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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP, c'est vendredi. Et puisque Chaque Voix Compte, vous le savez, c'est à vous que nous choisissons de donner la parole ce soir pour une émission consacrée aujourd'hui à cette folle semaine de crise internationale que nous venons de vivre. Certains parlent ce soir d'un moment Groenland. Et c'est l'avantage finalement. On sait tous désormais placer exactement le Groenland sur une carte du monde et même nommer sa capitale, Nook. Mais est-ce un moment de bascule pour nous ? pour l'opinion, pour notre perception du monde dans cette vie où on n'a pas connu la guerre. On en parle ce soir avec trois députés du Parlement européen. Laurence Farin, eurodéputée Renew, Emma Raffowitz, eurodéputée PS, et Pierre Romain Thionnet, eurodéputée RN. Bonsoir à tous les trois. Et merci d'avoir accepté de vous prêter au jeu des questions-réponses avec notre public. Pour m'accompagner, je salue également Marjorie Payon. Bonsoir Marjorie, je rappelle que vous êtes journaliste spécialiste de la politique américaine. On va parler de Donald Trump, de la place de la France et de l'Europe dans ce nouvel ordre mondial qui se dessine. Nous irons aussi mesurer l'inquiétude de ces entreprises qui commercent avec les Etats-Unis et qui s'interrogent sur leur avenir. Nous donnerons également la parole, puisque chaque voix compte. à des Américains qui vivent en France. Vous verrez, c'est très étonnant. Voilà pour le programme de ce soir. Alors, a priori, comme je dis souvent, parce que cette émission, c'est vous qui allez la faire. Je compte sur vous. Vous intervenez à tout moment pour échanger avec nos élus, pour partager vos expériences, vos doutes ou même vos craintes. Et chez vous, installez-vous confortablement parce que chaque voix compte. C'est parti. J'avais envie de commencer cette émission en vous posant à tous une question. On y va tout de suite. Quelle image retiendrez-vous de cette semaine qui vient de s'écouler ? Qui prend la parole ? Allez, un micro va circuler, et puis voilà, c'est parti, et c'est Paul qui va parler. Une image de cette semaine.
Bonjour à tous, enfin bonsoir plutôt, et moi ce que je retiens c'est vraiment la mobilisation des huit états européens face aux menaces de Trump qui ont eu lieu récemment, parce que c'est rare, et ont aussi... Enfin, ça devrait être normal, mais on est vraiment heureux que ça soit bien passé parce que ça a porté ses fruits. Et moi, je pense qu'on peut être fiers de notre Europe actuellement. Et c'est ce que je retiens vraiment de cette semaine, en tout cas, même s'il y a énormément de choses à dire.
Mais ça tombe bien, on a une heure devant nous pour dire toutes ces choses. Mais je propose à une autre personne du public de nous dire l'image qu'il a envie de retenir de cette semaine. Eva, peut-être ? Riyad ? Alors, il faut prendre le micro, il faut faire tourner le micro.
Oui. Bonjour à tous. Moi, je retiens les lunettes de soleil. Alors, c'est marrant, je sais déjà de qui vous allez
parler.
D'Emmanuel Macron, mais c'est parce qu'en fait, je trouve qu'il y a eu un double mouvement dans ces lunettes du soleil. Déjà, le fait qu'elles sont vraiment très visibles. Donc, on l'a vraiment vue sur la scène et aussi parce qu'il y a eu le commentaire de Donald Trump. à propos de ses lunettes de soleil. What the hell
is that ?
Oui, et j'ai trouvé qu'il y avait le double mouvement, la volonté de s'affirmer de la part du président de la République, je trouve. Et en même temps, une modification un peu des relations, parce qu'on a l'impression que... A un moment, on avait l'impression que Donald Trump et Emmanuel Macron s'entendaient bien, et là, ça a l'air d'être un peu plus tendu. Oui.
C'est marrant. Je vais me tourner vers vous, les eurodéputés. On parlait tout à l'heure du moment Groenland. En fait, c'est le moment aviateur. Ca vous a surpris, ce qui s'est passé autour d'Emmanuel Macron, de ses lunettes et de ce discours très fort à Davos, dont on va reparler dans un instant ? Je vous pose la question, Laurence Farrand, mais... Je ne sais pas si vous avez vu toutes les unes internationales.
C'est l'outil diplomatique de la semaine. C'est un symbole qui a été fort, d'autant que ce sont des lunettes européennes et françaises, on peut le dire. Donc ça veut dire beaucoup de choses en termes d'affirmation de la souveraineté, de la préférence européenne que nous portons et de cette volonté de sursaut, finalement, puisque ça a un peu agrégé derrière toutes les énergies qui étaient déjà à l'oeuvre avec la coalition des volontaires quand on est intervenu en Ukraine. Mais là, Davos, juste à ce moment où on est attaqué... sur un territoire qui n'est pas européen, mais qui appartient au Danemark et qui est rattaché, avec ce mouvement très fort et cette conclusion par ce discours très fort de résistance, je pense que oui, tout ça, ça a été un moment Groenland, un moment lunettes aviateurs, mais européennes. Pierre
-Romain Thionnet, même le Rassemblement national a vanté, a fait l'éloge du travail d'Emmanuel Macron à Davos et avec Bruxelles également. Vous avez été étonné de ce grand écart des soutiens qui vont de vous jusqu'à LFI
crois qu'il y a certains moments internationaux où les intérêts français sont concernés, les intérêts de nos alliés, il faut savoir aussi évacuer la politique politicienne. En l'occurrence, on ne va pas prendre des positions inverses. à celle que peut choisir la diplomatie française quand on estime qu'elle défend les intérêts de la France et qu'elle défend les intérêts aussi de nos alliés. Et il était essentiel que je crois qu'on peut s'en réjouir aussi quand il y a des formes d'unanimité sur ces sujets-là. Je crois que c'était aussi une des réponses apportées à Donald Trump de croire qu'il ne pourra compter sur aucun soutien en France quand il mène cette politique vis-à-vis du Danemark et du Groenland.
Emma Raffovit ? Non mais je vous avoue être juste assez surprise des propos de notre collègue du Rassemblement national parce que... Autant, moi, je suis d'accord, il y avait une vraie fierté, finalement, de se dire, enfin, la France, finalement, elle parle un peu pour nous. Là, on se dit, on tient tête à Trump, on assume. On assume de dire que les Etats-Unis ne se comportent pas comme nos alliés, qu'ils ne sont plus nos alliés, mais... je parle pour la famille socialiste plus largement les démocrates au parlement européen c'est quelque chose qu'on attendait depuis longtemps finalement ce réveil nous notre liste aux élections européennes s'appelait réveiller l'europe mais je suis surprise parce que au parlement européen nous ce qu'on voit c'est aussi beaucoup toute une famille de l'extrême droite européenne qui se comporte comme des soumis comme des soumis face à trump comme des soumis face à poutine et donc moi j 'ai un peu l'impression de voir nos collègues au Parlement européen du RN faire une petite pirouette opportuniste, alors qu'ils sont, depuis des mois et des mois... Vous ne croyez pas à l'Union
sacrée dans un moment aussi grave que celui-là ? Je
n'oublie pas qu'il y a quelques mois, au Parlement européen, c'est le RN qui proposait qu'Elon Musk reçoive le prix Sakharov, qui est le prix qui récompense les combattants des droits humains au Parlement européen. Je pense qu'on a besoin d'une petite... Petite explication de texte, parce que nous, en tant qu'Européens, je crois que c'est le moment du réveil, c'est le moment de se dire, en fait, on n'est pas destiné ni à la faiblesse, ni à la soumission, on est capable d'être forts, on est capable de choisir notre destin, mais c'est aussi le moment, peut-être, pour les citoyennes et les citoyens, de voir qui est honnête dans le positionnement démocratique. Et moi, je le crois aujourd'hui, il y a un affrontement. Il y a un affrontement entre celles et ceux qui se battent pour la démocratie. celles et ceux qui se battent pour les valeurs européennes, parce que c'est pas juste un continent et des frontières, c'est aussi des valeurs derrière, et celles et ceux qui, en fait, sont plutôt du côté de l'international réactionnaire.
Marjorie Payon, de quoi les lunettes d'Emmanuel Macron sont-elles le nom ? Elles
sont le nom, peut-être, d'une prise de front et d'un leadership d'Emmanuel Macron sur ce front des Européens qui désormais veulent mener la danse face à Donald Trump. C'est-à-dire qu'on a quand même eu l'impression que depuis un an, je vous rappelle que cette année, non seulement on a eu affaire à ce règlement de compte à Hockey Davos, mais surtout, on est arrivé au 1 an d'investiture de Donald Trump et J.D. Vance. Et finalement, pendant cette 1re année du second mandat... qu'on a eu affaire à plusieurs... Essai de discussion, de formes de dialogue. Le thème de dialogue de Davos cette année, c'était un esprit de dialogue. Donc vous voyez à quel point on a essayé de varier les registres encore une fois. On a essayé de jouer à la camaraderie, on a essayé de jouer à la flatterie, on a apporté des cadeaux parfois en plaqué or, parfois des solutions clés en main, notamment quand il s'agit de faire avancer le dossier en Ukraine. On a même été jusqu'à l'allégeance avec Viktor Orban qui a rejoint... ce nouveau Conseil de la paix imaginé par Donald Trump avec un milliard de dollars cash à déposer avant même de pouvoir y siéger. Finalement, on se rend compte que taper du poing sur la table, c'est tout ce qu'il nous reste pour pouvoir s'opposer. Ces lunettes, c'est celle de l'opposition à Donald Trump.
