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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
Sébastien Lecornu a donc remis sa démission ce matin à Emmanuel Macron, qu'il a accepté. Fin de régime, dissolution ou non, les réactions sont nombreuses.
Cher Maud, contre toute attente, cet homme est accablé depuis quelques jours. Je parle de Sébastien Lecornu. Il avait attendu le poste de Premier ministre trois fois au moment de Gabriel Attal, avec la nomination de François Bayrou, même avant Barnier, parce qu'il était le candidat favori du président de la République. Il échoua finalement à ce poste au mois de septembre. Et je dois dire que sa démission, juste quelques minutes, il s'est comporté en homme d'État. C'est un choix difficile. il faut avoir du courage pour le faire, et il a eu le courage de démissionner, ça il faut le saluer. Pour le reste, tout est soumis à conjecture. On cope le débat rapidement, ma chère Maud. Qu'est-ce qui s'est passé ? Là, dans vraiment les heures qui viennent de se passer. Bruno Retailleau a visiblement paniqué face à Wauquiez qui ne voulait pas de participation des Républicains au gouvernement. Et Laurent Wauquiez a fait monter la pression depuis les fédérations départementales des Républicains qui commençaient à exprimer leur colère. Donc Bruno Retailleau a fait savoir que le maintien des LR au gouvernement était soumis à certaines conditions et qu'il n'écartait pas la possibilité de s'en défendre. Ensuite, il y a eu la nomination de Bruno Le Maire qui a heurté tout le monde, qui a étonné tout le monde. C'était une idée du président de la République. Comme quoi, là, on a la preuve que le président de la République a bien repris en main la formation du gouvernement et que Sébastien Lecornu, finalement, ne faisait qu'appliquer ce qu'Emmanuel Macron lui dictait. C'est peut-être pour ça, d'ailleurs, que Sébastien Lecornu a décidé de démissionner en disant « Moi, je ne fonctionne pas comme ça, je n'ai pas les mains libres, eh bien, je me retire. » Donc on est aujourd'hui confronté à cet instant à deux grandes options. Soit le président de la République reconfie le poste de Premier ministre et la responsabilité du gouvernement à quelqu'un de sa majorité et du socle commun au sens large. Soit il joue une astuce politique en appelant quelqu'un de l'ancien Front populaire. Et la rumeur court là depuis quelques instants qu'il proposerait à Olivier Faure de constituer le prochain gouvernement. dans l'histoire de dire, écoutez, la gauche, vous la réclamez, vous avez proposé un âme casse-tête, vous dites que vous êtes le groupe le plus important de l'Assemblée nationale, eh bien, chiche, je vous prends au mot, voilà, je nomme Olivier Faure Premier ministre, et voyons ce que vous savez faire. Moi, je regarderai ça depuis Brégançon ou Rambouillet, et puis, on verra bien, non, il restera à l'Elysée, bien sûr, mais c'est l'occasion, comme on dit, de façon un petit populaire, de passer la patate chaude à la gauche, puisqu'elle le réclame tellement, eh bien, vous piaillez au port de Matignon, je vous donne l'opportunité de... de faire vos preuves, on va voir ce que vous êtes capable de faire. Et puis, la troisième option, bien entendu, c'est de face à ce... C'est un blocage, un blocage inédit, en tout cas dans la cinquième. Il y a eu des gouvernements beaucoup plus brefs dans la troisième et la quatrième République. Il y a des gouvernements qui ont duré quelques heures, parce que le jeu parlementaire fait qu'on renversait immédiatement un gouvernement. Là, dans la cinquième République, on n'a jamais vu une configuration aussi complexe. Et voilà, je disais, l'autre option, c'est de retourner devant les Françaises et les Français, que le président de la République demande aux électeurs de trancher, donc il redissout l'Assemblée Nationale, et nous repartons aux élections législatives dans quelques semaines. Et on verra bien si, au vu de ce qui s'est passé, les Français qui n'avaient pas pu se départager, d'autant que l'opération Front Républicain avait modifié la donne, et que finalement le Rassemblement National n'avait eu que 100 avec les UDR 143 députés, est-ce que là, les Français décideront, ou à gauche, d'envoyer une majorité ? au moins, à défaut d'être absolu, suffisamment net pour qu'on puisse obtenir de cet objet national une formation gouvernementale avec un minimum de stabilité. Voilà où nous en sommes. Je voudrais avoir l'avis de ceux qui nous appellent et qui sont souvent très compétents en la matière.
On veut vous entendre au 0826 300 300 et on accueille nos deux invités. Guylain Bénessa, avocat, co-auteur de On marche sur la tête aux éditions L'Artilleur et Serge Groir, maire d'Orléans. Bonjour messieurs.
commence par... Bonjour. Monsieur le maire, bonjour. Je m'adresse à vous en tant que maire d'Orléans, capitale régionale, au cœur de la France. C'est le cœur de France. Vous êtes un dignitaire du parti républicain, vous avez une expérience de... Ah non
'ai démissionné depuis longtemps maintenant. Oui, oui, je vous situe, je sais bien. Je m'en félicite parce que quand je vois toute cette tambouille, je suis très heureux de m'occuper des vraies choses, c'est-à-dire de la ville d'Orléans.
