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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP. On est ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débats en direct de l'Assemblée nationale avec à mes côtés ce soir la sémiologue Mariette Darigrand. Bonsoir Mariette. Bonsoir Adeline. Et Olivier Ravanello. Bonsoir cher Olivier. Bonsoir Adeline. C'est parti pour le sommaire avec à la une. Ce soir, tiens, une bulle, un anniversaire. Il y a exactement 90 ans, en juin 1936, était votée la réforme instaurant les premiers congés payés. C'était deux petites semaines. à l'époque, 90 ans plus tard, ça nous semble minuscule, deux semaines. Les congés payés ne racontent pas seulement nos vacances, ils racontent aussi la France. Et nous en parlons ce soir à l'occasion de la sortie d'une grande étude, le livre des vacances et ce qu'elles disent de nous. Ça paraît demain aux éditions de l'Aube. Bonsoir, Géna Elgo ! Bonsoir. Vous avez co-écrit cet ouvrage avec Jean Viard, vous dirigez l'Observatoire Société et Consommation. Merci d'être avec nous ce soir et de ne pas être parti en vacances précisément. A vos côtés, Benoît Serres, bonsoir. Bonsoir. Président du Cercle de réflexion Humania qui regroupe toujours 600 directeurs des ressources humaines.
On a gagné 100. 700.
C'est formidable, 700 désormais. Et bonsoir Dominique Marcel. Bonsoir. Vous êtes président de l'Alliance France Tourisme. Merci également de votre présence. Mariette, forcément, ça vous a inspiré le mot du jour. Le mot congé,
avec son petit côté vintage, s'imposait évidemment. Mais je me suis quand même posé la question de le comparer aux vacances. Parce que c'est pas la même chose. C'est pas tout à fait la même chose. Vous verrez qu'il y a une différence intéressante. Quelle
histoire allez-vous nous raconter ce soir, Olivier ?
Celle d'une maison. Elle s'appelle Montretout. C'est la maison de la famille Le Pen depuis des décennies. C'était aussi le fief de Jean-Marie Le Pen. Elle est en vente, elle est sur le point d'être vendue. Et avec elle, c'est un pan de l'histoire politique française qui s'en va.
Et donc, vous, c'est la vacance de Montretout, puisque la maison est vide. Dans la deuxième partie de Chaque Voix Compte, place à la question qui fâche tout à l'heure. Question après les violences qui ont suivi la victoire du PSG samedi dernier. Faut-il et comment faire payer les casseurs ? Le Premier ministre Sébastien Lecornu demande au gouvernement de travailler sur le sujet et de mettre en place un cadre législatif en allant, pourquoi pas, jusqu'à toucher aux prestations sociales des casseurs ou de leurs parents. On va en débattre tout à l'heure avec Sylvain Berrios, député Horizon du Val-de-Marne. Gabriel Catala, député insoumise du Val d'Oise et Mickaël Taverne, député Rassemblement national du Nord. Vous pouvez vous aussi interroger nos invités ou nous faire part de vos remarques. Vous flashez le QR code qui va apparaître ici. Et c'est Olivier Ravanello qui nous transmet vos questions. Et puis tout à l'heure, il y aura aussi Bourbon Express, bien sûr, le journal de l'Assemblée nationale avec Marco Pommier. Voilà pour le menu. Installez-vous bien. Jacques Voiscompte, c'est parti. Et toi, tu fais quoi cet été ? Avouons-le, à ce moment précis de l'année, c'est la question qui anime toutes les machines à café. Il y a 90 ans, la question se posait pour la première fois. La France s'apprêtait à voter la réforme de Léon Blum, instaurant deux semaines de congés payés. Les vacances se sont ensuite allongées pour arriver jusqu'à cinq semaines depuis 1982. Allez, on plonge d'abord dans la boîte à archives avec Nicolas Fleury.
début du XXe siècle, les congés payés, c'est un privilège réservé à certains fonctionnaires ou aux employés du métro ou de la couture, par exemple. En 1936, le Front populaire remporte les élections. Tout de suite, des grèves massives paralysent la France. Parmi les revendications, les congés payés. Le 5 juin, Léon Blum, qui vient de former son gouvernement, annonce son programme.
la semaine de 40 heures, des contrats collectifs, des congés payés, c'est-à-dire les principales réformes réclamées par le monde ouvrier.
Syndicats et patronats signent les accords de Matignon qui prévoient un congé payé d'une durée minimale de 15 jours. Le début des vacances. Des milliers de Français enfourchent leur vélo ou se pressent dans les gares. L'affluence est telle qu'on ouvre des guichets à la sortie des usines. Pour la première fois, ces ouvriers profitent des stations balnéaires ou rentrent tranquillement voir leur famille. Après la guerre, la durée des congés augmente, passant de deux à trois semaines en 1956, puis quatre en 1969 et enfin nos cinq semaines actuelles en 82. camping au chassé-croisé, le tourisme de masse se développe. Mais aujourd'hui encore, congés riment avec inégalité. L'an dernier, 28% des Français ne sont pas partis en vacances, principalement des foyers modestes et des familles monoparentales. Malgré les contraintes financières, les Français restent très attachés à leurs vacances. 86% d'entre eux jugent importante cette période de l'année.
Gaënaëlle Gaux, voici donc le livre qui sort demain en librairie et que vous avez coécrit avec Jean Viard, le livre des vacances et ce qu'elles disent de nous, vous avez voulu éplucher. Ces vacances qui sont quoi ? Un rite, quelque chose désormais de sacré, pourquoi avoir voulu en faire ce livre
En fait, on a voulu, et notamment avec la Fondation Utopia, qui travaille sur le tourisme, mais pas sur les vacances, en fait. Et il y a beaucoup de choses qui sont faites sur le tourisme, il y a beaucoup de chiffres qui sont faits sur le tourisme, mais il y avait très peu de choses sur vraiment les vacances. Qu'est-ce que ça veut dire, les vacances ? Qu'est-ce qu'on retire des vacances ? Comment ça se transmet, les vacances ? Pourquoi on part ? Pourquoi on ne part pas ? Parce que les vacances, ce n'est pas que quand on part, en fait. Et donc, on a vraiment voulu... justement approfondir tout ça avec Jean Viard et la fondation Utopia.
Et puisqu'on parlait d'archives et d'histoires, la première surprise de votre livre, vous démythifiez les luttes ouvrières qui ont abouti au congé payé. En réalité, à l'époque, les ouvriers... Ils espéraient même pas des congés payés.
Alors, à dire vrai, et c'est vraiment très intéressant, parce qu'aujourd'hui, pour nous, on se dit que les vacances, c'est justement une évidence. Et en 90 ans, quelque chose qui est arrivé comme ça d'une loi, c'est complètement inscrit dans nos vies. Mais il y a 90 ans, j'ai envie de dire, les vacances, ça n'existait pas. C'est-à-dire, on ne savait pas ce que c'était, les vacances, et même les ouvriers, ce qu'ils demandaient. Alors, c'est intéressant parce qu'il y a la lecture, il y a ce qui s'est passé, il y a la lecture politique qui a été faite sur le moment, et puis il y a ce que l'on se raconte. aussi à posteriori. Mais en réalité, les vacances et les congés payés, ce n'était pas du tout une revendication des ouvriers à ce moment-là. Ce qu'ils voulaient les ouvriers, c'était travailler moins dans la journée ou travailler moins sur la semaine. Et puis, c'était les conventions collectives, c'était ce genre de revendication qui existait pour eux, même les vacances. On voit aussi des images, mais qui sont des images qui sont surtout celles d'après-guerre, parce qu'être en vacances pour les ouvriers à ce moment-là, c'était... c'était soit, après, dans la foulée de la crise de 29, soit être au chômage, soit être malade. Donc, cette idée d'avoir... Là, c'était être payé à rien faire. Oui, mais du coup, qu'est-ce qu'on fait de ce temps, tout d'un coup ? C'est-à-dire... Alors, après, justement, Léon Blum a eu cette intuition de se dire... la semaine 40 heures, on va mettre les congés payés, mais on va aussi créer justement un ministère qui va essayer d'être ministère des loisirs. Mais c'est vrai qu'au départ, c'est pas vraiment une revendication, c'est plutôt un moyen, même assez habile, puisque ça a été voté de façon unanime. Au moment où il y avait des grèves entre justement le Front populaire qui avait été élu, mais la mise en place du gouvernement, à ce moment-là, il y a eu des grèves. On a voté justement en juin un peu pour disperser, pour faire en sorte que les ouvriers rentrent chez eux. En fait, on a voté les congés payés à ce moment-là.
