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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
C'est l'heure du débat politique du jour. On va parler du travail le 1er mai puisque le gouvernement de Sébastien Lecornu a décidé d'interrompre le débat parlementaire sur une proposition de loi qui autorisait des commerces de proximité à faire travailler leurs salariés le jour de la fête du travail, le 1er mai. Une réforme très polémique. Écoutez les explications de Clément Guillaume.
ne sera pas pour cette année. Face à la levée de boucliers des syndicats, Sébastien Lecornu a préféré ne pas convoquer la commission mixte paritaire qui devait permettre le travail le 1er mai pour certaines filières.
Ce n'est pas un syndicat qui a pris la plume dimanche en voyant que nous allions tout droit vers une commission mixte paritaire qui allait rouvrir des filières entières dont des boulangeries industrielles, des FNAC, un renvoi par décret sans le moindre débat.
A gauche, la décision du Premier ministre était attendue et a été largement applaudie depuis hier.
Ils piétinaient le dialogue social puisque jamais les syndicats n'avaient été consultés sur le sujet. Et en plus, ils piétinaient le Parlement puisqu'on était interdit de débattre de cette proposition de loi par les manœuvres de Gabriel Attal. Je salue la sagesse du Premier ministre.
la droite, en revanche, largement en faveur du texte, la colère est grande face à ce recul gouvernemental.
Il y a une France qui veut travailler. Il y a une France qui a vraiment l'impression qu'on l'empêche de travailler. Donc aujourd'hui, je pense que... Ce qui se passe va bien au-delà du 1er mai. C'est finalement sans doute un affaiblissement peut-être de la confiance qui pouvait être apportée par certains au Premier ministre.
Un avis partagé par les centristes du Sénat à l'origine de cette proposition de loi. Le président du groupe Union centriste se dit même inquiet pour la fin du quinquennat.
Ça pose un problème au-delà du 1er mai, c'est qu'est-ce que le Parlement va pouvoir faire ? et le gouvernement pendant un an. Si chaque fois qu'il y a quelque chose de désagréable aux yeux de la gauche et des syndicats,
ça va devenir compliqué. Le gouvernement a choisi de laisser le temps au dialogue social. Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, doit recevoir dès ce matin les fédérations des fleuristes et boulangers artisanaux dans l'espoir d'aboutir à une loi dans l'année en vue du 1er mai 2027.
pour débattre de cette réforme polémique autour de l'autorisation du travail le 1er mai, j'accueille Frédéric Puissa, bonjour. Bonjour. Vous êtes sénatrice Les Républicains de l'ISER, j'accueille également Bernard Jaumier, bonjour. Bonjour. Sénateur socialiste de Paris et membre de Place Publique, le parti de Raphaël Glucksmann. Et Stéphane Zumstek, bonjour. Bonjour. Vous êtes directeur du département politique et opinion à l'Institut Ipsos. Frédéric Puissa, je commence par vous. La gauche et les syndicats sont... Vendebou contre ce texte, une proposition de loi qui a été votée il y a un an par la majorité de droite sénatoriale. Ce report finalement de la réforme, c'est une manière de temporiser, de faire retomber la pression politique ?
Oui, c'est quand même assez surprenant. Et du reste, le président Marseille l'a dit, ça interroge quant à la fin du quinquennat et nos capacités finalement à légiférer. Et notamment dans le cadre du droit du travail, sur lequel nous avons quand même des besoins. Je rappelle quand même que tous nos filets sociaux sont assis sur les ressources qui viennent du travail. Moins on travaille, moins on a de ressources. Et puis on a de déficit quand même dans notre pays.
Bernard Jomier, c'est une victoire pour la gauche, ce recul du gouvernement.
C'est une victoire pour un minimum de bon sens. On réalise aujourd'hui qu'il n'y a pas de majorité au Parlement. Ce n'est pas une situation nouvelle. Le 1er mai, c'est un symbole, au-delà de tout. C'est un symbole politique, ancien, dont on pense ce qu'on veut, mais on ne détruit pas un symbole par une manœuvre parlementaire. Ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale, où les auteurs déposent une motion pour dire qu'il ne faut pas débattre du texte... On peut l'expliquer, mais c'est une manœuvre. Il y avait un risque d'obstruction de
la gauche en face.
