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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Et là, qu'est-ce qui s'est passé ? Israël décide d'appuyer là où il semble qu'en Occident, ça pourrait à nouveau flancher, c'est-à-dire l'Iran. Donc ils attaquent l'Iran en sachant qu'il va y avoir une réponse. Je me demande à quel niveau, encore une fois, ce n'est pas pour faire des grandes théories du complot, mais à quel niveau il n'y a pas des discussions aussi. C'est sûr, il y a des discussions entre un gouvernement israélien et d'autres gouvernements occidentaux. Mais à un moment, des gouvernants occidentaux qui disent « Là, c'est trop dur de vous soutenir. On n'y arrive pas. On n'arrive pas à contenir la colère populaire qu'il peut y avoir autour du génocide. » Une des solutions, c'est peut-être l'Iran, pour qu'on soit à nouveau enclin à soutenir coûte que coûte le gouvernement israélien. Bref, en tout cas, c'est certain que ça part dans tous les sens. Notre jeunesse, elle n'est pas dupe. Et de ce point de vue-là, c'est rassurant. Et je pense qu'ils peuvent tout perdre. Mais je crois qu'ils en ont conscience de ça.
Justement, sur Rima Hassan, je trouve que ce serait assez intéressant d'avoir ton analyse, notamment sur le sujet de la haine, dont elle peut faire l'objet de la part de toute la Macronie, les LR. Elle concentre une haine et c'est presque... qu'on peut presque comparer à ce que Jean-Luc Mélenchon pouvait subir à un moment, alors qu'en réalité elle s'est retrouvée sur un bateau avec des Greta Thunberg, qui en réalité concentrent beaucoup moins de propos insupportables. Comment tu l'analyses ?
Je crois que c'est assez simple, on a déjà la réponse tous en tête, mais Rima Hassan, elle est palestinienne, déjà. Alors oui, elle n'a pas la nationalité palestinienne, parce qu'on sait tous l'histoire, justement, de ces populations qui ont été chassées avec la Magba, etc. Mais elle est palestinienne, et rien que son existence même vient contredire tout le plan colonial raciste de l'État d'Israël, vient contredire toutes les dingueries qui sont en train de nous faire avaler, etc. Ne serait-ce que son existence. Donc de ce point de vue-là, le fait qu'elle existe politiquement, en plus on sait, c'est une jeune femme, tout ce que ça peut concentrer, d'ailleurs, bon moi je reçois beaucoup de messages de l'extrémorateur régulièrement, mais
je pense qu'à
côté Rima Hassan, c'est un autre délire, et dès que je parle de Rima Hassan, j'ai tout de suite des trucs sexuels dans tous les sens qui arrivent. J'ai tout de suite des insultes liées à la question de la sexualité, etc. On voit bien qu'il y a aussi ce biais, évidemment, le fait que ce soit une jeune femme qui s'exprime. Elle enquille, j'ai envie de dire, tous les trucs pour les fascistes et toutes les horreurs possibles sur le dos. Et en plus de ça, c'est ce côté. Et ça, pour le coup, ça concerne l'ensemble de la France insoumise, je dirais. Jean-Luc Mélenchon en a parlé, qui est le représentant, évidemment, de la France insoumise de ce point de vue-là. Mais Rima Hassan a incarné ça encore plus avec cette question de la flottie de la liberté, l'idée que vous pouvez faire ce que vous voulez. Ils pouvaient nous chasser, nous massacrer, même potentiellement nous tuer parce qu'il y avait ce risque-là. En réalité, s'il n'y avait pas eu une telle mobilisation sur les réseaux sociaux, c'est quelque chose qui aurait pu arriver lorsqu'elle est montée sur ce bateau. Eh bien, on y va quand même. Et c'est ce truc des insoumis. Du coup, le nom est bien choisi de ce point de vue-là. Ça a l'air en fou. C'est des gens qui sont capables de se mettre à quatre pattes dans tous les sens. C'est des gens qui sont capables de se soumettre à toutes les plus grosses horreurs. On a parlé des macronistes, etc. Mais à la fois, c'est lié. Mais ce qui se passe, par exemple, sur un plateau de Cyril Hanouna, ça dit tout de cette société et de la société qu'on essaie de nous vendre. Sur un plateau de Cyril Hanouna ou de Pascal Praud, c'est des gens qui sont soumis, mais jusqu'à la moelle. Il peut leur chier dessus, presque, en direct, sur le plateau, qui vont continuer à dire « Ouais, c'est super ce qu'on fait, etc. » Et qui vont produire cette soumission,
d'ailleurs, sur les gens qui sont sur leur plateau. Et donc, d'avoir
des gens qui leur disent « Non, on n'en a rien à carrer. On sait où on va. On le fait par l'humanité. » Et ça, c'est plus fort que tout. Mais en fait, ça les renvoie à quelque chose de misérable. Ça les renvoie à un truc d'en fait, vous êtes des nasses, je ne sais pas comment dire. Et ça, ça leur est insupportable. Et voilà pourquoi autant de haine viennent s'amasser comme ça sur Rima Hassan.
