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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Est-ce qu'on reçoit les deux derniers macronistes de France
n'est pas le sujet de notre livre.
Non mais je rebondis sur ce que disait Alain, parce qu'il vous présente comment c'est un ministre d'Emmanuel Macron.
On se projette résolument dans l'avenir. Vous ne l'assumez pas alors ? Une réponse à la con. Ils
viennent de signer un livre tous les deux aux éditions Plon. Il s'agit de deux anciens ministres d'Emmanuel Macron, du président Macron, Roselyne Bachelot et Éric Dupond-Moretti. Décidément non, avec un point d'exclamation, non à l'arrivée du RN au pouvoir. Bonjour Madame, bonjour Monsieur.
Bonjour, la place m'est heureuse à vous y rencontrer.
Est-ce qu'on reçoit les deux derniers macronistes de France ?
n'est pas le sujet de notre livre. Je rebondis sur ce
que disait Alain, parce qu'il vous présente comment c'est un ministre de Emmanuel Macron.
On se projette résolument dans l'avenir. Vous ne l'assumez pas alors ? Une réponse à la con, c'est quand même incroyable. L'intérêt du débat public à l'heure actuelle, c'est la future élection présidentielle. Nous, on est des gens du passé. Nos personnes politiques n'ont plus aucun intérêt. Vous pensez qu'à 80 ans, je rêve d'être ministre ? Non, mais ça ne va pas la tête. Bon, très bien. On exclut déjà cette partie du débat qui n'intéresse personne. Ce qui intéresse les gens, c'est la future élection présidentielle. Et nous, on se situe, on a fait ce livre, parce qu'on connaît bien la mécanique interne du pouvoir. On a été chacun ministre. Vous avez
échoué que le RN est aux portes du pouvoir.
Éric Dupond
-Moretti.
On va vous fournir, nous, un certain nombre d'éléments qui nous permettent d'affirmer que notre livre est sérieux. Donc on ne va pas faire de la gaudriole, on ne va pas faire du bistrot. C'était sérieux ma question. On n'est pas que deux à être encore macronistes, mais si ça vous plaît de le penser. De le dire. Vous dites pourquoi je
dis ça ? Parce qu'aujourd'hui j'ai l'impression que beaucoup ne l'assument plus. Moi je l'assume. Parce que vous savez très bien que quand le pouvoir est finissant, les gens, les racisent le navire. Et Rosine elle le sait très bien. Cher
monsieur, on n'est pas là pour évoquer nos états d'âme. On est là pour vous faire part du travail que nous avons accompli. Et pour vous démontrer que c'est un travail sérieux. Le reste après, voilà. Mais s'il vous plaît de penser que nous sommes les deux derniers Macronistes, alors s'il n'en reste que deux, nous... C'est pourquoi est-ce que le RN est aussi proche du pouvoir aujourd'hui, après dix ans d'Emmanuel Macron ? D'abord, c'est un phénomène qui n'est pas que franco-français, la montée des populistes. Vous avez vu les résultats de l'AFD, vous avez vu les élections américaines. Regardez les élections au Brésil maintenant, c'est un phénomène qui est mondial. Mais peut-on se recentrer sur la question de savoir, par exemple, si M. Bardella est antisémite ou non ? Ça, c'est d'actualité. Peut-on se recentrer m'en fous de qui il a balancé. Il suffisait de lire notre livre, on n'avait pas besoin de faire ça. On n'a pas besoin de Mediapart,
il y a notre livre. Est-ce que l'enquête de Mediapart conforte ce que vous avez raconté dans votre livre avant que sorte cette enquête ? A savoir que Jordan Bardella, à 17 ans, avait été antisémite, si l'on en croit, dans l'enquête de Mediapart. Et que ce que vous racontez, c'est que finalement le RN n'a pas changé, contrairement à ce qu'on peut nous faire croire.
C'est sûr que l'enquête de Mediapart, je n'ai pas apporté une validation ou non, on verra bien. L'enquête de Mediapart nous a permis de recruter un agent de communication de notre livre, c'est M. Jordan Bardella. Je salue son arrivée dans notre casting de promotion de notre livre, c'était assez inespéré. Mais soyons justes, c'est-à-dire que dans ce livre, nous disons les origines du Front Rassemblement National. avec des choses parfaitement documentées. Nous, on n'a pas été chercher des images ou fouiller dans des conversations privées. Nous, ce sont des choses publiques, documentées et qui montrent les origines antisémites et d'une extrême droite classique française et qui a continué tout le long de l'histoire du Front devenu Rassemblement National et qui a continué quand M. Jordan Bardella se met sous la houlette de Jean-Marie Le Pen, dont les condamnations étaient multi-confirmées pour justement et précisément son antisémitisme. Et d'ailleurs, ce qui est tout à fait extraordinaire, c'est que les cadors du Rassemblement National auraient pu attaquer notre livre, ils ont attaqué nos personnes. Au lieu d'attaquer notre livre, parce qu'ils étaient bien incapables de contredire ce qu'il y a dans notre livre.