Oui, mais vous êtes les républicains, c'est un parti où il y a eu des gens qui sont venus qui sont partis... Un parti de transition. Voilà, Valérie Pécresse, M. Bertrand, voilà. Donc vous êtes, j'allais dire, dans cette mouvance républicaine. même si vous n'êtes pas aujourd'hui affilié. En tout cas, vous êtes un observateur élu de droite, revendiqué, vous l'assumez, dans une métropole régionale qui connaît aujourd'hui toutes les réalités sociales et économiques des souffrances que la France traverse. Que vous inspire cette situation ? D'abord, est-ce que vous avez cru à un moment donné que Sébastien Lecornu pourrait éventuellement jouer sa carte et obtenir un résultat de stabilité ? Ou est-ce que vous avez eu un doute immédiat
? Ah, je n'y ai jamais cru. Parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets, et donc comme il n'y a pas de majorité à l'Assemblée, il ne pouvait pas constituer un gouvernement. Et je vous entends, je vous écoute attentivement, et on va reproduire exactement les mêmes problèmes. Donc moi, si j'avais un mot pour qualifier ce que je ressens aujourd'hui, c'est la honte. J'ai honte de ce qui se passe au niveau national, pendant qu'effectivement, je vois les gens qui rament sur le terrain, je vois des entreprises qui essayent de bosser, je vois des gens qui font le maximum, etc. Je vois la réalité de la France tous les jours. Et tous les maires voient la réalité de la France tous les jours. Et on n'en peut plus, on n'en peut plus de cette bouffonnerie sinistre.
Un haut dignitaire que je peux appeler l'ancienne majorité présidentielle, dit le socle commun, a fait cette déclaration qui me semble assez forte. Avant, les Français nous croyaient inutiles. Maintenant, ils savent que nous sommes toxiques. Est-ce que vous rejoignez cette analyse de ce haut dignitaire de la Macronie
parce que inutile, c'est faux. Moi, je vois ce que tous les élus locaux font sur le terrain tous les jours. Et je pense que si on n'était pas là, ce serait un vrai bazar. Il parlait des politiciens du sommet de l'État.
Il parlait des politiciens du sommet de l'État, pas des élus locaux. Il parlait de la classe politique au sommet, la parisienne.
Mais la classe politique, elle est globalement discréditée. Nous sommes dans une situation qui est pire que la Quatrième République. C'est ce que De Gaulle appelait les poisons et les délices du système. On y est revenu, c'est tout à fait dramatique. Mais là, il y a une responsabilité. La première des responsabilités, c'est celle du chef de l'État. Et puis, il y a ensuite des gens qui essayent de faire le boulot. Moi j'ai demandé par exemple en matière de sécurité d'immigration, beaucoup de choses à Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur. Il m'en a donné une bonne partie, parce que j'avais raison dans ce que je demandais. Donc moi j'ai besoin d'un ministre de l'Intérieur, j'ai besoin d'un ministre de la Justice, mais j'ai besoin de gens qui sont sérieux et surtout qui peuvent bosser. J'ai besoin d'une stabilité politique, j'ai besoin aujourd'hui d'un budget. Or on est reparti pour le même cycle absolument invraisemblable de l'année dernière où on attendu le mois de mars pour avoir un budget. Donc non, ce n'est pas inutile, au contraire, mais aujourd'hui c'est dévoyé.
'est en tout cas comme ça que les Français, quand on les interroge, disent mais à quoi servent-ils ? Nous sommes toujours dans la même situation, aucune évolution, aucune réforme courageuse de fond qui nous permette de changer notre vie quotidienne. Donc effectivement, j'allais dire, nos dirigeants de la classe politique dans son ensemble, non, et heureusement, mais nos dirigeants, effectivement, semblent manifester une certaine inutilité. Guylain Benassar, vous êtes avocat et vous êtes surtout un expert et un analyste. politique affinée. Je vous vois souvent sur les écrans. Cette situation, est-ce que malgré tout, là aujourd'hui on est un petit peu sous le choc, est-ce que malgré tout, à partir de juillet 2024, au vu des résultats des législatives et de cette Assemblée nationale ingouvernable, on pouvait s'attendre à ce qu'à un moment ou à un autre, ça vienne choquer qu'il y ait un blocage ?
Écoutez, très simple, extrêmement simple, la démission d'Emmanuel Macron, je l'ai réclamé non pas pour des raisons politiciennes, mais j'en ai appelé immédiatement au 4 juillet 2024, chez vos confrères, pour tout vous dire, chez vos confrères, chez CNews, immédiatement en disant, et on m'en rie un peu au nez, en disant une chose simple, c'est que la situation telle qu'elle se produit aujourd'hui est exactement celle que j'avais prédit. C'est-à-dire que... En fait, on a un mode d'emploi très simple que tous les Français connaissent en leur fort intérieur, mais qu'en fait, on a oublié. Et le général de Gaulle était d'une clarté biblique, il suffit de le relire. C'est quand même lui qui a vaguement rédigé nos institutions. C'est qu'un chef de l'État qui appelle à des élections anticipées et qui les perd doit partir. Tout ce qui s'est produit depuis juin 2024 et d'une simplicité crasse, c'est qu'en réalité, personne n'a tenu compte du parchemin officiel. Ça fait maintenant 40 ans qu'on le tord dans tous les sens, c'est une vieille histoire. Mais Emmanuel Macron l'a poussé dans ses derniers retranchements, c'est-à-dire qu'il va jusqu'à gouverner contre l'esprit et contre la lettre du texte. Résultat, tout le monde est dans son sillage à attendre la fumée blanche de l'Elysée qui ne peut pas venir, puisqu'on bricole, on farfouille et on fait ce qu'on appelait à l'époque la politique politicienne pour tenter de rattraper le coup. Et en réalité, ce qui est le plus désolant, je me permets, c'est que d'une part, les Français constatent que le navire part sans eux. Donc en fait, on a l'impression qu'il est hors sol, mais dans des proportions jamais vues plus que là. Et deuxièmement, tout le monde en pâtit, c'est-à-dire que les politiques et les petits politiciens, les grands politiques, mais aussi les petits stratèges de fin de couloir, sont mis dans le même sac, puisque tout le monde s'aperçoit que puisque le poisson pourri par la tête, l'ensemble de l'édifice tombe avec lui. C'est une simplicité biblique, et je dis la même chose depuis un an et demi, il y a des solutions, elles sont en fait beaucoup plus simples qu'on ne le dit. On a juste oublié que l'intégrité, la probité, la cohésion, la simplicité, ça existe.
