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Bonsoir ou rebonsoir, bienvenue sur France Info Canal. Et bienvenue dans votre désormais nouveau rendez-vous politique du dimanche soir. Le Grand Enjeu, ici France Info, avec, vous le savez, le réseau des régions de France Télévisions. Bonsoir Manuel Bompard.
Bonsoir.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes coordinateur de la France Insoumise, député des Bouches du Rhône. Avec moi, Romain Novicki, d'ici Champagne-Ardenne.
Bonsoir Myriam. Et Yael
Gauze, éditorialiste politique France Info.
Bonsoir Monsieur Bompard, bonsoir Myriam.
Nous sommes ensemble jusqu'à 19h pour vous interroger évidemment sur la campagne de Jean-Luc. Luc Mélenchon, mais aussi et surtout, j'ai envie de dire ce soir, sur le programme d'LFI. Mais on va commencer, si vous le voulez bien, par les questions d'actualité. L'actualité ce soir, c'est la rentrée de Marine Le Pen à Hélène Beaumont. Vous le savez, la candidate du RN est sortie du silence sur un grand thème. Elle a un peu surpris le logement, grand chantier de son quinquennat, si elle est élue avec un principe directeur. Ça, c'est moins nouveau. La priorité nationale, écoutez.
première mesure sociale que nous prendrons sera un droit nouveau pour tous les Français. Nous allons garantir à tous les Français, comme cela se pratique dans tous les pays du monde, un droit naturel et juste. Avec nous, les Français, quelle que soit leur couleur de peau ou leur religion, leur origine ou leur résidence, quelle que soit leur région ou leur condition sociale, seront prioritaires chez eux.
La priorité nationale dans l'accès au logement social, dans l'accès aux APL, l'expulsion de toutes les familles délinquantes des HLM, suppression du DPE et des normes environnementales. Qu'est-ce que vous pensez de ces propositions radicales sur le logement ?
Écoutez, j'étais assez stupéfait à l'écoute du discours de rentrée de Mme Le Pen, parce que c'est la première fois qu'elle s'exprimait depuis l'été qu'on vient de vivre. Donc certes, elle a parlé du logement, mais les mesures qu'elle met sur la table... Par exemple, c'est supprimer toutes les normes écologiques sur les constructions de logements. Alors, il va falloir m'expliquer, alors qu'on a connu un été avec des incendies, avec des questions écologiques qui sont centrales. La meilleure idée de Mme Le Pen dans cette rentrée, c'est de dire on va pouvoir construire dans des endroits où on ne pouvait pas construire avant. On va supprimer les dispositifs qui empêchent l'artificialisation des sols. C'est-à-dire la bétonisation à outrance en particulier des terres agricoles, des espaces naturels. Elle nous dit on va supprimer la loi dite SRU, c'est-à-dire la loi qui oblige les communes les plus riches. à construire du logement social. Mais
elle en parle du logement, Emmanuel. Personne n'en parle, c'est un peu l'angle mort de cette campagne. On a
un chapitre entièrement consacré au logement, mais en l'occurrence, les propositions qu'elle met sur la table, non seulement ne vont pas régler, par exemple, quand vous dites que vous allez supprimer la contrainte qui s'applique aujourd'hui aux communes pour construire du logement social, très concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ? Moins de construction de logements sociaux. C'est la loi
SRU qui oblige les communes de plus de 3000 habitants, c'est bien ça, de construire au moins 20%. Conséquence pour vous, 20% de logements sociaux, où iront les familles modestes
? Bonne question. C'est la question que vous devriez poser à Mme Le Pen. On le posera, on lui posera. Moi, je suis député de Marseille. Quand vous demandez un logement social dans une ville comme Marseille, vous avez 5, 6, 7, 8 ans d'attente. La conséquence, je vais vous dire ce que c'est. C'est que les gens ne trouvent pas de logement dans le parc social. Et donc, qu'est-ce qu'ils font ? Ils vont avoir des marchands de sommeil. dans des logements qui sont absolument insalubres, dangereux. Et donc après, on a des drames, parce qu'il y a des gens qui vivent dans des logements qui ne devraient pas être mis à la
location. Est-ce qu'elle ne met pas le doigt sur un angle mort, disait Myriam de la campagne, le fait qu'on manque de logements en France et qu'il faut construire davantage, peut-être mieux, mais construire plus ? Évidemment
qu'on manque de logements, il faut construire. et notamment davantage de logement social, et donc l'inverse de ce qu'on propose. Mais il n'y a rien qui freine
aujourd'hui les permis de construire, on sait que c'est un
droit
extrêmement technique, qui a beaucoup de plans d'urbanisme à obtenir.
Évidemment qu'il y a des contraintes et des normes, Madame, mais... Si on enlève tout, on n'a qu'à aussi construire dans le lit des fleuves. On peut aussi construire au bord de la mer, là où la mer va monter. Tout ça n'a aucun sens. Et après, on va se retrouver confrontés à des catastrophes environnementales et avec des gens qui disent pourquoi on nous a permis de construire un logement à cet endroit alors qu'on est confrontés à une situation en matière climatique qui ne va se traduire pas.
Donc elle est à côté pour vous dans cette montrée ? Je trouve qu
'elle est complètement à côté de la plaque. Et puis alors, quant à la proposition, consiste à dire après l'été qu'on vient de connaître, et des gens qui ont crevé de choses dans des bouilloirs thermiques, qu'on va remettre en location, des logements qu'on a sortis de la location, parce que précisément, c'est des bouilloirs thermiques. Alors là, pareil, je l'ai trouvé hors du temps.
J'ai eu l'impression qu'elle n'a pas vécu le même été qu
'ont vécu les Français. Et réserver, là vous parlez d'écologie, mais réserver les logements sociaux aux Français, pas aux étrangers, ce qui est déjà le cas. Tout le monde est égal devant la loi. Est-ce que vous comprenez ce retour à la préférence nationale, à la priorité nationale
? D'abord, c'est une mesure qui est contraire à la Constitution, parce qu'elle introduit une forme de discrimination dans l'accès au logement. Et je voudrais que tout le monde comprenne, si on applique la logique du programme du Rassemblement national, parce qu'il y a le logement, mais aussi, par exemple, sur l'emploi. C'est-à-dire un travailleur immigré, un travailleur qui n'a pas la nationalité française, mais qui est en France, dans une situation légale, qui occupe un emploi, bien souvent un emploi qui est indispensable à la vie de la nation, parce que ces gens... qu'on jette en pâture comme ça dans les discours de Mme Le Pen, c'est des gens, on est bien contents, quand on se lève à 6 ou à 7h du matin, c'est souvent eux qu'on voit dans les métros, parce que c'est eux qui occupent les emplois les plus difficiles. Donc cette personne, ce travailleur en situation légale en France, il n'aurait pas accès au logement social. Il serait moins payé, parce que Mme Le Pen dit en quelque sorte qu'elle va créer un SMIC, elle va réserver ce qu'on appelle la prime d'activité aux Français. Il n'aurait pas le droit. Deux travailleurs qui occuperaient le même emploi, l'un serait en situation régulière, mais il n'aurait pas la nationalité française, il serait moins payé que les autres. Donc on va lui demander à quoi ce travailleur qui est là, qui est présent encore une fois en situation légale, parfois qu'on a fait venir même pour occuper cet emploi, il ne peut pas se loger, il sera moins payé. On trouve que c'est une bonne chose pour la République, la société dans laquelle on a envie de vivre. C'est un projet de société qui est un projet de société absolument catastrophique. On
ne va pas ouvrir un débat sur l'immigration, on posera ces questions à Marine Le Pen. Il y a une autre surprise dans cette rentrée de la candidate et favorite dans la course pour 2027, pour le Rassemblement national, c'est sa position sur le budget de Sébastien Lecornu. Hier, au Touquet, elle a dit mieux vaut un budget imparfait, opérationnel. plutôt qu'une loi spéciale. Ça veut dire non-censure du RN, son groupe va laisser passer le budget. En tout cas, on le comprend. Il y a des conditions très strictes d'ailleurs. Est-ce que vous êtes surpris
n'est pas la première fois que Mme Le Pen se fait la complice de la mise en œuvre des politiques macronistes en France. Elle avait déjà refusé de censurer un certain nombre de budgets. Et quand nous, dans la mandature qui va se terminer, par exemple, on avait déposé ce qu'on a appelé une motion de destitution contre Emmanuel Macron, elle avait refusé de s'y associer et de la signer. Donc c'est à nouveau Mme Le Pen. qui se range et qui devient complice de la mise en œuvre des politiques macronistes. Peut-être au nom d'une certaine stabilité nécessaire des institutions jusqu'à la présidentielle. Mais en fait, il y a les budgets, le budget que nous propose le gouvernement en cette rentrée, s'il devait s'appliquer, en tout cas dans les grandes orientations qu'on connaît, en gros, à part le ministère de la Défense, amputer les budgets de l'ensemble des ministères. Il n'a pas été présenté encore. On a reçu des lettres de cadrage. On a reçu des lettres de cadrage sur les budgets qui vont être accordées à chaque ministère. Ensuite, c'est un effort demandé à tous les Français, notamment sur les franchises médicales. On augmente le plafond des franchises médicales. C'est-à-dire des gens, en particulier des gens qui sont atteints de maladies chroniques, qui ont un recours important aux médicaments, qui vont payer plus cher l'accès à leurs médicaments. Des efforts qui sont demandés aux retraités. On ne connaît pas encore exactement les dispositions, mais en gros, on va demander des efforts aux retraités. On va y venir. Et puis par contre... Quand il faut mettre à contribution les grandes entreprises ou les plus riches, là, on dit non, non, la surtaxe qui a été mise en place sur les grandes entreprises, on va la supprimer. Votre position,
elle est déjà prise. Vous censurerez. Vous n'attendez même pas la copie du gouvernement sur le budget. C'est censure pour LFI. Oui,
rien dans les grandes orientations qui nous sont données aujourd'hui nous permet de penser que ce budget va être un bon budget pour le pays. Et alors, on me dit oui, mais il y a des déficits et il faut lutter contre les déficits. Très bien. Mais l'année dernière, c'était exactement la même chose. Et on nous a dit pour lutter contre les déficits, il faut faire telle, telle, telle chose pour faire souffrir les gens. a fait madame je m'arrête là je veux juste vous le faire remarquer quel va être le déficit cette année par rapport à l'année dernière
Probablement pas en dessous des 5%.
