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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Sud Radio, l'invité politique.
8h30 à Sud Radio, parlons vrai avec mon invité politique ce matin, Marc Ferracci, ministre de l'Industrie et de l'Energie. Marc Ferracci, bonjour. Bonjour. Un grand merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio. Plus qu'une semaine, une semaine avant la date couperait. Si au 1er août, les négociations entre l'Europe et les Etats-Unis n'ont pas abouti, Donald Trump imposera 30% de droits de douane sur l'ensemble des produits européens. Alors vous, vous tirez la sonnette d'alarme, vous prenez un changement de méthode, une posture de négociation plus ferme. Vous avez des bonnes raisons. ont ce matin d'être inquiet ?
J'ai des inquiétudes, comme toute l'industrie française. Parce que nous sommes dans un contexte de guerre commerciale, une guerre commerciale que nous n'avons pas voulu, il faut quand même le dire. C'est l'administration américaine qui est à l'origine des augmentations de tarifs. Et dans ce contexte, tout doit être fait pour obtenir une désescalade, c'est-à-dire une baisse des tarifs qui, je veux quand même le dire, s'applique au moment où nous nous parlons. Puisqu'il y a des tarifs qui s'appliquent de la part de l'administration américaine, 10% de plus. Et sur certaines filières comme l'aluminium ou l'acier, c'est 50%. Et donc, dans cette situation, qu'est-ce qui est en jeu ? C'est l'emploi dans nos territoires. c'est la compétitivité de nos entreprises industrielles et c'est de manière plus générale... Et de maintenir les entreprises aussi en France. Tout à fait, notre capacité à continuer à réindustrialiser le pays en tant que ministre de l'Industrie, évidemment que je suis en première ligne. Il y a deux jours, j'ai fait adopter par le Conseil National de l'Industrie un avis qui exprime la position consensuelle de l'industrie française, c'est cette position, vous l'avez dit, et bien c'est que... Ce qui s'est fait depuis trois mois, c'est-à-dire une négociation entre la Commission européenne et les Etats-Unis, n'a pas abouti aux résultats escomptés. Ça n'a pas infléchi la position des Etats-Unis. Elle s'est même durcie puisque Donald Trump propose au 1er août, vous l'avez dit, de taxer à 30% la majorité des biens. Et ça, évidemment, c'est inacceptable. Ça créerait des dommages absolument considérables. Et de ce point de vue, effectivement, je pense qu'il faut mettre sur la table toutes les options. C'est en cela que j'appelle et que nous appelons à un changement de méthode. options qui sont aujourd'hui dans l'arsenal juridique de la Commission européenne et de l'Union européenne, afin d'établir un rapport de négociation qui soit plus favorable. Le but, ce n'est pas l'escalade, évidemment, et encore une fois, la Commission européenne est en première ligne pour cela, ce n'est pas la France. Le but, c'est bien d'obtenir un retour à une situation qui soit acceptable pour nos industries, pour nos emplois et pour nos territoires.
Ça veut dire que si, au 1er août, Donald Trump impose 30% de droits de douane à l'Europe, Vous mettez en place l'instrument anti-coercition. surnommé bazooka commercial. Ça, c'est la discussion qui a lieu
aujourd'hui. Et c'est les débats qui ont eu lieu à l'intérieur de l'Union européenne, entre la Commission et les États membres. Quelle est la nature de la réponse que nous devons mettre sur la table si d'aventure ces 30% s'appliquaient ? Moi, ce que je veux dire, je vous relaie quand même un mot d'une des filières qui s'est exprimée lors du Conseil national de l'industrie. 30% de droits de douane, ce serait un risque mortel. Ça veut dire que les chaînes de valeur, c'est l'ensemble du processus de production qui sont aujourd'hui très intéressants. entre l'europe et les états unis elle disparaîtrait ça signifie des fermetures de sites ça signifie des destructions d'emplois c'est de ça dont on parle et moi je pense que la préoccupation de nous amener aujourd'hui effectivement à changer de méthode et à faire de l'Europe une Europe puissance. C'est ça, au fond, l'enjeu. C'est la crédibilité du projet européen qui est aussi en jeu, parce que l'Europe, elle s'est construite sur le marché unique, sur l'idée que nous avons 450 millions de consommateurs, et nous avons besoin de faire valoir cet atout qui est important.
