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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Bonsoir à tous, très heureuse de vous retrouver pour chaque voix compte sur LCP. Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débat en direct de l'Assemblée nationale avec, pour m'accompagner ce soir, la sémiologue Mariette Darigrand. Bonsoir Mariette. Bonsoir Adeline. Et Laurent Guimier. Bonsoir Laurent. Bonsoir Adeline. Merci à tous les deux d'être là, vous allez bien ? Très très bien. Alors c'est parti pour le sommaire de ce soir avec dans chaque voix compte la gueule de bois de la filière viticole française. Consommation en baisse, exportation en berne, menace de surtaxe douanière, arrachage et surproduction. C'est dans un climat très tendu que se tient cette semaine le salon Wine Paris qui réunit tous les professionnels du monde entier. Et ce soir on va quand même essayer de voir le verre à moitié plein avec nos invités. Bonsoir Sandra Marceau. Bonsoir. Vous êtes députée ensemble pour la République de Charente. Vous êtes notamment l'autrice d'un rapport sur les stratégies de marché de la filière vitivinicole. Merci d'être là aux côtés de Jean-Marie Fabre. Bonsoir.
Je suis
le président des Vignerons indépendants de France. Merci d'être là et bonsoir Isabelle Bachelard. Bonsoir. Journaliste dégustatrice à la revue du vin de France et à Vitisphère. Merci d'être là. Mariette Darigrand, votre mot du jour ? On
va beaucoup parler de la chose, le vin. Moi, je vais vous parler du mot. Adeline, il est apparemment franco-français, mais en fait, très international, très voyageur.
Vous nous raconterez ça tout à l'heure, Mariette.
Et vous,
Laurent, quelle histoire allez-vous nous raconter ce soir ?
Alors moi, je vous emmène aux Etats-Unis, mais pas pour parler de vin californien, mais de la Maison Blanche, dont une partie a été rasée par Donald Trump. Et au-delà du fait qu'il aime bien faire du béton, on va voir que c'est un sacré coup politique.
Dans la deuxième partie de Chaque Voix Compte, c'est la question qui fâche, enfin plutôt les trois lettres qui fâchent ce soir. P, P, E. Merci à tous. pluriannuel de l'énergie. C'est simple, c'est la feuille de route énergétique de la France pour les 10 années à venir. C'est elle qui dit si on met plus ou moins de renouvelables, plus ou beaucoup plus de nucléaires. On l'attend depuis plus de deux ans et Sébastien Lecornu va finalement signer un décret après-demain. C'est notamment là que le bas blesse et nous en parlerons tout à l'heure avec Jean-Luc Fugit, député ensemble pour la République du Rhône, Julie Laernos, députée écolo de Loire-Atlantique et Maxime Emblard, députée rassemblement national de la Meuse. Vous pouvez vous aussi... interroger nos invités ou nous faire part de vos réflexions ? C'est simple, vous le savez, c'est le QR code qui s'affiche ici. Il sera là pendant toutes les missions et c'est Laurent Guimier qui attend vos messages avec sa sacrée tablette. Et puis on n'oublie pas, bien sûr, Bourbon Express tout à l'heure, le journal de l'Assemblée nationale présenté par Stéphanie Despierre. Nous reviendrons notamment sur l'audition d'Élise Lucet devant la commission parlementaire de l'audiovisuel public. Voilà, vous savez tout pour le menu de ce soir. Installez-vous confortablement, chaque voix compte, c'est parti. C'est le plus grand salon du vin au monde et il se tient en ce moment même à Paris avec un goût amer. Parce que le constat est simple, on boit moins de vin en France et on en vend moins à l'étranger. Wine Paris, ce n'est pas juste un salon, c'est aussi un moment de vérité pour une filière obligée de se réinventer. D'abord les chiffres avec Nicolas Fleury.
Emmanuel Macron avec les vignerons pour leur montrer son soutien. Car la crise du secteur s'aggrave. exportations de vin français vers les Etats-Unis ont chuté de 21% l'an dernier en raison des taxes imposées par Donald Trump. Le pays est le premier acheteur de vins tricolores. Alors le président appelle à trouver d'autres débouchés.
L'un des points clés, c'est de bien l'exporter en Europe et puis d'aller conquérir de nouveaux marchés. On parlait là de l'Inde, on parle du Canada, on parle du Brésil, il y en a beaucoup.
Vendre nos bouteilles à l'étranger pour sauver la filière. Si la France reste le deuxième pays consommateur mondial de vin derrière les Etats-Unis, les Français en sont de moins en moins adeptes. Depuis des décennies, la consommation n'a cessé de baisser, passée de 115 litres par habitant en 1960 à 17 litres en 2018. Parmi les raisons, bien sûr, la prise en compte des dangers de l'alcool et des efforts en matière de prévention.
La bonne santé n'a rien à voir avec l'alcool.
Des campagnes que certains députés n'hésitent pas à remettre en cause, notamment au RN. Le
vin est mis sur le même plan que les alcools forts. On lui colle des messages sanitaires terrifiants face à la stigmatisation permanente. Car lancerez-vous une véritable campagne de valorisation de notre patrimoine viticole ?
Au désamour des Français s'ajoutent les aléas climatiques. Intempéries et sécheresses incendies quand ce n'est pas la guerre des prix des supermarchés qui pousse certains viticulteurs à vendre à perte. D'autres sont contraints d'arracher leurs vignes. Plus de 20 000 hectares ont ainsi disparu l'an dernier et de nouvelles aides publiques doivent les encourager à aller plus loin.
Le gouvernement a bien décidé de consacrer une enveloppe de 130 millions d'euros de crédits nationaux destinés à l'arrachage de vignes pour répondre structurellement à la surproduction.
Produire moins ou produire pour d'autres marchés, celui des boissons sans alcool en plein essor intéresse certains exploitants. Selon les prévisions, la consommation de vin devrait, elle, continuer à baisser de près d'un pour cent par an dans toute l'Union européenne.
Alors on va prendre les problèmes dans l'ordre. D'abord la consommation, on n'a donc jamais bu aussi peu de vin en France. Isabelle Bachelard, à quoi est-ce que vous vous attribuez la baisse de consommation depuis 1960
?
Un
manque d'éducation, principalement. Éducation au vin, mais aussi éducation au goût, qui fait vraiment défaut. L'éducation au goût dans les écoles et aussi à la... à la cuisine, enfin, aux produits. Il y a eu une semaine du goût qui a existé dans les années 70 ou 80 dans les écoles. C'était formidable, ça a disparu. Mais à l'époque, on ne faisait pas goûter du vin aux enfants. Non, mais on faisait une formation au goût. Ou alors j'étais pas dans cette école-là. Non, mais on faisait une formation au goût. Et le vin, on peut pas avoir la même formation au vin. qu'à d'autres matières, dans la mesure où il faut attendre d'avoir 18 ans ou 16 ans hors la loi. Et donc, on est en retard par rapport aux autres domaines qu'on peut étudier, le sport, la musique, etc. Et donc, il faut rattraper le temps perdu. Et comme il n'y a pas de formation au goût et qu'il y a de moins en moins de formation dans les familles, à la cuisine, aux produits, à faire attention à ce qu'on mange, à ne pas manger à n'importe quelle heure... comme des nouveaux-nés toutes les trois heures, il y a un gros, gros trou et le manque de repas. le ressentez,
Jean-Marie Fabre ? Il y a un défaut de transmission aujourd'hui
pense que c'est une des raisons, mais c'est pas la seule aussi. Vous remontez à 1960, le vin à l'époque était un vin aliment. Il faisait partie du repas, ce qui permettait au repas d'être plus calorique parfois. En tout cas, il résolvait parfois des problématiques sanitaires en matière de consommation de l'eau. Et le vin faisait partie, comme la baguette, des choses qu'on mettait en premier sur la table. Et à cette époque-là, on mangeait à table le matin, à midi et le soir. La société a changé. On a aujourd'hui un vin qui n'est plus un vin aliment, mais qui est devenu un vin plaisir. On peut regretter ce moment-là de consommation plus massive. Moi, je pense que l'éducation au goût est importante, mais la jeune génération n'a pas tourné le dos au vin. Elle consomme différemment, dans des moments, à des occasions, dans des modes de consommation qui ne sont pas celles de mes parents et de mes grands-parents. On peut le regretter, mais la société a changé, je crois. Elle ne vit plus comme elle vivait il y a 30 ou 40 ans. Il faut prendre en compte ces éléments pour comprendre aujourd'hui quelles sont les attentes de ces consommateurs qui cherchent du sens dans le vin, qui cherchent des valeurs, qui cherchent de l'émotion. Et c'est valable en France, mais croyez-moi aussi, c'est valable dans tous les marchés qui s'ouvrent à nous. Et Dieu sait qu'il y en a.
Sauf que moins mais mieux, boire moins mais mieux, ça ne fait pas vivre tous les viticulteurs français. Vous avez
raison, mais c'est une erreur. Ils ne boivent pas moins, ils boivent différemment. Si mon grand-père était là et qui, au lieu de boire 140 litres en buvait 30, je dirais qu'il boit moins. Mais la génération d'aujourd'hui n'a jamais été habituée à boire 140 litres. Elle boit par contre un produit qui lui raconte une histoire avec un récit, avec du sens, avec des valeurs, avec des hommes et des femmes derrière qui transmettent un savoir-faire. Et là, on a une problématique, en tout cas un devoir d'éducation, parce que le vin n'est pas qu'une boisson. c'est aussi tout un tas de choses sur les paysages, sur les valeurs, sur la santé. Et donc, c'est ce qu'attendent les consommateurs d'aujourd'hui. Moi, je pense qu'ils boivent à leur niveau, en France et dans le monde, à nous de leur raconter cela et de ne pas se limiter à la nostalgie de ce qu'était la consommation volumique du passé.