On va revenir sur ces images de Davos et cette semaine dingue qui vient de s'écouler. Le président américain a fini par reculer sur le Groenland, mais... A quand la prochaine crise ? Récit de cette semaine avec Maïté Frémont.
soir,
dans les couloirs de Bruxelles, les dirigeants européens reprennent leur souffle.
On a commencé la semaine avec une forme d'escalade, des menaces. des menaces d'invasion et des menaces tarifaires. Et nous sommes revenus à une situation qui me paraît beaucoup plus acceptable.
Parce qu'il faut l'avouer, la semaine n'a pas été un long fleuve tranquille. Lundi, Donald Trump fait du Donald Trump et tacle Emmanuel Macron.
Personne ne veut de lui parce qu'il va bientôt quitter ses fonctions. Donc vous savez, ce n'est pas grave. Ce que je vais faire, c'est que s'il se montre hostile, j'imposerai des droits de douane de 200% sur ses vins et ses champagnes. Il se joindra à nous. Mais comme vous le savez, il ne sera plus en fonction dans quelques mois.
Le président français puni pour avoir refusé de participer à son conseil. Cette dernière lubie du président américain. Et puis parce que Donald Trump veut le Groenland et n'en démord pas. le ton du ministre de l'économie monte d'un an. Du
chantage entre des alliés de 250 ans, du chantage entre des amis. ce n'est évidemment pas acceptable.
Paris menace d'utiliser le bazooka commercial, arme de rétorsion inédite contre les Etats-Unis. De son côté, le chef de l'OTAN, lui, tente la carte de l'apaisement.
Bien sûr, je constate qu'il existe actuellement des tensions, cela ne fait aucun doute. Mais je peux vous assurer que la seule façon d'y remédier est en fin de compte une diplomatie réfléchie.
Mardi, le Forum économique de Davos débute donc dans une ambiance un peu particulière. Dans les couloirs, Emmanuel Macron se défend.
le
lendemain, le président américain débarque lui aussi et se paye tour à tour pendant plus d'une heure. L'OTAN, l'Europe, ses dirigeants et le président français.
Emmanuel Macron, je l'ai regardé hier avec ses belles lunettes de soleil. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Il joue le dur à cuire.
Donald Trump ou la diplomatie de l'humiliation. Les Européens suffoquent et le gouverneur de Californie, lui, encourage l'Europe.
L'Union européenne devrait donc lui tenir tête et riposter avec fermeté. Il faut rendre coup pour coup Trump et Femme. Intimidation,
tension et puis hier soir une soudaine détente. Devant les journalistes, Donald Trump parade et vante un accord qu'il aurait conclu avec l'OTAN concernant le Groenland. A la clôture du Forum économique de Davos, Christine Lagarde, elle, tire un bilan de ce spectacle.
Je pense que l'Europe a pas mal été dénigrée ces derniers jours. Mais au fond, c'est plutôt une bonne chose et nous devrions remercier ceux qui la dénigrent. Car je crois que cela nous a permis de prendre pleinement conscience de la nécessité d'être plus vigilants.
L'Europe soulagée, mais loin d'être dupe, défiée comme rarement cette semaine.
'est l'histoire avec un grand H qui dira plus tard si janvier 2026 a été vraiment un moment de bascule, mais il y a une bascule qui s'opère avec certitude, Marjorie, c'est celle de l'opinion. Je voulais qu'on regarde ensemble ce sondage publié ce matin par Grand Continent qui montre à quel point les Etats-Unis ont changé de statut dans l'opinion européenne en un an de présidence Trump. Parce
que ces Etats-Unis-là ont tendance à dire qu'en général, il y a 24 heures de cycle d'actualité. Aujourd'hui, si on est par phase de 12 heures, encore, on peut réussir à maîtriser ou à comprendre la situation, plus ce serait trop. C'est compliqué. C'est-à-dire qu'on a, nous, journalistes... C'était le cas déjà sur la première administration de Trump, ça l'est encore plus depuis plus de 365 jours. Cette idée de dire que nous envoyer des informations, nous submerger dans le flot d'informations 24 heures sur 24, fait que finalement, il va y avoir cette impression, vous savez, de ne pas pouvoir reprendre d'air. J'imagine que c'est un peu pareil aujourd'hui. Suffocant. Oui, citoyens européens et citoyennes françaises et françaises en l'occurrence. On a cette impression d'être submergé d'infos, de suffoquer au fur et à mesure et d'avoir... à des Etats-Unis d'Amérique qu'on ne comprend plus, qu'on pensait être notre allié, qui deviennent notre ennemi frontal. Ces chiffres sont vraiment très impressionnants. Il y a notamment dans le sondage du Grand Continent, ce euro-bazooka, il y a un clin d'oeil dans le titre du sondage, ce chiffre qui m'interpelle beaucoup. 64 % des Européens, désormais, estiment que la politique étrangère des Etats-Unis est synonyme de recolonisation et de prédation. On est vraiment arrivé à un moment où l'impérialisme américain... se fait de plus en plus sentir.
Riyad, est-ce que vous partagez les avis de ce sondage ? 73% estiment que l'Union européenne ne doit plus compter que sur elle-même pour défendre son indépendance. 51% qualifient Trump d'ennemi de l'Europe. L'année dernière, les chiffres étaient beaucoup plus bas et on sent qu'on est passé de la défiance à la peur. Vous, est-ce que ce qu'on vient de vivre, ça vous a fait peur
Déjà, je pense que les événements récents... On peut en tirer une conclusion. Le seul allié de la France aujourd'hui, c'est l'Europe, c'est l'Union européenne. Bien sûr qu'il faut garder et avoir des partenariats avec nos... Que ce soit avec les Etats-Unis ou avec d'autres. Mais je pense que les événements récents nous disent une chose, c'est qu'il faut construire l'Europe avec notre binôme historique, la France et l'Allemagne. Je pense qu'aujourd'hui, comme ça a été dit dans le reportage, il faut rendre coup pour coup. C'est malheureux, mais on est arrivé à un moment, on est au retour, comme beaucoup de médias le disent, des empires, avec d'une part les Etats-Unis, d'autre part la Russie ou encore la Chine. Donc aujourd'hui, je pense qu'il faut que tout le monde se mette d'accord sur un point essentiel, c'est que l'avenir... il se fera qu'avec l'Europe.
Les Américains, ils parlent de wake-up call. Est-ce que, pour l'Europe, la semaine qui vient de s'écouler, c'est un réveil qui, finalement, va faire du bien aussi ? Moi, je me tourne vers vous, parce que vous, les députés européens, vous avez vécu cette séquence en étant quasiment aux premières loges, à Strasbourg, au Parlement européen. Il y a eu un débat mardi sur le Groenland et sur la réponse européenne à apporter aux menaces de Donald Trump. Moi, j'avais envie que vous me racontiez... comment ça s'est passé dans les coulisses ? Est-ce que vous avez tous pris la mesure de la gravité du moment ?
Oui, oui, et la gravité, elle montait depuis un certain temps. C'est-à-dire qu'on vit au Parlement européen et donc dans cette instance démocratique européenne sous la menace et le chantage permanent des Etats-Unis, mais pas depuis une semaine, depuis des mois et des mois. C'est-à-dire que, tour à tour, on a eu les droits de douane avec cet accord commercial US-UE que le Parlement européen a gelé. Cette semaine est coulée, donc on a rempli notre mission. On rappelle qu'il s'agit d
'un accord qui, initialement, devait réduire à 0% les droits de douane sur les produits importés des Etats-Unis en Europe. Pour 93 milliards, alors que
les Etats-Unis nous imposaient 15% de droits. Depuis un an. Depuis un an. C'est fini. Jusque-là, c'est gelé. C'est gelé et c'est important. Je pense que ça n'a pas été pour rien dans le recul de Donald Trump sur le Groenland. On a dit instrument anti-coercition, ça aussi, c'est venu de l'Union européenne, plus le gel de cet accord. Quand on parle business à Donald Trump, tout d'un coup, il est beaucoup moins à l'aise. On n'en a pas parlé, mais les quelques troupes qui ont été déployées... aussi au Groenland, ça voulait dire aussi des choses intermilitaires. Donc on vit cette menace depuis... des mois sur nos régulations numériques aussi. C'est vrai que mon voisin de gauche dit, c'est formidable, les Etats-Unis, cette liberté d'expression, formidable, laissons-la gagner, l'Union européenne, ça veut dire l'entrée... Non, mais quand vous votez pas sur nos régulations numériques, ça veut dire ça, ça veut dire laissons la désinformation, c'est ça la liberté d'expression, on voit les dangers que ça représente. Donc on est en train de se battre pied à pied pour défendre nos intérêts, nos lois, nos régulations. et notamment dans le fait de conforter la démocratie. Donc on l'a vécu de manière folle, mais on était déjà bien échauffés, je dirais. On ne peut pas
minimiser le rôle du Parlement européen cette semaine, mais c'est plus la couleur des marchés qui ont fait battre Donald Trump. Il y a un mélange de tout, peut-être ? C'est un peu tout en même temps, mais au moment où il est sur la scène de Davos et où il... qui aimait l'idée de retirer sa menace d'opération militaire, les marchés qui étaient dans le rouge depuis 48 heures repartent dans le vert. Il y a aussi beaucoup de ça. Par ailleurs, face aux menaces qui peuvent peser parfois et aux débats qui pèsent parfois sur la régulation numérique, on a déjà vu ce débat sur d'autres scènes avec un député ici, il y a quelque chose qui s'est passé à Noël, qui s'est fait suspendre son droit de visa sur le sol américain en raison du DSA qui l'avait fait voter, justement. à vos institutions. C'est très intéressant, parce que quand l'Europe dit l'EDSA, c'est tout ce qui est illégal... -"Digital Service
Act".