Guylain Benessa, les mauvais exemples ont été donnés dès 1986. par François Mitterrand quand il perd les législatives que la droite revient au pouvoir, il ne démissionne pas. Jacques Chirac la reconfirme lorsque, en 2007, il perd les élections législatives après la dissolution, il se maintient au pouvoir. Il l'avait confirmé auparavant, en 2005, il avait quand même perdu le référendum sur le traité constitutionnel, il se maintient. Donc tous les chefs d'État, à chaque fois qu'ils ont été désavoués par les urnes depuis le général de Gaulle, se sont maintenus au pouvoir considérant que ce n'était pas lié à leur mandat. plus qu'on arrive au terme de cette situation. Pour autant, prenons les résultats de l'élection législative de juillet 2024. Nous avons en gros trois groupes de forces à peu près égales, avec une petite nuance sur le centre et le centre droit, trois groupes, passez-moi l'expression, qui se détestent et qui sont incapables de gouverner ensemble. Donc pas de possibilité de coalition. Trois lectures possibles. Nous avons, et c'est là quand la gauche dit nous avons gagné les élections législatives, non, nous avons près de 360 députés qui ne veulent pas de la gauche. Donc une majorité du peuple français qui a clairement exprimé à l'occasion de ces élections législatives qu'ils ne veulent pas de la gauche. Nous avons une majorité de français, si on fait les voix du Front populaire et du socle commun, qui ne veulent pas du Rassemblement national. Et nous avons une majorité de français, une troisième majorité de français, c'est les trois tiers ingouvernables, quand on fait la somme des voix du Rassemblement national et du Front populaire, qui ne veulent plus de la Macronie, qui ne veulent plus de ce gouvernement central. Or... On a fait une tentative parce que numériquement, et l'élection de Mme Rohn-Pivert l'a prouvé face à la candidature de M. Chassaigne, à 15 voix près, c'est quand même le socle commun qui avait le plus de voix. Ils ont fait un gouvernement de coalition, bon gré mal gré, qui a tenu de façon rafistolée avec des compositions, quelquefois contre nature, et qui aboutit aujourd'hui avec la démission de Lecornu, puisque même cette famille centrale, ce socle commun avec les Républicains, le Modem, Horizon et Renaissance... en partie liottes, n'est pas arrivé à tenir. Donc, aujourd'hui, la solution, c'est quand même d'aller, à votre avis, devant les Français ou non, pour redemander leur avis aux électeurs.
C'est très simple. Je pense qu'il faut un moment, il faut déminer la situation. C'est-à-dire que le blocage ne peut être produit que par un arbitrage. Et l'arbitrage, on l'a oublié, c'est pas le Conseil constitutionnel, c'est pas des juges, c'est pas des politiques, c'est les Français. Cet arbitrage, il est nécessaire parce qu'en l'absence d'arbitrage, rien n'ira. Donc aujourd'hui, moi j'entends ce que vous dites et je suis d'accord, on a globalement trois groupes qui ne veulent pas parler, personne ne veut s'accoupler, personne ne veut se marier, donc on est bloqués. Mais le problème, il faut quand même se le rappeler, c'est que la dissolution devait produire ce que Macron appelait la grande clarification. Or, la grande clarification a tourné à l'immense confusion. Le problème, c'est que la confusion tourne maintenant au chaos. Et c'est très simple, à mon avis, vous savez, je réagis aussi en tant que juriste, pas uniquement comme passionné de la politique. Il y a un problème fondamental, c'est que nous estimons que tout tient parce que formellement le texte tient, mais l'esprit du texte, ce n'est pas fait pour les chiens. Et Emmanuel Macron, je vous le rappelle lui-même, disait qu'un président battu doit partir. Il avait fait des conférences là-dessus, il s'est exprimé. Tout le reste sera littérature dans la mesure où l'esprit de la cinquième, c'est la responsabilité du chef de l'État. Devant le peuple français, c'est le modus operandi. Si vous flinguez ce modus operandi, la seule chose qui reste, ce seront des ruines. Et ces ruines-là peuvent durer encore très longtemps. Je rappelle qu'on a un an et demi de bricolage potentiel, un an et demi où les choses peuvent encore s'empirer, et un an et demi où il y a la dette, l'insécurité, l'immigration et toutes les demandes majoritaires des Français qui restent pour l'instant au placard pour ne pas dire à la poubelle. Il faut bien comprendre, et j'en termine là, que nous avons un responsable identifié. Et nous avons ensuite des tambouilles politiciennes qui découlent de cette responsabilité première.