Sandra Marceau. Emmanuel Macron le disait hier en inaugurant Wine Paris, il faut défendre la consommation avec modération et la rendre compatible avec la santé publique. Est-ce que vous, en tant que député, vous n'êtes pas tiraillé, est-ce qu'on n'est pas en pleine injonction contradictoire avec d'un côté inciter les Français à boire du vin et en même temps inciter les Français à faire attention
Je pourrais vous dire oui, c'est compliqué, sauf qu'il y a quand même une politique de prévention, peut-être qui est aussi un des arguments pour expliquer la baisse de consommation aussi, notamment ces dernières années, voire ces dernières décennies. Je pense que c'est une question à la fois de nouvelles éducations et la prévention et la modération. Quoi qu'en disent les détracteurs, parce qu'en tant que parlementaires, on a l'occasion évidemment d'auditionner plein de monde et de s'interroger au sujet, on va dire, à 360 degrés. Et donc, il y a une association qui s'appelle Prévention et Modération et qui fait le job, évidemment qui est financé par la filière, c'est pour ça qu'elle est critiquée. Oui, vous parlez des détracteurs qui dénoncent le lobby de la filière viticole. Et qui sont une forme de lobby, moi j'ai pas peur de le dire. Et je crois qu'on doit... être modérée, on doit pouvoir l'être et défendre, comme le fait d'ailleurs bien sûr très bien Jean-Marie et ses collègues et madame. Mais ce que je veux dire, c'est que vraiment, voilà, il y a... Mais vous êtes coincée quand même. Non, il y a un travail qui est fait. Moi, je crois qu'il faut peut-être plus encore accompagner justement et comprendre ces efforts de prévention, de modération avec des campagnes qui se font dans les grands événements festifs, dans les bars, dans les restos. Il faut aller voir ce qu'ils font quand même avant de critiquer. évidemment, je ne parle pas de vous, et puis derrière, moi, ce que je combats, c'est que derrière, on répond souvent à plus de taxes, sauf que sur des alcools forts, notamment, c'est 70% de taxes sur une bouteille, donc forcément, peut-être que ça a aidé à moins consommer aussi, mais ça rapporte de l'argent à l'Etat, donc vous voyez, moi, c'est ça que je trouve contradictoire.
Jean-Marie Fabre, est-ce qu'il y a des vins qui souffrent plus que d'autres de cette baisse de la consommation, les rouges, les blancs, ou certaines appellations ? Alors
en fait, on pourrait le vivre comme ça. Ce sont des vins qui ne correspondent plus. aux attentes du consommateur ou pas suffisamment. Et donc il y a des segments, notamment historiques, la production de vin rouge était dominante en France, aujourd'hui elle est en train de se rééquilibrer, mais encore une fois, le consommateur, qu'il soit français ou étranger, quelle que soit sa tranche d'âge aujourd'hui, veut des vins qui parfois sont concentrés et puissants, mais veut aussi des vins frais, des vins dynamiques, des vins rosés, des vins effervescents, des vins avec des plaisirs et des occasions de consommation qui sont différentes. Et donc effectivement, on peut avoir, parce que la vigne est une culture pérenne et qu'on ne réoriente pas la production viticole. aussi facilement qu'une autre production agricole. Parfois, pendant 30 ou 40 ans, le vignoble est installé pour être amorti et donc rentabilisé. Mais on a ce devoir aujourd'hui de bien sentir, non pas les attentes du consommateur, mais ce que le consommateur préfère dans son comportement. à la fois dans sa consommation gastronomique, mais pas que, pour que le vin puisse y répondre. La
préférence du consommateur, ça veut dire qu'il y a certains vins qui sont condamnés à mort ?
Non, du tout. Ça veut dire qu'il y a des vins qui doivent se réinventer, d'abord en racontant un récit différent, mais aussi en s'adaptant au moment de consommation. Mais c'est quoi raconter
un récit différent ? Parce que c'est faire de la publicité, et là, vous allez buter contre la loi. Non,
du tout. Elle permet des choses, mais raconter un récit différent, c'est pas vendre un produit aliment. 'est vendre l'histoire des hommes et des femmes qui sont derrière, c'est vendre l'histoire de son terroir. C'est aussi toucher à l'accord sensible de ce qui fait sens et valeur. L'environnement fait valeur aujourd'hui, la partie sociétale fait valeur. On parlera tout à l'heure du dérèglement climatique qui nous frappe fortement. Ces messages-là, le consommateur d'aujourd'hui a besoin de se les faire sien. C'est ce qui fait qu'il adhère au produit plus. par ce qu'il incarne que par ce qu'il est réellement.
Vous parlez des segments qui correspondent un peu moins, de façon pudique aussi, peut-être de dire bonne qualité, mauvaise qualité, non ? Il y a ça, quand même. Ça, on l'entend beaucoup. Peut-être que vous allez me dire que c'est pas vrai,
mais dites-le franchement. Oui, je vous le dis très franchement. Vous savez, je suis producteur d'abord avant tout. La qualité, c'est très subjectif. Entre vous et moi, Madame en déguste tous les jours. C'est pour ça, on entend beaucoup ça. Il y a bien évidemment les défauts et pas les défauts d'un vin. Mais ensuite, heureusement, la panoplie des consommateurs fait qu'ils attendent... des produits différents, là où vous et moi, peut-être, on n'aurait pas été, à l'époque, interpellés. Donc la qualité est un élément de base nécessaire. On a la chance d'avoir un vignoble français qui fait le rayonnement de notre pays, mais qui fait aussi notoriété et foi dans beaucoup d'autres vignobles. Si les vignobles se sont développés dans ce qu'on appelle les pays du Nouveau Monde, c'est avant le savoir-faire français qui s'est exporté. Donc on ne peut pas renier le niveau qualitatif de notre production. Mais ça ne suffit pas. de qualité aujourd'hui ce n'est pas forcément interpeller le consommateur parce qu'il n'achète pas un produit aliment encore une fois dont il a besoin au quotidien mais un produit qui lui raconte une histoire qui le fait vibrer et le côté émotionnel ça se vit en direct et ça s'explique pas juste dans un linéaire de grande distribution ou par juste la dénomination d'un produit
Isabelle Bachelard, vous qui écrivez dans la revue du vin de France, vous savez ce que c'est de raconter une histoire ?
je suis un peu payée pour ça. C 'est formidable ! est-ce que... J'ai plein d'histoires à raconter, je veux dire, j'ai pas en inventé, je ne me donne pas de mal. Mais c'est vous qui les racontez.
Ce que dit Jean-Marie Fabre, c'est que c'est aux viticulteurs eux-mêmes de mieux les raconter.
Oui, mais c'est surtout qu'il faut des intermédiaires, que ce soit la presse, et un des problèmes, c'est les rayons des grandes surfaces, c'est les gens qui se servent de n'importe quelle bouteille sans savoir, qui prennent une bouteille parce que l'étiquette les amuse, sans savoir ce qu'il y a derrière, et ils voient pas la différence, et ensuite, ils achètent une bouteille, ils se retrouvent chez eux, ça leur plaît pas, et ils disent la prochaine fois, je vais prendre de la bière. Donc c'est... Et ça, c'est ce qu'on espère. C'est pour ça que je pense que les intermédiaires, que ce soit les restaurateurs, les sommeliers, les cavistes, mais aussi tous les restaurants qui n'ont pas de sommelier et qui n'ont même pas de maître d'hôtel, ils ont des serveurs. Il faut qu'ils respectent le vin, qu'ils le servent, qu'on ne vous apporte pas des verres de vin dans des ballons tenus dans des mains. Il faut que le service fasse comprendre que vous avez un vrai produit et qu'on fasse attention. Il y a beaucoup d'endroits où je ne vais jamais prendre un vin au verre parce que je sais qu'il va arriver trop chaud dans un verre pas adapté. Si on est deux, une fois sur deux, ils vont inverser les vins. quand je dis une fois sur deux, c'est deux fois sur trois. Ils apportent deux verres, et heureusement que moi, je commande toujours deux vins différents, même si c'est moi qui choisis pour l'autre personne, et je prends deux vins très différents pour être sûre que je vais pouvoir les reconnaître. Vous êtes une
experte.
Vous comprenez que le client qui demande un verre d'un vin frais, facile, et puis on lui apporte un gros patapouf botanique... il va dire, je comprends rien, j'aime pas ça et j'arrête de boire. C'est important ce que vous dites pour les restaurateurs
aussi.
Bien sûr. Il y a des pays où les vins sont vendus un peu moins
cher qu'en France. Bien sûr, la baisse de la consommation, mais aussi l'arrachage et l'export dont on va parler dans un instant, ce sont des chiffres qui sont tombés hier et aujourd'hui et qui hantent les allées du salon Wine Paris où se sont rendus Dario Borgogno et Benjamin Dahan. Regardez, on va être des petites souris dans les allées du salon. C'est un salon qui est réservé aux professionnels, mais nous, on vous y emmène ce soir. Regardez.
