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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
France respire donc depuis hier à nouveau. Ça fait du bien, l'épisode de canicule qui aura duré 11 jours au total s'est déplacé vers l'est de l'Europe. Ce matin, seuls 4 départements du Sud maintenaient encore leur niveau d'alerte orange. Une accalmie, synonyme de bilan forcément. A peine l'air brûlant évacué, les esprits s'échauffent. Pour critiquer l'inaction du gouvernement, Sébastien Lecornu a beau estimer que l'ensemble de la chaîne a tenu, les oppositions sont aujourd'hui vent debout pour dénoncer l'absence d'anticipation. Je vais vous poser une question pour commencer. Je n'interroge pas votre domaine d'expertise à tous les deux, mais c'est vrai que depuis hier, depuis qu'on respire à nouveau, c'était presque frais hier matin au réveil et ça faisait du bien, je le disais tout à l'heure. On est tous en train de se dire, les uns, les plus jeunes, les plus âgés, là pour le coup il n'y a plus d'âge, qu'est-ce que je souffre, qu'est-ce que je me sens fatiguée. On est tous en train d'accuser le coup de cette canicule. En introduction, je disais volontairement, on se sent d'un coup d'un seul. tous concernés par le réchauffement climatique. Qu'est-ce que ça vous inspire à vous ? Comment est-ce que vous l'avez vécu, cette séquence caniculaire ?
comme vous, extrêmement fatigant. Et ce qui me frappe le plus dans ce que vous venez de dire, c'est que vous avez qualifié cet épisode d'exceptionnel. Plusieurs fois, vous avez employé le mot exceptionnel. Et toute la question maintenant, est-ce que c'est vraiment exceptionnel ? Parce qu'il y a encore un mois, on nous parle du climat, il y en a assez du climat. Retour à la compétitivité, soyons sérieux, on nous bassine avec cette histoire du climat. Et puis là, tout d'un coup, à préparation, on n'en a pas assez parlé. À un moment donné, il faut évidemment se rendre compte que le changement climatique, c'est une priorité et que l'adaptation est encore plus une priorité et que c'est une affaire extrêmement sérieuse. Je suis inquiet à l'histoire de la prochaine canicule. Je suis très inquiet parce que je pense que ça affaiblit considérablement les Français et la France toute entière et l'économie et l'agriculture. Et si on a beaucoup d'épisodes de canicule comme ça, comme les prévisions de Météo France nous l'annoncent, si on continue comme ça en 2050, on pourrait avoir deux mois de canicule qui se succèdent. Au
début,
c'était deux heures de canicule, puis ensuite onze jours de canicule, etc. C'est très sérieux. Les critiques contre le gouvernement, à mon avis, sont justifiées. C'est au Premier ministre de prendre l'affaire en main. Le Premier ministre doit engager la totalité de son gouvernement à préparer l'adaptation. Vous savez, en 2006, le premier rapport de l'Etat français sur l'adaptation. Qu'est-ce qu'on a fait depuis ? Quasiment rien. Qu'on s'est dit que ce n'est pas vraiment important l'adaptation. Ce qui compte d'abord, c'est de réduire les émissions. même si la France était parfaite et n'envoyait aucun gaz, mais malheureusement les autres pays le font, et donc il faut s'adapter.
On s'est planté, Brice Lalonde, sur l'adaptation. On a été très nombreux surpris et assez en colère de voir, notamment dans les écoles, parents de jeunes enfants, quand on disait « non, gardez vos enfants chez vous, parce que là on n'est pas en mesure de les garder, c'est même dangereux pour eux ». On l'a vu venir tout ça, ça fait des années qu'on le met en une des priorités quand il y a des conseils d'école avec les élus locaux, et pourtant... Rien ou presque rien. En effet, on en est à mettre des couvertures de survie aux fenêtres.
