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Le tour de parole complet qui contient l'extrait, avec celui qui précède et celui qui suit. Le tour cible est surligné.
Nouvelle-Calédonie : l'Assemblée nationale rejette le projet de loi constitutionnelle - 2/04/2026
2 avril 2026
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Pourtant, les législatives se sont tenues, les sénatorielles se sont tenues, les municipales, toutes ont démontré le contraire. Les électeurs ont privilégié le dialogue par le seul usage du vote. Dès lors, pourquoi refuser cette issue démocratique à la crise actuelle ? Ces élections municipales ont d 'ailleurs été marquées par l 'émergence de nouveaux mouvements apolitiques qui certainement renforceront la légitimité du débat démocratique à la suite des discussions. Par ailleurs, pourquoi a refusé d 'entendre ce que nous dit la jeunesse de notre pays, notamment la jeunesse urbaine des quartiers, de la banlieue de Nouméa, qui a laissé éclater son désespoir d 'être non reconnu dans la crise de 13 mai 2024 ? Un désespoir qui s 'est traduit par la mort de 14 personnes, 11 canaques parmi lesquelles une jeune fille de 17 ans. Je pense à eux et à mon pays à ma terre, économiquement et socialement abattu. Je suis là de toujours vous répéter le message de nos vieux. Demain, madame la ministre, demain, notre jeunesse n 'aura que faire de la lassitude. Que ferez -vous quand la lassitude se mûrera en colère, comme en 1984, en 1988, en 2024 ? Vous prendrez les décisions qui laisseront le pays abîmé, car vous aurez rendu la colère plus juste. Il faut que ce soit un indépendantiste qui vous le dise, quand le pays canaque est abîmé, c 'est aussi le visage de la France. qui est abîmée. Non pas qu 'ils se confondent, mais parce que c 'est en tant que puissance colonisatrice que vous en avez la responsabilité. Ne vous y trompez pas. Quand vous prenez des décisions qui mènent au chaos, c 'est aussi la place de la France que vous compromettez dans le Pacifique. Je voudrais, au -delà de vous, madame la ministre, au -delà du gouvernement, m 'adresser au peuple de France, ce grand peuple fier. qui a su résister toujours pour défendre son indépendance et sa liberté. Je vous porte du fin fond du Pacifique en brandissant les valeurs de ce vieux peuple, avec tous ceux qui, d 'horizons différents, ont choisi ou ont été contraints de vivre avec lui et partager sa terre. Nous voulons dire ici que ces valeurs, les valeurs de la coutume et les valeurs de la France, c 'est en leur nom que nous menons ce combat pour notre émancipation. Hier alors, alors que nous n 'avions pas le droit de vote, Alors que nous étions parqués dans les réserves, nos anciens sont venus ici défendre la France en 14, en 40. Certains d 'entre eux reposent toujours dans les cimetières militaires du nord et de l 'est. Les tirailleurs kanak, ils n 'étaient pas seuls. Ils avaient aussi à leur côté des Calédoniens d 'origine européenne, asiatiques ou océaniennes. Et c 'est dans la solidarité du front et dans la boue des tranchées. qui a commencé à se forger ce processus de décolonisation calédonienne qui s 'appuie sur deux piliers. Puissant et simple, respect du peuple kanak et reconnaissance de ceux et celles qui se sont enracinés dans cette terre. Ce socle a été ensuite conforté au pays par les luttes sociales communes, le travail de nos églises, les relations tissées à l 'école sur les stades, les unions, les mariages ou encore le travail des discussions politiques. Ce processus innovant et fragile. Au nord,
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