Ce qui frappe dans les témoignages de l'époque, c'est, je trouve, la découverte de la mer, d'aller à la mer, voir la Méditerranée. Pourquoi est-ce que ça reste, même encore aujourd'hui, un symbole si puissant de cette époque
En effet, je pense que c'est ce qu'on voit, en fait, dans notre étude, la mer, l'eau. ça reste au centre des vacances, en tout cas au centre des vacances d'été, parce que depuis, les vacances ont un peu changé de visage aussi, mais en effet, et puis, on voit bien à quel point les vacances aussi ont précédé, et justement, vous parlez de la mer, mais ont précédé des migrations qui, elles, vont être plus pérennes. Les migrations, vous savez, il y a beaucoup de Français qui, quand ils ont pris leur retraite, sont allés dans le sud de la France parce qu'il y avait la mer, à présent, ils vont plutôt sur la côte atlantique, effectivement, la mer, dont la France est particulièrement... génère ce genre de migration.
C'est aussi la chance de vivre dans un pays avec des océans, des mers, des côtes, des littoraux. Comment les congés payés ont façonné la France des vacances ?
Il est clair que ça a été un des éléments majeurs pour le développement d'une industrie touristique en France. C'est pour ça qu'on a un secteur qui est leader avec de très grandes entreprises. Ça s'est fait au départ... comme vous le disiez, parce qu'il y a même eu des encombrements. Les touristes se sont précipités à la mer. Il y avait toute une critique sur ce thème, ça devenait impossible. Déjà à l'époque, il y avait déjà ce thème de l'encombrement. Et puis ensuite, il y a eu toute une série, plutôt après la guerre, les grands pionniers du tourisme, le Club Méditerranée, Nouvelles Frontières, enfin, les grands... Pierre et Vacances, qui ont vraiment structuré... La chance que vous disiez, d'ailleurs, vous le citiez, qu'à la France, c'est d'avoir un territoire absolument... enfin, remarquable en termes de diversité. La diversité des sites, des paysages, de l'environnement, de la culture, du patrimoine, même des pays plus... Comme l'Italie, par exemple, dont on connaît la richesse patrimoniale extraordinaire, n'ont pas cette diversité, il n'y a rien, il n'y a pas de rapport entre le Nord, le Sud, l'Alsace, la Bretagne, les Cévennes, on ne trouve pas cette diversité. Et ça, tout ceci fait que les Français ont pu partir, et partir... souvent dans le territoire, sans le quitter, sans aller forcément à l'étranger. Et c'est ce qui explique qu'aujourd'hui, les Français sont le peuple, enfin dans les pays comparables, disons, en Europe, qui, quand on voit la part touristes français, touristes étrangers, c'est en gros, entre 65 et 75, selon les critères qu'on prend pour mesurer l'activité touristique, tourisme domestique. Et le reste, tourisme étranger, même si les touristes étrangers sont parfois... On trouve qu'on en parle trop, qu'on les voit trop, etc., avec des réactions parfois un peu excessives. Mais le gros du tourisme, c'est pas le cas en Espagne. En Espagne, le tourisme... Il y a un peu plus de touristes étrangers que de touristes françaises. En Italie, c'est intermédiaire. Donc tout ça, ça a été en effet le début de l'éclosion du secteur, avec quand même un pays qui était et qui reste encore... peu réticents à accueillir les touristes, les touristes étrangers, mais aussi les touristes français. Vous trouvez
qu'on a encore, nous, une réticence ? Oui, il y a encore le côté...
Vous savez, il y a un livre qui était très intéressant, un mémoire de l'école de Mignes, qui s'appelle Le mythe du laquet, qui... qui montre comment le tourisme s'est développé avant les congés payés, mais de manière très lente, et au fond, on sait bien que la Côte d'Azur, c'est les Anglais qui ont créé la Côte d'Azur, aussi un peu la Normandie, enfin, c'est les étrangers qui ont contribué, à l'époque, les étrangers riches, évidemment, parce que pour voyager, il fallait quand même avoir des moyens, plus que les Français qui ont toujours un peu, qui n'aiment pas le côté, c'est un service, il y a un côté un peu... Ils considèrent que c'est la servilité, ils confondent souvent la servilité et le service. en Asie, c'est complètement différent. Le c'est du caire, comme on dit en mauvais français, c'est tout autre chose. Et on considère qu'il y a quelque chose un peu de... Pas de domesticité, mais enfin, il y a quelque chose comme ça. Et donc, c'est pas très bien vu. Et d'ailleurs, les métiers du tourisme sont encore victimes de cette image. L'image du tourisme n'est pas toujours bonne, l'image de notre secteur. On fait tout pour l'améliorer, de très grands progrès ont été faits. Mais l'image n'est pas à la hauteur de ce que ce secteur représente dans notre pays.
Je voulais vous montrer ce soir un exemple de la façon dont les congés payés ont façonné des territoires. Je vous emmène dans l'Hérault, à Palavas-les-Flots. 6000 habitants à l'année, 80 000 en été. Jadis, c'était un petit village de pêcheurs. Ça ne ressemble plus à ce petit village aujourd'hui. La ville a été transformée par les CP, les congés payés. Reportage d'Hélène Bonduelle et Lucas Garcia.
Bonjour,
monsieur. Je voudrais des piques d'orages ?
cahiers bidés, alors ? Allez, on y va. Là-bas, c'est vraiment le village de pêcheurs. Il faut que ça perdure, c'est vraiment la tradition.
Un village de pêcheurs depuis plus d'un siècle. A l'époque, le thon, la sardine, rythment la vie du port de 700 âmes. Jusqu'à ce que 1936 vienne bouleverser les habitudes. Avec les premiers congés payés, ce sont des flots de touristes qui débarquent de Montpellier, la ville voisine, parfois même de Paris. Christian Jean-Jean, le maire de la ville depuis près de 40 ans, se souvient de ces milliers de touristes qu'il voyait affluer l'été quand il était petit.
On découvrait quelque chose de nouveau après la guerre, après ainsi de suite. On était quand même dans la difficulté. Eh bien, on partageait quand même tout.
Et
on était heureux d'expliquer, d'aider, d'accompagner. C'est ça en définitive. Quand j'ai payé, c'est en définitive la France qui s'est rencontrée.
Les familles modestes découvrent la mer et arrivent de Montpellier grâce à ce petit train, aujourd'hui disparu. Christian Jean-Jean a vécu la plupart des transformations du littoral, de cette station balnéaire populaire
à la mode. Toute cette partie-là s'est construite. Après les congés payés, ça a permis à Palmas de prendre une extension importante et d'offrir des logements confortables d'une autre génération. Avec d'un côté deux lignes de construction, et de l'autre côté les fameux campings.
Les toiles de tente font leur apparition en bord de mer. Les touristes se pressent dans ces campings encore sommaires.
c'était des vignobles, à l'époque, de vin de sable.
Frédéric Bouscaren avait 9 ans, quand son père, architecte, et son associé se lancent dans la construction de ce camping au début des années 70.
C'était presque la famille. Le camping était beaucoup plus petit que maintenant. Il y avait un contact, il n'y avait pas d'électricité, très peu de caravanes, beaucoup de tentes. La glacière avec le pain de glace que l'on fabriquait à l'entrée à la réception, qui flottait dans la glacière avec le beurre qui flottait, c'est des moments fabuleux.
'hui, les bungalows ont remplacé la plupart des toiles. Mais Frédéric tient à conserver des emplacements pour tentes pour que les familles modestes puissent aussi profiter des congés payés.
Naël Gau, c'est quoi aujourd'hui partir en vacances en France ? Alors, il y a partir et il y a être en vacances. Donc, c'est deux
choses. On peut
être en
vacances sans partir. C'est ça.
Vous vous interrogez les deux catégories
dans votre livre. C'est important d'interroger parce qu'en fait, il y a effectivement ce temps de vacances qui est un temps de la vie qui est différent de celui de l'année. Et puis, il y a qu'est-ce qu'on fait de ce temps-là ? Et il y a ceux qui partent, en effet, et puis ceux qui restent. On l'a vu, 28%. Après, dans ces 28% de Français, il y a ceux qui restent. parce qu'ils n'ont pas envie de partir, enfin, qui sont assez casaniers, en fait, qui ont souvent la chance aussi de bénéficier d'une maison avec un jardin, donc partir ne les intéresse pas plus que ça. Il y a ceux qui font des arbitrages, c'est-à-dire, ils se disent, bon, cette année, je ne veux pas partir, mais l'année prochaine, je repartirai, là, j'ai des travaux à faire dans ma maison. Et puis, il y a quand même une partie des Français, 14%, et ce sont ces Français-là qui représentent quand même une proportion de Français importantes qui... est empêchée de partir et où, en effet, on retrouve souvent un tiers des familles monoparentales ne peuvent pas partir en vacances, 40% des familles les plus modestes. Ça reste un très gros marqueur social. Ça reste un marqueur social, c'est sûr. Il y a eu une démocratisation incontestable depuis ces 90 ans, mais en effet, partir, en tout cas, après, profiter des vacances, c'est encore autre chose. Encore autre chose.