Serge Groir, c'est quand même des gens de votre mouvance politique. Michel Barnier, Bruno Retailleau qui ont fait cette expérience, qui se sont, j'allais dire, lancés dans cette option de gouvernement sous l'autorité présidentielle d'Emmanuel Macron. Sincèrement. Qu'est-ce que Michel Barnier a raté comme coche ? Qu'est-ce que François Bayrou n'a pas su faire ? Qui aurait peut-être permis à cette formule centrale du socle commun d'aboutir ? Est-ce que ce sont des enjeux partisans ? C'est un manque de courage ? Ou est-ce que la situation était tellement bloquée que quoi qu'on ait entrepris de façon courageuse en parlant au français le langage de la vérité ? Je crois que François Bayrou l'a essayé, c'était voie à l'échec. Vous auriez été en situation à Matignon à la place de Michel Barnier ou François Bayrou ? Est-ce qu'il y a quelque chose que vous auriez tenté ou expérimenté qui n'a pas été fait
je ne crois pas, tout le monde aurait échoué. C'est aussi simple que cela, c'est ce qui vient d'être dit précédemment. C'est qu'il y a une situation qui est totalement bloquée et qu'il y a un responsable de ce blocage qui s'appelle le président de la République. Et il lui revient au terme des institutions et puis au terme de l'éthique tout simplement, au terme de l'intérêt supérieur du pays, d'en prendre acte, de le constater et d'agir. Et je partage ce qui a été dit précédemment, la seule manière d'agir maintenant face à ce chaos, C'est de remettre le mandat en jeu et de tenter d'ouvrir une nouvelle page, de créer une nouvelle dynamique, une élection présidentielle, une dynamique avec cette présidentielle qui débouche sur une législative et en pensant... que les Français en ont tellement marre de cette situation qu'il y aura une majorité parlementaire qui va se dégager. Et à ce moment-là, on peut tourner la page et on peut engager, parce qu'il y a urgence, le redressement de la France. Parce qu'aujourd'hui, quand même, dans toute cette tambouille, la France, elle est en train de couler. C'est ça la réalité. Moi, je le vis tous les jours. Tous les jours, je suis sur le terrain pour éviter. Là, vous voyez, je vous donnais un exemple. On est en train de se battre pour sauver une de nos belles entreprises qui s'appelle Brant. voyez, Brant, sauter, vedette, de ditriche, c'est des marques françaises. On se bat pour la sauver. Il y a 600 emplois en jeu. C'est ça la réalité de la France. Et là, moi, j'ai besoin de quelqu'un au bout du fil. J'ai besoin d'avoir un ministre, mais un ministre pas un rigolo, pas un pantin. Pas un mec qui va me raconter des belles histoires et puis on ne le reverra plus dans huit jours. C'est pour ça qu'il faut reposer les choses
complètement. Serge Gouard, vous suggérez au président de la République de remettre cette émission et on sait qu'il ne pourra pas se représenter. Vous savez bien que la présidence...
Mais ce n'est pas grave, on en est tous là. C'est le jeu des institutions.
Vous savez bien que dans le système, dans la philosophie politique de la 5e République, le chef de l'État est quand même quelqu'un qui incarne... Un espoir, c'est une force. Est-ce que vous voyez aujourd'hui, sincèrement, dans l'inventaire du personnel politique français, quelqu'un, et je pose la question sans arrière-pensée, est-ce que selon vous, vous n'êtes pas obligé de me donner le nom ? Et quelle que soit la famille politique au centre, à gauche, à droite, est-ce que vous voyez quelqu'un qui pourrait aujourd'hui nous dire, je rassemble les Français, quelqu'un qui aurait les tripes, qui aurait le charisme, qui aurait la volonté, allez ! On abandonne les clivages assassins, je rassemble les Français et on essaie de reconstruire ce pays. Est-ce que vous avez un nom en tête ou un profil en tête dans le paysage politique actuel
j'en vois un qui s'appelle Charles de Gaulle, mais il faudrait qu'il se réincarne rapidement si vous voulez. On ne croit pas encore à la résurrection. Moi je vais vous dire un truc, c'est que moi je vois des gens de très grande qualité sur le terrain. Je vois une déconnexion totale entre eux. Une classe politique nationale qui est encore une fois dans les poisons et les délices du système. Qui est vérolé, pardonnez-moi le mot. puis je vois des élus de terrain, des maires, des conseillers municipaux, dans les départements, dans les régions, je vois des gens qui sont au contact, qui savent faire. Ça je sais, est-ce que vous voyez quelqu'un au sommet ? Serge Bouard,
vous ne répondez pas à ma question, vous vous comportez en politicien. Est-ce que vous voyez quelqu'un
qui peut relever le défi ? Je réponds à votre question parce que je vous dis qu'il y a une autre classe politique. C'est celle qui bosse et qu'on ne voit pas. Et c'est que c'est celle-là qu'il faut appeler. Voilà, ça je la vois, je suis sûr de ce que je vous dis. Je peux vous citer un paquet de maires qui réussissent dans leur ville, qui font des trucs formidables. J'en connais qui sont à droite, un peu plus à droite qu'à gauche, mais j'en connais quelques-uns aussi à gauche. Et ce que vous appelez ce rassemblement, c'est déjà des gens qui connaissent la réalité du terrain, qui savent ce dont ils parlent. Oui,
je vous dis qu'il y a une autre classe politique dans ce pays. Vous avez été entendu Serge Gouard. Bon, appelez-nous au 0 826 300 300, on marque une petite pause, et après on a besoin de vous parler, et je redonnerai la parole à Guy Laménassa.
Il doit se dire, ça y est, peut-être qu'ils m'ont oublié. Ce qu'il nous faudrait maintenant, c'est un bon confinement. Je repense à Jean Castex comme on pense à son ex. Ça, c'était le bon vieux temps, celui d'Olivier Véran, quand les gouvernements duraient au moins deux ans. Émouvant !