a 10 ans de retard au moins. En plus, on a 5 gouvernements qui se succèdent en 3 ans. Comment voulez-vous que les pauvres... C'est pas normal, c'est pas sérieux. En effet, c'est une priorité absolue. Le ministre de l'environnement du gouvernement, je ne sais plus, Attal, je pense, c'était monsieur Christophe Béchut, il a sorti un plan d'adaptation, il y a 50 mesures. Prenons ces 50 mesures et allons-y, faisons-le systématiquement avec des priorités parce qu'on n'a peut-être pas assez d'argent pour tout faire. Commençons par ce que vous avez dit, les plus fragiles, les écoles, les hôpitaux, etc. Mais si on ne le fait pas sérieusement, on n'y arrivera pas. Et je pense que c'est plus que ça parce qu'on est en train de parler de la chaleur. Mais si on manque d'eau, par exemple, parce qu'il y a beaucoup plus cet hiver, mais si ça continue comme les autres années, avec cette chaleur, ça va aller mal. Donc préparons ça. Et puis le changement climatique, malheureusement, c'est beaucoup, beaucoup de choses. Et donc chaque commune, on a 35 000 communes, alors un peu moins maintenant, mais chaque commune, avec la protection civile, avec les assurances, une à une, regardez la totalité des points faibles et y travailler. Si on ne fait pas ça, on n'y arrivera jamais. Déjà, heureusement, les grandes entreprises ont commencé, la SNCF, EDF, etc. Ils le font, pour eux, en tous les cas. Ça reste une aiguille
dans une botte de fond, parce que la plupart des entreprises ont fait comme elles pouvaient, parfois les clims ne tenaient pas, et on a demandé aux salariés de continuer à produire. C'est vrai.
Et même les députés, puisque la chaîne du froid, le réseau de froid parisien qui devait refroidir le Palais Bourbon n'a pas fonctionné. Il a été gardé pour le Louvre et pour deux ou trois autres établissements. Mais donc oui, en effet, vous avez raison. Et il faut penser aux travailleurs. J'ai entendu le ministre du Travail disant qu'il faut peut-être penser aux horaires espagnols. On commence tôt, on finit tard, on fait la sieste à midi, je ne sais. Ça paraît des mesures quand même
assez simples du bon sens. Le bon sens, comme on dit, mais souvent le bon sens c'est dur d'y arriver. Le bon sens c'est commencer à mettre des volets. Ça coûte de l'argent aussi de mettre des volets. On l'a vu dans certains HLM, les plus précaires sont dépourvus de volets et en étaient à coller aux fenêtres, je le disais tout à l'heure, des couvertures de survie. On demande aux parents de garder les enfants, l'employeur demande aux parents de travailler, ce qui a fait qu'il y avait beaucoup d'enfants ces derniers jours dans les entreprises, dans les open spaces. Comment est-ce qu'on va vivre les prochaines canicules qui arrivent ? On nous en annonce une déjà pour le week-end prochain. J'aimerais me tourner vers Vincent Dubreuil, qui lui est censé se trouver dans un îlot de fraîcheur. La Bretagne, on nous l'a vendu à toutes les sauces ces dernières années, une région au climat tempéré. Et je crois que là, pour le coup, ça n'a absolument pas tenu ses promesses.
Merci pour votre invitation. La Bretagne n'est pas épargnée par le changement climatique. À Rennes, on a dépassé 40 degrés pendant trois jours. On est monté à 41,4 degrés, donc des températures qu'on n'avait jamais connues. On peut dire que c'est exceptionnel quand on se réfère au passé, mais le climat ne fait que changer. Aujourd'hui, ce n'est plus une situation exceptionnelle. Ça correspond à ce que les modèles nous disent depuis maintenant plusieurs décennies. Et dans le futur, ce sera peut-être une année exceptionnelle, ce qu'on a vécu, mais peut-être une année exceptionnellement froide, tant le climat va continuer à se modifier avec une amplification de ces vagues de chaleur. Donc le climat, ce n'est pas quelque chose qu'il faut regarder dans le rétroviseur, il faut se mettre en perspective de ce climat qui change, qui va continuer à changer. Et c'est la recrudescence finalement de ces journées très chaudes et de ces nuits très chaudes également qui fait, pour répondre à votre première question, qu'on a ce sentiment de fatigue généralisée parce que nos organismes ne récupèrent plus pendant la nuit. Et donc l'état de fatigue s'installe de façon permanente et c'est ça qui malheureusement va conduire à des décès en nombre important dans les prochaines heures et les prochains jours.