-"Tout ce qui est illégal dans la vraie vie est aussi illégal en ligne". Jusque-là, ça va plutôt dans le bon sens. Et ça tient du bon sens, là aussi. L'Europe entend plus de contraintes, plus de régulations, c'est donc moins... de désinformation possible, sauf que les Etats-Unis, sous cette administration Trump, entendent aujourd'hui plus de contraintes, c'est moins de liberté d'expression. Et c'est donc justement là qu'il y a un hiatus sur l'interprétation de ce que dit aujourd'hui, freedom of speech, cette liberté d'expression qui, visiblement, est parfois géométrie variable. Emma Raffowitz ? Non,
mais je pense que ce moment, c'est une opportunité, d'une certaine manière. Et c'est pour ça que moi, j'ai peut-être envie de vous partager... mon optimisme. Alors, ça va vous surprendre, parce que c'est vrai qu'on a eu une semaine compliquée. C'est pas un délire. Mais moi, je pense que c'est le moment de se dire construisons donc désormais notre défense européenne. Et notre défense européenne, c'est pas uniquement une histoire militaire, c'est pas uniquement une histoire d'armée qu'on a prête pour aller sur le front, même si évidemment, notamment depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, ce sujet, il est pour toutes et tous ici, je pense, un peu dans notre tête. Notre défense européenne, ça veut dire qu'est-ce qu'on a pour protéger nos démocraties. pour protéger, finalement, notre émancipation à toutes et tous, protéger notre système social, protéger notre agriculture. Et vous l'avez vu, on a aussi eu peut-être, vous l'avez vu peut-être, je ne sais pas, une victoire aussi cette semaine avec la saisine de la Cour de justice de l'Union européenne concernant le Mercosur. Pourquoi ? Parce qu'il y a aussi eu, et c'est lié à tout ça, un réveil de beaucoup de députés européens sur, en fait, on doit penser désormais à notre souveraineté. à être souverain en tant qu'Européen. Parce que c'est au niveau européen que les choses, pour beaucoup d'entre elles, doivent se faire pour être puissants vis-à-vis des Etats-Unis, mais ça demande un réveil. Et donc, moi, mon souhait peut-être pour demain, et c'est là où j'aimerais peut-être savoir si vous êtes optimiste avec moi ou pas, c'est de se dire, est-ce que le réveil, il va durer quelques jours ? Et finalement, on se dit... On a peut-être fait reculer Trump ou pas. Moi, je pense que, en réalité... On a besoin d'être fort et d'être réveillé sur la durée. On n'a pas besoin de se rendormir tout de suite. Moi, j'espère que c'est pas le sursaut dans la nuit, mais que c'est un vrai réveil et que maintenant, on est prêt à aller sur le terrain, à se poser, à se dire si on y croit, et moi, je suis assez d'accord avec Riyad, si on se dit le meilleur allié de l'Europe et de la France, pardon, le meilleur allié de la France, c'est l'Union européenne, c'est le couple franco-allemand, alors qu'on se dise très clairement qu'est-ce qu'on a à construire ? qu'est-ce qu'on veut faire, qu'est-ce qu'on veut protéger ? Mais moi, je suis complètement d'accord avec ce que vous avez dit.
voudrais rebondir aussi sur l'intervention de Riyad et partager cette analyse-là, en effet, que l'Europe est comme encerclée par des empires à l'ouest, les Etats-Unis d'Amérique, où il y a plutôt une vassalisation technologique et militaire de l'Europe aux Etats-Unis. Il y a l'impérialisme russe à l'Est qui révise les frontières européennes et l'agenda de Vladimir Poutine est très incertain pour la suite. On sait quel sort il réserve à l'Ukraine, mais... Il y a une grande incertitude aussi qui pèse à l'est de l'Europe. Et il ne faut pas oublier, vous l'avez mentionné aussi, la Chine, puisqu'il y a un empire commercial qui inonde très largement le marché européen avec ses produits. Et en ce moment, ça pose d'énormes conséquences. On parle des droits de douane américains, mais il y a aussi l'enjeu du marché, du marché chinois qui fait beaucoup de mal à nos secteurs industriels. Mais je partage un optimisme, mais une inquiétude aussi, ce serait de se focaliser sur Donald Trump quand on parle des États-Unis d'Amérique. Pourquoi je dis ça ? Pas du tout pour exonérer Donald Trump. Parce que le risque, c'est de se dire, peut-être qu'une fois que Donald Trump se sera passé, dans deux ans et demi, trois ans maintenant, on pourra reprendre les mêmes relations qu'avant, se soumettre encore aux Etats-Unis d'Amérique parce qu'on aimera mieux le nouveau président américain qui sera peut-être un démocrate ou quelqu'un qui parlera un autre langage sur les valeurs. Et le risque de tenir ce discours-là, de pointer seulement Donald Trump, c'est que le jour où c'est plus Donald Trump, finalement, l'Europe va se remettre à se soumettre aux Etats-Unis d'Amérique parce que ce serait quelqu'un... qu'on préfère ou qui paraît moins brutale ou qui paraît moins absurde dans certaines déclarations, etc. Donc ça, c'est le message que j'aurais envie de dire, c'est d'éviter de se focaliser sur Donald Trump et de prôner cette indépendance européenne vis-à-vis de n'importe quel président américain et de ne pas dépendre d'une élection américaine.
Et si en 2018, le président américain s'appelle Jay Lee Vance ou Marco Rubio
Eh bien, de la même manière. Je pense que ce serait dans la continuité de Donald Trump assez largement. Je pense que ce sont eux d'ailleurs qui dictent assez largement ça. son idéologie et son politique étrangère, notamment Jay Givens, qui fait partie de ceux qui expliquent que l'Amérique doit avoir cet empire sur l'hémisphère occidental depuis le Chili jusqu'au Groenland. Donc je pense que ce sera évidemment dans l'incontinuité de Donald Trump et il faudra avoir les mêmes... Sauf que Jay
Givens fait aussi partie de ceux qui finalement se sentent plus proches d'un membre d'ultra-droite européenne que d'un démocrate américain.
Si on regarde la stratégie de sécurité américaine en décembre 2025... Vous avez raison, dans sa stratégie, il compte sur des partis patriotiques européens pour défendre les intérêts américains. Donc, dans votre sens
ou pas ?
C'est ce qu'ils espéraient, c'est ce qu'ils souhaitent. Et je crois que la réponse qu'on peut apporter aujourd'hui sur ce que fait, déjà, ce qu'a fait Donald Trump au Venezuela ou le Rassemblement National à dénoncer l'intervention américaine, contrairement au président de la République, par exemple, mais ce qu'il fait également au Groenland, on s'est montré très ferme et on a dit... au effort, notre opposition à la remise en question de la souveraineté d'un allié. Et donc, J.D.Vance et Donald Trump, s'ils souhaitent avoir de bonnes relations avec l'Europe, je crois qu'il faut qu'ils s'y prennent autrement.
Est-ce que Riyad peut passer le micro à Isdabel, qui est juste derrière lui ?
bonjour. La France n'a jamais été aussi forte que quand elle est au pied du mur. On a pu voir ça dans le sport, etc. Je pense que cette semaine, on a compris que l'Europe, c'est les alliés. L'union fait la force et je pense qu'on n'a plus besoin forcément de penser aux alliés comme les États-Unis, l'Europe. Si on se met tous ensemble, on est très forts. Et ça, on l'oublie. Le fait qu'on dépende beaucoup
des Etats-Unis, est-ce que c'est quelque chose qui vous parle ? Je pense à une de vos collègues au Parlement européen qui s'appelle Audrey Laluc et qui a alerté cette semaine sur la dépendance de l'Union européenne vis-à-vis des moyens de paiement. Visa, Mastercard, c'est américain. Et c'est ainsi que Donald Trump a pu, notamment, on parlait de Thierry Breton, mais Audrey Laluc cite l'exemple de Nicolas Guillou, qui est un juge français de la Cour pénale internationale, qui est sous le coup des sanctions de Donald Trump, qui n'a plus accès à son ordinateur, parce qu'il y a Microsoft à l'intérieur, et qui n'a plus accès à ses moyens de paiement qui ont été désactivés. Donc il vit comme un interdit bancaire avec de la monnaie. Est-ce que ça, ça fait partie de vos inquiétudes dans notre dépendance vis-à-vis de l'Amérique
? Oui, mais les choses vont changer. On a compris qu'il fallait changer, il fallait voir le verre à moitié plein et s'unir maintenant pour modifier la donne, je pense.