En fait, ce que vous démontrez, c'est que tout est là. Ce n'est pas des conversations cachées ou des écrits volés. C'est-à-dire que tout est sur la table, mais on ne voit plus ça. Tout est sous nos yeux. Mais pourquoi on ne le voit plus ?
Parce qu'une partie de la presse française a été d'une grande complaisance et n'a pas voulu voir ce que nous pouvons... Comment ça ? Écoutez, est-ce que vous avez entendu parler ? Est-ce que vous avez diffusé ? Pas vous, personnellement. Je vais vous dire en quoi M. Bardella est un antisémite et en quoi il appartient à l'école soralienne. D'ailleurs, Soral a repris du poil de la bête, il est planqué en Russie, puis il dit « Eh ben petit, dis-nous donc la vérité quand même ! » Ça c'est quand même pas rien, mais il n'y a pas que ça. De qui est-il l'assistant parlementaire, M. Bardella ? de Jalc, Jean-François Jalc, qui a mis en cause l'utilisation du gaz Ziclombé. D'ailleurs, c'est son surnom, Ziclombé. Vous travaillez pour un type comme ça, vous ? C'est à vous que je pose la question, vous n'y répondez pas, mais c'est aux auditeurs que je pose la question. Bien. Et d'ailleurs, il y a toute la question de l'agenda aussi. Le faux agenda signé par M. Bardella, il a la signée Libération. Je pense qu'à ce jour, il ne l'a pas fait. Mais il n'y a pas que ça. Il y a l'ousto dans le serail, ami également de Mme Le Pen, parce que Mme Le Pen, elle est également dans cette mouvance. L'ousto et puis la distribution des soupes populaires pour les nécessiteux qui contenaient du cochon pour pas que les musulmans et les juifs puissent partager ce moment. Châtillon ! qui est très proche de Bardella, très proche de Mme Le Pen. Alors Tanguy dit partout, ce n'est pas vrai, Chatillon n'est pas un ami de Mme Le Pen, Mme Le Pen elle-même a dit le contraire. Alors, c'est qui Chatillon ? C'est un type qui célèbre la naissance d'Adolf Hitler le 20 avril. Le bras tendu. Tout ça, c'est les amis de M. Bardella, et il a travaillé avec tous ces gens-là. au travers de multiples boîtes qui changent de nom, j'allais dire tous les 15 jours, pour qu'il y ait une forme d'opacité absolue. Mais pardon, écoutez-moi, deux secondes si vous le voulez bien. Faites un micro-trottoir, vous en faites de temps en temps. Demandez aux gens s'ils connaissent Chatillon, s'ils connaissent Jalc, s'ils connaissent Nousto. La réponse est non. Pourquoi ? Parce que ces choses n'ont pas été dites suffisamment. Oui, certains journalistes le
disent. Oui, mais en même temps, Marine Le Pen a viré son père, Jean-Marie Le Pen, pour ses questions d'accusation d'antisémitisme. Et elle a dit, moi, en gros, j'ai dédiabolisé le RN, le RN a changé, le RN n'est plus le FN.