Quel que soit l'âge d'ailleurs, parce qu'on nous a beaucoup parlé des plus fragiles. Il y a un invité il y a quelques jours, je me sens moi-même fragile finalement. Est-ce qu'il y a des personnes qui peuvent se sentir épargnées par la canicule ? Je crois que c'est non la réponse. Si sur quelques jours, les plus jeunes et les plus âgés sont peut-être les principaux exposés, mais avec les températures records auxquelles on a fait face, tout le monde est concerné maintenant.
Aucun organisme ne peut passer des températures supérieures à 40 degrés sans inconvénients, sans perturbations. Donc effectivement, le risque pour des populations, y compris des populations plus jeunes, c'est d'avoir des coups de fatigue, des coups de chaud. Malheureusement, ça arrive. Alors c'est vrai que statistiquement, les personnes les plus âgées et les plus jeunes sont les plus exposées. On voit que c'est ce qui constitue l'essentiel des admissions aux urgences. Pour autant, les personnes les plus jeunes ne doivent pas se sentir à l'abri, épargner le changement climatique, supporter des températures supérieures à 40 degrés. Ce n'est pas quelque chose de normal, c'est quelque chose sur lequel malheureusement il va falloir maintenant se préparer.
Alors vous êtes tous les deux d'accord sur le fait que le mot exceptionnel peut-être n'a plus sa place dans nos conversations, donc on va s'atteler à ne plus l'employer, c'est l'exception qui fait la règle, si je vous suis bien. qu'on passe à la suite, mais qu'on fasse quand même le bilan humain de la première vague qu'on vient de subir ces derniers jours. Il y a une particularité, on ne meurt plus à l'EHPAD, comme ça avait été le cas en 2003, mais chez soi. Le bilan des décès enregistrés est encore très difficile à évaluer sur cette période de canicule, mais depuis le 24 juin, on comptabilise 1000 morts supplémentaires. C'est le dernier chiffre dont on dispose et il va évidemment être réévalué à la hausse. 40% des décès sont observés cette fois. A domicile, en particulier en Ile-de-France, un bilan qui pourrait s'alendir, comme nous l'expliquent tout de suite nos confrères de France. A
'entrée de l'hôpital, ces patients attendent depuis des heures.
Déjà, on voit qu'il y a beaucoup de patients, plus que d'habitude.
Même si dehors, les températures baissent, les couloirs, eux, ne désemplissent pas. La plupart des patients, des victimes de la canicule, des personnes âgées en majorité. On est arrivés vers 9h ce matin. Moi, mon papa, il a eu un malaise. Oui, c'est important. Suzanne Toledano, 88 ans, elle, a fait une chute dans son appartement. Elle attend sur ce brancard depuis plus de 10 heures. Vous étiez un peu plus affaiblie à cause de la chaleur. Je suis affaiblie, oui. Et pour le chef de service, c'est sûr, l'affluence va se poursuivre dans les prochains jours. Car les patients les plus fragiles peuvent encore développer des symptômes, malgré la fin de la canicule.
va avoir les patients qui décompensent des pathologies chroniques, ces patients qui sont faibles, plus fatigables, qui ont accumulé de la fatigue, peu de sommeil également, et une mauvaise hydratation, et dont les pathologies chroniques cardio-respiratoires vont se décompenser peu à peu.
