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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Bon alors on va parler un petit peu de l'Europe effectivement dans tout cela. C'est la question qu'on posait, est-ce que cet acquis va pousser l'Europe, ce qui a été annoncé aujourd'hui, à l'indispensable effort qui lui permettrait de devenir un temps soit peu autonome sur le plan sécuritaire. Est-ce que vous risquez pas de rester un petit peu dans le confort ? Non, dit Emmanuel Macron, les choses vont avancer désormais. Écoutez le président français aujourd'hui aux Pays-Bas.
poursuivant le réinvestissement sur les questions de défense, l'ensemble des pays membres et tout particulièrement les européens continuent, devraient à structurer ce pilier européen au sein de l'OTAN. C'est ce que nous poussons depuis plusieurs années. Avoir une Europe qui dépense davantage, qui prend davantage ses responsabilités pour sa sécurité, qui prend davantage de part du fardeau. C'est à la fois le souhait américain depuis plusieurs années. C'est une nécessité européenne. Nous devons le faire pour nous-mêmes et pour être plus indépendants.
Voilà, il reprend à son compte l'expression « part du fardeau » qu'a emprunté Marc Roteux il y a quelques heures, quelques heures auparavant. Une parenté de pensée. Alors l'Europe et la France dans tout ça, c'est l'objet de la tribune que vous avez publiée, Damien Girard, il y a quelques jours avec Thomas Gassilou, qui est ancien président de la Commission Défense Nationale de l'Assemblée, avec lequel vous avez aussi dévoilé une trentaine de propositions pour remuscler, on va le dire comme ça, les armées françaises. Cette tribune, on va la voir à l'écran si vous nous regardez à la télévision sur BFM Business, elle s'intitule « La France doit assumer pleinement sa place dans l'architecture de sécurité européenne ». Le constat d'ensemble que vous faites, c'est que les armées françaises, Oui elles sont cohérentes, oui elles sont efficaces, mais il y a un problème de masse. Il y a un manque de masse. Ça veut dire quoi, Damien Gérard, concrètement ? Ça
veut dire qu'en fait, on a misé pendant longtemps sur ce qu'on appelle la haute technologie, des armes capables de faire la différence et qui étaient principalement destinées à faire ce qu'on appelle les opérations extérieures, aller en Afrique. Et grâce à ces capacités, cette haute technologie, être capable d'agir sans avoir de dégâts humains et matériels, mais en petit nombre. cette vision là et dans le fait que comme ce matériel coûtait cher on ne peut l'avoir que en faible quantité. Il s'avère que le retour d'expérience de l'Ukraine et puis le moment dans lequel nous sommes, où on ne peut plus complètement écarter le fait qu'on rentre dans un conflit de haute intensité. Si on dit conflit de haute intensité, il faut être en capacité d'avoir des munitions et du matériel suffisamment en quantité pour tenir plus que quelques jours, bien sûr. Et donc, pour faire ça, nous préconisons un ensemble d'achats, de positionnements qui permettent d'atteindre cette masse. mais à un coût maîtrisé, un genre de stricte suffisance en termes de moyens conventionnels. Et on estime qu'avec 0,1% du PIB, c'est-à-dire 3 milliards chaque année, dans les quelques années qui viennent, par rapport à un peu plus de 40 milliards qu'on dépense chaque année sur la défense, on peut faire ce saut quantitatif qui nous permet de répondre aux enjeux actuels. Et donc on voit bien la différence par rapport aux chiffres qui sont annoncés aujourd'hui. C'est un saut quantitatif, est
-ce que c'est forcément un saut qualitatif ? que vous dites, trop de haute technologie, passer de low cost finalement. Est-ce que c'est pas le revers de la médaille ça quelque part ? D
'abord prendre en compte le retour d'expérience en Ukraine, on s'aperçoit qu'en fait sur la ligne de front il y a ce mélange entre de la haute technologie mais aussi du low tech et en fait si on mixe bien les choses ici, on prend bien en compte ce retour d'expérience, on est vraiment en capacité de créer de la masse et pas du tout de détériorer notre capacité opérationnelle, tout au contraire. Rémi Bourgeau, d
'accord. Effectivement, une nouvelle donne avec ce qu'on a vu en Ukraine, avec cette guerre de tranchées abominable, avec d'un côté, effectivement, du nouveau low cost avec cette guerre des drones. Ce n'est pas tout, mais c'est extrêmement important. on doit complètement se redéployer, apprendre aussi de ce qu'ont fait les Ukrainiens et les Russes. Il y a les drones eux-mêmes, l'IA derrière aussi, on n'en est qu'au début, mais il y a quand même aussi la dimension aux technologies avec les missiles hypersoniques aussi, on le voit aussi avec l'Iran, et d'ailleurs on voit quand même ça. peut-être pas des convergences, mais des aspects communs, toute cette périphérie européenne qui explose aussi. C'est aussi un grand sujet géopolitique derrière ces parlements, ces échanges entre les Européens et les Américains. Mais il y a vraiment un bond technologique à mettre en œuvre. Alors, effectivement, la France nation fiscale, très compliquée, très différente de l'Allemagne, mais il y a aussi une dimension, effectivement, low-tech. beaucoup à prendre, et c'est absolument essentiel face au type de guerre qu'on a vu émerger, avec quand même des fronts chauds et de nature diverse, et qui sont liés quand même à la décomposition de la sphère d'influence américaine, des problèmes extrêmement profonds, des problèmes qui ne vont pas disparaître, et sur lesquels il faut absolument se positionner sur le plan technologique.
