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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Bonjour à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP. Nous sommes vendredi et comme chaque vendredi, puisque Chaque Voix Compte. C'est à vous que nous donnons la parole pour une émission consacrée ce soir à la crise du logement. 4 millions de Français sont aujourd'hui mal logés. Plus de 2 millions sont en attente d'un logement social et le thème s'est évidemment imposé dans la campagne des municipales. Le gouvernement s'en empare aussi en promettant un vaste plan logement. Mais quelles peuvent être les réponses politiques à cette situation aussi catastrophique ? Nous en parlons ce soir avec deux députés, François Jolivet. Bonsoir. Vous êtes députée Horizon de l'Indre, vous êtes aussi vice-président de la Commission des finances. Bonsoir, Daniel Simonnet. Députée écologiste de Paris, je vous remercie. d'être là ce soir et d'avoir accepté de jouer le jeu des questions-réponses avec notre public. Je salue également à vos côtés Virginie Grollo. Bonsoir, Virginie. Spécialiste du logement au magazine Chalence, journaliste, vous intervenez à tout moment dans notre débat de ce soir pour corriger, rectifier ou ajouter une précision. Nous allons parler de la location, de la construction, de la galère des étudiants, de la galère des familles qui attendent un logement social. Des villes qui veulent faire le ménage dans les meublés touristiques aussi. On parlera également des situations parfois originales pour essayer de sortir de cette crise. Mais je rappelle que cette émission, c'est d'abord la vôtre, donc c'est vous qui allez la faire, c'est pas moi. Je compte sur vous, parce qu'après tout, quand on parle de toi, on parle de nous. Chaque voix compte, c'est parti. d'abord un chiffre, figurez-vous que le logement est un sujet qui pèsera dans le vote de 7 électeurs sur 10. au municipal, dont le premier tour a lieu dans deux semaines, 7 sur 10. Sondage Odoxa réalisé la semaine dernière et qui montre que la vraie priorité des Français, en réalité, elle est là. Le volet logement est d'ailleurs dans le programme de tous les candidats aux élections municipales. Il est aussi au programme du gouvernement qui a promis le mois dernier un grand plan qui devrait entrer là en vigueur dans les prochains mois, qui sait, avant la présidentielle. Deux minutes pour comprendre avec Clément Perrault.
La crise du logement en France se mesure d'abord par des chiffres. Voici ceux publiés par la Fondation pour le logement pour l'année 2025. 350 000 personnes sont aujourd'hui sans domicile fixe. 4,2 millions sont mal logées, c'est-à-dire sans logement personnel ou dans un habitat indigne. Notre pays fait aussi face à une pénurie de logements sociaux. En 2023, 400 000 demandes ont été satisfaites sur 3,9 millions. Cela fait 10%. La construction de nouveaux logements est à la traîne. 274 000 logements sont construits par an actuellement, alors que les besoins sont estimés à 400 000. Voilà pour le constat. Pour ce qui est des solutions, le Premier ministre Sébastien Lecornu monte en première ligne. Il y a un mois, il a présenté un plan de relance pour le logement qui se veut ambitieux, très ambitieux.
L'objectif est simple, c'est être capable de sortir 2 millions de logements d'ici à 2030. C'est absolument colossal.
y parvenir, le Premier ministre compte notamment sur un soutien financier massif aux bailleurs sociaux, une simplification des projets immobiliers et un nouveau statut du bailleur privé. Il offrirait un avantage fiscal pour investir dans le locatif. Quand le bâtiment va, tout va avec glissé Sébastien Lecornu lors de la présentation de son plan qu'il n'a pas hésité à comparer dans l'esprit au chantier de Notre-Dame et à l'organisation des Jeux olympiques, rien de moins.
Virginie Grolot, on vient de voir passer plein de chiffres. Que disent-ils ? Et qu'est-ce qui bloque vraiment aujourd'hui ? Quelle est l'urgence ?
l'urgence, elle est un peu de toute part. Les chiffres, on le voit, sont absolument terribles sur la difficulté des ménages à se loger. Et c'est effectivement devenu un point tel que... C'est la première fois, je pense, depuis le temps que moi, je suis le secteur, qu'on voit à ce point ce sujet émerger dans les élections et dans le discours des gens. C'est à la fois une sédimentation de tout. la réglementation qui a pu avoir, qui rend les choses très compliquées sur la construction, et à la fois une fossilisation de la situation, puisque une fois que tout s'est empilé, plus rien ne bouge. Et donc on manque de logements à l'allocation, de logements neufs, de logements en accession. On voit des prix qui augmentent et des ménages qui
accumulent
les
difficultés. Alors ça, ce sont les données chiffrées. Puis derrière ces chiffres, il y a des histoires, des quotidiens épuisants, des rêves empêchés. Et je voudrais d'abord donner la parole ce soir... à Rachel. Bonsoir, Rachel. Je vais vous demander de prendre un micro, s'il vous plaît. Rachel. Vous êtes agente de services hospitaliers, c'est cela ? Et vous êtes maman de trois enfants. Est-ce que vous pouvez nous dire dans quel espace vous vivez ensemble ?
suis logée dans un hôtel qu'on appelle pour eux une maison de passage de 29 mètres carrés.
29
mètres carrés avec trois enfants dont un enfant malade qui a un problème de schizophrénie et tout et moi je dors au salon le jumeau c'est parce que l'autre qui est malade c'est un jumeau sa soeur il y a un lit superposé pour le deux et son frère les grands frères il dort par terre Donc, voilà.
Vous vivez dans cet habitat provisoire
'était provisoire pour un an, mais là, ça va faire quatre ans que je suis là. Vous
avez évidemment fait une demande de logement ? J
'ai une demande de logement depuis neuf ans à Saint-Denis. J'ai un dalo depuis trois ans. Je suis suivie par l'association Les Dalles. Le Dalles,
c'est le droit au logement
opposable. Le droit au logement opposable. Mais il y a une autre association que je suis allée voir parce que j'étais tellement fatiguée d'attendre. Et puis il y a l'amicale Dynide qui m'a permis d'aller laver les habits parce qu'on n'a pas de machine sur place, on ne peut pas. Et on a encore... Là, je suis logée chez Géreux Audi. L'association Don Kim Lowe, c'est Géreux Audi. Donc ils ont fait des appuis. Je peux vous demander
combien vous payez de loyer pour cet habitat ?
779 euros par mois. Et je n'ai pas de problème de loyer. Parce que j'ai un appel de 630 euros par mois.
Aujourd'hui, vous voulez partir de... J'en
ai marre parce que j'ai un enfant malade qui se bat tout le jour avec sa soeur parce qu'il n'y a pas d'espace. L'autre qui veut s'habiller, l'autre qui veut dormir. La dernière fois, ça s'est terminé au commissariat de Saint-Denis. Parce qu'ils ne s'entendent plus entre eux. Oui, parce qu'ils ne s'entendent plus. L'autre malade qui a touché un couteau pour mettre à sa soeur qui voulait s'habiller. On est dans une situation d'urgence extrême. Je me suis tue pendant un moment. Je me suis dit, j'attends, j'attends, j'attends. Je pense qu'aujourd'hui, ma voix compte. C'est pour ça que... je suis venue pour dire, pour parler, même pour le s'en voir. avez face à vous deux élus, deux députés. Merci le député, je pense que de votre côté, vous pouvez trouver la solution parce que là, je n'en peux plus. J'ai un enfant malade. Qui nécessite le soin ? Qui demande l'espace ? Les médecins ont écrit. Je suis allée frapper partout. J'ai vu le maire de Saint-Denis plusieurs fois qui me dit « Madame Capalati, il faut attendre parce qu'il y a 8000 personnes en attente. » Alors que moi j'ai un cas particulier avec un enfant malade. Je travaille. Je travaillais. Et là, je ne travaille plus parce que déjà, la préfecture m'a fait des siens, j'ai renouvelé pour le mois de... Ma carte devait finir au mois de juin. Là, ils m'ont donné une autre carte qui commence qu'au mois d'octobre. Donc j'ai quatre mois sans papier, comme si je n'étais pas en France, alors que je suis parent français de trois enfants.
Et vous étiez agent dans quel hôpital ?