Ça veut dire que vous mettez la pression, menace si ces 30% sont appliqués, taxation, grosse taxe. Taxation sur les GAFAM notamment ? Moi, je ne menace
pas. Ici, il ne faut pas parler de menace, il ne faut pas parler de rapport de négociation. C'est un rapport de
force.
Toute négociation est un rapport de force. Mais ici, il faut qu'à la fin, nous visions un accord qui soit équilibré, c'est-à-dire qui taxe de manière similaire les produits américains et les produits européens. Je veux rappeler qu'avant cet épisode de guerre commerciale, très faible. Et ça, c'est créateur d'emplois, c'est des débouchés pour nos entreprises industrielles, des débouchés pour nos agriculteurs, des débouchés pour nos filières agroalimentaires, nos grandes filières, et en particulier celles qui exportent, l'aéronautique, le luxe, la cosmétique. C'est ça que nous voulons préserver. Et pour ça, il faut revenir à une situation qui soit acceptable.
Gel de l'accès aux marchés publics européens pour les entreprises américaines, c'est envisageable réellement ? Dans ce
fameux outil anti-coercition dont vous avez parlé, qui n'a jamais été utilisé par l'Union Européenne. Il y a effectivement la restriction dans l'accès au marché public. Il y a la possibilité de taxer la publicité sur les plateformes numériques. Il y a la possibilité de faire des contrôles aux exportations. Il y a beaucoup d'outils. La question, évidemment, c'est d'être crédible dans la réponse. Moi, je pense que dans une négociation, il faut avant tout se placer dans une situation de crédibilité sans quoi on n
'obtient rien. Donald Trump qui a décidé de taxer, vous l'avez vu, à 15% les exportations du Japon au lieu des 25% annoncées. Le Japon qui se dit satisfait. Ce serait satisfaisant également pour l'Europe si on obtenait un tel accord, 15% au lieu de 30%.
Vous savez, d'abord ça dépend de toutes les filières que l'on considère. Dans l'aéronautique, c'est une filière dans laquelle tout est très intégré. Les composants traversent l'Atlantique à des dizaines de reprises dans tout le processus de production. Il y a des usines d'assemblage en Europe. aux Etats-Unis. Même 10%, c'est ce que nous dit la filière. Alors qu'aujourd'hui, il n'existe pas de tarifs douaniers. Même 10% de tarifs douaniers, ce serait extrêmement difficile pour cette filière qui est l'aéronautique. Et donc, d'autres filières ont des modèles économiques qui leur permettraient probablement d'assumer un peu plus facilement des niveaux de droit de douane de ce type. Mais la réalité, c'est qu'à la fin, il y aura quand même des dégâts. Il y aura quand même des dégâts en termes d'emploi. Il y aura
des secteurs sacrifiés. Vous parliez de l
'aéronautique. Est-ce qu'il y a d'autres ? Tous les secteurs qui sont très... et dans lesquels les marges sont faibles, quand vous augmentez les tarifs, ça se traduit dans les prix. Vous êtes obligés de faire payer plus cher. Si vous ne pouvez pas, ce sont vos marges qui en pâtissent et à la fin, c'est l'emploi qui en pâtissent. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a aussi un risque. C'est que lorsque vous mettez des droits de douane en place de manière asymétrique, c'est-à-dire que les États-Unis taxent l'Europe et pas l'inverse, le risque, c'est quoi ? C'est que les entreprises décident d'installer leur production aux États-Unis. Et ça, évidemment, c'est ce que nous souhaitons éviter également. C'est ce qu'on commence à voir, d'ailleurs. Il est encore trop tôt aujourd'hui. Je pense que les entreprises sont dans une situation de très grande incertitude. Et c'est aussi cette incertitude qu'il nous faut lever, parce que l'incertitude, ça n'est pas bon pour le commerce, ça n'est pas bon pour l'investissement, ça n'est pas bon pour les embauches. Nous avons une situation difficile dans l'industrie, dans certaines filières qui lient à des problèmes structurels, la compétition, la concurrence chinoise, toutes ces choses-là. Nous avons aussi un moment qui est difficile du fait de cette incertitude. Avec plus de stabilité, je pense que les investissements peuvent également repartir.
