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Crise politique : Emmanuel Macron sous pression | Chaque voix compte - 07/10/25
7 octobre 2025
Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP. Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage et de débat. en direct de l'Assemblée nationale avec à mes côtés ce soir Fanny Guinochet et Laurent Guimier. Bonsoir à tous les deux et merci d'être là. Tout de suite, le sommaire de chaque voix compte avec à la une dissolution présidentielle anticipée, la crise politique s'enflamme jusque dans le camp présidentiel où Emmanuel Macron se trouve plus isolé que jamais. Le chef de l'Etat a demandé à Sébastien Lecornu de poursuivre d'ultimes négociations pour reformer une coalition. Il a jusqu'à demain soir pour y parvenir et après... Où va la France ? On va faire le point sur cette nouvelle folle journée avec Bruno Cotteres, politologue, chercheur CNRS au Cevipof, professeur de Sciences Po Paris. Bonsoir et merci d'être là aux côtés de Marianne Cohen-Dé. Vous êtes constitutionnaliste, professeur de droit constitutionnel à la Sorbonne. Merci d'être avec nous ce soir. Et Jean-Philippe Dugoin-Clément, vous êtes le maire UDI de Mency, une commune de 15 000 habitants dans l'Essonne. Fanny, votre chiffre du jour ? Savez-vous combien la crise politique... coûte à notre économie. Un pognon de dingue. Exactement. 15 milliards d'euros. À suivre à 20h05, quelle histoire avec Laurent Guignet
Il faut partir, monsieur le président. C'est le slogan qui unit Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et maintenant Édouard Philippe. Je vous explique pourquoi ce n'est pas si étonnant que ça que dans notre monarchie républicaine, il y a autant de gens pour réclamer l'abdication ou la guillotine.
Et voilà qui nous amènera à la deuxième partie de chaque voix compte. La question qui fâche ce soir. Au pied du mur, Emmanuel Macron va-t-il finir par démissionner ? On en débattra avec nos trois députés du jour. Anna Pic, députée socialiste de la Manche. Anne Le Hénanf, députée horizon du Morbihan. Et Ludovic Mendes, députée apparentée EPR de la Moselle. On attend bien sûr vos questions ou vos réflexions. Vous pouvez flasher le QR code qui s'affiche ici sur votre écran. À 20h30, rendez-vous avec Bourbon Express et Valérie Brochard. Pour le journal de l'Assemblée nationale, elle vous dira pourquoi la Marseillaise a résonné aujourd'hui au Palais Bourbon. Voilà pour le menu du soir. Installez-vous confortablement. Chaque voix compte. C'est parti. Ça vous dit quelque chose ? C'est l'histoire d'un présentateur un peu grincheux condamné à revivre encore et encore la même journée avec cette sempiternelle chanson de Sonny Hensher dans son réveil tous les matins. Sommes-nous tous des Bill Murray dans le film Un jour sans fin ? Sommes-nous en train de revivre indéfiniment la même journée désastreuse ? Et quand notre journée recommence à l'infini, est-ce que tout n'est pas un peu permis finalement ? Je vais vous poser la question à tous les trois. Où va nous mener ? cette boucle temporelle, Bruno Cotteres
faut souhaiter d'abord qu'on en sorte. Ça ne peut pas continuer comme ça pendant encore des mois et des mois. C'est impossible. Il y a une lassitude du public qui est juste ingérable aujourd'hui. Donc il faut quand même, à un moment donné, qu'il y ait une sortie de cette boucle. C'est comme tous les processus physiques que ça tourne. À un moment donné, il faut trouver une sortie. Donc il faut vraiment impérativement trouver une sortie. Dans le meilleur des cas, on pourrait dire que c'est une expérience que nous vivons, dont il y a des leçons à apprendre. Il y aura un bilan d'expérience à faire. Est-ce que ça nous pose des questions de fond sur notre modèle institutionnel, démocratique, notre capacité à digérer, à traiter ça, à le poser un peu sur la table en disant qu'est-ce qui ne va pas dans le pays, comment on en est arrivé là. Et donc, ça serait peut-être la sortie optimiste de dire que c'est comme toutes les crises, il y a un moment d'hyper-crise. où il faut que ça sorte, ça fait mal, ça donne le sentiment d'une grande confusion, et puis après, on va mieux parce qu'on a mis de la distance avec la crise, ça, c'est version optimiste, version peut-être plus réaliste, éventuellement, ça nous met vers une nouvelle élection législative, une nouvelle dissolution, et donc potentiellement, à nouveau, du chaos, du désordre, du stress, de la mauvaise humeur.
Où va nous mener cette boucle temporelle ? Personne ne peut le savoir
aujourd'hui, je crois. Je ne suis pas non plus Madame Soleil, mais effectivement, on peut formuler plusieurs hypothèses et je crois que c'est ce qu'on va faire ensemble. Mais je suis d'accord sur le fait que ça va, comme toute crise, nous amener à nous interroger sur nous-mêmes et sur la manière d'éviter autant que possible que ça se reproduise. Et effectivement, ça nous interroge sur cette 5e République, son côté monarchique, ça a été évoqué, et sur plusieurs hiatus. On a un premier hiatus entre le texte de la Constitution qui est fait du président un arbitre. Lisez l'article 5. Il est un arbitre, il est un garant et il n'est pas celui qui doit diriger la politique nationale. Et l'image qu'on s'en fait, parce que le plus souvent sous la Ve République, comme il avait une majorité absolue qui était de son bord politique, il pouvait se permettre de tout diriger sans que personne s'en émeuve outre mesure. Là... Il a une majorité relative. Ce n'est pas la première fois que ça arrive. Il faut bien se souvenir que majorité relative, c'est arrivé déjà au début de la Ve République, entre 58 et 62. L'UNR du général de Gaulle
est
loin de la majorité absolue. Alors, il arrive à s'en sortir parce qu'il y a la guerre d'Algérie, tout le monde a peur, on se resserre autour de lui. Donc, la guerre d'Algérie sauve le contexte. Ensuite, on a retrouvé ça entre 88 et 93, à l'époque de Michel Rocard. cependant la majorité relative mais elle est quand même claire elle est forte il manque pas beaucoup de voix donc on conteste pas beaucoup ce gouvernement et là depuis 2022 et plus encore 2024 on a une majorité plus faible et pourtant un président qui s'accroche toujours aux réformes qu'il a faites en particulier cette fameuse réforme des retraites qui a été le point de crispation au départ de tout Et donc, il n'a plus les moyens de tout diriger, mais il voudrait quand même
bien sauver les meubles. Et vous, monsieur le maire, Jean-Philippe Dugouin-Clément, quel regard vous portez sur le moment que nous sommes en train de vivre
suis assez atterré. Atterrait, parce que ça fait maintenant 15 mois que j'ai l'impression que le pays est à l'arrêt complet. Alors vous le disiez, 22-24, c'était une période compliquée, mais depuis la dissolution de juin 2024, on est sur une absence d'action publique, on en est à 3, bientôt 4 premiers ministres, en l'espace de moins d'un an et demi, on n'a plus de ligne directrice, et en fait on est dans un pays qui est à l'arrêt. Et ce qui est grave... Pour moi, ce ne sont même pas tant les choix ou les non-choix qui sont faits. L'engagement politique, c'est parfois avoir raison, parfois se tromper. Mais aujourd'hui, quelle est la ligne ? Qu'est-ce qu'on fait ? Quel est le budget de l'État ? On est la sixième puissance économique mondiale. Notre note se dégrade, notre emprunt remonte, la crédibilité et la stabilité politique de la France qui en a fait, une des grandes voies mondiales est en train de tomber et nous n'avons aucune visibilité sur ce dont demain sera fait. On peut avoir des options, on peut avoir des hypothèses, constitutionnellement il y en a 4 ou 5 principales, mais la réalité c'est que dans le grand numéro de politique fiction qu'on vit... Et aujourd'hui, absolument tout est possible. Et aujourd'hui, on nous demande de préparer l'avenir, d'imaginer demain. sans savoir dans quel cadre on va y aller.
Il reste 24 heures pile à Sébastien Lecornu pour mener la mission de la dernière chance que lui a confiée Emmanuel Macron hier soir, définir une plateforme d'action et de stabilité pour la France. Le Premier ministre démissionnaire a donc jusqu'à demain soir. Là, c'est plus Bill Murray, c'est Jacques Bauer, c'est 24 heures chrono. Résumé de la journée avec Hélène Bonduelle.