Je suis ADF, résidence à Astin. Je suis ASHA. J'étais là-bas parce que là, je n'ai plus de travail depuis... Ils m'ont... Je ne pouvais plus travailler pendant quatre mois parce que la préfecture ne m'avait pas régularisée. Donc c'est pour ça que je suis venue pour parler parce qu'on en a mal, il y a des familles qui souffrent. Il y a des familles qui souffrent en silence, mais moi, je ne pouvais plus me taire. C'est pour ça que je suis venue parler pour trouver la solution parce que là, j'en peux plus. François Jolivet
Donc en fait, si je comprends bien, vous êtes dans l'attente d'une régularisation ou alors vous n'avez pas de titre de séjour actuellement ? Non,
mon titre de séjour est régularisé. Il
commence en 4 mois.
Donc, je vais vous expliquer, j'avais fait une demande de régularisation au mois de mars 2025. Ils m'ont envoyé le rendez-vous au mois de septembre. 2025, je suis allée à la préfecture, donc du mois de... A partir du 6 juin jusqu'au mois de septembre, j'avais plus la carte d'identité, donc je pouvais plus continuer à travailler.
J'ai compris, madame.
Et là, ils m'ont régularisé au mois de septembre, les 26, pour un récépissé en attendant la carte. Ils m'ont donné une carte qui commence du 10 octobre 2025 jusqu'à aujourd'hui. J'ai compris, madame.
De manière plus générale, cette dame, c'est une maman solo, qui a ses trois enfants.
Oui.
et qui cherche un logement. Et malheureusement, il y a beaucoup de gens qui sont comme vous, parce qu'en fait, le modèle du logement en France, il a été construit pour deux salaires, déjà, dans un premier temps, pour deux personnes, pour la location ou pour l'accès sur la propriété, d'ailleurs. Donc ça pose un vrai sujet. C'est le modèle qu'il faut changer, d'ailleurs, puisqu'on a de plus en plus de gens seuls, avec ou sans enfants. Ensuite, comme vous êtes considéré par la préfecture comme étant pas en situation régulière, ne peuvent accéder au logement social que les gens qui sont en situation régulière avec une carte de long séjour. Donc ça pose un autre problème
à
partir du mois d'octobre, puisque votre carte pourra démarrer à partir du mois d'octobre. Et donc ça prolonge d'autant les délais... Pour autant, ça n'enlève pas les souffrances que vous avez et les difficultés de vous rencontrer. Pour avoir des logements alloués, il faut en avoir des vacants. Vous êtes dans un département où le taux de rotation est très faible, et madame, qui est une élue de Paris, le taux de rotation à Paris, c'est 1,3% dans le logement social. Sur 100 logements à Paris, on a 1,3% qui se libère. Et dans le parc privé... Des foncières, c'est autour de 1,8, 2, 2,5. Et puis, celle que je connais ou celle que j'ai dirigée, parce que je suis de ce monde-là. Et aujourd'hui, notre vrai sujet, c'est de savoir comment on pourrait déjà remettre en location les logements qui sont sortis du marché. Et ça fera peut-être l'objet d'un débat plus avant dans l'émission. Ça fait
partie des sujets de ce soir, en effet. Daniel Simonnet. Alors, je pense qu'il y a deux
problèmes. D'abord, il faut avoir conscience que votre témoignage... Il est, hélas, pas du tout isolé. Et il révèle deux graves problèmes. Premièrement, nos préfectures fabriquent des sans-papiers. Parce que Madame était en situation régulière, dans ce que je comprends, Madame avait des papiers et elle travaillait. Et c'est au moment de renouveler ces papiers que la préfecture a dû galérer, enfin, vous avez dû galérer pour prendre un rendez-vous du fait de la dématérialisation. qui est un pur scandale parce que les personnes ne peuvent pas obtenir un rendez-vous. Du coup, on leur dit que vous avez passé les délais, donc vous êtes en situation administrative irrégulière. Du coup, le patron ne peut plus vous embaucher. Et là, c'est la dégringolade. Donc vraiment, le coup de gueule pour commencer cette émission. Je ne pensais pas faire un coup de gueule dès le début, mais... Il faut que cette politique, qui est une politique en fait raciste, cesse. Il y a une obligation, j'estime qu'il y a une obligation de notre République de respecter dignement les femmes et les hommes qui travaillent ici, qui vivent ici, qui habitent ici, en arrêtant cette dématérialisation de rendez-vous qui leur permet à eux, finalement, de faire fabriquer des sans-papiers, de fabriquer des personnes acquis. Du coup, on va en poser un OQTF, une obligation à quitter le territoire français, alors qu'ils étaient là, ils vivaient, ils bossaient, ils avaient leur famille, tout allait bien. Voilà, donc premier problème, normalement, vous devriez aujourd'hui... avoir eu le renouvellement de vos titres de séjour, vous n'auriez jamais dû perdre votre travail. Deuxième gros problème, vous êtes reconnu prioritaire au droit au logement opposable. Cette loi droit au logement opposable, elle visait à dire quelque chose de très bien. Finalement, même si on ne l'a pas encore inscrit dans la Constitution, avoir un toit est un droit. Et l'Etat a l'obligation de vous garantir ce droit. Et donc, normalement, dans l'esprit du droit au logement possable, l'Etat, par le représentant du préfet, devait avoir l'obligation de vous fournir un logement. Et le préfet ne le fait pas. plein de personnes à ma permanence qui viennent me voir, je suis députée dans le 20ème, qui sont reconnues d'Allo et qui n'ont toujours pas de logement. Donc moi je propose une chose simple, le préfet a cette obligation, vous avez 2,4 millions de logements vacants dans le parc privé, et bien que l'Etat assume la loi en vigueur sur la réquisition des logements vacants, et face à ce qu'avait pu faire Jacques Chirac en son temps, c'est-à-dire réquisitionner les logements vacants pour y loger les gens, tout simplement. et sachant que la réquisition n'est pas une spoliation vous savez que le propriétaire s'il s'obstine dans la vacance et qu'il est réquisitionné de son logement on lui verse néanmoins un loyer qui peut être simplement auquel on peut juste déduire et bien l'amortissement des travaux qui pourrait être éventuellement effectué pour le rendre adapté dernière petite chose J'ai reçu à l'Assemblée nationale une délégation organisée par l'UNICEF des enfants qui sont dans les hébergements d'urgence, que ce soit les foyers, les résidences, les hôtels. A chaque fois, c'était des solutions qui devaient être temporaires. Un mois, deux mois, six mois. Et finalement, qui durent cinq ans, dix ans. Et résultat, c'était quand même terrifiant de voir les témoignages de ces enfants qui disaient, parce que c'est les enfants qui s'exprimaient, en fait, on aimerait bien avoir chacun un lit. Parce que ce n'est pas toujours garanti. On aimerait bien que dans le foyer, il puisse y avoir un four pour que les mamans puissent nous faire les gâteaux d'anniversaire. Des choses toutes bêtes comme celle-là. On voudrait justement avoir une salle pour faire nos devoirs. Et il faut comprendre le coût social de cette crise de l'hébergement d'urgence, de cette crise du mal logement. Alors qu'en fait... On pourrait tout à fait inverser les choses. 2,4 millions de logements vacants pour 350 000 personnes sans abri, sans domicile fixe. Le problème, on peut le résoudre.
François Jolivet, Sébastien Lecornu a fixé le mois dernier un objectif de construction de 400 000 logements, dont 125 000 logements sociaux par an d'ici 2030. Il faut commencer à poser la première pierre.
Moi, d'abord, je suis content que le sujet du logement revienne comme étant un sujet politique dans notre pays.
que vous pensez qu'il ne l'a plus été pendant quelques années ? Ça fait
5 ans que je dis 7 ans que je dis que les maires sangrues seront les maires battues aux élections. Parce que sans parcours Parce que crise du logement, oui, mais la crise de l'habitat dans mon département, dans l'Indre, c'est pas la crise à Paris ou la crise au sud de l'Indre-et-Loire, encore qu'on pourrait se comparer. Donc, en fait, chaque territoire a ses difficultés. Et en région parisienne, aujourd'hui, mon parti politique m'emmène dans des réunions politiques, puisque, actuellement, c'est la période, et je m'aperçois que dans les villes qu'on pourrait baptiser plus conservatrices ou pour celles qui seraient plus progressistes, beaucoup de gens parlent de leur parcours résidentiel. D'abord, j'ai 75 ans, 80 ans, j'ai le pavillon dans la très belle ville, mais je voudrais ne pas échapper à mes liens de solidarité de mon quartier, mais ma maison est trop grande, j'ai été obligé de le quitter. Donc là, c'est un problème de riches. Ils n'ont rien pour se loger. Et puis vous avez l'apprenti Charcutier qui, lui, prend son service à 3h30 à Paris, 3h30 du matin, 4h, et qui dit que je ne peux pas être apprenti parce que j'ai pas de logement. Et puis vous avez la maman solo, ou qui devient solo, parce qu'il y a victime de violences conjugales, puis il y a aussi séparation, tout simplement, et qui m'écrit en me disant que ça fait 3 ans que je suis divorcé de mon époux. Et ça fait trois ans que nous continuons à vivre dans le même logement. Et puis, vous avez le jeune fonctionnaire qui est nommé en région parisienne, enseignant, 2 000 balles par mois, et encore pas complètement, et qui se dit, je vais habiter où ? Et qui est même prêt à rembourser sa formation à l'UFM parce qu'il ne trouve pas de logement.