On est unis, on est presque tous unis. Il y a malgré tout des Etats qui nous empêchent d'avancer. Il y en a un qui s'appelle la Hongrie. Je me tourne vers vous parce que vous nous avez chanté les louanges de l'Europe. C'est vrai qu'on est quand même un peu surpris parce que la Hongrie, par exemple, est toujours... Victor Orban vote systématiquement contre tout soutien à l'Ukraine, il faut s'en rappeler. Donc il y a une influence majeure. Je ne suis pas hongrois, ça ne vous aura pas échappé. Non, mais vous siéchez dans le même groupe
au Parlement européen. Vous êtes 11 députés en l'occurrence de votre groupe pour 30 députés ARN. Voilà. Et donc, c'est quand même une force notable au sein du groupe des Patriotes. C'est important de savoir comment vous prenez les décisions. Si on peut
aller dans les groupes de chacun, on va trouver des choses assez extraordinaire. Pas
à ce stade. Par rapport à ce que vous dites, oui, ce réveil fait partie aussi de notre autonomie stratégique. Depuis 2017, Emmanuel Macron, discours de la Sorbonne, parle de ce sujet. Ce sujet a quelques Etats membres près qui sont inféodés à des puissances externes et hostiles à l'Union européenne. Donald Trump a bien dit que l'Union européenne en l'Etat n'avait plus lieu d'être, qu'il fallait la détruire ou revenir aux Etats. Donc, à part ces Etats membres qui sont illibéraux et qui vont dans ce sens, je crois qu'il y a... Je crois qu'il y a une prise de conscience majeure sur notre souveraineté. On est en retard sur l'industrie numérique. Elle dit
que ça peut arriver à tout le monde, cette histoire de coupure des moyens de paiement. Elle a
raison. C'est pour ça qu'on
avance sur la question de l'euro numérique. Elle travaille beaucoup dessus. Digital Wallet, le portefeuille.
Le boulot d'Auror la Luc au Parlement européen est extrêmement sérieux. Il faut que chacun en prenne la... Moi, je serais peut-être un peu plus critique sur l'état du réveil de chacun. Aujourd'hui, ce que je perçois, c'est une Commission européenne qui hésite. encore, sur la force de la réponse, sur à quel point est-ce qu'on doit être ferme vis-à-vis de Donald Trump, vis-à-vis de Poutine. L'Europe était prête à prendre des mesures
anti-coercition, le fameux bazooka commercial, mardi. Mais
ce que disait Laurence Faring est aussi assez juste. Ça fait depuis des mois qu'on les voit, les menaces de Trump. Ça fait depuis des mois qu'on voit qu'Elon Musk menace aussi l'Union européenne concernant ses régulations sur les réseaux sociaux que vous évoquiez, madame. Ça fait des mois. Donc là, on se réveille un peu tardivement. Le réveil est là. Mais la réalité, c'est qu'il va falloir aussi rompre avec certains dogmes. Il va falloir assumer... ce vrai choc de souveraineté européenne. Certains dogmes, lesquels ? Moi, je pense qu'aujourd'hui, les traités de libre-échange, par exemple, qui sont trop souvent évoqués comme une évidence, ne doivent plus être considérés comme une évidence. On doit assumer d'avoir une préférence européenne pour les achats, par exemple, sur les marchés publics, en matière de défense, en matière d'infrastructure publique. Cette préférence européenne, nous, on a appelé ça le Buy European Act. pendant les élections européennes, ça a été pour certains perçu comme quelque chose de complètement absurde. Je pense qu'aujourd'hui, c'est le chemin qu'il faut prendre.
Les entreprises françaises qui commercent avec les Etats-Unis sont évidemment sur leur garde, elles aussi. Elles ont craint cette semaine une nouvelle hausse des frais de douane à laquelle Donald Trump a pour le moment renoncé. Pour le moment. Illustration ce soir dans l'Ain. On vous emmène au sein de l'usine Fermob. Vous connaissez peut-être, c'est eux qui fabriquent les fameuses chaises du jardin du Luxembourg, des chaises en fer. C'est un reportage de Baptiste Gargui-Chartier et Mathieu Préau.
La menace américaine fait l'objet de toutes les attentions chez Fermob.
420 tables sur le cycle en cactus.
Une entreprise de mobilier 100% made in France.
On est sur un ordre de grandeur d'à peu près 5000 produits qui vont sortir de notre chaîne ici tous les jours.
Des chaises, des tables en acier galbée, un matériau lourdement frappé par une taxe de 50% aux Etats-Unis depuis l'été dernier. Un coup dur pour la société qui misait sur le marché américain.
chiffre de 50% est énorme. Ça freine notre plan d'évolution et ça nous oblige à être dans l'adaptation permanente.
Les Etats-Unis représentent 10% du chiffre d'affaires, non négligeable pour l'entreprise. Alors, parmi les 500 salariés, la versatilité de Donald Trump inquiète en des boussoles certains.
le monde craint pour la sécurité financière de l'entreprise. On
fait confiance à la direction, ils vont prendre les bonnes décisions pour qu'il n'y ait pas de problème par rapport à ça.
éviter la contagion, l'entreprise a revu sa stratégie commerciale.
basiquement, qu'est-ce qu'on a dû faire et qu'est-ce que beaucoup d'entreprises ont dû faire, c'est augmenter nos prix, renier un petit peu sur nos marges.
Par exemple, cette chaise bistrot est passée de 120 à 140 dollars. Le patron cherche la parade et pour limiter les coûts de production, il envisage de sous-traiter la coloration des produits aux Etats-Unis.
Au lieu qu'elle soit comme ça, peinte, terminée, on va l'envoyer ce qu'on appelle brute. Ça permettra d'envoyer des produits. semi-finis, donc avec une valeur inférieure et donc de payer finalement proportionnellement des droits de douane plus limités.
ces mesures ne sont pas suffisantes, l'entreprise pourrait sérieusement envisager de développer d'autres marchés dans d'autres pays.
je vais me tourner vers Emmanuel. Bonsoir Emmanuel, si on veut bien donner un micro à Emmanuel. Je me tourne vers vous, Emmanuel, parce que vous dirigez la Fédération des entreprises de beauté, c'est le syndicat professionnel des fabricants de produits cosmétiques. Pour tout vous dire, j'espérais vaguement qu'il soit venu avec des cadeaux, des crèmes, des échantillons éventuellement. Le marché américain, ça représente quelle part pour les produits cosmétiques français aujourd'hui ?
Alors le marché américain, déjà c'est le premier marché mondial pour les cosmétiques, mais comme dans beaucoup de marchés aussi, c'est un marché très unifié. Et pour les exportations françaises, c'est un peu plus de 20% de nos exportations qui partent aux Etats-Unis, c'est le premier pays avec lequel on commerce.
Alors qu'est-ce qui se vend le mieux ? De grande marque ? Alors
en termes de marque, c'est à peu près... toute typologie de marque, puisque c'est assez logique pour des jeunes marques françaises de se lancer rapidement aux Etats-Unis. Ce qu'on vend le plus, c'est du parfum. La moitié de ce qu'on vend, c'est du parfum. Un parfum français sur cinq est acheté par un Américain.
Et vous avez subi donc les frais de douane de 15% l'an dernier. Ça s'est senti très fort sur les ventes
Oui, alors cette semaine pour nous, c'est aussi la semaine où on a les dix premiers mois de l'export, les statistiques. Le bilan ? Le bilan des dix premiers mois qui est souvent très proche du bilan annuel. Et là, on a déjà perdu 18% d'exportation vers les Etats-Unis. Donc c'est déjà un demi milliard d'euros d'exportation perdu. Et ce qui fait qu'on sait déjà que... Pour l'année et pour toutes les destinations dans le monde, ça va être la première année depuis très très longtemps qu'on va être dans le négatif, c'est-à-dire qu'on ne va pas avoir de croissance de nos exports des industries cosmétiques. Alors on reste toujours grand exportateur, deuxième contributeur à la balance commerciale, mais c'est très impactant pour nous. Ce qu'il faut voir d'ailleurs, c'est que des emplois, il y a 300 000 personnes en France qui travaillent du fait de l'industrie cosmétique. Et donc effectivement, il y a une forme d'inquiétude par rapport à ce marché américain. Sachant qu'on espère qu'il y ait des solutions, parce qu'il y a quand même un agenda de compétitivité au niveau européen, et donc un marché unifié européen, c'est pas mal.
Mais quelles solutions vous espérez
En fait, il y a vraiment deux composantes pour nous, parce que la guerre économique, c'est avant tout une guerre commerciale. Donc c'était très bien présenté dans l'exemple, c'est-à-dire, s'il faut tenir les prix, il faut gagner en compétitivité. Et une grande partie de la problématique de la compétitivité qu'il y a en Europe, c'est lié aux réglementations, soit fragmentation de réglementation européenne, un équitage différent, par exemple, ce rouge à la veille va étiqueter différent dans chaque pays, donc en fait, ça nuit à notre compétitivité. Et après, on a un certain nombre de réglementations européennes ou françaises. qui sont vraiment très très lourdes, notamment avec beaucoup de reporting. Donc ça, c'est le premier point, c'est si on peut gagner des points de compétitivité en Europe, ça va aider nos entreprises. Pour qu'on comprenne
bien quand vous dites le reporting,
en
quoi ça pèse sur votre... C
'est-à-dire que quand vous avez un labo d'innovation, par exemple, qui fait de l'innovation produit, donc qui va créer un nouveau parfum, on va prendre un autre exemple que le rouge à lèvres, qui va créer un nouveau parfum, aujourd'hui, à peu près en Europe, ça c'est une spécialité en Europe, il y a à peu près 40% de la recherche d'innovation, donc du temps des chercheurs, sert uniquement à refaire le même produit, mais pour être en fait compliant avec la réglementation européenne. Et donc ce qui fait qu'on a 40% d'innovation en moins, donc on paye des chercheurs et on paye bien nos chercheurs, on a des super chercheurs, vraiment les meilleurs chercheurs au monde, mais en fait presque la moitié de leur temps est justement et uniquement consacré à refaire les mêmes produits pour suivre certaines réglementations. Mais
aussi parce qu'il y a des réglementations qui nous protègent de substances,
donc cérigènes,
au hasard.