Et vous dites, Damien Girard, priorité est donnée, doit être donnée au renforcement des forces terrestres. Alors ça va à l'encontre de ce que certains appellent le sens de l'histoire, c'est la guerre de demain, c'est pas la guerre des forces terrestres, c'est pas la guerre de tranchées, comme l'a dit Rémi Bourgeon finalement. En
tout cas, on s'aperçoit qu'à l'Est de l'Europe, elle existe, c'est-à-dire là. On s'aperçoit aussi que concernant la disponibilité, que ce soit la marine ou l'armée de l'air, on est plutôt correctement doté, même s'il y a quelques endroits où on doit faire un saut. C'est vraiment sur l'armée de terre que l'on doit... faire ce saut quantitatif. Et donc c'est pour ça qu'on le propose. On dit qu'en gros, avec 5 milliards d'euros, on est capable d'avoir des... L'armée de terre bien dotée, capable d'aller au combat, et on dit avec un milliard d'euros, on est capable d'équiper nos réserves, les 100 000 hommes prévus, correctement, de façon à avoir d'abord renforcé ce lien armée-nation qui est extrêmement important, et vraiment d'avoir une réserve qui est capable d'être déployée et de servir à quelque chose.
Donc le plan auquel je faisais référence, le plan de Van der Leyen à 800 milliards au niveau européen, bien sûr, au niveau annoncé. vous le regardez comme le plan de la démesure, finalement, vous dites que
le déversement d'argent n'est pas loi. D'abord, il est à l'échelle européenne, il n'est pas dédié à l'échelle française, et en fait, on a des différences. importante entre les différentes défenses nationales des différents pays. L'Allemagne, on voit bien que le saut à réaliser est beaucoup plus important et donc c'est logique qu'ils sont dans une croissance des sommes qu'ils souhaitent allouer à la défense qui n'a rien à voir avec ce qu'il y a en France mais on n'a pas ce même saut à réaliser. Michel Sapin ? Moi
je ne partage pas votre... critique vis-à-vis du plan mondial. Ah, c'était pas une critique, c'était une confrontation de... Non, mais critique, moi, rien de sorte de sépétisme par rapport à ça. Non, je dis ça parce qu'il n'a pas été
véritablement documenté, il va consister en grande partie à permettre aux États de s'endetter encore plus. L'Europe est
là pour ça, comme pour le Covid. Il y a eu aussi un endettement européen pour permettre aux pays de réagir. Donc là, c'est un endettement européen, mais qui permet ensuite à chaque pays de monter en puissance. Et puis en plus, elle a eu un avantage, c'est qu'elle est la première à avoir réagi, justement, au trumpisme. ou à la crainte tout d'un coup de se retrouver seul face à une vraie menace qui était la menace russe. Sur ce qu'il vient de dire, je partage complètement. C'est du complémentaire. Il faut maintenir la capacité de taper simplement et à des endroits précis, parce que ça sera encore utile. Et puis en même temps, on passe à une vision dite de masse. J'ai été très frappé par le fait que, comme il faut livrer des obus à l'Ukraine... on n'en a plus sur le territoire français et on a même des problèmes pour en produire. Alors qu'est-ce qui serait passé si l'ensemble des armées françaises avaient été impliquées dans un combat de cette nature ? Donc on voit bien qu'il faut, malgré tout, c'est dommage d'un certain point de vue, on préfère faire autre chose que des obus, mais qu'il faut monter en puissance dans quelque chose d'assez classique. Mais le cœur du sujet, de mon point de vue, c'est qu'il faut monter en puissance en faisant monter, je crois qu'on est tous d'accord, une industrie européenne. Parce que c'est y compris... une question d'indépendance. Et ça, ça veut dire deux choses. Un, des pays doivent cesser de considérer que la seule arme qui vaut, c'est celle qui est fabriquée ailleurs, en Corée, Sud, ou encore plus aux Etats-Unis, y compris pour des raisons vraiment d'autonomie et d'indépendance, et doivent consacrer leurs moyens à... soutenir une industrie européenne. Ce n'est pas si simple. Moi, quand j'étais ministre de l'économie et des finances, on parlait déjà des accords pour fabriquer un char franco-allemand, je ne sais pas où il est, et pour fabriquer l'avion du futur franco-allemand. On avait signé, je me souviens d'avoir signé, il y a presque dix ans, des accords sur « je vois aujourd'hui que Dassault, Airbus, etc. » Ça, ça ne va pas, ce n'est plus possible. Là, il y a un vrai enjeu qui n'est pas simplement national. Qui est-ce qui va en profiter ? Parce qu'il y a des enjeux pour les Allemands, c'est très important. Pour nous aussi. Non, il faut surmonter tout ça. La meilleure réponse à Trump, c'est ça. C'est de créer une industrie européenne de défense qui bénéficie de nos crédits européens.
