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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
6h-10h, Laurence Garcia.
Bienvenue à vous qui nous rejoignez, à suivre vers 9h20, Madame Langage, alias Jeanne Bordeaux, et comme d'habitude on décrypte les mots de l'actu politique. Tout de suite, notre question du jour, pourquoi François Bayrou prend-il le risque du suicide politique ? On en débat tout de suite. Bonjour François-Olivier Gisbert. Bonjour,
bonjour à vous, bonjour à Yohann. Bonjour Yohann Gillet. Bonjour Laurent Garcia, bonjour France, bonjour les auditeurs et les auditrices.
Alors France, ça fait quoi ? Vous faites partie de ces boomers privilégiés, responsables de la dette, selon François Bayrou, ça fait quoi ?
C'est une sorte de gaffe, ça lui a complètement échappé, et puis ça ne correspond pas du tout à la réalité, parce que si vous voyez bien, ceux qui ont le plus endetté la France au cours des dernières décennies, sont des gens qui n'étaient pas des boomers. Je pense notamment à François Mitterrand, en 1981, après, ou quelqu'un d'autre, Jean-Rodd Bérégovoy, Pierre Bérégovoy, c'est le plus gros endetteur, d'ailleurs, sur un an. Edouard Balladur aussi. Bon, regardez. Puis le petit Macron, Emmanuel Macron, on ne peut pas dire que ce soit un boomer. Donc les boomers n'ont pas grand-chose à voir là-dedans. Ce qui est vrai, c'est qu'ils sont aujourd'hui plutôt à la retraite. Et les regards ont tendance à se tourner vers les retraités. Mais les retraités n'y sont un peu pour rien. Je pense que ce qui s'est passé, c'est que des générations de personnalités politiques ont préféré... endetter la France, c'est-à-dire en fait reporter les décisions à plus tard, targer les futures générations, parce que ce qui a été fait c'est une honte par rapport aux générations qui arrivent, ça c'est clair, j'ai toujours pensé, j'ai toujours écrit dans le point, je ne sais pas si vous lisez le point.
Pas trop non. Et
d'ailleurs on tient un discours qui ressemble beaucoup à celui de François Bayrou, n'oubliez pas la charge de la dette, la charge de la dette c'est l'argent qu'on perd, ça ne sert absolument à rien, c'est pour payer les intérêts. Ce sera 67 milliards, il faut rappeler ces chiffres-là, en 2024, et ce sera 100 milliards en 2029. Non, mais il faut arrêter ce délire.
Yann Gilles, qui n'est pas boomer, peut-être réagir.
Je pense que l'heure est plutôt à la convergence des efforts et des imaginations et certainement pas à la stigmatisation d'une génération ou d'une autre. Je pense qu'un pays, il est indivisible et on n'est pas là pour que les générations se tapent dessus. président de la République comme un Premier ministre sont là pour rassembler un pays. Ils ne sont pas là pour essayer de pointer du doigt les responsables parce qu'une génération aurait vécu de telle manière et une autre vit moins bien. La question c'est qu'est-ce qu'on invente tous ensemble pour le faire. C'est pour ça qu'il faut toujours regarder les mouvements populaires comme ceux du 10 septembre avec beaucoup d'attention. Et ça ne se juge pas, c'est un fait. C'est un fait d'histoire. Les peuples se soulèvent de manière très différente dans leur intensité selon les époques. Mais on n'a pas à dire... qu'on est pour ou qu'on est contre, il faut le regarder, il faut le comprendre, il faut essayer de l'orienter de la meilleure des manières. Bon, par contre, à titre personnel, je suis toujours plus favorable au « inventons tout » qu'au « bloquons tout » parce que le blocage ne crée pas l'inspiration nécessairement. Mais je peux comprendre la colère. Vous savez, on est en train d'expliquer dans ce gouvernement et on en a déjà beaucoup débattu avec France et on a été en désaccord là-dessus. qu'il faut faire faire des efforts à ceux qui en font déjà beaucoup. Vous savez que je suis partisan de mettre au travail ceux qui vivent simplement des revenus, des rentes, puisqu'on parle toujours de la valeur travail, et que les gens ne supportent plus le fait qu'on leur fasse toujours le même, comment dirais-je, le même chantage en disant, bon, comme les très très riches, les ultra riches, peuvent très bien partir du jour au lendemain, c'est plutôt vous qui allez payer, puisque vous ne pouvez pas partir. Je pense que les gens n'en peuvent plus de cela. Je crois que c'est ça qui est en question. François Bayrou ?
Il stigmatise, il a commencé. C'est toujours comme ça. Ces sujets-là ont fini toujours par stigmatiser une classe ou une autre.
Ne t'inquiète pas, tu n'étais pas concerné. Tranquillise-toi. Je ne suis totalement pas concerné. Ce n'était pas une
idée. Ce n'était pas l'idée. Pour revenir
au vote de conscience du 8
septembre de François Bayrou, suicide politique,
coup de poker, démission déguisée, pourquoi cette stratégie ? Parce qu'a priori, il va forcément tomber le 8 septembre.