Il y avait un risque de discussion. Au Parlement, on débat pour commencer. Et effectivement, la gauche n'aurait pas voulu, ne veut pas qu'on touche comme ça au 1er mai. Ça ne veut pas dire que la porte est totalement fermée. Mais je pense que la solution qui est de dire qu'il faut qu'il y ait maintenant un dialogue social avec les organisations syndicales, et on verra. Si on peut modifier les règles du 1er mai, ça, c'est la bonne solution.
Alors certes, l'Assemblée nationale avait rejeté sans examen cette prohibition de loi, mais pourquoi ne pas permettre une commission mixte paritaire, la négociation entre des députés et des sénateurs sur ce texte, et puis après, voter les conclusions ?
Parce que la démocratie, c'est d'abord un débat dans le pays. C'est pas de dire, par exemple, on en parlera peut-être, il y a un sondage qui dit que tant de pourcents des Français veulent toucher au 1er mai. Je rappelle juste qu'avant qu'il y ait eu débat, il y avait 61% des Lyonnais qui pensaient que M. Hollaz devait être maire de Lyon. Et après le débat, après l'échange d'arguments, il a été battu. Donc il faut qu'il y ait un débat. On en a discuté entre nous l'an dernier dans l'hémission. Mais entre nous, certes, on est parlementaires, on représente, nous, les territoires et l'Assemblée nationale, le peuple, mais ça n'est pas un débat dans le pays. Et l'Assemblée nationale, qui représente le peuple dans notre Constitution, n'a pas pu en débattre.
Stéphane Zumstek, selon vous, politiquement, pourquoi Sébastien Lecornu a renoncé à cette réforme ? Ce symbole du 1er mai était trop fort
Je pense qu'il y avait effectivement cette surprise d'abord. Surprise pour Gabriel Attal comme pour le gouvernement de voir un front uni-syndical se dresser immédiatement. Il y a la gauche évidemment aussi au Parlement. Mais la réaction a été immédiate et virulente. Et le Premier ministre, à mon avis, a fait un choix, a fait un arbitrage entre soit assumer le risque d'ouvrir un nouveau front social dans un climat délétère. Je ne reviens pas sur la hausse des carburants et tout ce que cela a pu provoquer il y a quelques années avec les Gilets jaunes. Ou alors laisser passer un texte qui n'était pas le sien, qui était celui de Gabriel Attal. De mon point de vue, il n'y a pas de gagnant à gauche. La gauche et les syndicats se sont manifestés. se sont mobilisés immédiatement, mais quelque part le texte a été retiré tout de suite par le Premier ministre. Donc il n'y a pas véritablement de victoire. Il y a une manifestation de force, ça c'est sûr. Après, la question est de savoir qui sont les perdants. J'entends dans les médias beaucoup dire que c'est Sébastien Lecornu qui a reculé. Est-ce une défaite pour Sébastien Lecornu ou pour Gabriel Attal ? Je pense que la principale victime de cette petite séquence de quelques jours, c'est à mon avis Gabriel Attal qui... Nous sommes au mois d'avril 2026, c'est un mois capital pour lui. C'était l'une des différentes étapes qui étaient censées servir de base, de rentre de lancement à sa pré-campagne présidentielle d'un premier coup, parce qu'il y a eu une accumulation de maladresse qui n'a pas fonctionné. Accumulation de maladresse, déjà sur le choix du 1er mai, ce n'est pas un sujet qui captivait les Français jusque-là. Personne ne se posait la question d'élargir ou pas, donc le choix déjà... prête à discussion. Et surtout, après, il y a cette impression de passage en force. C'est le terme passage en force. Et c'est ça qui est intéressant. Je ne suis pas le premier à l'utiliser ces derniers jours. Mais on voit bien à quel point le passage en force, ou supposé passage en force, lors de la réforme des retraites, a laissé des traces. La précipitation, le tour de passe-passe législatif. On dépose un texte. on le rejette pour que ça passe directement en commission mixte, ça a rendu l'opération de Gabriel Attal totalement illisible et contestable avant même que, là je parle du point de vue de l'opinion, l'opinion se pense sur ce qu'il y avait dans cette proposition, parce qu'il y avait une sorte d'insincérité, à mon avis, une sorte d'impression d'insincérité sur la... l'opération législative parlementaire de Gabriel Attal. –
Frédéric Puissa, est-ce que vous reconnaissez qu'il y a eu une erreur dans la stratégie politique de Gabriel Attal, du bloc central DLR, qui soutenait cette proposition de loi en portant un texte, mais en le rejetant d'emblée sans même l'examiner à l'Assemblée nationale ? C'est perçu comme un passage en force ?