Benoît Serres, vous qui avez longtemps été directeur des ressources humaines, cette évolution du regard sur les vacances, est-ce que vous l'avez vécue aussi en tant que DRH
ne sais pas si j'ai vécu une évolution. Ce que j'ai vécu surtout, c'est le floutage. entre la vie au travail et la vie en vacances. De même que vous évoquez que des gens sont en vacances sans partir, des gens partent sans être en vacances. C'est le télétravail, c'est les RTT. Vous savez, les vacances dans une entreprise, c'est le centre d'une organisation. Par là, c'est qu'on va passer des accords pour empêcher les gens de partir en RTT la veille de leurs vacances ou se mettre en télétravail. Vous voyez ce que je veux dire ? En revanche, ce qui est intéressant, je n'ai pas lu votre livre encore, mais...
C'est que j'ai vu évoluer
les choses. C'est-à-dire que... Je suis pas encore très âgé, mais quand même... Aujourd'hui, moi, ça m'est arrivé de forcer des gens à partir en vacances. Parce que je considérais que c'était, on ou leur manager, peu importe, que c'était dangereux pour leur santé parce qu'ils n'en prenaient pas. Et que c'était pas bon du tout.
On a un chiffre, près d'un salarié sur cinq aujourd'hui ne prend pas tous ses congés. Voilà, et ça, c'est
pas bien, en fait.
Mais qu'est-ce qu'ils vous disent, les salariés qui ne prennent pas leur cinquième semaine ? Je sais pas
quoi faire, je m'ennuie en vacances, je sais pas où partir. Je préfère rester. Je m'en fous, tu restes chez toi. Je veux pas te voir. De toute façon, on le paye un jour. Sincèrement, indépendamment des rythmes biologiques ou autres, j'ai payé 5 ou 4 semaines, c'est le pays qui a des plus jours de vacances en Europe par rapport à d'autres pays. Après l'Autriche, mais l'Autriche, c'est pas pareil. Moi, je préfère l'Autriche à la France, donc ça m'arrange, mais ce que je veux dire par là, c'est que le temps des vacances, c'est assez important. C'est aussi un élément qui rythme l'entreprise. Vous avez des entreprises qui disent aux gens, vous devez prendre 15 jours en août, par exemple. Oui, parce que l'entreprise ferme en août. Oui, mais parce qu'elle pourrait fermer en mars. Vous avez une espèce de tradition, quand même, qui est, vous savez, les juillettistes qui se croisent avec les autistes, etc.
Ghenna Elgo, elle s'explique cette tradition l
'été ? Du juillet-août, oui. Elle s'explique d'abord par... En dehors de la météo.
En
fait, c'est pas seulement la météo, c'est-à-dire qu'avant même que les congés payés n'existent, effectivement, et c'était bien expliqué dans votre petit reportage au départ, certaines personnes bénéficiaient déjà de ce temps de vacances, et notamment les enseignants, parce qu'il fallait que les enfants travaillent à la ferme, en fait, ou fassent les travaux l'été. Et donc l'école fermait pendant les vacances, et ensuite on est resté sur ce calendrier-là. C'est à cause des moissons. Voilà. Et donc, on est resté sur ce calendrier-là, qui était le calendrier scolaire. Et ce qu'on voit aujourd'hui, c'est qu'en effet, on reste toujours sur l'été, qui reste la saison reine, mais de moins en moins. C'est-à-dire que ce qui est intéressant, c'est que justement, on parle beaucoup de la natalité, on parle beaucoup du vieillissement de notre population. Ça fait qu'effectivement, il y a de moins en moins de gens qui sont contraints par cette période-là, qui peuvent partir hors saison. On voit monter le printemps, et on voit particulièrement monter l'automne. Les septembristes. Oui, ou même octobre. c'est moins cher, il y a moins de gens, et aussi les conditions climatiques sont parfois plus clémentes. Donc on voit, là, ça se transforme un peu. Oui, mais
cette période, ça va presque plus loin dans des entreprises à forte saisonnalité. Vous allez abonder le nombre de jours de vacances de ceux qui disent que je ne partirai pas pendant la haute saison, je ne partirai qu'en septembre ou en octobre. Donc c'est un jeu aussi. On joue avec ça. Donc c'est assez intéressant. Et puis après, sincèrement, c'est un rythme. L'école rythme aussi. C'est vrai qu'il y a une différence. entre ceux qui ont des enfants scolarisés et ceux qui n'ont pas d'enfants scolarisés. L'école rythme, les vacances de ski, c'est intéressant, j'observe qu'il y en a de moins en moins, parce que ça coûte tellement plus cher. Vous avez plein de gens qui renoncent et qui disent... C
'est vrai, l'Alliance France Tourisme n'est pas d'accord.
Moi, ayant été président d'une entreprise... C'est pas si
vrai.
Vous
réussirez pas à nous faire croire que les vacances au ski ne sont pas plus chères aujourd'hui qu'il y a ? Bien
sûr, et là, vous avez raison, c'est une entreprise qui marche en valeur et qui marche moins en volume. J'aurais moins bien dit que vous. Non, mais c'est ça, parce que c'est devenu quand même assez cher, même si... Il y a quand même encore aujourd'hui, je ne sais pas si, mais il y a quand même toujours un peu les mêmes déterminants pour les vacances que les fameux 3D du Mazédier, le fameux sociologue des loisirs qui disait délassement, donc la fatigue, divertissement et développement. Et nous, ce qu'on constate dans les études qu'on a pu faire, ce qu'on voyait d'ailleurs aussi dans l'entreprise en faisant des enquêtes auprès de nos clients, c'est qu'il y a quand même... une appétence à se développer, à apprendre, à découvrir. L'aspect culturel revient beaucoup plus qu'avant. Et ça, c'est bien. Je n'enjoliffe pas le tableau. Mais enfin, c'est un élément... Et avec aussi l'idée de rupture. D'une rupture avec le quotidien. Et les sites qui marchent souvent le mieux, je le voyais dans mon groupe, c'était justement le ski, les parcs de loisirs. Là, c'est une rupture assez franche. Et les gens aiment bien, ils ont envie de...
Olivier ? Est-ce qu'il ne faut pas rajouter un T, celui de transmission ? Est-ce que c'est pas le moment aussi où on dit qui on est ? On veut transmettre à ces enfants certaines valeurs. Il y a ceux qui vont faire vivre des choses un peu exceptionnelles. Il y a ceux qui, au contraire, veulent retrouver une simplicité, une authenticité. L'anecdote qu'on a attendue sur le beurre qui flottait dans la glacière. Toute cette mythologie de on revient aux choses vraies pendant les vacances. On le vérifie dans les chiffres. Aujourd'hui, ceux qui vont vers la moyenne montagne parce que c'est plus écolo. Ça, c'est une évolution un peu plus récente.
on le constate, tout à fait exact. L'authenticité, la proximité... Je pense qu'on peut faire
toutes les lettres de l'alphabet. Je pense qu'il y en a une qui compte particulièrement. Ce qu'on voit, c'est la question du lien. Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a la question du délassement ou de la détente, la question de la découverte, évidemment, même si cette découverte n'est pas forcément hyper exotique. On en parle beaucoup en ce moment avec la situation géopolitique, mais en réalité, 70% des Français partent en France. Mais il y a la question qui revient, c'est une forme de trinité qu'on voit dans notre livre avec Jean, c'est la question du lien, c'est la question du partage, c'est la question de... Et ça, et en effet, intergénérationnel, même on voit les couples qui se retrouvent, ou pas d'ailleurs, parce que parfois c'est un moment de vérité.
Le révélateur du mois
d'août. Mais d'ailleurs, dans votre
livre, vous parlez de pression vacancière. À quoi ça correspond et est-ce que c'est récent ?
Alors, la pression vacancière, c'est juste, si vous voulez, l'application aux vacances d'une société dans laquelle nous sommes, qui est aussi une société de la performance. Et des réseaux sociaux. Et à un moment donné, on va l'appliquer un peu à tout, y compris aux vacances. Et c'est vrai qu'on voit dans l'Observatoire Utopia, là, on voit qu'il y a 30% des Français qui ressentent un peu de pression à avoir des vacances réussies. Et on voit que parmi ceux-là, il y en a certains qui vont partir, alors qu'ils n'ont pas forcément envie, il y en a certains qui vont partir dans des endroits. qui ne sont pas forcément ceux qu'ils avaient choisis. Et puis, il y a cette visibilité nouvelle, un peu constante, c'est-à-dire qu'on n'est plus dans les soirées diapo ou dans les cartes postales. On est sur le compte Instagram. Il faut qu'il y ait une visibilité constante des
vacances et qu'ils en rajoutent à la pression. Les DRH, c'est un élément auquel ils font attention
quoi ?
Qui part où dans la société ?
Honnêtement, non. Non, on regarde pas, on essaye de... Le seul sujet... Si ça crée des tensions
après au bureau...
