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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Dominique Regnier, Ludovic Wigan, ce matin, Emmanuel Macron a présidé pour la dernière fois les cérémonies du 8 mai, en tout cas seul. Dans un an, il devrait être accompagné de son successeur. Ludovic Wigan, vous avez signé cette semaine dans la tribune dimanche une longue enquête passionnante sur le roi soleil couchant. Le compte à rebours est enclenché pour Emmanuel Macron dans cette dernière année.
Oui, parce que le 13 mai 2027, ce sera fini. Ce sera la fin de 10 années d'Emmanuel Macron à l'Elysée. Et donc, il y a un compte à rebours qui s'est enclenché, vous le disiez. Le 8 mai était son dernier 8 mai. Il va y avoir un dernier 14 juillet. Il y aura des derniers voeux. Il y aura un dernier déplacement aux États-Unis, un dernier déplacement en Chine, un dernier déplacement en Outre-mer. Et donc, on va égrener comme ça une série de derniers. Et ce sera l'occasion pour Emmanuel Macron de présenter son bilan, d'envoyer des messages aux Français et d'essayer de donner un sens à ces dix années, mais aussi
d'écrire la suite. Demi le craigné, Emmanuel Macron est dans une situation inédite dans la Ve République. Il ne peut pas se représenter pour un nouveau mandat. l'année prochaine c'est la règle cela change forcément l'ambiance des 12 derniers mois on parle aujourd'hui d'ambiance crépus killer
ça va être le cas en tout cas c'est la nouvelle règle depuis 2008 vous avez raison Mohamed et c'est une règle qui fait que pour Emmanuel Macron il est clair depuis 2022 sa réélection qu'il ne pourra pas se présenter en 2027. Et c'est le premier président à se trouver dans cette situation. Il ne pourra pas se présenter. Au fond, ce sont les institutions qui l'en empêchent. Il pourrait par son âge, par son énergie, et je pense aussi par sa volonté, j'imagine, mais ça ne sera pas possible. Et c'est sans doute un exercice très difficile pour lui, évidemment, mais d'autant plus que le pays est dans un état lui-même de grande inquiétude et d'angoisse. C'est un peu... Je dirais la généralisation de l'impression crépusculaire. Il n'y a pas que le président parce que c'est la fin et qu'on va égriner des moments où c'est la dernière fois qu'on le voit dans tel rôle, lui-même en particulier. Mais il y a aussi le fait que le paysage politique est dynamité. Il n'y a pas de majorité. On ne sait pas comment on va gouverner jusqu'en 2027. La situation se dégrade beaucoup en raison de la situation géopolitique. On a de vraies angoisses de ce point de vue-là, des craintes importantes sur le plan économique en raison du conflit au Proche et Moyen-Orient. Nous avons une croissance qui est nulle, nous avons des prix qui vont augmenter, le chômage va augmenter. Ce ne sont pas des prophéties que je fais là, mais malheureusement ce sont des conséquences logiques qui vont se produire. Et donc la marche vers la présidentielle, ce sera à la fois une situation économique plus compliquée, une France qui va de plus en plus penser... au futur président et de moins en moins à l'actuel président. On parlera de lui, mais comme quelqu'un qui s'en va. Un international aussi, on le recevra. On le recevra pour l'OTAN en Turquie. On le recevra aux États-Unis en décembre 2026. Mais on le recevra comme quelqu'un qui s'en va.
