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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Aquili. Jean-François Aquili, votre invité ce matin à 8h17 sur Sud Radio, c'est Hervé Morin, président de la région Normandie, président des centristes. Et aussi ancien ministre, notamment de la Défense. Que de la Défense. Bonjour, Harvey Morin. Bonjour, Jean-François Aquilier.
Donald Trump arrive à Davos. Que faut-il faire face au président américain ? Je vous cite Emmanuel Macron qui prône l'état de droit plutôt que de la brutalité et appelle à ne pas accepter passivement la loi du plus fort. On
change de monde. Trump a décidé de mettre par terre l'organisation de 1945, le non-recours à la force, système multilatéraliste, des systèmes de médiation avec notamment les Nations Unies. Bon, le monde change. La question pour l'Europe, elle se résume en un seul mot. Est-ce qu'on sort de la servilité et de la vassalité ? Le problème c'est que quand on a été ilote, si je puis dire, comme du temps de Sparte, quand on a été tellement lâche face aux Etats-Unis depuis 80 ans en acceptant un gros sombre d'eau, en considérant que le parapluie américain ça nous protège et que globalement on accepte la domination américaine, c'est difficile tout d'un coup de se dire qu'on va redresser la tête. Alors le problème d'Emmanuel Macron, c'est qu'il a raison sur le fond. Pour une fois, je vais dire qu'il a raison. Il a raison ? Non, mais il a raison sur le fond. La seule chose, c'est que ça ne peut pas se faire seul. Quand j'ai vu ses déclarations de dimanche, je me suis dit, est-ce qu'il a fait un tour des capitales européennes pour essayer de bâtir une position commune ? Et j'ai constaté malheureusement que c'était encore une démarche personnelle. Mais quand le narcissisme est le moteur... de ce président de la République, il est évident que ça ne facilite pas la construction d'un ensemble européen capable de résister à la puissance américaine.
Emmanuel Macron, narcissique à vos yeux, dans cette affaire
notamment ? Depuis 9 ans. Un de nos drames, c'est celui-ci.
Vous avez vu ce que dit Trump de lui. Emmanuel, il ne va pas être là. Très longtemps, donc il est en train de l'humilier publiquement.
Est-ce que c'est acceptable ça ? L'autre sujet au-delà de la question américaine, c'est la France est très faible aujourd'hui et donc notre crédit est faible. Quand vous pensez que sur un accord comme le Mercosur... une puissance agricole comme la France, on puisse lui passer dessus et lui dire, écoute, on va quand même signer le traité, ça démontre à quel point on est faible. Vous voulez dire faible au sein de l'Union Européenne ? Faible au sein de l'Union Européenne. Du discours de la Sorbonne au Mercosur, on voit à quel point la France n'est pas écoutée en Europe. Je suis désolé de le dire, mais c'est ça la réalité. C'est-à-dire que si vous reprenez le discours de la Sorbonne, il n'y a à peu près rien de ce qu'il mettait sur la table qui n'a été réalisé. et que et que emmanuel macron agace mais souvent à bruxelles je le constate la volonté toujours d'être devant de la scène de ne pas jouer collectif fait qu'au bout d'un moment ça vous voulez dire qu'on le paye aujourd'hui bien sûr mais tout ça et on paie le fait qu'on est peu crédible quand on évoque... Laissez-moi finir. Quand on évoque l'idée que nous allons remonter en puissance militaire. Pourquoi on n'est pas crédible ? Pour deux raisons. La première, c'est qu'on a annoncé l'économie de guerre en 2021. Je vous le dis, je suis président d'une région où j'ai réuni l'ensemble des industries de défense de ma région pour leur dire on va mettre en place un centre d'outils pour que vous puissiez augmenter votre capacité de production. Ils n'ont jamais eu un euro de crédit supplémentaire. Et qu'en 2026, quand on nous annonce les 6 milliards supplémentaires, les 6 milliards, ils ne seront pas... Il y a déjà 8 milliards de crédits qui sont reportés. Mais c'est du flanc tout ça. Mais c'est du flanc parce que depuis 4 ans il ne s'est rien passé. Donc ça c'est la première raison. Comment voulez-vous remonter votre potentiel militaire si vous ne remontez pas d'abord votre potentiel industriel de produire ? Et puis le second point, c'est que quand vous dites je vais augmenter mon budget pour la défense et la sécurité, participer à la sécurité européenne, faut-il déjà ? avoir un peu d'ordre dans nos comptes. Comment on peut dire qu'on va augmenter indéfiniment notre budget militaire quand on est à la ruine ou presque et qu'on continue à adopter des mesures démagogiques comme ce budget 2026 que les députés LR et les députés de centre droit ne devraient pas voter. C'est la confusion des genres complets. La droite et le centre droit qui vont voter un budget socialiste. C'est
le monde à l'envers. D'un mot pour boucler sur Trump et sur le Groenland, Emmanuel Macron, la France qui appelle ce matin un exercice de l'OTAN, l'OTAN dirigée par les Etats-Unis au Groenland. Vous dites quoi ? Il faut le faire ?