Exactement, mais alors là-dessus, il y a effectivement, simplement, la plupart de ces reformulations, c'est qu'il n'y a aucun risque sur l'homme. En fait, on a une problématique, je ne vais pas rentrer dans les détails très compliqués, mais on a une réglementation européenne riche, qui n'est pas articulée avec la réglementation cosmétique, et donc on a des problématiques d'interdiction à peu près en permanence. Donc ça, c'est le premier sujet, de faire en sorte que notre recherche et innovation délivre vraiment des innovations. dont rêve le monde. Si on est leader mondial, c'est parce que nos innovations, elles font rêver et elles sont vraiment efficaces. Et le deuxième sujet, c'est quand on a ces super produits, donc on va essayer de les vendre mieux en Europe, avec une Europe plus prospère, mais surtout, on va vouloir les exporter. Et donc, on veut les exporter partout dans le monde. Donc aujourd'hui, on vend partout dans le monde parce que... Tout le monde utilise des produits de beauté français. Il y a des pays, par exemple, qui ne peuvent pas consommer d'alcool. Les produits de beauté, tout le monde les utilise. Donc, en fait, on n'a pas de limitation de marché mondial. Et donc, c'est pour ça qu'on a un certain nombre d'accords de libre-échange. Et je ne veux pas parler du Mercosur, qui n'était pas en plus un accord extraordinaire pour nous. Mais par exemple, sur l'Inde, il y a 70 millions d'Indiens et d'Indiennes qui peuvent acheter du jour au lendemain nos produits. 70 millions, c'est la même taille que le marché français. Donc, si on arrive à la fois à gagner en compétitivité, en ayant des réglementations... qui soit beaucoup plus cohérente, tout en gardant tous les sujets de protection du consommateur, et qu'on arrive à ouvrir des nouveaux marchés. Et l'Inde, c'est vraiment un marché extraordinaire. Mais d'une
certaine façon, vous vous dites qu'il faut se passer des Etats-Unis, il faut se tourner vers d'autres marchés. Pas
forcément, parce que les Etats-Unis resteront toujours le leader mondial. Par contre, ce qu'il faut, c'est nous aider à nous diversifier, parce qu'on restera toujours aux Etats-Unis. On a des marques qui sont présentes depuis 200 ans aux Etats-Unis. Ils sont quasiment arrivés au moment de l'indépendance des Etats-Unis. Mais par contre, on a besoin de se diversifier. Le monde est large et il y a beaucoup de pays où en fait les personnes... rêvent d'acheter nos produits. L'exemple, si vous êtes dans un duty free, vous voyez qu'il y a beaucoup de gens...
Vous parlez de l'Inde, mais je crois que vous avez trois eurodéputés qui sont dans la délégation avec l'Inde, si je ne m'abîme. C'est tout à fait un hasard, vraiment. Je vous
remercie pour votre témoignage. Aujourd'hui, c'est vrai qu'on est dans ce questionnement-là. Comment, finalement, on arrive à être efficace, à être performant d'un point de vue commercial, et en même temps, comment est-ce que... nationalement, on ne baisse pas la qualité de nos normes, ce qu'on expliquait tout à l'heure concernant les normes sociales, environnementales, les protections en matière de santé. On a eu ce débat, notamment, c'est vrai, autour du débat autour du Mercosur. On l'a évidemment beaucoup centré autour de la question de l'agriculture, mais en réalité, ces questions-là, elles nous touchent un peu, quels que soient les sujets commerciaux. Qu'est-ce qu'on fait rentrer chez nous ? Comment est-ce qu'on exporte ? Comment est-ce qu'à la fois, on aide nos entreprises ? Et comment est-ce qu'on ne fait pas rentrer n'importe quoi chez nous ? On a aussi les débats en ce moment avec Chine. Vous avez vu, et finalement, on se dit, mais comment est-ce qu'on fait pour faire rentrer des choses qui ne soient pas cancérigènes, qui ne soient pas dangereuses pour nous ? Je crois aujourd'hui qu'on a en effet besoin de se dire déjà... que nos régulations. c'est parfois une de nos plus grandes forces. D'abord, pour nous protéger, pour protéger les citoyennes et les citoyens, pour protéger les consommateurs. Ensuite, il faut peut-être, et ce que vous évoquez sur les enjeux de simplification, ils sont sans doute importants, mais moi, ce que je n'ai pas envie, c'est qu'on rentre dans le piège où, finalement, on dit qu'on fait de la simplification, mais qu'on dérégule. Il faut qu'on trouve cet équilibre-là. Aujourd'hui, je vais être très honnête avec vous, je ne suis pas persuadée qu'on l'a tout à fait trouvé. On a besoin d'avancer là-dessus, mais sans jamais que ça veuille dire de la baisse de qualité pour les gens. Et deuxième chose, et je pense que typiquement vous parleriez avec des personnes qui travaillent dans les milieux des vins et spiritueux, par exemple, ces enjeux d'exportation aux Etats-Unis avec des très très hauts niveaux pour la douane, etc., c'est des choses qui ne sont pas tout à fait... Ils ont tremblé cette semaine, les maisons de champagne notamment, qui étaient menacées par des douanes à 200%. Ce que je crois sincèrement, c'est que la clé pour tous les accords commerciaux... tous les accords commerciaux, c'est l'équilibre et c'est la justice. Il n'est pas acceptable aujourd'hui qu'on se dise, quand on fait un accord avec un pays... D'une certaine manière, on sacrifie nos agriculteurs parce qu'on a envie d'avantager le secteur de l'automobile. Il faut qu'on arrive tout le temps à créer des choses qui soient équilibrées parce que l'Europe, elle est forte de ses valeurs, elle est forte de ses emplois, de ses métiers, de ses industries, quelles qu'elles soient. Et ce que vous évoquez sur les cosmétiques, vous avez raison, c'est une fierté pour nous d'avoir tout ça. C'est un patrimoine français et européen, toutes ces entreprises. Donc nous, l'objectif, c'est évidemment que vous puissiez être encore plus florissants demain. Pour autant, je n'ai pas envie qu'on tombe dans le piège, finalement, de vous faire baisser en qualité parce qu'on se dirait que c'est ça le chemin de la simplification. Et de la même manière, il faut qu'on arrive à construire des accords commerciaux qui soient équitables. Mais pour ça, ça demande de la volonté politique. Parce que sincèrement, moi, ce que je vois aussi beaucoup à la tête de la Commission européenne et parfois au Parlement européen, c'est qu'on se dit, il y a le dogme de on doit faire plein de traités, on doit faire des accords commerciaux, etc. Du coup, parfois, on les fait vite, on les fait un peu n'importe comment, on ne consulte pas assez réellement les entreprises, on ne regarde pas les conséquences sur l'emploi, on ne regarde pas les conséquences sur notre environnement, on ne regarde pas les conséquences sur le social et sur, finalement, ce que ça veut dire pour les salaires, pour tout ça. Moi, j'ai envie qu'on se dise, demain, on est capable d'avoir encore... des accords, mais ils doivent être justes. C'est ça aussi le choc de souveraineté européenne dont on parle. Il faut que les Européens se disent que l'Europe nous sert à quelque chose. C'est à la fois être riche et être puissant, mais c'est
aussi vivre dans un continent qui est juste. Un autre secteur qui souffre, c'est l'humanitaire. Vous teniez à être avec nous ce soir, Kévin. Bonsoir, Kevin. Alors, vous dirigez l'ONG Solidarité Internationale. D'abord, est-ce que vous pouvez nous dire quelles sont vos missions
Bien sûr, on intervient dans 25 pays en crise, ceux qui connaissent les crises les plus sévères. Et on vient dans l'accès à l'eau pour les personnes qui en sont dépourvues, mais aussi sur les questions alimentaires, la lutte contre les famines et l'habitat.
y a pile un an, Donald Trump a suspendu le financement américain de l'aide internationale avec quelles conséquences un an plus tard pour votre travail et sur vos missions
se trouve que les États-Unis avaient un rôle tout à fait prépondérant dans l'aide humanitaire mondiale. Ils couvraient pour plus de 40% des besoins mondiaux en financement. Et il y a pile un an, effectivement, Donald Trump a décidé de suspendre radicalement et d'un seul coup l'ensemble des mécanismes de soutien que les États-Unis avaient mis en place. Ça a été un choc majeur pour l'ensemble du secteur. mais aussi et surtout pour les personnes qui dépendent de cette aide au quotidien pour leur propre survie. Nous, on est présent dans des zones comme le Soudan, comme Gaza, comme l'Ukraine, comme le Myanmar, des endroits où la guerre, elle frappe au quotidien. Et les personnes qui perdent tout du jour au lendemain du fait de ce conflit, elles ont besoin d'un soutien, d'un tiers, d'un soutien international pour simplement pouvoir survivre.
baisse de cette aide, elle vous a conduit à arrêter certaines missions ? A ne plus aller sur certains terrains
? À date, on a réussi à se maintenir dans nos 25 pays. notamment parce que l'Union européenne a été un acteur qui, dans un certain nombre de pays, a été en mesure de soutenir la continuité de nos opérations. Pour autant, on a bien dû arrêter dans certaines des zones dans lesquelles on intervenait dans ces pays, notamment celles où les États-Unis se sont complètement désengagés. J'ai en tête, par exemple, l'Afghanistan, encore le Yémen. En tout, on a calculé que rien que sur l'année 2025, c'est 300 000 personnes qu'on a aidées en moins du fait du retrait américain.