Merveilleux pastiche de Jacques Vrel dans cette chanson historique et qui comme bien la situation à laquelle nous sommes confrontés. Nous sommes au 0826 300 300 et nous sommes en ligne avec Françoise. Françoise, vous nous appez de Dax.
Oui, tout à fait. Bonjour Péricault, bonjour à toute l'équipe. Bonjour Françoise,
qu'est-ce que vous faites dans la vie
Alors, moi je suis retraitée. C'est 70 ans passés. suis ici d'un milieu gaulliste. Voilà, élevée par un père passionné d'histoire et de politique.
Donc vous avez une opinion très précise de ce qui est en train de se passer en ce moment.
Ben justement pas.
Alors, vous êtes pommée, vous aussi.
Non, non, non. Je suis catastrophée par la situation d'aujourd'hui, comme beaucoup, comme tout le monde, je suppose. Il faut un responsable, bien sûr, on va en nommer. Mais je trouve que déjà... Des non, des non. Oui, des non, des non. Le président de la République en tête. Il est la tête de l'État. Par ses actions, par ses attitudes, il est responsable. Mais moi, ce qui me navre surtout, c'est l'état d'esprit. que les partis politiques ont inspiré dans le débat français. C'est-à-dire qu'il n'y a plus de compromis possible. Plus personne ne s'écoute. C'est tout de suite de la violence dans le ton. Par exemple, si on ose dire, on a le droit de le dire, que l'immigration aujourd'hui n'est pas mesurée en France, on se fait traiter de raciste. Si on trouve, et c'est la réalité, que les Français ne travaillent pas assez, on est capitaliste, il n'y a plus de dialogue possible. Alors que tous les sujets mériteraient d'être débattus, comme des adultes, parce qu'il y a de la vérité partout. Pour moi, il y a de la vérité partout.
Ma chère Françoise, c'est
ce qu'on vit. Mais oui, on est dans l'idéologie pure qui n'a plus rien à voir avec la réalité. On ne s'écoute plus, on ne s'entend plus.
C'est-à-dire qu'on est, Françoise, dans le dénigrement de l'autre. On n'est plus dans le débat, dans l'échange, éventuellement dans la confrontation. L'autre est un salaud. Voilà, et si tu ne penses pas comme moi, c'est que tu es dans le mauvais camp. Et on n'hésite plus aujourd'hui à utiliser des anathèmes, voilà, et des oppropres qui sont absolument insupportables. Et on le voit bien puisqu'on le voit même au sein, voilà, au sein de l'Assemblée nationale, de la représentation nationale. Alors, ça vient surtout d'un certain côté d'hémicycle, pas de celui justement dont on pouvait l'attendre, qui au contraire, qu'on les appelle, ils sont en cravate. Et enfin, c'est plus violent.
Ils ont parlé de la tenue. Parce que ça déjà c'est un signe. Ça, c'est déjà un signe de la perte de quelque chose. Parce que moi, à mon âge, évidemment, j'ai connu autre chose. J'ai connu des grands débats qui avaient de la hauteur. On savait dire les choses avec civilité, avec courtoisie. Mais enfin, maintenant, l'Assemblée nationale... Pas toujours, mais il y
avait des formes. Il n'y avait pas de menaces physiques, il n'y avait pas d'insultes.
Bon, il n'y avait pas d'insultes, déjà. Mais le problème aujourd'hui est votre intervenant. avant moi l'a très bien exposé, c'est que ceux qui ne parlent pas aujourd'hui, c'est ceux-là qu'il faut écouter. C'est ceux-là qu'il faut interroger et c'est ceux-là qu'il faut écouter. Ce sont des gens qui travaillent, qui élèvent leurs enfants, qui payent leurs impôts et qui ont l'impression de travailler pour enrichir des riches ou pour nourrir des gens qui ne veulent pas travailler. Ils n'ont pas le temps d'aller dans la rue. Ils n'ont pas le temps ni les moyens.
ne se sentent pas reconnus et pas écoutés.
Mais ils ne sont pas reconnus, ils ne sont pas entendus, ils ne sont pas écoutés.
Et vous savez ce qui se passe ? Il n'y a pas de place
pour eux.
Françoise, il arrive la pire chose qu'on peut subir. Ils ne vont plus voter comme ils n'y croient plus. Et ils ne vont plus voter. Et donc l'abstention devient aujourd'hui le premier parti de France. Et en termes démocratiques, c'est une véritable calamité. Françoise, je vous reprends dans une minute. Alors on va de Dax à Mirand. La route est très belle de Dax à Mirand. Je la recommande. Et on va rejoindre Luc. Bonjour Luc. Oui, bonjour à tous. Alors Luc, qu'est-ce que vous faites dans la vie ? Je suis retraité. Je vois bien qu'à l'heure du déjeuner, les retraités sont à l'écoute de Sud Radio. Mais le retraité, l'avantage, c'est qu'il a vécu, il a une expérience et il a des idées très précises. Régis Debré disait l'autre jour dans une émission, la vieillie c'est un sauvetage. Pourquoi ? Parce qu'on n'a plus besoin de s'encombrer, de précautions. On dit les choses telles qu'on les a vécues, telles qu'on les pense et telles qu'on a envie de les exprimer. Qu'est-ce que vous inspire la situation qu'on est en train de vivre aujourd'hui avec la démission d'un Premier ministre qui n'a même pas eu le temps ? constituer la totalité de son gouvernement.