Les tensions arrivent avant, c'est quand vous devez arbitrer. Quand vous avez des gens qui prennent la vacance au même moment et que ça empêche le fonctionnement, là, c'est des vrais moments de tension parce que souvent, vous arbitrez à dire que ceux qui ont des enfants sont prioritaires, etc. Ceux qui n'ont pas d'enfants viennent gueuler parce qu'ils ne sont pas pris.
Ils sont toujours punis.
Ça a toujours été un sujet un peu délicat. Même si les gens arrivent à s'arranger, en moyenne, quand même. Mais c'est un sujet, la concurrence, les gens qui dépassent, les gens qui sont connus disent, lui, de toute façon, ou elle, on sait, elle dépose ses vacances six mois avant, comme ça, elle bloque tout le monde. Et ça, j'ai toujours connu ça. Moi, j'étais derrière, j'en ai eu une entreprise très différente, Marlin, L'Oréal, j'ai toujours connu ça, une espèce de concurrence sur les vacances. Et j'observe aussi que les gens ne racontent pas forcément leurs vacances au bureau après. Je ne sais pas si vous aviez observé ça.
n'a pas étudié. On voit que... Comme
si certains n'osaient pas dire qu'ils sont allés très loin. Oui.
Il y a les deux. Il y a ceux qui vont un peu exagérer leurs vacances, justement. Et puis, il y a ceux qui, au contraire, vont un peu minimiser leurs
vacances.
Ils n
'étaient pas à Lille-Maurice, ils étaient à Lille-Chez Maurice. C'est le sketch.
Ce qu'il faut peut-être ajouter, c'est que les Français, pas que les Français d'ailleurs, les étrangers encore plus peut-être, mais sont de plus en plus exigeants, maintenant que les vacances sont quand même passées, enfin, sont complètement dans les mains, en matière d'accueil. de prise en charge individualisée du client. C'est un élément important, parce qu'il y a des gens qui ne veulent plus aller dans certains endroits, sans parler de celle du sur-tourisme, qu'on exagère un peu, mais qui existe quand même. Et l'accueil, notre secteur a fait déjà beaucoup de travail là-dessus. C'est un métier de prise en charge où les soft skills, comme on dit, sont très importants, l'empathie, la manière de recevoir les gens. Nos compatriotes sont parfois plus sensibles à ça même qu'au grand confort classique. C'est un élément très important et l'accueil dans notre société, y compris dans notre société française, c'est quelque chose qu'il faut bien développer et continuer de développer. On
a une question de Saïd qui se pose la question suivante. En gros, est-ce qu'on n'est pas trop amoureux de nos vacances ? Est-ce que la France est encore un modèle à suivre en Europe, dit-il, dans un monde où elle risque de décrocher face à des pays qui travaillent plus et qui sont plus productifs
Serres, peut-être ? Je
pense que ce n'est pas la question des vacances qui résoudra le problème que Saïd évoque. Je pense qu'on a un autre problème sur l'organisation du travail, sur les fameuses 35 heures, sur un certain nombre de... Parce qu'aujourd'hui, aux vacances, vous pouvez ajouter les RTT, vous pouvez ajouter un truc. Je pense que c'est plus ça, le sujet. C'est pas parce que vous retirez une semaine de vacances que tout d'un coup, ça va aller mieux. Je suis pas certain de ça, d'ailleurs. Mais effectivement, la question qu'il pose est assez juste, dans la mesure où, à force de cumuler des dispositifs, certains qui sont des totems, comme ceux dont on parle aujourd'hui, les RTT, les télétravail, ceci, les arrêt de cela... C'est le flou qui vous inquiète. Non, mais ce n'est pas que ça m'inquiète, c'est que je constate que ça rend les organisations très instables et que les gens ne sont pas heureux dans des organisations instables. Je pense que la question qu'il pose est assez juste. Aujourd'hui, il faudrait reposer ça. Je ne suis pas sûr que la période politique soit la meilleure.
On va en parler dans un instant, parce que vous savez qu'il est question de... monétiser la 5e semaine que certains ne... Ca n'existe pas partout.
Vous pouvez passer des accords.
va en parler dans un instant, parce qu'il y a une proposition de loi sur la table, mais je voulais d'abord parler d'étymologie, du sens des mots, évidemment, avec Mariette, c'est le mot du jour. Oui, les mots ont un sens, et précisément congés et vacances, ce que vous nous dites ce soir, c'est que c'est pas exactement la même chose.
C'est pas la même chose, même si pour nous c'est un peu synonyme, mais en fait, l'étymologie, leur histoire dit qu'il y a une grande différence. Congés, en fait, appartient au vocabulaire du travail, il n'en est pas le contraire, en fait, c'est y va avec, c'est une forme de travail à l'origine, congés. Et être en congé, c'est
travailler ? Ça me paraît un peu contre-intuitif. Si
on regarde l'étymologie, ça veut dire circuler, faire circuler. Donc c'est très actif, il y a vraiment un mouvement. D'ailleurs, dans le vocabulaire de la marine, traditionnellement, prendre congé voulait dire aller chercher sa feuille de route. Ça se met au départ. Au Moyen-Âge, dans la féodalité, quand un seigneur congédie un chevalier, c'est pas qu'il le vire, Adeline, c'est qu'il l'envoie accomplir au loin une mission. Vous prenez l'histoire de Tristan et les autres, le roi Marc éloigne Tristan parce qu'il s'est aperçu qu'il fallait peut-être un peu séparer les deux amoureux. Oui, du coup, il s'est pas fait virer, Tristan, il est revenu après. Alors, il est revenu parce que, justement, l'histoire du mot congédier contient toujours l'idée du retour. Alors, on a encore ça aujourd'hui, un congé de maladie. On revient, normalement. de maternité donc c'est ce qu'il faut remarquer alors puisqu'ici à l'assemblée il y a aussi un moment donné pendant l'été mais on parle pas de congés on parle pourtant on revient mais on parle de vacances vacances parlementaires comme il y a vacances de l'état enfin vacances du pouvoir ou vacances d'un tribunal là on est passé dans le vocabulaire du droit mais à l'origine vacaré en latin c'est extrêmement physique c'est vraiment faire le vide, enlever les meubles, les gens qui vont dans un espace. On a encore ça aujourd'hui, appartement vacant. C'est un appartement qui est vide. Alors, durant les vacances, les rues des grandes villes se vident, et nous, on fait le vide dans notre tête, cette idée
-là. Est-ce que l'évolution normale des choses, c'est que vacances remplace congés
Oui, au cours du XXe siècle, c'est à peu près ce qui s'est passé, et la société des loisirs, la société du temps libre, bien étudiée par Jean Villard et par vous-même, elle le fait, ça. Aujourd'hui, on est quasiment dans un synonyme entre les deux choses. Mais, et vous y faisiez allusion, monsieur Marcel, il y a quelque chose qui se recrée dans la différence aujourd'hui, avec, je ne sais pas si c'est encore en France, mais aux Etats-Unis, est apparu un mot nouveau, entre les gens loisirs et business. Alors, c'est tout à fait les gens dont vous parliez tout à l'heure, c'est-à-dire des gens qui, quand ils ont un voyage d'affaires, un déplacement d'affaires, ils en profitent quand même pour faire du surf ou s'éduquer parce qu'ils sont même à un haut niveau d'exigence. Donc, ils veulent des conférences, ils veulent apprendre des choses, ils veulent devenir experts, c'est tout à fait intéressant. Donc, les choses, de nouveau, se troublent un petit peu. La frontière... Exactement ce que décrivait
Benoît Serres tout à l'heure.
Voilà. Donc, on retrouve là le congé au sens médiéval du terme, avec travail et vie privée dont vous parliez tout à fait, congé médiéval, mais aussi vacances au sens moderne. Alors, nous, en français, vous savez, Adeline, qu'on n'a pas cette appétence... On n'a pas le pleasure, on n'a pas d'équivalent. On n'a pas cette façon de faire des mots-valises. Peut-être que vous en proposez un dans votre livre, je ne sais pas. Vous avez un livre, vous avez un mot, vous ? Il y a
un mot qui est sorti à un moment, quand le télétravail se développait beaucoup. c'était les tracances, c'est-à-dire les gens qui allaient sur leur lieu de vacances en disant que je travaille huit jours et après je suis en vacances.
On allait pas nous prendre
trop pour des naïfs, mais ça s'appelait les tracances. C'est
pas très joli comme mot. Si ça n'a pas pris, c'est
que c'était une...
Non, il faut inventer. On
oublie le mot.
De fait, ça nécessiterait sans doute d'être inventé, parce que ce qu'on observe, en effet, c'est qu'il y a aussi une fragmentation de plus en plus importante des vacances d'eux-mêmes. On parlait de la saison de l'été et de la montée en puissance des autres saisons. On voit bien que ce bloc estival, il est aussi en train de se fragmenter.