De toute façon, le vote de confiance, il a demandé la confiance. On dit que c'est un suicide. Il aurait demandé le 49-3, c'était l'autre solution aussi. C'est-à-dire qu'il aurait pu faire un 49-3, on aurait dit suicide et en même temps dictature. Donc dans cette affaire-là, de toute façon, on est dans une période politique approche. avec une classe politique lamentable, et aucune perspective, parce qu'il n'y a pas de majorité. Il n'y a pas de majorité à l'Assemblée. Donc il était un peu arrivé au bout de son système, peut-être qu'il réussira à survivre au dernier moment, parce qu'il y a une décomposante de la majorité qui le sauvera, un extrémisme, ce que je ne crois pas. Donc, de toute façon, il était arrivé au bout de son histoire. Et le problème, c'est qu'il a profité de ce moment aussi pour créer un électrochoc, c'est-à-dire pour dire enfin la vérité. De dire enfin la vérité sur les comptes publics. Je pense que les Français sont un peu surpris. Beaucoup de Français n'étaient pas au courant. Mais je pense que ça va infuser. Et je pense que c'est un acte historique, cette déclaration de lundi dernier. Parce que, même s'il avait déjà dit ça, mais de manière beaucoup moins claire, et là absolument terrible avec cette suite de chiffres, parce que ce sont les réalités d'aujourd'hui. Donc il faut qu'on se mette ensemble à un moment donné pour travailler là-dessus. Je pense que ce n'est pas possible aujourd'hui avec la configuration de l'Assemblée nationale. Donc ça reporte à je ne sais quand, est-ce qu'il y aura une dissolution, est-ce qu'il n'y aura pas de dissolution. Je pense qu'on va quand même vers une période de tumulte terrible et que nous sommes aujourd'hui tous dans une sorte de grand huit. Enfin, on est juste au début. Ça va aller de plus en plus vite.
Le président Macron a dit qu'il n'envisageait pas de nouvelle dissolution ni de démission.
Il ne peut pas dire le contraire non plus.
Mais
sans se priver pour autant d'aucun outil constitutionnel qui était à sa disposition. François Bayrou est un homme qui rêve d'un destin à la Henri IV. Vous savez, il était... très admirateur et il est toujours très admirateur d'Henri IV. Il n'avait pas manqué de rappeler lorsqu'il avait été nommé Premier ministre que c'était le jour de la date anniversaire de la naissance d'Henri IV. Il se rêve en grand réconciliateur. J'ai beaucoup filmé François Bayrou, notamment depuis 2012, et il a... toujours tendance, même dans l'intimité, comme ça, même en off, comme on dit, à toujours romancer son histoire et à essayer de s'inscrire dans les hauteurs, dans les grandeurs de l'histoire. Je me souviens d'un François Bayrou qui me racontait en off, lors d'un déjeuner médiatique, si je puis dire, en tête à tête, que lorsqu'il était petit, il montait sur le toit de sa maison pour lire et regarder vers l'horizon et que déjà, il fallait peut-être y voir le symbole d'un homme qui aimait prendre de la hauteur et tout ça. Il a toujours été comme ça. François Bayrou. Et je trouve qu'il est très difficile pour les commentateurs que nous sommes d'entrer dans la psychologie des personnages. Qu'est-ce qui relève du pur pragmatisme ? Qu'est-ce qui relève du destin personnel ? C'est très compliqué. Est-ce que François Bayrou essaie de sortir avec les honneurs le 8 septembre pour éviter le déshonneur du poste 10 septembre, dont on ne sait rien de ce que cela peut donner ce mouvement ? Peut-être. Sans doute qu'il ne veut pas avoir le même destin qu'Henri Cade, qui lui a fini assassiné. Il veut peut-être y échapper. Même s'il y a des jeunes romantiques un peu excités comme Juan Branco qui prônent le retour de la guillotine. Parce qu'on en est quand même rendu dans cette période où on essaie véritablement d'exciter les passions par-delà la raison. Par contre, ce qu'il ne faut pas, c'est que la peur des basses passions nous empêche de raisonner correctement. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, on croit qu'on résout les problèmes en mettant encore plus d'austérité. Et c'est là où je suis en désaccord avec France, que j'aime beaucoup par ailleurs. Et il le sait, ce n'est pas contre lui, il le sait très très bien. france mais ce que je veux dire par là c'est que ce Ce n'est pas en travaillant plus et en entrant dans l'austérité pour régler des problèmes qu'on ne réglera pas, puisqu'en fait ils sont pourris à la racine, qu'on s'en sortira. La problématique, c'est comment est-ce qu'on remet justement les gens dans une bonne dynamique, dans une dynamique de confiance. Explosion de la prise de psychotropes chez les jeunes de 12 à 25 ans, c'est-à-dire un gros stress aujourd'hui dans le fait simplement de vivre dans ce pays. Explosion de la malbouche, je termine juste par là. très rapidement, ce système libéral nous empêche de prioriser l'éducation. On gêne l'éducation, on prévoyait 4000