Devant Matignon ce matin, un incendie vient de se déclarer. Rapidement maîtrisé, mais à l'intérieur, le feu brûle aussi. 48 heures pour sortir de la crise politique, le compte à rebours est lancé. Mais alors que Sébastien Lecornu s'apprête à entamer ses consultations de la dernière chance, ce sont deux anciens premiers ministres du président de la République qui font monter la pression sur l'Elysée. J
'ai dit que je ne comprenais pas ces décisions. Voilà, qui ont été prises depuis un an avec la dissolution. Est-ce qu'il y en a suivi ? Si on m'avait dit il y a deux ans que je prononcerais cette phrase, évidemment que je ne l'aurais pas cru.
Il s'honorerait si, exemple, il proposait un nom de Premier ministre, il nommait un Premier ministre, pour fonction d'exécuter les affaires courantes et de construire un budget, de faire adopter ce budget. et qu'à l'issue, il annonce qu'il organise une élection présidentielle anticipée, c'est-à-dire qu'il part immédiatement après que le budget a été adopté.
En fin de matinée à Matignon, les présidents de l'Assemblée nationale, du Sénat et les chefs de partis du socle commun conviennent de deux urgences, l'adoption d'un budget et l'avenir de la Nouvelle-Calédonie. L'avenir du budget, le président insoumis de la Commission des finances s'en inquiète lui aussi.
Avant tout, décide tout retour aux urnes. Tout retour aux urnes. Il faut que, dans ces cas-là, l'Assemblée adopte. Moi, je suis pour la solution de loi spéciale parce que là, il n'y aura pas de débat politique. Ce serait juste l'assurance qui est la transmission, qui est la continuité du budget. C'est assez catastrophique si on se séparait. Comme pour
ajouter à la confusion, Bruno Le Maire prend à son tour la parole avec un langage qu'on lui connaissait peu.
Donc quand je vois que je suis le problème, j'appelle le Premier ministre et je lui dis je me casse, pas de problème. Et j'appelle le Président de la République et je lui dis je me casse, pas de problème.
Dans l'après-midi, le Rassemblement national décline l'invitation à Matignon et réclame une nouvelle dissolution.
Ces énièmes négociations n'ont plus pour objectif de préserver l'intérêt des Français, mais celui du président de la République lui-même.
insoumis opposent alors pour une fin de non-recevoir.
Le Premier ministre démissionnaire règle les affaires courantes. Nous ne sommes pas une affaire courante. Nous parlons à celui qui décide, Macron. Message, il faut partir.
24 heures du terme, pour Sébastien Lecornu, cela semble mission impossible.
va vite. Qu'est-ce qui vous a le plus surpris au cours des dernières 24 heures ?
Tout. On a vécu 24 heures totalement folles. Plusieurs points m'ont beaucoup surpris. D'abord, le contenu de la déclaration de démission de Sébastien Lecornu. Je crois bien évidemment dans la sincérité des hommes et des femmes politiques. Le Premier ministre démissionnaire se présente à nous comme s'il n'y avait que des méchants autour de lui qui ne veulent pas jouer l'intérêt du... du pays, il est sur le bateau depuis pas loin d'une décennie au pouvoir, et il n'y a pas un mot où il dit peut-être que j'ai une part de responsabilité dans cette situation, donc déjà je trouvais que c'était... déjà un peu un symptôme de ce qui ne va pas dans le pays, c'est-à-dire qu'on a des personnalités politiques qui parfois vivent de la politique depuis des décennies, pour certains, des décennies. C'est tellement le cas que pour certains, on ne sait même pas s'ils ont un métier en dehors de la politique. Et ils se présentent à nous comme s'ils découvraient tous les problèmes et n'avaient aucune part de responsabilité. Moi, c'est ça qui m'a vraiment surpris, de dire qu'à un moment donné, on vit quelque chose qui est tellement énorme. que ça pose une question de principe de responsabilité presque au plan moral. Et donc, j'étais surpris d'avoir personne qui dit, j'ai peut-être ma part, moi, dans tout ça, et je vais prendre du recul pour essayer de comprendre ma part.
En l'occurrence, Sébastien Lecornu, il dit, moi, j'y vais pas, je suis démissionnaire,
il a accepté cette
mission. Je lui
ai accordé vraiment la sincérité, j'ai pas aucun doute là-dessus, mais voilà, c'est bizarre, quand même.
Marianne Corandé, vous sentez, vous aussi, enfin... Vous pointez aussi du doigt ce manque de responsabilité du personnel politique aujourd'hui ?
Oui, mais je serais plus tolérante envers M. Lecornu, parce que je trouvais intéressant qu'il dise que je renonce au 49-3, ce qui est quand même énorme, et qu'il donne une chance à la négociation. mais il n'a pas du tout été compris, à mon sens, par les autres. Et le problème, c'est qu'il n'a pas beaucoup de temps pour faire ça. Parce qu'en fait, il dit qu'il faut qu'on arrive tous ensemble à trouver les points d'accord. Et donc, c'est pour ça que je renoncerai au 49-3, et comme ça, il pourrait y avoir une vraie initiative parlementaire, les parlementaires pourront tenir leur rôle, etc. Et puis, en face de lui, il y a des gens qui disent qu'on attend une feuille de route. Ce que ça révèle, à mon sens, c'est que cette Vème République a tellement fonctionné, avec un président qui dit que tout le monde obéit, que tout le monde fait ça depuis des années, que nos politiques se montent presque incapables de se remettre en cause et de se dire que c'est plus... la même façon de jouer. On revient au texte de la Constitution qui prévoit que ce sont les parlementaires qui doivent choisir le gouvernement. Et comme dans tous les autres pays d'Europe, on a, comme pratiquement tous les pays d'Europe, un régime fondamentalement parlementaire. Comme la moitié des pays de l'UE, le président est élu directement. Mais il devrait être tout au plus un arbitre et non pas celui qui gouverne. Et le problème est là, dans ce décalage entre le texte et la pratique. C'est normal que les gens n'y comprennent rien ou trouvent ça complètement ubuesque. Je crois que M. Lecornu donnait une chance et qu'il n'a pas été compris.
Peut-être que, d'un mot, M. Lecornu aurait peut-être été jugé plus crédible ou aurait été plus entendu s'il avait jeté l'éponge avant la nomination de son gouvernement qu'une fois le gouvernement nommé, en disant que ça va être les mêmes, on prend les mêmes et on recommence, donc je n'y suis pas arrivé.
Oui, je pense qu'il y avait peut-être structurellement, au-delà des qualités des personnes qui ne sont évidemment tous des grands républicains, des grands serviteurs du bien public, on ne peut absolument pas en douter, bien évidemment, mais il y a peut-être une sorte de difficulté presque structurelle à la position dans laquelle ils se trouvaient, les mêmes personnes qui ont... au fond, quelque part, conduit à toute cette situation. Ils ne sont peut-être pas les mieux placés, d'une certaine manière, pour s'en extraire et appeler les autres à un sursaut. Et donc, on voit bien l'une des difficultés de cette situation. C'était peut-être presque mission impossible, compte tenu aussi de ce cadrage présidentiel qui reste tellement fort aujourd'hui encore.
Edouard Philippe demande donc à Emmanuel Macron de programmer sa démission pour début 2026 pour avoir une présidentielle anticipée avec une campagne plus ordonnée. Marianne Couandé, d'abord, est-ce que constitutionnellement c'est possible ?
personne ne peut exiger du président qu'il démissionne. C'est lui qui décide s'il a envie de démissionner ou pas. Que les choses soient bien claires, il n'y a pas du tout de possibilité d'exiger qu'il démissionne, sauf évidemment l'hypothèse où il aurait commis des actes manifestement incompatibles à l'exercice de son mandat. Article 68 de la Constitution, on n'en est pas là du tout, on n'est pas du tout à l'hypothèse d'une destitution. Mais il me semble que c'est... les exigences de démission qui, quand même, flottent dans l'air depuis des mois, qui viennent essentiellement du RN et de LFI au départ et qui commencent à se répandre un peu partout, reflètent justement ce hiatus entre le texte constitutionnel et la pratique. Parce que s'imaginer qu'on va tout résoudre, pouf, en appuyant sur le bouton président de la République, c'est, à mon avis, ce bercer d'illusions. Parce que même si on change de président de la République, quel qu'il soit, il n'est pas du tout dit qu'il aura une majorité. Et il n'est pas du tout dit non plus que ce sera une meilleure chose pour la France, qu'il ait une majorité absolue, soit pour lui, soit contre lui. Donc là encore, on voit que les Français s'imaginent bien souvent... qu'il suffit de changer le président pour tout résoudre. Non, le pouvoir, il est au Parlement. C'est pour ça que ce qui est le plus important, c'est sûrement la dissolution pour résoudre la crise. On y va inévitablement, d'après vous. Pas forcément inévitablement. On peut toujours rêver. Je crois que la vie est triste et dure et que si on ne croit pas au miracle, on est trop malheureux. Donc il faut espérer toujours qu'on puisse trouver des solutions
et ce n'est pas totalement exclu. Mais, vous l'avez entendu tout à l'heure dans le sujet d'Hélène Bonduelle, Emmanuel Macron a reçu cet après-midi Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, présidente de l'Assemblée nationale, président du Sénat.