Il n'y a plus de location, au moins, ou très peu, de moins en moins. On va aller chercher, on va avoir plusieurs temps de
vacances. C'est
des vacances en confetti, quoi. Oui, c'est ça. Ça va être très passionnant pour la société de voir que ce sont les pratiques. qui vont imposer un mot. Donc ça, c'est vraiment intéressant. C'est la société civile dans son inventivité.
Ce qui est intéressant, c'est qu'on en parle très librement et très calmement. Pardon, Benoît Serge, je vais mettre les pieds dans le plat. Est-ce qu'il n'y a pas quand même aussi chez beaucoup de salariés une culpabilité ? On n'ose pas poser des congés par peur d'être étiqueté, comme le collègue qui prend trop de vacances, par peur de mettre en péril son poste. On aime penser par ailleurs que l'entreprise fonctionnera peut-être moins bien en notre absence. Non, mais est-ce que c'est pas ça qui explique aussi que On ne pose pas forcément ces cinq semaines. On n'ose pas. On a le congé payé un peu honteux dans certaines entreprises.
Ça a été vrai dans toute la période où le travail était... Il y avait une espèce de culpabilité à ne pas travailler, la part de chômage de masse, les gens avaient peur. C'était assez malsain. Sincèrement, la nouvelle génération, elle est pas trop comme ça. Je devais être déjà de la nouvelle, mais je pense que vous avez raison, c'était une période... Attention... Vous savez, faut pas... Une période de
bons petits soldats, non ?
Oui, mais sincèrement, depuis 40 ans, avec 10% de chômeurs, on a fait peur à tout le monde. Donc les gens, effectivement, pouvaient hésiter à... Vous en avez effectivement quelques-uns qui pensent que s'ils partent en vacances d'entreprise, s'arrêtent... ça m'est arrivé de leur dire, je vous rassure...
Vous l'avez
mesurée, cette culpabilité ? Justement, je pense qu'il y a plus la pression pour certains que la culpabilité. Ce que je trouve intéressant, c'est qu'on est en train de revenir... On peut, et ça se passe, juger un peu les jeunes dans leur pratique. Ce qui est intéressant, si on remonte vraiment loin à l'Antiquité, et c'est un autre mot sur lequel vous pourrez nous éclairer, il y avait un temps libéré qu'on appelait l'Ocium. Qui revient beaucoup. La notion revient beaucoup. Il y a plein de questions qu'on se pose avec. L'osium, c'était un temps d'oisiveté, mais de loisirs actifs. À ce moment-là, on ne disait pas ça, mais de loisirs actifs. Et à contrario, ce que l'on appelait le non-osium, le neg-osium, c'est toutes les activités marchandes, l'économie, qui était le négoce. Et l'osium était extrêmement valorisé. Le négocium, c'était un peu la côté. Ce qui est amusant dans notre civilisation, c'est qu'on a inversé la hiérarchie. Le négocium a maintenant pris l'importance du travail. Et l'osium est à côté comme devant être réduit. C'est une
notion aristocratique. Et donc l'osium aujourd'hui revient parce qu'il y a aussi un gap social énorme entre les gens qui peuvent se cultiver, qui peuvent penser. Mais il y a une
démocratisation malgré tout. C'est-à-dire qu'il y a une démocratisation et qu'aujourd'hui on parle de comment est-ce qu'on constitue un capital vacances en dehors même des notions économiques.
Et puis l'osium via TikTok que nos adolescents sont en bonne rencontre. On peut juste
confirmer ce que vous disiez les voisins. On est quand même tout à fait dans l'inverse, à mon avis. C'est-à-dire que les jeunes, les jeunes générations, c'est presque dans la négociation d'entrée du contrat, etc. Si j'aurai mes vacances, etc. C'est à un point... Il y a quand même un changement chez les jeunes par rapport au travail, par rapport aux vacances, qui est quand même considérable. Moi, je l'ai vécu dans mon entreprise. C'est heureux, non ? Oui, bien sûr. Eux, ils se posent pas
de la question de savoir est-ce qu'on travaille pour vivre ou est-ce qu'on vit pour travailler ? Ils ont écarté ça.
Mais oui, ils ont une autre approche. Moi aussi.
Leurs parents ont fait des burn-out. Leurs parents et leurs grands-parents s
'ont fait virer après 30 ans au service et leurs parents ont vécu 40 ans de chômage de masse. Dans l'Observatoire,
ce qui est intéressant, c'est qu'on a une analyse statistique un peu intéressante, c'est-à-dire toute chose égale par ailleurs. On enlève tout ce qui sont les déterminants socio-économiques. En fait, on s'aperçoit, plus on est investi dans ces vacances, ça ne veut pas forcément dire partir, mais ça veut dire quand même s'investir dans ce temps-là, plus on est heureux. plus on a une satisfaction par rapport à sa vie, plus on se sent aimé également, puisqu'on nourrit des liens, et plus on est ouvert également, on a fait tous ces calculs-là, plus on est ouvert à l'autre. Donc les vacances, voilà, c'est aussi pour une société, c'est pas seulement individuellement, c'est pour une société, c'est important. Ça va créer justement du lien social et ça va créer du bonheur collectif, individuel mais collectif. C'est
hyper précieux. Merci à tous les trois. Vous nous avez fait un peu voyager ce soir. Vous nous avez évadés avec ce décryptage des vacances. C'est demain que sort ce livre. Le livre des vacances et ce qu'elles disent de nous. On aurait pu parler d'un mot italien qui dit ne rien faire. C'est ça aussi les vacances. C'est ce que je vous souhaite pour les mois qui viennent. Merci à tous les trois. Dans un instant, on va toute autre chose. La question qui fâche. On va parler des casseurs de samedi dernier après la victoire du PSG. Est-ce qu'il faut les faire payer et comment ? C'est le débat avec nos trois prochains invités. Mais avant, c'est quelle histoire ? Et c'est Olivier Ravanello. Olivier, un an et demi après la mort de Jean-Marie Le Pen, vous vouliez nous parler de sa demeure de montre-tout, indissociable de l'ascension du Front National dans les années 80 et 90. Cette maison est sur le point d'être vendue et avec elle, c'est un pan de l'histoire du RN et des Le Pen.
Oui, c'est une demeure qui est perchée sur les hauteurs de Saint-Cloud. On y domine l'ensemble de Paris et c'est pour ça qu'elle s'appelle comme ça. Montre tout, on voit tout Paris. C'est une maison qui a été marquée dès l'origine par la politique puisqu'elle a été construite à la demande de Napoléon III. pour qu'il puisse l'offrir à son fidèle chef de cabinet. Elle tombe quelques années plus tard dans l'escarcelle d'Hubert Lambert. Il est héritier d'une fortune industrielle bâtie dans le ciment et lui fréquente les jeunes figures de l'extrême-droite française des années 70 autour des mouvements comme Ordre nouveau ou le Front national. On y croise d'anciens de la milice, des admirateurs des néofascistes italiens, des royalistes, des antigolistes, évidemment, et puis Jean-Marie Le Pen. Lambert... meurt subitement, en 1976, à 42 ans, d'une cirrhose. Et du jour au lendemain, le voilà qui va faire la une des journaux jusqu'au journal de... Le fameux journal de... De Roger Jiquel, non ? Présenté par Roger Jiquel.
héros de cette affaire française n'est autre que M. Le Pen, ancien candidat à la présidence de la République et leader du Front National. Le 24 septembre dernier mourait subitement à l'âge de 42 ans M. Hubert Lambert, milliardaire français, héritier des ciments Lambert et d'une douzaine d'autres sociétés. Aussitôt on a appris que c'était M. Le Pen donc qui risquait d'hériter d'une trentaine de millions de francs. 3 milliards anciens si vous préférez.
milliards, si vous préférez. Si vous préférez. Le problème, c'est que cette succession, elle est contestée par d'autres membres de la famille d'Hubert Lambert, qui certes n'avaient pas d'enfants, mais avaient des cousins. Et c'est là où on voit que Jean-Marie Le Pen assume parfaitement l'héritage.
ce n'est pas la première fois que la famille de cœur l'emporte sur la famille de sang, surtout quand celle-ci est très éloignée. Mes amis Lambert ont décidé dans la plénitude de leur décision de me désigner comme légataire. C'est leur droit le plus strict.