'est le rendez-vous de l'année pour de nombreux vignerons, là où ils vont négocier leurs ventes pour l'année à venir. Alors forcément, ils affichent un optimisme. Avec modération.
C'est qu'il se vend encore dans le monde des millions et des millions et des millions de bouteilles. Donc on va rester positif. Certes, il y a des problèmes de production, il y a des problèmes de coût de production, il y a des problèmes de taux de change, il y a des problèmes aux Etats-Unis avec toutes les taxes qui sont là. Mais le monde continue à fonctionner.
Cela fait tout de même pas mal de problèmes. En tête des inquiétudes, les droits de douane imposés par Donald Trump. De nombreux viticulteurs présents à cette exposition sont là pour trouver d'autres clients.
Les Etats-Unis, c'est deux tiers de ma récolte. On ne peut pas dire que ça ne fait pas peur, mais ça fait 25 ans qu'on travaille là-haut, on a une bonne clientèle, on est bien implanté. Mais bon, il ne faut quand même pas mettre tous ses oeufs dans le même panier.
Ce producteur de champagne a subi des effets plus immédiats.
New York, on l'a vu baisser sur les deux dernières années de 40%. Donc c'était significatif. surtout sur les cavistes. Parce qu'en plus là, il y a des changements de consommation.
Des consommateurs moins nombreux. Un phénomène remarqué aussi par cette grande maison de créments alsaciens, malgré leurs 13 millions de bouteilles écoulées en 2025.
C'est légèrement en baisse. Il y a un désintérêt pour le vin, une baisse de consommation de la part surtout des jeunes consommateurs qu'on essaye de capter. Le cœur de cible aussi, pour des raisons de santé notamment. Là, on étudie une piste pour du... Vins bas en alcool, faibles en alcool.
S'adapter à ce changement de comportement semble donc possible. Mais en revanche, face au dérèglement climatique, les producteurs sont souvent impuissants. Ces viticulteurs ont dû affronter récemment les conséquences de gelées inattendues sur leur vigne.
Nous avons perdu 80% de notre récolte en 2024 et autant en 2025. Vous imaginez bien qu'il est difficile de tenir économiquement quand vous perdez autant sur une récolte. C'est vraiment, je pense, l'effet le plus préoccupant. Des conditions politiques, des conditions économiques sur certains marchés. On peut se dire, bon, on vendra moins sur ce pays-là, puis on va essayer de se recentrer sur un autre. On peut maîtriser. Mais malheureusement, le climat, on ne maîtrise pas.
Et pourtant... Certains continuent de se lancer, comme ce vinificateur bordelais.
'est pas forcément facile. Avant, le nom de Bordeaux, tout seul, faisait vendre la bouteille. Et ça se vendait, entre guillemets, tout seul. Alors qu'aujourd'hui, il faut vraiment réussir à montrer qu'on a un réel savoir-faire. Certains disent, ça va aller mieux l'année prochaine. Effectivement, c'est pas forcément mieux. Et c'est même encore plus un peu la crise. Donc ouais, il faut s'accrocher aujourd'hui.
S'accrocher, mais pour combien de temps encore ? Dans le contexte actuel, 2026 semble déjà s'annoncer comme un cru économique à ses moyens.
de se projeter sur 2026, on va d'abord revoir cette année 2025 redoutable. Isabelle Bachelard, on a eu les chiffres aujourd'hui des exportations de vin français. On s'y attendait. Moins 21% en 2025 vers l'Amérique. C'est l'Amérique qui a fait plonger les exportations françaises.
'est un grand pays et on comptait beaucoup dessus. Ca reste quand même le premier pays de destination des vins. Et les Américains aiment les vins français. Toujours ? Ils aiment les vins français, et en plus, les vins américains sont très chers. Donc, à moins que ça ait changé très récemment, les vins français étaient quand même, pour les gens qui savent les choisir, relativement abordables aux Etats-Unis par rapport à l'équivalent californien, qui est très très cher. Jean-Marie Fabre,
une bouteille de vins français aujourd'hui aux Etats-Unis ? il faut compter combien quand on est américain pour s'acheter une bonne bouteille de vin français
'est la même différence qu'en france on peut avoir des bouteilles à 8 ou 10 dollars on peut les avoir à plusieurs centaines voire plusieurs milliers de dollars la notoriété fait aussi le prix Si le fond de votre question, c'est est-ce qu'aujourd'hui, la taxe appliquée sur nos vins n'est pas un frein ? Oui, c'est une entrave, tout autant que la parité de dollars et euros qui nous est défavorable, nous exportateurs. Mais vous avez raison, les Etats-Unis, c'est le premier pays en consommation au monde et c'est celui sur lequel la France réalise son plus gros chiffre d'affaires et sa plus grosse valeur ajoutée. Donc chaque fois que dans ce pays, nous avons, avec la politique américaine, des coups de boutoir en matière de menaces, de taxation sur nos... pays en production et donc sur le côté stratégique des vins français, cela tend ou distante nos relations commerciales. Et les 21%, c'est pas uniquement le fait de la taxe, c'est juste l'incertitude commerciale qui fait que nos importateurs n'ont pas osé mettre sur des containers des bouteilles qui seraient arrivées chez eux, parfois avec 200% de menaces. Donc ça, ça a freiné, ça a distendu notre relation commerciale. Mais maintenant que le
doute sur ces 200% est a priori levé pour quelques mois, est-ce qu'il faut s'attendre à un petit effet rebond dans les produits ? C
'est déjà le cas à Wayne Paris en ce moment, mais je suis un peu plus mesuré que vous. J'espère que le doute est levé, mais avec l'administration américaine, en fonction des sujets, on passe de 200 à 15, à 30, à 200. Les choses changent en 24 heures, voire parfois en 12 heures. Donc on est toujours dans cette incertitude. Je pense qu'effectivement, et on l'a vu, nous espérons qu'à la fois la certitude d'une... stabilité politique française qui pouvait aussi peser et d'une relation commerciale un peu plus apaisée avec notre partenaire américain, les importateurs, les distributeurs qui ont fait le doron et qui ont un peu épuisé leur stock repassent aux achats en ce moment. C'est une très bonne nouvelle, même si effectivement, le consommateur américain va payer entre janvier 2025 et janvier 2026 une bouteille française à peu près à 30% de plus que ceux qui le payaient en 2025. Donc ça peut être un élément qui va freiner. la consommation de nos produits tout simplement parce que l'arbitrage économique lié au pouvoir d'achat, il existe partout dans la planète aujourd'hui et il est lié à plein d'autres éléments dont nous sommes forcément victimes.
Est-ce que le Mercosur vous redonne de l'espoir ?
le secteur des vins et spiritueux, tous les accords de libre-échange... On a beaucoup
vanté justement la filière viticole qui serait la grande gagnante de ces accords avec les pays du Mercosur. Ça va être vrai ?
Oui, je le redis, la filière viticole, c'est la troisième ou la seconde performance française dans la balance du commerce extérieur. C'est aujourd'hui un secteur qui doit croître dans ses gains de part de marché à l'export et partout où les droits de douane vont être abaissés ou nuls, partout où on sera en capacité de faire valoir notre... compétitivité, mais aussi notre qualité et notre avantage concurrentiel. L'Inde en est un demain, l'Afrique du Sud, le Mercosur est un très mauvais accord sur le volet agricole, qui est celui de l'alimentation, mais s'il est ratifié et s'il se met en application, il sera bénéfique pour quelques secteurs francs-france, dont les vins spiritueux, mais je dis, nous avons besoin de tous les accords de libre-échange, il faudra... comme pour l'Inde, qu'on sorte les accords agricoles, ceux de l'alimentation et de la sécurité alimentaire, et qu'ils permettent enfin au secteur de performance française, dont les vins spiritueux, de rentrer sur les marchés, excusez-moi du terme, sans avoir le cul entre deux chaises.
Sandra Marceau, c'est faisable.
Alors, moi, ces accords très spécifiques, dits sectoriels, comme certains qui... Pour qu'on comprenne
bien, c'est comme si on ait fait le Mercosur, mais que pour le vin et les spiritueux. Moi, ça... Alors, je
ne sais pas vraiment... Non, je vous dis qu'il faut sortir le vin des accords de liberté, parce qu'on se ferait concurrence les uns les autres, en réalité.
Il faut sortir tout ce qui constitue notre alimentation de tous les accords commerciaux. Regardez l'accord de l'Inde.
Vous mettez le vin dans quoi, alors ?
Dans tous les... On sort les produits agricoles. de tous les accords commerciaux, sauf le vin. Le vin, aujourd'hui, en Inde, fait partie du traité indien, avec l'aéronautique, avec le luxe, avec tout un tas d'autres sujets. L'alimentation n'y est pas. Pas de poulet indien. Bien sûr, et le Japon, pareil. En 2017, on signe un accord de libre-échange en B2B sectoriel, alors que c'était un marché mature. On fait plus 14 % en volume, plus 18 % en valeur. Donc notre secteur ne doit plus être en permanence. est tiré, j'allais dire, tiraillé entre est-ce que c'est bon pour une partie de l'agroalimentaire français et est-ce que les vins spiritueux peuvent pas être une balance qui pouvait rendre acceptable cet accord-là ?
