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Canicule, manque d’eau, grêle : Les vignerons sont résignés… mais déterminés - Julien Leonardelli
25 septembre 2026
Bonjour Julien Léonardelli. Bonjour. Alors, vous êtes eurodéputé RN et surtout vous êtes ancré profondément dans les territoires et notamment les territoires du Sud-Ouest.
à fait, exactement. Je suis de Haute-Garonne, de la région Occitanie.
Alors aujourd'hui, vous êtes justement en Occitanie et vous avez assisté au vendange.
Tout à fait, effectivement. Je sors notamment d'une mission avec la commission agri du Parlement européen, où nous avons entamé notre visite de la région Occitanie, où j'ai accompagné mes collègues, notamment des délégations étrangères. Nous avons commencé en début de semaine dans le Gard, et nous avons continué notre route en passant par l'Aude, le Tarn, et aujourd'hui nous terminons la mission en Haute-Garonne. Et effectivement, depuis ce mois d'août, je le suis tout particulièrement, les vendanges en France et tout particulièrement dans le sud-ouest.
Alors, dans le sud-ouest, quels sont les cépages qui sont récoltés majoritairement
avez de nombreux cépages en fonction des différents territoires. Moi qui suis de Haute-Garonne, je vais naturellement vous parler du cépage du frontonné, qui est le cépage de la négrette, le cépage de rouge, et sinon le cépage de buissolet, qui est un cépage de blanc. Mais sinon, pas très loin, vous avez les vins de Cahors, les vins de Gaillac, mais aussi les vins de Languedoc, avec les corbières, etc. avec des différents cépages. Mais ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a encore sur une liste des décépages majoritaires dans certains territoires. Mais aujourd'hui, les vignerons cherchent quand même à se développer, à se diversifier et à planter effectivement. plusieurs cépages afin de proposer aussi, au-delà des vins et des produits, 100% cépages traditionnels du territoire, proposer des mélanges pour justement essayer de convenir au maximum au goût de chacun.
Alors convenir au maximum au goût de chacun, c'est d'autant plus important que la consommation de vin s'effondre en France. Exactement,
la consommation de vin s'effondre en France, notamment dû à des politiques qui tapent à gros sur le vin, autant sur les producteurs que sur les consommateurs. Je pense qu'il faut revenir sur une bonne éducation, sur le savoir boire convenablement et apprécier les vins, cette production faite par des viticulteurs qui sont des orfèvres dans l'agriculture et qui savent justement manier et gérer ces cépages et produire justement des vins d'exception. Nous avons la chance en France d'avoir des vignerons. d'exception, qui produisent des vins exceptionnels qui sont connus et reconnus dans le monde entier, qui nous sont enviés. Et donc je pense qu'il faut effectivement, et c'est du rôle du politique justement, de réapprendre un petit peu à savoir consommer et redécouvrir ces produits.
Alors, la consommation s'effondre, mais les vignerons ont affaire à un autre problème. D'abord, c'est une consommation en France comme à l'international pour un certain nombre de cépages ou d'appellations. Mais il y a aussi un autre souci, c'est le réchauffement climatique, puisque les vendages ont lieu de plus en plus tôt. Et donc là, on est fin septembre et en fait, la plupart des terroirs ont déjà été vendangés.
Déjà été vendangé, effectivement. Aujourd'hui, ils devraient terminer ou être en pleine vendange pour certains. Ils sont pratiquement tous déjà dans l'éché. Dans le sud-ouest, de manière générale, les vendanges commencent fin août, début septembre. Cette année... Au vu du réchauffement climatique et des conditions très particulières de cette année avec une canicule très forte, les vendanges ont commencé chez moi par exemple, mi-août, donc déjà fin août, début septembre, les vendanges étaient déjà terminés. Donc il y a eu pour conséquence avec ce changement climatique un phénomène. qui change en fonction des territoires et en fonction justement des différents aléas climatiques. La canicule a été présente sur tout le territoire national, le manque d'eau qui est vraiment une grosse problématique dans l'agriculture et dans la viticulture, même si la vigne consomme quand même peu d'eau, mais a quand même besoin d'eau, parce que sans eau, il n'y a pas de vie. Donc aujourd'hui, grâce quand même à cette chaleur, il y a eu une bonne récolte, mais avec un manque d'eau, il y a malheureusement la quantité qui manque à certains endroits. Les vignobles qui s'en sortent sont ceux qui ont eu la chaleur et qui ont eu la chance d'avoir... un bon orage ou une bonne pluie. Alors, je m'entends dans « bon orage », « bon orage », c'est celui où il y a naturellement de la pluie sans grêle qui, vous le savez, la grêle abîme les vignes et les grappes de raisin. Donc certains ont eu la chance d'avoir un petit peu d'eau, qui a justement permis aux grappes de raisins de se développer dans la dernière pousse, ce qui leur a permis d'avoir une récolte bonne en qualité et bonne en quantité.