-Marie Le Pen obtiendra gain de cause sur l'ensemble des recours qui ont été déposés et héritera donc de Montretout et de 30 millions de francs, ce qui, peu ou prou, font à peu près l'équivalent de 30 millions d'euros actuels, ce qui vont permettre le financement de sa vie politique et du parti. C'est un attentat dans la nuit du 1er au 2 novembre 1976. qui va détruire l'appartement de Jean-Marie Le Pen, qui va accélérer le déménagement vers Montretout. L'ensemble de la famille s'y installe, avec l'épouse de Jean-Marie Le Pen, à l'époque, Pierrette, et ses 3 filles, Marie-Caroline, Yann et Marine, qui, à l'époque, a 8 ans. Le domaine devient tout à la fois, évidemment, la maison de famille, mais aussi un QG, une forteresse. On y croise des journalistes, des politiques, des stars, comme Alain Delon. À Montretout, on est... plus tranquille pour voir Jean-Marie Le Pen. Même si le FN a un siège, c'est un montre-tout que tout se fait. Bruno Maigret le raconte dans Le Parisien en disant qu'il ne venait jamais au siège, il fallait que le FN vienne à lui. En 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen est qualifié pour le deuxième tour des élections présidentielles, c'est un montre-tout que tout cela est fêté. Et puis, en 2017, lorsque c'est... cette fois-ci sa fille, Marine Le Pen, qui est au deuxième tour, la presse va à Montretout pour recueillir la réaction de Jean-Marie Le Pen et savoir ce qu'il se passe dans le fief du RN. Elle me doit, mon Dieu,
d'avoir
suivi l'exemple que j'ai tracé pendant 40 ans. Elle est dans la lignée des combats qui ont été menés depuis 40 ans contre la décadence française.
Montretout était devenu le refuge du menhir, comme on surnommait Jean-Marie Le Pen. Une fois la rupture actée avec sa fille, la maison s'est progressivement vidée. Il y restait sa fille cadette, Yann, la mère de Marion, tout comme deux autres petits-enfants qui étaient logés dans une dépendance. En ce moment, l'heure, dit-on, est au carton. Et en parlant de carton, les archives... et celles du parti qui étaient au sous-sol ont été récupérées et transférées au siège très officiel du RN actuel, avec sans doute à l'intérieur beaucoup de secrets.
Merci, Olivier Ravanello. On passe à la question qui fâche. Question lancinante qui se pose depuis samedi dernier. Vitrines éventrées, abribus détruits, station de vélo retournée. Qui va payer pour la casse de samedi soir en marge de la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions ? On en parle avec vous ce soir, Sylvain Berrios. Bonsoir, député Horizon du Val-de-Marne. Gabriel Catala, bonsoir, député La France insoumise du Val-d'Oise. Et bonsoir, Mickaël Taverne, député Rassemblement national du Nord. C'est Alicia Rogue qui vous pose la question qui fâche.
la question qui fâche ce soir, de la fumée rouge, des mouvements de foule, des vitrines brisées et du mobilier urbain dégradé. Après la victoire du PSG, 890 interpellations et 721 gardes à vue sur l'ensemble du territoire. Des violences rapidement condamnées en politique lors des questions au gouvernement ce mardi. Le Premier ministre a réagi.
Malheureusement, le système, notre système, ne se retourne pas suffisamment vers les auteurs de cette dégradation pour recouvrer aux civils les sommes qui correspondent aux réparations imputées à la société. On doit avancer la responsabilité individuelle d'un auteur d'un acte de violence, par définition de dégradation, de pouvoir réparer.
Mais concrètement, jusqu'où peut aller cette mesure ? Selon Matignon, le recouvrement des sommes dues pourrait s'effectuer par différents moyens, y compris à travers certaines prestations sociales, en dehors du reste à vivre. Une idée également défendue par la droite républicaine et le Rassemblement national. Sur le site du parti d'extrême droite, une pétition baptisée « Tu casses, tu paies » appelle même à durcir davantage la répression contre les auteurs de violences. Mais techniquement, cette loi existe déjà. Adoptée en 2019, en pleine crise des gilets jaunes, le principe est simple sur le papier. L'État peut se retourner contre les casseurs, même sans condamnation. Sauf que dans la réalité, c'est plus compliqué.
a un taux de recouvrement très bas parce qu'on s'adresse à un public qui n'a pas les moyens de les payer. Et l'autre chose, c'est que ça coûte très cher d'aller récupérer ces sommes-là. Ça coûte quasiment plus cher que d'y renoncer.
Alors la question qui fâche ce soir, la voici. Faut-il faire payer les casseurs et
comment ? Sylvain Berrios, Sébastien Lecornu demande donc à son gouvernement un cadre législatif. Est-ce que vous êtes favorable à cette idée de faire payer les casseurs et vous faites comment
Est-ce qu'on est favorable à l'idée de faire payer les casseurs ? Bien sûr, parce que le coût de ce qui s'est passé, c'est beaucoup plus que ce que l'on dit. Vous avez pour plus de 60 millions d'euros, en réalité. Le chiffrage
provisoire était de 120 000 euros à Paris.
60 millions d'euros. C'est la mobilisation de 22 000 gendarmes et policiers.
Vous comptez la mobilisation des gendarmes dans le coût des dégradations.
Vous avez 22 000 gendarmes et policiers qui ont été mobilisés pour prévenir des casses qui ont eu lieu. Et l'ensemble coûte 60 millions d'euros. Qui paye, c'est assez simple aujourd'hui, c'est les Français, c'est les contribuables. C'est ça, qui paye. Est-ce qu'on peut aller vers l'obligation de faire payer les casseurs ? Moi, je le souhaite, mais comme l'a appelé votre reporter, la loi existe déjà et on n'est pas capable de l'appliquer. Je pense qu'il y a deux mesures. La première mesure, qui est celle qui peut nous opposer sur ce plateau, qui est celle de la mesure coercitive, celle des peines de prison. On voit qu'aujourd'hui, les premiers jugements sont tombés. et que tout le monde continue à se promener dehors, tranquillement, après avoir cassé et après avoir fait des actes de violence urbaine. Sauf
ceux qui sont condamnés à des heures de travaux d'intérêt général. Ils ont été en prison, ils
ont rembrossé quelque chose, ils ont... Non. Aucun. Rien. Donc la question se pose évidemment à la fois dans l'émotion, mais également sur le fond. Est-ce qu'il y aura de la prison ? Et nous, nous avons déposé une loi visant à faire en sorte que les courtes peines de prison puissent être exécutées avec des peines planchées.
C
'est assez simple. Et puis ensuite, il y a le deuxième volet qui est celui de la façon dont on va faire payer les casseurs. Et oui, il faut faire payer. Et oui, quand il y a récidive, la sanction doit être encore plus importante.
Michael Taverne, vous allez jusqu'où, vous
Nous sommes clairs. D'ailleurs, nous étions les seuls à déposer une proposition de loi pour supprimer les allocations familiales des parents de mineurs délinquants récidivistes. Toute l'Assemblée nationale s'y est opposée. Même le parti Horizon. Aujourd'hui, vous défendez cette mesure. C'est quand même assez paradoxal. Je précise
quand même qu'il y a une proposition de loi qui a été déposée après le premier sacre du PSG l'année dernière, en juin 2025, que l'on doit à Corentin Le Fur, qui est député LR, qui contenait ces mesures-là.
Oui, bien sûr, mais je le répète, les premiers à avoir déposé une proposition de loi pour supprimer les allocations familiales, c'est le Rassemblement national. Donc bon, on va pas jouer sur des éléments de langage, mais en tout cas, ce qui est certain, c'est que nous, nous sommes clairs. C'est-à-dire que... Les casseurs doivent payer. Même si cela doit prendre 30 ans, 40 ans, 50 ans, prendre sur le salaire, prendre sur les dettes sociales, je pense qu'il y a un moment, il faut siffler la fin de la récréation. Aujourd'hui, les Français en aura le bol de voir que ce sont toujours les mêmes qui payent. Rappelez-vous les émeutes en 2023. Ca a coûté 1 milliard d'euros. qui payent. Ce sont, une nouvelle fois, les Français, les contribuables, ceux qui se lèvent tôt le matin, qui vont bosser, qui ont du mal à finir leur fin de mois, qui ont du mal à remplir le frigo, et ce sont encore eux qui doivent payer, donc les assurer et, une nouvelle fois, l'impôt des Français. Donc je pense qu'aujourd'hui, quand on regarde les enquêtes d'opinion, quand on consulte nos concitoyens, ils en ont ras-le-bol de toujours passer à la caisse. Donc aujourd'hui, les casseurs, premièrement, doivent être sanctionnés durement, avec des peines planchées. D'ailleurs, pareil, nous avons, au Rassemblement national, déposé une proposition... de loi pour rétablir les peines minimales quand on agresse un policier, un gendarme, un pompier, toute l'Assemblée nationale s'y est opposée comme d'habitude et aujourd'hui propose exactement la même chose. Vous êtes quasiment le seul à l'avoir voté et tant mieux bientôt qu'un jour... La peine de prison, pardonnez-moi,
je voudrais qu'on revienne au coeur du sujet, la peine de prison ne rembourse pas les dégâts.
Non, mais pas du tout. Attendez, vous pouvez aller... On pose la question de
qui paye les dégâts.
