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Autre sujet à présent, Philippe Devilliers, il y a eu au début de cette semaine une véritable déferlante qui s 'est abattue sur ces news. La France insoumise et de nombreuses personnalités de la Macronie, le Premier ministre Sébastien Lecornu ou encore la ministre de la Culture Catherine Pégard, ont rivalisé deux ailes. dénoncer ce qu 'ils ont appelé le racisme de CNews. Jusqu 'à ce vendredi où Mediapart, très inspiré, relayé par son ancien patron, appelle à débrancher CNews. Il est urgent de débrancher CNews, chaîne de déconstruction de la démocratie. Rien que ça, il ne s 'agit pas de l 'interdire, mais de supprimer son autorisation de diffusion sur un bien public. La TMT par non -respect de ses obligations. Geoffroy Lejeune.
Alors ça fait longtemps qu 'on voulait vous poser la question, mais quelle est, Philippe, votre analyse de cet emballement autour de ces news, et vous paraît -il un tant soit peu justifié ?
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Alors, je connais bien Michel Onfray, très bien, c 'est un ami, je l 'aime beaucoup, je le connais depuis longtemps. Faire passer Michel Onfray pour un raciste, c 'est pas sérieux, dont je réponds pas. Sur cette pluie d 'insultes, je n
'ai
pas de réponse. Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse. En revanche, ça m 'a fait penser à ce que m 'avait dit un jour François Furet, que je connaissais bien, que j 'ai eu l 'occasion de rencontrer longuement, sur le bicentenaire de la Révolution française. Et il m 'a dit... Nous sommes à la veille d 'une entreprise de vitrification.
Il
tenait le mot de Staline. La vitrification. La vitrification, ça consiste à vous fixer au sol. Et ça marche. Ça marche encore mieux aujourd 'hui que du temps de Staline. Et il m 'avait développé les quatre armes de la vitrification. En devenir, me disait -il. On peut les passer en revue rapidement. La première arme de la vitrification, qu
'on
connaît bien ici, c 'est la fascisation. Alors là,
c
'est du Staline, tout craché, c 'est lui qui a inventé ce mot en disant qui est contre Staline et pour Hitler. Alors aujourd 'hui, ça pose un problème, puisqu 'il n 'y a plus Hitler ni Mussolini. Donc comment on fascise l 'adversaire ? On fascise tout adversaire qui se réclame d 'une forme d 'hétéronomie.
C
'est -à -dire, si je dis « je suis patriote », hola, extreinte droite. Si je dis « j 'ai une conscience nationale », hola, fasciste. Si je dis « une famille, c 'est un père et une mère », hola, fasciste. Si je dis qu 'il faut rétablir l 'autorité, oh là, fasciste, etc. Donc toute hétéronomie dans la société est considérée comme une marque de fascisme. Alors le fascisme, cette dialectique fasciste -antifasciste, elle permet de disqualifier et elle permet de tuer, puisque c 'est au nom de l 'antifasciste que... Quentin de Ranque a été tué. Et là, on a vu la force de l 'excuse absolutoire. Oui,
mais
d 'accord, il est mort, d 'accord, on peut le regretter, mais c 'était quand même un fasciste. Ah bon, d 'accord, ah oui. Et donc, l 'excuse absolutoire qui devient la victimisation accusatoire. Donc c 'est l 'antifasciste qui est la victime et le fasciste qui est toujours le coupable. Deuxièmement, l 'islamophobie, inventée par Khomeini au moment de la fatwa Salman Rushdie, qui recommande à tous les Occidentaux d 'utiliser cette arme, l 'islamophobie. L 'islamophobie, c 'est non seulement toute critique des musulmans, mais toute critique de l 'islam. C 'est -à -dire, si vous critiquez les minarets, si vous critiquez le halal, si vous dites qu 'il faut qu 'on puisse serrer la main des femmes, si vous dites que les femmes peuvent aller dans un bistrot,
si
vous dites que vous êtes contre le voile des petites filles, etc., vous êtes islamophobes. Et donc le danger, c 'est que là, on est sur un délile. C 'est le début de la judiciarisation. Si vous dites que vous êtes christianophobe, aucun problème, c 'est un exercice ludique. Recommandé. Mais islamophobe, vous allez au tribunal. Donc chacun reste sur ses gardes. Troisièmement, troisième vitrification, c 'est le colonialisme. Le colonialisme, c 'est la clause de la honte du grand -père. Parce que le grand -père en fait était un esclavagiste, un colonialiste. Et donc c 'est l 'idée d 'une mémoire pénitentielle infligée à chaque petit français pour qu 'il se taise. Et pour qu 'il cesse de croire un seul instant que son pays vient de loin et vient de plus grand que lui. En effet, la France est un pays inventé par l 'esclavagisme et le colonialisme. Et il faut éradiquer ce qu 'ils appellent le privilège blanc. Et puis arrive le racisme. En deux temps. Et là, c 'est intéressant. Premier temps... Octobre 1984, SOS Racisme. Là, l 'idée, c 'est de dire le droit à la différence, la fin de la simulation. Et ça marche très bien.
C
'est -à -dire qu 'avec SOS Racisme, ils fabriquent le communautarisme, dont ils se plaindront pour certains d 'entre eux. Les inventeurs, évidemment, seront les arroseurs arrosés. Trop tard. Avec SOS Racisme, ils ont fabriqué le communautarisme. Et puis, deuxième étape. On en a parlé au téléphone, Elliot. Ça m 'avait beaucoup frappé quand vous m 'avez dit SOS Racisme a été sifflé à la manif de Saint -Denis. J 'ai réfléchi, je me suis dit, j 'ai compris pourquoi. Parce qu 'en fait, on a franchi un cran, on est passé de la dialectique racisme -antiraciste à la dialectique racisé -racisant. Ce qu 'a très bien dit le professeur Jean Travoileau,
qui
est un homme très brillant, qui a parlé de ce sujet avec quelques fulgurances. Alors que ça veut dire raciser, racisant, ça veut dire qu 'en fait, c 'est les blancs et les noirs. Donc un blanc, s 'il ne fait pas d 'effort, il peut être très facilement raciste. De toute façon, c 'est un raciste systémique. Donc ça ne dépend pas de sa mentalité. Et les racisés, vous vous rendez compte, les racisés, ce n
'est
pas moi qui invente ça.