Depuis mercredi dernier, 1000 décès supplémentaires déjà enregistrés. Et le chiffre pourrait augmenter. Car le gouvernement alerte, le nombre de morts à domicile est bien plus important que les épisodes de canicule passés. Dans ce funérarium, les 32 places sont toutes occupées.
nos cases, il y a une étiquette dessus. S'il y a une étiquette dessus, c'est qu'il y a un corps à l'intérieur. Et vous voyez bien que notre chambre funérale est complètement pleine.
situation que ce funérarium n'avait pas affrontée depuis 6 ans.
'est pas arrivé depuis le Covid ou la canicule de 2003.
Depuis deux jours, le téléphone ne cesse de sonner. Débordée, l'entreprise ne peut plus prendre un seul défunt. Des victimes de la canicule, en majorité.
Depuis 48 heures, on refuse une centaine ou une cent cinquante. Aujourd'hui, ça a été facilement une trentaine d'appels. Voilà, premier appel, premier appel, premier servi.
Le responsable a déjà commandé des containers frigorifiques pour accueillir les nouveaux corps.
On a tendance à comparer ce qu'on vient de vivre avec 2003. On n'arrive pas à évaluer de chiffres définitifs, sachant qu'il y a une nouvelle vague qui va encore arriver. Est-ce que la comparaison vous paraît juste ?
Alors en 2003, déjà souvenez-vous, en 2003, le gouvernement avait été pris au dépôt rue. C'était au mois d'août, les gens étaient en vacances, les gouvernements étaient en vacances et personne n'avait vraiment compris l'ampleur de ce qui se passait. Bon, et alors au moins depuis 2003, les EHPAD ont l'obligation. ça a été tout de suite après, d'avoir des pièces réfrigérées ou des pièces refroidies, rafraîchies, comme on dit aujourd'hui, de manière à ce qu'au moins les pensionnaires puissent s'y réfugier pendant les épisodes de canicule. Mais de manière générale, non, on s'est trompé. Il faut le dire. On s'est trompé, c'est-à-dire que les gouvernements successifs ont considéré que la priorité, c'était la lutte contre le froid. L'hiver, le froid. Parce que le froid tue aussi, je veux dire. Après tout, on le sait. Et donc, toutes les politiques pour les rénovations des bâtiments, c'était essayons d'isoler bien, essayons quasiment de calfeutrer les maisons pour garder la chaleur à l'intérieur. Aujourd'hui, on s'aperçoit qu'il fallait au contraire ventiler. Il faut ventiler beaucoup. Parce que quand la chaleur
rentre dans une maison, et pour le coup, je suis bien placée pour le savoir, ma maison est isolée, la chaleur ne sort plus, c'est un four.
Mais voilà. Et donc... Beaucoup d'erreurs ont été faites et donc il ne faut certainement pas calfeutrer. L'aération est absolument indispensable. Moi, j'avais pensé même au début qu'il fallait avoir le droit constitutionnel d'ouvrir les fenêtres quand on habitait quelque part. C'est très frappant quand vous regardez les mesures, il y a beaucoup d'études, comme si on ne savait pas. on ne sait pas qu'est ce qu'il faut faire contre la chaleur on ne sait pas encore on n'a pas toutes les techniques donc on est en retard voilà on est en retard au moins de dix ans et mais il va falloir rattraper ce retard et je pense sincèrement parce que je suis inquiet pour mon pays je suis inquiet de cette succession de canicule je pense que le gouvernement vraiment totalement tout le gouvernement doit doit mettre en oeuvre le plan d'adaptation qui a déjà été écrit il a été écrit on en est à la troisième version
en est à dire à s'accrocher au fait que des climatiseurs vont être livrés incessamment dans les hôpitaux ? Ça aussi c'est complètement dingue quand on voit des aides-soignants faire des malaises alors qu'ils sont en train de prendre en charge des patients. Vincent Dubreuil, on a 10 ans de retard, nous dit Brice Lalonde, mais alors on fait comment maintenant ? On fait quoi pour la suite ? Comment ça se passe de votre regard à vous en Bretagne ? On nous annonce une nouvelle vague de chaleur dans quelques jours, alors ça fait peut-être un peu court comme délai, mais en voyant plus loin, la priorité c'est quoi selon vous ?
