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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Parizeau, RTL Soir. Et l'invité de RTL Soir est donc Pascal Canfin. Bonsoir. Bonsoir. Député européen, du groupe Renew, c'est-à-dire en version française, disons ensemble, le parti lié à Emmanuel Macron, même si vous faites figure d'électron libre. Et c'est très intéressant de vous entendre, justement, pour réagir à ce changement de câble du président sur le Mercosur. Emmanuel Macron, on l'a entendu, désormais plutôt positif sur la possibilité d'accepter cet accord commercial qui pourrait donc être approuvé sans doute le 19 décembre. par le représentant des États membres de l'Union européenne à Bruxelles. Comment vous réagissez à ce changement de pied d'Emmanuel Macron ? Écoutez,
moi je n'ai pas changé d'avis. Je n'ai pas changé d'avis pour une raison assez simple, c'est que cet accord c'est plus d'une agriculture dont on ne veut pas et plus de concurrence déloyale pour nos agriculteurs. On ne peut pas demander par exemple à nos agriculteurs de ne pas utiliser des hormones de croissance, ce qu'il faut évidemment continuer à leur demander, et en même temps importer de la viande rouge. en quantité plus importante, avec moins de droits de douane, qui vient du Brésil et qui, elle, a été élevée avec des hormones de croissance. C'est le discours
que tenait le président jusqu'à présent, Pascal Canfin. Et comment vous expliquez qu'il fasse volte-face ? La France a vraiment obtenu des garanties avec les clauses de sauvegarde, parce que c'est l'argument qu'il donne.
Alors, c'est un sujet un tout petit peu compliqué, vous me permettrez d'être un peu technique. Les clauses de sauvegarde, effectivement, elles sont potentiellement là, mais encore faut-il qu'elles soient approuvées par les pays du Mercosur. Pour l'instant, ce n'est pas le cas. Et par ailleurs, et c'est ce qui nous mobilise, nous, au Parlement européen, puisque, vous le savez, nous aurons à ratifier cet accord Mercosur. Et donc, si jamais le Parlement européen, à la majorité, ne ratifie pas cet accord, eh bien cet accord tombera. Mais afin de pouvoir le ratifier... Nous, nous souhaitons, avant de pouvoir le ratifier, qu'on contrôle sa compatibilité avec les traités européens. Parce que dans l'accord Mercosur, il y a un mécanisme qui s'appelle, en termes techniques, le mécanisme de rééquilibrage. Qu'est-ce que ça veut dire ? on interdise les importations de viande brésilienne qui soient faites avec des antibiotiques qui sont interdits en Europe, mais autorisés au Brésil. Et bien alors, le Brésil aura le droit, c'est écrit noir sur blanc dans l'accord Mercosur, aura le droit d'exiger des compensations financières. Ça veut dire qu'avec cet accord, et c'est la première fois dans toute notre histoire que l'Union européenne signe un accord commercial qui contient cette clause dite mécanisme de rééquilibrage, qui fait qu'en quelque sorte on donne, en l'occurrence aux Brésiliens, une sorte de droit de regard et de compensation financière sur notre souveraineté. à prendre telle ou telle règle, par exemple, en matière sanitaire, en matière environnementale.
On a bien compris le raisonnement. Ça veut dire que vous êtes prêts à aller contester cet accord s'il est conclu, sur le terrain judiciaire, devant la Cour de justice ? Judiciaire, non, mais juridique, oui.
Nous allons faire ce qui se fait en France de manière très régulière, mais qui... ne se fait pas si souvent au niveau européen, à savoir faire une sorte de contrôle de constitutionnalité. Vous savez que quasiment toutes les lois qui sont votées en France atterrissent sur la table du Conseil constitutionnel pour qu'ils vérifient si les dispositions qui sont prises sont conformes à la Constitution française. Nous, nous voulons faire la même chose avec l'accord Mercosur, notamment parce qu'il contient pour la première fois, et j'insiste sur ce fait que c'est la première fois, donc c'est légitime de demander le contrôle juridique, pour savoir s'il est compatible avec le traité européen, parce qu'un certain nombre de députés, nous sommes près de 150 à être à l'origine de cette future saisine de la Cour de justice, nous pensons que ce mécanisme va trop loin le fait de donner à des pays tiers, en l'occurrence ceux du Mercosur aujourd'hui, mais demain. D'autres, puisque vous savez que l'Union européenne négocie d'autres accords commerciaux que ceux avec le Mercosur, par exemple en ce moment avec l'Inde. Et la première demande de l'Inde, dans la négociation actuelle, c'est d'avoir exactement le même mécanisme que l'on a donné au pays du Mercosur. Donc une contestation
sur le plan juridique, on a bien compris, pour empêcher que cet accord ne se fasse. Mais vous n'avez toujours pas répondu à ma première question. Comment vous expliquez que le président ait changé d'avis ?
Ça, il faut lui demander. Ceux qui soutiennent l'accord Mercosur ont un argument que j'entends. Cet argument, c'est quoi ? C'est de dire, à partir du moment où Trump ferme les frontières, on a besoin de montrer qu'on a des alliés, on a besoin de passer des accords géopolitiques avec certaines zones du monde, par exemple les pays du Mercosur, demain l'Inde, plus tard d'autres. Je comprends cet argument, mais est-ce que cet argument suffit ? à sacrifier une partie de notre modèle agricole au nom d'importations brésiliennes qui ne respecteront aucune de nos normes environnementales ou sanitaires. À ce point-là, vous en êtes certain, parce qu
'on importe déjà des produits agricoles venus des pays du Mercosur, il y en a déjà qui arrivent. Évidemment,
on en importe beaucoup et c'est justement le problème. Je vais vous donner un exemple que j'évoquais en introduction. La viande rouge aux hormones de croissance. Sur le papier, c'est interdit. Sur le papier, le Brésil n'a pas le droit de nous exporter de la viande rouge avec des hormones de croissance. Il se trouve que l'année dernière, pour la première fois, la Commission européenne est allée sur le terrain pour vérifier si les autorités brésiliennes étaient capables de garantir qu'ils respectaient bien cette interdiction. Résultat ? Résultat, rien. C'est-à-dire qu'il n'y a aucun système de traçabilité, aucun système de contrôle. En urgence, les Brésiliens ont d'eux-mêmes arrêté de nous envoyer de la viande. rouge femelle, c'est-à-dire de vache, pas de bœuf, qui est élevé avec ses hormones, parce que ça devenait tellement évident qu'ils ont arrêté d'eux-mêmes. En tout cas, merci de cette démonstration, Pascal Canfin. Nous ne pouvons avoir aucune confiance dans ce que nous disent les présidents. On a bien
compris, et c'est la raison pour laquelle vous allez contester éventuellement cet accord si dessiné sur le terrain juridique. Un dernier mot, mais une réponse très courte, c'est peut-être oui, non. Vous êtes toujours macroniste, du coup ?
Je ne change pas d'avis. Je crois que l'énergie du président de la République de 2017 valait quelque chose. Aujourd'hui, effectivement, je me pose des questions. Merci beaucoup.
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