Pour être au clair, ça veut dire... 15% de droits douanes sur l'aéronautique. Pour vous, c'est non, c'est niet.
Écoutez, c'est la négociation qui est en train de se passer entre la commission... Et les États-Unis, ce ne sont pas les États membres. C'est important de le rappeler parce que, justement, il faut rester unis. Et moi, j'en appelle toujours à l'unité des Européens. Notamment
avec l
'Allemagne, les intérêts ne sont pas les mêmes. Pas toujours, mais c'est normal avec l'Italie. Tous les pays n'ont pas la même structure industrielle, n'ont pas les mêmes filières fortes, filières faibles. Et donc, tout le monde n'a pas forcément les mêmes buts dans la négociation. Mais l'important, c'est évidemment que les Européens adoptent une position commune. Parce que sans cette position commune, c'est la division. La division, c'est ce que cherche l'administration américaine, il faut bien se le dire. Diviser, c'est obtenir des accords qui soient moins visants. Nous n'arriverons pas à diviser l'Europe, c'est votre conviction ? Nous verrons bien, mais en tout cas, moi je me bats pour que les Européens restent unis et que nous ayons une posture de négociation, pas une posture d'escalade, une posture de négociation qui utilise toutes les options qui sont à notre disposition. Encore une fois, les conséquences à long terme... à la fois pour l'emploi industriel et puis pour le projet européen, qui encore une fois a besoin d'affirmer sa crédibilité, sa puissance, eh bien, serait,
je pense, très très négative. C'est une étape en tout cas importante. Marc Ferracci, vous êtes ministre de l'Industrie et de l'Énergie, vous êtes également... Macroniste, un tout autre sujet, un autre Macroniste. Gabriel Attal qui propose de baisser la TVA sur les véhicules électriques en passant de 20 à 5,5%. Est-ce que le gouvernement y est favorable ? Alors ici
ce sont des propositions qui sont d'ailleurs mises en discussion par le mouvement Renaissance de Gabriel Attal, que je soutiens évidemment, c'est ma famille politique. Moi je suis favorable à tout ce qui peut permettre d'électrifier les usages. C'est quoi l'enjeu derrière ? C'est de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles, c'est-à-dire aux gaz et au pétrole. Ça nous coûte très cher, c'est des dizaines de... milliards d'euros chaque année pour notre balance commerciale. C'est des dépendances vis-à-vis de pays comme la Russie, comme l'Algérie, comme l'Iran, qui sont extrêmement lourdes de ce point de vue. Et donc nous avons besoin d'aller vers un modèle où l'électrification prend le relais des énergies fossiles. C'est toute notre stratégie énergétique. Donc je soutiens par principe. Après, il faut faire attention à une chose, c'est lorsque l'on donne une incitation fiscale comme la baisse du taux de TVA, que ça profite aux industries européennes et françaises. Et ça, c'est très important. en train de structurer une filière de véhicules électriques. Moi, j'étais, encore il y a quelques semaines, à Douai, dans le Nord, où il y a l'usine Renault qui produit la R5 électrique. J'étais à Sochaux, où Stellantis produit des i3008, des i5008 électriques. Donc, tous les composants sont produits en France. Moi, ce que je veux, c'est créer les incitations à acheter français et européens. Vous avez vu,
Hyundai va bénéficier de ce bonus, de ce bonus mis en place. Notamment... en vendant une version 4 places d'un de ces modèles ? Alors, justement,
il y a un intérêt assez fort à utiliser le bonus écologique que nous avons maintenu, contrairement à des pays comme l'Allemagne qui l'ont supprimé, le bonus pour acheter des voitures.