Vous avez, face à vous, 3 euros députés. Vous venez de vanter justement les mérites de l'Union européenne pour l'action humanitaire, mais c'est un combat qu'il faut mener tous les jours. Est-ce que c'est un angle mort et est-ce qu'il s'est passé cette semaine ou vous a fait peur
Justement, c'était peut-être une question que j'avais envie de vous poser. On est effectivement à un moment où on a le sentiment que l'ordre mondial qui était fondé sur un certain nombre de règles et qui était déjà l'objet de remises en question et peut-être d'applications parfois inégales entre différentes zones du monde, cet ordre, il est en train de s'effriter. Et par ailleurs, l'une de ses composantes, que sont les Nations Unies, fait l'objet d'attaques assez fortes de la part d'un des acteurs clés de leur constitution. On a beaucoup parlé jusqu'à présent de la partie, je dirais, souveraineté de l'Europe et la façon dont l'Union européenne peut venir en appui, en soutien des Européens. L'Union européenne, elle est aussi actrice au niveau de la scène mondiale. Et c'est un acteur clé aujourd'hui de l'aide humanitaire. Du fait du retrait américain, elle est devenue le premier acteur mondial de l'humanitaire. Et l'humanitaire, ça nous concerne tous, puisque ce qui se passe aujourd'hui dans ces pays en crise, pour les 240 millions de personnes qui ont besoin d'aide, Ça peut avoir des répercussions sur l'ensemble de la planète, parce que si on n'est pas en soutien, la déstabilisation, elle s'étend et les problématiques, qu'elles soient sanitaires ou de déplacement forcé, concrètement, elles vont toucher d'autres pays. Et donc aussi, à un moment ou à l'autre, elles nous concernent en tant qu'Européens. On est à un moment où l'Union européenne commence à réfléchir au grand changement budgétaire qu'elle veut pour les prochaines années, notamment dans une négociation qui, je pense, va beaucoup vous occuper, qui est celle du cadre financier pluriannuel de l'UE. Et dans ce cadre-là, la question du poids que l'Union européenne veut donner à son pouvoir d'acteur humanitaire, elle va être absolument clé. Et donc, j'ai envie de vous demander, est-ce que dans le regard que vous avez sur cet acteur clé de l'humanitaire et la façon dont l'Union européenne peut faire que les règles... de l'état de droit et les règles des principes humanitaires, du droit international humanitaire qui, pour nous, doivent primer autour de la planète ? Est-ce que c'est des choses que vous êtes prêts à défendre au sein de vos différentes responsabilités
Je
commence. Ce que vous dites, c'est que ça participe à la création du chaos qu'a voulu Donald Trump. On n'aide plus les plus pauvres parce qu'il n'y a pas de raison qui nous coûte cher. C'est un principe d'inéquité totale qu'il a mis sur la table. Malheureusement, ce prisme est beaucoup repris par les populistes et l'extrême droite au sein même de l'Union européenne. Pourquoi ? Parce qu'on n'a pas à dépenser pour les pays en développement. Il n'y a pas de raison. le fasse et d'ailleurs moi j'ai été très choquée au parlement européen puisque nous avons voté il ya peu de temps une résolution sur l'aide au développement qui a été rejeté par la droite et l'extrême-droite. Pourquoi ? Parce que ça voulait dire, tout d'un coup, on allait dépenser notre argent pour eux là-bas. Voilà, c'est affreux, mais c'est comme ça. On va donner la parole à la défense, peut-être, sur ce point. Non, mais juste, je voulais dire ça, c'est parce que c'est important. Or, en effet, comme vous dites, c'est la première solution pour à la fois aider ces pays et ces peuples qui en ont besoin pour intervenir sur des théâtres de guerre, mais à la fois. pour nous aussi, résoudre certains problèmes tels que les problèmes migratoires, les problèmes de santé, avec, on a vu ce qui nous a touchés pendant le Covid, c'est-à-dire intervenir sur le regain, on voit le retour du développement du HIV aujourd'hui qui avance de manière galopante, tout ça, c'est la santé globale, c'est un équilibre global du monde, là où l'Union européenne doit absolument jouer toute sa place, et je dirais jouer toute sa place, alors vous dites que les Etats-Unis ont choisi de couper, mais... Il choisit de faire toute sa place par rapport à la Chine, qui prend beaucoup d'influence en Afrique. C'est aussi une question de souveraineté. Malheureusement, c'est instruit de manière très défavorable par ces parties qui montent, de droite et d'extrême droite, parce qu'on stigmatise l'autre.
vais répondre à la fois à l'intervenant précédent et à monsieur très rapidement, puisque ma collègue socialiste vous remercie pour votre témoignage, mais en décembre dernier, en plénière, elle avait l'occasion de vous apporter un soutien. Il y a eu la directive Omnibus au Parlement européen,
qui
visait justement à s'en prendre aux normes, à la CSRD notamment, aux normes de reporting, à la question des seuils aussi chez les entreprises, qui posent un certain nombre de problèmes. Lorsqu'on a atteint certains seuils, on passe immédiatement dans des catégories supérieures, plus difficiles en termes. de normes, etc. Et le Parlement européen a voté. une directive omnibus favorablement, mon groupe l'a voté, la droite l'a voté, les deux représentants ici présents ont voté contre, puisque justement s'opposer à cet abaissement de certaines normes qui pèsent sur les entreprises. Je tenais à répondre puisqu'on explique qu'on empêche l'Union européenne de fonctionner, qu'on empêche cette puissance européenne, en l'occurrence sur les aspects réindustrialisation, puissance économique, normes, il y a une partie de l'hémicycle, la gauche notamment, qui refuse d'aller au soutien de nos entreprises sur ce sujet. Sur la question... de l'aide internationale, je ne voudrais vraiment pas qu'on caricature ce débat entre les gentils et les méchants. Je crois qu'évidemment, personne ne remet en cause l'importance de l'aide humanitaire encore plus sur les théâtres de guerre. Je crois que ça, c'est certainement pas une question de débat et le texte que vous évoquez n'allait certainement pas dans ce sens-là. En revanche, nous, ce qu'on considère, bien sûr, c'est qu'il y a, sur certains aspects, un gaspillage de l'argent public en termes à la fois de l'aide au développement vis-à-vis de certains pays qui ne font pas d'efforts vis-à-vis de nous. Lesquels ? Je pense à certains pays qui ne reprennent pas leurs ressortissants étrangers lorsqu'il y a des expulsions du territoire national. Donc je crois que ça peut être un levier justement de dissuasion et de discussion avec ces pays pour leur dire qu'il y a un partenariat. et notamment les textes qu'on vote au Parlement européen visent à dire sur les enjeux migratoires, on peut bloquer l'aide au développement si, de l'autre côté, il n'y a pas aussi des échanges de bons procédés de ces pays envers les nôtres pour reprendre le ressortissant. Et un certain nombre aussi de gaspillages dans l'aide au développement, c'est-à-dire que nous, ce qu'on demande, c'est de faire... non pas un moratoire, non pas de cesser toute aide, mais de regarder et de mieux réguler. Parce qu'il y a un certain nombre d'associations qui sont parfois aidées sans vraiment regard sur la façon dont ces fonds sont utilisés. Il y a eu certaines polémiques, notamment à Gaza. Alors nous, nous ne sommes pas du tout favorables à supprimer l'aide humanitaire à Gaza, mais il y a eu quand même des polémiques à certaines associations qui étaient en Palestine et à Gaza notamment, où il y avait des liens aussi avec certains terroristes du Hamas. Voilà, c'est ce genre de choses qu'on veut faire, c'est-à-dire... faire un état des lieux de l'aide au développement qui peut être dépensé aujourd'hui, et se dire, là où il y a des abus et là où elles sont parfaitement légitimes, vous avez écouté, donc il était à deux guerres, l'Ukraine notamment, je crois que là, il n'y a pas de questions. Je ne suis
pas certaine que ça vous mettra d'accord, mais je vais vous donner le tableau justement de l'aide au développement américaine qui a été coupé. Kevin, vous le notiez, USAID, qui était vraiment l'organisme qui permettait aux ONG américaines de pouvoir venir en aide. aux populations à l'étranger. C'est donc l'aide au développement et humanitaire encore une fois. Les financements étaient purement et simplement coupés. En effet, il y a une résurgence du HIV aujourd'hui dans les endroits où les ONG américaines opéraient avant et tout ça a été fait pour l'administration Trump au nom de America First, l'Amérique d'abord. On trouvait que l'aide au développement ne permettait pas de pouvoir justifier ce fait de pouvoir défendre d'abord des intérêts américains. Résultat, en effet, il y a un soft power qui est perdu en Afrique en ce moment. par les Etats-Unis au profit de la Chine. Et quand on s'interroge sur l'aide au développement, je vais sortir de l'Union européenne, je vais aller regarder ce qui se passe du côté du Royaume-Uni, Keir Sammer lui-même, pour pouvoir financer l'augmentation du budget de défense du Royaume-Uni à hauteur de 2,7% du PIB d'ici 2027, est allé couper dans quoi ? L'aide au développement. Donc ça veut dire que l'aide au développement devient une variable d'ajustement. Absolument, et qu'on peut couper à tout moment en dépit. En effet, des équilibres de santé humanitaire et, pardon de le dire encore une fois, mais c'est vraiment du soft power, c'est vraiment de l'influence positive qui peut être construite par les États. Et à un moment donné où les impérialismes jouent les uns contre les autres, ça peut en effet être un élément.
