me disent « Oh, on est tellement content de vous voir, vous savez comment on s'appelle ? » On a un groupe WhatsApp, on s'appelle « Gauche primaire ». Je dis « Il va vous tomber bien ». Et ces gens-là, tout simplement, attendent, de notre part, un moment, un sursaut, quelque chose qui leur permette de croire, de comprendre que rien n'est perdu. Et rien n'est perdu. Nous sommes à environ, on ne connaît pas encore la date de l'élection présidentielle, mais environ à 10 mois d'élection présidentielle. Jamais aucun sondage n'a prédit l'avenir à 10 mois. Autrement, Alain Juppé, Edouard Balladur et même plus récemment Éric Zemmour, Valérie Pécresse, Benoît Hamon auraient été au deuxième taux de l'élection présidentielle et auraient gagné l'élection présidentielle sans doute. Ça n'a pas été le cas. Alors peut-être faut-il enfin tirer des leçons, ne pas toujours répéter les mêmes erreurs, ne pas toujours faire en sorte de se fier uniquement à ce que nous dit l'air du temps. L'air du temps ne nous dit rien. Les Français ne sont pas encore dans l'élection présidentielle. À un moment, il y aura une confrontation. Et c'est la raison pour laquelle, ce matin, on insiste avec autant de force sur le projet. Parce que la présidentielle, ce n'est pas simplement un débat d'incarnation. C'est un débat d'incarnation. Mais c'est aussi un débat sur des idées de fond, sur des projets. Je me souviens d'une époque où nous avons perdu une élection présidentielle, en 2007. J'étais à faire la campagne, en porte à porte, dans mon département. Il y a des journées entières dans des villes qui n'étaient pas des villes d'ultra-riches, mais des villes de la classe populaire et des classes moyennes, voire même parfois un peu classe moyenne supérieure. Figurez-vous que ce n'est pas le charisme de Nicolas Sarkozy qui les avait séduits. Pendant des journées entières, je me disais « Mais qui va voter encore pour nous ? Qui ? » Et là, les gens me répondaient « Pourquoi ils votaient Sarkozy ? » Il ne votait pas pour lui parce qu'il l'avait trouvé génial. Il votait pour lui parce que j'étais dans une ville où on avait essentiellement des nouveaux propriétaires. Et il disait, lui, il nous a entendu, il nous a compris. Il va exonérer les intérêts d'emprunt pour l'achat de la résidence principale. Et pendant des journées entières, je me souviens d'avoir fait une semaine dans une zone pavillonnaire où tous les jours j'avais la même réponse. Parce que d'abord, ce qui compte, c'est ce qui va changer la vie des gens. Peu importe qui ce sera, peu importe de savoir qui occupera les habits du président, si c'est pour faire la même chose qu'aujourd'hui. Ils veulent un changement radical. Nous devons leur offrir un changement radical. Ils veulent que nous puissions leur montrer que la politique n'est pas impuissance. Alors nous devrons leur montrer que nous ne sommes pas impuissants. Et ce qui rend la politique puissante, ce n'est pas le fait de crier plus fort, de parler mieux, d'avoir le sentiment d'une explication du monde qui viendrait tout changer. Non, ce qui compte à un moment, c'est ce que vous proposez aux gens et ce qu'ils comprennent. Et ce qu'ils comprennent... Ce sont d'abord les idées, les projets, les propositions. Et c'est la raison pour laquelle ce projet, nous allons le diffuser. Nous n'allons pas le garder pour nous, nous n'allons pas simplement en faire un espèce de moment un peu obligé, une figure imposée, une figure de style au cours de laquelle on serait amené, comme tout le monde, à dire « oui, on a un projet, puisqu'on a un projet, maintenant on peut parler du reste, c'est-à-dire parlons des gens ». Et de l'incarnation ? Non, on va continuer à parler du projet, jour après jour. On va dire oui sur chaque sujet, comme vient de vous le démontrer Chloé. Sur chaque sujet, nous avons une réponse à vous proposer. Alors tout ne sera pas simple, ça a été évoqué. Bien sûr qu'il y a des contraintes budgétaires et nous ne les ignorons pas. Et à Blois, nous allons faire en sorte de commencer à marquer le terrain. à dire ce que seraient nos priorités d'une première année, en 2027, quand nous aurons gagné l'élection présidentielle, puis gagné les élections initiatives. Que ferons-nous ? Eh bien, c'est ce que nous dirons. Et donc, nous commencerons à trier, à prioriser, à faire en sorte de dire qu'il y aura des étapes. Forcément, il y aura des étapes. Mais quand même, je trouve extraordinaire le fait qu'on nous dise « Mais comment allez-vous financer tout ça ? » Mais comment ont-ils réussi à ne plus rien financer ? Comment ont-ils réussi à faire en sorte que la dette soit une dette exponentielle, qu'elle explose ? Je croyais que nous étions avec le Mozart de la finance à la tête de l'État. Mais où est Mozart ? La finance, on sait où elle est. Mais Mozart, il a disparu. Il n'y a pas de génie là-dedans. Il y a eu une politique qui est une politique en réalité héritée des années 80, Reagan-Thatcher. Rien de neuf là-dedans. Où est l'innovation ? Où est la révolution tant promise ? Il n'y a pas eu de révolution. Ou alors c'était une copie d'une révolution libérale intervenue déjà 40 ans plus tôt. Mais c'est chaque année. Chaque année. 