Donc, on a eu une sortie hier à l'Assemblée nationale de Bruno Rotaillot. Et je voudrais qu'on l'écoute ensemble avec le chat.
L'immigration a un coup, j'ai dit à un certain nombre de reprises, que désormais, parce qu'on ne la maîtrise plus, que l'immigration n'était plus une chance pour la France, parce qu'il y a une panne de l'ascenseur social, parce qu'il y a une panne de l'intégration, de l'assimilation, et il faut être objectif. C'est une question démocratique, et cette question démocratique, je n'en ai certainement pas peur, mais ce que je souhaite, c'est que la loi de la République soit respectée et que l'immigration irrégulière puisse reculer.
Bon, toujours un grand malaise, mais dis-moi ce que tu peux.
C'est fou comme discours. Il est quand même en train de justifier le fait que toutes ces politiques sont la question des sans-papiers absolument ignobles, etc. Et la question de l'immigration, par le fait que l'ascenseur social ne fonctionnerait plus en France.
qui est faux en plus. Non, l'ascenseur social ça n'existe pas, mais Jean-Luc disait que les classes populaires c'est des seules classes ascendantes. C'est ça.
Mais en plus de ça, ils font tout justement pour empêcher le fait qu'il y ait la possibilité de cet ascenseur social en France. C'est-à-dire que c'est les mêmes. Bruno Retailleau fait partie d'un parti, fait partie d'un corpus politique général. qui font tout pour que les riches restent le plus riches possible, les pauvres s'aporisent de plus en plus. Et il nous dit ça comme si ça venait comme ça, genre c'est rien, ça tombait du ciel. Donc c'est juste assez fou comme argumentaire, enfin vraiment c'est complètement imbécile. Et donc oui, ces gens-là ont un intérêt effectivement à nous laisser, entre guillemets, le plus possible dans des vases clos, que les classes restent les mêmes, etc. Donc c'est assez dingue comme justification quoi. Et derrière la question de l'immigration est une chance, pas une chance, moi j'ai un peu du mal avec ce débat parce qu'en réalité on s'en fiche en fait. La question, ce n'est pas de savoir si c'est une chance ou pas une chance. Oui, il peut y avoir des bons côtés pour un pays, pour une nation. À l'immigration, il peut y avoir des mauvais côtés sur certains aspects. On ne s'en fout, en fait. Les gens, ce n'est pas du bénéfice ou du malus. Ce n'est pas comme ça qu'il faut voir ça. Enfin, il ne faut pas voir les choses comme ça. C'est plutôt, il y a des gens qui sont dans une précarité extrême, qui sont dans des situations compliquées. Même si l'immigration, d'ailleurs, à très grande majorité, ce n'est pas ça. Ce sont des gens qui ont fait des études, qui viennent juste en France. D'ailleurs, c'est l'immigration. de pays qui viennent d'Occident, etc. Mais ça, ce n'est pas un problème parce qu'on voit bien que la logique est raciste pour ces gens-là. Bref, mais tout ça pour dire qu'encore une fois, quand il y a des gens dans une extrême précarité qui quittent leur pays pour des raisons de guerre ou de précarité extrême, etc., c'est juste une question de dignité humaine que de pouvoir accueillir et dans de meilleures conditions possibles. Et qu'en plus de ça, moins on accueille bien. plus on est dans des dispositifs réactionnaires brutaux, plus derrière, oui, il y a des gens qui peuvent tomber dans la violence, dans des logiques, dans des circuits qui ne sont pas bons pour l'ensemble de la société. En plus, ça a des mauvaises retombées pour tout le monde. Rien ne va dans ces logiques.
Sur le sujet, parce qu'il parle d'immigration, il y a quand même un continuum qui est l'islam. Le sujet, c'est la haine de l'islam. et des musulmans, par extension, où c'est la haine de l'autre, celui qui viendrait d'ailleurs et qui viendrait pour en avoir un moucheron. Une
poussière, peut-être. Et celui
de l'autre, de l'immigration, de manière plus générale.