postes supprimés,
on prévoyait dans l'éducation nationale. François-Olivier, j'ai bien pour une fois, il a envie d'en placer une. François
-Olivier, il a repris un peu les méthodes de... c'est-à-dire terrorise l'adversaire, on caricature ses positions. Je ne suis pas partisan de l'austérité. Je pense que ce n'est pas la solution. Je pense que la solution, c'est de gérer bien. C'est qu'un plus un, ça doit faire deux. C'est le problème de la France. c'est qu'elle dépense beaucoup plus qu'elle produit. Alors, est-ce qu'il faut un nouveau gouvernement technique, François-Olivier ? Il faudrait qu'elle travaille un peu plus. Est-ce qu'il faut un nouveau gouvernement technique ? Ce sont des mesures concrètes qu'il faut prendre. Et puis, le travail, il doit être bien payé. Mais là-dessus, c'est... Je veux dire, de dire que je suis pour l'austérité, mais c'est une caricature. C'est-à-dire que toute personne qui dit « Faut arrêter les bêtises », c'est-à-dire de continuer comme ça à faire des plans sur la comète et puis à faire payer les générations suivantes, toute personne... qui dit qu'il faut arrêter ça, et pour l'austérité. Mais non, pas du tout. Moi, je suis pour une France bien gérée. Et je vais vous dire, non, non, je vais vous dire, attends, je termine là-dessus quand même. C'est qu'il y a quelqu'un qui a fait ça en 1958. À l'époque, les imbéciles disaient, c'est de l'austérité. Non, il appelait ça d'ailleurs plan de stabilisation ou d'affilissement. C'est le général de Gaulle en 1958. Bon, et bien ce plan qui s'appelait le plan Piné-Ruez, parce que c'est surtout l'économiste Jacques Ruez qui était derrière ce plan. Ce plan, qu'est-ce qu'il a fait ? Bon, c'est vrai qu'il a serré un peu la ceinture une année ou deux pour serrer les déficits, empêcher surtout les déficits. Et qu'est-ce qui s'est passé dans les années qu'en suivi ? Eh bien, vous aviez une croissance économique. C'est pour ça que ça doit profiter à tout le monde. C'est pas des histoires de stérilité. C'est absurde. C'est une caricature. Et en France, la France n'est pas un pays libéral quand on a 57% de dépenses publiques. C'est pas vrai, ça. C'est parce que... C'est un pays communiste, le disais-tu autrefois. Oui, oui, on l'a bien compris. ...par le discours et par la propagande de l'extrême-gauche. La France n'est pas un pays libéral. La France est un pays un peu étatiste. Il faut bien dire les choses. Enfin, il n'est pas menacé par le libéralisme. Et donc, moi... Si on regarde bien ce qui s'est passé en 1958, c'est qu'après ce plan, il y a eu une croissance en France de 5 à 6%, c'est-à-dire une croissance à la chinoise. Je pense qu'il faudra qu'on comprenne un jour que quand on gère bien un pays, on a de la croissance. Quand on gère mal, comme l'a fait Emmanuel Macron depuis 2017, on n'a pas de croissance. Et c'est le cas aujourd'hui, parce qu'effectivement, on fait des déficits partout, on s'embête, et là, quand on fait le bilan des années Macron, pas de croissance, le bilan des années de Gaulle, croissance énorme. Ça n'a pas empêché les 68 et d'autres problèmes. Il y avait une grosse croissance à l'époque.
Il faudra peut-être un nouveau prochain gouvernement technique, alors, du coup.
Mais philosophe aussi un petit peu. Je sais que ça paraît souvent un gros beau. Il reste une minute. Très bien, c'est plus ce qu'il me faut. Philosophe, on oublie souvent un petit peu ça. Parce que vous savez, on parle toujours de croissance. On oublie souvent de parler de quel type de croissance. Aujourd'hui, on fabrique n'importe quoi juste pour pouvoir fabriquer de la richesse. Vous savez... Aujourd'hui, on n'arrête pas de dire il faut serrer la ceinture, il faut une année ou deux, comme dit France, pour pouvoir faire en sorte d'aller mieux. La meilleure manière d'aller mieux, déjà, c'est que, par exemple, les gens arrêtent de bouffer n'importe comment. Vous savez qu'on est quand même sur plusieurs dizaines de milliards qui nous sont coûtés par les maladies liées à l'obésité, liées au diabète. On arrive à la fin de ce débat. Parce que les gens ne mangent pas bien, parce qu'on produit n'importe quoi. Le jour où il y aura une philosophie de la production, on pourra déjà chiffrer en avance ce que coûte le malheur. On s'arrête là, Johan. Si, si, si. C'est moi la chef. C'est comme ça que ça fonctionne un petit peu aussi. Un peu de philosophie que de l'économie, du calcul. Un
grand merci à mon boomer préféré, François-Olivier Gisbert. Merci d'avoir été avec nous tout cet été, François-Olivier. Merci beaucoup. Belle rentrée. Merci. Belle rentrée. Et Johan, on vous retrouve demain pour le débat du dimanche avec Mathieu Hauck. Merci.
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