Sauf qu'on sait bien que ça ne se fera pas. C'est tout. L'OTAN est dans les mains des Américains. Donc il ne faut pas qu'on se raconte d'histoires. Et vous avez bien vu, les Allemands ont envoyé 15 soldats, ils sont déjà revenus. Vous voyez, Mélanie a dit c'est une erreur à Trump le dimanche. Et le lundi, elle a dit il y a un problème de compréhension, je crois, quelque chose de genre. Bon, donc on voit bien que la première démarche, c'est de sortir bien sûr d'une démarche qui se fasse au sein de l'Union Européenne, mais ça doit être une démarche intergouvernementale de pays qui décident ensemble. de redresser la tête.
Il faut sortir le fameux bazooka économique, l'instrument européen anti-coercition. Jean-François
Aquilie, le bazooka économique, qui va voter ça ? Vous pensez que ça n'existera pas, en fait ? Je pose la question. Je n'ai pas eu le sentiment que l'écho de la... de la volonté d'Emmanuel Macron et trouver retentissement dans l'ensemble des capitales européennes.
Donc nous payons aujourd'hui, si je vous entends bien, Hervé Morin, il y a la folie de Trump, vous êtes d'accord. Vous êtes le président de la région des plages du débarquement du 6 juin 1944. Il y a le souvenir puissant de notre allié américain. C'est fini tout ça, Hervé Morin ?
Oui, mais vous savez, moi j'aime les Etats-Unis, j'aime la société américaine. sa vitalité et son énergie. Et pour tout vous dire, j'ai été prof de droit constitutionnel. J'ai toujours dit à mes étudiants que la plus belle démocratie en termes de pouvoir et de contre-pouvoir, c'était la démocratie américaine. Et là, on voit que tout ou presque est en train d'être balayé. Et ça doit nous amener, nous, Français, à nous rappeler que la démocratie, c'est fragile. Parce que là, on voit qu'on a un chef d'État qui globalement considère qu'il s'assoit sur tout et qui vous explique que sa seule loi... C'est sa propre morale. Et vous imaginez quelle morale il a. Qu'est-ce qu'on fait ? On lui donne ce Groenland ou pas ? Certainement pas. La question pour l'Europe, on voit bien, c'est que l'Europe est tiraillée entre la question ukrainienne et sa relation avec les Américains. On essaie en permanence de ramener les Américains pour soutenir Zelensky et son combat légitime. Et donc on ne veut pas trop fâcher Trump. Parce qu'on se dit, si on le fâche complètement, il va nous abandonner sur l'Ukraine. Et comme les Européens ont une capacité de production industrielle, notamment en matière d'armement, qui est faible, on se dit, mais comment on va soutenir les Ukrainiens demain ?