C'est probablement le même, voire supérieur au déficit de l'année dernière. Donc en fait, on a des politiques économiques qui aggravent les mots qu'ils sont censés corriger. Et on va nous demander d'être d'accord avec. Mais peut-être que la censure
et l'absence de budget rendra le déficit encore plus élevé dans un an, quand vous espérez peut-être prendre les commandes de l'État l'année prochaine. D'abord non, parce qu'il n'y aura pas d
'absence de budget. Si le budget est censuré, il y a un dispositif qui s'appelle, c'est un peu technique, une loi spéciale. 15 milliards d'euros. En plus, de déficit. Si on passe par la loi spéciale. Et le budget actuel, combien de déficit en plus ? Mais vous rajoutez du déficit au déficit ? Non, pas du tout. Je ne crois absolument pas qu'une loi spéciale aurait un impact plus désastreux pour l'économie que le budget tel qu'il est proposé, pour une raison qu'il faut que tout le monde comprenne. C'est que quand vous vivez dans un pays dans lequel plus de 50% de la croissance du pays est tirée par la consommation populaire, quand vous avez une politique qui réduit le pouvoir d'achat des Françaises et des Français... En fait, ça ralentit l'activité économique. Mais donc, ouvrir une crise politique, si
vous censurez. Imaginons que cette censure trouve une majorité. Pour vous, ça n'a pas d'impact sur la confiance. On est déjà à 0,5% de croissance. L'économie est quasiment à l'arrêt.
Vous pensez qu'une censure
maintenant, avant la présidentielle ? Aucun effet. Aucun effet. C'est indolore.
Madame, il appartient au gouvernement de créer les conditions pour que son budget ne soit pas censuré. Mais vous ne pouvez pas me demander à moi d'accepter tous les mauvais choix gouvernementaux qui nous ont mis dans cette situation catastrophique et de me dire, s'il vous plaît, continuez.
Vous avez déjà annoncé la censure, vous n'attendez pas
la copie. Mais je la connais, la copie. Et c'est quelle
censure ? Spontanée début octobre
ou sur
un 49
croire
? On ne sait même pas quel
véhicule législatif le gouvernement va utiliser. Attendez, pardon, ne me dites pas, je ne le sais pas, puisque le gouvernement fait des interviews. dans lequel il dit voilà les solutions qu'on envisage et voilà celles qu'on écarte. Et notamment dans les solutions que le gouvernement écarte, il y a toutes celles que nous proposons, qui sont lesquelles ? Mettre à contribution davantage les très grandes entreprises, mettre à contribution les plus riches, les ultra-riches, les faire enfin payer, c'est le débat qu'on a eu sur la taxe du Gman par exemple. Mais
c'est ça qui est dommage, mais on ne comprend pas pourquoi vous n'allez pas au débat. Je vais aller au débat, madame. Donc vous n'allez pas censurer tout de suite. Non mais
je vais aller au débat. Parce que d'habitude... Comme je le fais chaque année, je vais déposer des amendements pour essayer de modifier la culture budgétaire. Donc il faut laisser sa chance au débat parlementaire. Oui, mais je ne vais pas raconter d'histoire. Je vois bien que vu les orientations que prend le gouvernement, ça se terminera par une censure. Allez,
une
chose est
sûre, les retraités. Je vous donne la parole Romain dans un instant. Ils vont être mis à contribution, en tout cas c'est la piste, votre lettre de cadrage le confirme sûrement. Le gouvernement a tranché, ce sera soit la suppression de l'abattement de 10% pour les retraités qui se sont assujettis à l'impôt sur le revenu, soit la sous-indexation des pensions. C'est non pour vous dans les deux cas ?
Oui, parce que c'est une mesure qui va reposer sur des retraités. Alors le gouvernement nous dit oui, on va cibler que les retraités riches. Et puis après, quand on rentre dans le détail, il nous dit un retraité qui gagne 1 500 euros ou 2 000 euros de pension de retraite, on va le mettre à contribution. Qui peut croire, qui peut penser aujourd'hui en France que quand vous avez une pension de retraite de 1 500 ou de 2 000 euros, vous êtes un retraité riche personne. Donc je ne comprends pas cette manière. de trouver tous les moyens possibles pour mettre à contribution les retraités et pour refuser de faire une chose très simple qu'on pourrait faire. C'est retraité ou pas retraité. Si quelqu'un a davantage, fait partie des 1% ou des 0,1% les plus riches, c'est lui qu'il faut mettre à contribution. C'est ce que nous nous proposons. Quand nous on propose par exemple d'introduire ce qu'on a appelé, ça a été dans les débats parlementaires l'année dernière, la taxe Zuckmane, pour faire en sorte que les 0,1% des plus riches qui payent proportionnellement aujourd'hui... Les retraités
les plus riches.
Les retraités les plus riches peuvent être couverts par ce type de dispositif. Mais pourquoi cibler exclusivement les retraités ? Le fait d'être retraité ou pas retraité n'est pas le bon critère. Le bon critère c'est de savoir si on participe des 0,1% des plus riches. C'est pour aider les actifs. C'est ça l'idée. Mais sur la base de quel raisonnement on considère aujourd'hui que les retraités ? La solidarité intergénérationnelle. Oui, la solidarité intergénérationnelle, c'est aussi que des gens qui ont cotisé toute leur vie, qui ont travaillé toute leur vie, à qui on a promis d'avoir une retraite décente, quand ils arrivent à la retraite et que déjà ils ont beaucoup de difficultés, vous savez combien ça coûte d'aller par exemple dans un établissement type un EHPAD quand vous êtes dans une situation de dépendance ? 2 000, 3 000, 4 000 euros par mois.