Alors je ne suis pas là pour défendre Gabriel Attal, mais je rappelle quand même que ce texte est issu des centristes. des collègues centristes du Sénat, puisqu'il était porté par Annick Billon, par le président Marseille, par le président Mathieu D'Arnaud, c'est-à-dire par la majorité du Sénat, et qu'ensuite il est parti à l'Assemblée nationale. Alors c'est vrai que Gabriel Attal l'a repris dans sa niche parlementaire. Après ce qui se passe à l'Assemblée nationale, et Bernard Jomi a raison, nous sommes effectivement sur une Assemblée qui n'a pas de majorité. Nous n'en avons pas plus au Sénat. Je rappelle quand même qu'il n'y a pas de majorité absolue au Sénat. Mais on arrive à composer et à sortir des textes que n'arrive plus à faire l'Assemblée nationale. Donc il y a effectivement des artifices législatifs. Il a été utilisé un artifice sur ce texte de loi. Je rappelle quand même que la gauche et notamment LFI a utilisé d'autres artifices pour rejeter des textes faisant durer le temps sur d'autres textes et du coup ne permettant pas le vote à l'Assemblée nationale d'un certain nombre de textes. On peut le regretter, mais en même temps, on ne peut pas non plus paralyser notre pays parce qu'à un moment donné, le président de la République a décidé de dissoudre l'Assemblée nationale et finalement d'avoir une majorité composite et des groupes d'extrêmes qui, à un moment donné, ne permettent pas qu'on légifère dans de bonnes conditions.
Vous parliez de la France insoumise. qui sont satisfaits, qui fêtent finalement le recul de Sébastien Lecornu sur cette proposition de loi. On va écouter Manuel Bompard qui était sur notre plateau il y a quelques minutes.
La vérité, c'est que M. Attal a essayé de passer en force en faisant une motion de rejet pour empêcher l'Assemblée nationale de débattre de ce sujet. Ils sont mis à dos l'ensemble des organisations syndicales et M. Lecornu a reculé. Et je trouve que c'est une bonne chose qu'il ait reculé. C'est la preuve que la lutte, ça paye et que le rapport de force, ça paye. Et j'espère que ça sera le cas demain, de nouvelles victoires, pas uniquement sur le 1er mai, mais aussi sur les salaires, sur les prix et qu'il faut se mobiliser pour contraindre le gouvernement à bouger.
Bernard Jomier, est-ce que Sébastien Lecornu… a reculé aussi parce qu'il y avait une menace de motion de censure venant de la gauche. Les socialistes étaient prêts à la voter et qu'il a voulu maintenir son gouvernement, peut-être ? On
peut s'en désoler, mais encore une fois, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale et le gouvernement ne survit que parce qu'une gauche responsable... Les socialistes. gauche responsable à accepter qu'il y ait un budget pour notre pays, un budget de la sécurité sociale, sans faire tomber le gouvernement. Et ça, ce n'est pas un blanc-seing donné pour procéder à des réformes d'emploi. Le pays n'est pas paralysé parce qu'il y a un budget, parce que le pays tourne et tournera comme ça jusqu'à la présidentielle. Mais ce n'est pas un licence to kill le 1er mai. Enfin, le 1er mai est un symbole au-delà... de la journée du 1er mai qui date du 19e siècle qui parle fortement à une grande partie de l'opinion publique et si on veut toucher au 1er mai et en termes de travail c'est un jour sur 365 donc ça laisse de la marge de discussion sur les autres jours et bien il faut que chacun expose sa vision et puis quand il y aura des élections que le chef de l'état la prochaine majorité parlementaire dit ce qu'elle veut faire avec cette journée là et les français ils jugeront Mais évidemment, cette précipitation, la manœuvre parlementaire, on connaît tous ça. Ça valait une censure socialiste,
ce texte ?
Ce qui valait censure, c'est le non-respect par le gouvernement et par Sébastien Lecornu d'un engagement à gérer le pays, mais certainement pas... à procéder à des réformes symboliques ou de large portée qui nécessitent une adhésion de l'opinion publique. Il n'en a pas le mandat.