Sandra Marceau. Moi, je ne suis pas totalement d'accord parce qu'on a une grande partie, par exemple, de produits laitiers et de fromages qu'on produit en France et qui sont reconnus dans le monde entier et qu'on exporte. Donc, il faut faire aussi très attention, on exporte 50% des céréales qu'on produit aussi. Et c'est pour ça que ça m'interroge. Il faut des traités, c'est sûr. Il faut bien les négocier. Moi, je suis pour les traiter parce que ça garantit justement à nos productions qui sont reconnues dans le monde entier pour leur qualité. Et c'est pas que le vin est spiritueux, bien sûr, si je défends évidemment énormément cette filière aussi, vu la région dont je suis.
Mais on a bien
vu avec l'accord sur
le Mercosur à quel point ça pouvait créer des crispations énormes de mélanger les intérêts des viticulteurs avec
du poulet brésilien. Je pense que je suis peut-être une des seules à le dire ouvertement, mais je sais qu'il y a des collègues qui pensent comme moi. Je suis une des seules à ne pas m'être opposée au Mercosur dans l'hémicycle. Moi, je dis aussi à ceux qui, chez moi, travaillent de près ou de loin dans la viticulture ou dans le cognac, quand ils s'interrogent et qu'ils prennent des positions pour soutenir leurs collègues agriculteurs dans d'autres productions, je leur dis, est-ce que vous entendez aujourd'hui encore parler du CETA et du fameux bœuf aux hormones, comme on a parlé de Marthesure, qui est venu, mais très peu, à quelques dizaines, centaines de tonnes. Non. Donc en fait, ces clauses miroirs, elles fonctionnent. Et je pense que pour le Mercosur, il faut pousser encore plus. Je ne sais pas quelles seront les décisions ou l'application par anticipation. Peut-être qu'on pourra voir sur un délai donné ce que ça donne, mais le CETA, on n'en entend plus parler. Par contre... nos filières, pour ceux qui ont voulu aller ouvrir un peu plus le marché au Canada, et je termine avec ça, moi, je sais que ça a fonctionné et à deux chiffres. Donc, enfin, pour certains... On a exporté du vin français vers le Canada. En tous les cas, pour les spiritueux et pour ma région, pour celle que je connais. mais je pense pour des 20 aussi. Et donc c'est pour ça qu'il faut pas... Puis on est quand même dans une période pré-électorale, même par rapport aux élections syndicales, et tout ça mêlé rajoute, je pense, une pression énorme. Et je me dis, moi, j'aimerais bien qu'on fasse redescendre la pression, qu'on se mette autour d'une table et qu'on regarde les choses avec vraiment du recul et avec calme. Ce qu'on a beaucoup vu dans
les allées de Wine Paris depuis hier, c'est la place qui est aujourd'hui donnée à l'innovation et à la diversification. Je voulais vous présenter quelqu'un ce soir, puisqu'on parle de se réinventer. Bonsoir, Vianney Castan.
Bonsoir.
Merci d'être en direct avec nous. Vous êtes vigneron des costières de Nîmes, propriétaire du domaine Saint-Louis-la-Perdry. Vous avez réussi votre coup hier en offrant au premier jour du salon à Emmanuel Macron un flacon de votre nouvelle cuvée que vous avez
sure.
C'est bien joué. Vous avez eu l'idée dès le lendemain de la prise de parole d'Emmanuel Macron à Davos. Comment ça s'est passé ? Racontez-nous.
du tout. Pour moi, c'est une jolie histoire qui part d'une blagounette, je dirais. On a bien évidemment tous entendu ce for sure des dizaines de fois, ma fille me le fait souvent à la maison. Et il se trouve que juste avant le salon, on cherchait de nouvelles étiquettes, un petit peu des choses pour justement casser un peu les codes. Je vous entendais parler de se réinventer. Se réinventer, c'est aussi dans le marketing, dans la communication, c'est ce qu'il y a de plus important aujourd'hui dans le vin, parce qu'aujourd'hui, une étiquette, un discours et une qualité ne suffisent plus, même avec un prix. Il faut arriver à innover, il faut arriver à intéresser les gens, il faut en fait se différencier des autres. Donc j'ai une collaboratrice qui est arrivée vendredi matin avec cette étiquette sur mon bureau. Tout le monde s'était marré, personne ne l'avait pris au sérieux. Et puis moi j'ai dit mais en fait c'est vraiment quelque chose qui me plaît beaucoup, je trouve ça génial, donc on va le faire. On va le mettre en bouteille
et
puis on va le vendre. Et puis en plus on va aller emmerder les Américains avec ça. Donc ça c'était l'idée de départ. Et il se trouve que dimanche matin pendant qu'on installe le stand, on nous apprend qu'Emmanuel Macron va passer devant le stand le lundi matin. Donc là je me dis, il faut aller jusqu'au bout de la connerie, on y va, je vais trouver un moyen de lui mettre dans la main.
c'est pas juste un coup de pub, vous comptez le commercialiser ? Là, vous venez de passer deux jours sur le salon, vous avez déjà des commandes ?
Alors, maintenant, c'est devenu un coup de pub, mais à la base, c'est vraiment une cuvée qu'on comptait et qu'on compte commercialiser, c'est simplement qu'elle est embouteillée dans les jours qui viennent. Donc là, on comptait la montrer sous forme de maquette, je dirais, et la venue du président a accéléré un petit peu le processus, je dirais.
Mais est-ce que vous avez eu des commandes depuis hier
tout à fait. Du Groenland, par exemple. Du
Groenland.
Alors le Groenland, non, mais je pense que je vais y aller personnellement pour le ramener des bouteilles. Non, par contre, c'est étonnant. On a reçu quand même quelques coups de fil de Thaïlande, de pas mal de pays, puisque ça a été republié par le compte du président directement. Donc forcément, ça intéresse beaucoup de monde. Donc voilà, on a pas mal de retours, en tout cas très positifs. Et voilà, pour moi, c'est vraiment une histoire rigolote qui amène un peu de légèreté. Je la voulais comme mettre un peu de légèreté dans la conjoncture actuelle du vin. qui est plus que difficile. Ça ne veut pas dire que je ne pense pas à toutes les problématiques que l'on a, bien évidemment. J'ai suivi un petit peu tous les débats. Oui, la viticulture aujourd'hui française, elle est en souffrance. Mais moi, je vois quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup autour de moi de producteurs, qu'ils soient jeunes, qu'ils soient vieux, peu importe, de négociants, qui ont envie, qui se bougent, qui chantent. de bouger les lignes, de faire bouger les choses. Et je pense vraiment qu'on a les moyens, les compétences et les équipes, tout simplement, et la volonté pour passer cette mauvaise place. C'est beau aussi. Maintenant, ce qui nous manque un peu, et c'est là que parfois on se sent un petit peu abandonnés par les parlementaires, c'est vraiment ce soutien sur le statut du vin aujourd'hui dans la société française. Le vin doit être considéré comme partie intégrante de notre culture gastronomique. À partir du moment où vous respectez cette règle, on enlève 50% des problèmes. Après le reste, c'est le contexte géopolitique international qui est dévasté. Ça malheureusement, avec tous les guignols qu'on a en haut, on ne pourra pas faire grand-chose.
bien, merci pour votre franc parler, Vianney Castan. Merci d'avoir été avec nous ce soir. On suivra l'épopée de For Sure aussi avec vous. Vous avez entendu le
message, Sandra Marceau ? Pour ce qui me concerne, avec mes collègues qui sont membres du groupe d'études Vignes Vémonologie, je pense que je réponds à la question. Et c'est vrai que l'hémicycle aussi est représentatif de la société. malheureusement, souvent, avec des a priori et une méconnaissance de certains sujets, et c'est dommage. Mais moi, je pense que j'essaie de faire le job le plus possible.