Manuel Bompard, vous êtes attaché à la justice sociale, on n'arrive pas à comprendre comment LFI... Peu, si vous êtes un retraité très aisé, 5, 6, 7, 8 000 euros de pension. Pourquoi ne pas les appeler à contribuer dans ce budget ? Les retraites, c'est le premier levier pour le modèle social. Madame,
s'il vous plaît. Je n'ai pas dit que des retraités qui gagnaient 6, 7 ou 8 000 euros, puisque c'est les chiffres que vous venez de prendre de pension. C'est quoi votre feuille, Emmanuel Bonpart ? Mais moi, mon seuil, c'est de ne pas utiliser la sous-indexation des pensions de retraite comme un outil de redistribution des richesses. Ce n'est pas un outil de redistribution des richesses. L'outil de redistribution des richesses en France, c'est l'impôt. Donc, comment vous faites ? Vous, par exemple, c'est une proposition qu'on a formulée dans notre programme, vous rajoutez des tranches à l'impôt sur le revenu, un exemple, de telle sorte que ce... qui sont dans la pile des 1% des revenus les plus importants, eux, soient mis à contribution davantage. Mais la sous-indexation des pensions de retraite, ça ne sert pas à ça. Ce qui sert à redistribuer, à partager les richesses en France, c'est les outils fiscaux.
Donc c'est ceux-là qu'il faut utiliser. Alors l'un n'est pas exclusif de l'autre.
Romain Novick.
Emmanuel Bompard, l'actualité, c'est aussi le prix du litre d'essence qui s'envole. 2,20€ le sans-plomb jusqu'à 2,70€ dans certaines stations. C'est le grand sujet de la rentrée. Ce n'est pas près de s'arranger. Fabien Roussel, le candidat. Un communiste appelle à réveiller les gilets jaunes en manifestant devant les lieux de pouvoir. La révolution ne peut pas attendre la présidentielle, dit-il. Vous vous joignez au mouvement ou vous laissez à
d'autres ce mouvement ? Non, bien sûr. Il y a, y compris la déclaration de Fabien Roussel que vous citez, des appels qui tournent sur les réseaux sociaux et qui appellent à une mobilisation populaire. Que vous relayez ? Non seulement je comprends ces appels, mais évidemment je les soutiens pour une raison très simple. c'est que quand même l'augmentation du prix du carburant n'a pas commencé il y a trois jours. Ça fait maintenant depuis plusieurs mois qu'on atteint des prix du litre qui sont en train de monter en flèche. Vous avez donné les chiffres, bientôt on va arriver à 3 euros le litre quasiment. Et qu'en face, j'avais un gouvernement, pardon, mais qui ne fait rien. Est-ce qu'on verra Manuel Bompard sur un rond-point ? Je ne sais pas quelle forme prendra ces mobilisations. Le 17 octobre, c'est la date qu'ils se sont donnés. prennent et deviennent une mobilisation populaire, oui, les Insoumis seront en soutien, seront présents dans la mobilisation. La mobilisation du 29 septembre
ou du 17 octobre
Le 29 septembre, c'est une mobilisation intersyndicale à l'appel des organisations syndicales. On l'appuie et on la soutient. La mobilisation du 17 octobre, si elle se confirme, évidemment, on la soutiendra également.
On va parler de votre proposition de bloquer les prix parce qu'elle est importante, centrale dans cette rentrée. Ça peut faire rêver plus d'un. Vous allez nous dire comment vous allez la mettre en œuvre. Mais d'abord, je voudrais vous les faire entendre, ces automobilistes en zone rurale. Écoutez-les au micro d'ici Limousin.
Au moins 50 euros, 40 euros. Et là, maintenant, je réduis à 20 euros parce que c'est trop cher.
L'inflation sur le carbone, mais l'inflation sur tout d'ailleurs, en fait. Tout augmente d'une manière incroyable. Et en fait, on s'en sort pas. La voiture
de ma fille, donc, elle me dit, maman, tu veux pas aller me faire le plein parce qu'elle est étudiante. Donc, bon, ça l'arrange bien si je peux lui faire 70 euros d'essence.
On a quand même connu un prix du baril à plus de 100 dollars. Et on n'a jamais eu ces prix-là à la pompe, quoi. Et là, on est en dessous de 100 dollars. Alors, je sais pas, je comprends pas tout, là.
Manuel Bompard, Jean-Luc Mélenchon l'a encore dit hier à la fête de l'Humanité, blocage des prix. Déjà, à combien vous bloquez
Vous bloquez au prix auquel ils étaient avant l'explosion des prix, dû notamment à la crise internationale. À combien le litre de son plan ? Autour d'un euro 70. Il faut discuter comment ça fonctionne, les mesures de blocage des prix. Ça fait
une sacrée différence entre le prix du marché à la pompe et celui du blocage. Donc on va essayer de comprendre, pour nos téléspectateurs, comment vous allez faire.
La remarque qui a été faite par la dernière personne que vous avez interrogée dans votre sujet, c'est la bonne. Pourquoi alors que le prix du baril n'est pas aussi important que ce qu'il a été à d'autres moments, le prix à la pompe est plus important ? Pourquoi ? Je vais vous dire pourquoi. Parce qu'entre le début de cette crise internationale et aujourd'hui, les marges des grands raffineurs, des grandes multinationales du pétrole, elles ont été multipliées par 4. Donc, ce n'est pas la crise pour tout le monde. Ce n'est pas un phénomène naturel. Tout le monde n'est pas raffineur, vous le
savez très bien. Il peut se permettre de piocher dans ses marges. C'est une évidence quand on voit ses super profits. Mais le problème, Romain Novicki, c'est qu'il y a des petits distributeurs également.
Exactement. Ils n'auront pas les moyens de revendre à perte. Comment vous allez faire ? Les protéger ou les laisser justement ? Est-ce qu'il n'y a pas de ciblage ? Tout le monde profitera de ce blocage des prix.
Mais attendez, les distributeurs dont vous parlez, moi je vous parle des marges des raffineurs, précisément, parce que vous avez raison, ce que vous dites est absolument juste. Il y a des petits distributeurs qui ne sont pas ceux qui encaissent des marges, mais ces petits distributeurs, ils achètent bien leur carburant. Mais est-ce que ça ne va pas créer des pénuries ? Attendez, ils achètent bien leur carburant à des raffineurs.
Donc
il faut remonter dans la chaîne, ce n'est pas à la distribution qu'il faut bloquer la marge, c'est au niveau du raffinage. Alors ensuite vous me posez cette question, légitime, puisque c'est ce que dit le gouvernement, ça va produire des pénuries. Je voudrais juste faire une remarque parce que je suis quand même… C'est éberlué que personne en France ne le sache. Est-ce que vous savez qu'en ce moment même, à l'heure où on se parle, sur l'île de la Réunion, il y a une mesure de blocage des prix qui existe sur le prix du carburant. Vous connaissez le prix du litre de carburant aujourd'hui sur l'île de la Réunion ? Autour de 1,96€.
Pourquoi ?
Parce que chaque mois... Sur l'île de la Réunion, il y a une réunion avec le préfet qui bloque les prix. C'est tout à fait possible de le faire et il n'y a pas de pénurie.
En population que dans l'Hexagone, ça crée quand même des différences. Non, ça ne
crée pas de différence. L'expérience a déjà été
faite. En 1990, vous le
savez, Michel Rocard a encadré les marches pendant un mois. Certains pompistes s'étaient mis en grève. Et il n'y avait plus d'essence à la pompe. Est-ce que c'est à redouter ce que vous avez anticipé, cette conséquence possible ? Mais non,
précisément, je vous remercie de rappeler que c'est des dispositifs qui ont déjà eu lieu et été utilisés en France. Vous avez cité 1990, mais je pourrais citer pendant la crise sanitaire le prix du gel hydroalcoolique qui a été bloqué de manière administrative. La question qu'il y a derrière, pour que tout le monde comprenne.
Pour les spectateurs, l'État paye zéro. Vous bloquez le prix à 1,70€, vous ne payez pas la différence.
Ah si, un peu. Cette différence,
c'est Total qui va la payer pour tout le reste des distributaires, pour comprendre.
Je vais expliquer. Si vous bloquez le prix, d'abord, il y a une partie de l'effort qui est fait par l'État. Parce que vous savez très bien que quand vous amenez le prix du litre de carburant à 2,40 ou 2,50, il y a une partie significative qui sont des taxes. qui viennent dans les caisses de l'État. C'est-à-dire que l'État renonce à cette partie-là des taxes sur l'augmentation du prix du carburant. Et le reste, oui, vous le demandez et vous l'obligez à le prendre dans la poche des raffineurs. Voilà comment vous faites très simplement. Et Patrick Rouyané, vous
pensez qu'il va continuer à vendre son pétrole en France ?