La situation d'aujourd'hui pousse à réfléchir à une chose. Quelle est la raison pour laquelle on en arrive là ? Et il faut peut-être remonter un petit peu dans les années passées. Monsieur Mitterrand, quand il était au pouvoir, a cherché à tout prix à le conquérir, mais à le garder surtout, en divisant la droite. et en réunissant la gauche autour de lui. Il a réussi pour ce qui concernait la réunion des gauches, mais il a aussi réussi pour ce qui concerne la division des droites. Parce qu'à l'époque, celui qu'il a réussi à ostraciser, c'est le Front National, et il votait avec les droites. Tout à fait. Et donc, on est aujourd'hui... sur la conséquence de cette ostracisation. Et aujourd'hui, mon propos est la deuxième partie, c'est que nous avons la droite la plus courte du monde. Excusez-moi ce propos grossier, mais...
Est-ce que vous croyez que la gauche est tellement plus intelligente, Luc Elle l'a été, elle l'a été. Est-ce qu'aujourd'hui...
Je ne le pense pas. Mais moi, j'ai toujours été à droite. Et aujourd'hui, je pense que notre droite est complètement à côté de ses pompes. Ils pensent la même chose. Vous avez un Bruno Rutaillot qui dit la même chose que le Rassemblement National. Vous avez d'autres partis plus au centre qui pensent également la même chose. Ils sont incapables de prendre le plus petit comme un multiple de leurs idées pour arriver à gouverner ensemble. Est
-ce que vous avez une explication ? Est-ce que vous pensez que c'est parce qu'on a perdu le sens du bien commun et de l'intérêt général, qui sont des valeurs fondamentales en démocratie, et que ce concept-là n'est plus à l'ordre du jour ?
Alors, vous anticipez un petit peu la troisième partie de mon propos que je voulais dévoiler. – Je
vous voyais venir, c'est pour ça.
– Tout à fait, mais vous l'anticipez. Et du coup, la conséquence de ce que vous venez de dire, c'est que ceux qui sont élus comme politique ne pensent plus qu'à eux, qu'à leurs intérêts personnels, qu'au pouvoir et les Français derrière. Mais ils les oublient, ils ne pensent plus. que nous, les petits Français qui sommes là et qui avons travaillé ou qui travaillons, nous avons mes aspirations.
Luc, je sais que vous êtes quelqu'un de raisonnable. On ne va pas généraliser, on ne va pas jeter l'anathème sur la totalité de la classe politique, sinon on tomberait dans ce qu'on appelait l'anti-parlementarisme primaire. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, au vu de ce qui se développe sous nos yeux dans la composition politique, on a tendance à penser que le sens de l'intérêt général est en train de se perdre. Ça ne veut pas dire pour autant que tous nos sénateurs, tous nos députés... Tous nos gouvernants sont des gens qui n'ont pas cette conscience, il y en a qui le sont, et on les rencontre ici régulièrement, ils sont les premiers à s'en plaindre. Mais ils sont minoritaires, ou en tout cas ils n'arrivent pas à traîner derrière eux le reste de leur mouvement politique. Vous pensez que ça peut, un jour ça va... Qu'est-ce qui permettrait que ça change, cet état d'esprit
bien je crois que tout le monde est d'accord sur l'évolution. Ça veut être soit la première des choses... que les gens fassent preuve de bonne volonté pour commencer à réfléchir ensemble et amener des idées communes et se rassembler autour des idées communes. C'est possible, on peut y arriver. Il faut trouver quelqu
'un.
Non seulement quelqu'un, mais il faut que les différents individus aient envie de considérer que les Français sont au cœur de leurs préoccupations. Vous avez... Je vais vous dire une petite chose. Vous avez, quand vous allez à Font-Romeu, en arrivant à Mont-Louis, un monument qui a été élevé à Emmanuel Brousse. Et sur ce monument, il y a écrit au ministre de l'Agriculture, apôtre des économies. Emmanuel Brousse au ministre mort pauvre.
Eh oui, un serviteur de l'État et de la République. Tout à fait, tout à fait.
Luc, merci. Beaucoup de nos politiques ont oublié ça.
Bien sûr, mais on va le leur rappeler, compter sur Sud Radio pour raviver ce débat et donner la parole aux Français qui, comme vous, témoignent de sensations très précises, avec un peu de colère. Je vais redonner la parole à Guilla Benessa. Vous avez entendu le témoignage de Françoise et de Luc, vous sentez bien qu'il n'y a pas seulement une exaspération, presque un désespoir dans le pays. Est-ce qu'il y a moyen de redonner du courage ? Est-ce qu'il y a aujourd'hui... j'allais dire, une solution politique, ou peut-être une façon de repenser la République, qui permette à ces Français qui se sentent oubliés, mis de côté, d'avoir la sensation d'avoir retrouvé la parole
Écoutez, il y a deux solutions très simples. Évidemment, elles crèvent les yeux, et elles crèvent tellement les yeux qu'on refuse de les voir. Premièrement, on brave une bonne fois pour toutes les interdits posés par une batterie d'interdiction à lever, et ce n'est pas très compliqué. Il faut poser la question aux Français de ce qu'ils souhaitent voir trancher, c'est-à-dire... utiliser ce bon vieil outil qui s'appelait le référendum, qu'on a utilisé 5 fois en 10 ans dans les années 60, 5 fois en 10 ans, dont on n'a pas vu l'ombre d'un référendum depuis 20 ans. Vous posez une dizaine de questions aux Français globales, vous leur demandez de trancher sur leurs préoccupations, sur des choses qui les importent, sur la vie concrète, la vie pratique, économique, immigration, sécurité, etc. Vous inquiétez pas, vous aurez une réponse assez claire de ce que les Français souhaitent ou pas voir trancher. Premier élément. Et deuxième élément, François Bayrou a dit quelque chose de juste, à mon sens, dans l'horizon funèbre qu'il a quelque part prononcé en partant. Il a dit que depuis 51 ans, le budget français était en déficit chronique et qu'on ne faisait plus rien.