Emma Raffovit ? Je voulais rebondir déjà pour dire pourquoi est-ce que finalement c'est important pour nous cette aide au développement, pourquoi est-ce que c'est important de soutenir, de continuer à soutenir ces organisations qui aujourd'hui font de l'aide humanitaire. D'abord parce que tout à l'heure, on parlait de défense européenne et que je disais pour avoir une défense européenne efficace, il faut savoir ce qu'on défend. Moi, je pense qu'on défend aussi des valeurs. On défend aussi des valeurs, on défend une vision du monde qui est universaliste. On dit qu'un humain, une vie, ça vaut une vie, que c'est pas normal que des enfants, comme c'est le cas de beaucoup trop d'enfants dans le monde aujourd'hui, soient condamnés à la famine, qu'aujourd'hui, il y a encore beaucoup de zones du monde où il n'y a pas d'accès à l'eau potable. Et ça, je dirais que c'est la première raison de pourquoi c'est important, c'est une raison de valeur. Peut-être que ça ne convaincra pas tout le monde, moi, en partie, ça me convainc en tout cas. La deuxième raison, c'est un peu celle que vous avez évoquée. C'est une raison qu'on pourrait qualifier de cynique. Alors, je pense qu'elle n'est pas que cynique, parce que c'est aussi d'ailleurs une question de valeur. Quand finalement on disparaît, quand nous ne sommes pas là, quand ces organisations que vous représentez ne sont pas là, la réalité, c'est que la nature, elle a horreur du vide. Elle a horreur du vide. Et quand ce n'est pas des organisations qui prônent des valeurs démocratiques qui sont présentes, ça devient des organisations qui portent des idées totalitaires ou parfois des intégristes religieux qui prennent cette place-là. Et moi, je ne trouve pas ça satisfaisant. Je ne crois pas en ça, ce n'est pas les valeurs auxquelles je crois. Et enfin, j'ai envie de le dire ainsi, parce que le sujet budgétaire, ce n'est pas un petit sujet. Parce qu'évidemment, en ce moment, tout est une question de sous et donc de priorité. Qu'est-ce qu'on choisit de faire ? Aujourd'hui, typiquement, pour la défense européenne, et moi, encore une fois, j'y crois, je crois à cette défense européenne, je pense qu'il faut investir dans notre défense, dans notre armée, dans nos munitions. On dit, du coup, où est-ce qu'on va trouver cet argent ? La facilité de certains, qui est portée notamment à la droite de l'hémicycle au Parlement européen, c'est de dire on va aller taper dans ce qu'on appelle les fonds de cohésion. En fait, l'argent qui va servir ensuite aux régions, qui va servir de faire des investissements pour plein de choses, des infrastructures, le social, etc. Moi, je n'y crois pas. Parce qu'encore une fois, je pense que si on veut défendre quelque chose, il faut qu'on sache ce qu'on veut défendre. Et l'Europe, pour moi, elle n'a pas de sens si elle n'est pas sociale, si elle n'est pas écologique, si elle n'est pas tout ça. Et donc, oui, le sujet, c'est l'argent. Et donc, il faut plus de sous. Il faut des ressources propres. C'est ce que nous, on dit depuis longtemps. Alors, il y a plein de moyens d'avoir des ressources propres. Il faut juste qu'on choisisse. Dans le rapport Draghi, qui avait beaucoup parlé de lui, on parlait de faire des emprunts communs. On peut aussi dire qu'il faut taxer les plus riches. Nous, c'est ce qu'on avait proposé avec les socialistes. Laurence, je sais qu'elle n'est pas d'accord avec la taxation des plus riches, mais la réalité, elle est là. Si on veut vraiment... On est adversaires, même si on arrive à se parler. Oui, en effet, ce serait hypocrite de dire qu'on veut plus de budget pour ça, plus de budget pour ci, qu'on veut conserver, si on ne dit pas aussi qu'on veut plus de budget pour l'Union européenne. Moi, je le dis oui.
voudrais rebondir sur la question des Etats-Unis. Tout à l'heure, vous l'avez même évoqué, tout le monde l'a un petit peu évoqué sur ce plateau. Aujourd'hui, ce n'est plus vraiment une question qu'on se pose si l'Europe veut se détacher aujourd'hui des États-Unis. Mais moi, j'ai envie de vous poser une simple question. Est-ce qu'elle en a la capacité réellement ? Vous qui êtes député européen, est-ce que vous pouvez nous... nous en parler de cela ? Est-ce que ce n'est pas finalement une utopie de vouloir se séparer comme ça d'un pays si fort dans le cadre international ?
On ne veut pas se séparer, on veut se faire entendre et se faire respecter. Or, on l'a vu, on est capable de faire reculer... Donald Trump ne sera pas éternel, peut-être, on aura d'autres organisations, mais on a 450 millions de citoyens. on est un marché très mûr, riche, c'est une zone riche du monde, donc on ne peut pas s'en passer comme ça, et on l'a vu avec le recul de Donald Trump sur le Groenland. Par ailleurs, oui, on a du retard, mais on a des atouts. On l'a vu tout à l'heure avec les entreprises que vous représentez, que ce soit dans les domaines des industries d'excellence, du luxe, du prestige, de l'agroalimentaire, mais aussi en matière d'innovation, on est à l'avant-poste. on a maintenant des problèmes d'investissement. Donc c'est cette capacité à pouvoir réunir des investissements majeurs, et on l'a vu, rapport Draghi qui nous demande de mettre 800 milliards, on est en retard. Il faut que les dirigeants européens prennent leurs responsabilités et peut-être que les égoïsmes vont disparaître pour qu'on puisse faire ça, pour qu'on puisse investir en commun comme on l'a fait pendant le Covid et on a vu qu'on y arrivait, ça veut dire parfois aussi réformer nos institutions européennes qui ne décident pas très vite. et elle devrait pouvoir le faire beaucoup plus vite. -"For sure", comme dit Emmanuel Macron. -"For sure", il faut avancer plus rapidement, mais on a les atouts aussi en termes réglementaires. Pour revenir à la question de l'entreprise... on avance sur un concept qui s'appelle le 28e régime pour les entreprises. Ça veut dire qu'aujourd'hui, on va créer un régime qui va s'adapter à l'ensemble de l'Union européenne quand on veut créer une entreprise, une entreprise innovante ou non, et se développer ou implémenter une innovation. Et ça, ce sera un véritable atout, une véritable accélération. Donc on a les capacités de recherche, on a les capacités intellectuelles, on a des industries d'excellence, on a un terroir, on a une culture.
et on a nous. Moi, je m'interroge aussi sur quel rôle le citoyen peut jouer. On parlait de soft power tout à l'heure. Il se trouve que cet été, il y a une coupe du monde de football qui va se dérouler aux Etats-Unis. On commence à sentir monter une petite musique d'un éventuel boycott. Moi, je voulais savoir qui parmi vous est allé aux Etats-Unis ces derniers temps ? qu'il se trouve que les tours opérateurs viennent de publier hier des chiffres. qui montre que les voyages organisés de la France vers les Etats-Unis ont baissé l'an dernier de 15%. Et le patron des tours opérateurs dit qu'il y a un effet Trump.
Et 28% de touristes européens, je crois, en tout.
Sur la programmation des réservations pour l'été prochain, en effet, à mois constant, l'année dernière, à la même époque, il y avait 30% de réservations en plus. Donc là, on a 30% de réservations en moins pour cet été. Coupe du monde FIFA 2026, qui vont se dérouler dans 11 villes hautes américaines sur l'ensemble de cette Coupe du monde. Il y a aussi le Canada et il y a aussi le Mexique. Mais il y a de vraies questions qui se posent, notamment dans la mesure où, vous le savez, Donald Trump menace d'invoquer ce qu'on appelle le Insurrection Act de 1807. On va passer par un peu de constitution américaine. C'est pour ça que vous êtes la marge, oui. Pour finalement, si j'utilise le langage trumpien en la matière, aller mater la rébellion démocrate. dans des villes comme Minneapolis, dans l'état du Minnesota. pourquoi pas dans l'Oregon, à Portland, ou pourquoi pas, comme ils pourraient menacer de le faire en Californie, chez Gavin Newsom, c'est très compliqué. Ça veut dire que, potentiellement, on va se retrouver dans un moment où des villes hautes, Los Angeles, par exemple, en étude, auraient un afflux de touristes et de supporters pour la Coupe du Monde confrontés à des situations délicates sur le terrain.