Cette récolte bonne en qualité, en quantité, effectivement, tous les vignerons n'y ont pas eu droit. Je crois que la canicule a fait en sorte que les rendements ont été parfois déplorables, des rendements divisés par 3, 4, 5 parfois. Dans quel état d'esprit sont les vignerons que vous avez rencontrés
serais tenté de vous dire résignés, mais malgré tout déterminés, puisqu'ils sont profondément attachés à leur métier, à leur passion. Et donc, ils veulent malgré tout faire perdurer ce savoir-faire qui leur vient pour la plupart de leurs parents, de leurs grands-parents. Donc, c'est quelque chose qui vraiment est très fort chez eux. Mais malheureusement, effectivement, ils sont directement touchés par, on l'a dit, les différents aléas climatiques, mais aussi, on l'a évoqué, la baisse de la consommation et l'ensemble des normes, des charges qui pénalisent leur profession et qui les empêchent justement de se développer comme ils devraient. Et j'insiste là-dessus, car c'est vraiment une très très grosse problématique dans la viticulture et dans l'agriculture en général. de l'accès à l'eau et j'insiste les normes environnementales qui aujourd'hui en france sont extrêmement contraignantes bien souvent on appelle cela les normes européennes mais il faut savoir que les normes européennes en france sont rajoutées de normes françaises qui viennent à lourdir justement ces différentes contraintes placent nos viticulteurs et nos paysans en concurrence directe avec les productions étrangères et notamment des autres pays d'Europe de l'espace Schengeli.
ces normes françaises, il y a évidemment d'une part une paperasse administrative absolument terrible, il y a la façon aussi dont chaque appellation se gère et donc parfois en mauvaise intelligence entre vignerons, suivant qu'on respecte un cahier des charges extrêmement précis ou qu'on veut s'en éloigner un peu. Je pense à tous ceux qui font des vins en biodynamie ou des vins naturels et donc qui ont du mal à avoir les appellations. Mais il y a spécifiquement... vous avez raison de le souvenir, ce problème de l'eau, avec là aussi une partie des mouvements écologistes qui considèrent qu'il vaudrait mieux que la terre grille et que les plantes crèvent plutôt que d'avoir un arrosement raisonné et une hydratation même modeste.
Et justement, les viticulteurs réclament l'accès à l'eau, mais ne réclament pas d'irriguer ou d'arroser à outrance. Ils réclament simplement de pouvoir avoir l'accès à l'eau et d'installer du goutte à goutte pour justement apporter la quantité d'eau nécessaire à la plante de se développer. correctement, tout simplement, sans outrance, sans gaspillage, etc. Puisque, vous savez, les agriculteurs, les paysans au sens large, sont les premiers écologistes. Ils vivent de par l'envie. C'est l'ironnement de ce que la terre est premier à justement respecter cette terre.
les agriculteurs et donc les viticulteurs aimeraient se libérer de ce carcan-là. Mais revenons sur les aspects les plus économiques. Il y a donc non seulement une désaffection du vin, mais en plus, cette année, une baisse sérieuse de la production. Et s'il fait qu'on se retrouve avec des gens... qui vont moins avoir besoin de vin en France comme à l'étranger et moins de vin disponible. Ce qui fait que d'habitude, la rareté du vin permettait d'élever le prix. Mais là, cette année, le fait que le vin soit rare ne va pas pouvoir permettre aux vignerons de jouer sur le prix.