? Alors, il a bien fait de les consulter tous les deux parce que la dernière fois qu'il avait procédé à une dissolution, on a trouvé que sa consultation était pour le moins assez triviale. Donc là, s'il les a consultés, c'est probablement pour être prêt à faire une dissolution très rapidement si jamais aucune solution n'est trouvée pour obtenir un gouvernement de coalition.
Le Canard Enchaîné affirme ce soir que les préfets ont déjà reçu la consigne officieuse de se tenir prêt pour des législatives les 16 et 23 novembre. Ça vous paraît plausible, Bruno Cotteret ? Oui,
c'est la date qui serait, s'il y a une annonce de dissolution d'ici quelques heures, c'est effectivement le temps constitutionnel d'organiser des élections et c'est effectivement les dates dont tout le monde parle ce soir.
16 et 23 novembre, donc, des élections législatives anticipées croissent avoir le canard enchaîné. En cas de dissolution, qu'est-ce qui nous dit que le résultat des législatives sera différent d'il y a un an ?
grand-chose. Les rapports de force semblent à peu près stabilisés, même si les données dont on dispose montrent que le fameux socle commun serait sans doute en perte de vitesse. Par contre, je dirais qu'il y a un mérite, me semble-t-il, à la dissolution indépendamment de ces résultats. Au fond, les élections législatives de 2024 ne se sont pas déroulées comme thème principal la question de déficit public. pas au premier tour. Le deuxième tour était la question de l'ERN au pouvoir ou pas. Il y a quand même quelque chose qui est très important pour le bon débat démocratique dans le pays, que le peuple souverain soit exposé à différentes propositions. que les forces politiques soient amenées à expliciter si elles n'avaient pas la majorité absolue, que font-elles, quels sont les points de leur programme qu'elles sont prêtes à négocier, de manière à ce que le peuple souverain retombe sur ses pattes et le sentiment que sur des questions aussi essentielles que les impôts vont-ils augmenter pour moi ou pas, à un moment donné, on a eu notre mot à dire. Et donc, il me semble que ça, c'est une vertu de la dissolution, c'est de faire exister un grand débat démocratique. Je suis optimiste sur les campagnes électorales, comme vous le voyez. On va avoir un très beau débat de fond sur nos problèmes budgétaires, et c'est la vertu que je vois à la dissolution.
Jean-Philippe Dugoin-Clément, il se trouve qu'il y a des élections municipales après. Élections législatives en novembre, élections municipales en mars. Vous, vos administrés, quand vous allez les rencontrer ou quand ils viennent à la mairie, ils vous disent quoi de ce moment politique ?
fait, ils sont assez désespérés, qu'ils soient de droite, de gauche, du centre, des extrêmes. C'est qu'on est un des seuls pays au monde où, quand il n'y a pas de majorité, on est incapable d'avoir un gouvernement qui tienne et qui vote un budget. On est incapable, au niveau national,
d
'arriver à trouver des compromis, à accepter que personne n'a gagné, et que quand personne n'a gagné, on ne fait pas intégralement ce qu'on veut. Et il y a une forme, je trouve, d'exaspération des Françaises et des Français sur cette irresponsabilité politique nationale. Dans les collectivités, ça peut être... extrêmement compliqué, mais on arrive encore au niveau local à tenir les choses. Au niveau national, on a, on voit bien le niveau de clivage qui existe, notamment autour de la personnalité du président et qui se renforce au fur et à mesure qu'on a ce feuilleton qui se répète jour après jour, heure après heure, mais il y a vraiment une sorte de colère de sentir que le pays est en train de s'enfoncer parce qu'on est incapable collectivement d'arriver. à mettre un peu d'eau dans son vin.
Alors justement, cette colère dont vous parlez, cette lassitude aussi, on la sent en fait partout. Nous sommes allés prendre le pouls aujourd'hui au sein d'une entreprise de chaudonnerie. Reportage sur le terrain, signé Thibaut Henoch et Virgile Tron.
Bonjour, bienvenue chez CTM. Donc vous êtes ici dans une chaudonnerie, tollerie, usinage traditionnel. est dans le milieu de la sous-traitance et on travaille pour des grands donneurs d'ordre comme Thalès, Safran, Alpine.
En apparence, c'est une entreprise qui ne connaît pas la crise. Dans cette PME qui fabrique des pièces pour la défense, l'automobile ou encore l'aéronautique, les machines tombent à plat régime. Seulement problème, le carnet de commandes jusqu'ici bien rempli est désormais plein de points d'interrogation.
On dépend de grandes entreprises, on sent bien que pour l'instant, ils sont un peu dans la réserve. Il n'y a aucun signaux qui est donné. Il est très compliqué pour nous à l'heure actuelle de dire que va-t-il se passer en avril 2026, en mai 2026.
Une incertitude politique traduite en incertitude économique qui pose un problème à ce patron. Forcé de moderniser ses outils pour rester compétitif, il a bénéficié de subventions.
Vous avez un investissement qui a eu lieu en début d'année, 2025, qui est un robot, un robot de soudure, environ 100 000 euros.
Seulement désormais, là aussi, c'est la page blanche.
l'instant, on a gelé les investissements. On pensait à une autre machine qui a suspendu nos projets. Jusqu'à temps qu'on a une vision de ce qui va se passer. sur le plan industriel en France.
Autre question directement liée au contexte politique dans cette entreprise, la place des apprentis. Ici,
les apprentis sont en rouge, c'est comme ça qu'on les distingue. Et là, on ne sait pas où ça va aller. Donc on ne sait pas si les aides vont être maintenues. Elles ont été déjà diminuées les dernières.
Le gouvernement, quand même, ça joue un rôle important sur tout ce qui est formation, apprentissage, etc. Donc c'est assez important.
climat d'incertitude aussi ressenti par les autres employés.
On pense au quotidien parfois et parfois quand on travaille à la main, ça nous libère l'esprit.
quoi vous pensez à ce moment-là
Comment on va finir le mois, par exemple.
'après une récente étude, deux tiers des entrepreneurs se distinguent qui est de la situation politique. Trois sur quatre table même sur une crise financière ou économique à venir.
Bruno Cotteres, vous réalisez chaque année un baromètre avec le Cevipov sur la confiance des Français envers leur classe politique. À quoi va ressembler le prochain
carnage. Un carnage pour la perception des hommes et des femmes politiques. Si on réalisait l'enquête aujourd'hui, on aurait des niveaux stratosphériques de défiance, et il y en aurait pour tout le monde. Je pense qu'il n'y aurait pas un seul qui bénéficierait de l'indulgence. Donc déjà, on a une toile de fond qui est une défiance très importante en France, avec depuis de nombreuses années le sentiment que la politique s'est coupée du pays, qu'elle vit dans son monde à elle, qu'elle ne parle qu'à elle. Elle parle un langage codé qui n'appartient qu'à elle. donc les niveaux de défiance sont déjà très importants. Elle donne le sentiment, la vie politique ne doit pas être empathique, elle ne peut pas comprendre les problèmes des gens. Beaucoup leur reprochent, par exemple, pas des élus locaux qui sont vraiment perçus à part, mais pour les élus nationaux, beaucoup leur reprochent. Je disais tout à l'heure que beaucoup de Français disent mais au fond, cette personne, elle sait faire quoi dans la vie en dehors de la politique ? Leur reproche de ne pas avoir une activité réelle, je le disais tout à l'heure. y a des personnalités politiques de grand talent, on sait pas quel est leur métier, de base, qu'est-ce qu'ils ont fait. J'allais vous
poser la question, ça rejaillit sur vous, cette défiance, ce désamour, ça rejaillit sur les élus locaux ou vous vous semblez... épargné par cette
défi ? On le ressent inévitablement. Et puis aussi, est-ce qu'on est dans une société qui est de plus en plus violente, de plus en plus crispée, où, collectivement, on gère de moins en moins nos frustrations ? Vous savez, c'est Gérard Larcher qui dit que les maires sont les élus préférés des Français. Moi, je dis jamais ça, je dis que c'est les élus les moins détestés, ou ceux qui arrivent encore à être à peu près supportés, parce que, moi, en tout cas, en tant que maire, j'habite dans ma commune, tant que je serai maire, j'y habiterai, j'y fais mes courses, j'y vis, j'y suis... permanence et il y a ce phénomène de proximité où il y a un peu moins ce sentiment de déconnexion qu'en matin midi et soir pour moi je suis à menci ou d'autres collègues maires sont dans leur commune mais on voit quand même le sentiment de déconnexion de beaucoup de gens sur le choix de la composition ministérielle qui a été faite sans rentrer dans des polémiques il ya un certain nombre de choix qui sont des irritants qui va donner d'où des noms de bruno le maire c'est quelque chose qui est un irritant, qui est quelque chose qui crispe... Et en fait... qui, moi, me sidère, c'est qu'entre l'Elysée et Matignon, il n'y ait pas eu la perception de se dire que c'est quelque chose...