Je pense que, justement, le... pardon, les programmes islamophobes en cours, les idées islamophobes, viennent de l'idée que le musulman, la figure du musulman ou la figure de la musulmane serait l'étranger. Il y a vraiment cette idée-là en France. Le racisme se construit autour de qui représente le mieux l'étranger, l'orientalité, etc. Et du coup, c'est cette idée-là qu'il y a aussi derrière l'islamophobie, comme il y en avait aussi derrière l'antisémitisme. Le juif ou la personne juive représentait autre chose que l'Occident. Il y a vraiment cette idée-là aussi dans l'islamophobie. Donc en fait, c'est lié. C'est-à-dire que lorsqu'on a des tracks aux étrangers, etc., ça nourrit le projet islamophobe. Et inversement, lorsque directement les musulmans et les musulmanes sont visés, ça nourrit aussi un projet de faire la chasse aux étrangers, etc. C'est vraiment les deux, pour moi, qui sont complètement liés.
-ce qu'on a à craindre presque pour nos vies, nous, les personnes racisées ?
Bah oui, malheureusement oui, je pense que là on est dans une situation, d'ailleurs on en voit un peu la couleur avec ces attentats islamophobes qu'il y a pu avoir récemment, dans le Var à la Grande Combe pour Ishaïm Yaraoui et pour Abou Bakar Sissé. Donc on voit qu'il y a une concrétisation sur les vies déjà des programmes islamophobes, parce qu'en fait c'est des gens qui ont agi en réponse à tout ce climat. D'ailleurs, le gars qui assassine Echem Yaraoui dans le Var, très clairement, il rend hommage à Jean-Marie Le Pen. Il dit qu'il faut aller voter pour le Rassemblement National. Il le dit, il n'y a même pas de secret. Donc c'est ces programmes-là qui commencent à être appliqués. Donc oui, il y a un danger. Et plus ça va aller, si on ne les ralentit pas, si même on ne les renverse pas. plus ça va être de pire en pire. Et quand je disais qu'il ne fallait pas individualiser, c'est un peu dans la même idée, puisque tu disais, avec l'extrêmement au pouvoir, il pourrait y avoir une contagion, pas seulement du ministère à l'intérieur, mais de l'ensemble des autres ministères. En réalité, c'est déjà un peu le cas. C'est-à-dire que si Bruno Retailleau peut mener cette politique, c'est bien parce qu'il y a un insentiment, à un moment donné, des autres ministres. Demain, si l'ensemble des ministres, notamment en l'occurrence François Bayrou, s'ils tenaient, ils diraient, par contre, reste à ta place, reste tranquille, c'est pas ça notre politique. C'est bien qu'à un moment donné, ils partagent en partie ce qu'est en train de faire Bruno Retailleau. Peut-être qu'il y en a qui, des fois, sont mal à l'aise avec cette idée-là. Peut-être qu'il y en a qui sont pas encore assez racistes pour accepter tout ça, etc. Mais en tout cas, ils le laissent faire. Donc c'est bien qu'il y a une validation, j'ai envie de dire, de l'ensemble du gouvernement. Par contre, je te rejoins sur le fait, et nous c'est ce qu'on dit avec la jeune garde depuis des années, quand même le passage de l'extrême droite au pouvoir. C'est-à-dire d'un rassemblement national, c'est d'autant plus dangereux qu'on a déjà des gens extrêmement convaincus par toutes ces idéologies-là, qui sont construits politiquement avec ces objectifs-là, et que là, ce serait beaucoup plus en rouleau compresseur. Ce qu'on a toujours dit, c'est que le fascisme, ce n'est pas seulement dans les frontières des limites de l'extrême droite organisée, type RN, etc. que le facile, c'est un contexte économique, social, politique, en temps de crise, qui fait que ça se dilue dans l'ensemble de la société, dans les couches les plus réactionnaires, donc en partie dans les droites réactionnaires, pas seulement qu'à l'extrême droite, mais qui est évidemment une extrême droite organisée, formée à ça. va beaucoup plus être en capacité d'imposer une potentielle société fasciste. Et en ce sens-là, oui, on voit que ça y est, on y va de plus en plus. Aux États-Unis, je crois que c'est de plus en plus concret. Et encore une fois, il n'y a pas de limite au racisme. Là, c'est une étape, cette râque aux étrangers. On sait jusqu'où ça peut aller. On a eu des exemples, malheureusement, au siècle précédent. On sait jusqu'où ça peut aller, les carnages. Et je pense qu'en ce sens-là, la Palestine était un... un indicateur de ce qui pouvait se passer. C'était aussi, je pense, une façon pour les racistes en Occident de jauger à quel point la population était capable d'accepter un génocide en cours, simplement parce que ce sont des Arabes ou identifiés comme tels, ou des musulmans ou musulmanes supposés. Et je pense que la Palestine, en ce sens-là, et c'est pour ça qu'on l'a dit dès le départ, c'est aussi un enjeu pour l'humanité. Ce n'est pas seulement un slogan, c'est parce que réellement, si on était capable d'accepter ce génocide en cours... Ça peut avoir des répercussions énormes pour la suite, mais la bataille n'est pas encore finie.
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