à fait, surtout les pouvoirs publics et la Commission européenne ont aussi insisté à pousser les viticulteurs à arracher les vignes avec les primes d'arrachage de l'Union européenne pour justement réduire la quantité de vins produites, pour justement espérer avoir une augmentation du prix. Et effectivement, avec des conditions climatiques qui limitent la quantité, et en plus de l'arrachage, ça va être très compliqué derrière d'avoir du prix. Donc c'est pour cela qu'aujourd'hui, les viticulteurs que j'ai rencontrés vont essayer d'aller vers la qualité au maximum pour justement... produire des vins vraiment de qualité pour espérer avoir un petit peu de prix. Le souci, et on revient toujours au grand débat de la juste rémunération des viticulteurs, qui encore une fois ne demandent pas beaucoup, ils demandent simplement, comme tout un chacun, de pouvoir vivre simplement de leur production et correctement de leur production. Sur cet aspect-là, il y a différents facteurs. Je suis, vous l'avez dit, député européen, mais je suis aussi membre de l'association ANEF, qui est une association qui réunit les élus des territoires viticoles et où, justement, nous débattons régulièrement de cette question du prix. Et nous avons, notamment lors d'une rencontre, identifié... Le prix bien souvent exorbitant proposé dans les différents restaurants. Quand des viticulteurs se rendent au restaurant, ils voient le prix vendu sur la carte, ils se disent... Ce n'est pas du tout le prix auquel je le vends, moi, aux restaurateurs. Donc il y a une marge très importante et je pense qu'il y a, et c'est du rôle du politique, de pouvoir justement mettre autour de la table les viticulteurs et les restaurateurs pour qu'il y ait un juste prix aussi de vente pour un meilleur accès justement aux produits. Parce qu'aujourd'hui, il ne vous aura pas échappé que nous avons un sérieux problème de pouvoir d'achat en France, qui fait qu'étant régulièrement en déplacement, je le constate moi au quotidien, dans les restaurants, trop peu de tables achètent une bouteille car le prix est trop élevé. On se limite simplement au verre, voire même au dessus. On ne prend pas de verre de vin à table pour accompagner, par exemple, une bonne entrecôte, ou dans mon sud-ouest, un bon cassoulet. Mais vous voyez, on rentre dans la gastronomie et dans le patrimoine français, où naturellement... Tous nos plats emblématiques, de la bonne chaire, de la bonne table, sont accompagnés de vin. Le vin a une place importante dans notre patrimoine français. C'est pour cela qu'il faut essayer qu'au niveau du prix, les viticulteurs soient rémunérés sur leur production, mais qu'il n'y ait pas d'abus dans le côté commercial. Un
ami vigneron me disait que les bouteilles qu'il vendait aux restaurateurs étaient revendues avec un prix multiplié par 7. Voilà. Donc là, on se dit, oui, effectivement, il y a une prise de marge qui est importante.
est très importante. Après, de manière générale, pour revenir sur l'aspect consommation, c'est toujours pareil. Aujourd'hui, nous sommes dans une société basée autour de la publicité, du commerce, du marketing, et où justement, il faut quand même rappeler que le vin est un produit où la publicité est interdite. Notamment, c'est en lien avec la loi EVEN en France, qui interdit aux vignerons de pouvoir faire de la publicité sur leur production. Donc ça leur cause un certain problème, c'est pour cela que nous sommes un certain nombre à militer. C'est une proposition de loi qui avait été notamment déposée à l'Assemblée nationale par mon collègue Christophe Barthez, qui lui-même était viticulteur, justement réclamait à ce que... le vin soit retiré de la loi Evin afin de pouvoir justement permettre aux viticulteurs de faire de la promotion, alors pas de la promotion naturellement à outrance, tout en respectant les règles et en rappelant que l'abus d'alcool est naturellement dangereux pour la santé, mais il est parfaitement anormal et incompréhensible qu'en France, pays de la gastronomie, pays du vin de qualité, reconnu à travers le monde, nous ne puissions pas, que les vignerons ne puissent pas justement mettre en avant leur production tout simplement. Je suis désolé, mais je ne veux pas citer une marque en particulier. Mais quand vous avez un grand leader de soda américain qui par contre développe au maximum un rouleau compresseur marketing et commercial à travers la planète et en France, si on doit comparer les sodas et le vin en termes de bienfaits pour la santé, je pense qu 'il y a débat. Je pense qu'il y a débat et des médecins pourront parfaitement dire qu'un verre de vin n'est pas nocif pour la santé. Encore une fois, ça fait aussi partie de cette explication de pourquoi aujourd'hui il y a une baisse de la consommation de vin en France. Je le rappelle, cette baisse de la consommation impacte directement les viticulteurs. Personnellement, j'ai pour habitude de dire, alors c'est très provincial, pardonnez-moi cette expression, mais chez nous, nous disons « boire un canon, c'est sauver un vigneron ». Voilà, puisque naturellement, derrière chaque verre de vin, derrière chaque bouteille, il y a effectivement un agriculteur, un paysan, un vigneron qui a travaillé, il y a du savoir-faire, il y a de l'amour et il y a une transmission familiale et patrimoniale.