C'était un épouvantail de le mettre au gouvernement.
Et c'est même pas la question, Bruno Le Maire, compétent, pas compétent. C'était pas le moment. C'est quelque chose qui ne pouvait pas être bien ressenti dans l'opinion. Et quand vous êtes déjà à 15-16% dans les sondages, que vous n'avez plus de majorité, que vous êtes en train d'exploser ce qui était un socle commun, il y a des choses que vous ne pouvez pas faire. de déconnexion, elle est... Le plus on monte dans l'échelon de responsabilité, le plus elle est réelle.
Je voudrais qu'on parle de l'éléphant dans le couloir, le budget. Le projet de loi de finances 2026 aurait dû être présenté à l'Assemblée nationale. Il doit être adopté avant le 31 décembre. D'abord, est-ce qu'un gouvernement démissionnaire a le droit de présenter un budget ? Là,
on n'a pas de précédent là-dessus. Effectivement, normalement, le budget, c'est quand même la grande oeuvre du Parlement. C'est le grand pouvoir fondamental du Parlement. Historiquement, c'est pour voter l'impôt que les parlements ont été réunis. Et ça reste extrêmement important. C'est donc le Parlement qui devrait en délibérer. Mais là, on va être dans une situation où on risque d'être obligé de recourir. par exemple à la procédure des ordonnances prévues par l'article 47 de la Constitution, si le Parlement ne se met pas d'accord. Donc l'idéal, ce serait tout de même que nos politiques, pour une fois, arrivent à se dire, bon... Les Français sont inquiets, il faut stabiliser les choses, on se met d'accord sur un Parlement tout en sachant que ce ne sera pas le grand budget de notre politique, mais qu'il faut que la France ait un budget et que c'est toujours mieux qu'il soit voté par le Parlement qu'adopté par voie d'ordonnance. Mais si on a une dissolution très vite, ça va être compliqué. D'autant,
Fanny Guinochet, que la crise politique, elle a un vrai coût qui vient d'être chiffré à 15 milliards d'euros. C'est l'argent perdu cette année, c'est ça
? Exactement, et c'est l'estimation de l'OFCE. L'OFCE, c'est l'Observatoire français des conjonctures économiques. C'est un organisme indépendant. Alors, il chiffre cette perte. avec la crise politique qu'il fait démarrer avec la dissolution l'an dernier et qui s'est poursuivi, on l'a vu, toute cette année, j'ai envie de vous dire, de Premier ministre qui tombe à Premier ministre qui tombe. Et c'est vrai que le total de la facture, c'est un demi-point de croissance, ce qui fait 15 milliards d'euros. Alors ça a l'air de rien, ça a l'air d'être l'épaisseur du trait, mais en fait pas du tout, parce que l'estimation pour cette année de notre croissance, c'est 0,8%. C'est l'INSEE qui le dit. Alors vous voyez, 0%. 5 de perdu sur 0,8%, ça fait quand même une part importante. Mais comment on arrive à ces 15 milliards ? Qu'est-ce qui pèse ? Eh bien, qu'est-ce qui pèse, c'est des investissements qui sont à l'arrêt. On le voyait très bien dans votre reportage. C'est des patrons qui n'achètent pas des machines-outils parce qu'ils se disent, je ne devais pas avoir d'aide. Ce sont des embauches qui sont complètement gelées, des recrutements qui ne se font pas, des commandes qui ne sont pas passées. Et puis, du côté des ménages, eh bien, c'est le sentiment de ne pas avoir de visibilité sur les impôts qu'on va payer. et donc de mettre de l'argent de côté. 19% de taux d'épargne en France, c'est quasiment du jamais vu dans une période normale. On n'est pas en période de Covid où on ne peut pas dépenser. Là, c'est vraiment l'épargne de précaution, des bas de laine que l'on se fait. Tout ça, ça fait des rentrées d'argent en moins parce qu'on épargne, on ne consomme pas. Et pareil, quand on n'embauche pas, ce sont des cotisations de la TVA en moins dans les caisses de l'Etat. Sans oublier les taux d'intérêt qui repartent à la hausse. la flambée à chaque soubresaut politique, la France emprunte un peu plus cher sur les marchés et se détache de ses voisins, notamment européens. On le voit avec l'Allemagne, le taux, ce qu'on appelle dans notre jargon d'économiste, le spread, le taux d'emprunt à 10 ans sur la dette française et la dette allemande ne cesse de se creuser, on le voit à l'antenne, on a les chiffres 0,3, 0,4 en plus depuis la période de la dissolution, et la France surtout... devient le cancre de l'Europe, ce qui n'est jamais bon quand on est en train de discuter avec nos voisins européens sur un certain nombre de sujets. Est-ce que cette
crise politique nous affaiblit au niveau international ? Bien
sûr qu'elle nous affaiblit, parce que les investisseurs étrangers, souvenez-vous, on disait que la France est devenue une terre d'attraction, il y avait le Choose France d'Emmanuel Macron qui attirait les grands patrons, et bien là, les investisseurs étrangers se disent qu'il y a plus de stabilité, plus de crédibilité dans le pays, et qu'il vaut mieux aller planter des usines. mettre de l'argent ailleurs, ce qui inquiète beaucoup les chefs d'entreprise. Patrick Martin était au micro de France Info. On l'écoute.
décrochage est enclenché. Prenons le cas de l'Espagne, sa croissance va être quatre fois supérieure à celle de la France cette année. L'Espagne soutient ses entreprises. L'Allemagne, qui est stratégiquement en difficulté parce que beaucoup est exposée à l'exportation, la Chine en particulier, prend des mesures avec un gouvernement de coalition avec des socialistes, des mesures de soutien massif aux entreprises.
Vous voyez, cette indécision politique pèse sur le moral des patrons, sur le moral des Français. Et alors, en plus, on se dit qu'on va être dans une impasse budgétaire, ce qui ne va pas arranger les choses. Quand on l'entendait aussi dans votre sujet, il y a aussi la crainte d'avoir quasiment, certes, une crise politique qui s'accompagne d'une crise économique
ou même financière. Il y a une toute petite voix très étroite ce soir. Ce sont les négociations que mène Sébastien Lecornu jusqu'à demain soir. Est-ce que vous pensez qu'il va réussir en 48 heures ? ce qu'il n'avait pas réussi à faire en un mois ?
semble difficile de le penser. L'un des points de blocage, c'est la suspension de la réforme des retraites demandée par les socialistes, qui est sans aucun doute une condition sine qua non.
socialistes, ils réclament une cohabitation. Ils ne demandent pas le départ d'Emmanuel Macron.
Ils vont l'avoir ? Il y a une deuxième difficulté pour cette fameuse cohabitation. Ça reposerait sur l'idée d'un gouvernement où l'ensemble des formations politiques du nouveau Front populaire... parce que sinon, ça fait une base parlementaire extrêmement étroite, même sur l'idée d'aller rechercher tant et tant sur tel ou tel texte, une majorité avec d'autres, mais ça ferait beaucoup, beaucoup, beaucoup à aller trouver. Et donc, si c'était un gouvernement de cohabitation, ça veut dire que ça peut pas être avec des centristes macronistes, par définition, si c'est une cohabitation, donc ça ne peut être qu'un gouvernement coloré. nouveau Front populaire, et on sait que la gauche s'est divisée sur cette question. Si on parle d'un Premier
ministre de centre-gauche, on est dans quel profil ?
On est sans doute dans un profil qui est un profil peut-être quelqu'un qui a été dans les rangs socialistes ou quelqu'un qui n'est pas loin des rangs socialistes, mais sans forcément une personnalité qui incarnerait le programme du nouveau Front populaire. Du côté des électeurs, ils ont des attentes, ils ont voté pour des candidats qui leur ont promis le SMIC à 1 600 euros au moment des élections législatives. de 2024, le retrait de la réforme borne des retraites, et tout ça, ça pèse, parce que la sincérité de l'acte de vote au jour des élections, c'est aussi une donnée très importante.