Ce qui est intéressant dans la séquence que nous vivons, c'est qu'effectivement, il y a eu une entreprise de dédiabolisation, alors que quand elle fonde le Rassemblement National... en 2018, elle le dit clairement, nous ouvrons une nouvelle page glorieuse, au moins aussi glorieuse que celle du Front National. Elle se situe dans cette filiation et nous ne devons en rien renier. Elle a une phrase très forte qu'elle prononce à Bron en 2018. Nous ne devons en rien renier l'histoire du Rassemblement National. Elle se rend compte parce qu'elle approche du pouvoir qu'il va falloir jeter un peu de viande au lion. Et elle le fait dans une entreprise de... dédiabolisation dont nous voyons d'ailleurs les limites. Mais notre livre est effectivement... dit cela, mais raconte aussi beaucoup d'autres choses sur l'ensemble du programme. On y viendra peut-être, parce que Mme Le Pen a sorti son programme économique clair sur lequel nous avons évidemment des choses à dire. Je parlerai de politique culturelle, mais aussi de... On peut y aller sur le contre-budget,
120 milliards d'efforts budgétaires, voilà ce que dit Marine Le Pen. Il
y a même un peu plus, il y a passé tout ça. Oui, c'est vrai qu'elle a rajouté. Il faut mettre vos chiffres à jouer. Mais pourquoi il
n'est pas bien ce... Ce contre-budget
C'est-à-dire que les dépenses sont parfaitement documentées, mais les recettes à attendre ne le sont pas. On reviendra parce qu'Eric veut revenir là-dessus. On est allé
un peu vite là. C'est pour avancer. Je lui
ai
coupé l'herbe sous le pied, il est furieux. Non, mais ce qui est
intéressant, c'est qu'à un moment dans le lit, vous dites prenez votre souffle, respirez profondément et vous listez 120. personnalité du Rassemblement National ou ex-Front National en disant, regardez qui sont-ils, regardez leurs propos, regardez à quoi ils font référence, et vous saurez précisément à qui vous avez
affaire. Avant de venir à la question des brebis galeuses, c'est comme ça qu'ils les ont appelés, on va rester deux secondes sur la question des bergers. Mediapart publie un certain nombre de choses, mais nous, nous évoquons un compte, qui est un compte anonyme, qui s'appelle RETNEP. du ghetto orthographié G-A-I-T-O, qui est le compte qu'a utilisé M. Bardella. Bien. Le monde l'a dit, Libé l'a dit, M. Fort, qui est un de vos confrères, le dit également et le démontre. Qu'est-ce que l'on trouve là-dessus ? On trouve que M. Soral... Et selon les écrits de M. Bardella, tenez-vous bien, si vous me permettez cet impératif, un grand sociologue. Vous écrivez ça de Soral, vous ? C'est un type, c'est un haineux. fondamentalement antisémite, négationniste, condamné pour ça, qui s'est planqué en Russie, qui est dans la mouvance dieudonnée, ils ont inventé la quenelle, voilà, c'est ces gens-là. Et alors, moi, pardon, mais ce compte-là est en relation avec un autre compte, qui s'appelle Animar Lalanne 68, qui est attribué à Mme Le Pen, qui a été fermée la veille de la diffusion de compléments d'enquête. Alors Animar, c'est l'anagramme de Marine. Lalanne, c'est le nom de la maman de Mme Le Pen, 68, son année de naissance. Elle dit « c'est pas moi ». Il faut voir ce qu'il y a là-dedans. Mais les gens, ils ne le savent pas ça. J'en reviens mon micro-trottoir. Ils sont prêts à voter pour eux. Mais tout ça, personne ne le sait. Enfin pardon ! Et ça changerait quelque chose ? Mais peut-être
parce
qu'il le savait,
quand on est à 35% d'intention de vote. Sauf
à penser que la France, alors les Goudard, tous ces gens-là, on ne va pas les faire changer d'avis. Ils sont acquis à leur cause. Enfin, ceux qui ne sont pas informés, on peut se dire tout de même qu'ils peuvent réfléchir. Oui, mais est-ce que ce n'est pas ça le plus grave ? Je peux faire une
citation parce qu'elle est magnifique, la citation du moraliste Ben Johnson qui justifie notre travail. Les hommes n'ont pas besoin qu'on leur fasse la leçon, ils ont besoin qu'on leur rafraîchisse la mémoire. D
'accord, mais peut-être que, et c'est peut-être encore plus grave, c'est qu'aujourd'hui l'antisémitisme n'est pas un frein au vote. Super. Je suis désolé, on accuse, de l'autre bord, Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise sont souvent accusés d'être très ambigu avec l'antisémitisme. Nous on l'accuse d'être antisémite. Jean-Luc Mélenchon est plutôt en dynamique dans cette campagne, comme Marine Le Pen. C'est-à-dire que c'est la palme à l
'antisémitisme dans la vie politique française. Je pose
la question. Est-ce qu'aujourd'hui, l'antisémitisme, c'est un frein électoral ?