Voilà, bonne remarque. Donc ensuite, c'est forcément la question qui vient. Le patron de
Total.
Moi, je vais vous dire quelque chose. Une mesure que vous prenez de manière temporaire, parce que c'est ça l'objectif d'une mesure de blocage des marges, pendant plusieurs mois, le temps que cette crise se tasse. Si vous pensez qu'un raffineur qui aujourd'hui vend son pétrole en France va en quelque sorte se priver... pour la vie du marché français, parce que pendant quelques mois, il va faire moins de profit que ce qu'il fait aujourd'hui, je pense que vous vous trompez. Vous faites confiance au raffineur ? Non, je ne fais pas confiance au raffineur, je fais confiance à la rationalité économique des acteurs. Et je sais très bien que quand vous êtes assis sur un tas d'or qui est le marché français de distribution des carburants, vous ne prenez pas le risque que ce soit un concurrent qui vienne prendre votre place, parce que pendant quelques mois, on va vous demander de faire moins de profit. Mais c'est 1,70€ le litre aussi pour celui qui prend dans sa voiture pour un week-end à Deauville. Oui, mais c'est la raison pour laquelle, monsieur, tout à l'heure, je vous disais que les outils de partage des richesses en France, ça s'appelle l'impôt. Parce que je comprends très bien votre raisonnement. Ne ciblez pas. C'est basique,
c'est la justice sociale.
Très bien, mais jusqu'à preuve du contraire, en temps normal, le prix du carburant, il est le même pour tout le monde, y compris pour celui qui prend sa voiture pour aller à Deauville et celui qui prend sa voiture pour aller au travail. Et je ne crois pas que vous proposiez qu'on indexe le prix du carburant sur les revenus des gens. On aurait pu penser que les filles, justement, fraînent cette justice sociale. Mais non, mais on n'a jamais proposé. On ne va pas décider que tous les prix... de tous les produits en France sont indexés sur les revenus. C'est pour ça qu'on a inventé quelque chose qui s'appelle l'impôt et qui permet qu'on fait contribuer davantage et qu'ensuite on reverse par des politiques de solidarité.
Justement, vous avez un programme extrêmement ambitieux, je vous propose tout de suite qu'on se penche sur l'avenir en commun 2027, c'est de demander le programme. On va prendre quelques mesures de votre programme, si vous le voulez bien, puisque la grande question, c'est est-ce que vous serez crédible si vous gouvernez ? Et il y a beaucoup, beaucoup de Français qui se posent cette question. Moi, d'abord, j'ai une question sur l'état d'urgence sociale. Il a été décrété, si j'ose dire, par Jean-Luc Mélenchon, évidemment, s'il est élu en mai prochain. Qu'est-ce que ça veut dire exactement l'état d'urgence ? Est-ce que ça existe dans la Constitution, mais vous allez passer par décret ? Vous n'allez pas passer par la loi sur les salaires, sur le blocage des prix ? Je
vais vous répondre d'abord, permettez-moi juste une toute petite précaution. Notre programme pour 2027, il n'a pas encore été publié. On s'en est rendu compte. D'ailleurs, sur Mélenchon 2027.fr, il y a réactualisation de travail. On a fait des contributions citoyennes et il sera publié à l'automne. Ça me paraît important de vous dire ça. En général,
l'état d'urgence, c'est quand l'ordre public, même les intérêts fondamentaux de l'État sont menacés.
Ça
n'a rien à voir avec les salaires.
Précisément. C'est la proposition de Jean-Luc Mélenchon. C'est exactement celle que vous êtes en train de décrire. Il existe aujourd'hui dans la Constitution un état d'urgence. quand l'ordre ou les libertés sont menacées, et qui permet d'avoir accès à des dispositifs qui sont des dispositifs exceptionnels. Ce que dit Jean-Luc Mélenchon, c'est… Se passer
du Parlement, souvent. Non,
non, il ne s'agit pas de se passer du Parlement. Il s'agit de dire que dans des situations exceptionnelles, d'urgence sociale, on doit pouvoir avoir… des modalités d'action. Mais quelle modalité
? En général, c'est exorbitant du droit commun. Quand c'est l'ordre public, il y a des assignations à résidence, il y a des perquisitions. Qu'est-ce que vous voulez faire en matière sociale ?
Précisément ce que je viens de vous dire, par exemple, sur le blocage des prix, qui est une mesure temporaire. Ça, vous
pouvez les faire sans état d'urgence.
Oui, d'accord, mais on disposerait d'un panel de mesures qu'on pourrait activer de manière exceptionnelle parce qu'on serait dans une situation exceptionnelle. Et vous voulez aussi des blocages des prix, l'indexation des salaires sur l'inflation quand il y a une grosse inflation, bloquer des prix sur les produits alimentaires, parce qu'on parle beaucoup du carburant, mais vous savez très bien, Ce qui va arriver là, c'est une augmentation significative des prix alimentaires, notamment en raison des conséquences de la sécheresse sur les productions agricoles. Donc c'est avoir accès à un panel de mesures qu'on peut
activer dans une situation... Alors justement,
les salaires. Oui,
par décret, le SMIC passerait de 1 477 euros net aujourd'hui à 1 700 euros net. Grosse augmentation du SMIC par décret. Ce sont les entreprises qui payent à la fin. Alors, les salaires sont effectivement payés par les entreprises. Vous ne distinguez pas entre les entreprises qui sont en difficulté, celles qui ont une petite taille, grande taille, riches par riches ? On va y
venir. D'abord, vous dites que c'est une augmentation très importante. Je vous fais remarquer que dans les années qui viennent de s'écouler, en Espagne ou en Belgique, il y a eu des augmentations du SMIC beaucoup plus importantes que celles que nous proposons. Et les entreprises ne se sont pas effondrées. Ça, c'est la première chose que je veux vous dire. Deuxièmement, là où vous avez raison, c'est que ce n'est pas la même chose pour une petite entreprise d'augmenter ses salaires que pour une très grande multinationale. C'est pourquoi il faut regarder notre programme dans sa globalité. Oui, on est pour augmenter le SMIC. Oui, on est pour convoquer ce qu'on appelle des négociations annuelles obligatoires pour que toute l'échelle des salaires augmente, pas juste les salaires au niveau du SMIC. Mais en même temps, on propose un certain nombre de mesures pour venir en appui et en soutien des petites et des moyennes entreprises. Donc il y a toujours de l'aide publique aux entreprises. Attendez, laissez-moi décliner ces mesures. Certaines peuvent être de l'aide publique, mais vous allez voir. Premièrement, on met en place un pôle public bancaire pour faciliter l'accès au crédit des petites et moyennes entreprises. C'est un gros problème souvent, les frais bancaires pour les petites et moyennes entreprises. Deuxièmement, on rétablit les tarifs réglementés de l'électricité. Le coût de l'électricité pour les artisans, pour les restaurateurs. Il a explosé ces dernières années.
Il faudra passer par Bruxelles. Ça va être compliqué de le faire tout seul. Le marché de l'électricité est fixé à 27.
Madame, à un moment, on n'est pas obligé d'accepter non plus la libéralisation à outrance. Il y a des
règles à 27 en commun. Ce n'est pas évident de le faire.
On peut désobéir à certaines règles. Vous désobéissez,
vous sortez. On met en place
un tarif réglementé de l'électricité en France. Premièrement. Deuxièmement, ou troisièmement, parce que je vous ai déjà donné deux mesures, je vous en donne une troisième. On encadre les délais de paiement. Beaucoup de petites entreprises sont sous-traitants de grands groupes. Parfois, ces grands groupes mettent des délais de paiement très importants. C'est-à-dire que pendant des mois et des mois, ils attendent d'être payés pour un service qu'ils ont rendu à une grande entreprise. On l'encadre par la loi. Quatrième exemple, je vous en donne un dernier. Vous avez beaucoup de petites ou moyennes entreprises qui peuvent être des artisans, des restaurateurs, qui ont une difficulté dans l'accès aux locaux commerciaux. Et bien souvent avec des régies foncières qui possèdent des biens et qui les louent à des tarifs qui sont exorbitants. Donc tout ça, ça ne va pas traîner l'embauche.