Ce sont les casseurs. Vous vous êtes interpellé. Un abribus, c'est 20 000 euros. Quand vous en avez une quinzaine ou une vingtaine détruits sur Paris, qui paye ? Les Parisiens, les Français. Il faut responsabiliser les casseurs, les parents de mineurs délinquants, c'est-à-dire qu'il faut taper au portefeuille. Le Premier ministre a proposé d'ailleurs de durcir, d'aller récupérer ses fonds dans les aides sociales. Il copie le Rassemblement national, c'est une bonne mesure, mais les Français préfèrent l'original à la copie.
vois que c'est le concours de surenchère et finalement, la communication du Rassemblement national que vous avez montré, tu casses, tu paies, c'est la copie de tu casses, tu répares de Gabriel Attal. Pourquoi ? Parce que M. Attal a repris le programme de l'extrême droite, déjà l'année dernière dans sa loi sur la justice des mineurs, dont une partie a été intégralement censurée par le Conseil constitutionnel parce qu'elle portait atteinte aux principes républicains, et l'autre partie... qui faisaient, qui responsabilisaient les parents, leur faisant payer les dommages causés par leurs enfants, est déjà entrée en vigueur. Et je crois qu'il faudrait revenir au principe de base du Code pénal. Dans le Code pénal, quand une personne a commis une infraction, elle est condamnée à une amende qui va directement dans la caisse du Trésor public et elle peut être condamnée en plus à des dommages et intérêts pour le dommage qu'elle a causé à la victime. Et ce que je déplore, c'est que là, on parle d'atteinte aux biens. qui ont été commises par une minorité, qui sont des faits marginaux à l'échelle du territoire, et on en parle, on les considère comme un fait de société majeure, comme si c'était aussi grave que des atteintes aux personnes. Ces messieurs parlent de prison pour des abribus dégradés. pour des vélibs brûlés et pour des vitrines cassées. Peut-être aussi pour des policiers blessés, des tirs de mortiers d'artifices ? Si des personnes étaient blessées, c'est de l'atteinte au bien, ce n'est pas la même chose, et si l'infraction est caractérisée, ces personnes sont condamnées. Mais 'entends rarement, par exemple le Rassemblement national, sur d'autres faits de société. qui, là, sont très importants et devraient nous interroger et nous mobiliser. Par exemple, les 65 féminicides qu'il y a eu depuis... Ce
soir, on est là pour s'interroger sur... Là, on est en train de créer,
d'en faire des faits d'une gravité extrême, alors que c'est avant tout l'échec du maintien de l'ordre. Cette année, il y a eu un record de policiers mobilisés et la France est le seul pays qui n'arrive pas à gérer correctement des grands événements sportifs et c'est la responsabilité. directe de monsieur Nunez et de monsieur Darmanin. Ca ne me dit pas
sur quelle ligne vous êtes concernant le remboursement des dégâts provoqués par les casseurs ?
Il y a déjà une loi et elle doit s'appliquer. Lorsque des personnes ont commis des infractions, je vous le disais juste avant, si les magistrats le décident, elles sont condamnées à des amendes et à des dommages et intérêts. Nous n'avons pas besoin de faire de la surenchère et de stigmatiser toujours les mêmes. Derrière le message sur les prestations sociales, le sous-entendu qui est fait, ce ne sont que des... précaires, issus des quartiers populaires. On a vu le déchaînement de haine raciste depuis dimanche. L'année dernière, M. Retailleau parlait de barbares venus dans Paris pour casser. Sous-entendu, ce sont des jeunes personnes racisées venues des quartiers populaires qui sont venus pour casser. Or, on voit, dans les différentes comparutions immédiates qui ont eu lieu, que ce sont des personnes, pour la plupart, parfaitement insérées, en CDI, avec une famille, qui ne sont pas du tout des gens précaires. Et donc, je crois qu'il faut arrêter aussi de... Donc, s'ils ne sont pas
précaires, on va... Ils vont pouvoir
payer ce que prévoit la loi actuelle, c'est-à-dire une amende et des dommages d'intérêt.
Il ne s'agit pas juste de rembourser. Il ne s'agit pas juste de rembourser. Il s'agit d
'abord de rembourser pour que ce ne soit pas les assureurs qui remboursent la vitrine cassée d'un magasin. Il ne s
'agit pas d'abord de rembourser lors d'une finale de la Ligue des champions qui a lieu à l'étranger. sur la principale artère de France, celle que tout le monde nous envie. On oblige les commerçants à fermer à 15 heures. Je suis désolé, c'est pas juste remboursé. C'est pas juste remboursé. Il doit y avoir une condamnation. Si c'est juste remboursé, c'est-à-dire que vous donnez l'autorisation de mettre le bordel et vous allez payer une amende parce que vous avez eu le droit de le faire. Non ! Quand vous avez 20 ans
et que vous devez payer 30 000 euros pour une vitrine cassée...
et même plus, beaucoup plus que ça. Aujourd'hui, le code pénal
prévoit jusqu'à 30 000 euros d'amende pour une vitrine cassée.
Je vous dis juste que vous avez deux choses de nature différente, mais qui se complètent. Le remboursement et la sanction. Si vous n'avez pas de sanction, le remboursement ne suffira jamais. Soit vous ne pouvez pas le couvrir, soit vous pouvez le couvrir et vous en foutez royalement. La vérité, c'est que c'est comme une place de stationnement. Si vous pouvez payer l'amende, vous garez n'importe où parce que vous payez l'amende. C'est exactement pareil. La sanction, si on ne remet pas de l'ordre, on n'y arrivera pas. Ce n'est pas normal que sur les Champs-Elysées... ... à 15h, on s'est obligés de fermer tous les commerces parce qu'on sait que ça va être cassé. Et quand Mme Catala... Mais nous ne sommes pas d'accord. Quand Mme Catala nous dit que le soir, à peine le coup de sifflet final sifflait, elle espère que la fête ne sera pas gâchée par la police, je vous dis simplement que je soutiens la police et les gendarmes. C'est exactement votre tweet.
J'ai dit que cette année, à la différence de l'année dernière, nous avons été moqués et critiqués par le monde entier. la fête ne devait pas donner lieu à des débordements de maintien en ordre, à un échec pour réprimer les jeunes des quartiers populaires. Vous avez dit que le ministère de l'Intérieur
ne viendra pas gâcher la fête. J'espère
que le ministre va se dire correctement et ne pas réprimer les jeunes des quartiers populaires. C'est
un discours de déconnexion totale, puisqu'on parle de la finale du PSG. Je vous rappelle juste que la nuit, la Saint-Sylvestre... combien de véhicules brûlés ? 500, 600, 700 ? Une nouvelle fois, des magasins pillés, etc. Ensuite, il y a le 1er mai, il y a la fête de la musique, il y a le 14 juillet. En fait, systématiquement, il y a des incidents, et ce sont toujours les mêmes qui payent, ce sont les Français. Donc il y a un moment, il faut siffler la fin de la récréation, il faut faire passer un message. Si vous dites aux jeunes, continuez à casser, il n'y a pas de problème, la prochaine fois, ce sera peut-être pire. Et puis, on était à 60 policiers blessés lors de la dernière finale de la Ligue des champions. Aujourd'hui, on est à... 233, ce sont 233 policiers blessés qui vont payer. Une nouvelle fois, ce sont les Français qui vont payer, notamment les blessures engendrées aux policiers. Je le disais,
le cadre législatif que réclame Sébastien Lecornu, il existe déjà. Le code pénal, je le disais, prévoit des amendes de 30 000 euros pour une vitrine cassée, 75 000 euros pour des dégradations commises en Réunion et jusqu'à 150 000 euros pour des véhicules incendiés. On entendait les magistrats tout à l'heure dans le reportage. Si la justice n'applique pas ce cadre législatif, c'est aussi parce que les juges sont pragmatiques et qu'ils connaissent la solvabilité des mises en cause. Comment vous faites ? Vous allez dire au juge, si, vous le faites payer, mais vous n'aurez pas l'argent.
On ira ponctionner dans les aides sociales. Le code civil... Si tant est qu'il
y en ait
Mais... Attendez. Vous inquiétez pas, quand on veut aller chercher l'argent chez les gens qui bossent, quand ils se font verbaliser un feu rouge, quand ils ne payent pas une amende au radar, on sait aller chercher l'argent. Il propose
de prendre une partie des aides sociales...