Stéphane Zumstek, parlons du fond de ce débat. Qu'en pensent les Français sur ces autorisations pour certains commerces de travailler le 1er mai
Le premier point, c'est que les Français restent viscéralement attachés. Alors, jour férié en général, rappelez-vous, la proposition de François Bayrou de supprimer deux jours de jour férié, lever de bouclier immédiat, cette fois-ci non pas des syndicats et de la gauche, mais de l'opinion publique de gauche comme de droite, et ça avait en partie scellé son sort dans les jours qui avaient suivi. En revanche, quand on les interroge très précisément, ce sont des confrères qui ont fait ça sur le 1er mai, oui, il n'y a pas d'hostilité à l'extension de la possibilité de travailler. Est-ce pour autant que c'est quelque chose qu'ils attendent, qu'ils réclament ? Moi, je n'en suis pas persuadé parce que peut-être que, et vous avez raison de le souligner, il y a une portée symbolique très particulière pour le 1er mai, mais malgré tout, pour un Français consommateur. Il y a plein de commerces ouverts le 1er mai. Il y en a évidemment encore plus lors des autres jours fériés, mais c'est un peu comme un dimanche, il y a des commerces ouverts. Donc il n'y a pas ce sentiment de la part des Français, finalement, d'une journée où ils ne peuvent rien faire. C'est faux, ça, de le dire. Et c'est aussi, à mon avis, une autre maladresse ou une autre inexactitude de Gabriel Attal, c'est d'avoir dit, on va vous libérer pour le 1er mai, vous aurez accès aux services ou aux commerces. Mais on a accès très clairement aux services, les Français et les Françaises ont accès aux services. Après, oui, quand on leur pose la question, il n'y a pas de... A partir du moment où on leur demande est-ce que vous seriez favorable ou opposé au fait que l'on puisse travailler le dimanche sous réserve d'aide volontaire, sous réserve d'aide payée double. Forcément les gens répondent oui et c'est logique. Maintenant la question est de savoir si derrière ils considèrent que c'est une nécessité. C'est plus ça le souci. Et je ne suis pas persuadé que les Français considèrent aujourd'hui que c'est une nécessité et donc une priorité d'élargir la capacité de travailler. D'où là encore ce que je disais tout à l'heure sur Gabriel Attal qui n'a pas forcément trouvé. le sujet du moment, le sujet qui pouvait apparaître disruptif et suffisamment clivant. Donc oui, il n'y a pas d'hostilité, mais il y a toujours aussi cette réticence des Français. Ils insistent bien sur le volontariat et le pays double. Et le volontariat... Quand vous creusez, vous vous rendez bien compte que ça a été toutes les polémiques sur le travail du dimanche il y a de nombreuses années maintenant. Quand vous êtes dans une grande entreprise, est-ce que vous avez véritablement le choix ? Il peut être un peu forcé
ce volontariat.
Donc oui, il n'y a pas d'hostilité, mais ce n'est pas quelque chose qui est réclamé, qui est attendu par l'opinion publique.
Frédéric Puissa, cette réforme n'est pas vraiment une attente de la part des Français. Mais alors pourquoi la droite est si attachée à toucher à ce symbole du premier mec qui est quand même un acquis des travailleurs ?
Nous ne touchons pas au 1er mai. Il y a trois articles dans le Code du travail qui concernent le 1er mai. Le premier dit que le 1er mai est le seul jour qui est férié et chômé. Le deuxième dit qu'on est payé double quand on travaille le 1er mai. Et le troisième considère qu'il y a des dérogations qui sont déjà possibles. Je rappelle que les employés des EHPAD, des hôpitaux travaillent le 1er mai. Donc il y a déjà des gens qui travaillent le 1er mai. Effectivement, le 1er mai n'est pas un jour où la France s'arrête. Et là, on décide d'étendre ce 1er mai à d'autres catégories de professionnels. Pourquoi ? Je rappelle quand même que tous les... Les Français étaient extrêmement émus quand un boulanger en... en mai 2025, c'est-à-dire qu'il n'y a pas très longtemps, 9 mois en arrière, avait effectivement été convoqué à la gendarmerie avec une pénalité pouvant aller jusqu'à 78 000 euros pour effectivement avoir fait travailler ses salariés un 1er mai. C'est à ça que répond ce texte de loi. Et je rappelle quand même, même si effectivement nous sommes les sénateurs et que nous représentons les territoires, mais à l'époque, le gouvernement qui représente quand même à un moment donné les habitants était favorable. La ministre Catherine Vautrin, qui est toujours dans le gouvernement, avec Sébastien Lecornu, qui était aussi dans le gouvernement en 2025, a jugé... qu'il fallait réformer cet article du Code du travail qui élargissait la possibilité à des professionnels de travailler le 1er mai. Alors moi j'entends bien qu'il y a des gens qui ne veulent pas travailler le 1er mai, mais ceux qui veulent travailler le 1er mai pour être payés double dans un objectif de pouvoir d'achat, avec effectivement, vous avez raison, on a toujours ce sentiment de se dire est-ce que c'est du volontariat, pas du volontariat. Là on a encadré quand même le dispositif, c'était par écrit, en tout cas dans le texte de loi, avec effectivement si le salarié ne travaillait pas, une non-possibilité d'avoir recours à un... un certain nombre de pénalités pour ce salarié, mais en tout état de cause, ceux qui veulent travailler, je ne vois pas pourquoi on leur interdirait de travailler aussi. C'est ça la France, c'est ça la liberté dans notre pays.