On ne peut que constater la montée de l'antisémitisme en France et le combattre, quels qu'en soient les auteurs. Mais ça dit des choses sur les fractures de notre société. Ce n'est pas pour ça que... Quelquefois, on nous dit, mais alors, attaquez aussi l'antisémitisme de Jean-Luc Mélenchon. Nous, on l'a dit dès le départ de notre livre. Nous, on estime qu'on s'adresse d'abord à nos proxys. C'est à la gauche. C'est à la gauche de faire la police avec les proxys. Certains le font, comme a rappel Glucksmann, Jérôme Gage. Certains le font, bravo, et ils le font, mais certains ne le font pas. Parce qu'ils se quittent pourquoi ? Voilà, parce qu'ils veulent se faire réélire et c'est la politique du responsable du Parti Socialiste, M. Olivier Faure. Nous, on a constaté les ravages dans notre propre électorat, nos propres amis, mais c'est tout à fait extraordinaire, on le voit. C'est qui vos amis qui... Éric Ciotti ? Oui, par exemple, M. Ciotti, mais je parle de nos amis, des amis des proches. Sinon, vous ne l'appelez pas M. Ciotti, c'est ça ? Pas seulement. Oui, bien sûr, il y a des responsables politiques dont je parle d'amis intimes. Et qui disent, moi, je
voterai Le Pen au deuxième tour. Des
amis juifs qui s'apprêtent à voter pour avoir été fondés par des Waffen et SES. Bien sûr. Des chefs d'entreprise. Comment l
'expliquer, Eric, ça ? Écoutez, ce que
vous êtes en train de me dire, au fond, c'est que l'antisémitisme... En France, on s'en moquerait. C'est devenu banal, malheureusement. C'est devenu banal. Alors c'est à désespérer de tout, mais moi je vais vous dire quelque chose. Je ne veux pas être une vache qui broute, qui rumine dans un prêt, qui voit le train de l'antisémitisme passer et qui ne le dénonce pas. Nous, on n'attend plus rien. Roselyne, vous l'a dit, on est des citoyens libres. On se bat pour que ces gens-là ne soient pas au pouvoir. Et puis on aura fait le job. On aura essayé modestement, aux places qui sont les nôtres, d'éclairer l'opinion publique. Je vais encore vous dire des choses là. Vous voyez, le RN cultive l'ambiguïté avant d'en venir au brebis galop. Je vois M. Tanguy, il se répand sur tous les plateaux, il se balade de plateau en plateau, avec la croix de Lorraine. Il siège à l'Assemblée nationale avec des gens. qui soutiennent encore aujourd'hui l'OAS. L'OAS dont on va rappeler... Il y en a encore à
l'Assemblée
? Ben oui, bien sûr.
Le
premier discours qui a été prononcé par M. Gonzales, c'est le doyen, puisque c'est la règle. Quand on change le Parlement, après une élection, on donne la parole au doyen. C'était Gonzales, il a fait l'apologie de l'OAS. Madame Lavalette n'est pas très loin de ses thèses. Et comment on fait quand on porte la croix de Lorraine ? pour siéger à côté de gens. Vous lui
demandez
à M. Tanguy d'être fidèle à ses convictions et de ne pas siéger avec ces gens-là Non, je
voudrais savoir comment on fait. Parce qu'on a évoqué l'antisémitisme chez les brebis galeuses, mais il y a l'homophobie. Oui, l'homophobie. Il y a dans Retneb du ghetto, le fameux pont en question. Il y a une piscine avec des gens de couleur. Et ça s'appelle, sous la plume de M. Bardella, la mer Noire. Donc il y a de l'homophobie, il y a du racisme, il y a de l'islamophobie et il y a de l'antisémitisme. Et des horreurs en masse, on en a retrouvé, vous l'avez dit, près de 120. On donne les noms. Et on en
découvre tous
les
jours. Notre liste est incomplète. Éric Dupont-Moretti,
Rosine Bachelot, vous restez avec nous. Un duo qui a écrit décidément en nom, point d'exclamation, Rosine Bachelot, Éric Dupont-Moretti, le RN, ce que nous ne pouvons pas taire, c'est aux éditions Plon. On y va, question de nos GG, Joël Dagosseri, Fatima Hidboudouin, Antoine Diers, ce qui veut commencer, qui se lance. Fatima, allez madame la prof de français.
