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"À ma place, c'est avec le RN que vous iriez bâtir des compromis ou avec la gauche républicaine ?"
15 avril 2026
parole est maintenant au président Mathieu Darnot pour le groupe Les Républicains.
le Premier ministre, ma question est simple, directe. Quand allez-vous rompre avec l'atonie, l'attentisme, voire les renoncements qui paralysent la vie parlementaire et les travaux parlementaires ? Quelques exemples. La loi trace que vous aviez indiqué vouloir inscrire au mois de février et qui conditionne quelque part le développement de nos territoires. Le texte choc de Dominique Estrosi dans un temps où le logement connaît des problèmes majeurs. Ou encore la location de solidarité unique, importante, sur laquelle vous étiez là encore engagé. Et plus près de nous, cela vient d'être évoqué, la proposition de loi sur le travail des artisans le 1er mai. J'aurais pu citer, parce que je sais quelle peut être votre ligne de défense, s'agissant notamment de l'absence de faits majoritaires à l'Assemblée nationale, des textes qui auraient pu nous réunir, comme celui sur la décentralisation. Or, de tout cela, il n'est rien aujourd'hui. Et nous nous lamentons, nous attendons, mais plus que les parlementaires que nous sommes, ce sont les Françaises et les Français. J'aurais pu d'ailleurs rajouter le texte sur les énergies dans un moment... où le prix des carburants s'envole. Alors, à ma question, j'ajoute une autre question. Allez-vous enfin inscrire ces textes dans nos deux chambres, ou doit-on attendre, avec la plus grande désolation, que 2027 et l'élection présidentielle ne nous permettent enfin d'agir
Merci beaucoup, monsieur le président du Sénat. Vous ne m'aviez pas donné le thème de votre question avant. Ça va me permettre d'être le plus spontané, comme nous sommes entre nous, dans ma réponse. Déjà, je n'ai pas le sentiment que l'agenda parlementaire ne soit pas rempli. J'ai même d'un côté... Ah ben, on va y aller alors. PPL hydroélectricité, restitution des biens culturels uniquement pour cette semaine. Justice criminelle votée hier, si mes informations sont exactes, par cette haute assemblée. On en entend beaucoup parler depuis longtemps. Hier, je crois qu'une CMP sur le projet de loi de simplification qui a démarré sous Gabriel Attal, Premier ministre, Michel Barnier, Premier ministre, François Bayrou, Premier ministre, a été inscrit hier à l'Assemblée nationale. Je vais y revenir dans un instant, ça me semble intéressant. Actuellement même, vous avez une proposition de loi sur des engagements que le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau connaît bien sur la PPL dite Rodouel, qui me semble utile, je le crois, pour le pays sur lequel je sais que le Sénat, évidemment, va s'en saisir rapidement. Assurance chômage. Réforme retirée au moment de la dissolution, réintroduite au dialogue social, votée par le Sénat, inscrite cette semaine à l'Assemblée nationale. Je ne veux pas épuiser le temps, mais je peux aussi peut-être décliner pour l'ensemble des parlementaires l'ensemble de l'agenda tel qu'il a été bâti jusqu'au mois de juillet. Évidemment, le gouvernement est disponible s'il faut siéger davantage le vendredi, s'il faut faire une session extraordinaire au mois de juillet. Tout cela, nous le ferons. Donc, pour être complètement direct. On est entre nous. Donc puisqu'on est complètement direct, il y a même un trop plein de textes. Et donc le sujet n'est pas tellement ce que le gouvernement met sur la table, sans oublier les nombreuses propositions de loi, je vais y revenir dans un instant, qui existent et comme je le disais au président Marseille, qui parfois n'ont pas toujours été suffisamment bien bordées et peuvent créer quelques déraillements. La deuxième des choses, ce n'est pas une ligne de défense qui n'est pas de majorité à l'Assemblée nationale. C'est un état de fait. Et puis on pourrait dire que c'est votre problème ou que ce n'est pas le problème du Sénat, c'est notre pays. Comme on parle du même pays, ce qui se passe à l'Assemblée devient votre problème et mon problème et le problème de tous les Français qui assistent, il est vrai, à un spectacle assez désolant, je le redis, d'une obstruction violente de la France insoumise sur laquelle je m'étonne qu'elle ne soit pas davantage dénoncée par les uns et les autres et sur laquelle nous commençons à nous acclimater au fond que c'est normal que la France insoumise soit en train de mettre en panne l'Assemblée nationale. Ce n'est pas la faute du gouvernement qui, me semble-t-il, a des orientations un peu plus claires vis-à-vis de ce groupe. La France insoumise. Si j'allais plus loin, vous voyez que cette assemblée est divisée, y compris au sein des groupes. Alsace, la semaine dernière, vous avez vu le compte-rendu analytique. Hier, la CMP sur la simplification. La plupart de nos groupes, président d'Arnaud, sont divisés. Et parfois, l'alignement bicaméral entre les groupes n'est pas toujours au rendez-vous. Ce n'est pas une critique, c'est un constat. Alors ensuite, si je vais encore plus loin... Parce qu'il y a un éléphant qui est dans la pièce. Et je vois bien la communication qui peut venir, y compris, je le dis sans esprit polémique. On me reproche beaucoup de travailler avec la gauche républicaine. Alors je suis de droite, vous le savez. Si, si, j'ai été adhérent des Républicains et vous m'avez exclu en 2017. Et il est vrai qu'il y a une réalité arithmétique, cette Assemblée Nationale. Monsieur le ministre, mon cher Bruno. Cette Assemblée nationale, c'est les Français qui l'ont choisi, on est des démocrates. On peut penser ce qu'on veut de la dissolution, mais je suis déjà exprimé sur le sujet. L'Assemblée, elle est là. Bon, vous êtes au banc des ministres. Au fond, vous avez deux solutions possibles quand vous êtes quelqu'un de la droite républicaine. Soit vous regardez la gauche républicaine et vous essayez, ce sont des opposants, mais vous essayez d'avoir des compromis. Soit vous vous retournez vers l'Assemblée nationale et vous essayez de bâtir un compromis avec le RN. Moi j'ai choisi, j'ai choisi et j'assume de choisir. Donc le gouvernement il avance, il essaie de bâtir des compromis et vous savez quoi ? Monsieur Retailleau, monsieur Darnot, messieurs, je vous le dis avec beaucoup de gravité, je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle. Donc n'ayez pas de problème avec ce gouvernement. On va faire tout ce qu'on peut pour faire avancer le pays pendant un an. Et bien justement, président Retailleau, monsieur le ministre d'Etat, monsieur le président Darnot, si vous étiez à ma place, c'est avec le Rassemblement National que vous iriez bâtir des compromis ou avec la gauche républicaine ? C'est aussi simple que ça et c'est le moment de la grande clarification.
Darnot. Monsieur le Premier ministre, nous sommes les premiers à dénoncer les outrances de la France insoumise. Je le redis aujourd'hui. En revanche, ce que nous vous reprochons, c'est de ne pas honorer votre parole. Tous les textes que j'ai évoqués, vous aviez pris l'engagement de les inscrire au Parlement. Venez pas nous dire aujourd'hui, monsieur le Premier ministre, qu'un thème comme la décentralisation ne peut pas réunir des parlementaires de droite et de gauche. Or, vous avez failli... Vous avez failli, et pardon de le dire à trop attendre, celui qui se nourrit d'attentes risque de mourir de faim. Je vous remercie.
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