– Bernard Jaumier, on est en train d'interdire de travailler à des boulangers, des fleuristes qui veulent un peu augmenter leur chiffre d'affaires le 1er mai.
Il faut regarder ce qu'on peut faire, comment on peut avancer sur cette question. Je pense que c'est ça qui est important à ce stade-là. C'est fini pour cette année et tant mieux. La première centrale syndicale de notre pays, j'en ai entendu les responsables dire qu'ils étaient prêts au dialogue. Ils demandent qu'il y ait une négociation. Ils sont prêts à regarder, branche par branche, s'il faut des aménagements. Et s'il faut des aménagements, on prend l'exemple de la profession de boulanger. Pourquoi ils ne peuvent pas travailler ? Parce que la restauration peut travailler, mais pas la vente alimentaire, les commerces de détail. Or, beaucoup de boulangers, d'ailleurs, font de la restauration. sur place. C'est une profession qui a évolué. Donc s'il doit y avoir des évolutions, qu'il y ait une évolution. Nous, on n'a pas d'objection principielle, mais on demande à ce que, s'agissant d'un symbole pour les salariés et les organisations de travailleurs du pays, il y ait une négociation avec eux. Et prenons le temps, plutôt que de précipiter par cette manœuvre liée à l'agenda présidentiel de M. Attal ou d'un tel ou d'un tel... Prenons justement et prenons l'habitude dans notre pays d'avoir un peu plus une logique de compromis politique. Il y a encore des gens visiblement qui ne l'ont pas compris, que l'ère des décisions qu'on impose à tout le monde de « j'aurai sur une majorité de 60% et je ferai ce que je voudrais », il faut tourner la page, il faut apprendre les compromis politiques. Et cette question du 1er mai est une bonne illustration, parce que pour les uns c'est un symbole fort, d'autres nous disent « on veut pouvoir travailler ce jour-là ». Eh bien, trouvons une solution. Les organisations syndicales ne sont pas butées.
Et en tout cas, le gouvernement, qui n'a pas de majorité à l'Assemblée, est du coup très attaché à cette logique de compromis politique. On va écouter sur ce point Laurent Panifousse, le ministre des Relations avec le Parlement.
regard du blocage à l'Assemblée, au regard de la levée de boucliers, plus que forte, totalement unanime des syndicats, la méthode du gouvernement est simple et elle est la même finalement depuis le début sur ces situations, c'est donner la main aux partenaires sociaux, que les partenaires sociaux nous disent comment ils veulent faire pour régler le problème précis que j'ai évoqué les artisans boulangers, les fleuristes, et ensuite nous transposerons, nous demanderons aux parlementaires de transposer cet accord des partenaires sociaux dans la loi.