Merci à tous les trois, en tout cas, d'avoir été ce soir sur le plateau de chaque voix compte. On va évidemment continuer de parler de cette crise politique majeure. D'ailleurs, d'un mot, on parle beaucoup de l'expression crise de régime. On y est ou pas encore dans la crise de régime
Là, on s'en rapproche très sérieusement. La dissolution par excellence, c'est l'acte par lequel on demande l'arbitrage du peuple. Et on va voir ce que le peuple va dire. Et effectivement, on
risque après d
'avoir une crise du
régime. Merci à tous les trois d'avoir été avec nous ce soir dans Chaque Voix Compte. On va poursuivre la discussion dans un instant avec nos trois prochains invités. Avec la question qui fâche, Emmanuel Macron doit-il se résoudre à partir ? On en débattra avec Anne Le Hénanf, députée Horizon, Anna Picque, députée socialiste et Ludovic Mendes, députée Ensemble pour la République. Avant cela, c'est Quelle Histoire et c'est Laurent Guimier. Et ce soir, Laurent, vous avez choisi justement de décrypter la façon dont les appels à la démission d'Emmanuel Macron se sont exprimés depuis 24 heures.
Oui, Adeline, on va passer en revue ces 50 nuances de grès ou de force, pardonnez-moi l'expression, pour évoquer le départ de l'Elysée avec d'abord la plus surprenante sur le fond, on en a parlé tout à l'heure, Edouard Philippe sur RTL ce matin.
il me semble qu'il s'honorait si... Si par exemple il proposait un nom de Premier ministre, il nommait un Premier ministre, avec pour fonction d'exécuter les affaires courantes et de construire un budget, de faire adopter ce budget, et qu'à l'issue, dès lors que ce budget est adopté, dès lors que la France est dotée d'un budget et c'est indispensable, il annonce qu'il organise une élection présidentielle anticipée, c'est-à-dire qu'il part immédiatement après que le budget a été adopté. Alors
là, c'est la première version, vous l'avez entendu, c'est la version harakiri. Je suis pas certain qu'Emmanuel Macron se rende à l'idée de ce suicide politique assisté, mais c'est une posture d'Edouard Philippe, c'est en revanche un récit politique assez classique finalement dans notre histoire, celle du dauphin rebelle écarté qui finit par vouloir entraîner son aîné dans le précipice. Ca me rappelle Giscard en 69. J'étais pas né, mais ça me rappelle, parce que j'ai lu les livres d'histoire. A l'époque, le général de Gaulle joue son va-tout dans un référendum, et pour s'émanciper du président, VGE, qui a été viré du gouvernement quelques années avant, appelle à ne pas voter oui au référendum. De Gaulle perd, il démissionne, et Giscard a eu un rôle déterminant dans cette affaire. Les observateurs auront remarqué que ce matin, Edouard Philippe... a, comme par hasard, cité le départ de De Gaulle en 1969.
Edouard Philippe n'est pas le premier à avoir demandé le départ d'Emmanuel Macron.
Deuxième exemple, ça a rendu Marine Le Pen assez fumace ce matin, alors qu'elle est en mode zen depuis que la crise s'accélère.
C'est drôle parce qu'il y a quelques mois de cela, quand j'avais évoqué le fait que le président de la République devrait réfléchir à démissionner tout en lui laissant le soin de prendre sa décision, tout le monde m'était tombé dessus avec une violence inouïe, mais je vois que quand c'est Édouard Philippe, ça passe crème.
Entre temps, l'ERN avait privilégié l'hypothèse de la dissolution, mais le scénario d'un départ volontaire qui honorerait le président de la République, je reprends le mot d'Edouard Philippe, revient d'abord au Rassemblement national.
C'est une hypothèse de départ moins brutale que celle envisagée par les Insoumis, Laurent.
Oui, et ça, c'est la troisième version. Chez eux, c'est la guillotine symbolique, la destitution au terme du procès et du vote du Parlement, même procédure en 2025 qu'en 1793. J'exagère un peu, mais regardez ce que le coordinateur de la France Insoumise, Manuel Bompard, a dit sur RTL ce matin. Je cite. Alors, cette rhétorique révolutionnaire n'est pas nouvelle dans le champ politique de la gauche radicale, de la gauche de la gauche. Le 10 septembre dernier, une guillotine, par exemple, était exhibée à Marseille lors de la première journée de manifestation de la rentrée.
Alors, on a bien compris cette déclaration, mais à part demander le départ d'Emmanuel Macron, il n'y a aucun point commun entre tous ces courants politiques ?
Non, il n'y a aucun point commun au plan programmatique. Je pense qu'on peut être d'accord là-dessus. Mais il y a un point commun, j'allais dire symbolique, c'est celui de s'exprimer en monarchie présidentielle. Et donc, d'en perpétuer... consciemment ou non, les rites et le vocabulaire. Sous la cinquième, que le président soit impopulaire, qu'il n'y ait pas de majorité parlementaire ou qu'il soit en cohabitation, nous élisons un monarque. Seule l'abdication du monarque, version Edouard Philippe, ou son exécution symbolique, version et les filles, permettent de parler d'avenir. Dans deux jours, Emmanuel Macron présidera l'entrée au panthéon de Robert Badinter, grâce à qui la France a dit adieu à la guillotine, son taux de 2021. lors du 40e anniversaire de la loi. C'était un adieu, et cet adieu n'a pas lieu en politique où la peine de mort symbolique, elle, n'est pas abolie.
Merci, Laurent. On passe donc à la question qui fâche. Emmanuel Macron paraît plus fragilisé que jamais ce soir. Trois voix politiques pour répondre à une question qui, il y a encore peu, paraissait impensable, jusqu'à ce qu'Edouard Philippe franchisse la ligne rouge ce matin. Le président doit-il partir ? Je salue mes trois invités. Anne Lehenanf, députée Horizon, Anna Pic, députée socialiste, et Ludovic Mendes, députée Ensemble pour la République. Anne Lehenanf, vous êtes une proche d'Edouard Philippe. D'abord, est-ce que vous avez été surprise par la sortie d'Edouard Philippe ce matin ? depuis
quelques jours, semaines, on échange beaucoup. Edouard Philippe participe à nos réunions de groupe à l'Assemblée nationale. On a eu l'occasion d'échanger, nous, sur notre ressenti, également sur la situation. Un bureau politique hier soir où, sans divulguer évidemment ce qu'il va dire le lendemain matin sur le plateau de RTL, simplement, probablement, il faudra attacher votre ceinture. Il vous dit qu'il faudra attacher votre ceinture. Vous comprenez quoi, à ce moment-là ? Je pense que ça va être... On est dans une démarche d'annonce, de programmatique de la part d'Edouard Philippe qui parle de massif. On a pris conscience à ce moment-là, hier soir, que ça allait être du massif ce matin. Et entre vous, il va appeler au départ d'Emmanuel
Macron ? Vous n
'alliez pas
jusque -là ?
Je n'ai pas pensé à ça, honnêtement. J'ai confiance en Edouard Philippe. Je sais qu'il ne fait pas de choses à la vaville. sans réfléchir, nous sommes des constructifs, et donc je me disais que ça allait être quelque chose d'important. Vous aviez accroché votre ceinture ? J'étais dans le TGV en provenance de Vannes, mais j'ai effectivement dit... OK. Alors, c'est clair. Et en fait, ça a clarifié une situation. En ce qui nous concerne, nous, les députés Horizon, on était en attente. On était en attente d'une clarification de la position d'Edouard Philippe aussi par rapport à la situation qui s'exprime fortement sur la situation politique, l'instabilité, sur les perspectives à quelques mois. On n'a pas été déçus du voyage. Mais qu'est-ce qui n'était pas clair ? Est-ce que ce qui n'était pas clair, c'est votre appartenance au socle commun ? Disons qu'on est dans une position parfois qui est inconfortable, parce que nous sommes un groupe uni, tout d'abord, et on est loyaux. mais Edouard Philippe a toujours dit, je suis loyable, mais libre, et j'ai eu le pressentiment hier qu'il allait utiliser la partie libre de sa prise de parole et de position ce matin, ce qu'il a fait, et au moins, ça clarifie les choses sans renier notre démarche constructive, mais là, on dit les choses, on est clair, il n'y a pas d'ambiguïté, et ça, on aime bien ça dans le groupe Horizon.
Est-ce qu'Emmanuel Macron doit partir, comme le dit Edouard Philippe
bien entendu. Est-ce
que vous aviez attaché votre ceinture, vous, ce matin ?