Donc une transmission fragilisée, on l'a redit, par les aléas climatiques, par la désaffection des consommateurs, qu'on encourage effectivement plutôt à fumer du H, ou en tout cas qui ont décidé que fumer du H était moins dangereux que de boire un verre de vin. Là aussi, on sait ce qu'il en est. Politiquement, en France et au Parlement de Bruxelles, quels sont les remèdes que vous pouvez mettre en place ou que vous pouvez suggérer pour aider les vignerons ?
Alors, notre groupe des Patriotes pour l'Europe au Parlement européen, justement, milite contre la Commission européenne qui justement souhaite la mort de l'agriculture et des vignerons en France. La Commission européenne milite pour justement l'appellation vin pour des vins sans alcool. De notre côté, nous sommes radicalement opposés à cette appellation puisque un vin sans alcool n'est pas du vin. permettre justement une juste, comment dire, permettre aux vignerons de défendre leurs produits. Et nous sommes leur relais. Le travail en étroite collaboration avec mon collègue Gilles Penel à la commission agriculture, qui justement, nous militons pour que cette appellation « vin pour les vins sans alcool » ne soit pas reconnue. Pareil au niveau de l'arrachage, nous disons qu'il ne faut pas que cela devienne... une habitude et une solution à tous les maux. Il y a derrière, selon nous, des conditions européennes, mais aussi et surtout nationales, à mettre en place pour redonner de l'oxygène aux viticulteurs pour, encore une fois, qu'ils puissent vivre décemment de leur travail, de leur production. On a parlé dans notre échange effectivement du problème de l'eau, du problème de la consommation, etc., du problème des normes et de nombreuses problématiques. Mais il faut quand même rappeler, je suis dans le sud-ouest, où nous avons, en plus de la canicule, cet été, été durement impacté par les incendies. Aujourd'hui, les incendies qui ravagent le sud de la France et le sud-ouest tout particulièrement, il faut dire que les vignes sont les premiers remparts, les premiers canadaires face au feu. Les vignes, quand elles sont entretenues, qu'elles vivent, elles, justement, sont un coupe-feu naturel et elles évitent bien souvent la propagation de ces incendies. Dans l'Aude, avec l'arrachage, ça avait été évoqué par de nombreux collègues, un feu qui se déclare à Carcassonne ira jusqu'à Narbonne. C'est ce que nous avons connu l'année dernière. Cela est une conséquence directe de l'arrachage des vignes. Donc oui, l'arrachage des vignes pour permettre justement une meilleure... qualité et une quantité contrôlée, maîtrisée, mais par contre, un arrachage, et c'est ce que nous disons justement à la Commission européenne, un arrachage réfléchi, pensé, et notamment pensé avec ceux qui vivent sur le terrain au quotidien, les paysans qui ont le bon sens paysan, au-delà des technocrates. bruxellois qui, eux, ne regardent que des tableaux Excel.
Eh bien, excellente conclusion. Merci beaucoup Julien Léonardelli et à bientôt sur Radio Courtoisie. Merci à vous. Au revoir.
Au
revoir.
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