Mais son agenda, vous parlez à l'instant des rendez-vous qui vont arriver pour Emmanuel Macron. Demain, Emmanuel Macron sera en Égypte dimanche. Il sera au Kenya, Ludovic Vigon. La guerre au Moyen-Orient n'est pas du tout réglée. La situation internationale, ça lui permet d'éviter l'effacement. Oui, c'est ce qui lui
permet de rester au premier plan. D'ailleurs, Emmanuel Macron a tout de suite compris, quand Donald Trump a été réélu à la Maison-Blanche, à l'automne 2024, que c'était ce qui allait être le moyen pour lui de rester au premier plan, d'avoir encore un peu d'oxygène. Il a tout de suite compris que le retour de Donald Trump allait générer beaucoup de crises. Et donc, on le voit là. Il est très présent. Il a ensuite su, à un certain moment, prononcer des discours qui ont marqué. Il se souvient de celui de Davos où il dénonce la loi du plus fort. Et il va avoir encore, dans les mois qui viennent, des moments où il va pouvoir jouer l'hôte de la planète, l'hôte des maîtres du monde. Il y aura le G7 à Evian mi-juin. Il y aura un 14 juillet où il veut inviter l'ensemble des leaders européens et Volodymyr Zelensky. Le plus gros 14 juillet qu'on ait jamais connu ? Ça, je ne sais pas parce qu'à l'Elysée... On nous dit que quand même, il y aura beaucoup de forces militaires qui sont engagées sur des fronts extérieurs et que donc, forcément, il y aura des troupes qui ne seront pas là. Ce qui
va être intéressant, c'est le 4 juillet, vous avez Trump qui fait les 250 ans d'indépendance américaine, le 14 juillet derrière. Emmanuel Macron voudra répondre à Trump en disant que c'est un peu l'independence year française. Tout à fait. Ce
sera très symbolique. Et puis, il veut vraiment se montrer en chef de la nation, en chef des armées et en leader d'une troisième voie face aux États
-Unis et face à la Chine. Mais il a une ambition, Emmanuel Macron. La loi sur la fin de vie, l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans et la mise en route du service militaire volontaire en France, ce sont les trois dossiers de société qui lui permettent aussi de garder le cap sur la... scène nationale, Dominique Reynier. Il a décidé, en tout cas, il montre qu'il veut réformer jusqu'au bout.
Pour le moment, il n'y a pas eu beaucoup de réformes parce qu'il n'y a pas de majorité. Ça, c'est l'échec de la dissolution. Et ça le contraint quand même à se débattre dans un environnement politique très hostile. Il y a aussi quand même le problème très prégnant. C'est parce qu'il n'y a pas de majorité d'ailleurs en France qu'il veut se concentrer sur l'étranger, selon vous ? Oui, mais il se trouve que pour finir son mandat, c'est sans doute une des raisons, Mohamed, vous avez raison, mais pour finir son mandat, il a quand même besoin, et ce sera difficile, c'est ainsi, la situation étant celle que nous connaissons, d'acter la réalisation d'un programme ou d'une partie de son programme de 2022. Voilà, il y a, vous l'avez dit, la question de la fin de vie. Je ne sais pas si c'est là-dessus qu'on termine en beauté un mandat. Mais en tout cas, sur les retraites, il a dû finalement... abandonné. C'était peut-être une de ses grandes réussites. Et la crainte, je pense, pour lui, c'est de savoir à qui il va passer le pouvoir. Il a été élu deux fois au second tour face à Marine Le Pen en disant... Il n'est pas parvenu, je pense que c'est très difficile, il n'est pas parvenu à réduire la pression et la menace populistes. La situation qui va sortir des élections de 2027 sera, à mon avis, le vrai coup près sur ce que l'on va retenir dans son mandat, non pas qu'il se réduira. à sa succession. Mais le moment de sa succession va véritablement sonner comme un coup terrible sur le bilan de 10 années de présidence. Puisqu'au fond, après avoir été confronté deux fois à une candidature populiste, il faut quand même espérer qu'en 2027, ce sera une élection, si je puis dire, ordinaire, sinon normale, qui permettra de dire, au fond, ça, au moins, j'y ai mis fin.