J'étais comme ma collègue dans le train en arrivée de Metz, donc j'ai vécu la même situation, et je suis sûr que quand je l'ai entendu, j'avais vu un message sur le réseau social X de Nathalie Loiseau qui disait que ça allait décoiffer. Je ne m'attendais pas à être moi-même décoiffé sur ce moment-là. Non, réellement, je pense que, vous l'avez dit tout à l'heure, on est en train de parler de monarchie présidentielle, je crois qu'on oublie qu'il y a une séparation des pouvoirs aussi, et que le Parlement a toute sa place à jouer. Je veux dire... Le plus gros des cirques, il a été joué à l'Assemblée nationale, il n'a pas été joué ailleurs. Même si ce qui s'est passé ce week-end avec le gouvernement, lundi matin, est intolérable et on n'aurait jamais dû en arriver là, et que certaines personnes n'ont pas joué le jeu qu'ils auraient dû jouer correctement, je pense que le cirque est à l'Assemblée. Et je crois que quand on veut travailler ensemble, on y arrive. Après, chacun a campé sur ses positions. Vous dites qu'on peut travailler ensemble, mais en même temps, c
'est le cirque. Oui, parce qu'on
arrive à travailler ensemble, on arrive à faire le cirque, parce qu'on a besoin de s'affirmer, de se faire entendre. Certains visent en 2027. pour chaque parti politique de se faire entendre. Malgré tout, même quand on avait des accords avec Horizon, on arrivait à travailler. On a eu des accords avec le PS, on a réussi à travailler. On a eu d'autres moments où c'était un peu plus compliqué, mais la réalité, c'est que le cirque était plutôt à l'Assemblée nationale. On parle toujours du président de la République, mais dans une 5e République, le Parlement a toute sa place et il doit prendre toute sa place. On peut et on doit prendre toute notre place aujourd'hui. Qu'est-ce que vous
décrivez, là ? Ce n'est pas ce qui s'est passé dans le bureau de Sébastien Lecornu depuis un mois, quand il reçoit les formations politiques, les syndicats. Il dit lui-même que dans le secret du bureau, les lignes rouges devenaient roses, voire vertes. Et puis finalement, une fois qu'on sortait de Matignon, on balançait tout devant les micros sur le trottoir et on revenait dans sa couleur politique et les lignes étaient à nouveau rouges.
On balançait tout oui et non, parce que si on écoute bien les discours, il y a eu des gens un peu plus agressifs que d'autres, mais je pense que ça aurait pas dû jouer là. Moi, je fais partie des premiers qui, l'année dernière, dès l'annonce de Michel Barnier, de dire d'abord, on parle du fondement de ce qui va nous permettre de travailler, et après, on parlera de qui peut incarner ça. Et maintenant, j'ai tout un groupe politique qui dit la même chose, mais c'était un peu plus compliqué au départ, parce qu'on me disait, tu peux pas dire ça, on a un accord, il faut qu'on y en ait ce que là. Mais l'accord reposait sur rien de constructif, et il ne permettait pas d'aller tout seul, en fait, devant les Français et la... représentation nationale trouver des solutions il fallait quoi qu'il arrive une béquille complémentaire pour avancer parfois c'était à gauche malheureusement parfois certains c'était avec l'extrême droite et ça ça a posé problème au sein même de notre propre groupe donc à partir de là il fallait qu'on ait quelque chose de constructif de construit et qui permettait d'aller de l'avant et on aurait dû peut-être le trouver dès 2022 sans faire confiance à ce moment là éric souty en faisant toute façon va faire passer la retraite on va repasser la loi immigration ce qui n'est pas arrivé et derrière il ya eu la la possibilité de censurer le gouvernement alors qu'il n'y avait pas de quoi le faire. On n'a pas été bons dès 2022, à ce moment-là, sur ce sujet-là, et je pense que beaucoup appelaient à trouver un accord de gouvernement pour qu'on puisse avancer, on n'a pas su le faire. Il y a des désaccords, parfois, même chez nous, mais quoi qu'il arrive, on a tenu jusqu'à maintenant, même avec nos désaccords à nous, on peut le faire avec les autres.
Anna Pic, je vous sens agacée depuis tout à l'heure. D'abord, est-ce qu'une présidentielle anticipée comme la réclame Edouard Philippe, vous, vous en dites quoi ?
Je crois qu'il faut revenir, parce que ce que je viens d'entendre, j'ai l'impression qu'on voit pas le même monde, en fait, c'est véritablement... C'est-à-dire que, quand même, il faut revenir sur un certain nombre d'éléments. Qu'est-ce que c'est que le rôle du président de la République dans cette 5e République où, désormais, nous élisons au suffrage universel ? Pourquoi il est élu au suffrage universel et pas... Ce qui était autrefois sur une autre façon, au deuxième degré. Mais c'est pas compliqué. C'est parce qu'il doit s'élever non seulement au-dessus des partis, mais il doit être le président de tous les Français. Or, ce à quoi nous assistons depuis 2022, c'est qu'insatisfait de ne pas avoir la majorité absolue qu'il avait précédemment, il refuse de comprendre qu'il doit effectivement ne pas être, en plus du Premier ministre, un chef de l'exécutif, mais qu'il doit véritablement présider pour tous les Français. il dissout quand même un coup de poker en disant, je vais finalement refaire une majorité et ainsi, je vais à nouveau pouvoir appliquer mon programme, rien que mon programme et tout mon programme, alors que je rappelle que lors de la campagne présidentielle de 2022, c'est à peine, si nous l'avons entendu, dire ce qu'il allait faire, et autant dire que l'Emmanuel Macron de 2022 était quand même déjà très différent de celui de 2017. Et évidemment... Il perd ses élections puisque si personne n'a gagné, ce qui est sûr, c'est que le bloc central a perdu et que tout particulièrement Renaissance a perdu. Donc ce bloc central se réduit à peau de chagrin. On a une coalition qui s'appelle un socle commun sur laquelle on ne sait pas bien sur quoi ça repose, si ce n'est de poursuivre la politique voulue par Emmanuel Macron et qui nous met aujourd'hui dans cette difficulté. budgétaire avant tout, mais dans cette instabilité politique. Donc le coup de poker, comment peut-on jouer notre régime républicain démocratique sur un coup de poker pour pouvoir poursuivre quelque chose qui nous a creusé de 1 200 milliards la dette française et qui, par ailleurs, crée une instabilité politique chronique avec un président de la République qui procrastine, c'est-à-dire qui fait ses élections, qui vraiment... auquel personne ne s'attendait, il passe l'été à dire qu'on verra ça plus tard, parce qu'on n'a pas besoin, évidemment, d'un gouvernement issu des urnes à l'issue des élections et pendant les Jeux olympiques, et il ne respecte pas le sutrage des urnes. Mais donc,
demain, le Parti socialiste a accepté d'aller voir Sébastien Lecornet ? Vous allez lui demander le gouvernement
? Nous répétons qu'effectivement, il doit y avoir le respect de ce qui est sorti des urnes. Personne n'a de majorité. En effet, personne n'a de majorité et nous le savons. Et c'est pourquoi aujourd'hui, nous ne disons pas que nous voulons tout le programme sur lequel nous avons... obtenus, finalement, des points supplémentaires. Il y a une personne qui
dit que rien que tout le programme, c'est Jean-Luc Mélenchon. Vous ne l'avez pas associé au communiqué d'aujourd'hui, ça veut dire que vous y allez sans LFI ?
Jean-Luc Mélenchon l'a dit dès septembre 2024. Nous ne souhaitons pas entrer dans un gouvernement. Il ne croit pas à la possibilité de la cohabitation avec un président tel qu'Emmanuel Macron. Nous souhaitons que le président revienne dans son rôle institutionnel de garant de la Constitution, de l'esprit de la Constitution, et nous souhaitons qu'un gouvernement de la gauche et des écologistes puissent avoir cette proposition, qui est à la fois une proposition de méthode et une proposition où nous replacons l'ensemble des débats... qui ont fracturé la société ces deux dernières années sur le métier et le porteur du débat parlementaire. Vous gouvernez
le parti socialiste avec des écologistes, et au Parlement, vous faites comment ? Mais
ce dont on parle en termes ministériels et de gouvernement, c'est finalement la capacité à porter des éléments qui ont été portés majoritairement dans le débat. Rappelons, les trois orientations, les trois grandes orientations dont nous parlons depuis la fin août, ça ne sont pas des éléments programmatiques, c'est la justice fiscale avec la taxation des patrimoines des... multimillionnaires, plus de 100 millions d'euros de patimoines, c'est 1 800 foyers fiscaux. Nous considérons qu'il faut améliorer les revenus des Françaises et des Français qu'ils ne peuvent pas attendre sur ce point de vue-là, que les travailleurs, les classes moyennes et populaires ne peuvent pas payer le déficit creusé par une politique qui a enrichi les plus riches et qu'à ce jour, effectivement, c'est uniquement des éléments tels que cela avec l'investissement. évidemment qui permettent de relancer l'économie que nous portons au débat et avec ça nous savons que les députés avec de gauche quels qu'ils soient sont prêts à voter sur ces éléments là et bien entendu qu'il y a aussi des majorités qui se trouveront et qu'il faudra... Comme le disait
Boris Vallot cet après-midi, on va être les derniers à ne pas demander la démission du président.