Et donc,
en fait, tout est bloquant. en fait, le sujet revient à l'ordre du jour. Mais, vous savez, ce sont les communes qui ont la main sur le logement. Tous les documents de planification, ce sont les communes qui ont la main. Les communes, les intercommunalités et les régions. Vous avez le SRADET, le schéma régional de développement du territoire. Vous avez le programme local de l'habitat. Vous avez le schéma de cohérence territoriale. Vous avez le plan local d'urbanisme intercommunal.
Et bien en fait,
les élus... Ils ont la main sur ça.
Je voudrais revenir à la loi SRU, Virginie. Elle imposait 25% de logements sociaux aux communes de plus de 3500 habitants. Ce seuil a été abaissé à 20% fin janvier. Parce que les 25%, c'était inatteignable
? C'est pas inatteignable, c'est une question de volonté. Et c'est une question notamment de volonté locale. Alors il y a des territoires, notamment... Paris, par exemple, qui est un territoire très contraint, on ne peut quasiment pas construire. Donc on est déjà dans les clous, la mairie veut faire plus. Dans d'autres villes, il n'y a pas la volonté de le faire. Il n'y a pas la volonté de le faire parce qu'il faut savoir évaluer les besoins de sa population. Et souvent, ce qui manque, c'est de savoir évaluer les besoins de sa population ou d'anticiper quels pourraient être ses besoins, de se dire si je construis, il va falloir que je fasse une école, des équipements publics. Je n'ai pas les moyens de faire ces équipements publics et donc je ne construis pas. Vous n'êtes pas
d'accord, Daniel Simonnet ?
Non, je pense que vous avez vraiment des maires qui décident délibérément de ne pas appliquer la loi et ses rues. Moi, je les appelle les maires voyous, parce que quand il y a une loi et qu'on ne respecte pas la loi, c'est de la délinquance. Donc c'est de la délinquance d'élus, parce qu'ils préfèrent électoralement rester dans des ghettos de riches. Je veux dire, c'est le cas à Neuilly, c'est le cas dans pas mal de villes en France. Et ce qui est dingue, c'est qu'au lieu de se donner les moyens de faire respecter cette loi et de la durcir, parce que c'est totalement scandaleux de ne pas assumer cet objectif de passer de 25, et moi je dirais même à 30% de logements sociaux, eh bien on va modifier les seuils, on va alléger les choses pour que finalement les maires puissent continuer leur politique antisociale. Vous dites que l'action du logement... c'est dans les mains des communes. Sur pas mal de choses, je suis d'accord avec vous. Vous avez le plan local d'urbanisme. Mais à un moment donné, le gouvernement est celui qui a l'argent. surtout quand les communes ne sont plus autonomes pour la levée de l'impôt. Le problème, c'est que les aides à la pierre ont fondu. Les gouvernements successifs depuis 2017, et on ne les compte plus, ont fait fondre l'aide à la pierre pour le logement social, ont mis les bailleurs sociaux en situation d'asphyxie budgétaire. C'est plus d'un milliard qui leur est ponctionné à travers la réduction de loyer de solidarité. Avant de rattraper le retard, Là, le compte n'y est pas, y compris dans les annonces de Lecornu, on voit bien que le compte n'y est pas pour le logement social. On va y revenir dans un
instant. Vous parliez tout à l'heure des apprentis, François Jolivet. On va étendre ça à tous les étudiants en général. Bonsoir, Louise. êtes étudiante en kiné et vous êtes vice-présidente de la FAGE, la Fédération des associations générales étudiantes, qui vient justement de réaliser une enquête sur le logement étudiant. Vous êtes allée interroger près de 6000 étudiants. Pour quel résultat,
Louise ? Bonsoir. J'ai dû changer deux fois de logement cette année car ils étaient pleins de moisissures et j'arrivais plus bien à respirer dedans. Je n'ai pas trouvé de logement en arrivant au master. J'ai dû dormir dans ma voiture pendant plusieurs jours pour pouvoir aller en cours. Ça, c'est le témoignage, c'est deux seuls des très nombreux témoignages qu'on a recensés au sein de cette enquête, qui a été menée, comme vous l'avez dit, environ 6 000 réponses, qui a été menée pendant un mois au mois de janvier, donc tout récemment. Et ça nous permet de faire plein de constats. Je vais faire rapidement les premiers qu'on peut nommer. Mais déjà, je pense que c'est important de se rendre compte que pour un étudiant, pour une famille moyenne, on va dire que dans le budget, c'est à peu près 30% le loyer d'un logement. Pour un étudiant, c'est plus de 50% de son budget. Et donc forcément, c'est quelque chose auquel il faut s'intéresser de près pour comprendre mieux dans quelle dynamique même financière peuvent se retrouver les étudiants et étudiantes. Cette enquête révèle aussi qu'après avoir payé son loyer, Il y a un étudiant sur quatre qui a moins de 100 euros pour vivre. Le reste de son mois, on parle que du loyer, sans charge, sans rien. Et plus de la moitié, on monte 200 euros pour vivre le reste du mois. Donc quand on a des loyers qui sont autour de 500 euros à peu près sur toute la France, plus de 712 euros à Paris pour les loyers de logements étudiants, donc de petits logements, et ce, même avec l'encadrement des loyers, parce qu'on sait qu'à Paris, il y a l'encadrement des loyers, plus ou moins respecté, mais il y a l'encadrement des loyers. Quand on sait que la bourse est d'environ 280 euros et que c'est que pour ceux qui ont la chance de l'avoir, ce qui représente à peine un quart des étudiants, forcément, c'est compliqué derrière de... vivre correctement donc donc voilà en terme aussi de on sait que la population étudiante est une population très mobile, qui, pour ses études, doit bouger, que ce soit pour des stages, alternance, même juste pour pouvoir aller en master ou quoi que ce soit. Et c'est ce que nous révèlent les témoignages qu'on a eus. Et donc, 15% des étudiants mettent plus de 3 mois à retrouver un logement, etc. Ils sont au bout de la chaîne résidentielle dont on parlait juste avant. Et donc, du fait de la précarisation des familles, etc., qui restent dans leur logement, les petits logements ne sont jamais libérés. Donc, les étudiants galèrent à se loger. Et il y a aussi une norme sociétale qui dit qu'un étudiant... 40% d'étudiants qui habitent encore dans leur famille, c'est quelque chose de normal. Nous, on trouve que ce n'est pas le cas. Un étudiant à 18 ans, il est majeur. Il a le droit d'aller vivre ailleurs.
Ce que vous nous décrivez, c'est une... paupérisation des étudiants. Est-ce que ça a conduit même à un renoncement aux études, un abandon des études ? Parce que finalement, mon quotidien, c'est de galérer et j'ai même plus le temps d'aller à l'amphi ?