Hervé Morin, vous évoquiez l'accord Mercosur. Les vaches de Normandie, c'est une vraie question. Est-ce qu'elles doivent aller au salon de agriculture ? Vous avez entendu ce qu'elle dit Annie Gennevard ? C'était sur Europe 1 ce week-end. Elle dit qu'il n'y a plus de problème. 90% c'est réglé, la DNC... Écoutez, moi tout ce que
je sais, c'est qu'il ne faut pas prendre le moindre risque. Parce que la DNC en Normandie, c'est un drame pour les éleveurs normands. Et c'est un drame pour l'industrie laitière française. Il ne faut pas qu'elle
vienne attraper ça.
Non, ça c'est sûr que non. Pas de vache normande. J'en sais rien, je ne joue pas avec ça. Je ne suis pas expert, je ne suis pas vétérinaire. Mais je me dis, est-ce qu'on est bien sûr qu 'on ne prend pas de risques ? Parce que là, la production laitière française, elle repose sur deux ou trois régions. c'est grosso modo l'ouest de la France, les pays de la Loire, la Normandie et la Bretagne. Donc si vous filez la vérole sur les troupeaux de ces régions, c'est un vrai drame à la fois bien sûr pour nos agriculteurs. Et c'est un vrai drame aussi pour l'économie, pour l'agroalimentaire française.
Vous avez évoqué Emmanuel Macron sa grande faiblesse à vos yeux. Notamment, on nous a marché dessus avec cette histoire d'accord Mercosur. Vous évoquiez le budget Hervé Morin. La droite française, à quoi elle joue ? Les Républicains, ils ont mangé leur chapeau à vos yeux ? Vous, vous êtes le patron des centristes, mais vous êtes proche de LR. Oui, mais j'ai aucun souci de dire que
je suis de centre droit. J'ai toujours été. Vous l'avez toujours revendiqué, ça. Je dis simplement que si les Républicains font en sorte indirectement de valider ce budget, ils vont perdre tout crédit. C'est aussi simple que ça. On ne peut pas à la fois tenir un discours à la tribune de campagnes électorales et puis ensuite faire l'inverse. Ça ne marche pas. On va perdre tout crédit. Alors Laurent Wauquiez joue un rôle absolument démentiel. Il joue contre son camp. Bon, très bien. Il essaie d'affaiblir chaque jour Bruno Retailleau. Au bout du compte, tout le monde sait que Laurent Wauquiez n'a aucun crédit pour être candidat à l'élection présidentielle. Bon, très bien. Et au bout du compte, qu'est-ce qu'on fait, nous ? On décide d'attendre... Quoi ? Que le RN où les filles se retrouvent au second tour ? On va parler
de David Lissnard. Juste un mot, quand Franck Louvrier, le maire sortant de la boule, qui est candidat à sa propre succession, dit à la une de l'opinion, il faut que la droite vote la censure. Mais bien sûr,
j'ai toujours dit ça. Vous dites ça aussi ? On aurait dû voter la censure le jour où il y ait le gouvernement le cornu. Mais là, il y a la censure qui arrive, là. Il faut y aller ? Vous ne pouvez pas dire, vous ne pouvez pas, dans une espèce de lâcheté générale, vous dire, grâce au 49-3, je ne vais pas avoir à me prononcer réellement. Parce que les Français, ils ont quand même de la culture politique. Donc en clair, face à un 49-3, quand on est de droite et qu'on voit que ce budget est un budget fabriqué par un gouvernement avec les socialistes, eh bien... On censure. Censurer. Et si vous ne censurez pas, de toute façon, les électeurs vous censureront. C'est aussi simple que ça. Alors justement,
le RN 2027, Hervé Morin, vous étiez assis au premier rang hier soir du meeting de David Lissnard à Paris. Mon candidat. C'est votre candidat. Il est candidat. Ça y est, il le dit. Oui. Écoutez, vous voyez bien qu'il a... Ses chances, quelles sont-elles ? Il y a tellement de
candidats à droite. C'est pour ça que nous disons qu'il faut une primaire. qu'il faut un système qui soit un système qui permette de sélectionner un candidat, qui, grâce à la primaire, donne l'occasion aux Français de pouvoir s'ouvrir sur le débat présidentiel. On a vu à quel point la primaire avait été un formidable tremplin quand elle a été ouverte. Ça permet à des millions de Français de s'intéresser à une campagne, se dire finalement... Il est capable de résister à la violence d'une campagne électorale, et en même temps, il a un discours que je ne connaissais pas, et que j'ai découvert. C'est comme ça que Fillon s'est retrouvé candidat. Bon, après, il y a eu des péripéties. Oui, mais les péripéties, elles ne sont pas liées à la primaire.