Alors, moi je suis un petit poussée de la politique face à vous deux. C'est vrai, parce que vous avez énormément d'expérience. J'ose émettre des réserves concernant votre livre sur un point. Pendant toute la lecture, je me demandais à qui parle-t-il ? À qui vous vous adressez ? Je vous explique d'abord pourquoi. Parce que si vous vous adressez aux électeurs du RN, je ne pense pas du tout, on dirait qu'il y a l'illusion de la pédagogie. Vous dites, ils votent parce qu'ils n'ont pas compris, je vais vous expliquer encore. Et ça c'est très français, très politique français. Quand on refuse quelque chose, on dit, je vais t'expliquer, t'as peut-être pas compris, il y a ça. Et il y a une forme de, alors c'est pas du mépris, mais une forme aussi de condescendance avec un côté, bon, vous êtes naïf. Vous êtes un peu idiot, vous n'avez pas compris, on va vous expliquer pour voter bien. Et ça, on le sent parfois. Et je ne pense pas qu'on puisse faire changer quelqu'un d'avis en le traitant comme ça. Et donc, est-ce que vous vous adressez à eux, ou alors vous vous adressez à des gens déjà convaincus, auquel cas, pour leur donner des arguments, ou alors ? Les autres, les indécis ? Cette question que vous nous
posez, nous la sommes posée. A qui parlons-nous ? Effectivement, vous avez raison, les électeurs convaincus du RN, le noyau dur, ne sera pas convaincu par notre livre. Mais nous avons vu, depuis le changement du... du FN en RN, et ce qu'on a appelé la dédiabolisation, qui a eu une entreprise de communication incroyable pour masquer un certain nombre de choses. Donc nous les disons dans notre livre. Nous n'avons pas du tout un sentiment de... Une démarche de condescendance, bien au contraire, et nous le répétons plusieurs fois dans notre livre. Donc on s'adresse à ces nouveaux électeurs du Rassemblement National, qui ont été des déçus de la droite, des déçus de la gauche, mais à qui on n'a pas raconté la vérité. On ne l'a pas raconté, on l'a même masqué.
Notamment ceux qui sont séduits par Jordan Bardella, parce que Jordan Bardella a attiré aussi des nouveaux électeurs. Est-ce
que vous pensez que la rationalité et les faits suffisent face au désespoir ?
Eric Dupond-Moretti. Pardonnez-moi, chère madame, mais on avait déjà répondu à ces questions. Ce n'est pas qu'on s'adresse à des gens dont on pense qu'ils n'ont pas compris. On s'adresse à des gens dont on pense qu'ils ne savent pas tout. C'est singulièrement différent. C'est la raison pour laquelle, je disais tout à l'heure, mais si vous faites un micro-trottoir, vous connaissez Châtillon ? Pas forcément. Vous connaissez Jalc ? Pas forcément. Soral ? Vous connaissez ? Pas forcément. Donc on rappelle ces choses. Je vous donne un autre exemple. Ils disent au Rassemblement national, on a viré toutes les brebis galeuses. Il n'y a pas un parti qui l'a fait plus que nous, ce nettoyage, a dit récemment M. Bardella. C'est bidon ça, c'est pas vrai. Après les législatives, ils ont dit, quand même on n'a pas eu le temps de s'organiser, c'est allé trop vite, c'est la faute d'Emmanuel Macron, etc. Mais les législatives, on avait 5 ans pour s'y préparer. On a retrouvé deux cambres bigaleuses. Et après la publication de notre livre...
On parle des municipales où on avait 5 ans pour ça. Oui, pourquoi
?
Qu'est-ce que j'ai dit ? Les législatives.
Ah pardonnez-moi, les législatives, ils avaient dit on n'a pas eu le temps de s'organiser. Les municipales, ils avaient largement le temps. On en retrouve une tripotée, une palanquée avec des propos. Mais certains ces électeurs ne savent pas que ces gens-là s'expriment comme ça. Et c'est la démonstration de ce que le ménage n'a jamais été fait. On en a même retrouvé... à l'occasion des sénatoriels, donc après notre bouquin, qui sont aussi des brebis galeuses. Alors, est-ce que l'on dit ces choses ? Est-ce qu'on ne dit rien ? Donc s'il y en a autant, ce ne sont plus des brebis galeuses. Ah ben ce ne sont plus des brebis galeuses. Et puis ces brebis galeuses, elles se sentent bien là, entourées par Mme Le Pen, par M. Bardella. L'écosystème, au fond, leur permet de penser ce qu'ils pensent. Plus la nièce que vous intégrez aussi dans le système. Ah ben il y a les
systèmes
de courant. Enfin la nièce, elle va en Israël, elle ose dire, si on avait écouté mon grand-père, il n'y aurait pas d'acte antisémite en France. Franchement. Les oreilles vous en tombent quand vous entendez ça. Mais vraiment,
chère madame, il n'y a aucun mépris. C'est un livre qui apporte au débat, on a estimé qu'on n'avait pas le droit de... Vous ne faites pas la leçon. Non, elle dit pas la leçon, je réfléchis la mémoire.
