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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Europe 1 soir,
19h21, Pierre de Villeneuve.
Avec mes camarades Vincent Roy et Sébastien Ligné pour cette deuxième heure. Bonsoir messieurs. Bonsoir Pierre de Villeneuve. Et nous sommes ravis de recevoir Jean-Pierre Jouillet. Bonsoir. Bonsoir. Ancien secrétaire général de l'Elysée, ancien ambassadeur. Vous avez été aussi secrétaire d'Etat. Et vous signez ce livre, l'Ombre du Général, qui est publié chez Albain Michel. C'est tout neuf, ça vient de sortir. Vous parlez des différents régimes que vous avez connus, de ceux que vous avez traversés, de ceux que vous avez traversés. également en tant que comme politique et bien sûr plus précisément sous un quinquennat qui restera j'imagine dans votre esprit qui est celui de François Hollande et justement pour parler de François Hollande il s'est exprimé hier l'ancien président chez nos amis de BFM TV interview réalisée et il était question de l'arc républicain ça rejoint directement votre livre puisqu'on parle de de régime, de crise de régime. Beaucoup de questions autour de ce concept de l'arc républicain. Et si François Hollande dit que le Rassemblement National pour lui n'est pas dans l'arc républicain, en revanche, oui, c'est le cas pour la France insoumise. Il explique pourquoi.
Oui, ils sont dans l'arc républicain dès lors qu'ils se comportent en républicains. Et parfois, ils s'en écartent quand ils ont des déclarations qui sont outrancières, quand ils sont au nom de la condamnation légitime de ce que fait le gouvernement de Netanyahou dans une forme d'antisionisme qui peut quelquefois donner prise à l'antisémitisme. Et là, il faut être très intransigeant et c'est pour ça que je considère qu'aujourd'hui... Le parti socialiste ne doit avoir aucune alliance avec les insoumis.
Alors, on comprend la frilosité de, comment dirais-je, de François Hollande entre le socialiste qu'il est et la France insoumise. Néanmoins, il inclut LF dans l'arc républicain. Est-ce que vous auriez la même définition, Jean-Pierre Jouillet ?
Eh bien, c'est moins net que ce que vous dites, parce que dans, pour moi, les extrêmes... quel qu'il soit, ne figure pas dans l'arc républicain. Et ce qu'il faut voir, c'est que nous sommes maintenant dans une situation politique que nous n'avions pas connue, c'est-à-dire dans une... tripolarisation entre les partis qui formaient les majorités, j'allais dire depuis le général de Gaulle jusqu'à Nicolas Sarkozy et François Hollande, c'est-à-dire les républicains aujourd'hui, les sociodémocrates, les centristes, et que maintenant nous avons une tripolarisation avec les extrêmes.
Ça ne nous a pas échappé, mais alors du coup... Deux questions qui me viennent à l'esprit. Est-ce que vous mettez LFI et le RN dans le même sac ? D'après ce que je comprends, oui et j'aimerais savoir la raison. Alors que vous avez quand même un parti LFI qui est fondamentalement antisémite par certaines de ses déclarations. Le RN, pas que je sache. Et la deuxième question, c'est qu'est-ce que vous dites aux milliers ou millions d'électeurs, à la fois de LFI et du RN, qui ne se sentent pas représentés dans l'arc républicain ?
Non, je vous comprends, mais nous sommes également, comme je vous l'ai dit, depuis le début de la Ve République, on avait deux pôles qui existaient. Oui, on est dans l'angle mort, on a bien compris qu'on était coincés. Il n'empêche qu'il y a des électeurs derrière. C'est une évolution, mais vous avez tout à fait raison, et je distingue ce que sont les... électeurs de ce que sont les appareils, aussi bien pour LFI que pour le Rassemblement National. Oui,
parce que, moi j'ai juste une question assez simple, mais ça veut dire quoi l'arc républicain ? Qu'est-ce qu'il y a de pas républicain dans Marine Le Pen, par exemple, de l'extérieur ? Marine Le Pen, c'est une candidate qui se présente à des élections, qui est élue ou non élue, qui accepte le sort des élections quand elle les perd, qui a été deux fois qualifiée au second tour d'une élection présidentielle, qui est même devant la justice. Enfin, de l'extérieur, on ne voit pas ce qu'il y a d'anti-républicain dans Marine Le Pen. Elle se prête à tous les jeux républicains.