Le mieux pour maîtriser un sujet, c'est de connaître les racines du mot, vous êtes d'accord avec moi ? C'est le mot du jour, tout de suite, c'est avec Mariette Darigrand. On va parler de vin, quoi. la racine du vin. Alors, c'est pas les racines dans la terre argileuse, c'est la racine étymologique. C'est pas franco-français le vin, le mot
vin ? Ben, écoutez, si on faisait un sondage, je pense que 90% des Français le penseraient, mais c'est pas tout à fait aussi simple que ça. C'est certainement le vin, le produit le plus universel. On l'a dans plein de cultures, et c'est vraiment ce que montre l'histoire étymologique. Alors, la première étymologie, elle est évidente. Vin vient de vinum, en latin. On connaît bien une vino veritas, la vérité vient du vin. Et donc, le vin a été fait par nos ancêtres, les Romains. La preuve, d'ailleurs, nous buvons encore aujourd'hui d'excellents crus de Toscane ou des Pouilles. Mais ça suffit pas. Deuxième étymologie, cette fois, elle est grecque. Il y a ce mot oinos qui dit vin en grec et qui donnera, bien sûr, Adeline, notre... oenologie. 20 Siciliens, 20 Athéniens, lesquels sont les plus anciens ? Ni les uns ni les autres. Figurez-vous que le premier pressoir a été trouvé en Arménie. Ça fait plus de 6000 ans. Cette zone de l'Est a été investiguée par les lexicologues. Ils se sont dit qu'il y avait peut-être d'autres acides. Vous avez parlé d'Inde, notre président aussi. Dans cette zone-là, dite indo-européenne, il y a en sanskrit, en vieil indien, le mot vena, qui pourrait être un ancêtre de vin. Il dit l'amitié et le partage. Ça tombe très bien. Littré avait pensé aussi à yin, quelque chose comme ça, en hébreu, qui dit la fermentation, l'effervescence. Alors, vous parliez de récits, ben là, il y en a un qui est très facile à déduire. Le vin rend d'humeur effervescente, joyeuse, surtout quand il est partagé entre amis. Ou entre lexicologues. Oui, c'est vrai qu'on a un peu l'impression parfois que ça zigzague, comme ça, leur pensée. Alors là, c'est une autre image étymologique, Adeline, c'est celle du sarment, du cèpe, qui est tordu. Donc là, on a encore une autre idée d'origine. Bon, bref, il y en a d'autres. Simplement, ce que je voulais dire, je voulais appuyer sur le fait que, certes, la vérité sort du vin, mais que c'est une vérité extrêmement multiple. C'est comme si le vin n'avait pas une origine fixe. La seule chose, finalement, qui est sûre, et on voit bien que c'est ça aujourd'hui qui pose un peu problème, c'est que le vin a toujours voyagé. Donc il faut qu'il voyage, le vin. des échanges internationaux depuis que les phéniciens le transportaient dans des amphores spéciales. Autrement dit, il y a une route du vin. On en parle moins que de la route de la soie, mais il y a une route du vin, elle est internationale, elle est faite d'échanges autour du monde. Aujourd'hui, on voit bien les menaces qui pèsent sur cette route, mais comme elle est très ancienne, on peut imaginer qu'elle ne va pas s'arrêter maintenant. D'ailleurs, un dernier mot,
Jean-Marie Fabre. J'entendais hier Olivier Bernard, qui est le propriétaire du château Chevalier en Pessac-Léonien, dire qu'on va manquer de vin dans les cinq ans à force d'arrachage, à force de baisse de la consommation. Il a raison de tirer la sonnette d'alarme aussi fort. Vous partagez son pessimisme.
Alors, ce n'est pas un pessimisme. Je pense que, pour le coup, c'est une forme de réalité. On a aujourd'hui une consommation mondiale et une production qui sont à l'équilibre. On n'a pas une surface viticole mondiale qui a bougé. Par contre, on a des contraintes fortes qui pèsent sur notre vignoble, c'est ni plus ni moins que les conséquences du dérèglement climatique. Nous sommes des entreprises à ciel ouvert et aujourd'hui, il n'y a pas une zone du monde où un ou plusieurs aléas frappent violemment, quasiment tous les ans, tous les vignobles. Et ce qui fait aujourd'hui le niveau de production mondial, ce n'est pas la capacité à produire d'un vignoble ou la surface viticole, c'est ni plus ni moins que la force et la violence d'un impact climatique de nos entreprises à ciel ouvert qu'elles subissent de manière forte et récurrente.
On pourrait en parler pendant des heures, n'est-ce pas
?
Même avec modération. Merci à tous les trois d'avoir été là ce soir sur le plateau de Chaque Voix Compte. Dans un instant, on va parler de la PPE, la programmation pluriannuelle de l'énergie. C'est bientôt la fin d'un suspense qui dure depuis près de trois ans. Mais justement, à quoi bon faire des projets sur les dix prochaines années quand on change de président dans un an ? Ça fait un peu partie de la question qui fâche ce soir et on va en parler avec nos trois prochains invités. Mais avant cela, c'est qu'est l'histoire. Et c'est Laurent Guimier. Laurent, ce soir, vous nous racontez une histoire à dormir debout. Donald Trump est en train de détruire une partie de la Maison-Blanche. C'est vrai ?
Oui, c'est vrai. Il faut toujours vérifier quand on voit passer ce genre d'informations, mais c'est totalement vrai. Donald Trump a fait démolir l'aile est de la Maison-Blanche. Regardez sur ces photos officielles. A gauche, avant... à droite après, et vous voyez qu'en haut, là, sur cette photo satellite, il n'y a plus d'aile est. C'est fini. C'est un énorme chantier qui a été lancé très discrètement, très rapidement par l'administration pour ce que je considère comme un acte politique de la plus grande importance.
pouvez nous rappeler ce qu'il y a dans l'aile est de la Maison Blanche
? Cette aile, c'était un lieu discret, mais très stratégique dans ce lieu du pouvoir américain. C'est l'endroit où entraient les invités. au XIXe siècle, en calèche, où ils déposaient leurs effets. Il y avait des accès pour la presse. C'est là qu'était le bureau du courrier et le calligraphe également. Et puis, surtout, les bureaux de la First Lady. Bref, c'était un morceau de soft power américain, l'aile du pouvoir civilisé, polissé, et Trump l'a rasé, purement et simplement. Mais pour y faire quoi, en fait ? une salle de balle, une immense salle de balle, plus impressionnante que jamais, puisqu'elle fera, une fois qu'elle sera construite, 8000 mètres carrés pour éblouir ses invités.
Mais les Américains et Washington avaient besoin d'une salle de balle ?
Alors ça, en fait, c'est pas vraiment la question que s'est posée le président américain. Cette histoire, ce geste architectural, on va l'appeler comme ça, a d'abord une signification... très politique. La rupture avec ses prédécesseurs, le début d'une nouvelle ère, démolir et reconstruire, c'est toute la vie de Donald Trump qui est rythmée par ses verbes. C'est son mythe fondateur. Vous le savez, le promoteur immobilier new-yorkais des années 80. Faire l'histoire à l'époque, pour lui, c'est faire du physique, c'est couler du béton. Cette ascension, qui est d'ailleurs racontée dans ce biopic qui s'appelle The Apprentice, sorti en salle en 2024, qui raconte vraiment cette période de façon incroyable. Le président démolit la Maison Blanche, enfin une aile de la Maison Blanche, et il vient aussi de changer le nom du Kennedy Center, qui est une grande salle de spectacle qui portait le nom en hommage à JFK. Il faut maintenant appeler la Trump Kennedy Center, cette salle de spectacle. Vous voyez, il y a un concert ce soir, et sur le site, c'est la Trump Kennedy Center. Donc, marquer physiquement l'histoire, j'allais dire traditionnellement, c'est... c'est couler du béton, c'est construire et poser des plaques en son nom. Washington, Donald Trump, a fait les deux dans ce second mandat très différent du premier.
Les chefs d'Etat modifient rarement leur palais, voire n'en déménagent jamais non plus.
C'est ça qui est intéressant dans cette histoire. Le palais est toujours la clé de voûte du pouvoir central. Versailles, évidemment, a survécu au roi. puisque les députés, les sénateurs vont à Versailles lorsque le Congrès est réuni pour modifier la Constitution ou écouter une adresse du président. Puis l'Elysée ne se transforme pas, en tout cas pas aussi simplement que ça. La salle des fêtes de l'Elysée a fait l'objet d'une rénovation au début du 1er quinquennat Macron, mais on n'a rien détruit. On a fait des travaux en douceur. Peut-être qu'on a
donné envie à Donald Trump d'en avoir une aussi.
Forcément, les Français inspirent tout. Le déménagement... de l'Elysée, qui d'ailleurs était une idée de Charles de Gaulle. On ne le dit pas assez souvent parce que Charles de Gaulle a été le premier à considérer, et tous les présidents l'ont dit, que c'était plutôt un endroit très mal foutu pour travailler, l'Elysée. C'est pas du tout un lieu pour travailler. Cette idée est inimaginable. De Gaulle voulait installer l'Elysée à Vincennes, en tout cas le palais présidentiel. Ailleurs dans le monde, il faut une révolution. comme à Berlin, où on a fait du neuf pour que le bâtiment symbolise la réunification, cette chancellerie. Ou alors il faut un dictateur mégalo. C'est en Roumanie où Ceausescu avait fait bâtir cet immense palais en plein coeur de Bucarest pour que le bâtiment qui symbolise le pouvoir change de place. ou de physionomie, il faut vraiment quelqu'un d'un peu fou ou en tout cas une révolution. Le reste du temps, le chef de l'Etat ne fait que passer dans les lieux du pouvoir.
Et donc, Donald Trump a cassé cette règle ?
Il agit, je pense, en propriétaire plus qu'en locataire de l'histoire. Et d'ailleurs, c'est fou, c'est Barack Obama qui avait prophétisé cette histoire lors d'un dîner des correspondants de presse en 2011 où, par tradition, vous savez, dans ce dîner, le président prononce toujours un discours truffé d'anecdotes. Ce soir-là... en présence de Trump dans la salle, Obama s'était amusé à imaginer un Donald Trump à la Maison-Blanche et regarder ce qu'il dit. vous voyez, c'est fou, parce que quand même, c'est assez prophétique. Trump rit jaune dans la salle, mais 15 ans plus tard, je crois qu'il tient sa vengeance en imprimant sa marque dans la pierre de Washington. Et il a fait de ce gag visuel qui a fait rire tout le monde une réalité.
Merci beaucoup, Laurent. On passe à la question qui fâche. Ce sont trois lettres explosives. PPE, programmation pluriannuelle de l'énergie. C'est le document qui définit comment la France va consommer et produire son énergie dans la décennie à venir pour chauffer les maisons, pour faire tourner les usines ou faire rouler les véhicules. L'enjeu est donc colossal. Le gouvernement publiera ce document cette semaine. Et il était temps. puisque ça fait plus de deux ans qu'on attend cette feuille de route. J'accueille sur le plateau de chaque voix-compte Jean-Luc Fugite, bonsoir.