Mais oui, mais si, ça doit durer... Mais
temporairement, pendant un an, que ce soit pas une condamnation non plus à 20 ans de payer les conneries qu'on fait quand on a 20 ans. Mais
il faut faire passer un message. Si vous dites aux casseurs, écoutez... vous aurez deux mois de prison avec sursis, vous aurez peut-être des travaux d'intérêt général, et puis la prochaine fois, peut-être que vous aurez une nouvelle fois de la prison avec sursis. Bon, là, vous savez, les Français en ont ras-le-bol. J'ai été policier 22 ans, j'ai été en compagnie républicaine de sécurité, donc là, c'est pas du maintien de l'ordre, ça, c'est des violences urbaines. Et quand vous voyez les gens qui sont totalement exaspérés, des vitrines cassées, des véhicules incendiés, mais qui payent ? Et les Français disent, mais moi, j'ai déjà du mal à finir les fins de mois. Sur le dernier budget, le gouvernement avait proposé de taxer, vous savez, de 5% les contrats d'assurance pour financer les dégâts des violences urbaines. Et les Français disent, j'ai déjà du mal à finir les fins de mois et à payer ma cotisation d'assurance. Donc il y a un moment, il faut responsabiliser les casseurs. C'est-à-dire que même si vous devez payer pendant 30 ans, 40 ans, 50 ans, vous paierez pendant 30 ans, 40 ans, 50 ans. Il y a un moment, il faut faire passer un message. Il faut que cela cesse. Nous sommes moqués dans le monde entier. Parce que là, c'est la finale du Paris Saint-Germain. Mais pour les violences urbaines... Lors du 1er janvier, c'est festif, mais 600, 700, 800 véhicules brûlés. Et puis on en parle aux Etats-Unis, on en parle au Japon, et on se dit qu'est-ce qui se passe en France ? C'est toujours la même chose. Et malheureusement, l'effet solitaire. Le
discours que tient le monsieur du RN, c'est le sous-entendu sur la justice laxiste, c'est-à-dire les personnes ne payent, etc. La justice est déjà très répressive en France. Là, vous avez parlé en introduction de coûts de 120 000 euros. Peanuts, c'est rien à l'échelle d'un budget de l'Etat, par exemple. Les peines encourues pour des dégradations de biens sont déjà extrêmement sévères. Et donc, il n'y a pas besoin... de surenchérir, d'en rajouter. Aujourd'hui, le droit s'applique. Lorsque les personnes sont insolvables, elles n'ont pas d'amende à payer et pas de dommages d'intérêt à payer. Nous sommes dans une situation de surpopulation carcérale record avec plus de 85 000 prisonniers. Dans ma circonscription, il y a une maison d'arrêt où il y a 200 % de taux d'occupation. Il faut arrêter de prendre la peine d'emprisonnement comme référence et d'appeler à plus de fermeté. Ce qui résout la violence, c'est l'éducation et la prévention.
qui va arriver à l'Assemblée nationale, est-ce qu'il faut ajouter, ce qu'avait l'air de suggérer Sébastien Lecornu hier, est-ce qu'il faut ajouter le cadre législatif pour faire payer les casseurs dans ce texte riposte ? Je
pense que, d'abord, on peut toujours améliorer le cadre législatif, mais finalement, ce que vous avez dit il y a quelques instants, où les magistrats se disent que de toute manière, ils ne peuvent pas payer, ils ne seront pas condamnés, c'est déjà une application. à minima ou dégradé d'une peine prévue par la loi. Commençons juste par appliquer la loi. Faisons respecter la loi dans le pays. Avant d'en créer une autre, la loi Riposte, il y aura plein de choses dedans, ce serait une grande loi, je l'espère, mais faisons juste appliquer la loi. Je ne sais pas si c'est la Nouvelle-France qui a avancé sur les Champs-Elysées, mais je pense que c'est la France qui recule. On recule. Donc faisons appliquer la loi. Faisons appliquer la loi avec une grande sévérité, avec des peines planchées, et les récidivistes doivent être encore plus sévèrement sanctionnés que la première fois. Merci à
tous les trois. C'est terminé. C'est Bourbon Express. C'est Marco Pommier, le journal de l'Assemblée nationale. Bonsoir. Dans Bourbon Express ce soir, d'abord l'adoption de la proposition de loi écologiste pour limiter l'exposition au cadmium.
Un métal lourd toxique que l'on retrouve dans notre alimentation quotidienne, le pain, les pommes de terre, les pâtes, les céréales du petit déjeuner, mais aussi dans le tabac, le cadmium suspecté en cas d'exposition prolongée d'être à l'origine d'accidents cardiovasculaires, d'infertilité et même peut-être du cancer du pancréas. Une bombe sanitaire, selon les mots de Benoît. le député écologiste à l'origine du texte.
canium ne sert à rien dans notre métabolisme. Le canium ne sert à rien dans la production agricole. Il n'est qu'un poison violent, un large poison qui menace la santé de nos concitoyens.
Benoît Biteau proposait donc une trajectoire pour réduire les taux autorisés de calmium dans les engrais phosphatés utilisés dans l'agriculture. Objectif passé de 90 à 20 mg par kilo maximum d'ici 2030. Le gouvernement qui prévoit lui aussi de réduire ses seuils par décret dans les prochains jours, défendait un calendrier moins ambitieux, 20 mg par kilo, mais d'ici 2038. Finalement, c'est bien la trajectoire proposée par les écologistes qui a été retenue et non celle du gouvernement. Le texte de Benoît Biteau a donc été adopté hier soir avec les voix de la gauche et du bloc central. Le RN a voté contre. Une première étape, le texte doit maintenant être examiné. au Sénat.
Un autre texte sensible, Marco, celui qui vise à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentats avec un accord trouvé entre députés et sénateurs.
Oui, les deux chambres sont tombées d'accord ce matin en commission mixte paritaire. Une CMP conclusive sur ce texte porté par le député du Bloc central, Charles Rodouel. Pour rappel, l'une des mesures phares, c'est l'allongement jusqu'à 210 jours contre 90 aujourd'hui de la rétention administrative d'étrangers jugés dangereux. faisant l'objet d'une OQTF, une obligation de quitter le territoire. Cet accord entre les deux chambres doit encore être validé. Vote au Sénat le 15 juin et le lendemain à l'Assemblée le 16.
Et pendant ce temps, devant la Commission des affaires économiques, une proposition de loi qui oppose les communistes au reste de la gauche. C'est assez rare pour être souligné.
Oui, un texte pour lever l'interdiction de recherche, d'exploitation et d'exploration des hydrocarbures dans les territoires d'outre-mer. Déjà adoptée au Sénat, la proposition de loi est défendue à l'Assemblée. par le député communiste de Guyane, Jean-Victor Castor. Pour lui, il est urgent de permettre à ce territoire d'explorer son sous-sol.
fait, vous ne comprenez pas ce qui se passe chez nous, en fait. On a fait de la Guyane un territoire d'interdit, où on ne peut pas faire de route, on ne peut pas faire de pont, on ne peut rien faire, en fait. Nous ne sommes pas des climato-sceptiques, mais il y a une réalité, c'est que sur le plateau de Guyane, il se passe quelque chose, une situation qui est intenable. Et à un moment donné, en tant que responsable politique, on doit tenir compte de ces réalités-là. On doit être intelligent, y compris dans la programmation de la transition écologique.
discours qui n'a pas convaincu les insoumis et les écologistes qui ont déposé des amendements de suppression.
faut sortir de la consommation des hydrocarbures et donc dire qu'il faut en sortir, ça veut dire qu'il ne faut pas en faire de nouvelles.
Aucun nouveau projet d'exploration ou d'exploitation d'hydrocarbures n'est compatible avec la limitation du réchauffement climatique à 1,5 degré, d'où l'objet de cet amendement.
amendements de suppression adoptés. Le texte a donc été rejeté en commission avec les voix des insoumis, des écologistes, des socialistes, des macronistes et des démocrates. Pour autant, ce n'est pas la fin de l'histoire. La proposition de loi sera examinée la semaine prochaine dans l'hémicycle dans le cadre de la journée d'initiative parlementaire des communistes. La niche communiste.
On termine, Marco, avec le plastique qui n'est plus le bienvenu dans les cantines scolaires.
Cette interdiction est censée s'appliquer depuis le 1er janvier 2025, mais un décret du gouvernement... Le gouvernement précisant les contenants plastiques interdits avaient été en partie retoqués par le Conseil d'Etat il y a un mois. Aujourd'hui, l'Assemblée a donc adopté sans les voix du RN un texte pour sécuriser juridiquement cette interdiction. Plus d'assiettes, de gobelets ou de couverts en plastique dans les cantines qui accueillent un jeune public. Et pour clôturer ces débats, on retiendra ce jeu de mots du président de séance.
plastique, ce n'est donc plus fantastique et je suspends pour 5 minutes.
Voilà, Lynn, le plastique, ce n'est plus fantastique, mais j'espère que ma chronique, elle, l'était.
Je pense que Sébastien Chenu, il écoutait trop Elmer Footbeat quand il était jeune. Merci, Marco, merci à tous les trois d'être venus ce soir sur le plateau de Chaque Voix Compte. Merci, Mariette et Olivier, à demain. L'émission est rediffusée tout à l'heure à 23h30, mais vous la retrouvez à chaque instant sur lcp.fr et en replay sur les plateformes. À demain pour 19h30 pour notre émission en public. Chaque Voix Compte, bonne soirée sur la 8.
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