Oui, complètement. Dans notre enquête, on voit qu'il y a un étudiant sur deux qui travaille à côté de ses études pour pouvoir payer son logement. Et ces étudiants-là, à côté, il y a même 78% qui ne pourraient pas avoir un loyer sans de l'aide de ses proches ou quoi que ce soit familiale. Et donc forcément, ça conduit de nombreux étudiants à ne pas pouvoir aller en cours. à devoir refuser son master à Lyon quand on vient de Saint-Etienne, parce que c'est trop loin et qu'on ne peut pas se payer un loyer. Donc forcément, on a pas mal de choses qui nous... révolte dans cette enquête. Et même sur les aides au logement qui existent, il y a une très grande méconnaissance des aides qui peuvent déjà exister. Au niveau des bourses étudiantes, il y a un étudiant sur quatre qui est boursier actuellement, et tous les ans, on perd 20 000 boursiers qui sortent du système sans aucune raison. Et encore aujourd'hui, on veut retirer les aides pour le logement pour les étudiants internationaux, alors qu'ils viennent étudier en France et que c'est une riche... comme pas possible pour notre enseignement supérieur. Donc voilà, nous, on a vu au niveau étudiant... Quelles questions vous voulez leur poser ? C'est un peu ça, enfin, ce à quoi j'allais en venir. On a vu de nombreux plans qui se sont entassés, le plan des 60 000 et le plan des 45 000 logements étudiants, et voilà. Et les plans s'empilent sans jamais atteindre leur objectif. Donc nous, on a un peu... Enfin, une question, on voit que, voilà, là, les CRUS, ce sont les premiers qui logent les étudiants, normalement, qui doivent, ce sont censés être les chefs de file du logement étudiant. Pour autant, il y a un logement CRUS pour 17 étudiants. aujourd'hui on leur demande aussi d'assumer du coup un repas en euros pour tous parce que les étudiants sont aussi dans une grande précarité alimentaire donc comment on fait pour donner suffisamment on va dire bah ouais de moyens à ce réseau là avoir suffisamment de logements sociaux on a parlé de réquisitions aussi notamment enfin voilà les petits les petits logements on sait qu'ils sont très utilisés tout ce qui est Airbnb etc donc qu'est ce qu'on en fait et puis sur le logement privé qu'est ce qu'on fait au delà de l'encadrement des loyers qui comme on l'a vu à Paris par exemple ne suffit pas qui j'espère sera pérennisé mais ne suit Qu'est-ce qu'on fait pour les étudiants qui galèrent à se loger veut lui
répondre
peux commencer. Vous pouvez même ajouter, madame, j'ai eu 24 sur 20 à mon bac. Je ne me suis pas inscrit en classe prépa parce que j'étais pris en astrophysique dans un endroit bien connu ici. Je n'ai pas trouvé de logement et je fais fac de Géo, finalement, dans ma ville d'origine. Donc des rêves foutus.
Des rêves empêchés.
J'ai quelques propositions sur le sujet. On est sans doute un des rares pays qui, lorsqu'on s'inscrit à l'université, ne s'occupe pas de nous pour nous loger. Quand vous êtes dans une école d'ingénieurs, l'école d'ingénieurs vous loge. Pas toutes, mais beaucoup. Elles trouvent. En tous les cas, sur le plateau de Saclay, ça marche assez bien. Et en revanche, les universités aujourd'hui sont celles qui sont les plus gros propriétaires fonciers. Je mettrais hors Île-de-France. hors Île-de-France. Et vous n'avez plus ces problèmes-là de la même nature à Bordeaux, par exemple. Puisque sur le foncier de Bordeaux, le président de l'université a compris qu'il fallait construire des logements. Ils construisent des logements. Ils vont même démolir des amphis. Les amphis 800, 1000 places qui ne servent plus à rien, qui sont inchauffables, ça va se transformer en logement à terme, justement pour pouvoir répondre à la demande. Parce que l'attractivité de l'université de demain, ce sera avec la capacité qu'on a à louer des logements. Ensuite, vous avez... Les étudiants ne sont pas du tout prioritaires. dans les attributions de logement. C'est-à-dire que vous avez des ordres, mais comme tout devient prioritaire, l'étudiant n'est jamais prioritaire. C'est un peu surprenant. Et d'ailleurs, je sais que la FAGE porte ça, puisque j'ai eu l'occasion de vous recevoir, puisque je suis rapporteur du budget du logement et de l'hébergement pour le compte de la Commission des finances, et je sais que ça, ça commence à remuer, en tous les cas, dans l'appareil d'Etat, afin de prendre en compte. Et le repas à 1 euro, c'est que ça a sans doute des raisons aussi. Et puis après, les mécanismes de bourse, d'accompagnement, eh bien aujourd'hui, on voit bien que ça fonctionne mal. Et le vrai sujet, c'est de savoir pourquoi les étudiants lâchent leurs études. Soit c'est une erreur d'orientation, ce qui est respectable, soit c'est parce que c'est pour des raisons financières et d'accès au logement qu'on va mettre de côté l'avenir de notre pays. Et pour moi, ça, c'est pas supportable. Et pour moi, la priorité des priorités, c'est de faire comprendre aux gens plus anciens que nous sommes que la priorité doit être les jeunes. Voilà.
Et donc on fait comment, Danielle ? Je rajouterais que moi, quand je suis arrivée à Paris, la Chambre de Bonne, elle coûtait un quart de SMIC. Et aujourd'hui, j'ai presque l'impression que c'est presque les trois quarts du SMIC qui passent dans la chambre de bonne pour vous montrer l'évolution de la spéculation et pour parler en choses qui peuvent être comparables. Donc un, il y a une première priorité, c'est... que l'État mette l'argent pour produire des logements étudiants. Au point de départ, c'est l'État qui finance. Il faut une politique ambitieuse de l'État. On est toujours confronté, budget après budget, à cette règle qui est que les gouvernements successifs ne veulent pas prendre l'argent où il est. ne paye pas, ne participe pas à la contribution de l'impôt comme l'ensemble des Français. Et donc après, on nous dit, austérité, il faut faire des économies et on se retrouve avec une absence de politique publique qui planifie les besoins. en termes de logements sociaux, de la même manière qu'on laisse s'écrouler nos universités, qui manquent énormément de moyens. Et moi, je vois le degré de sélection pour entrer dans les masters qui s'ajoute au degré de sélection pour entrer au départ en licence. Tout cela est justifié par une chose, c'est qu'on n'a pas anticipé et planifié le nombre de places qu'il fallait. Donc oui, il faut une politique bien plus ambitieuse en matière de logement. Parce qu'à l'arrivée, c'est des jeunes qui abandonnent les études parce qu'ils n'y arrivent pas. Mais c'est aussi des cas extrêmement graves. Ou si vous avez même, y compris maintenant... des problèmes de prostitution dans la jeunesse. Et ça, c'est terrifiant parce qu'à un moment donné, le logement est devenu une telle crise qu'on laisse des jeunes dans des situations de précarité énormes et donc dans une fragilité par des réseaux d'emprise. Donc, on est sur un sujet extrêmement grave et une société qui ne donne pas les moyens à sa jeunesse de s'émanciper, eh bien, elle se ferme elle-même à tout avenir. Donc, il faut planifier la production de logements sociaux. Il faut être bien plus drastique sur la question du contrôle. et sur le contrôle de l'encadrement des loyers. La ville de Paris renforce ses moyens en termes de brigade pour aller sur le terrain, pour aller faire respecter. Il faut se battre aussi contre le co-living. Parce que c'est la nouvelle grosse arnaque. On va expliquer que dans un appartement qui a trois chambres, plutôt que de le louer 2000 euros, ce qui est déjà énorme, on va louer chaque chambre entre 1000 et 1400 euros. C'est ce qui est en train de se passer. Et on va essayer de contourner l'encadrement des loyers. par ce système-là. Et qui, en fait, subit cela, bien souvent, c'est les étudiants qui se retrouvent sans autre alternative que d'aller dans ces grosses arnaques où on leur propose des services. Mais enfin, c'est tout juste s'il y a une machine à laver en service collaging promis. Il faut faire attention aussi aux
fausses solutions. Je voudrais me tourner vers Benjamin. Benjamin, vous êtes agent immobilier. La crise du logement, vous aussi, vous la vivez depuis quelques années. Qu'est-ce qui se passe quand vous publiez une annonce pour un studio à 600-700 euros ?
On la retire très vite parce qu'en une matinée, on a entre 300 et 500 demandes. Et que les solutions que j'entends là, elles ne peuvent pas se satisfaire. J'entends souvent des explications. On a bien compris avec Rachel et Louise qu'on était sur une crise... de prix, mais de l'offre. on parle souvent de vouloir régler des symptômes et jamais aller à la cause. Et si on ne va pas traiter le problème à la racine, on ne le réglera pas. Nous, très clairement, aujourd'hui, on s'entend dire qu'il y a beaucoup d'appartements vides. Nous, professionnels, on ne les voit pas. Notre volonté, nous, c'est de louer. C'est des propriétaires qui ont renoncé à les
louer. La vraie
question, c'est pourquoi ils ont renoncé ? Pourquoi on les fait renoncer ? C'est ça, le problème de fonds. Il faut bien comprendre que l'immobilier change de règles tous les ans. Je vais prendre un problème très simple que tout le monde va comprendre. Tout le monde a été concerné, les DPE. DPE, c'est 4 ans.