Justement, plus on va s'approcher de la présidentielle, plus Emmanuel Macron risque de devoir s'impliquer à un moment ou un autre. Et pourtant, il le répète. Elle a redit à plusieurs reprises, il veut être le président de tous les Français jusqu'à la dernière minute. Ça veut dire quoi ? Qu'il ne va soutenir personne ? C'est
difficile de répondre un an avant à cette question. Dans un premier temps, il veut se tenir assez loin de l'élection présidentielle qui vient. D'abord pour se concentrer sur ce qu'il a encore à faire, pour dessiner son propre avenir. Et puis aussi parce qu'aujourd'hui, dans le casting, personne ne lui convient. Ça s'est un peu réchauffé avec Edouard Philippe, mais ce n'est pas son candidat de cœur. Avec Gabriel Attal, c'est glacial. On l'a dit tout à l'heure avec Bruno Rotaillot, les relations sont exécrables. Le président, c'est un secret de Paul Lichinelle. aimerait que jean castec soit le candidat mais personne n'y croit vraiment jean castec ne montre pas vraiment de volonté dans ce sens et donc pour l'instant le président laisse chacun se développer mener campagne et puis il verra bien en février en mars prochain s'il prend position en tout cas il aura sans doute un discours à un moment donné contre les extrêmes ce sera difficile pour lui de faire autrement il
sera obligé de soutenir quelqu'un quand même un moment ou un autre
c'est une très bonne question il sera obligé de soutenir quelqu'un En se demandant si le fait de le soutenir ne sera pas au désavantage de la personne qu'il va désigner. Parce qu'il y a vraiment un risque que ce soit utilisé comme cela. Et ce qui est frappant, c'est ce que disait Ludovic à l'instant, c'est qu'il se retrouve sans héritier. Et la question qu'il veut se poser, et ça aura des effets à mon avis sur son comportement pendant les 11 mois qui viennent, est-ce qu'il n'a pas d'héritier parce qu'il considère que ce n'est pas fini ? Et auquel cas, s'il considère que ce n'est pas fini pour lui, puisqu'il peut revenir en 2032... Il n'a pas
intérêt à ce que ce soit son compte. Il n'a pas intérêt...
En tout cas, il n'a pas intérêt à dire qu'il est un héritier, mais il doit faire très attention à la manière dont la fin va se passer. C'est une voie étroite pour lui. Dans un monde, ça a été commenté suffisamment sur votre plateau et sur d'autres chaînes, dans un monde très dangereux, on peut même considérer que c'est une troisième guerre mondiale qui est en cours d'une façon assez atypique. Donc dans ce moment-là, avec une France qui est en difficulté, sociale et économique, le paysage est extrêmement sombre et il faudra qu'il trouve la bonne mesure pour... peser sans influencer extrêmement le débat. –
Dominique Ragnier, vous parlez d'héritage dans votre enquête dimanche dernier. Ludovic Wiggen, vous parlez d'une envie, en tout cas de deux camps scindalisés sur un livre, un livre pour tracer un chemin et surtout tracer et dresser un bilan déjà. – Oui, enfin il y a
une réflexion autour du chef de l'État qui est la suivante. Est-ce qu'il ne faut pas écrire, on appelle ça un manifeste du macronisme avant le départ du chef de l'État ? que celui ci remet un peu en perspective son action avant l'élection alors c'est un projet qui a déjà fleuri plusieurs fois ces dernières années à l'elysée emmanuel macron a plusieurs fois émis l'hypothèse de sortir un tel livre il ya au moment du départ de françois bayrou de l'elysée à l 'hiver enfin l'arrivée de bayrou à l'elysée à l'hiver 24 il avait déjà cette idée là on verra Ce n'est pas une évidence, ça serait aussi pour lui un moyen de peser un peu dans la campagne, de faire en sorte qu'à un moment donné où les lumières vont s'éteindre... Et de contrôler le récit. De contrôler le récit, c'est ce que certains d'ailleurs lui conseillent, de dire que s'il lui-même n'écrit pas son histoire, d'autres le feront et le feront peut-être dans un sens qui ne lui plaira pas. D