Bonsoir.
Député EPR du Rhône. Bonsoir. Julie Lairneuès, bonsoir. Bonsoir. Député écologiste de Loire-Atlantique. Et Maxime Amblar, bonsoir. Bonsoir. Député Rassemblement national de la Meuse, c'est Maïté Frémont qui vous pose ce soir la question qui fâche.
la question qui fâche, beaucoup, beaucoup de bruit. Il le crie au effort PPO, trois lettres pour permettre de saisir les prochaines règles du jeu en matière d'énergie. Ce midi, près de l'Assemblée nationale, les acteurs de la filière éolienne et solaire veulent se faire entendre.
on est au pied du mur aujourd'hui. Si ce texte ne sort pas, on aura des dizaines de milliers de pertes d'emploi. C'est très flou et on a peur justement. Et les dernières annonces nous font craindre qu'on sacrifie une filière au profit du nôtre.
Pro-renouvelable, mais aussi pro-nucléaire, attendent depuis plus de deux ans et demi cette fameuse feuille de route. La France prend beaucoup de retard et est restée dans l'impasse, faute d'entente politique. Alors dimanche dernier, le Premier ministre accélère et annonce dans la presse régionale.
On parle depuis trois ans de la prochaine programmation pluriannuelle pour l'énergie. Elle sera enfin signée en fin de semaine prochaine. Par décret ? Oui. en raison de l'urgence.
Alors que comporte ce texte ? La réduction de la place des énergies fossiles, le développement des énergies renouvelables, mais aussi six réacteurs nucléaires de nouvelles générations en construction, avec la possibilité d'en construire huit de plus.
Nous avons besoin de nucléaire et nous avons besoin de renouvelables, n'en déplaise au Rassemblement National et à la France Insoumise.
Pas satisfaisant
du tout pour Marine Le Pen, qui veut beaucoup plus de nucléaire. Les objectifs de cette... Les PPE sont intenables, fondés sur des illusions pour ne pas dire des mensonges. Il est encore temps d'arrêter cette folie. Sans majorité, l'exécutif doit concilier avec
toutes les positions. Alors la question qui fâche ce soir, l'urgence doit-elle sacrifier le débat sur le mix énergétique ?
Maxime Hambler, c'est la première question qui vous fâche, c'est la forme qui vous met en colère, le décret. Pourquoi ?
que la loi exige de passer d'abord par une loi dans l'Assemblée nationale et au Sénat avant de déployer ce décret-là, tout simplement. Donc en plus de se mettre en irrégularité de la loi, j'ai une autre question par rapport au titre qui a été posé, c'est quelle urgence ? Quelle urgence ? Quelle est l'urgence aujourd'hui qui justifie cette publication de PPE ? Parce que, n'en déplaise à certains, il n'y a plus d'urgence. RTE nous a publié un rapport début décembre qui faisait état de la consommation, notamment d'électricité, en France. Cette consommation est en berne, notamment parce qu'il y a eu une explosion des prix de l'électricité, plus de 40% depuis 2017. Cette consommation étant en berne, il n'y a plus urgence à déployer de nouvelles capacités de production de l'électricité. Pour avoir quelques chiffres, en 2025, on a produit 544 TWh d'électricité, dont 92,5 exportés. On a, si on augmente le facteur de charge de notre parc nucléaire, encore sous la main, 30 à 40 TWh, et EDF a d'ores et déjà lancé son programme de Power Up, donc d'augmentation de puissance de chaque réacteur, ça fait 15 TWh en plus, qui pourraient arriver dans les années à venir. Donc en tout, on a un potentiel de production de 600 TWh. RTE nous dit, dans le meilleur des cas, et c'est pas la trajectoire qu'on a prise aujourd'hui, dans le meilleur des cas, en 2035, on consommera 580 TWh d'électricité. On n'a factuellement pas besoin de déployer de nouvelles capacités de production d'électricité d'ici à 2035.
Jean-Luc Fugit, il n'y avait pas d'urgence, comme le dit Maxime Amblard
En fait, si M. Hamblar était cohérent, il pourrait même dire qu'il y a vraiment une urgence, au contraire, puisque si la PPE 3 n'est pas publiée, celle qui s'applique, c'est la PPE 2. Or, la PPE 2, elle demande de fermer 14 réacteurs nucléaires. Alors, vous qui défendez le nucléaire, après que Mme Le Pen nous a expliqué en 2012 qu'elle était plutôt contre le nucléaire, donc je trouve ça assez, au contraire, incohérent. Et donc, il est urgent, justement, de publier cette PPE 3... Mais vous comprenez l
'émoi que suscite le fait que ça passe par décret, alors qu'il y a eu un débat au Parlement ? Il y a eu
un débat au Parlement, il y a eu des heures et des heures de débat. On va se parler très franchement. On a un blocage, à la fois politique et un petit peu, surtout sur ce sujet idéologique, qui fait qu'aujourd'hui, on n'arrive pas à avoir un consensus sur le contenu programmatique qui incluirait à la fois du renouvelable et à la fois du nucléaire, ce que moi, je défends avec le groupe... Le mix énergétique. Le fameux mix énergétique, cette fierté française qui fait qu'aujourd'hui, si on regarde ne serait-ce que la partie électrique, quand on a 95% de notre électricité qui est décarbonée... C'est une chance, c'est une fierté. C'est deux tiers de nucléaire, c'est un tiers de renouvelable. Et puis, vous savez, l'urgence, c'est tout simplement les employés des différentes entreprises des énergies renouvelables qui nous l'ont rappelé cet après-midi. Vous vous rendez compte ? Toutes ces personnes qui travaillent, qui risquent de perdre leur emploi, alors que les énergies renouvelables, c'est une production chez nous. Et aujourd'hui, on doit continuer à développer les renouvelables et le nucléaire aussi pour tout simplement faire en sorte de marcher, si je peux m'exprimer ici sur nos deux jambes, pour tout simplement continuer à sortir des énergies fossiles parce que le vrai objectif, c'est de sortir de cette dépendance des énergies fossiles qui nous fait dépendre de pays qui ne sont pas toujours des pays amis, qui sont des pays parfois hostiles, instables, et c'est aussi un problème de balance commerciale, bien entendu, 200 millions d'euros par jour d'importation de pétrole. ou de gaz fossiles, et c'est aussi une urgence évidemment climatique, puisque en sortant progressivement des énergies fossiles, en ayant et du renouvelable et du nucléaire sur le sol français, eh bien, on produit une énergie bas carbone, et ça, c'est évidemment nécessaire pour notre climat.
On peut rappeler aussi ce chiffre, la France importe près de 60 milliards d'euros d'énergie fossile. Oui, ce sont les 200
millions d'euros par jour dont je parlais, ce qui fait environ 60-70 milliards. Julie Lairne, oui. Tout à fait.
Est-ce qu'ils trouvent grâce à vos yeux cette programmation pluriannuelle de l'énergie telle qu'on... De ce qu'on en sait aujourd'hui, puisqu'en plus, il faut préciser que pour l'instant, il y a quelques pistes qu'a livrées Sébastien Lecornu. On comprend qu'il y aura plus de nucléaire avec des nouveaux réacteurs EPR, 6, plus une option sur 8 autres. Mais dans le mix énergétique, il n'y a plus de moratoire sur les énergies renouvelables. Et ça, c'était le combat des écologistes.
La
semaine dernière, il y avait un moratoire sur le photovoltaïque puisqu'il y a 30 gigawatts de photovoltaïque qui est déjà installé sur notre sol et 10 qui est en file d'attente pour être raccordé. Une PPE, les scénarios sur lesquels travaillait le gouvernement, j'ai rencontré M. Lescure à plusieurs reprises, c'était 35 gigawatts pour 2030. Tout le monde comprend que du coup, on détruit carrément des projets qui sont déjà sur la table et 42 en 2030, c'est aussi une destruction de la filière et un moratoire puisque plus aucun nouveau projet peut voir le jour. Aujourd'hui, on parle d'un R3, donc plutôt d'être autour de 47 GWh, ce qui est un gros ralentissement de la filière. Ça lui permet de survivre, mais c'est un gros ralentissement. Aujourd'hui, les salariés qui étaient présents, c'est pour mettre des visages aussi sur les 150 000 emplois directs et indirects dans les énergies renouvelables, ce sont des emplois qui sont ancrés dans nos territoires, qui sont non délocalisables et qui étaient en train d'être rayés d'un trait de plume. Donc oui, il y a une urgence à avoir une stratégie énergétique parce que sans programmation pluriannuelle de l'énergie, il n'y a plus d'appel d'offres. pour pouvoir lancer des projets d'énergie renouvelable. Et donc, pour moi, l'opposition assez stérile entre nucléaire et énergie renouvelable ne vaut pas. On était en train de tuer la filière des énergies renouvelables avec l'absence de documents... Donc vous êtes sur la même
ligne que Sébastien Lecornu, qui dit qu
'opposer
nucléaire et
renouvelable
est
une
impasse. Je
dis simplement que la PPE sans PPE ont tué la filière des renouvelables. C'est ça qui était en train de se passer. Le moratoire qui a été voté à l'Assemblée nationale, c'est ce que le gouvernement faisait en n'agissant pas et en n'apportant pas de stratégie. En même temps, il sortait une PPE avec des objectifs qui allaient tuer la filière également. Donc il y a un double combat et il y a quand même une ineptie totale. C'est pas un choix idéologique d'être pour les énergies renouvelables. C'est pas d'être pour ou contre le nucléaire ou les énergies renouvelables. La question, c'est comment on sort des fossiles. Et comment on sort des fossiles rapidement ? En fait, les énergies renouvelables, elles sont... sont absolument indispensables. C'est pour ça que partout autour de nous, il y a une énorme croissance du photovoltaïque, mais aussi de l'éolien terrestre, de l'éolien en mer. Et en fait, la France a quand même un parc nucléaire, et c'est le président de l'ASNR, monsieur Abadi, qui le disait à ses voeux. Il y a un problème de falaise, nos centrales vieillissent. En 2030, il y aura... En 2035, ce serait encore pire, il y aura peut-être... bientôt la totalité de nos réacteurs qui auront plus de 40 ans, l'âge pour lequel ils ont été conçus, on ne connaît pas les modalités pour les prolonger, c'est un risque réel, et donc l'effet falaise, on risque de se retrouver comme en 2022, où la moitié de nos réacteurs étaient à l'arrêt et on était bien pour pouvoir compter sur des énergies renouvelables.