Mais je voudrais faire un petit sondage parmi vous, ça vous passe l'envie d'aller aux Etats-Unis dans les prochains mois ? Parce qu'en plus, il y a une inflation qui fait que le moindre verre de vin coûte 25 dollars. Ça veut
dire que le déplacement pour des supporters d'un coup du monde va être extrêmement élevé. Mais réellement, c'est un petit PE à l'achat. Qui veut prendre la parole sur ce thème ? Plein de gens.
Justement, ça nous concerne, nous, en tant que membre de mon association GEMONU, parce qu'on participe à un voyage à New York pour faire des simulations onusiennes. Et cette question des coûts et de l'inflation, comme vous le mentionnez, ça nous concerne, je pense notamment juste à la demande ESTA, qui a notamment augmenté...
C'est le document qu'il faut remplir avant d'aller aux Etats-Unis. C'est ça. Et l'exemption de visa pour des raisons de séjour touristique.
Exactement. Et pour nous, étudiants... Certes, on a l'école qui nous aide financièrement à participer à ce voyage.
Vous avez ruiné l'école avec ce voyage.
En tout cas, ça nous arrange. Et surtout, les coûts pour ce voyage aux Etats-Unis, qui est un peu déjà notre... notre publicité pour l'assaut, parce que c'est assez exceptionnel de pouvoir faire ça. Vous
avez une association où vous faites des conseils de sécurité de l'ONU. Vous simulez, c'est ça, entre étudiants, des conseils de sécurité de l'ONU. Vous vous êtes dit que ce serait mieux de le faire sur place, c'est ça
? C'est ce qu'on fait déjà depuis un certain temps. Mais là, ça coûte beaucoup plus cher qu'avant. Mais en tout cas, oui, les coûts pour la participation à cette simulation onusienne à New York, ils ont explosé pour nous. pas seulement le coût du voyage, mais le coût de la vie sur place, en fait. Et ça peut nous poser question à peut-être changer nos destinations alors que c'était... Ce n'était pas du tout un
sujet auparavant, pour vous ?
Non, voilà, parce que c'était un des voyages sur lesquels on comptait énormément et qui, nous, fait aussi la réputation de notre association. Et oui, forcément, ça doit dissuader, pas seulement nous, mais... tous les touristes qui souhaitent aller aux Etats-Unis, et il y en a énormément.
C'est clair et je peux vous rejoindre qu'aujourd'hui, pour plein de gens, ça fait un peu peur, ce qui se passe aux Etats-Unis. Vous parliez du prix, mais c'est quand même une démocratie qui est en train de s'effondrer. On a un peu l'impression d'un colosse au pied d'argile. On n'a pas parlé des images de l'Aïs. Vous avez peut-être vu qu'un gamin de 5 ans qui a été mis en détention pour attirer son papa... Moi, c'est des choses qui me choquent beaucoup, et je le dis, ça me choque d'autant plus que je pense que, comme certains d'entre vous, moi, je suis d'une génération, j'ai quand même grandi avec une image des Etats-Unis, j'exagérerais à peine en disant le fantasme à School Musical, etc., mais je veux dire, on se dit quand même qu'on tombe un peu de haut, et ça me fait vraiment de la peine. Alors certes, on voit qu'il y a des poches de résistance, nous, on est là pour aussi les accompagner, parce que, en fait, nous, au Parlement européen, et je tiens quand même à le dire... on reçoit beaucoup d'Américains qui nous disent résister. Il n'y a même
pas besoin d'aller jusqu'à Strasbourg. Nous, on est allés rencontrer des Américains à Paris. On voulait leur demander aussi bien des touristes que des Américains installés en France. Vous allez les entendre dans ce reportage de Dario Borgogno et Eva Billon.
clins d'oeil aux Etats-Unis sont partout dans la capitale, symbole d'une histoire forte entre les deux pays. Pourtant, compliqué de trouver un Américain pour s'exprimer sur son président. Et quand ils acceptent, ils ont bien souvent cet avis.
C
'est un dérangé, un fou du roi. Il n'aurait pas dû être élu ni réélu. Maintenant, c'est un danger pour tout le monde. Il représente un parti qui est déterminé à briser la paix et la coopération internationale. Tout le monde doit se préparer au pire.
sentiment accentué récemment par les menaces du président sur le Groenland.
Je pensais que l'époque de la colonisation était terminée. Mais il semblerait qu'on répète l'histoire d'une mauvaise manière.
Je pense qu'il essaye de diviser le monde avec ses annonces de dernière minute comme avec le Groenland. C'est pour ça que je suis venu étudier ici et pas en Amérique.
L'île de France compte plus de 17 000 étudiants américains. Compliqués pour eux d'être ici et de vivre à distance, à travers leur famille, les différents événements aux États-Unis.
C'est dur d'être à l'étranger avec cette situation géopolitique. Et cette année a été terrible pour nous avec tout ce qui s'est passé sur notre territoire, avec ce néofascisme qui renaît.
Largement critiqué par ces Américains vivant à Paris, chez lui aussi, Donald Trump perd en popularité. Il compte seulement 43 % d'opinions favorables après un an de mandat.
La statue de la liberté à Paris, c'est terrible. En regardant le reportage, je me disais qu'ils ne vont pas pouvoir retourner aux Etats-Unis. Pourquoi ? Parce que désormais, même avec la procédure de l'ESTA dont vous parliez tout à l'heure, il faut donner aux autorités américaines son historique des réseaux sociaux. Alors,
pour être tout à fait honnête et transparente avec l'administration Trump, c'est une procédure qui ne date pas de l'administration Trump, même pas de 2016, mais qui date du Patriot Act passé après le 11 septembre sur le sol américain. À l'époque, il n'y avait pas Instagram. Non, à l'époque, il n'y avait pas Instagram, mais il y avait quand même déjà des e-mails et des courriers électroniques. Et l'idée était, en effet, lorsqu'il y a... d'un citoyen étranger sur le sol américain, de pouvoir avoir une traçabilité de ces activités. C'est une procédure que les administrations démocrates comme républicaines peuvent plus ou moins mettre en place en fonction des degrés de sécurité pour le pays. Il faut les accueillir, les réfugiés politiques américains.
J'étais à Washington il y a quelques semaines avec la commission des libertés civiles, dont je suis aussi membre. a pu aller à la rencontre de l'administration, notamment de la justice américaine. Moi, j'ai été très claire, mais comme l'ont été aussi certains de mes collègues, nous, ce qu'on défend, c'est l'état de droit. Quand on voit des enfants être détenus, quand on voit des citoyens américains être considérés comme d'une autre nationalité juste parce qu'ils ont une couleur de peau différente de celle qui est attendue par la police, quand on voit aujourd'hui, finalement, tout ce qui est... aux Etats-Unis, par la police, mais aussi ce qui a encouragé. Souvenez-vous de l'assassinat de Charlie Kirk, qu'on a tous condamné aux Etats-Unis, ce qui s'est passé après. On a eu l'administration de Trump, qui adore la liberté d'expression, qui est venu dire qu'on parlait en mal de Charlie Kirk sur la réseau. On leur a dit avec une fermeté
que c'était incroyable. Pour vous, Pierre-Romain Thionnet, on a quasiment fini. Ça passe très vite.
Il y a quand même une forme d'hystérisation là-dessus. Il y a aussi des mauvais perdants aux Etats-Unis d'Amérique. les démocrates ont été battus et il faut respecter aussi la démocratie, c'est les urnes qui ont parlé aux Etats-Unis d'Amérique pour mettre Donald Trump au pouvoir. Alors qu'il y a des choses qui nous déplaisent, notamment au point de vue international, je crois que c'est très clair pour tout le monde, qu'il y ait plus d'avoir des dérives au sein des Etats-Unis, c'est aussi très clair et documenté. Ensuite, il faut parler de respect de l'état de droit, je crois qu'on parlait de valeur tout à l'heure, la démocratie, le respect du choix du peuple, c'est aussi une valeur. Oh, alors écoutez, ça a tombé,
il y a de nouvelles élections. La
démocratie, c'est pas... que le vote au bout des élections de mid-term et ce qu'elle donne, ce qui sera très important pour
la chambre. Il y a un vrai risque, Marjorie, et on va s'arrêter. On est
en train vraiment de se poser des questions sur les conditions dans lesquelles pourront se passer les élections de mi-mandat en novembre prochain. Encore une fois, si l'Insurrection Act était invoqué quelques semaines ou quelques mois plus tôt, il y a aussi des procédures de redécoupage électoral, que ce soit en Californie ou au Texas, ça promet quelques émissions supplémentaires.
Ça promet, c'est sûr. Merci en tout cas. Merci Marjorie et merci surtout à vous d'être venus ce soir rencontrer vos héros députés sur le plateau de chaque voix compte. L'émission est rediffusée tout à l'heure à 23h30. Si vous souhaitez vous aussi faire partie du public et venir interroger vos élus, vous flashez le QR code qui apparaît en ce moment même à l'écran. Lundi, vous avez rendez-vous avec l'ami Francis Letellier pour l'Indicé politique. Il recevra Laurent Panifou, le ministre chargé des Relations avec le Parlement. Nous, on se retrouve mardi en direct à 19h30. Excellente soirée sur la 8.
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