60 milliards d'euros pour prendre la moyenne des 9 années qui viennent de s'écouler. Et si vous regardez les effets qu'auront les exonérations, les baisses d'impôts, les cadeaux multiples qui ont été réalisés sous l'ère Macron... Dans les prochaines années, ce chiffre va monter à 85 milliards par an de pertes pour l'Etat. Vous pensez vraiment que ces 85 milliards, on n'en a pas besoin pour l'école, pour l'hôpital, pour le reste ? Alors, moi je veux bien qu'on dise qu'on fait des plans sur la transition écologique, que c'est plus possible de ne pas climatiser les écoles, que ce n'est pas possible de... Oui, mais alors, où est-ce qu'on trouve l'argent ? Eh bien, ce que nous vous disons, c'est que l'argent, il existe, qu'il y a des tris à faire, des grandes auditions industrielles à mener. Mais donc il faut arrêter de saupoudrer, arrêter de considérer que tout est possible parce qu'il y a quelque chose qui est possible pour les libéraux, c'est de faire toujours plus pour les mêmes. Eh bien nous allons faire la démonstration que l'on peut gérer l'argent public avec plus d'intelligence et faire en sorte que demain soit un autre jour au sens où nous prioriserons et nous ferons en sorte... A la fois d'avoir une politique juste et en même temps une politique efficace. C'est ce que nous allons produire, c'est ce que nous commençons à produire. Et vous verrez que dans le débat, nous tiendrons notre rang. Nous ne serons pas de ceux qui s'effacent. Nous ne serons pas de ceux qui considérons que c'est déjà perdu. Et nous ferons face aussi, aussi bien à la droite qu'à l'extrême droite. Et pour parler un instant de la gauche radicale, nous avons beaucoup de points communs avec elle. Sur le fond, j'entends. Il y a des points communs sur ce que nous voulons faire en termes de justice sociale et fiscale. Mais ce n'est pas vrai non plus que nous ferons un programme à 185 milliards. Ce n'est pas vrai que nous pourrons nous affranchir facilement de toutes les règles constitutionnelles et européennes. Je vous renvoie à une interview donnée il y a quelques jours par Jean-Luc Mélenchon dans un journal qui s'appelle l'Alternative économique. aux interrogations légitimes des journalistes, il dit « ne vous inquiétez pas, on verra, on se débrouillera ». Mais non, ce n'est pas comme ça. Quand on arrive, quand on est président de la République, quand on a une majorité, on ne se débrouille pas. On est obligé de penser à l'avance ce que seront les obstacles et les haies qui seront devant nous. Et ce n'est pas vrai que vous pouvez même y compris ôter la perfusion d'un seul coup. Il va falloir forcément, y compris sur les aides aux entreprises, par exemple, qui sont chiffrées. entre 211 milliards pour les plus modestes, je ne sais plus combien le Conseil d'analyse économique a chiffré, mais c'est encore plus élevé, bien sûr qu'il faudra réviser ces aides. Mais on ne fera pas d'un seul coup, on ne va pas tirer la prise ou tirer la perfusion, parce qu'on sait très bien que ça mettrait en danger toute une série de secteurs et de filières. Donc il faudra faire les choses avec... beaucoup d'intelligence et planifier. Là aussi, retrouver le sens du temps, du temps long, faire en sorte que les gens comprennent. Parce que ce qu'il y a de pire pour une entreprise, c'est de ne pas comprendre quel est l'horizon qui est devant elle, quelles sont les règles du jeu qui vont lui être imposées. Donc on peut fixer des règles sur le long terme, on peut faire des lois de programmation, on peut dire ce qui va se passer dans les prochaines années pour que chacun puisse s'adapter. Il n'y a rien de pire que le stop and go. Il n'y a rien de pire que le yo-yo. Mais pour cela, il faut avoir des idées claires. Dès le départ, un projet, et ensuite on déroule. Ensuite, on explique. On fait en sorte que chacun comprenne ce qui va se passer. Et c'est comme ça qu'on avance.