Maxime Emblard, je vous voyais lever les yeux au sel, parce que le Rassemblement national... veut, c'est plus de nucléaire. Encore plus, c'est ça ? Vous étiez pour 14 constructions d'EPR.
Je veux qu'on reprenne les choses à la racine. Monsieur Fugit l'a bien dit, c'est quels sont les objectifs. C'est décarboner notre mix énergétique. On est tous d'accord dessus. Mais à quel prix ? Je commence à vous faire pédaler sur un vélo électrique, vous allez produire de l'électricité, elle sera pas aussi rentable que l'électricité éolienne et elle sera encore moins rentable que l'électricité nucléaire. L'objectif derrière, c'est d'avoir une électricité qui soit abordable. Si, comme on se retrouve aujourd'hui, avoir beaucoup de production d'électricité, mais personne ne peut se l'acheter... Le photovoltaïque, c'est moins cher que le nouveau nucléaire. Une heure pour un foyer français,
c'est 60 centimes pour le photovoltaïque, 1,20€ pour le nouveau nucléaire.
le même service que le nucléaire qui est pilotable. C'est tout simplement comme ça. Les énergies
renouvelables sont pilotables puisqu'elles ont investi dans les moyens de stockage et donc, il n'y a plus du tout, il y a une maîtrise totale. Dans ce cas-là, ce que je
vous propose, c'est que cette PPE 3, en fait, elle est demandée par les filières renouvelables parce que derrière, il y a des subventions. Elle est demandée par tout le monde. Il y a des subventions. Et ces subventions, ces subventions, aujourd'hui, coûtent... Monsieur Fugit, je ne vous ai pas coupé la parole. Ces subventions, ça représente un quart de la facture d'électricité des Français. A travers l'accident sur l'électricité, ces subventions, c'est un quart de la facture d'électricité des Français. C'est, pour l'année 2026, 8,2 milliards d'euros. 8,2 milliards d'euros pour les
collectivités territoriales, les agriculteurs et l'Etat. Mais quelque chose qui, de fait, ne pourra pas
survivre sans subvention. Je veux bien entendre votre calcul, mais je voudrais savoir d'où il fonctionne
sans subvention ?
Le nucléaire fonctionne sans l'argent public ? Le sujet n'est pas là. Le sujet, c'est de le mettre en rapport.
Même M. Pouyanné, le président de l'Etat... Chacun son tour. Appesons le débat. il y a une aide à l'investissement en quelque chose qui pourra être rentabilisé plus tard, qui remboursera cet investissement, et il y a une subvention en perfusion continue dans quelque chose qui ne peut pas être remboursé. Les tarifs de rachat garantie, c'est exactement cette... cette idée-là, parce qu'aujourd'hui, les prix sur le marché sont beaucoup trop bas par rapport au coût de production des énergies éoliennes et photovoltaïques, et c'est pour ça que ce coût de production doit être garanti. Vous répondez aux acteurs
de la filière nucléaire qui reconnaissent eux-mêmes, dans un communiqué publié il y a quelques jours, l'importance du mix énergétique équilibré qui associe nucléaire, renouvelable, hydraulique.
On n'est pas contre le renouvelable.
Ah bon ? Intermittantes.
Désolé, la subtilité... L
'hydraulique... L
'hydraulique est une énergie renouvelable. Ca fait des années, des décennies que le Rassemblement national défend l'hydraulique, notamment à cause du contentieux qu'on a enfin réglé la semaine dernière, en première lecture à l'Assemblée nationale. C'est une énergie renouvelable. La géothermie, la biomasse... Le solaire thermique. Ce sont des énergies renouvelables, nous ne sommes absolument pas contre. Ce qui nous pose problème, c'est l'intermittence des énergies renouvelables électriques qui est le problème, qui les optimise le système électrique. Mais quand vous rajoutez des batteries, vous rajoutez un coût de production supplémentaire. Est-ce que vous êtes obligés d'ajoindre le coût de ces batteries-là à la production ? Vous
ne connaissez pas la facture, donc c'est pas sérieux d'aller sur le nucléaire, c'est trop lent. Il y a une urgence climatique. C'est trop lent. En deux ans, on fait un
parc photovoltaïque. C'est plus de 20 ans.
C'est trop cher. Les coûts sont incommensurables et le prix du nouveau nucléaire va être beaucoup plus cher que le photovoltaïque, qui n'est pas rentable. Le nouveau nucléaire n'est pas rentable. C'est pour ça que les privés ne veulent pas y aller et qu'il n'y a que financé par l'Etat et donc les impôts des Français. Et l'Etat ne s'est pas recherché. Et il arrivera trop tard. C'est-à-dire que les centrales, elles arriveront dans 20 ans. Dans 20
ans, le réchauffement climatique sera
déjà une réalité. Et en fait, elles ont besoin d'eau. C'est le premier. Préleveur d'eau en France. Avec le réchauffement climatique, on ne va plus pouvoir refroidir nos centrales. C'est une réalité. Je dis juste que c'est trop lent et que c'est trop cher et que ça va être trop tard par rapport à l'aide de sortir des fossiles. Si
je peux me permettre, je voudrais rapidement recentrer, essayer d'apaiser un petit peu le débat, parce que de toute façon, on n'arrivera pas à se mettre d'accord, notamment avec... Là n'était pas notre ambition. On a une stratégie française énergie-climat, de la sobriété, de l'efficacité... du renouvelable pour la production. On a derrière une planification avec la SNBC, la stratégie nationale bas de carbone, le plan national de la dotation au changement climatique et la PPE. D'ailleurs, je me demande pourquoi la PPE fait autant de polémiques, alors que sur la SNBC et le plan national de la dotation au changement climatique, on n'entend pas, par exemple, le Rassemblement national. Je voudrais dire aussi que l'autre urgence, je vais y venir, c'est la question de la consommation, mais sur la consommation, on nous a dit, par exemple, 90 TWh d'électricité ont été exportées, ça a été le cas en 2024, ça sera le cas de la politique de 2027. Et il y a eu même quelques
jours où elle a été exportée à des prix négatifs l'année dernière.
Mais il faut aussi voir ce que ça rapporte sur l'année, si on prend les chiffres de 2024, parce que c'est ce qu'on a en tête, puisque 2025, on n'a pas les chiffres définitifs, c'est plus de 5 milliards d'euros, et puis quand on exporte 90 TWh d'électricité... produits en France, avec du nucléaire et du renouvelable, en fait, on décarbone les pays voisins, donc on contribue à la grande trajectoire de décarbonation, et ça, c'est plutôt positif pour le climat, donc on doit plutôt en être fier. En revanche, l'autre urgence, au-delà de la publication de la PPE que mon groupe et moi nous appelons depuis des mois et des mois, parce qu'elle a fait l'objet de concertations, elle a été travaillée au Conseil supérieur de l'énergie, que je préside par exemple, etc., où siège un membre du Rassemblement national, etc., il y a eu toutes les concertations. L'autre urgence, c'est quoi ? C'est la consommation. Ce n'est pas le sujet de la production. Le sujet de la production, on sait produire et on produit de manière intéressante. Pour le fou, c'est dans le rapport de RTE qui a été publié en
décembre. Si la consommation n'est pas là, surdimensionner la production électrique pourrait entraîner des coûts échoués et des surproductions électriques à gérer à certains moments. Si
je peux me permettre, c'est l'électrification, mais pas que. c'est aussi de travailler la question des gaz renouvelables, parce qu'il y a aussi toutes les énergies renouvelables thermiques, il ne faut pas oublier la question de la chaleur, et donc derrière, c'est tout le travail qui est déjà engagé, avec l'état stratégique qui va aider sur le front de chaleur, pour les réseaux de chaleur dans les différents territoires, et ce que je voudrais aussi souligner, c'est que dans nos territoires... dans nos plus petites communes, dans nos communes de taille moyenne, etc. Mais en fait, nos concitoyens, comme nos élus locaux, sont très engagés sur la transition énergétique. Et aujourd'hui, quand vous allez faire des enquêtes d'opinion, elles se répètent, qu'elles montrent ? Elles montrent que nos concitoyens, ils sont favorables à avoir de l'énergie produite localement
et
évidemment décarbonée. Eux, ils n'opposent pas renouvelables et nucléaires. Il
y a un mot qu'on a beaucoup entendu cet après-midi à l'Assemblée nationale, c'est l'acceptabilité.