4 changements. Diagnostic de
performance énergétique. On va être clair, au 1er janvier 2025, vous aviez un DPEG, vous n'aviez plus le droit de louer. Les professionnels ont été voir le gouvernement, ont échangé avec lui, avec les différents ministres, pour leur expliquer qu'on commettait une grossière erreur en retirant 850 000 logements, rien que ça, du marché. Au bout de 6 mois, on nous a écoutés. A l'époque, c'était... François Bayrou, qui était Premier ministre, il a changé la loi. Le temps qu'il change la loi, il l'a changé au 1er janvier 2026. En un an, qu'est-ce qui s'est passé ? Les propriétaires ont vendu parce qu'ils ont eu peur que leur appartement ne soit plus jamais louable. Un grand nombre d'appartements ont été retirés du marché. Et donc aujourd'hui, on apprend quoi ? Que finalement... Parce qu'on va suivre les obligations de la communauté européenne, on va récupérer 850 000 logements sur le parc. C'est énorme. Et on a perdu un an.
C
'est l'un des meilleurs exemples. Depuis le
1er janvier, vous les avez vus revenir ? Bien sûr.
Il suffit d'aller sur le site de l'ADEME, c'est mathématique. Au lieu de 2,3 kWh, l'obligation est à 1,9. Vous qui êtes en bout de chaîne
dans une agence immobilière, vous auriez pu ne pas voir revenir ces logements ?
Je suis gestionnaire locatif et agent immobilier. Quand on est gestionnaire locatif, on gère les biens sur le long terme. Vous
dites qu'on s'est occupé de la fin du monde avant de la fin du mois ?
Évidemment. Évidemment. Et c'est le mal français. Et en même temps, ce n'est pas souhaitable non plus de loger des gens dans des
passoires thermiques.
personne n'a dit ça. Mais je vous rappelle qu'avant que cette obligation arrive, vous refaisiez votre appartement. Eh bien, il pouvait être classéché. Parce qu'à l'époque, on ne nous disait pas qu'il fallait faire de l'isolation de 20 cm sur tous les murs. À l'époque, on ne nous disait pas qu'il fallait isoler nos plafonds. Les règles, on les change, on les impose et on se retrouve dans des situations. Nous, professionnels, nous n'avons jamais dit. que nous ne souhaitions pas, et bien au contraire, rénover le parc privé. C'est dans notre intérêt, c'est dans l'intérêt de nos clients. Par contre, ce qu'on a dit, c'est qu'à force de mettre des lois, des règles qui changent toutes les cinq minutes, vous faites fuir les investisseurs de notre pays, vous faites fuir les investisseurs de notre pays. Si demain matin, on n'a plus d'investisseurs, Madame la députée, on sera bien embêtés parce qu'on n'aura plus d'appartements à louer.
Sébastien Lecornu, le mois dernier, quand il présente son plan logement et qu'il dit qu'on va arrêter d'emmerder les Français, c'est à ça qu'il pensait ?
Il peut commencer, lui, d'abord par arrêter d'emmerder les Français. Parce que, franchement, cette expression grossière qu'il utilise, il ne supporterait pas qu'on le lui renvoie. Or, à un moment donné, il y a une petite musique qui laisse entendre que c'est parce qu'il y aurait trop de réglementations qu'il n'y aurait pas suffisamment de logements. Et c'est ce que vous relayez sur ces questions. Moi, je dis... Franchement, c'est normal qu'il y ait de la réglementation sur le logement. Un, on veut des logements, par exemple, qui soient sécurisants sur la question de l'incendie, par exemple. Personne ne va remettre en cause ces règles-là. Comment accepter des passoires thermiques et des bouilloires thermiques l'été ? C'est normal qu'on exige des réglementations. Le problème, c'est que, là où je vous suis, c'est que le gouvernement, sur ma prime, Rindove, n'a pas arrêté de faire des va-et-vient. On met les moyens, on retient les moyens. Si on permet d'accéder au dossier, on retire l'accès au dossier. Je vous assure que les réglementations sont nécessaires. La question de l'accessibilité au handicap n'est pas acceptable que le gouvernement précédent a remis en cause les impératifs sur l'accessibilité. J'entends les associations qui me disent que ce n'est pas possible. Soit les personnes en situation de handicap galèrent pour avoir un logement adapté, soit ils arrivent par le biais du bailleur par le biais de MaPrimeAdapte. disent que quand on a un logement adapté à notre handicap, on ne peut pas aller voir la famille, les amis, parce que les logements ne sont pas adaptés. Or, c'est une aberration. Si tous les logements devaient être accessibles, vous ou moi, ou je ne sais qui, quand nous arriverions à une situation où on a un accident, soit on perd notre autonomie parce qu'on devient âgé, on devient en situation de handicap et on bénéficierait de ce logement.
Je n'ai pas voté la loi climat résilience pour une de ces raisons-là. contre Lausanne, je l'assume, et j'ai été accusé par mes collègues, dont ma collègue de droite, et c'est normal, à ma droite, comme quoi... Oui, parfois, Daniel
Simonnet est à droite. Vous êtes toujours à gauche ou à droite de quelqu'un. D'ailleurs, vos idées sont respectables, je
peux les combattre, mais je les respecte. Parce qu'en fait, faire sortir 850 000 logements, comme j'avais pu le dire, lors du projet de loi Clémar les Alliances, était une bêtise. Et donc, c'était une bêtise. Et on est revenu en arrière. Et moi, je suis par ailleurs rapporteur du budget de l'hébergement, qui est un morceau du logement, du parcours résidentiel. On est passé de 900 millions à 3 milliards. Et quand on met les gens à l'abri, on ne s'occupe pas de savoir si c'est pas dans un G. Ce qui veut donc dire qu'on est toujours rattrapés par les faits. Et aujourd'hui, les faits, c'est qu'il y a un manque de logement. Je voudrais dire tout à l'heure, madame parlait de Airbnb et du rôle. Airbnb. Moi, je vais vous donner un exemple très simple. Je vais prendre l'exemple parisien parce que ça se comprend très vite. Vous avez un logement de, pour l'exemple, 100 mètres carrés, que vous louez 20 euros, historiquement, 2000 euros, ce qui n'est pas cher. Et votre loyer à la rue passe à 15 euros, à la relocation. Donc là où vous aviez 2000 euros de loyer, vous n'avez plus que 1500. Vous êtes le propriétaire et vous voulez retrouver vos 2000 euros. Vous faites Airbnb. 4 dimanches, 500 euros. 4 fois 500, 2000. Et en fait, les loyers à la rue, moi, je vous le dis franchement, dans les zones très denses, puisque ça a été expérimenté dans des villes plus denses que Paris, on fait retirer des logements du marché. Monsieur qui est un agent immobilier sait très bien, si le propriétaire veut vendre son logement, c'est en fonction de son loyer qui est pratiqué et du locataire qui est dedans, qui a un droit au maintien dans les lieux, et c'est normal. Donc sa valeur, la valeur du foncier, baisse. Et aujourd'hui, le paradoxe, c'est qu'on est dans une ville comme Paris qui fait des efforts, et je ne les nie pas, mais par ailleurs... On a plus de logements vacants
et
en dehors des règles du DPE par rapport à il y a 20 ans à l'époque de Delannoy. Donc il doit y avoir un truc qui se passe quand même. Parce que les politiques publiques aujourd'hui font en être responsables et les assumer.
Ce qui est intéressant c'est d'analyser les différentes causes de la vacance. Vous avez de plus en plus une explosion de la vacance dans un grand nombre de villes. qui sont liés au développement des résidences secondaires. Que ce soit sur Paris, mais que ce soit sur Nice, sur plein de villes du littoral, cette explosion des résidences secondaires. D'où la mise en place d'une taxation des résidences secondaires qui peut être dissuasive. Elle a été renforcée. Je vous interromps parce que c'est un peu le sujet de Vincent.