Depuis 1974.
1974, 51 ans. Je propose une chose extrêmement simple, qu'on se rende compte tous collectivement que depuis 51 ans, on fait absolument n'importe quoi. et qu'on reprenne la feuille de route telle qu'on aurait dû l'air, ne pas l'achever avant 1974. Ça veut dire reprendre les solutions qui fonctionnaient, le gaullisme date juste avant 1974, et on a une feuille de route possible, la seule chose que ça demande, et à mon avis c'est là, Perico Légas, vous vous demandez si on avait quelqu'un pour le faire, le problème c'est que ce quelqu'un... doit apprendre à penser en envoyant valser 50 ans de politiquement correct, 50 ans de juridiquement correct, 50 ans d'européennement correct, si je puis dire. Si vous trouvez l'homme qui envoie valser ses 50 ans, honnêtement, il y a peut-être un trou de souris, mais il existe toujours. La seule chose, c'est de penser hors des cadres et de se rendre compte que les Français demandent en réalité des choses qui sont tranchables et faisables, à condition qu'on pense enfin un peu mal dans une classe politique qui pense beaucoup trop bien. Depuis 50 ans.
L'être providentiel, vous vous souvenez qu'en 2016-2017, on pensait tous, même ceux qui n'avaient pas voté Emmanuel Macron, s'étaient dit, il va se passer quelque chose, c'est le monde nouveau qui va remplacer le monde ancien, il va renverser la table, il va tout bousculer, et c'est lui, et vous voyez le résultat aujourd'hui de l'homme providentiel, le bilan, mais même au pire moment, on n'aurait pas pensé que ce scénario serait aussi tragique. Guylain Benessa, merci, on se retrouvera très bientôt, on aura besoin de vos avis. Et là, on fait une petite pause et on se retrouve juste après.
Et ne bougez pas dans un instant, nous sommes avec Benjamin Cochy et Jean-François Ferrando, président de la Confédération Nationale des Petites Entreprises et directeur de publication du magazine TPE Mag. A tout de suite.
Sud Radio, la France dans tous ses états, Péricault-Légas, Maud Koffler.
Nous continuons à discourir, à décrypter la situation politique que nous vivons avec la démission surprise et précipitée de Sébastien Lecornu qui n'est plus Premier ministre depuis ce matin. Nous avons avec nous Jean-François Ferrando, président de la Confédération Nationale des DP. Vous savez, les très petites entreprises dont je considère que... que c'est le socle réel de l'économie française. Ce sont eux qui nous enrichissent. Bien sûr, on a besoin des grandes multinationales, mais sans les TPE, on ne serait pas aujourd'hui dans une situation, j'allais dire, moins grave que l'on pourrait penser. Et puis, nous avons Benjamin Cochy, dont on se souvient, je me souviens de ce visage au moment des Gilets jaunes, c'est un ancien leader. Alors, je sais que les Gilets jaunes ne voulaient pas de leader, mais enfin, en tout cas... Benjamin Cauchy a porté la parole de ce grand mouvement social et populaire, et il est fondateur du cabinet, rappelez-moi le nom de votre cabinet, Benjamin Cauchy.
cabinet de conseil, bonjour
Périclouvé, ravi de vous voir sur la
radio.
Voilà, Jean-François Ferrando, petit patron. sur le terrain, vous subissez... On
va commencer, ça ne vous en est pas avec Benjamin Cauchy, parce que je crois que Jean-François Ferrandot est en train de mettre son zoom en ordre.
Parfait, petit problème technique. Benjamin Cauchy, vous avez vécu... Dès novembre 2018, la première fissure sociale qui indiquait qu'il y avait un dysfonctionnement au sommet de l'État, je me souviens d'un ministre qui m'a fait la confidence en septembre 2018 au Conseil des ministres. Il dit que les gens sont dans la haine et il va y avoir forcément à un moment donné un mouvement parce que les gens sont en train de craquer et un mois après... Les Gilets jaunes étaient dans la rue. Je vous demande, avec un peu de recul, ce que vous avez vécu depuis 2018 jusqu'à aujourd'hui. Ça vous semble une conclusion inéluctable qu'on arrive à une situation aussi, entre guillemets, tragique
absolument, c'est inéluctable, puisque le mouvement des Gilets jaunes de novembre 2018, finalement, n'a abouti qu'à de la poudre de perlimpinpin, par le biais de grands débats, par le biais de pseudo-mesures, de pseudo-projets, notamment institutionnels, où on parlait de mettre en place la proportionnelle, où on parlait de mettre en place plus régulièrement des référendums dont venait de parler votre précédent invité. Donc, finalement, cette absence de respiration démocratique que pouvait... représenter les référendums d'une part et d'écoute sincère par les députés et les sénateurs d'autre part, des aspirations des Français, ne pouvait qu'amener qu'à une crise institutionnelle majeure aujourd'hui. Quand j'entends ce matin Mme Le Pen qui dit qu'une démission du président de la République serait quelque chose de sage, quand vous entendez M. Ciotti, que je viens d'entendre à l'instant, qui dit que le seul recours pour sortir de cette crise, c'est un retour à l'élection présidentielle, et surtout quand j'entends... le président de l'AMF, même s'il est chez les Républicains, mais qui représente quand même des milliers et des milliers de maires, qui dit qu'il faut envisager un départ programmé du président de la République. Je pense qu'effectivement, il est inéluctable aujourd'hui de penser sincèrement à la démission du président de la République. Ce n'est pas un sujet, ce n'est pas une critique ad nominem face à Emmanuel Macron, mais quand un chef n'a plus la confiance de son peuple, il est d'une grande sagesse, à mon avis, d'être... d'être capable de se retirer et de partir. Le général de Gaulle a été capable de le faire suite à un référendum perdu à la fin des années 60. Je crois qu'aujourd'hui, le président de la République pourrait mettre à son tableau de chasse, à son honneur, le fait de se retirer et de démissionner. Jean
-François Ferrando est
avec
nous. Vous avez retrouvé le contact ? Oui. Jean-François Ferrando, petit patron français, vous êtes à la peine depuis... bien avant qu'Emmanuel Macron soit président de la République. J'allais dire, vous soutenez le pays par en bas. C'est vous qui faites rentrer un petit peu les sous et qui maintenez une certaine cohésion sociale et le tissu social dans ce pays. Là, vous êtes accablés, effondrés, désespérés, déprimés. Je n'ose pas utiliser le qualificatif que vous ressentez. Allez-y, dis tout ce que vous en êtes.