Je pense que ce n'est pas seulement qu'on a fait des erreurs. On a mené une politique de la rustine depuis plus de 20 ans. C'est-à-dire que quand on a eu des problèmes dans les EHPAD en 2003, on a dit qu'il fallait une pièce fraîche. Et puis maintenant qu'on a des noyales ou des jeunes qui décèdent, on va interdire aux gens d'aller se baigner. On a des morts à domicile et tiens, tout à coup, on découvre le problème du logement. En fait, le changement climatique, ça impose un changement structurel et qui oblige à dépasser ces réactions immédiates de… Bonnes idées qui peuvent paraître bonnes à court terme, mais qui ne sont que des rustines. Il faut vraiment s'attaquer aux problèmes en profondeur. Et donc, quand par exemple, on parle de l'isolation des logements, il faut revoir les normes de construction. Il faut revoir sur l'habitat ancien la manière de ventiler. Et donc ça, ce n'est pas des choses qui s'improvisent dans l'urgence. C'est des choses qui doivent être programmées, qui doivent être planifiées et qui ne doivent être surtout pas des choses de réaction épidermique telles qu'on mène depuis maintenant plus de 20 ans. C'est ça qu'il faut changer. de façon structurelle et pas ses réactions dans l'urgence.
Alors justement, j'aimerais qu'on regarde quelques images et quelques explications signées Léo Péchard. Parce qu'on entend beaucoup de critiques aujourd'hui en direction du gouvernement actuel. On peut comprendre, sauf qu'il hérite aussi d'une situation qui n'a pas forcément été traitée non plus en amont. L'exécutif au cœur des critiques, critique, moi j'ai envie de dire récurrente, qui vise tous les exécutifs depuis la tragédie de 2003. Explications signées Léo Péchard, regardez.
'était un projet ambitieux, mêlant démocratie et écologie. En juin 2020, la Convention citoyenne pour le climat remettait 149 propositions au gouvernement. Objectif, réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France de 40% d'ici à 2030. Au final, trois mesures sont rejetées et seules 18 des 146 restantes sont reprises intégralement. Les propositions sont rabotées par l'exécutif et le Parlement.
Emmanuel Macron avait dit, si vos propositions sont formulées sous forme de texte de loi, je m'engage à les transmettre tel quel au Parlement. Or ça n'a pas été le cas et on a vu qu'il y a eu une offensive de lobby, d'intérêt privé en tout cas pour amoindrir ces propositions. Puis l'autre chose qu'on leur reproche c'est... de ne pas faire en sorte que la France respecte ses engagements climatiques. C'est fou.
récemment, c'est le Fonds vert créé en 2023 qui a vu son financement diminuer juste après la vague de chaleur de la fin du mois de mai dernier. Un fonds qui permet de soutenir les collectivités territoriales dans leurs investissements au service de la transition écologique. Son enveloppe a diminué de 2,4 milliards d'euros en 2024 à moins de 700 millions avec ce nouveau coup de rabot gouvernemental pour faire face aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient.
'est un très mauvais signal, d'autant que ce gel budgétaire est induit par une crise géopolitique qui nous impacte dans le cadre de notre dépendance aux énergies fossiles.
Enfin, de nombreuses personnalités politiques questionnent l'efficacité de la journée de solidarité créée après la canicule de 2003. Elle rapporte à l'Etat plus de 3 milliards d'euros chaque année et a pour objectif de protéger les personnes âgées face à la chaleur, notamment dans les EHPAD. Mais pour certains experts, la situation n'a pas changé depuis plus de 20 ans.