C'est un peu le sujet de Vincent, carrément même. Les meublés touristiques qui empêchent les habitants de se loger dans leur propre ville, vous êtes membre du collectif national des habitants permanents. On va le dire, c'est un collectif anti-Airbnb.
exactement. Le collectif national des habitants permanents, le CNHP, on travaille en collaboration avec une quarantaine d'autres associations à travers la France qui font face à cette problématique du logement permanent, qu'on soit locataire ou propriétaire. Notre association travaille particulièrement sur les meublés de tourisme, sur la cause des meublés de tourisme, de la crise de logement. un observatoire citoyen indépendant et gratuit qui référence l'ensemble des meublés de tourisme en France depuis plusieurs années et on constate une augmentation globale de l'offre Airbnb sur tout le territoire. On mène également des enquêtes sur le comportement des investisseurs autour de l'immobilier depuis 2017. Le monde de l'investissement immobilier est à la recherche exclusivement de la rentabilité, de la rente immobilière. Il y a des formations en ligne pour apprendre à développer son business Airbnb, que ce soit de la conciergerie, de l'investissement locatif, purement Airbnb. La particularité de ces formations, c'est qu'elles ont une certification Calliope qui permet d'être remboursée par Pôle emploi et le CPF. On cite nous
-mêmes la branche sur laquelle nous sommes assis. Les investisseurs n'ont pas attendu
l'interdiction de louer en G, n'ont pas attendu l'encadrement des loyers pour louer en Airbnb. Ces arguments sont faux. C'est surtout la recherche de rentabilité. Virginie,
je vous interromps, que dit aujourd'hui la loi ? Chaque commune est libre de décider de prendre un arrêté anti-Airbnb. Aujourd'hui, on en est où
? Eh bien, c'est certaines communes, si on prend Paris, ou d'autres, par exemple, c'est 90 jours.
90 nuit.
90 nuit, oui, enfin, 90 jours, Donc on ne peut pas louer son logement sur Airbnb ou toute autre plateforme plus de 90
jours
par an ? Oui, ça, c'est pour la résidence principale. Et si vous avez un logement qui est mis... uniquement en location, c'est soumis à enregistrement, à autorisation, à compensation. C'est extrêmement encadré, et ça, ça varie selon les communes. Il y a effectivement soit des communes très denses urbaines, type Paris, soit des communes très touristiques, côte littorale, sans doute à côté de là où habite Monsieur. Et donc, il y a tout cet encadrement qui existe. Après, il y a évidemment les contrôles qui peuvent être... notamment, si on prend Paris, il y a une brigade qui intervient. Là, il y a eu des sanctions, des sanctions financières très lourdes, puisque la réglementation a été alourdie sur les amendes qui pèsent en cas de contravention. Donc ça, c'est l'existant, mais en fait, ce qui est frappant, je trouve, dans le discours de tous ces témoignages, c'est de voir que, que ce soit pour un usage touristique, que ce soit pour un usage étudiant, que ce soit pour loger des saisonniers, que ce soit pour les gens eux-mêmes, en fait, on se rend compte que d'une seule chose, c'est que ça manque de logement puisqu'on est en train de dresser tout le monde les uns contre les autres, les touristes contre les pas-touristes, ceux qui ont une résidence secondaire, ceux qui n'en ont pas, les étudiants par rapport aux personnes âgées, enfin, on constate, en fait, on sent véritablement cette... cette tension permanente sur le logement, et il faut absolument plus de logements. Il faut qu'il y ait un moment... Vous avez évoqué le plan logement annoncé par le ministère du Logement, c'est un premier pas. ... Ça ne suffira sans doute pas, et on n'est même pas sûr qu'il atteigne les objectifs annoncés, c'est-à-dire que sur l'investissement locatif, on parle de 50 000 logements, le temps que les promoteurs, que la machine se remettent en route, vu dans quel état... C'est le
dispositif Jean Brun
? C'est ça, exactement.
Vous voulez bien nous rappeler comment... Il vient d'être lancé, là ? Il était dans le projet de loi de finances 2026.
Effectivement, dans le projet de loi de finances 2026, et en plus, il va être amendé assez rapidement, sans doute après les élections municipales. puisqu'il a été voté. dans l'état où il était, par le 49-3, et donc il y avait des choses qu'il fallait améliorer. C'est un
dispositif pour remplacer le Pinel ?
C'est un dispositif qui remplace le Pinel et qui est un peu différent puisqu'il fonctionne selon un système d'amortissement. Avant, c'était une réduction d'impôt. Là, c'est un amortissement et vous pouvez, tant pour l'achat d'un logement neuf que pour l'achat d'un logement ancien avec une quantité de travaux, je vais y revenir, vous amortissez une fraction du prix du bien dans la limite de 80% et 8000 euros par an. L'agent immobilier n'est déjà pas
content. Il va nous
dire
pourquoi. Allez -y. Il peut me dire si je me trompe. C'est pas elle qui a voté cette loi. Elle nous la décrypte.
Le dispositif, pour l'instant, c'est elle qui l'est votée. Ça, c'est dans le neuf. Vous pouvez avoir trois niveaux de loyer, intermédiaire, social, très social, avec des niveaux d'amortissement différents. Il n'y a pas de zonage. C'est plus simple, c'est partout en France. Dans l'ancien, il faut avoir fait des travaux. Et il faut que le montant des travaux soit égal à 30% du montant de l'opération. Donc des travaux conséquents. Et surtout, et c'est là où ça va être très compliqué, c'est qu'il faut que le logement, à l'issue de ses travaux, obtienne une note A ou B. Sauf qu'en fait, ce qu'on sait, c'est que... Dernière chose, les maisons ne sont pas concernées. Quand vous avez un appartement en copropriété, s'il est en dernier étage en angle, vous n'y arriverez jamais. C'est à peu près simple, ça ne marche pas. C'est exactement comme tout à l'heure quand on disait qu'on allait rendre tous les logements accessibles PMR. Donc c'est pas du tout une occasion à saisir. Les nouveaux produits, je le disais. Les nouveaux construits, c'est tout à fait possible. Les nouveaux, oui, mais pas les anciens. Les
nouveaux construits, ça veut dire construction. Ça ne veut pas dire ancien. Et la part de la construction, c'est 1%. Quand l'ancien, c'est 99%. Et comme d'habitude, c'est très français. On a un bon dispositif. On est à l'origine, nous les agents immobiliers, puisque ce qu'on appelle le dispositif chambrun, c'est le statut du bailleur privé. On l'a demandé et demandé. Eh bien, on était content. Et hop, la dernière clause, A ou B en DPE, nous rend illusoire ce dispositif. Et on espère, et merci de votre intervention très précise, puisque moi j'attendais ce fameux DPE A ou B qui a rendu... quasiment impossible,
la réalisation. Dans ce qu'on a compris, pour l'instant, c'est un peu en suspens avec la période électorale, mais dans ce qu'on a compris, c'est qu'on va sûrement réintégrer les maisons dans le dispositif, et ce ne serait peut-être pas 30%, mais 20% de travaux, ce qui peut déjà être une grosse enveloppe, et ensuite, il faut que ce soit non plus arrivé à l'objectif A ou B, mais simplement gagner deux notes sur l'étiquette énergie du bien, ce qui permettrait quand même à plus... de rentrer dans le dispositif et d'être proposé à la location ensuite. L'objectif final, quand même, c'est de loger les gens. La vertu écologique, c'est bien. C'est aussi de donner envie à ceux
qui peuvent d'investir pour permettre ensuite de loger les gens. C'est là que j'aimerais bien qu'on revienne. Est-ce que... Quel rapport on a au logement ? Aujourd'hui, le logement, ça devient un produit financier qui est sur l'étal du banquier. Et on cherche à la loi, à la puissance publique, de dire que nous ne sommes pas d'accord avec les mésusages du logement comme la recherche à travers Airbnb ou le co-living d'un profit maximum. Et pour les mesures du gouvernement, moi, je suis... Très inquiète, parce que j'ai l'impression qu'on refait le Pinel. Or, le Pinel a été épinglé par la Cour des comptes, parce que c'était vraiment des cadeaux de défiscalisation. Le montant total des avantages fiscaux qui avaient été accordés a atteigné 7,3 milliards d'euros en 2023, sans effet sur l'offre locative. Cette somme, elle aurait permis de construire 70 000 logements sociaux. Je voudrais juste terminer une chose. Vous avez aujourd'hui... 3,5% des propriétaires qui possèdent 50% du parc locatif privé. Donc moi je suis d'accord pour les préatos zéro, pour les primo-accédants, mais je ne suis pas d'accord pour donner des avantages fiscaux exorbitants comme on va le refaire pour des multipropriétaires qui pour certains d'entre eux mettent sciemment leurs logements et leurs immeubles en vacances. c'est-à-dire non occupé, parce que la bulle spéculative fait qu'il rapporte plus qu'en étant occupé. C'est par exemple la foncière du triangle d'or dans le 8e arrondissement, 200 logements qui sont vides depuis des années et des années, parce que ces immeubles vacants, eh bien, rapportent plus dans la logique spéculative. Un tout petit mot.