moi, j'ajoute une phrase très simple sur la question des multiplications de candidatures. J'ai un peu de mal, je dois vous l'avouer. à comprendre cette facilité avec laquelle beaucoup se présentent à l'élection présidentielle. Peut-être que je manque de testostérone, mais je crois que nous avons besoin de sens du collectif et que face à une élection présidentielle où l'extrême droite est aux portes du pouvoir, il faut qu'on ait cet esprit de responsabilité pour construire avant tout du collectif. Et c'est ce qu'on a essayé de faire avec ce projet. Est-ce qu'il reste des questions ? On prend une dernière question.
Oui. À nouveau, Rachel Gara pour l'Humanité. À quel point les candidats qui voudraient se présenter à un départage démocratique peuvent déroger au projet que vous présentez là ? Par exemple, si moi, je veux être candidate et que je dis un matin à la radio « Moi, je veux être le candidat du salaire. Je veux baisser la CSG sur les bas salaires », est-ce que c'est compatible avec vous qui dites que le pouvoir d'achat, on y règle surtout par la baisse des dépenses contraintes
Les autres candidats ne parleraient pas de salaire, en l'occurrence dans le projet, et ça a été beaucoup commenté dans la presse. On veut augmenter les salaires, rehausser le SMIC à près de 1 600 euros net. Donc les salaires, c'est bien au cœur de notre propos. Ce serait bien de s'en souvenir. Mais en fait, ma réponse est simple à votre question. C'est les militantes et les militants, tous ceux qui vont voter pour départager le candidat du Parti Socialiste à l'élection présidentielle, qui seront juges. Moi, je dis simplement... que ce projet bénéficie d'une double légitimité, le travail collectif en amont, le travail d'amendement militant, l'appropriation militante inédite, et un vote massif en faveur, et que cette double légitimité-là, moi je serai là pour rappeler à celles et ceux qui voudraient s'en émanciper, qu'elle existe, qu'elle est forte et qu'elle doit être respectée, parce que c'est encore une fois ma conception du travail collectif et du travail même démocratique. Les militantes et les militants seront juges. Oui, Sandrine.
Moi, j'ai une question pour Olivier Faure. Je voudrais savoir si les militants pourront bien voter le 9 juillet. Est-ce que c'est une certitude ou pas ? Oui ou non
et on en débattra ce soir en Conseil national. Ils pourront voter. Donc ce soir, vous arriverez à un consensus sur quelque chose.
Alors là, on ne peut pas le savoir avant d'avoir eu le débat.
ce soir, nous aurons un Conseil national au cours duquel il y a un accord sur l'idée qu'il faut à un moment un départage démocratique. Et ce départage démocratique doit se faire sur des bases qui n'ont pas fait l'objet d'un consensus à ce stade. Donc il y aura certainement deux versions qui seront ce soir proposées. Peut-être dans le Conseil national arriverons-nous à un accord. Et s'il n'y avait pas d'accord, ce qui n'est pas très grave, il y aurait deux propositions qui seraient faites aux militantes et aux militants. Et le 9 juillet... Il y aura un choix qui sera réalisé par les militantes et les militants eux-mêmes. Et donc avant de partir en vacances, il y aura un projet adopté et il y aura une méthode pour parvenir à un candidat commun de l'espace socialiste. Et puis ensuite restera la question pendante de savoir comment on se rassemble avec le reste de la gauche démocratique et écologique. de la personne qui sera désignée par celles et ceux qui seront invités à ce premier départage démocratique.
Merci à toutes et à tous d'avoir suivi cette conférence de presse.
veux juste dire qu'il y a un site internet consacré au projet qui est mis en ligne aujourd'hui. que le projet va aussi être publié et que tout ça est illustré par des vrais créateurs et pas l'intelligence artificielle. Rendez-vous sur le site internet dont le nom de domaine, je crois que c'est projet.partisocialiste.fr. Merci beaucoup à toutes et tous.
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