Brice Lalonde, je disais tout à l'heure, vous êtes ancien ministre de l'Environnement, vous avez été au cœur de ces politiques climatiques depuis des décennies. Est-ce qu'il n'y a pas quand même une responsabilité collective ? Aujourd'hui, les critiques sont tournées vers le gouvernement, forcément, c'est eux qui représentent l'État, qui sont aux commandes, mais est-ce qu'il n'y a pas eu une action globale et collective qu'on paye aujourd'hui
Alors oui, en même temps... Les ministres d'aujourd'hui vont vous dire qu'on a quand même réduit de 30% des émissions de gaz à effet de serre, alors que d'autres pays n'en ont pas fait autant. Mais vous disiez tout
à l'heure que ce n'est pas le sujet, l'adaptation à ce niveau-là. Exactement. Mais
on a zappé l'adaptation. Mais maintenant, parlons un peu politique, parce que c'est une question de priorité. Et en ce moment, la France, qu'est-ce qu'elle fait ? On parle de défense. Exactement. C'est l'armement. Et donc, on dépense beaucoup d'argent en ce moment parce que les gouvernements considèrent qu'il y a une priorité. Il faut se réarmer. La France a déjà je ne sais combien de milliards de déficits, de dettes, ça devient compliqué. Et donc là aussi, on a un réel arbitrage. La santé des Français, c'est aussi l'adaptation et c'est aussi prendre ces mesures. Donc il va falloir être extrêmement sérieux. Et ça ne peut être que le Premier ministre et le président de la République, parce que chaque ministre séparément, il n'est pas capable de faire quelque chose tout seul. C'était un plan d'ensemble. On nous dit qu'il faut des mesures de structure. Les mesures de structure, c'est les plus difficiles, évidemment, à prendre. Mais bien entendu... Je crois qu'on n'y échappera pas. Et le changement climatique, ce n'est pas seulement la chaleur, c'est la sécheresse, c'est l'inondation, c'est le retrait-gonflement de l'argile des maisons. C'est tout ça. C'est un énorme... C'est des incendies de forêt. C'est un énorme ensemble de... de menaces, de risques auxquels il faut faire face, sérieusement, une par une, en mettant l'argent qu'il faut, en choisissant les priorités. On ne peut pas tout faire. Donc cette école-là, cet hôpital-là, cette prison-même-là, etc. On ne peut pas tout faire. J'attends vraiment du sérieux. Vous parlez de tous les gouvernements qui se sont succédés depuis que j'ai été ministre. C'était le siècle dernier. Je pense avoir été le premier à parler de l'effet de serre. J'avais fait une conférence de presse avec Simone Veil en 87 en disant... Il y a quelque chose qui se prépare, ça s'appelle l'effet de serre, c'est le changement climatique. A l'époque, c'est uniquement le responsable de la météo de France 2 qui avait pris ça au sérieux. C'était vraiment intéressant de voir ça. Vous n'étiez pas audible
à ce moment-là. Mais est-ce qu'aujourd'hui, un ministre de l'Environnement, celui qui est assis dans le même fauteuil que vous, ou celle plutôt, est-ce qu'il se sent audible ? Parce que vous venez de dire à l'instant, le climat, ça a été relégué au second, même au dixième plan.
On parle de défense. Ça ne marche que si le Premier ministre... aide son ministre de l'Environnement. Si le Premier ministre ne fait rien, s'il s'appuie uniquement en disant que c'est le ministre de l'Environnement, ça ne marchera pas. Il
enchaîne les réunions interministérielles d'urgence. J'emploie le mot de façon volontaire. Est-ce que Sébastien Lecornu vous semble prendre la mesure de la gravité ?
Il faut que les ministres reprennent le travail précédent. Il y a un plan d'adaptation au changement climatique. Ce plan, il fait à peu près 50 mesures. Il faut prendre ce plan, il faut que le corps nu dise, je prends ce plan avec mes ministres et on commence par la mesure 3, 4, 5. C'est ça qu'il faut faire.
C'est pas ce qu'on entend là ? Non, c'est pas ce qu'on entend. On vous pose le climatisateur qu'on va livrer dans les hôpitaux.