Moi, je voudrais réagir au propos de l'intervenant précédent, puis je conclurai sur l'amendement que je connais bien qui a été repris dans la loi de finances, dans le 49-3. Monsieur a raison. Aujourd'hui, les Airbnb... Et qu'on sort, parce qu'il n'y a pas qu'eux, tout de même. C
'est devenu un vocabulaire
court. C'est devenu quelque chose de générique pour dire... C'est un
Kleenex, quoi.
C'est comme le
Kleenex.
C'est vrai que ça pose une problématique du modèle économique du logement. Je m'explique. Que quelqu'un puisse louer une partie de son logement qui l'occupe en tant que résidence principale, 90 jours, pour se faire un complément de revenu, sans boîte à clé, puisqu'il est dans le logement... Pourquoi pas ? Qu'en revanche, quelqu'un achète un logement simplement avec l'objectif de la boîte à clés et fait perdre le statut de logement familial au logement, en fait, il devient concurrent des tapotels et il devient un hôtel tout court. Moi, je suis très clair, mais d'ailleurs, je n'ai pas été suivi. Soit on le facture à la TVA, surtout, mais par contre, il n'a plus le statut du logement. Autre parenthèse, je dis à ceux qui font ça que les jurisprudences constantes et les tribunaux judiciaires, c'est que pour faire fonctionner la loi anti-squat, il faut qu'il y ait une... Il faut que le logement soit vandalisé et quand on a la clé, on y reste. Et aujourd'hui, tous ceux qui se maintiennent dans les logements Airbnb et qui n'entrent pas dans le champ d'application de la loi anti-squat, eh bien, ça veut dire que les juges protègent le modèle familial du logement. Je referme la parenthèse. Donc je pense que tout ça va s'éteindre après. Après, sur les communes touristiques, vous entendez, mes collègues députés, vous avez des communes qui ont des statuts de communes touristiques. Si demain, on empêche ce type de location à la montagne... ou dans certaines zones balnéaires, ça va poser des soucis. La vraie difficulté, c'est qu'aujourd'hui, le législateur que j'ai invité à discuter sur le sujet 'a jamais voulu trancher, parce que tout le monde a des injonctions contradictoires. Mais en revanche, que le logement dans le 8e arrondissement, ma chère collègue, soit acheté dans un modèle économique de type 3 où on va louer 90 jours, mais pas à 500 euros par nuit ou par week-end, mais à 1 100... C'est sûr qu'on peut l'acheter beaucoup plus cher. Et le problème, c'est qu'après, ce prix plus cher devient un prix de référence. Et ça fait monter les prix tout autour. Et je crois qu'aujourd'hui, les politiques conduites dans certaines villes ont conduit à l'augmentation des prix de l'immobilier. Donc il faut que tout le monde assume ce qu'il a fait et pas fait. Et comme je crois d'ailleurs que le retrait de la puissance publique, ma chère collègue, dans le financement du logement social... fait qu'aujourd'hui, le déficit de l'opération HLM est payé par l'accédant à la propriété. Comme il achète plus cher, j'ai acheté un logement qui n'était pas à 9 000 euros du mètre. Il l'est devenu parce que BFM s'est fait, où ça se vendait à 20 000 euros. Le 20 000 euros est devenu le prix de référence. Moi, je suis monté à 9 000. Mais dans le 20 000 euros, l'accédant à la propriété, il a payé 4 000 de déficit d'opération HLM au mètre carré. et la ville ne compense pas. Tout le monde s'est organisé pour faire croire que le logement social pouvait s'autoporter. Ce sont des injonctions contradictoires qui aboutissent à la montée. Aujourd'hui, c'est les locataires qui payent.
L'argent d'une ville, c'est l'argent public. La vacance du
logement. En épluchant les programmes des candidats aux municipales, il y a une proposition qui revient souvent. C'est les bureaux vacants. Transformer des bureaux vacants pour en faire des habitations, c'est d'ailleurs ce que vous aviez proposé dans une proposition de loi à la fin de l'année dernière, Daniel Simonnet. Comment est-ce faisable ? Est-ce que c'est vraiment une bonne idée ? Reportage de Dario Borgogno, Thibaut Castan et Juliane Rolland.
les rues des grandes villes françaises et en particulier de la capitale, ces panneaux se multiplient depuis des années. Des bureaux à louer ou à vendre. La France compte 9 millions de mètres carrés de locaux vacants, dont 5 uniquement en Ile-de-France. Les spécialistes de l'immobilier l'ont en tout cas bien remarqué.
Je sors aujourd'hui sur notre site internet environ 1000 annonces. On est sur des volumes d'annonces qui sont bien supérieurs à ceux qu'on enregistrait il y a 10 ans.
La raison, un changement de comportement après
la crise du Covid. C'est bien les conséquences du télétravail et de la mise en œuvre massive du télétravail dans les entreprises qui a conduit finalement à freiner la croissance des entreprises dans leur consommation de mètres carrés.
Au bout de quatre ans de vacances, ces biens sont estimés difficiles à relouer ou à vendre. Alors, l'État encourage à une transformation de ces espaces en logement, avec notamment cette loi adoptée l'année dernière pour faciliter ces constructions. L'enjeu est considérable. Par exemple, en Ile-de-France, cela pourrait représenter à terme 150 000 habitations dans une région où il en manque 500 000. A plus tôt, ces 6 500 mètres carrés de bureaux sont donc en chantier pour devenir 118 logements.
Donc là, ce sera la future entrée de la résidence. Avant, c'était des bureaux, tout ce qu'il y a de plus classique, avec des entreprises qui avaient leur siège social.
Terminer les postes avec ordinateur place ici bientôt à des salons, des cuisines, des balcons. Les seuls restes des anciens bureaux seront les places de parking.
La seule chose qu'on a conservée de cet immeuble, c'est l'infrastructure et c'est les 5 niveaux de sous-sol.
Une opération impressionnante car la société a été obligée de tout déconstruire.
On a démoli les étages parce que le bâtiment qui existait ne permettait pas la transformation. La plupart du temps, il faut quand même venir démolir pour reconstruire.
Dans 85% des cas, la démolition est obligatoire. Des contraintes techniques qui peuvent ralentir les ambitions des promoteurs, mais aussi des maires. Bouleversement du paysage urbain, nuisance des travaux, les riverains n'apprécient pas.
On voit bien se développer ce qu'on appelle le nimbaï, le nimbi, pas dans mon jardin, et que les élus sont d'abord... le reflet de ce que leurs électeurs veulent. Et donc, on voit bien qu'il y a beaucoup d'obstacles. Sur 80 dossiers autorisés, il y a que la moitié qui a débouché.
Un potentiel encore donc sous-exploité. En 2025, seulement 57 000 m2 de bureaux vacants ont été transformés, soit environ 817 logements. Un chiffre tout de même en hausse comparé aux années précédentes.
'est vrai que sur le papier, l'idée est séduisante, mais on voit bien que dans la réalité, c'est des chantiers qui sont très lourds, qui souvent n'aboutissent pas, c'est des riverains qui déposent des recours contre ces transformations de bureaux en logements, parce qu'un bureau, ça ne devient pas forcément un logement aussi facilement, Daniel Simonnet. Alors
déjà, il faudrait peut-être arrêter de produire des bureaux. Il y a quelque chose qui est faute dans votre reportage, c'est qu'on fait croire que c'est à cause du... du confinement pendant le Covid, que du coup, il y a eu une crise de ces bureaux. En fait, il y a toujours énormément de production de bureaux parce qu'en termes d'investissement... Je
défends quand même le reportage et je défends l'équipe et la rédaction de LCP, mais il y a des chiffres qui disent clairement que post-Covid, on a eu moins 5,4% d'occupation des bureaux à cause du télétravail, donc c'est pas un fantasme. C'est un accélérateur.