Il
se
trouve que j'ai connu Marine Le Pen lorsqu'elle était au... Parlement européen et que je pense comme vous qu'elle est, qu'elle respecte ses règles et qu'elle respecte l'électorat et qu'elle respecte le suffrage universel. Je n'ai pas de doute là-dessus. Alors qu'est-ce qu'il y a d'anti-républicain si elle respecte le suffrage universel ? Ce que je veux dire, c'est qu'il faut faire attention à certains entourages qui peuvent être... plus, je veux dire, marqué, comme qu'il est. De quoi vous parlez ? Là, je ne connais pas suffisamment pour vous... Oui, mais enfin, vous l'excluez de l'arc républicain et vous dites... Non, non, non, non, je dis que les extrêmes, j'ai dit les deux. Oui, oui, mais là, en l'occurrence, Sébastien parle de
Marine Le Pen, donc restons sur cet exemple-là.
Je n'ai pas dit. Et ce que je veux dire, c'est qu'en fonction de leur... comportement de leur programme et de leur manière de gouverner, ils peuvent très bien respecter l'arc républicain. Je vais vous donner un exemple pour être clair avec vous. S'ils se conduisent comme Giorgia Meloni se conduit en Italie, ça fait partie de l'arc républicain. pas de problème là-dessus. Donc, vous vous souvenez qu'il y a trois ans, s'agissant de Giorgia Meloni, tout le monde aurait dit que c'était un gros problème pour l'Italie, or, non seulement ce n'est pas un gros problème, y compris en France, certains crient au loup. Or, ce que l'on remarque, c'est qu'aujourd'hui, l'Italie est redevenue un des pays les plus dynamiques d'Europe. Y compris M. Darmanin, qui criait au loup, on s'en souvient. Oui, oui, non, non, mais voilà, donc il faut faire attention. Alors,
pardonnez-moi, Vincent, précisément je ne comprends pas vous nous dites les extrêmes n'appartiennent pas à l'arc républicain je reviens là dessus à la fois et les filles et le rassemblement national on parle là en l'espèce du rassemblement national à cause de la phrase de François Hollande qui dit qu'elle n'appartient pas à l'arc républicain.
En fait, ils disent que le règne n'appartient parce qu'ils veulent changer la constitution. Oui, mais ça, on la change, la constitution. On la change, on la change. On la change dans
la constitution, on est dans l'arc républicain. Et en
plus, non seulement elle est finie, il ne veut pas simplement la changer, mais il veut la remplacer par une autre, par la sixième, en créant avant une constituante, nous dit Jean-Luc Mélenchon, pas plus tard que dimanche matin. Je
crois que ce n'est pas parce Est-ce que vous voulez modifier une constitution ? Tout dépend comment on la modifie, mais ce n'est pas parce que vous avez des adaptations à la constitution que vous ne figurez pas dans l'arc républicain. Je suis de ce point de vue-là beaucoup plus prudent que François Hollande.
D'accord, donc à l'heure où nous parlons, considérez-vous que le Rassemblement National, dans les conditions actuelles de température et de pression, a... appartient à l
'arc républicain. Ils ont plus de 13 millions d'électeurs, ils ont 150 élus, ils sont quand même, je le vois, dans les provinces très très bien représentées, et il n'y a pas eu, que je sache, jusqu'à présent, d'atteinte de leur part à la République, et notamment en ce qui concerne quelle que soit la situation au Proche-Orient. En tout cas, c'est très clair,
ce soir, Jean-Pierre Jouillet, vous n'avez absolument pas la même position que François Hollande. Il
arrive que nous ayons des opinions divergentes. D'un autre côté,
vous ne voulez pas vous présenter à la
présidence de la République.
Ce qui explique peut-être
ce désaccord fondamental. Absolument pas.