C'est très bien. Par exemple, une entreprise comme Électricité de France va offrir des climatiseurs. C'est très bien. C'est pas suffisant, mais il faut... Il faut sauver les gens, quand même.
Il y a Sandrine Rousseau, députée écologiste, qui a annoncé aujourd'hui qu'elle allait demander à son groupe de déposer une motion de censure contre un gouvernement, je la cite, qui gère aussi mal quelque chose qui est prévu, la canicule et le changement climatique. Quelque chose qui est prévu et qui est annoncé de longue date.
Est
-ce que ça, c'est la solution, changer de gouvernement ?
Les Verts, ils font de la politique. Les Verts étaient pour le charbon, ils étaient pour le gaz, ils sont un peu en retard aussi. Il faut
arrêter de faire de la politique aujourd'hui, il faut peut-être s'unir, se rassembler, quel que soit le parti et le bord, parce que le sujet nous concerne tous.
Et c'est d'autant plus important que nous avons une présidentielle bientôt. Notre avenir va quand même se décider là. Et donc, oui, ce serait l'honneur de ce gouvernement de prendre les choses à bras de corps et de lancer une priorité nationale sur l'adaptation, mais pas de dépenser des milliards, mais de prendre cette priorité sérieusement et de le faire.
Je crois que vous dites, Vincent Dubreuil, que les solutions aussi doivent venir des territoires. Vous vous parlez depuis la Bretagne. Il faut les entendre aussi, les territoires.
les politiques d'adaptation doivent être menées à l'échelle locale et celle des territoires. On ne s'adapte pas au climat qui change en Bretagne comme à l'autre bout du globe, en Australie ou en Chine. Je voudrais quand même revenir sur les images que vous avez montrées sur la Convention citoyenne sur le climat. qui pour nous, scientifiques, est un véritable hold-up démocratique et citoyen. On a formé les gens, on les a amenés à prendre des mesures, à proposer des mesures qui structurellement pouvaient changer les choses, et on ne les a pas écoutées, comme on n'a pas écouté les scientifiques. Et on nous dit aujourd'hui qu'on va écouter les scientifiques le jour même où le Conseil d'État valide l'autoroute A69, alors que tous les scientifiques se sont exprimés là-dessus. Alors qu'on va reparler de la loi d'orientation agricole avec l'autorisation de certains produits, alors que la très grande majorité des scientifiques se sont prononcés. Contre. Donc, il va falloir qu'on sorte des beaux discours, qu'on écoute pour de vrai les scientifiques, et que les actions qui sont préconisées depuis 20 ans, 30 ans, M. Lalonde a raison de dire qu'il y a beaucoup de plans qui ont été conçus et qui portent l'ensemble des actions qu'il faut mettre en place. Il faut donc du courage politique pour les porter et sortir de la politique de la rustine et des beaux discours pour vraiment mettre en œuvre des politiques structurelles de transformation.
J'entends dans chacune de vos voix, le scientifique et le politique que vous incarnez, beaucoup de frustrations, chacun à votre niveau. Je vous laisse le mot de la fin. S'il y avait une chose à faire, alors qu'on est à la veille d'une nouvelle vague caniculaire qu'on nous annonce déjà pour ce week-end, une chose à faire, une priorité pour le chef du gouvernement, ce serait quoi
lancer ce plan d'adaptation. Le chef du gouvernement, d'abord, c'est Macron, en principe, c'est le président de la République. Le président de la République, de temps en temps, il parle du changement climatique et puis le lendemain, il oublie. On n
'entend pas beaucoup sur le sujet.
Exactement. Donc, M. Macron, M. Lecornu, lancez cette priorité absolue pour la santé des Français et la santé de la France. Adaptons-nous au changement climatique rapidement.
Merci beaucoup, c'est très clair, dit comme ça. Merci Brest-Lalonde, merci aussi à Vincent Nubreuil, merci d'avoir été mes invités du jour. Restez à nos côtés parce que l'info se poursuit.
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