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C'est News, il est 7h54, on est avec Paul Suji, journaliste au Figaro. Bonjour Paul. Bonjour Romain. C'était jour de meeting hier, tous les candidats ou presque étaient de sortie, mais deux d'entre eux ont retenu votre attention, d'abord Marine Le Pen à Hénin Beaumont, qui s'est notamment engagée, on en parle beaucoup, sur le thème du logement.
Oui, elle a effectivement rencontré, comme vous le soulignez, une préoccupation grandissante dans l'esprit des Français pour qui la part du budget consacré au logement n'a cessé de croître au long de ces dernières années. Or donc, ceux qui espéraient, sur le plan politique, plutôt une clarification, une réponse aux attaques de ces derniers jours, ou même des précisions sur le rôle que jouera par exemple Jordan Bardella, qui était aux côtés de Marine Le Pen hier, en seront pour leurs frais. Même les adversaires de la candidate ont presque été épargnés. Il a été question, à Hénin Beaumont, de logement, thème de fond s'il en est. Et Marine Le Pen avait presque une pointe de sarkozyme dans la voix quand elle a rappelé par exemple son souhait de faire advenir une France de propriétaires. La candidate du RN a notamment promis d'abolir un totem, la fameuse loi SRU, qui a imposé un quart de logements sociaux dans les villes. C'est une mesure qui pourrait plaire à un électorat de cible, c'est-à-dire la droite plutôt libérale, et qui d'ailleurs a déjà soutenu un certain nombre de maires, par exemple, qui s'engageaient sur cette voie, des maires, même macronistes ou les républicains, qui réclament d'accord et à cri cette interdiction, c'est la fin de cette interdiction. Vous diriez que Marine Le Pen essaie de plaire à un électorat de droite libérale en se misant sur ce thème ? Disons qu'en tout cas, elle essaye de décliner un programme toujours social, mais qui ne soit pas du socialisme. Ça, elle a bien martelé hier, c'est son slogan même. C'est un numéro d'équilibriste, c'est assez réussi pour le moment. Difficile de dire que les mesures qu'elle a aigrenées sont calquées sur celles du Parti socialiste ou de la France insoumise. Le logement, certes, c'est un terme social, mais elle le colore de ses idées nationalistes en rappelant par exemple sa proposition de préférence nationale en matière d'accès au logement social, mais aussi d'accès par exemple aux aides pour le logement, etc. Son programme social, c'est un programme qui... coche beaucoup de cases aussi d'obsession, dirait-on, de certains libéraux. Parce que ça passe par un recul calculé de l'État. Baisse de la TVA aussi sur l'énergie. Donc au fond, confiance renouvelée dans l'économie privée. Alors reste à savoir comment ces baisses de recettes pour l'État seront compensées. Parce qu'on sait bien qu'au global, le programme économique du Rassemblement National ne promet pas de baisser toutes les dépenses. Et donc c'est sur la cohérence d'ensemble qu'il faudra encore convaincre. Mais sur l'esprit et sur la méthode... Le lepénisme semble au fond une proposition originale, à part des autres, difficile à caricaturer. On retrouve aussi des traits dans ce qui a pu être dit hier par Marine Le Pen, du programme avancé par sa nièce Marion Maréchal, qui a d'ailleurs repris très vite sur ses propres réseaux sociaux toutes les propositions avancées en matière de logement. Vous avez également... tond une oreille du côté de Port-Marli où Éric Zemmour faisait sa rentrée. Oui, et là, effectivement, c'est de ça les deux ambiances. Les deux candidats de la droite nationale font une rentrée très différente. Alors, pour Éric Zemmour, on l'a retrouvé sur ses thèmes identitaires et civilisationnels plus que jamais. Il faut dire qu'il avait sous-traité à sa compagne Sarah Knafo, avec la sortie tonitruante de son livre qui fait le procès de la gabegie budgétaire de l'État, les grands thèmes économiques. Et donc, Éric Zemmour a embrayé sur ce qu'il sait faire de mieux, c'est-à-dire l'identité française assiégée. Il s'est posé comme le candidat. de la remigration. Et mon petit doigt me dit que cette différence de style entre lui et Marine Le Pen ne va cesser de se creuser au fur et à mesure de la campagne. Au fond, fini le temps de l'imitation, on est vraiment dans le temps de la distinction entre ces deux candidats qui veulent à tout prix montrer qu'ils font une campagne très différente.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Merci beaucoup
Paul Suji.