Je lis dans votre livre, il y a beaucoup de choses à dire, mais j'aime bien le passage qui est un peu à la fin. Vous dites que notre royaume n'existe plus. Alors ça m'a intrigué. Vous dites que le royaume de France, même dans sa version républicaine, était symbolisé par les orientations, les réformes voulues et programmées par le chef de l'État. Et vous dites qu'aujourd'hui, en 20 ans, le royaume a éclaté. Il ne repose plus sur des règles financières stables. Il s'enlise dans une sur-bureau. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire, parce qu'on entend sur les plateaux de télévision divers et variés, qu'on est dans une crise de régime, ou est-ce que la crise de régime, Jean-Pierre Jouyé, ça ne veut rien dire ? On
est dans une crise politique. très grave, compte tenu de la volatilité des gouvernements, compte tenu de la défiance qui existe chez les Français par rapport aux responsables politiques, 90% n'en veulent plus de représentants politiques, c'est énorme. Donc il y a une défiance qui est considérable, donc il y a premièrement une crise, de défiance de la population qui est extrêmement importante. crise de défiance se joint à une crise économique et financière qui est quand même également considérable. Il y en a eu 2008. Oui, enfin, ce n'était pas pareil. Je l'ai vécu, 2008, ce n'était pas la même crise financière. Là, on a quand même eu plus de 1000 milliards de dettes depuis 2020. Vous êtes passé des dépenses qui étaient supérieures de 25% aux recettes budgétaires, on est passé maintenant à 40% de surcroît de dépenses par rapport aux recettes. Et on est coincé par le remboursement de la dette. Et on est coincé par le remboursement de la dette, et ce n'est pas la dégradation qui est intervenue de la part de l'agence Fitch qui va arranger les choses. Sébastien Ligné,
là-dessus. Oui, parce qu'on parle beaucoup, pour sortir de cette crise-là, de dissolution, de redissolution, voire même de... démission du président de la République. Mais est-ce que vous pensez que cela suffirait à sortir de la crise ou est-ce que, comme certains, vous ne pensez pas que la crise est telle que la seule solution serait une nouvelle République, une nouvelle manière de gouverner, une nouvelle manière de présider ? Je crois
que nous sommes passés ces dernières années, et je le dis dans mon livre, à un régime qui était véritablement... autour d'un chef de l'état qui se concentrait sur l'essentiel et notamment sur l'international et je dois dire que de ce point de vue là tous ses successeurs l'ont maintenu et ont maintenu véritablement cet aspect gaullien sur le plan international mais que nous sommes passés à une république parlementaire, et par conséquent, il faut des aménagements de la Constitution, en ce qui concerne les rapports entre le Parlement, qui aujourd'hui, comme on le voit, très puissant, et vous l'avez rappelé, et également des modifications en ce qui concerne les rapports entre le président de la République et le Premier ministre. Donc il faut plus de pouvoir pour le président de la République ? Non. faut, au contraire, que le gouvernement, comme on s'est dit dans l'article 20 de la Constitution, gouverne, et que le président de la République s'occupe de ce que l'essentiel. et interviennent beaucoup moins dans les détails que ça a été le cas ces dernières années. Vous
dites aussi qu'il faut, et le référendum sur l'immigration voulu par Philippe de Villiers en est un exemple, vous dites qu'il faut plus consulter peuple, vous dites n'hésitons pas à recourir davantage pour retrouver auprès des Françaises et Français une influence politique à laquelle ils ne croient plus, sous peine de mettre en péril notre démocratie. Des tentatives avaient été faites par M. Macron, notamment sur le CESE. Et puis finalement, j'ai l'impression que tout ça n'a pas été suivi. Eh bien,
ça n'a pas été suivi, non, puisqu'il y avait également... On montre son avis, puis finalement on dit bon... Voilà, mais c'est justement un des défauts qu'il y a eu, c'est que vous consultez les Français, vous ne tenez pas compte de leur avis. Ce que je crois, c'est qu'il faut qu'effectivement, il y ait une consultation plus fréquente des Français, et qu'il y ait également un rapprochement. entre les politiques qui sont au gouvernement et les élus de proximité. Je crois que c'est certain. Et le
dernier mot de votre livre, je le dévoile. n'est pas de Gaulle qui veut. Bon, comme ça au moins... C'est clair. C'est clair. Merci Jean-Pierre Jouillet d'avoir été avec nous l'Ombre du Général et publié chez Albain Michel. Attention, nouvel horaire pour Culture Média. Thomas Hill, Anissa Haddad et toute l'équipe vous donnent rendez-vous de 10h à 11h30 sur Europe 1, toute l'actualité des médias. Et demain, mardi 16, Christophe Ondelat sera là le premier compteur de France pour Ondelat Raconte. Florent Pagny également pour son nouvel album, Grandeur Nature, Culture Média, 10h, 11h30 sur Europe 1. La Radio Libre et nous on On revient tout de suite dans Bonsoir. A tout de suite.
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