Hervé Morin, de Darmanin, Knafou, pour paraphraser, citer... Oui, moi, je l'ai revoqué.
même chose.
Je dis
la même chose. Je dis, il faut très clairement qu'à l'issue de cette primaire, on est un candidat, et que ce candidat apporte l'idée... de liberté, de responsabilité, de création de valeur. Le problème de la France, ce n'est pas la distribution, c'est de créer suffisamment de valeur pour après être en capacité de distribuer. Elle est prête, la France, à entendre un fouaire. Vous
savez, Millet, c'est un peu le message aussi de David Lissnard. Enfin,
David est très loin de la caricature de Millet. Donc, clairement, ce qu'il faut, c'est qu'on remette la France en situation de donner le maximum du potentiel qui existe encore dans notre pays. C'est tout. Et ça, c'est... L'initiative, la fin de la bureaucratie, c'est un système public performant, donc très profondément décentralisé, c'est la baisse des prélèvements obligatoires, parce qu'on a vraiment réduit la dépense publique, et c'est pas le xième dispositif technocratique, on vous a piqué 100 balles et on vous rend 20 balles, et vous êtes obligés de dire merci.
Au final, il n'y a pas de fatalité en 2027 à vos yeux, Hervé Morin, d'une Le Pen ou d'un Bardella ? à l'Elysée. Ça peut être un listener ou un autre.
Je pense
qu'il y a encore largement
la place pour quelqu'un qui tient un discours. C'est pas joué, c'est pas fait. n'est pas fait du tout. Mais il faut s'organiser et il faut qu'on soit... qu'on ait un mode de sélection qui nous permette d'avoir un candidat.
Merci Hervé Amorin.
Merci Hervé Amorin. Tiens, vous allez réagir au 0826 300 300. Est-ce qu'il faut une primaire à droite ? Et d'où à où d'ailleurs à droite ? Ça c'est intéressant Hervé Amorin. Ça va d'où ? Est-ce que ça commence chez Sarac d'Info ou pas ? C'est ce que j'ai dit à Jean-Brançois. Oui, c'est ça. Donc on y va complètement. Mais Bardella, on n'y va pas. Non mais
la question de Bardella, honnêtement, pour moi, ça reste une énigme. Ah bon ? C'est une énigme. Mardella est une énigme. C'est une énigme. Je ne peux pas croire qu'on puisse donner le pilotage d'un pays autant en difficulté à quelqu'un qui n'a aucune expérience. Moi, je pense que je suis meilleur aujourd'hui que je n'étais il y a 20 ans. L'expérience, c'est un procès en jeunisme. Non, mais arrêtez avec le jeunisme.
Parce que vous,
vous étiez meilleur à 30 ans qu'à 50 ? Pour certaines
choses, mais pas pour tout, non. Bon cher Hervé Morin, donc ça c'est une question, et puis on va y revenir dans un instant aussi, sur est-ce qu'on est au bord du divorce, l'Europe et la France, avec les Etats-Unis ? Est-ce que vraiment on est au bord du divorce ? C'est ce qui peut se jouer à Davos. Il
est clair que si Trump décide d'envoyer des troupes au Groenland, ça veut dire que c'est la fin de l'Alliance Atlantique. Mais ce sera peut-être un moment de vérité qui au bout du compte obligera enfin les Européens à se redresser.
Allez 0 826 300 300 avec... Elisabeth Lévy, vous et Éric Revelle dans un instant. Et puis ça continue aussi avec Jean-François Akili qui reviendra bien sûr aussi tout à l'heure dans La Vérité en Face.
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