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La matinale de Radio Classique avec David Abiker.
Et Guillaume Tabar à 8h10 pour l'éditorial avec Le Figaro. Guillaume, bonjour. Bonjour David. Le logement a été le thème du discours de rentrée de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont. Pourquoi a-t-elle choisi ce sujet ?
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
J'allais dire parce que ça n'était pas celui qu'on attendait. On attendait a priori de Marine Le Pen un discours politique et surtout une clarification de la ligne après toutes les turbulences récentes dont on parlait vendredi. Le voile, l'Ukraine, etc. Et enfin, on s'attendait à ce qu'elle réinstalle son tandem avec Jordan Bardella après tant de flous et de rumeurs sur leur relation. Eh bien, rien de tout cela. Et on comprend pourquoi. On le sait bien, on ne sort du flou qu'à son détriment. Et chaque précision aurait déclenché de nouvelles interprétations. Donc le meilleur moyen de ne pas s'empêtrer dans les sables mouvants, c'était de ne pas s'y éventurer. Donc de ne pas parler des sujets qui fâchent. Elle
a donc fait l'impasse sur les problèmes internes du RN, mais elle a fait aussi l'impasse sur ses concurrents à la présidentielle. C'est un choix délibéré, j'imagine ?
Oui, tout à fait. C'est vrai qu'elle n'a cité aucun de ses concurrents. Tout juste une phrase dans laquelle elle a renvoyé Edouard Philippe et Gabriel Attal aux années Macron. Mais là encore, vous l'avez dit, c'était délibéré. Comme si elle voulait dire que dans cette élection, son problème n'était pas les autres, ou plus exactement. que tous les autres cherchent à prendre l'ascendant dans leur camp, comme Jean-Luc Mélenchon, à justifier leur candidature, donc à se démarquer les uns des autres. Olivier Faure par rapport à François Hollande, Bruno Retailleau par rapport à Edouard Philippe, Éric Zemmour par rapport à Marine Le Pen. Elle, elle n'a a priori pas de souci à se faire sur sa qualification au second tour. Donc son discours de Hénin Beaumont, c'était dire « tous ils parlent les uns des autres ». Donc ils sont dans des postures tactiques. Moi, je vous parle à vous, les Français. Et je vous parle des sujets qui touchent à votre vie quotidienne et qui peut nier que le logement soit un de ces sujets qui préoccupent les Français.
Et sur le fond, comment qualifiez-vous les propositions de Madame Le Pen justement sur le logement ?
Sur le fond, elle s'empare de ce dossier pour montrer une fois de plus... Le caractère obsolète à ses yeux du clivage gauche-droite. L'accès au logement, c'est le sujet social par excellence. Et d'ailleurs, chez elle, à Hénin-Beaumont, ancien bastien minier, elle dit qu'elle veut toujours mener en priorité une bataille sociale. C'est sa formule. Donc, sans épouser le tournant qu'imaginait Jordan Bardella. Ensuite, en parlant de... Priorité aux Français, vous noterez qu'elle ne dit pas préférence nationale, même si c'est la même idée, elle confirme le prisme historique du RN. Et enfin, en voulant une France de propriétaire, comme le voulait Nicolas Sarkozy en 2007, en proposant la suppression de la loi SRU et des normes telles que le ZAN, le Zéro Artificialisation Naturelle, ou le DPE, le Diagnostic sur l'énergie, elle s'inscrit dans des propositions classiques de la droite. Dès hier, on l'a vu, ça a réagi de partout. C'est au moins le signe que, sur le plan tactique, elle a réussi son coup.
Guillaume Tabard, éditorial, a retrouvé sur lefigaro.fr. Vous revenez loger à Radio Classique demain matin, dès 8h10, mon cher Guillaume. À suivre l'invité de la matinale, l'ONU a adopté la semaine dernière une nouvelle carte du monde, ou en tout cas une résolution pour, qui fait une place plus grande au continent africain. La géographie et la cartographie n'ont jamais été si disputées depuis que Donald Trump... a décidé d'annexer tout ce qui l'intéresse. On en parle avec Jean-Robert Pitt dans un instant, président de la Société de Géographie, membre de l'Académie des sciences morales.