Parce que quand vous devez donner plus le salaire, en général, c'est difficile en plus d'embaucher davantage.
Là, je vous ai donné un certain nombre d'exemples. Ça
suffira pour vous,
comme filet de
sécurité pour augmenter les salaires
tout en n'augmentant pas le chômage. Je vous suggère de discuter avec pas mal de petits entrepreneurs et leur difficulté, à mon avis, c'est plus l'accès au crédit, le prix de l'énergie, l'accès à l'immobilier. Plutôt que les salaires de leurs salariés.
Parce qu'il y a déjà 70 000 faillites l'an dernier.
Précisément, mais ça, ce n'est pas parce qu'on a augmenté le SMIC. Vous avez remarqué qu'il n'a pas augmenté. Ça n
'aura pas d'effet. Non,
c'est l'inverse. Ça va même avoir un effet positif. C'est mon dernier argument. Je vais vous dire pourquoi. Parce que je vous disais tout à l'heure, la croissance de la France est tirée par la consommation populaire. Si vous augmentez le SMIC... Contrairement à quand vous faites des cadeaux aux ultra-riches, c'est de l'argent qui retourne immédiatement dans la consommation. C'est la
relance vertueuse par la consommation.
Mais évidemment, parce que, attendez, vous savez qu'à chaque fois que vous faites des politiques de baisse du pouvoir d'achat, les premiers qu'on souffre, c'est les restaurateurs, les coiffeurs. Tout ça que, quand on n'a plus les moyens, on est obligé de faire des économies sur ça. Donc il faut faire l'inverse, il faut redonner de l'oxygène, redonner du pouvoir d'achat et ça va profiter à l'économie de manière générale. Donc le SMIC
augmente, vous indexez tous les salaires sur l'inflation et puis vous annulez la dette. On va s'y arrêter un instant. On va parler de la dette si vous voulez. Vous parlez de gel maintenant, de la dette. On va écouter comment Bruno Retailleau parle de Jean-Luc Mélenchon. C'était hier à Nolent-sur-Marne sur le sujet de la dette.
champion de toute catégorie, le leader maximo des bonimenteurs, l'admirateur des dictatures tropicales. Le David Copperfield de la disparition d'adeptes. Et encore, David Copperfield, c'est trop lui prêté. C'est plutôt la fée Clochette. La fée Clochette qui, d'un coup de petite baguette magique, prétend faire disparaître l'adeptes.
vous êtes donc l'assistant d'un magicien.
Manuel Copperfield. Vous avez entendu un argument dans la tirade de M. Retailleau ? J'ai bien remarqué que depuis cette rentrée, M. Retailleau, parce qu'il n'a pas beaucoup de lumière, il passe son temps à insulter les insoumis en espérant que les insoumis lui répondent sur le même ton pour essayer de créer de l'actualité. Moi, pardon, j'aspire à un débat dans cette élection présidentielle qui soit argument sur argument. Le débat, il existe chez les économistes. Est-ce qu'on peut geler une dette auprès de la BCE ? Chez les économistes, il existe. Dans la déclaration que vous venez de me passer de M. Retailleau, il n'y a pas un argument. Donc de quoi on parle ? Parce que M. Retailleau fait semblant de ne pas comprendre ou alors il n'a pas compris et c'est encore plus grave. De quoi on parle ? On parle d'une dette, une partie de la dette française aujourd'hui, qui est détenue par la Banque Centrale Européenne. Tant qu'il vous faut l'accord. Attends, attends. Qui est détenue par la Banque Centrale Européenne. On ne parle pas d'une dette qu'on doit à des créanciers privés. D'accord ? Donc c'est une dette qui en quelque sorte… Ça fait à peu
près 600 milliards d'euros. On peut enlever 40 milliards, c'est
520 aujourd'hui. C'est en quelque sorte une dette qui nous appartient à nous-mêmes. Donc on n'est pas en train, contrairement à ce que j'ai entendu, d'investisseurs qui vont être floués parce qu'on ne va pas les rembourser. Vous avez raison, il faut pour cela une décision qui est une décision collective de la Banque Centrale Européenne. Je vous fais remarquer qu'on a été capable ces dernières années de prendre une décision collective de la Banque Centrale Européenne pour acheter de la dette de nos États qui étaient sur les marchés privés pour faire en sorte de les mettre dans les caisses de la Banque Centrale Européenne. Cette fois-ci, Christine Lagarde a dit non déjà. ce n'est pas Christine Lagarde qui va décider quand même. Elle est patronne de la BCE. C'est une violation pure du traité, dit-elle. Non, mais ce n'est pas vrai, madame. C'est ce qu'elle dit. Je ne suis pas patronne
de la BCE. Vous n'êtes pas patronne de
la BCE, mais ce n'est pas parce qu'elle le dit. Juridiquement,
techniquement, financièrement.
Madame, les articles des traités européens disent une chose, et juste une chose. La Banque Centrale Européenne n'a pas le droit de prêter directement aux États. C'est ce qu'interdisent les traités européens. De mon point de vue, d'ailleurs, c'est une mauvaise décision, il faudrait le changer. Mais là, on ne parle pas de ça. On parle de dette qui a été achetée sur les marchés privés et on dit... Rien dans les traités ne dit ce qui doit être fait de cette dette.
Pour ça, il faut que tous les états membres, pour une grande majorité, soient d'accord pour ça.
Le deuxième truc que je voudrais vous dire, parce que ça me fait assez sourire. Madame Lagarde, elle a été ministre de l'économie. D'abord, elle a creusé la dette comme pas beaucoup de ministres de l'économie ont fait. Mais surtout, quand Madame Lagarde était au gouvernement de M. Sarkozy, vous savez ce qui s'est passé ? C'était après la crise des subprimes. Il y a eu une réunion à l'Elysée entre les différents États. Et la Banque Centrale Européenne pour leur dire, bon, on va s'asseoir sur les traités parce que là, il faut sauver le système bancaire, donc on va faire des trucs qu'on ne faisait pas avant. Donc, madame la garde, quand il faut sauver les banques, là, elle n'a pas de problème avec les traités. Mais quand il faut sauver les gens, il y a
des problèmes avec les traités. Comment vous
expliquez après aux Français qu'ils doivent rembourser leur emprunt, leur dette, que quand on doit 100 euros à sa banque, on n'en rembourse pas 50 ? Comment vous expliquez ce mécanisme ? Mais je leur explique de manière très simple. C'est-à-dire que l'argent disparaît par magie ?
Je leur explique de manière très simple, c'est que cette dette... Ils ne la doivent à personne d'autre. On ne la doit à personne d'autre qu'à nous-mêmes.
Il faut qu'on prenne les problèmes dans l'ordre parce que c'est très technique. Effectivement, c'est une dette qui appartient à la France via la Banque de France ou la Banque centrale européenne. Mais si Christine Lagarde n'est pas d'accord, il faut que vous ayez quand même l'avis de la Cour de justice. des communautés européennes,
de l
'Union européenne. Et donc il faut qu'il y ait plusieurs pays, une majorité de pays qui soient d'accord pour la saisir. Et d'abord, ce n'est pas gagné. Et si jamais vous y parveniez, ça prend 18 mois pour y parvenir. À la fin de savoir si vous voulez non, c'est possible.
Mais c'est la BCE qui dit non. Donc si vous voulez aller contre cet avis, ça va être compliqué. Madame, excusez-moi, ce que vous dites n'est pas vrai. Pardon, je suis désolé, je vais préciser les choses. Il faut d'abord une décision qui soit prise par la Banque centrale européenne, ça c'est vrai. Ensuite, il peut y avoir des recours contre cette décision devant la Cour de justice de l'Union européenne. Je vous fais remarquer que… Parce
qu'elle vous dit non, là.
Oui, d'accord. Vous allez faire
le recours.
Attendez, ce n'est pas moi qui vais faire le recours. Si vous êtes élue. Non, mais la Banque centrale européenne, s'il y a une majorité des États à l'échelle européenne qui disent qu'il faut faire ça, c'est ça la question. Ce n'est pas la Banque centrale européenne et Madame Lagarde. Oui, mais aujourd'hui, il n'y a pas de
majorité.