Qui sera pas raboté dans le budget ?
Je ne fais pas les arbitrages budgétaires avant qu'ils aient eu lieu, mais en tout cas, il y aura un bonus écologique. Et ça, nous avons un dispositif qui s'appelle l'Ecoscore, pour aller vite l'Ecoscore. C'est quelque chose qui permet de donner le bonus aux véhicules qui ont une faible empreinte environnementale. Et de facto, ce sont les véhicules qui sont produits en Europe et en France. Et ça, c'est quelque chose qui oriente l'achat et la consommation vers nos productions. C'est quelque chose de très important que nous essayons d'ailleurs de dupliquer au niveau européen. Et la Commission, sur la base des propositions françaises, travaille à un bonus dont j'espère qu'il aura les mêmes caractéristiques. La préférence européenne, la préférence française, c'est quelque chose... C'est absolument essentiel. C'est ce que font tous les autres pays. 80% de nos partenaires commerciaux affirment une forme de préférence nationale dans les achats, dans les aides publiques. Il faut qu'on fasse pareil et qu'on sorte une forme de naïveté sur le véhicule électrique, sur le véhicule tout court et sur toutes les filières industrielles.
La loi énergie prévoit de relancer le nucléaire tout en renforçant les énergies renouvelables. Commission mixte paritaire attendue pour la mi-octobre. Vous avez assuré qu'un décret sera publié d'ici là avant la fin de l'été. Vous n'avez pas changé d'avis à ce sujet
? quoi on parle ? On parle ici de la programmation énergétique de notre pays jusqu'en 2035, c'est-à-dire quel est notre mix énergétique, quelle est la part du nucléaire, des fossiles et des énergies renouvelables. Comme je vous l'ai dit, il faut décarboner notre économie, il faut sortir des fossiles. Nous avons fait le choix de marcher sur deux jambes, le nucléaire et les renouvelables, et nous avons besoin de publier un décret. qui s'appelle la programmation pluriannuelle de l'énergie. Ce décret, il est très important parce que derrière, il y a des emplois industriels dans notre territoire qui sont en jeu. Si on ne publie pas le décret, il y a des appels d'offres qu'on ne peut pas lancer. Si on ne publie pas le décret, notre filière nucléaire est en difficulté parce qu'aujourd'hui, la programmation pluriannuelle qui est en cours, elle prévoit de fermer des réacteurs alors que nous voulons en ouvrir et en construire. Nous allons construire 6 et peut-être 8 supplémentaires, c'est-à-dire 14 en tout. Mais pour ça, on a besoin de publier cette programmation pluriannuelle. Donc pourtant, ce décret,
vous avez prévu, vous avez...
C'est une décision du Premier ministre. Moi, je souhaite que cette publication intervienne le plus rapidement possible. Il y a eu des débats à l'Assemblée, des débats qui se sont traduits par des votes. À l'Assemblée nationale comme au Sénat, les articles qui portent véritablement la programmation de cette loi de programmation sur le nucléaire et sur les énergies renouvelables ont été votés à peu près dans les mêmes termes. C'est vrai, mais avant que ça ne soit rejeté, parce qu'on a introduit un moratoire sur les énergies renouvelables, on a introduit plein de choses qui faisaient que la loi ne pouvait pas trop voter, mais avant cela en séance, l'article et les articles qui portent cette programmation ont été votés de manière satisfaisante. Et c'est la même chose au Sénat. Donc moi, je considère qu'on a aujourd'hui fait ce travail démocratique. Maintenant, c'est la décision du Premier ministre. Dans les prochains jours, c'est ce que vous espérez. Moi, ce que j'espère, c'est que ça aille vite, parce que nos investisseurs, nos énergies renouvelables, comme l'énergie nucléaire, ont besoin de visibilité. Et c'est la publication de ce décret qui peut leur donner cette visibilité.