Il est le seul responsable, c'est à lui de faire enfin face à sa responsabilité, qu'arrêter de jouer nos institutions au poker, arrêter de délégitimer la démocratie représentative. C'est ça que nous demandons. Sébastien
Lecornu poursuit pendant encore 24 heures ces discussions avec les formations politiques. Est-ce que vous plaidez ? vous aussi pour la nomination d'un négociateur
Oui, mais moi, comme je vous le disais tout à l'heure, je lui demande depuis un an, parce que je pense que c'était la meilleure chose à faire pour qu'on puisse avancer. Personne n'a de possibilité d'avoir une majorité en l'État. Je veux bien écouter ma collègue Annabie, qu'on soit clair. Même vous, vous ne l'avez pas.
Personne ne l'a. On va mettre tout le monde d'accord. C'est pour ça que je le dis.
Il faut qu'on mette tous un peu d'eau dans notre vin, qu'on a un peu d'humilité. Là, on devient la risée du monde politique parce que les Français nous regardent différemment. Ils nous le disent tous. Les sondages le disent. 9 Français sur 10 veulent qu'on trouve un compromis. Et ils acceptent qu'on se dise ni RN ni Léfi. Là, on a une base de travail qui n'est pas négligeable. On a dit, de notre côté, qu'on était prêts à avoir plein de choses, à aller autour de la table, sans dogme, parce qu'il faut inventer une nouvelle doctrine, ce qui se passe ailleurs en Europe. Et je pense que, malgré tout, on aura encore cette tripartition qui va se mettre en place. Je ne suis pas certain que pour... Vous pensez
que la tripartition, ce n'est pas un effet Macron ? Non, je pense que la société est véritablement clivée
et fracturée. et qu'il y a des gens qui sont plus à droite, d'autres qui sont plus à gauche. Et je suis désolé, mais même au sein du RN, ils ne sont pas d'accord entre eux. Quand j'écoute Jean-Philippe Tanguy, quand j'écoute Bardella et quand j'écoute Marine Le Pen, il y a une différence de discours qui est assez exceptionnelle. Entre eux à l'extrême droite, ils ne sont pas d'accord non plus. Donc ça démontre bien qu'il y a des difficultés de fond. Et là où Mme Le Pen prend des voix, c'est justement sur la partie sociale. Donc nous aussi, on peut apporter ces réponses-là. Mais il faut qu'on accepte tous de dire que ce n'est pas une victoire de parti, c'est une victoire parlementaire, parce que nous avons été élus... par le peuple et qu'à partir de là, on doit prendre nos responsabilités au-delà des partis politiques. Et je crois qu'on nous a reproché souvent de manquer d'humilité sur ce sujet-là. On a fait un mande honorable à plusieurs sur cette thématique-là. Je crois qu'on doit tous aller dans le même sens et même... si le PS a encore des désaccords sur certains sujets, on ne doit pas être là pour s'écraser les uns les autres, mais trouver une solution pour avancer. Et ça n'a pas été simple. Moi, j'étais un des premiers à dire depuis le début que ça ne pouvait pas fonctionner simplement avec la droite si on n'avait pas, justement, le PS avec. Là, il y a une coalition possible qui est assez large et qui apporte une majorité. La réalité, c'est
que ce soir, si vous respirez un peu, ça sent quand même très fort la dissolution. Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher ont été reçus à l'Elysée cette après-midi. Gérard Larcher a fait
dire que ce n'était pas pour des raisons de dissolution, mais pour parler autour de raisons politiques.
Vous pensez vraiment qu'Emmanuel Macron les a consultés, les deux présidents du Parlement, pas pour leur parler d'une éventuelle dissolution ?
Je n'en sais rien. Je pense qu'on n'a pas tout essayé. Il y a encore des possibilités d'avancer. Je crois vraiment, et je le dis sincèrement, que si demain, il y a dissolution... Vu les résultats qui arrivent derrière, le président de la République n'a plus aucun rempart. Pourquoi les résultats qui arrivent derrière ? Le RN n'aura pas de majorité, mais aura une forte victoire. La gauche sera toujours présente et le Bloc central aussi. Personne n'a de majorité et ne peut avancer. Et si un a obtient la majorité, c'est vraiment que les Français ont décidé de mettre le RN au pouvoir parce qu'il en a marre des autres. Et donc on sera tous comptables de cette malchance politique parce qu'on aura participé à créer cette malchance-là. Mais la réalité, c'est qu'on n'a pas tout essayé et qu'on doit pouvoir apporter d'autres réponses. Mais le président de la République, derrière, et Marine Le Pen, quand elle dit qu'il souhaite sa démission, si demain, la LFI redépose une motion de destitution qui dit qu'elle ne la vote pas en disant que le peuple la demande, je la fais passer. Elle fonctionne comme ça. Sa stratégie, c'est toujours de dire que je justifie tout ce que je fais par le peuple. Et si, à partir du moment où elle a des sondages où on dit que 70% des Français veulent la destitution du président de la République, elle la votera. Et là, c'est la pire catastrophe pour la Ve République.
La destitution, c'est quand même un chemin inconstitutionnel très complexe. C'est pas un vote simple à l'Assemblée. Si l'Assemblée nationale
la vote avec LFI et le RN qui peuvent avoir une majorité, je peux vous assurer que même si le Sénat la vote pas, ce que ça va impliquer dans le coeur... La charge symbolique de cette... On est encore dans une belle fenêtre d'Overton où des choses impensables deviennent acceptables. Ecoutez-la parler et vous verrez qu'elle laisse sous-entendre que son seul objectif, c'est de faire tomber Emmanuel Macron parce qu'elle est persuadée qu'elle est la seule à gagner la prochaine présidentielle si elle tombe d'ici 35 jours.
Alors écoutez, en termes de... de travail en commun. La réalité, c'est que depuis 2022... Nous ne sommes pas foutus de le faire à l'Assemblée nationale. Excusez-moi de parler de manière aussi triviale, mais on est incapables de le faire. C'est ça, la réalité. Je veux bien entendre des discours, on est capables de le faire. On n'a pas été, pour l'instant, capables de le faire. La position d'Ivoire Philippe n'a pas été
capable de montrer que les groupes parlementaires étaient capables de travailler ensemble quand il y a des commissions d'enquête avec un rapporteur LR et un président de Gomi. Ça, c'est le fonctionnement
de l'Assemblée nationale. Et en fait, ça fonctionne bien, les commissions d'enquête, ça fonctionne bien. La réalité, c'est que nous ne sommes pas en capacité. Pourquoi ? Parce qu'il y a des égos, il y a des lignes rouges en permanence. Edouard Philippe, pourquoi il a pris cette position ? C'est parce qu'il a pris de la hauteur. Il a voulu prendre de la hauteur par rapport à la situation et surtout, il veut mettre le président de la République face à ses responsabilités. La principale responsabilité du président, c'est de faire en sorte que les institutions fonctionnent en France. Dans les institutions, il y a le Parlement et le Parlement ne fonctionne pas. Je suis d'accord avec mon collègue, s'il y a une dissolution sèche, l'ERN va augmenter son nombre de députés. Nous arriverons à... Vos intervenants en ont parlé et la dame a dit qu'on n'est pas loin de la crise de régime. S'il y a une dissolution, c'est que le RN aura une majorité relative et qu'on sera dans une vraie crise de régime. C'est ce que nous, Horizon, on ne souhaite pas arriver à ce stade. Ce qu'on propose, parce que c'est la priorité pour les Français, c'est de débloquer, de libérer les énergies et l'économie. Il nous faut un budget. C'est ça, la priorité de la France. Et donc, c'est ce qu'il a proposé. Et dans la continuité du vote d'un budget acquis, je l'espère, grâce à un médiateur ou un Premier ministre qui fait consensus, la deuxième étape, ce serait d'envisager que le président avance d'un an des élections présidentielles. Vous
parlez d'un négociateur. Qui ?
Il
y a des noms qui circulent, comme Laurent Berger, Jean-Louis Borloo... Je
n'en ai aucune idée. Ce n'est pas à mon niveau que ce genre de nom circule. Le
qui, ça peut être un épouvantail. On l'a vu avec Bruno Le Maire dimanche soir. Le qui, c'est important quand même. Il
faut qu'on sorte de là aussi. C'est un peu la
provocation que vous faites. Quand on parle d'un Premier ministre 100% focalisé sur le budget de la France, c'est quelqu'un qui est reconnu par tous, qui a de l'expérience, un ancien parlementaire. Peut-être un ancien ministre des Finances. Que sais-je ? Je ne suis pas dans ses secrets. Ça se joue pas à mon niveau. Par contre, la proposition d'Edouard Philippe, c'est d'avancer les élections présidentielles parce qu'on a besoin de débloquer les institutions.
