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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Ma question s'adresse au ministre de la Justice, Gérald Darmanin. Monsieur le ministre, hier, les inspections des ministères de la Justice, de l'Intérieur et de l'Education nationale ont publié un rapport accablant qui révèle que la mort de la jeune Liana aurait dû être évitée. Entendez ces mots qui résonnent dans les coeurs de la famille de cette petite fille coupable d'avoir croisé la route d'un prédateur sexuel. La mort de Lyanna aurait pu et aurait dû être évitée. Et si les responsabilités individuelles doivent être documentées, elles ne dissimuleront jamais votre responsabilité politique ni celle de l'ensemble du gouvernement. Oui, monsieur le ministre, les sanctions administratives prises contre deux gendarmes et un substitut du procureur de la République ou encore votre annonce d'un choc numérique ne suffiront pas à étancher la soif de justice du peuple français. Elles ne suffiront pas à libérer la justice du laxisme pénal et de la culture de l'excuse pour les délinquants et les criminels. Elles ne suffiront pas à recruter des policiers, des magistrats et des greffiers pour que chaque plainte déposée soit traitée avec célérité. Elles ne suffiront pas à construire des places de prison pour que la peine exécutée ne soit plus fonction de la disponibilité carcérale. Monsieur le ministre, le peuple français ne réclame pas une loi de circonstances ni un plan zéro papier au ministère de la Justice. Non, il demande une révolution pénale et carcérale qui érige la protection des Français au rang de priorité vital de la nation. Je vous parle comme mère de famille. Je vous parle au nom de ces parents qui constatent que vous n'avez pas su protéger Liana, Elias, Lola, Philippine, Thomas, Nicolas et des milliers de victimes du laxisme d'Etat. Au nom de tous ces parents qui ont peur pour la vie de leurs enfants, je vais vous adresser ce message. Il faut agir ou partir maintenant.
La parole est à monsieur Gérald Darmanin, garde des Sceaux, ministre de la Justice.
Il n'y a pas de monopole des pères et mères de famille ou des gens qui rencontrent des victimes. Élu de ma circonscription depuis quatre mandats dans un coin très populaire du Nord, où j'ai eu à gérer comme conseil départemental l'ASEU, dans le département qui connaît le plus d'enfants placés, et ayant eu moi-même à diriger une ville parmi les plus pauvres de France, avec son cortège de misère et de violence, je n'ai pas de leçons à recevoir en tant que père de famille, en tant que citoyen ou en tant que responsable politique. Je ne vous fais pas, madame, un procès politicien qui consisterait à vous dire qu'aujourd'hui, à la tête du ministère, qui a le plus grand budget jamais voté par la majorité ici actuelle, par les crédits donnés par le président de la République, 700 millions d'euros de plus, rien qu'en une année budgétaire. Je ne vous fais pas le reproche de ne pas avoir voté ce budget, d'avoir voulu renverser ce gouvernement, puisque je suis certain qu'ensemble, nous souhaitons lutter contre tous les crimes qui touchent les enfants. Je suis désolé que vous tombiez malheureusement dans la plure polémique politicienne alors qu'aujourd'hui, des policiers, des gendarmes, des magistrats travaillent jour et nuit. Pourquoi? Pour protéger nos concitoyens et nos concitoyens. Prenons garde, madame la députée, que dans chacune de nos familles, quelles que soient ces familles au sens large du terme, nous n'ayons pas à balayer devant notre porte.
Merci beaucoup, Monsieur le ministre. Vous n'avez plus de temps, Madame la députée.
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