Marc Ferracci, revenons sur les annonces de François Bayrou sur le budget. 211 milliards d'euros de subventions. entreprises, selon la commission d'enquête au Sénat, qui demandent le remboursement des aides en cas de délocalisation d'un site ou de l'activité en lien avec cette aide. Vous y êtes favorable ? D'abord,
sur ce chiffre de 211, je vais être précis parce que c'est 211 le chiffre de la commission, on mélange un petit peu tout. On mélange des aides directes, des aides à l'investissement, des exonérations de charges sociales, des niches fiscales, bref. Il y a beaucoup de choses. C'est pas facile
de s'y retrouver. Mais
il y a des aides aux entreprises. Pourquoi est-ce qu'il y a des aides aux entreprises ? Parce que nous avons besoin d'inciter nos entreprises à investir dans un contexte de concurrence. Moi, en tant que ministre, je suis constamment confronté à des projets d'investissement d'entreprises étrangères qui me disent, est-ce qu'on va s'installer en France, en Espagne, au Québec ? Et évidemment, tous les États proposent des aides. pour favoriser l'installation des entreprises industrielles sur notre territoire ou sur d'autres territoires. Donc il faut déjà avoir conscience de ça. Le cadre fiscal et le cadre des aides...
Ceci étant dit, donc pas de conditionnement pour vous ? Alors
j'y viens, sur cette question de la conditionnalité, elle est très importante. Il
faut rétablir
une vérité, c'est qu'il y a toujours des contreparties aux aides. Quand vous bénéficiez d'une aide à l'investissement, c'est parce que vous réalisez l'investissement en question. Si vous ne le réalisez pas, vous n'avez pas un euro. Je vous donne un exemple. On a mis sur la table 850 millions d'euros. l'État, pour financer un projet d'investissement d'Arcelor. de décarbonation à Dunkerque qui est d'1,8 milliard d'euros. Ce projet n'ayant pas été lancé par 1 euro sur les 850 millions n'a été versé. Donc il y a cette contrepartie. Quand vous bénéficiez du Crédit Impôt Recherche, vous devez justifier de dépenses de recherche et développement. Il sera maintenu le Crédit
Impôt Recherche. On a beaucoup de patrons d'entreprises qui nous écoutent. Vous pouvez garantir que le Crédit Impôt Recherche sera maintenu. Je leur dis
que l'intégrité du CIR sera préservée. Nous avons fait quelques ajustements l'année dernière. Le CIR, c'est plus de 7 milliards d'euros. Et encore une fois, la grande masse de ce crédit impôt recherche sera maintenue. Je veux rassurer les industriels là-dessus. Mais vous dire qu'il y a toujours des contreparties aux aides. Ensuite, la question de savoir si on retire les aides dans l'hypothèse d'une délocalisation. Je veux dire que dans un certain nombre de projets d'investissement, nous écrivons noir sur blanc les engagements de l'entreprise. Et nous conditionnons d'ores et déjà le versement des aides à certains engagements qui peuvent toucher à l'emploi, qui peuvent toucher à la production sur le terrain. territoire national. Donc ces dispositifs existent déjà, mais j'insiste aussi sur le fait que nous sommes en concurrence pour attirer les investissements. Et depuis six ans, la France est le premier État européen pour les investissements directs étrangers. Ça, ça n'est pas le fruit du hasard, ce sont les réformes que nous avons faites, favorables aux entreprises, et c'est ce cadre qui est
favorable à l'investissement. En un mot rapide, la réduction d'impôts sur le mécénat d'entreprise, conservé en l'État ou pas ? Je pense que ça fait partie de ce qu'on appelle les niches
fiscales, c'est-à-dire les réductions d'impôts. Ces niches fiscales, elles ont besoin d'être évaluées. Est-ce qu'elles atteignent les objectifs qu'on se donne ? C'est-à-dire, est-ce qu'elles suscitent vraiment un comportement de la part des entreprises ou de la part des ménages d'ailleurs ? Il peut y avoir d'autres choses. Ou est-ce qu'il y a ce que l'on appelle des effets d'aubaine ? C'est-à-dire que les entreprises ou les ménages auraient de toute façon fait ce qu'on espère qu'ils feraient sans l'aide. C'est ça qu'il faut évaluer. Moi, je suppose qu'on évalue de manière beaucoup plus systématique les aides, les niches fiscales, les aides. et puis de manière générale les subventions. Le maître d'entreprise, ça a quand même pas mal augmenté. Ça a pas mal augmenté, vous avez raison. Et de ce point de vue, je pense qu'il y a une réflexion à avoir dans le cadre des arbitrages budgétaires. Je pense que ça fera partie des sujets. C'est envisageable. Mais encore une fois, on doit partir de l'évaluation. Moi, quand j'étais député et encore avant, quand j'étais universitaire, je faisais beaucoup d'évaluation des politiques publiques. Et en réalité, il y a beaucoup de marges de manœuvre et de réduction de dépenses qui peuvent être faites sur la base d'une évaluation d'impact. C'est-à-dire, est-ce qu'il y a un effet de l'aide sur l'embauche, sur l'investissement, sur l'accès à l'emploi ou que sais-je ?