Stéphane Zumstek, le gouvernement qui relance la concertation entre les partenaires sociaux, ça veut dire que là on est dans la dernière année avant la présidentielle, le gouvernement sans majorité ne va plus pouvoir faire grand chose en fait. –
encore, on a beaucoup parlé de reculette du gouvernement, je ne veux pas revenir sur qui a le plus perdu ou le moins gagné de cette séquence, mais la spécificité, la singularité de Sébastien Lecornu, c'est qu'il a mis en place, lors de sa nomination à Matignon, une méthode qui porte son nom, la méthode Lecornu. Et à Sébastien Lecornu, je pense que l'on… L'opinion lui ségrée finalement d'éviter que des fronts sociaux, que des crises sociales se mettent en place. Donc s'agit-il d'une... Je me mets à la place de l'opinion. S'agit-il d'une reculade, donc d'une défaite ? Et donc, cela signifie-t-il qu'il ne se passera rien dans l'année qui vient ? Ou alors, s'agit-il d'une décision de bon sens, de quelqu'un qui essaye d'éviter que la société française se fracture encore plus ? Moi, je pense que c'est plus cette seconde hypothèse qui, aux yeux de l'opinion, je me répète, l'emportera. Il ne se passera rien ? Non, il y aura des textes de voté. Et je pense que ce que les Françaises et les Français attendent aujourd'hui de cette période, de cette période le cornu, de ce moment le cornu, quelque part mais qui dure déjà maintenant c'est d'avoir pu mettre fin à l'instabilité gouvernementale d'avoir trouvé non pas une majorité mais d'avoir voté des budgets et ensuite de savoir gérer les quelques mois l'année qui nous reste en évitant toute crise sociale est ce que cela signifie qu'il ne se passera rien ça après c'est un vrai débat mais je trouve que la contre attaque c'est une contre attaque mais les propos du ministre du ministre chargé des relations avec le Parlement, sont très clairs. Nous, on veut éviter une crise, il y a un problème, on cherche le consensus, et on va essayer de favoriser les discussions au niveau des branches. C'est peut-être... une posture, ce sera peut-être quelque chose de concret, mais je ne suis pas persuadé qu'il ne se passera rien. Non, la priorité, je le disais tout à l'heure, c'est un arbitrage. Crise sociale, lutte sociale forte ou pas. Le choix, il est clair, en tout cas, il est clair depuis quelques mois avec Sébastien Lecornu. Mais c'est une méthode, et c'est une méthode qui, à mon sens, passe plutôt bien auprès des Français.
Et puis ça, c'est une bonne méthode, la méthode Lecornu, de relancer la concertation branche par branche pour obtenir un compromis sur ce sujet.
Non, mais j'entends ce qui est dit. Enfin, je rappelle quand même que Sébastien Lecornu avait... un an pour travailler sur ce sujet-là, il y a un an quasiment qu'on a voté ce secte de loi au Sénat. Bon, il s'en occupe maintenant parce qu'effectivement la crise arrive. Je rappelle quand même que Sébastien Lecornu veut faire œuvre utile, qu'il est élu pour être utile. Si être utile, c'est reculer sur la réforme des retraites, c'est effectivement reculer dès qu'il y a un œuvre stable, je ne sais pas si c'est ça être utile pour notre pays. Je pense quand même que les Français l'attendent, notamment sur le prix d'essence, sur un certain nombre d'enjeux actuellement dans notre pays qui sont un vrai sujet pour le portefeuille des Français.
Ce sera un thème de la présidentielle, ce pouvoir d'achat et le travail. En tout cas, des
décisions fortes et un cap. Alors après, effectivement, il y a des élections, les Français tranchent. Mais moi, je rappelle quand même que le président de la République n'a pas fait campagne, qu'il n'avait pas de programme. Et si nous en sommes là aujourd'hui, en plus sans majorité à l'Assemblée nationale, c'est bien parce qu'au départ, on part d'un système où nous n'avons pas de cap. Et c'est bien ça la difficulté de notre pays.
Ce sera le mot de la fin. Merci. Merci à tous les trois d'avoir participé à ce débat politique du jour. On va finir par une histoire. Une histoire aujourd'hui à lire. le journal Le Télégramme, un tour d'Afrique en voilier. Mais un tour en voilier, pas comme les autres. Morgane Breuil et Arthur Denichin vont partir l'an prochain de la ville de Concarneau, en Bretagne, à bord d'un voilier laboratoire qui a pour but de régénérer des terres agricoles en Afrique grâce aux larves de mouches de soldats noirs, un type de mouche précis. Ces larves de mouches se nourrissent de déchets et fournissent un engrais ensuite pour les terres agricoles. Et ensuite, les mouches adultes servent de protéines. l'alimentation des bêtes et sont donc un substitut par exemple aux farines de soja alors cette expédition un petit peu étrange va durer pendant quatre années elle est jugée cruciale alors qu'en 2050 90% des terres mondiales seront dégradées c'est un projet humanitaire qui est financé par le fonds explore de concarno et c'est à lire dans le télégramme comme quoi les mouches ont aussi une utilité voilà on finit cette émission avec cette histoire merci merci d'avoir participé merci de l'avoir suivi et on se retrouve demain sur Public Sénat.
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