Là où il faut rectifier, c'est que... Il y a eu, par contre, une progression, une augmentation de la production de bureaux. Parce que produire un bureau, même si vous n'avez pas les acheteurs, est un placement financier extrêmement rentable. Et on fait croire... Même quand les bureaux sont vides à l'arrivée. Au lieu de regarder cette réalité en face en se disant qu'il y a une folie sur la logique spéculative de produire des bureaux, on fait croire que c'est à cause du Covid et que les gens ne veulent plus travailler en bureau. Il y a un ouvrage, je l'ai dans mon sac... que c'est dommage dans vos bureaux, qui décrit toute cette faillite-là, l'immobilier... Je vous l'ai dit tout à l'heure, l'immobilier hors sol, et d'une chercheuse économiste qui démontre bien ce
problème-là. Le phénomène, c'est exact, a commencé avant. Le Covid est un accélérateur, mais parce qu'on a eu beaucoup de production de bureaux, d'abord que ça demande un temps long.
Oui, c'est-à-dire que ça ne sort pas de terre en un
an. Ça ne sort pas de terre en un an, ça peut prendre 2, 3, 4, 5, 10 ans. Quand ça arrive, ça ne correspond plus forcément à ce que les gens recherchent, en termes de localisation ou autre. Et en attendant, les vieux bureaux, ils sont vétustes. Et là, quand on dit qu'il y a 6,5 millions de bureaux vides en Ile-de-France, il y en a un tiers qui, effectivement, est vide depuis plus de 4 ans, et il faut absolument lui trouver une nouvelle vie. Le souci, c'est quand même que les communes, les villes, perçoivent de la taxe foncière que le bureau soit vide ou occupé. Donc... Il faut, à un moment, donner les autorisations d'urbanisme pour transformer ces opérations, si, techniquement, c'est faisable, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a plein de contraintes techniques. Une largeur, par exemple, les immeubles, on dit que c'est 13 mètres de profondeur, sinon, c'est pas possible. Vous savez que, par exemple, des marges d'habitation et des marges de bureau ne sont pas à la même hauteur, donc il faut refaire des escaliers. Il y a plein de choses qui sont compliquées, donc c'est pas la baguette magique. Ça peut se faire, mais il faut aussi une volonté des élus de dire qu'on transforme. Et on arrête de
donner des
autorisations
pour construire des bureaux.
Moi, ce que je voudrais vous dire, c'est que les images du reportage, on voit des immeubles haussmanniens avec bureaux à louer.
Ce sont des locaux
d'habitation.
ont été transformés en bureaux. Je rappelle que pour qu
'une maison d'habitation se transforme bureaux, il faut l'autorisation du maire. Donc que les maires, déjà, ne donnent plus ce type d'autorisation. Et le retour de ces logements, de ces bâtiments, de ces espaces à un logement, c'est assez facile et ça ne pose pas de problème. Ensuite, vous avez les immeubles de bureaux, comme on dit, en surépaisseur. On a un exemple très frappant en Ile-de-France, c'est la défense. La trajectoire d'occupation de la défense, nous dit-on, de multiples études, c'est vacante à 75% dans 20 ans. Ce sont des immeubles de bureaux. Et on nous explique aussi que les tours, pour des raisons de mécanique des sols, parce que dessous, c'est vide, c'est vraiment construit sur une dalle, eh bien, si on en écrase une... Ça peut faire tomber une autre, qu'on ne veut pas faire tomber. Ce qui veut dire qu'on est condamné à vivre avec la défense, soit avec une friche à long terme, soit à lui trouver une autre destination. Bien entendu, quand on veut transformer des bureaux en logement, parce qu'il y a deux villes qui encaissent, je crois, 700 millions d'euros de taxes foncières, il faudra trouver le modèle économique nouveau de ces villes. Ensuite, il faudra trouver le modèle économique des propriétaires. Je vous rappelle que ces propriétaires-là sont souvent des gestionnaires d'assurance-vie. Ce sont les placements des Français
qui
sont dans la défense. Et ensuite, il faudra trouver des règles. afin de pouvoir adapter ces immeubles à un fonctionnement de locaux d'habitation, puisque nous sommes le dernier pays et le seul pays au monde à avoir des règles pour les bureaux et pour les habitations. Et figurez
-vous qu'il va falloir inventer encore d'autres règles. Je vous présente Joey, si vous voulez bien. Bonsoir, Joey. Joey est architecte. Et alors, il est architecte à l'île. mais lui, il s'est lancé dans une construction un peu particulière. Vous fabriquez quoi, Joey ?
Moi, je fabrique des tiny houses. Je suis venu aujourd'hui un peu pour parler de ce type de logement qui est un type d'habitat alternatif. Je rajouterais même en plus à tout ce qui a été dit sur cette crise de logement que les villes, dans le futur, vont faire face à une augmentation encore de leur population sans possibilité de s'étaler urbainement sur le territoire. Et donc, en ce sens, la question du partage et de la mutualisation des espaces va devenir très importante. Alors,
on en voit à l'écran, on en voit certaines de vos tiny houses. Donc, c'est des habitats... Tout petit, c'est ça ? Oui,
c'est ça. Ce sont de micro-habitats. Donc, je voudrais juste poursuivre aussi sur ce que j'étais en train de dire. Du coup, je voudrais réagir aussi à ce que disait Madame la députée. On sait que le partage et la mutualisation des espaces seront très importants dans le futur. Et je trouve difficile de réfuter le co-living en tant qu'habitat. Car je pense que dans le futur, 5 ménages n'auront pas besoin forcément de... de posséder 5 salons, 5 buanderies, 5 espaces, et donc la mutualisation de l'espace, c'est ce qui permettra... Une mutualisation,
si elle n'est pas spéculative, ça peut être intéressant. La
mutualisation, c'est ce qui permettra de gagner des mètres carrés sur la ville et de loger plus de personnes.
Il nous reste peu de temps, mais je voulais terminer avec vous. En quoi est-ce que la tiny house, la mini-maison, c'est pour vous une solution à cette crise du logement ?
La tiny house, cette crise de logement, on voit qu'elle est quantitative, mais elle est également qualitative. La tiny house représente un nouveau mode de vie en accord avec son environnement, un espace minimum. C'est un espace minimaliste qui n'est pas fondé. C'est-à-dire qu'une tiny house n'a pas le même impact sur le sol qu'un bâtiment fondé en béton.
on n'a pas d'artificialisation du sol. Il n'y a pas besoin de permis de construire, je crois,
mais il faut
quand même trouver des terrains.
'est ça, il faut trouver des terrains. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a les tiny house, mais également le phénomène de village qui se développe et qui accueille des communautés actives désireuses de vivre ensemble. Et donc aujourd'hui... La question que je pourrais vous poser aussi, c'est comment est-ce qu'on pourrait aider toutes les associations et toutes les collectivités qui tentent, qui pourraient vouloir aussi mettre en place des projets de tiny house dans leur ville. Car la tiny house aussi, c'est un logement qui est abordable,
qui
se construit rapidement et qui peut aussi représenter une solution. Ça fait toujours
un toit au-dessus de sa tête quand même. C'est
ça, oui. je dirais qu'aujourd'hui, les types de logements alternatifs ont du mal encore à être institutionnalisés. Et comment on pourrait accompagner toutes ces associations ? Aujourd'hui, elles font un travail qui est très difficile. Comment les aider à mettre en place ce projet et à donner plus de force ? Une
réponse très courte.
Je ne considère que nul ne l'est pour subir. Je suis pour la liberté. S'il y a des gens qui veulent habiter dans des habitats format bungalow, sans permis de construire, ça m'interroge tout de même. Il n'y a pas de taxe financière. Il faut sans doute envisager quelque chose pour la collectivité si ça devait se multiplier. La collectivité a obligé de donner des services. Pourquoi pas ? Il faut que les gens aient la liberté de choix. Moi, je pense qu'aujourd'hui, il faut permettre aux gens d'avoir la liberté de choix. Une
heure, ça passe tellement vite quand on est tous ensemble. Merci à tous d'être venus sur le plateau de chaque voix compte. Merci d'être venus répondre à notre public. Merci beaucoup, Virginie. On vous lit dans Challenge. Cette émission est rediffusée tout à l'heure à 23h30. Lundi, vous retrouvez l'ami Francis Letellier pour l'Indicé politique. Son invité sera Valérie Hayé. Chaque voix compte revient mardi à 19h30 et c'est Clément Méric qui sera aux commandes. Passez une excellente soirée sur LCP. Canal 8.
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