Exactement. Mais l'acceptabilité, moi, je pense qu'il faut... Mais comment vous la mesurez,
l'acceptabilité d'un projet éolien ?
Différentes enquêtes ont été faites. Encore ce matin, il y a une enquête qui est sortie en octobre dernier qui montre que deux tiers de nos concitoyens, deux tiers de nos concitoyens, eux, acceptent de devoir payer un petit peu plus cher l'énergie si elle est produite localement et décarbonée. Et quand on regarde au niveau des élus, c'est une enquête qui a été présentée... Je crois qu'aujourd'hui, plus personne n'accepte
de payer plus cher l'énergie vu le coût auquel elle est aujourd'hui. Ne déformez pas mes propos.
Ils acceptent. de payer un petit peu plus cher si elle est produite localement et décarbonée. Parce qu'ils comprennent l'intérêt à la fois climatique et l'intérêt de la souveraineté. 90
%
de nos élus locaux ont lancé des travaux de transition énergétique majeure et eux aussi sont favorables à ce type d'énergie produite localement. La consommation
va être à la fois à la production. Ça ne veut rien dire, ce réseau électrique, localement. Je suis désolée. Le temps qui nous était imparti...
Il est 20h30. C'est Bourbon Express. C'est le journal de l'Assemblée nationale. Si vous voulez en dire un mot, laissez-nous du temps. C'est Stéphanie Despierre qu'on accueille. Soir Stéphanie. Bourbon Express avec Stéphanie Despierre ce soir. On commence avec
une nomination qui ne passe pas. Celle d'Amélie de Montchalin, l'actuelle ministre du budget qui va prendre la tête de la Cour des cons. Ce sera la première femme à ce poste très convoité. C'est une décision d'Emmanuel Macron. Lui seul a ce pouvoir de nomination. C'est la loi. Mais à l'Assemblée, c'est un tollé dans les couloirs ce matin aux questions gouvernement. Cet après-midi, c'était le sujet numéro 1.
Jamais personne n'est passé de la tête du ministère des Comptes publics à la tête de la plus haute autorité censée contrôler les comptes de la nation. Jamais une personne auparavant ministre des Comptes publics n'a donné à l'automne un avis sur le budget qu'elle a elle-même préparé. Difficile d'être davantage juge et parti.
Voilà le scandale démocratique dont vous êtes l'incarnation. Vous et l'ensemble de la Macronie. La République des copains à ciel ouvert. La République de ceux qui savent qu'ils vont être sortis par les Français du pouvoir et qui, avant de partir, tentent de tout verrouiller.
porte-parole du gouvernement a tenté tant bien que mal de défendre cette nomination.
Amélie de Montchalin sera entourée de plusieurs présidents, de huit autres présidents, et il y a une organisation derrière qui permet la confrontation des points de vue et qui permet la prise de décision, encore une fois, de façon collégiale. Donc nous avons confiance dans le mécanisme de la Cour et nous avons confiance dans la rigueur intellectuelle et morale d'Amélie de Montchalin.
elle n'a pas vraiment convaincu, et l'opposition veut maintenir la pression. D'ailleurs, Jean-Luc Fujite, vous pensez que cette pression, ces tensions, cet après-midi, ça peut la faire renoncer au poste ?
C'est la question qu'il faut lui poser. Pendant ces trois ou quatre derniers mois, j'ai remarqué qu'on a eu une ministre des Comptes publics qui a été remarquable. Je crois même que dans les coureurs de l'Assemblée, et ça vous l'avez peut-être mesuré, il y a aussi des députés des groupes dits d'opposition qui l'ont reconnu avec une grande maîtrise des dossiers qui a largement pris le temps d'expliquer. On a le droit de ne pas être d'accord avec le vote de telle ou telle mesure via un amendement, dans le cadre du projet de loi de finances. Mais en revanche, ce qu'on peut reconnaître, c'est qu'elle a fait preuve d'une très grande connaissance des dossiers, de grande maîtrise. et je pense qu'à la Cour des comptes, elle fera du très bon travail. Là aussi, je trouve que la polémique est un peu exagérée, mais c'est sûrement le lot de cette Assemblée nationale.
continue avec une enquête qui a plombé le moral des députés à l'Assemblée nationale.
Tous les ans, le baromètre du Sévi-Pof mesure la confiance des Français dans la vie politique. Et cette année, la défiance atteint des sommets. Trois quarts des Français estiment que notre démocratie fonctionne mal. Les chercheurs parlent carrément d'un affaissement des fondements de la légitimité démocratique. Les personnes interrogées pointent du doigt l'impuissance, l'inefficacité du système. Et si l'on regarde plus en détail, seuls 20% des Français ont confiance dans l'Assemblée nationale. Le pourcentage le plus bas depuis... la création de ce baromètre en 2009 et ça dégringole vite. La confiance est en recul de 4 points par rapport à l'année dernière. Pour les oppositions gauche et extrême droite, le responsable est donc tout trouvé.
Malheureusement, c'est le reflet de la réalité. Qu'est-ce qu'on paye, nous, parlementaires ? Ce sont les élections législatives de 2024. Il y avait un seul programme, battre le Rassemblement national. Après, on se retrouve avec, conséquence de cela, 11 groupes dans l'hémicycle qui ne peuvent pas travailler ensemble. Donc, effectivement, à la place des Français, moi, je ne me malheureusement pas, ils ne comprennent absolument
plus rien. Le jour où ces chiffres édifiants sortent sur la défiance à l'égard du politique, le président de la République annonce la nomination de sa ministre du Budget à un poste de... de contrôle et de contre-pouvoir démocratique. Donc là, on a un vrai gap.
Je pense que, justement, les nominations comme celle d'Amélie de Montchalin apportent de l'eau au moulin de l'inquiétude et de la défiance que les Français portent sur leurs élus, les institutions.
Emmanuel Macron, seul responsable, c'est trop facile, réplique la députée macroniste Priscatevenou.
j'invite toutes celles et ceux qui passent leur temps à trouver des coupables avant de trouver des solutions, à reprendre leur courage à deux mains et à se dire que nous avons tous notre part des choses dedans. Nous devons tous collectivement redonner confiance dans notre capacité à faire ensemble. Et aujourd'hui la pluralité politique qui est à l'Assemblée nationale devrait nous le permettre parce qu'elle n'est pas notre fait, elle a été demandée par les Français.
Il y a une
députée qui était dépitée aujourd'hui, par ailleurs. Oui, Adeline, pas à cause de cette défiance des Français, mais à cause du comportement de ses collègues. Il s'agit de l'écologiste Léa Balagel-Marie.
n'aurons pas peur des propos xénophobes. Nous n'aurons pas peur de ce qu'ils ont essayé de faire avec cette niche, d'obstruer. Et alors, nous allons continuer le travail transpartisan, patiemment. Et nous n'aurons pas peur jeudi.
'est-ce qu'elle jette, là ? Eh bien, elle jette tous ses dossiers. Ce sont les amendements déposés par les Républicains et le Rassemblement national sur la proposition de loi pour donner le droit de vote aux étrangers non-européens ou municipales. Plus de 500 amendements rien que sur ce texte. Alors, par ce geste, Léa Balagel Mariki voulait dénoncer l'obstruction, vous l'avez compris, des autres partis. Sa proposition, qui doit être discutée jeudi, n'a plus aucune chance d'être adoptée alors qu'elle avait été votée en commission. Et
on termine, Stéphanie, avec le feuilleton que l'ancien... Je suis évidemment ici, c'est la commission d'enquête sur l'audiovisuel
public. Et la star du jour, c'était Elise Lucel, la journaliste et présentatrice d'envoyé spécial et de cash investigation sur France 2, a été auditionnée pendant plus de trois heures. Interrogée longuement par le Rassemblement national sur l'utilisation de l'argent public à France Télévisions, elle a répliqué passablement agacée, oui, elle a une carte de crédit qui lui permet simplement de ne pas avancer ses frais sur ses deniers personnels. Écoutez.
'en ai marre d'entendre qu'on utiliserait des cartes de crédit de France Télévisions pour faire n'importe quoi. C'est faux. C'est archi-faux. Pardonnez-moi, j'insiste et je vais au bout des choses. J'en ai marre d'entendre ça. Pardonnez-moi, c'est faux. La Cour des comptes dit peut-être que nous avons des cartes corporates. Ça nous permet d'avoir une avance de deux mois pour que nos frais de mission soient remboursés. Ça veut dire des frais de reportage.
demain ? nouveau rendez-vous pour cette commission d'enquête avec l'équipe de l'émission d'investigation de France 2, complément d'enquête, qui, elle, sera aussi auditionnée par les députés. Eh bien, nous
aurons l'occasion d'en reparler aussi demain soir. Merci, Stéphanie, et merci à tous les trois d'être venus ce soir sur le plateau de Chaque voix contre. Merci, Mariette et Laurent. Merci Adélie.
Bonne soirée.
Merci à vous de nous avoir suivis chez vous. Cette émission est rediffusée tout à l'heure à 23h30. Vous la retrouvez aussi, bien sûr, sur lcp.fr en replay. Chaque voix contre revient demain en direct à... à 19h30 dans un instant. Et c'est Jean-Pierre Grassien passé une excellente soirée sur la 8 et à demain.
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