En tout cas, une chose est certaine, c'est que ce qui vient de se passer ne fait que confirmer, j'allais presque dire, nos biais dans les organisations et les entreprises. Les TPE, je le rappelle, c'est 97% des entreprises françaises. C'est presque la moitié des emplois. Et quand je vois un Premier ministre qui démissionne et qui dit que les conditions ne sont pas remplies, qui dit qu'il préfère, et c'est tout à son honneur... préférer le pays au parti politique, ça veut bien dire qu'aujourd'hui, enfin j'allais dire, on a un élu qui était dans l'intérêt de la nation, dans l'intérêt général, et qui en fait malheureusement nous fait la démonstration qu'être dans l'intérêt national ou dans l'intérêt général, c'est devenu très compliqué aujourd'hui. Qu'on est davantage dans des intérêts personnels, voire dans des carrières personnelles. Alors, du coup, nous, ça nous engage dans quoi ? Ça rentre dans le fait qu'on rentre dans des logiques. de compromis qui n'existeront plus parce que les gens ont tendance à se radicaliser, mais je le dis dans les deux sens. C'est-à-dire qu'on a d'un côté une catégorie d'élus, de politiques qui sont habitués à toujours taper sur les mêmes. Les mêmes, c'est nous, bien évidemment, les patrons de boîtes. Or, taper physiquement, ce n'est pas que taper socialement ou fiscalement. Quand on a des commerçants qui se font défoncer les vitrines, casser la gueule, c'est physique. Et quand on nous met la pression en permanence en étant... finalement, le collaborateur forcé de l'État, je vais vous donner deux exemples, il y en a un, c'est la TVA, les gens ne le savent pas, mais le collecteur de la TVA en France, ce sont les entreprises, c'est nous qui faisons le boulot pour le compte de l'État, et c'est le premier but de l'État. Et si on fait ça mal, on se fait taper sur les doigts. Le deuxième sujet, il n'est pas si vieux que ça, c'est le prélèvement à la source. Il n'y a encore pas si longtemps que ça, les citoyens, les Français, payaient leurs impôts directement auprès des services fiscaux. Et c'était une relation qui existait entre l'État et le contribuable. Désormais, ça nous a été imposé. Le prélèvement à la source, c'est nous les entreprises qui devons le faire. Donc ça nous rajoute des coûts. Donc c'est toujours les transferts de charges et transferts de coûts, toujours sur les mêmes. Et la contrepartie, il n'y en a jamais, si ce n'est qu'on vient encore toujours plus nous mettre des organisations. Théodule, qui sont juste là pour nous dire ça, vous n'avez pas le droit, ça, vous ne pouvez pas, mais qui ne sont en aucun cas là pour nous aider. Donc honnêtement, aujourd'hui, la démission du Premier ministre, ça nous interroge, voilà, est-ce que gouverner en France, c'est encore possible
Eh bien, écoutez, je pense qu'on va avoir la réponse assez vite. Enfin, la réponse sera, à mon avis, autre que celle d'un chef de gouvernement. Nous verrons bien. On ne va pas jouer les devins. Jean-François Ferrando, Benjamin Cochy, merci. d'avoir été sur Sud Radio, votre témoignage était précieux, il va de soi que nous aurons besoin de vous rappeler bientôt, là on est à la fin de cette séquence, l'actualité va être fournie, et je pense qu'il y aura matière à donner des avis, parce que l'important c'est que la France d'en bas, celle qui se lève tout le matin, et c'est le cas de vous deux, puisse s'exprimer sur les antennes, parce qu'il y a aujourd'hui une vraie rupture entre le sommet et la base, et une des solutions ça sera de réconcilier le sommet et la base, et ça se fera. sur Sud Radio. Ici Sud Radio, la France parle à toute la France et à tous ceux qui aiment la France. Merci d'avoir été là et je vous dis à très bientôt.
Et vos témoignages nous sont aussi précieux. 0826 300 300. Restez bien avec nous. Dans un tout petit instant, nous serons avec Charles Gave, l'économiste, parce qu'à la base, à l'origine de tous ces problèmes quand même, il y a le budget. Sera-t-il un jour voté ou non ? Répondez-nous vous aussi, donnez-nous vos pronostics. Allez, on va jouer. A tout de suite.
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