Vous dites la France, Damien Girard, la France doit trouver sa place dans cette architecture européenne. Mais est-ce que c'est la France ou est-ce que ça doit se faire au niveau européen véritablement ? Est-ce qu'il faut enfin que Français et Allemands se parlent ? Les Allemands vont mettre les moyens et nous l'ont annoncé d'ores et déjà dans la défense au cours des prochaines années. Non, mais on n'a
d'abord pas à rougir, on a une industrie de défense qui est reconnue en tout cas dans certains domaines. Je pense que la différence entre hier avec ces accords qui n'ont pas forcément débouché et maintenant, c'est qu'on n'est pas exactement dans le même besoin. À l'époque, on essayait de maintenir une industrie de défense qui correspondait à des besoins qui étaient... relativement faible. Et donc l'enjeu, par exemple, de la DGA en France, c'était de faire en sorte qu'on maintienne des compétences absolument nécessaires en étalant des commandes. Là, on n'est plus là-dedans. Et il faut effectivement aussi parler de complémentarité. C'est-à-dire que l'enjeu, ce n'est pas de, en permanence, se dire oui, mais si on fait ça ensemble, il faut absolument que j'aie ce retour sur mon territoire. Je pense qu'on n'est plus sur cet enjeu-là. Il faut vraiment qu'on réfléchisse en européen et en se disant... Dans ce pays, il y a telle expertise, ils seront plutôt leaders là-dessus, et en France, on a telle expertise, je pense à l'aviation par exemple, ou à la marine, on est capable d'être plutôt les leaders, et puis à d'autres endroits, on va être plutôt en complémentarité. Rémi Bourgeau.
Je pense qu'il y a effectivement un problème de capacité industrielle qui est essentiel, et on voit que c'est ce qui a donné un avantage très net à la Russie au final, parce qu'ils n'étaient pas limités comme les pays européens et les États-Unis de ce point de vue-là, et il faut vraiment souligner que les... Les États-Unis sont confrontés à une situation tout à fait similaire derrière ces vélités d'exportation accrue des climats de défense vers l'Europe. Il y a vraiment une crise de production industrielle, et notamment dans la défense, mais c'est une crise de production industrielle beaucoup plus large. Donc ensuite, il faut effectivement des coopérations, mais au niveau national, se prendre en main aussi et réactiver les sites industriels, leur donner aussi des débouchés. Il s'agit de ça. C'est ce que font les Allemands avec ce qui est aussi un plan. plan de relance massif. Ensuite, les coopérations sont difficiles, comme vous le soulignez. Il ne faut pas non plus attendre la solution, une solution de coordination totale. Ça ne viendra pas de là. Mais il y a vraiment un problème aussi de mise en valeur des compétences, des ingénieurs. Aujourd'hui, en France, la situation est extrêmement critique de ce point de vue-là. On voit une vague même d'émigration des gens qui auraient ces compétences. Donc, il y a vraiment un enjeu qui consiste à donner des... débouchés et à réactiver ces filières.
La coopération difficile parce que problème d'interopérabilité, vous l'avez dit tout à l'heure, Damien Girard, entre les armées, problème d'égo, effectivement, et d'orgueil mal placé quand on parle de ces sujets de défense. Mais c'est vrai, il faut le dire, ça reste quand même... Oui,
mais l'enjeu aujourd'hui est tel que... Oui, mais l'enjeu est tel. Ça facilite de passer au-delà de ces petites réticences humaines.
Ensuite, il y a la question aussi du nucléaire, comme ça, quand même, où la France a une situation tout à fait centrale. Et là, on peut craindre quand même plutôt une phase de prolifération. Il y a un point d'interrogation sur Lyon et d'autres pays, mais il y a aussi cet aspect-là qui sera crucial.
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