Juste une chose, quel que soit le négociateur ou le Premier ministre, en termes de calendrier, c'est très court. Si on veut avoir un budget, pour des raisons toutes simples, il faut qu'il soit déposé avant le 13 octobre, avant la semaine prochaine. C'est 70 jours avant la fin de l'année. Il faut qu'il soit adopté avant le 31 octobre. de cette année, sinon ce serait une loi spéciale.
Bon, ce soir, la voie la plus démocratique, la solution la moins risquée, on va dire, pour la stabilité du pays, je vous demande à tous les trois une réponse courte.
La voie la plus démocratique, c'est de revenir à nos institutions. Le président préside, il laisse, finalement, il accepte le résultat qui a été celui de juillet 2024 et qu'il laisse effectivement faire le Parlement parce que la réalité aujourd'hui, c'est que cette situation de blocage, elle est liée à des décisions de sa part qui ont provoqué une instabilité chronique et je ne parle même pas de la procrastination, ça fait un mois, plus un négociataire, ça ferait beaucoup.
plus démocratique, c'est que les Français l'ont dit il y a un an déjà, il y a eu des solutions, on est revenu à l'Assemblée nationale, maintenant, ça le trouve, il y a un accord. Il n'y a pas plus démocratique aujourd'hui que d'avoir un Parlement qui discute, qui négocie et qui trouve une sortie de crise. Pour ça, il faudra que chacun mette ses égaux de côté et je crois que c'est la base de tout pour pouvoir discuter. Le
plus démocratique, ce serait effectivement, et on le souhaite, évidemment, c'est que Sébastien Lecornu réussisse d'ici demain soir à trouver un gouvernement qui nous mette... Tous d'accord, c'est ce qu'on souhaite. Et en deuxième plan, si ce n'est pas possible, ce sont les Français qui doivent nous faire sortir de cette crise limite de régime. Emmanuel Macron a prévu de s'exprimer
demain soir
crois pas, je n'ai rien vu. Je ne suis pas dans le secret du Pays d'Elysée. La séparation des pouvoirs, et ça, j'y tiens beaucoup.
Merci à tous les trois d'avoir été avec nous ce soir pour ce débat. Vous pouvez rester là, c'est Bourbon Express, c'est le journal de l'Assemblée nationale. Et c'est avec Valérie Brochard. Bonsoir. Alors qu'il reste donc 24 heures à Sébastien Lecornu pour tenter de résoudre la crise politique, les députés sont déjà dans la presse, semble-t-il. Mais
oui, la dissolution n'a pas encore été actée ni même prononcée, peut-être même pas pensée, mais je peux vous dire qu'au Palais Bourbon, tout le monde s'y prépare. Certains sont même carrément déjà prêts, comme le député du Rassemblement en National, Franck Giletti. C'est élu du Var appelle un retour aux urnes. Regardez dans l'entretien qu'il donne... à Nice matin, aujourd'hui. Il précise même, depuis des semaines, tout est prêt au RN pour repartir en campagne en cas de nouvelles législatives. Anticipé, on n'a plus qu'à appuyer sur le bouton. Sans déclencher encore la campagne officielle, le député postait hier sur son compte Twitter quelques photos de collages d'affiches, en précisant bien sûr que ce n'est là que l'activité normale et trimestrielle d'un élu en circonscription. Mais bon, si jamais la dissolution arrive, les affiches toutes neuves seront déjà... Et du côté de l'Assemblée, ici, à Paris, le député Laurent Jacobelli, porte-parole du RN, est non seulement prêt à la dissolution, mais il a même le nom du prochain Premier ministre.
Dix solutions, nouvelles élections, Jordan Bardella, Premier ministre. Je ne vois pas d'autre solution parce que sinon ce sera du tripatouillage entre des gens qui sont incapables de prendre les réformes profondes qu'il faut prendre. Je pense que la farce a assez duré. Il faut maintenant tourner la page et retourner aux urnes.
Alors un cadre du parti me confiait aujourd'hui que Marine Le Pen, qui était invitée à Matignon demain matin, a préféré décliner la discussion avec Sébastien Lecornu, préférant se rendre au salon de l'élevage de Clermont-Ferrand. Une visite qu'elle envisage comme une sorte de... premier déplacement de campagne.
Le RN est dans les starting blocks. Un petit tour de table avec nos invités. Demain, on parle de législatives mi-novembre. Vous avez des affiches prêtes ? Vous avez un infographiste qui travaille ?
je le ferai comme il y a un an. C'est-à-dire qu'on a eu très peu de temps pour réagir. En gros, en une nuit, on doit tout préparer. Et donc, s'il y a une dissolution, je ferai la même chose que l'année dernière. Je sais faire et on se remettra au boulot et puis on se passera... Quelles que soient les décisions
à venir, évidemment, nous sommes prêts. C'est vrai, les autres, ils sont prêts, vraiment ?
On n'est pas tout à fait prêts au même niveau, un petit peu moins prêts chez les socialistes, en l'occurrence, pas de problème. Il y a les candidats nécessaires partout sur le territoire, mais la dissolution ne résoudrait rien.
a des discussions avec des partenaires, qui sont nos partenaires naturels, avec qui on dirige des communes, des départements, des régions partout en France. Donc on est prêt. Simplement on considère que ce n'est pas la bonne solution. Pourquoi ? Tous les sondages le disent. On aboutirait de nouveau à trois blocs. À un moment, on recherche de l'argent public. Une dissolution, c'est 200 millions d'euros net. Juste le coût des élections, de la campagne électorale, de l'installation des nouveaux députés, sans parler de l'instabilité qui pourrait renforcer la crise de la dette.
Alors, vous l'avez dit, pour le Parti socialiste, pas besoin de dissolution. Pour tout arranger, il suffirait de nommer un gouvernement de gauche qui négocierait un pacte de non-censure avec le bloc central des prières peut-être déjà entendu. Et du côté du groupe Liotte, Adeline, on a rencontré le député Harold Huvard qui s'amusait de l'effervescence et de la peur que suscitait chez certains l'idée même de dissolution. Écoutez.
vois beaucoup de collègues qui sont quand même très impressionnés par la peur de la dissolution. Certains qui ont carrément la trouille. On leur donnerait une olive, ils nous feraient un litre d'huile.
leur donne une olive, ça fera un litre d'huile. Au
-delà de la métaphore filée, le député est prêt, il a tous les outils à disposition, mais la dissolution n'est pour lui pas la bonne issue.
Oui, j'ai du papier, j'ai appelé mon banquier. Mais le vrai sujet, c'est d'aller jusqu'au bout de la mission que les électeurs nous ont confiée. Et ça, aujourd'hui, on n'en est pas encore là. Je pense qu'avant d'arriver à la dissolution, il y a encore d'autres étapes. Il y a des solutions qui n'ont pas été tentées, comme une coalition plus au centre-gauche, comme une ouverture en dehors du cercle des fidèles de M. Macron. Et donc je pense qu'aujourd'hui, le Parlement doit reprendre la main et proposer une solution qui soit indépendante du président.
chemin sur lequel souhaite s'engager aussi le député Modem Erwan Balanant, pris par l'émotion de la situation.
-ce qu'aujourd'hui, on est prêt à travailler pour les Français et sortir des postures politiciennes, sortir pour certains des calculs présidentiels ? Parce que moi, je l'ai dit hier, j'avais honte, j'avais un effet de sidération et de honte face à la situation et à cette explosion d'hier. L'important, je crois que les Français, moi dans ma circonscription, les Français que j'ai vus ce week-end et hier. Ils m'ont pas dit dissolution, démission du président. Ils m'ont dit travailler ensemble.
Et loin de ces considérations, en ce 7 octobre, il y a aussi des députés qui ont tenu à rendre hommage aux victimes des attaques terroristes menées par le Hamas.
Cela fait deux ans que les terroristes du Hamas ont attaqué Israël. 47 otages seraient encore en vie. C'est avec leur portrait dans les mains qu'une soixantaine de députés a entonné la Marseillaise dans l'une des cours du Palais Bourbon.
vos bataillons.
que les bombardements sur Gaza continuent, les négociations en Egypte laissent espérer la libération des otages et peut-être la fin du conflit.
Merci Valérie et merci à nos invités de ce soir. Merci d'avoir été là dans Chaque Voix Compte. Merci à vous de nous avoir suivis. Chaque Voix Compte revient demain à 19h30. L'émission est rediffusée tout à l'heure à 23h30. En replay aussi sur le site lcp.fr ainsi qu'en podcast. Dans un instant, vous avez rendez-vous avec Desbadoc et Jean-Pierre Gracien. On vous souhaite une excellente... soirée à demain
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