Davantage encadrer les ruptures conventionnelles, ça c'est aussi une piste envisagée par le gouvernement ? Je pense
que c'est quelque chose qui doit se regarder, effectivement, parce que les ruptures conventionnelles sont un bon dispositif. Elles permettent de sécuriser l'employeur qui n'a pas à craindre de recours contre le licenciement ultérieur. Elles permettent aux salariés... d'accéder à l'assurance chômage. Mais effectivement, il y a quand même un troisième, une tierce instance qui est la collectivité de l'assurance chômage qui débourse beaucoup d'argent pour financer les ruptures conventionnelles qui ont beaucoup progressé ces derniers temps. Donc il y a effectivement une approche très pragmatique à avoir, d'évaluation et éventuellement de correctif et d'ajustement sur les ruptures conventionnelles. Je pense que ça doit faire partie de la réflexion.
Marc Ferracci, parlons de la loi Duplon. Si elle n'est pas censurée par le Conseil constitutionnel, la ministre de l'Agriculture dit que le texte... Un texte sera promulgué. Est-ce que vous pouvez nous le garantir, effectivement, ce matin ?
Un texte qui a été adopté par les assemblées a vocation à être promulgué. C'est simplement l'état de notre droit. Une pétition a été déposée qui a reçu un grand succès. Cette pétition, elle ouvre droit à un débat. Je dis bien un débat, pas un vote, mais un débat. Quels sont les enjeux autour de cette loi, autour de laquelle beaucoup d'émotions se manifestent et d'inquiétudes se manifestent ces derniers jours, ces dernières semaines ? Cet enjeu, c'est de trouver un équilibre entre les impératifs de santé publique et les impératifs de production, de compétitivité de nos agriculteurs et de souveraineté alimentaire. J'insiste vraiment. Qu'est-ce qui fait débat ? C'est la possibilité d'utiliser l'acétamipride. L'acétamipride, c'est un composant qui est autorisé par l'Union européenne, et en particulier autorisé par la principale agence scientifique, qui est l'Agence européenne pour la sécurité des aliments, l'EFSA. Et donc, 26 États sur 27 autorisent l'acétamipride. En l'état actuel des connaissances scientifiques... cette composante au seuil d'exposition qui sont constatés, c'est-à-dire avec les quantités... auxquels sont exposés les agriculteurs et plus généralement les citoyens, ne présentent pas de caractère cancérigène avéré. Il n'y a pas de causalité entre l'exposition au seuil que l'on constate et le cancer. Ça, c'est ce que dit la science. Et moi, je suis, je vous le disais à l'instant, de formation et de profession universitaire, et je veux faire confiance à la science. C'est le premier point. Je pense qu'il faut remettre la science dans ce débat, c'est le premier point. Et puis, il faut aussi se mettre à la place de nos agriculteurs. Ils sont confrontés à des concurrents qui produisent avec ce composant-là. Et d'une manière ou d'une autre, l'acétamipride reviendra dans nos assiettes à travers les importations puisque nous sommes dans un marché européen qui est ouvert. Donc il faut trouver le point d'équilibre. Je pense de retrouver de la sérénité. C'est pour ça que je suis assez favorable à ce que le débat ait lieu sur la base de la pétition qui a été signée par un grand nombre de citoyens français. Mais à la fin, le principe du respect du Parlement suppose aussi la promulgation