On ne s'était pas concerté, mais j'ai un peu le même sentiment. Et moi, je vois même une forme de sécession des élites, une séparation entre élite et peuple. Vous faites une citation, Madame Bachelot, vous dites « on a lâché le peuple ». Vous citez quelqu'un de mémoire dans votre livre. Vous parlez aussi d'une classe politique en bourgeoisie. Moi, je vois vraiment la séparation et je suis d'autant plus surpris que vous, Monsieur Dupond-Moretti, vous êtes d'origine populaire, issu de l'immigration. Et que se passe-t-il pour que nos élites ne parviennent plus à parler au peuple ? Et je vais aller encore un peu plus loin. Je pense que paradoxalement, une femme de droite, un homme de gauche, ensemble, pour tenter de porter un message, ça brouille encore plus le message. Ça fait encore plus élites qui s'adresseraient à un peuple trop beauf.
Vous voulez qu'on ferme nos gueules ? C'est ça en fait. Quelque part c'est ça. Mais on essaie de nous culpabiliser avec ça. On ne fermera pas nos gueules. Vous auriez
pu, vous Madame Bachelot, à droite, soutenir... Une droite républicaine qui doit concurrencer le RN dans son champ. Vous, monsieur Dupond-Moretti, soutenir une gauche républicaine qui doit concurrencer Mélenchon dans son champ également. Être chacun de son côté pour éviter la fuite des électeurs. Monsieur, je vais être
un peu dur avec vous, mais vous êtes un toutologue.
êtes un
toutologue. Vous savez tout sur tout. Je pose une question, je m'interroge. Pardonnez-moi. Il n'y a qu'à Faucon Faudrait. Nous, on fait le même constat. On n'est pas issus du même milieu, on n'est pas issus de la même famille politique, et on se retrouve sur un constat. Puis on dit, mais qu'est-ce qu'on fait ? Alors, on aurait dû vous consulter. On n'a pas pensé à faire ça, mais vous ne connaissez pas. J'ai des honoraires. Pardonnez-moi, monsieur. Pardonnez-moi. Je vous ferai un prix. Oui, oui, ok. C'est facile de désinguer les choses. Vous pourriez dire, monsieur, que ce livre est argumenté. qu'il est charpenté, que nous sommes... Laissez-moi terminer, s'il vous plaît. Je vous ai écouté religieusement et c'était bien difficile. Moi aussi, je vous écoute. Non, non, laissez-moi terminer, je vous en prie, parce que la critique pour la critique, on en crève de ça. Monsieur, je voudrais terminer, je viens très rarement ici, voudrais terminer mon propos. Vous pourriez dire que ce bouquin est charpenté. Il est factuel ce livre, il n'est pas conceptuel. Vous voyez, on ne dit pas nous savons et les autres ne savent rien avec la condescendance d'un chauffeur de rôle sans gants blancs. Ce n'est pas ça du tout. On dit à des gens... Sachez à qui vous avez affaire. Sachez à qui vous avez affaire. Et si ça vous paraît inutile, et si vous préférez au fond... privilégier la forme que le font. C'est votre droit, monsieur. Mais on peut ne pas partager votre avis. Vous ne répondez pas.
Je soulignais votre origine populaire, l'immigration. Et pour autant, vous qui avez ce parcours-là, vous ne parvenez plus à parler aux gens d'après moi. Aux gens qui ont le même parcours que vous. Vous soulevez un
vrai problème politique qui est effectivement la rupture du dialogue entre les élites et le peuple et le mouvement lycéen qu'on est en train de vivre. Et finalement, la signature... vraiment très très fort de ça et je me rappelle d'un magnifique discours d'Edgar Pisani pendant les événements de mai 68 admirable Michel Rocard disait que c'était l'un des plus beaux discours de la République vous aviez à répondre A l'angoisse et à la revendication, vous avez choisi de répondre à la revendication pour ne pas répondre à l'angoisse. Et c'est ça finalement le fond du débat que nous vivons. C'est que notre société est traversée par une angoisse. Extraordinaire. Quelle société pour les jeunes aujourd'hui ? L'intelligence artificielle, la guerre aux portes de l'Europe, l'effondrement des finances publiques. Et tout ça fait que nous apportons souvent des réponses techniques à une angoisse. Je discutais avec des chefs d'entreprise hier, on parlait de transmission. Transmission de leur entreprise, je me disais mais quelle entreprise ? Elle sera comment l'entreprise que vous allez léguer à vos enfants ? Et c'est ça le vrai problème. C'est vrai que c'est quelque chose d'insurpassable.
Joëlle Dagoceri
Moi je me suis posé la même question que...
Décidément.