Vous n'en savez rien, vous leur avez posé la question. Quand vous voyez
les frugos autour de l'Allemagne déjà exiger le retour autour 1%, on se dit que la majorité n'est pas facile. Mais
Madame, précisément parce que tout le monde en Europe est confronté à la même difficulté, c'est-à-dire qu'on a en face de nous un mur d'investissement. Tout le monde n'est pas endetté comme la France, Emmanuel Bompard. Vous savez que les pays qui représentent plus de 50% du pays européen ont tous 100% d'endettement. Ça concerne la France. On n'est plus à 100, on est à 120, 125%. Ça concerne la France, deuxième économie de l'Union européenne. L'Italie, troisième économie de l'Union européenne. L'Espagne, quatrième économie de l'Union européenne. Tous ces pays-là, et même les Allemands, parce que vous me parlez des Allemands, les Allemands viennent de lancer un plan d'investissement de plus de 500 milliards d'euros. Les Allemands viennent de renoncer à la règle d'or qu'ils avaient dans leur constitution pour dire qu'il ne fallait pas avoir de déficit chaque année. Pourquoi ? Parce qu'on est face à des défis qui sont immenses. J'ai parlé en introduction de l'urgence climatique. Ça nécessite des investissements qui se chiffrent à plusieurs centaines de milliards d'euros par an. On y vient justement dans un instant. Et on a besoin pour ça de retrouver des capacités d'investissement et donc des capacités d'endettement. Donc, madame, je m'arrête là.
Il y a
la possibilité de trouver une majorité en Europe pour obtenir cette décision. Les prêteurs, vous savez que notre dette,
elle est détenue par une partie d'investisseurs étrangers. Mais les prêteurs, ils ne sont pas concernés. Quand ils vont voir cette annulation de la dette, ils risquent de dire qu'on arrête de prêter ou alors qu'on ne prête pas à des taux raisonnables.
C'est l'inverse, madame. Si vous réduisez... l'endettement des États, les prêteurs vont se dire, la situation des États, elle est plus à l'aise que ce qu'elle était avant. Et donc, on a encore plus confiance en eux pour pouvoir nous rembourser. Mais les taux ne vont pas exploser. Vous n'avez pas anticipé une panique boursière ? Ah non, les taux ne vont pas exploser. Je ne le crois pas du tout. Parce que vous confondez deux choses. Vous confondez un État qui décide de faire défaut sur sa dette et qui dit, moi, j'arrête de payer. Et une décision qui est une décision concertée, politique, de jeu d'écriture. Parce qu'en fait, c'est un jeu d'écriture d'annulation. Mais aussi, vous faites confiance aux
investisseurs privés.
non, mais moi, je ne fais pas confiance aux investisseurs privés. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je suis favorable à ce que la Banque Centrale Européenne puisse prêter directement aux États. Parce que là, on parle de sujets qui sont un peu techniques, mais c'est bien qu'on en parle, parce que je crois que c'est un débat important. Mais c'est quand même absolument hallucinant qu'aujourd'hui, quand un État veut s'endetter, il est obligé d'aller sur les marchés financiers. Et donc, à chaque fois que la France s'endette pour, par exemple, financer des infrastructures pour l'avenir, il y a une partie de sa dette qui est versée en taux d'intérêt à des créanciers privés qui ne font rien. À part gagner de l'argent sur le dos des investissements. Ça va prendre du temps quand même, ça vous
le reconnaissez. Ça ne peut pas se faire du jour au lendemain. C'est un peu un chemin de croix quand même pour y parvenir.
Qu'est-ce que vous dites
à ceux qui sont tentés par cette annulation de la dette ? Combien de temps ça peut prendre si vous êtes élu ? Non mais qu'on soit très concret. Immédiatement. Combien de temps ? Vous allez la geler immédiatement. Est-ce qu'il faut une coalition
d'État ? Oui d'accord, mais il ne faut pas 10 ans pour convaincre d'autres États qu'on peut y arriver ensemble. Dans ce que j'ai dit, dans les propos que j'ai tenus devant vous, il y a différentes mesures. Les premières mesures, celles qui consistent à congeler ou annuler une partie de la dette. ou au moins à garder cette part de dette, parce que la Banque Centrale Européenne est en train de la revendre sur les marchés financiers. Donc on s'expose encore plus sur les marchés financiers. Ça, c'est des mesures qu'on peut prendre immédiatement. Ensuite, ce dont je vous ai parlé, de changer les traités européens pour permettre à la Banque Centrale Européenne de pouvoir prêter directement aux États, oui, ça, je le reconnais sans aucun problème, ça va prendre plus de temps. Donc il y a des mesures d'urgence, puis il y a des mesures qui vont prendre plus de temps.
Justement, pour financer ce mur d'investissement. dont vous parlez, il faut beaucoup d'argent. On va essayer d'y voir beaucoup plus clair dans votre programme sur l'écologie, ce que vous appelez la bifurcation écologique. Tout de suite, c'est vu d'ici.
Manuel Bompard, on vient de l'entendre. Oui, de voir que l'été a été très chaud en France. La France a suffoqué et même défamé. Plus de 1 400 cours d'eau à sec. Les champs agricoles ont été terrassés par des canicules et des vagues de chaleur. Des milliers d'exploitations agricoles. Des bâtiments ont surchauffé comme les hôpitaux et les écoles. Et même en cette rentrée, justement, en septembre, je vous propose de voir ce reportage tourné par nos confrères d'ici Provence-Alpes, Oriane Dufault et Thierry Valero.
cette classe de CP, la routine a repris, le décor est le même, à un détail près, cette climatisation. Avant les vacances dans certaines salles, le thermomètre pouvait grimper jusqu'à 35 degrés au grand désarroi des parents.
On nous demande très régulièrement de si on peut garder nos enfants chez nous. Et en fait, nous, on travaille, c'est hyper compliqué. En plus, on culpabilise parce qu'on se dit qu'ils sont dans des classes où il fait très très chaud.
Là, au moins, c'est vrai que... C'est déjà plus supportable pour eux.
Et pour y parvenir, la commune ne s'est pas contentée d'installer des pompes à chaleur. Elle a d'abord rénové les bâtiments de fond en comble.
Ici, ça ne se voit pas, mais il y a 16 cm d'isolant. Et ensuite, vous le voyez autour de ces fenêtres, des casquettes ont été apposées pour empêcher la pénétration également directe du soleil.
Isolation des façades, des combles, réfection des toitures. Budget total, 5,5 millions d'euros pour les quatre groupes scolaires, financés en majorité par le département et à 40% par la commune. Un investissement conséquent qui répond aussi à un autre enjeu.
Nous sommes une collectivité, une commune avec des ressources qui sont contraintes. L'objectif est également de faire des économies au niveau de la dépense énergétique. Et
si les écoles sont
plus
fraîches l'été, elles devraient aussi être mieux isolées pendant l'hiver.
Manuel Bompard, on vient de l'entendre, une rénovation thermique à 5,5 millions d'euros pour 4 groupes scolaires seulement. Ça coûte cher cette rénovation thermique. Le gouvernement réduit de 50 à 10 millions d'euros son enveloppe pour les crédits pour adapter les écoles aux canicules. Vous, vous voulez massivement investir. Où trouvez-vous l'argent ?
Je vous en ai parlé, c'est un peu le lien avec la discussion précédente. Quelle sera votre priorité ? Nos priorités, alors. Dans la misurpation ? D'abord, je vais dire que le reportage est intéressant et que je trouve que la démarche de cette commune est la bonne démarche, c'est-à-dire de faire une rénovation globale des bâtiments. Il y a une étude qui a été faite par un collectif d'associations qui dit qu'en isolant la toiture, en mettant des volets, des stores... On peut déjà résoudre quasiment 70% du parc. Ce sont des mesures qui déjà sont suffisantes pour que ça rende acceptable 70%, y compris des logements. Donc vous laissez la main
aux collectivités.