'ailleurs le 6 juillet dernier, Emmanuel Macron s'est invité par surprise au 10e anniversaire des jeunes avec Macron. Dans un premier temps, il leur demande leur soutien jusqu'à la fin. de son mandat mais il faut bien écouter la fin de sa phrase
je suis là pour vous dire j'ai encore besoin de vous et je compte sur vous pour les deux ans qui viennent chaque jour pour dans deux ans mais j'ai aussi besoin de vous pour dans deux ans pour dans cinq ans pour dans 10
'ai besoin de vous pour dans 5 ans, pour dans 10 ans. Est-ce que c'est une manière de laisser la porte ouverte pour 2032 où il aurait le droit de se représenter ? Il aurait
le droit de se représenter. C'est une manière de le faire. Vous avez tout à fait raison. Il n'y a pas un président en état physique de poursuivre. qui n'est pas souhaité ardemment poursuivre ou revenir. Jusqu'à présent, aucun n'y est parvenu. Edouard Philippe faisait remarquer de manière assez malicieuse que, comme personne ne l'avait jamais fait, c'était aussi probablement une raison pour laquelle Emmanuel Macron pouvait le souhaiter. Je voulais revenir sur ce que disait Ludovic Wiggen sur le bouquin. Il y a deux écueils à éviter sur cette histoire de livre pour Emmanuel Macron, sans doute. Premièrement, que ça fasse testament. Et deuxièmement, qu'en exposant une espèce de bilan, il embarque des candidats à la présidentielle sur la justification de ce bilan. Le Premier ministre Edouard Philippe, d'autres qui ont été membres du gouvernement s'il y a d'autres candidats de ce côté-là. et donc qui viennent parasiter en quelque sorte la campagne, en obligeant à faire une espèce de débat sur la présidence Macron. Ce ne serait pas nécessairement à l'avantage d'autres candidats, et peut-être que ça tournerait mal aussi pour le président sortant.
En un mot pour conclure, Ludovic Wittgen, c'est bien de terminer avec des chiffres, c'est toujours mieux parfois que des paroles. La cote de popularité d'Emmanuel Macron à un an de la fin de son mandat est d'environ 21-22%, à la même époque celle de Nicolas Sarkozy était d'environ 30%, et celle de François Hollande de 14%. Je rappelle que François Hollande et Nicolas Sarkozy n'ont fait qu'un mandat. Il est dans la moyenne. emmanuel macron oui
il est dans une moyenne femme et dans une moyenne il s'est refait un petit peu après la dissolution qui aurait pu être mortel pour lui et qui aurait pu vraiment menacer toute son autorité politique là il a repris un peu d'oxygène on l'a dit grâce à l'international et aussi parce que il a désormais à matignon un premier ministre sébastien lecornu avec qui ça se passe bien avec qui le partage des rôles est très clair c'est pas un premier ministre qui lui prend toute la lumière comme gabriel attal c'est pas un premier ministre qui lui prend les manettes des mains comme michel barnier c'est pas un ministre qui le fait plonger dans l'impopularité contre comme François Bayrou et donc ça lui va plutôt bien il a trouvé son créneau et s'il ne prend pas d'initiative politique intempestive il peut encore grappiller un peu de points jusqu'au 13 mai 2027 pour conclure. On a toujours
pas la date d'ailleurs pardon. On a deux scénarios
de week-end c'est ça. Merci à vous Dominique Régnier vous êtes politologue directeur général de la fondation pour l'innovation politique je rappelle cet essai publié sous votre direction le 5 mars dernier accompagné ou provoqué la main. Les enjeux d'une légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté, c'est aux éditions de l'Observatoire. Ludovic Vigogne, on prend énormément de plaisir à vous lire chaque dimanche dans la tribune. Dimanche, vous restez avec nous pour commenter le reste de l'actualité.
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