Je me suis dit à qui vous parlez, mais ensuite, je vais parler très vite parce que je sais qu'on n'a pas beaucoup de temps, je me suis dit, je vais quand même vous dire merci à tous les deux, parce que... Beaucoup de politiques qui sont morts au combat, comme j'ai envie de dire, c'est-à-dire qui ont basculé. On a parlé d'Éric Ciotti, mais il y en a d'autres, même dans la sémantique, qui ont basculé en adoptant le langage et la communication qui a été imposée et diffusée par l'extrême droite. Et vous n'êtes jamais tombé dedans. Et je crois que des fois, il faut savoir dire, même si je considère qu'il y a un échec de M. Macron, mais au-delà de ça, il y a aussi des politiques qui doivent tenir leur rang, et vous êtes de ceux-là. Et même si c'est... « inutile » dans le sens où ça ne va pas pouvoir convaincre des personnes qui vont voter RN. Je crois que des fois, il faut faire son devoir. Voilà. Et que ce soit inutile. Et c'est ce que vous faites aujourd'hui. Et moi, j'ai envie de vous dire merci. Et la dernière question, c'est l'Europe. Parce qu'on n'en parle pas beaucoup, mais moi, ça m'intéresse encore l'Europe. Vous parlez dans votre livre, justement, des accointances avec la Russie, puisque ça aussi, ils essayent de gommer le RN et vous revenez dessus. Il y a l'AFD en Allemagne aussi, qui penche aussi vers la Russie. Et ma question, ça va être celle-là, c'est est-ce qu'on doit s'inquiéter pour l'Europe ? Si demain, il y avait le RN au pouvoir et l'AFD en Allemagne, puisque le... le couple franco-allemand, ça a été quand même le couple moteur de l'Europe. Est-ce qu'on doit s'inquiéter pour la souveraineté de l'Europe si on avait ces deux parties au pouvoir en France et en Allemagne ? C
'est ça au
fond
la question fondamentale. On dit que les questions internationales n'ont jamais été le pas des campagnes électorales. Je pense que ce sera un des sujets majeurs et sans doute pour la première fois depuis très longtemps de cette campagne présidentielle. C'est pour ça d'ailleurs. que nous avons des chapitres extrêmement importants dans notre livre où nous décrivons cette nébuleuse. Le Rassemblement National, il n'est pas seul, vous l'avez dit très bien, il est au milieu d'une nébuleuse d'extrême droite qui a décidé d'avoir un système ultralibéral avec M. Elon Musk, c'est-à-dire de détruire notre propre force économique et de détruire notre propre force morale. Et ça... Nous le disons dans le livre.
Et avec leurs affidés, parce que vous mettez CNews, nos confrères, Pascal Praud, Pierre-Edouard Sterrin, Vincent Bolleré, vous leur dites, ils sont en train d'oeuvrer pour... Ce sont vraiment des agents du Rassemblement National ?
En tous les cas, Marine Le Pen parlait de CNews en disant, c'est ma chaîne. Il ne faut pas faire mieux. Vous ne lui trouvez pas un trop grand rôle, là, finalement ? Ah non, non, écoutez, il n'y a pas un jour, il n'y a pas eu une chronique. Sans qu'il y ait un accident majeur, pas un incident. Je ne sais pas, pour évoquer Ayana Kamoura, qualifiée de grosse et énorme chanteuse malienne. Mais quelle honte ! Tous les jours, c'est tous les jours. Les migrants et les puces de lits, alors il fait comme il sait faire, je l'ai déjà dit, les
punaises
de lits. Ah oui, alors, on ne peut pas affirmer, mais on peut quand même poser la question. On a le droit de poser la question. On est sur une chaîne d'expression, et tout est comme ça. Il faudrait fermer ? n'est pas le problème, je ne réponds pas à ça. Non, il ne faudrait pas fermer, mais on peut dénoncer. Vous voyez ? Après, on est libre d'y aller. Et puis, si on aime ce qu'il raconte, vous n'irez pas. Avec Roselyne Bachelot, vous n'irez pas ? Moi, je refuse absolument d'aller là. Est-ce que vous êtes invité Non, non, c'est pas vrai. En plus ! Il signe le crime ! Mais non, mais je vais vous dire, Pascal Praud, il dit, Dupont-Maréty, il n'a pas de courage, il ne vient pas, il ne vient pas. Enfin, quand je le rencontre dans les rues à Paris, je lui mets le compte et je vous garantis qu'il ne sort pas vainqueur. De l'échange. Je m'en moque.