C'est les
mairies, c'est les communes. Ensuite, il y a des
outils qui ont été mis en place par l'État pour aider les collectivités locales. C'est notamment le débat qui a eu lieu autour de ce qu'on appelle le fonds vert. Il se trouve que ces dernières années, le fonds vert, il a été amputé par les coupes budgétaires du gouvernement année après année. Il est réaugmenté là ? Oui, parce que là où on a eu la canicule, tout le monde s'est rendu compte que c'était quand même un petit problème de demander aux collectivités locales d'isoler leur école et en même temps que les financements qui leur permettent de le faire soient réduits. Donc bien sûr que ça doit être l'une des premières priorités d'investir massivement des dizaines de milliards d'euros par an dans l'adaptation au changement climatique. C'est les bâtiments publics, donc c'est les écoles, c'est les hôpitaux. Les hôpitaux, au moins que dans les hôpitaux, on soit dans des situations qui soient vivables quand il fait chaud. Ça, c'est des centaines de milliards d'euros. Vous n'allez pas pouvoir faire tout en un an. Parce qu'y compris, il faut les personnels formés pour le faire. Je pense que les écoles, les hôpitaux, ça doit être la priorité. Et puis les logements. On met un peu de clim quand même
dans les hôpitaux, là où il n'y en a pas.
Là où c'est nécessaire de le faire. Pour 70%, on n'a pas besoin de clim. Et ensuite, là où c'est nécessaire, notamment dans les hôpitaux, les écoles, les EHPAD, oui, évidemment, on met de la climatisation. Évidemment, ça va prendre du temps. Et puis on fait les logements et on commence les logements. par les logements qui sont les plus mal isolés, c'est-à-dire dans lesquels c'est des bouilloires thermiques l'été et des passoires thermiques l'hiver. Donc c'est l'inverse de ce que proposait, ça fait le lien avec le début, Madame Le Pen, qui elle, propose de remettre sur le marché locatif des bouilloires thermiques. C'est absurde.
C'est au contraire celle qu'il faut rénover en priorité. Donc c'est la grande bifurcation écologique dont vous parlez dans le programme à venir en cours de réactualisation. Et pour ça, il faut beaucoup d'énergie décarbonée. Êtes-vous toujours pour une sortie du nucléaire à l'horizon 2050 ?
Alors 2050, ça fait partie des discussions qu'on a en cours en ce moment. Le problème, c'est qu'on a perdu 10 ans. Donc 2060 ? Je ne dis pas que c'est forcément 2060, parce que 2060, on est confronté à une difficulté. C'est que les réacteurs nucléaires existants, leur durée de vie, ne peuvent pas être prolongées de manière indéfinie sans faire peser des risques sur la sécurité.
Il n'y a plus que vous, les écologistes, qui êtes sur cette position
de la sortie du nucléaire. Mais c'est pourtant la bonne, parce que que nous proposent les autres ? Parce qu'on est tous en train de dire qu'on est face à une crise climatique énorme. La manière d'y répondre des macronistes, du Rassemblement national, c'est de dire qu'on va construire des nouveaux réacteurs nucléaires. Sauf que ces nouveaux réacteurs nucléaires, on parle d'EPR de nouvelle génération. Première remarque, il n'y en a pas un seul qui a été construit pour l'instant.
Il y en a
un avant, Flamanville, il y a eu des années de retard. C'est deux tiers de
l'électricité en France.
Attendez, je vais aller au bout de mon raisonnement. Je vais aller au bout de mon raisonnement. Les réacteurs nucléaires dont on est en train de parler, ils n'arriveront pas. Et ils ne rentreront pas en vigueur à France avant 2040. sujet aujourd'hui, ce n'est pas d'attendre 2040, c'est qu'est-ce qu'on fait maintenant pour réduire par exemple l'usage des énergies carbonées. Donc il faut mettre le paquet sur le renouvelable, sur la rénovation thermique. Et ça, c'est des choix budgétaires. Mais vous ne fermez pas
de centrales, pour être bien clair.
On ne les ferme pas tout de suite. On les ferme quand on a monté en puissance suffisamment. Mais donc
pas avant 2060 ? Non,
pas 2060. On commence à fermer des centrales à partir du moment où on a, par des politiques d'adaptation au changement climatique et par le développement des énergies renouvelables. qu'on a réussi à faire en sorte qu'on n'en a plus besoin. C'est parti des arbitrages en cours et vous présentera cet horizon. Ça ne sera pas 2050 parce qu'on est obligé de prendre plus de temps parce qu'on fait les choses sérieusement. Mais évidemment qu'il faut conserver une perspective de sortie du nucléaire. Que faites-vous des 250 000 emplois directs et indirects du nucléaire en France ? Je fais en sorte de les reconvertir. Par exemple, d'abord il faut démanteler les centrales nucléaires. C'est un travail de démanteler les centrales nucléaires, ce n'est pas facile de le faire. Et puis ensuite, si on parle de faire monter en puissance les énergies renouvelables, c'est un vivier de centaines de milliers, voire de millions d'emplois qu'il va falloir créer pour faire en sorte de développer ces énergies renouvelables. On parlait de rénovation, d'adaptation au changement climatique, de rénovation d'écoles, d'hôpitaux, de logements. Là, c'est de centaines de milliers d'emplois qu'il va falloir créer dans le bâtiment. pour être en capacité de faire face à ces objectifs. Donc oui, il y a des emplois qui vont changer de nature, mais il faut conserver et garantir les emplois de tout le monde.
À ce stade de nos échanges, on aimerait comprendre, parce que vous investissez massivement dans tout, en fait, dans l'hôpital, dans l'école, dans les services publics, évidemment la bifurrication. Oui, alors en fait, il faut comprendre que ça coûte de l'argent, donc
on
aimerait un chiffre.
Clémence Guettet a
dit sur France Info récemment que rien que pour la bifurcation écologique, c'était 200 milliards d'euros. Rien que pour l'écologie. Si vous rajoutez la revalorisation des professeurs, de tous les fonctionnaires, les recrutements massifs dans les services publics, est-ce que vous pouvez nous donner un ordre de grandeur ? On a compris le mécanisme de la relance. Mais combien ? ça va coûter ce programme. D
'autant que c'est vous le docteur en mathématiques. Non, je ne suis pas tout
seul à travailler. On a
l'impression que là, on est à 500 milliards d'euros. Madame, madame,
pardon, mais vous, excusez-moi, mais vous ajoutez des tomates et des oignons là. Ah ben non, l'investissement, il faut bien le financer. Oui, mais justement, il y a des choses qui sont de l'ordre des politiques d'investissement. Et il y a des choses qui sont de l'ordre, quand vous me parlez d'indexation des potions de retraite, d'augmentation des salaires… Non, je vous
ai parlé de recrutement, de fonctionnaires… Voilà, mais
ça, ce n'est pas une politique d'investissement, ce sont des salaires qu'il faut verser chaque année. Attendez, je ne vais pas esquiver votre question, ne vous inquiétez pas. En 2022, notre programme a été absolument et totalement financé. On est les seuls à avoir présenté un chiffrage de notre programme.
Donnez-nous un chiffre. Je ne vais pas vous
chiffrer le programme en vous disant que les arbitrages sont encore au cours. Si 200 000,
c'est l'écologie, on est au double là. Madame,
laissez-moi terminer ma réponse si vous voulez bien. Je vous prends comme engagement. c'est que dans la campagne présidentielle, nous chiffrerons notre programme comme nous l'avons fait la dernière fois. Il y a eu des
pistes quand même. Jean-Luc Mélenchon a fait un peu de maths hier quand même. Après, on peut parler des pistes si vous voulez, mais le chiffrage complet, vous comprenez qu'il faut d'abord avoir le programme complet. La dette gelée, ça on en a parlé, c'est autour de 600 milliards d'euros. Les 211 milliards d'euros d'aides aux entreprises, d'aides publiques, ça, ça serait réduit à zéro, si on vous suit. Et l'État réorienterait une partie des 2000 milliards d'euros de dépôts sur l'assurance vie. Et là, on n'a pas compris. C'est-à-dire qu'à quel moment, vous, vous pouvez... Mais réfléchissez autrement l'épargne de l'assurance-vie, qui est une épargne privée, individuelle. Est-ce que là, vous vous immiscez dans la propriété privée, la liberté de chaque Français d'épargner son assurance
-vie là
où il
le veut ? C'est bien qu'on aborde ces sujets, mais je pense qu'il faut qu'on fasse attention à ne pas créer de la confusion. Mais c'est Jean-Luc Mélenchon, hier, à la fête de lui. C'est très populaire
à l'assurance-vie dans notre pays. Justement, je
pense que vous avez mal compris. Évidemment, personne ne va aller prendre l'assurance-vie des gens pour en faire des investissements publics. Il s'agit de dire... Par exemple, il y a des avantages fiscaux aujourd'hui sur l'assurance-vie, et vous pouvez par exemple flécher ces avantages fiscaux pour que l'assurance-vie permette de venir financer des activités qui sont des activités en France. Mais là, on ne parle pas de financement public, on parle de financement privé. Ensuite, il y a les investissements publics. Donc je vais répondre à votre question, une partie des investissements publics. Évidemment, un plan d'investissement, ça passe évidemment par de l'emprunt. Les Allemands, quand ils investissent 500 milliards d'euros, mais pourquoi ? Parce que c'est un emprunt qui profite aux générations futures. Attendez, deuxième sujet. Oui, mais laissez-moi aller jusqu'au bout et vous comprendrez la cohérence globale. Là, vous m'avez posé une question sur les financements privés. Ensuite, je vous ai parlé du financement public des investissements. Et ensuite, on peut parler, si vous voulez, du financement pour lutter contre les déficits. Et là, on a un certain nombre de propositions à mettre sur la table qui permettent de rentrer des recettes nouvelles. Voilà. Est-ce que vous savez quand même ? Parce que moi, je veux bien qu'on prenne les chiffres comme ça. Non, mais c
'est important de comprendre ça. Attendez, c'est très important,
madame. Et c'est tellement important que si... Il n'y avait pas eu de cadeaux fiscaux qui avaient été donnés aux plus riches et aux grandes entreprises depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir en 2017. C'est-à-dire, si le niveau de recettes en pourcentage du PIB était resté au même niveau aujourd'hui qu'en 2017, le déficit en France... Donc là, vous
retirez toutes les aides aux entreprises ?