de la loi. Marc Ferracci, est-ce qu'il y a un malaise au gouvernement ? Bruno Retailleau qui dit que le macronisme s'achèvera avec Emmanuel Macron. Est-ce qu'il doit assumer et quitter le gouvernement ? Quel est votre avis personnel là-dessus ? Je peux vous dire
qu'il n'y a pas de malais chez les macronistes. Les macronistes, ils ont un projet, un bilan. qui n'est jamais parfait, mais qui se traduit quand même par à peu près 3 millions d'emplois créés depuis 2017, avec des usines qui ont rouvert, avec des réussites comme la réforme de l'apprentissage, en termes nets, création, ouverture, moins fermeture, plus d'usines qui ont ouvert, qui ont fermé depuis 2017, avec des réussites comme la réforme de l'apprentissage, avec des réussites comme le dédoublement des classes pour réduire les inégalités scolaires. Je pourrais faire le bilan, ça nous emmènerait jusqu'à la fin. de cette interview. Il y a aussi des choses qui n'ont pas été faites. Il y a surtout un projet. Le macronisme est évidemment, comme son nom l'indique, incarné par Emmanuel Macron. Mais derrière, il y a beaucoup de Français qui se sont reconnus et qui se reconnaissent encore dans ce projet. Donc, moi, ce que je veux dire d'abord, c'est qu'il faut respecter ces Français-là. Il faut respecter ces Français-là. Bruno Retailleau ne les respecte pas aujourd'hui. Je pense qu'il y a eu, dans les déclarations de Bruno Retailleau, effectivement quelque chose qui s'apparente à un manque. de respect. J'ai eu l'occasion de le dire publiquement en m'exprimant sur les réseaux sociaux.
Je
ne suis pas à faire l'arbitre des élégances. Ce n'est pas moi qui décide de ce genre de choses. Je dis simplement que ce gouvernement est un gouvernement dans lequel des gens de sensibilité différentes travaillent ensemble. Mais ça suppose le respect. Et ça suppose le respect d'un projet politique qui ne se limite pas à la personne d'Emmanuel Macron et qui continuera après Emmanuel Macron. Et de ça, je pense qu'il faut s'en convaincre.
Un petit mot tout rapide parce que sinon mon réalisateur... La meilleure façon pour que le macronisme se poursuive, c'est qu'Emmanuel Macron soit candidat en 2032. Vous en pensez quoi ?
Écoutez, ça c'est une question qu'il faut lui poser. Je pense qu'être président de la République, c'est quelque chose d'assez engageant, et je ne sais absolument pas, et je pense d'ailleurs que lui-même ne le sait pas, ce qu'Emmanuel Macron fera en 2032. Moi ce que je dis, c'est que les idées d'Emmanuel Macron, et ça nous ramène au sujet précédent, les idées d'Emmanuel Macron, elles vont continuer de prospérer. Cette idée qu'il faut créer des richesses avant de les redistribuer, cette idée qu'il faut lutter contre l'assignation à résidence, les difficultés qu'éprouvent nos concitoyens à s'élever dans leur vie professionnelle et dans leur vie personnelle, ça, ce sont l'idée du dépassement. Parce que l'idée du dépassement, c'est l'idée qu'il y a des bonnes idées à gauche et des bonnes idées à droite. Et ça encore, je pense que ça survivra à Emmanuel Macron. Merci beaucoup, Marc Hirach, ministre
de l'Industrie et de l'énergie. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio. Belle journée à vous.
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