Cette histoire-là, je m'en moque. Nous, on est là, merci madame de l'avoir dit, on fait notre boulot de citoyen, on a voulu nous faire fermer nos bouches, on n'accepte pas de les fermer, c'est comme ça. Et puis je crois que chaque citoyen, chaque personne qui a une responsabilité politique doit dire ce à quoi elle croit. sais qu'on essaie de nous intimider. On ne nous intimidera pas. Une dernière question, parce que Rosine
Bachot, vous en avez parlé de la crise lycéenne. Non, on ne parle pas
tout en disant ça. Ce que je veux dire, c'est que je ne vois pas qui vous intimidera. On
parlait de la crise lycéenne avec Rosine. Regardez ce qu'a dit Tanguy, vous verrez. Et l'incapacité de répondre à cette crise, parce qu'au-delà des revendications, il y a sans doute une angoisse plus existentielle. Mais quand même, je voudrais interroger l'ancien avocat. Vous êtes tout avocat ou toujours ? Non, je ne suis pas redevenu avocat. Mais est-ce qu'on dit que c'est un avocat dans l'âme ?
Qu'est-ce que pense l'avocat
que vous avez été de la réponse policière face aux jeunes
C'est une question qui est mal posée. Voilà d'abord ce que pense l'ancien avocat. Parce qu'il y a plusieurs réponses policières. y a des réponses policières qui permettent d'assurer l'ordre. Et nous avons besoin des policiers pour manifester. Et puis, il y a un certain nombre de choses qui font l'objet aujourd'hui d'enquêtes. Laissez le temps à l'enquête. Le temps médiatique n'est pas le temps... Sauf que les
images sont sur les réseaux sociaux. Non mais j'entends bien, monsieur.
J'entends bien, mais regardez, cette histoire de main arrachée, est-ce que le gamin a attrapé la grenade ? Est-ce qu'il l'a ramassée au sol ? Nous ne savons pas ces choses. Et moi... Je n'ai jamais commenté sur les plateaux, je sais que c'est la mode aujourd'hui, en particulier chez les zones avocats, je n'ai jamais commenté sur les plateaux de télé des dossiers que je ne connaissais pas. C'est pas une fuite, c'est une précaution. Laissez faire la justice. Et le fait qu'on interdisait des grenades ? Attendez, un mot pour revenir à mon histoire, parce que c'est pour ça que je suis venu ici. Vous avez vu à quel point maintenant le RN a confiance dans la justice de notre pays. Mais ils ont choisi une procédure très très longue.
Il
connaîtra son épisode bien après les présidentielles. Il pouvait citer directement en correctionnel. Ils ont tellement critiqué la justice, ces gens, quand ils ont été condamnés pour détournement de fonds publics. Quand ils ont été condamnés avant, on l'a oublié déjà, pour les quittes de campagne. Là, la justice était insupportable. Jalc en particulier a été condamné. Pour escroquerie, ça n'est pas rien. Mais alors aujourd'hui, ils ont une confiance absolue dans la justice de notre pays. Quelle
personnalité politique vous fait rêver, justement, comme alternative ? Vous allez vous engager ou pas ? Comme engagement. Qui vous fait rêver actuellement ? Vous allez
vous engager en 2027 ? Non mais, chère madame, ce qui est de l'ordre de l'onirisme, vous me permettrez de ne pas en parler ici. Vous avez
compris le sens de rêver. Je peux vous dire qui me fait
cauchemarder. C'est Mélenchon Le Pen. Oui, mais moi j'en ai assez des cauchemars
pour donner envie. En vrai, c'est ça le problème. Si vous voulez lutter contre l'un ou l'autre, il faut proposer aussi autre chose.
Mais Mélenchon Le Pen, il faut choisir au deuxième tour.
Justement, c'est la question que vous avez posée. Pour l'instant, nous refusons de rentrer dans cela car nous avons l'air de considérer que c'est le seul choix des électeurs. C'est extraordinaire. C'est justement ce dans quoi on veut nous entraîner. Nous, on parle aux forces républicaines en disant, écoutez, secouez-vous les gars et trouvez-nous une solution. On en a marre. Vous
n'allez quand même pas nous tordre le bras. Je vais vous dire quelque chose, tout simplement. Quand on vote, on est dans l'isoloir. Je sais qu'on pratique beaucoup, surtout dans les médias modernes, la transparence, qui devient une transperçance. Moi, ce que je peux vous dire, c'est qu'il y en a deux qui ne me conviennent pas du tout. J'ai cité leur nom, pour le reste, je vais encore réfléchir, je vais voir quelles sont les offres, je vais lire les programmes. Peut-être aurais-je l'occasion de m'exprimer, peut-être pas d'ailleurs, mais pas eux. Pas eux. D'accord.
Une dernière question, moi c'est cette moustache, c'est un hommage à Brassens, elle vient d'où ? À Staline.
Et à Didier Giraud ! Merci
Eric Dupond-Moretti, merci Roselyne Bachelot.
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