Non, je vous parle des cadeaux qui ont été faits par Emmanuel Macron. Il y a des aides aux entreprises, grosses entreprises. Il y a la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, il y a la flat tax, etc. Si vous supprimez, attendez, ces 60 milliards d'euros de recettes qu'on a perdues chaque année, si vous les supprimez, aujourd'hui en France, le déficit est inférieur à 3%. Les entreprises, elles
vous disent qu'il y a déjà beaucoup d'impôts par rapport à nos voisins. Juste un mot de politique,
Manuel Montpard, parce que là, vous essayez de montrer la crédibilité de votre programme. François Ruffin, qui était l'un de vos compagnons de route, était la fête de l'UMA hier, il a dit qu'il y a un plafond électoral en béton chez LFI. On ne peut pas gagner quand vous avez deux tiers des Français qui vous haïssent et qui ont peur de vous, vous, LFI. Oui, et ? Est-ce qu'aujourd'hui, ce plafond de verre, il existe ? Je ne sais pas. Vous n'êtes plus rejeté dans les enquêtes d'opinion que Marine Le Pen. Ce n'est pas vrai. Opinion, oui,
pour la Fondapol, 71% des personnes interrogées déclarent exclure de voter pour Jean-Luc Mélenchon, 51% pour Marine Le Pen. Oui,
voilà. Vous
suscitez une forme de rejet ? Non, madame. Vous le constatez ou pas ?
Pas du tout.
Non ?
Je ne crois absolument pas à ces chiffres et d'ailleurs, je vais vous en faire, si vous voulez bien, d'un certain point de vue, une certaine forme de démonstration. Après… La dissolution de l'Assemblée nationale après les élections européennes. Les mêmes sondages que vous êtes en train de montrer à l'écran. Il y en a eu 27 qui ont été réalisés entre la dissolution de l'Assemblée nationale et le premier tour des élections législatives. D'accord ? 27 sondages. Les 27 sondages disaient que le Rassemblement national va avoir une majorité à l'Assemblée nationale et va avoir le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée nationale. Est-ce que le Rassemblement national a eu le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée nationale ? Eh bien non, ça n'a pas été le Rassemblement national. Mais il y a eu un rond
républicain. Eh oui, madame. Eh oui, mais donc les sondages
se sont trompés. Et donc, ce n'est pas parce que vous me sortez des sondages, pardon, mais qui vont dire telle ou telle chose, qui vont produire le résultat. Et donc, ce front républicain sera reconstitué, selon vous, sans aucune difficulté ? Mais je n'en sais rien. Ça, c'est les électrices et les électeurs qui le décideront. Mais là, vous prenez le problème par un autre bout. D'abord, il faut se qualifier au second tour de l'élection présidentielle. Moi, j'appelle évidemment toutes les électrices et les électeurs, mais aussi toutes les militantes et les militants à s'engager avec nous. Autour de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, je pense que vous pouvez au moins reconnaître que dans ce début de campagne, les démonstrations de force qu'organise notre campagne, le nombre de personnes qui viennent dans nos événements de campagne, démontrent qu'il y a une dynamique autour de cette campagne. Et ensuite, il y a une question de second tour. Et on me pose souvent la question de second tour. J'ai juste une chose à dire sur ce sujet. Si vous prenez les reports de voix qui ont été ceux des élections législatives de 2024, d'accord ? Et que vous les appliquez au sondage de premier tour aujourd'hui. Le résultat au second tour entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, aujourd'hui, actuellement, c'est 50-50.
Il faut encore un petit pourcent de plus pour gagner. C'est ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon. Allez, Manuel, vous parle avant de se quitter votre carte planche. Ça s'appelle l'Info en Plus. C'est la dernière séquence du grand enjeu ici France Info. L'Info en Plus, c'est une info qui est passée sous les radars, qui n'a pas été beaucoup traitée par les médias et sur laquelle vous vouliez revenir. Quel est votre choix ?
Je voulais parler d'une fermeture d'entreprise qui est pourtant vitale pour l'économie. et la souveraineté populaire, la souveraineté nationale, c'est la fermeture des usines de Fibre Excellence. Il y a deux sites, il y en a à Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, il y en a à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, et c'est le dernier fabricant en France de pâte à papier. Et la pâte à papier, on en a besoin, regardez, parce qu'on a les uns et les autres sous les yeux. Et cette entreprise, elle est en train de fermer, c'est plusieurs centaines d'emplois qui sont menacés de disparition, il y a une mobilisation contre cette fermeture, donc je voulais... qu'on puisse en parler. Il y a un plan
de reprise aussi, Mathieu Pigasse.
Justement, ce plan de reprise, pour l'instant, il a échoué. Donc les usines sont en train de fermer. Il y a encore, pour l'instant, l'usine de Saint-Gonens, qui n'est pas encore totalement condamnée. Mais par contre, l'usine de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, elle est aujourd'hui fermée. Et scandale sur le scandale, cette usine, elle a été confiée à des liquidateurs. Et aujourd'hui, ces liquidateurs ne respectent pas les consignes de sécurité et sont en train, à l'heure où on se parle, de reverser dans le Rhône des polluants. Voilà. Et malgré les consignes qui sont données par la préfecture. Donc c'est un scandale social et c'est aussi un scandale sanitaire. Donc sur
le social, il faudrait nationaliser même temporairement. Évidemment. Carole Delga, qui est la présidente de la région socialiste, a proposé cette nationalisation. Je suis content
qu'elle se soit ralliée à une position qu'on défend depuis maintenant plusieurs semaines. Parce qu'à l'époque, elle disait que ce n'était pas possible. Mais c'est très bien. Plus on sera nombreux à défendre cette nationalisation partielle, il faut nationaliser pour sauver les emplois, pour préserver cette activité, pour préserver l'environnement. La santé des gens qui vivent à côté, vous êtes au courant que si on verse des produits polluants dans le Rhône, c'est évidemment de l'agriculture, des activités de pêche, des activités de loisirs, avec des gens dont la santé va être mise en danger. Donc là, je lance l'alerte immédiatement pour dire qu'il faut arrêter, il faut que la préfecture tape du poing sur la table et arrête qu'on verse des produits polluants dans la rivière.
Merci. Merci à vous. Merci Manuel Bompard d'avoir été les nôtres dans ce grand enjeu ici France Info. Merci Romain, Romain Novicki ainsi que Yael Gauz. Dans un instant, votre duel politique du dimanche soir, Rocaïa Diallo, Charles Sapin. On va revenir entre autres sur la rentrée de Marine Le Pen. Est-elle devenue la meilleure alliée du gouvernement sur le budget ? Mais tout de suite, c'est 19h. Guy Matala.