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La colère sociale est-elle proche ? À la recherche de 6 milliards d'euros sur les retraites, c'est le projet du gouvernement. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s'est dit pour un effort des retraités pour ce budget 2027. C'est l'heure de notre grand entretien. Bonsoir Bruno Le Maire.
Bonsoir.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Je suis ravi de vous accueillir sur ce plateau. On va regarder les propos du ministre du Travail, notamment sur la désindexation des retraites. Il dit ne pas être pour. Et vous
je suis favorable, pas favorable de gaieté de cœur, mais je suis favorable à ce que nous reprenions le contrôle de nos finances publiques. Parce que là nous sommes en train d'aller droit dans le mur en klaxonnant. Nous avons des taux d'intérêt qui sont à plus de 4%, bientôt ils atteindront 5%. Ça crée des problèmes pour tous ceux qui veulent se loger, qui veulent contracter un emprunt. Ça pose un énorme problème pour les PME qui veulent là aussi emprunter et investir. Donc il faut stopper l'hémorragie tout de suite. Et ce n'est pas 6 milliards qu'il faut trouver, c'est de l'ordre de 30 à 40 milliards pour tenir. une trajectoire dans laquelle nous reviendrons sous les 3% de déficit public en 2029.
Il faut taper sur tous les retraités ? Mais
il ne sait pas taper. Il est hors de question de taper sur qui que ce soit.
Il s
'agit juste de reprendre le contrôle de nos finances publiques. Donc il faut non seulement désindexer les retraites jusqu'à ce qu'on revienne. Toutes
les
retraites sauf le minimum vieillesse. Moi je propose une désindexation d'un point. Il faut geler le point d'indice des fonctionnaires. Le ministre du budget l'a annoncé courageusement. Il faut geler l'avancement des fonctionnaires. Il faut geler les prestations sociales. Et j'ai également proposé que nous réduisions. la contribution de la France à l'Union européenne et que nous demandions un rabais. Nous avons aujourd'hui, j'ai le malheur de vous le dire, un niveau de revenu moyen en France qui est inférieur à la moyenne des autres pays européens. Donc qu'est-ce qui justifie qu'on aille financer des autoroutes ici ?
Quitte à laisser l'Allemagne devant nous.
Mais ce n'est pas une question de laisser l'Allemagne devant nous, c'est simplement regarder la réalité des choses, se dire qu'aujourd'hui il y a une urgence absolue à reprendre le contrôle de nos comptes publics pour garantir qu'une fois qu'on aura repris ce contrôle, on pourra réinvestir dans l'avenir de notre pays. Mais qu'est-ce qu'on va attendre ? Qu'on soit à 5% de déficit ? Que la situation soit totalement immétrisable ? On va attendre qu'il y ait un accident financier ? Tout ce que nous n'aurons pas décidé librement aujourd'hui. demain nous sera imposé par la contrainte et par la Banque Centrale Européenne. Moi, j'ai aucune envie de voir la France demain dans la même situation que la Grèce, que l'Espagne, que le Portugal, à qui on n'a imposé pas le gel des pensions de retraite, la baisse des pensions, la baisse des traitements des fonctionnaires. Je ne veux pas avoir ça pour la France, donc je vous le dis avec beaucoup de gravité, il faut que le gouvernement et que l'ensemble des oppositions aient le courage de stopper l'hémorragie financière actuelle.
Ce que vous
proposez,
c'est une année blanche, en quelque sorte, c'est ce qu'avait proposé François Bayrou. Dans le contexte actuel de baisse du pouvoir d'achat, là vous allez priver les retraités à nouveau d'un surplus de pouvoir d'achat, en quelque sorte, et même... Pas que les retraités, puisque vous proposez aussi le gel des prestations sociales, notamment, et également du point d'indice pour les fonctionnaires. Vous ne craignez pas de gripper encore un peu plus la machine économique ?
Mais ça, c'est ce que j'ai entendu pendant 7 ans, à chaque fois qu'on va faire des économies. Et moyennant quoi, on continue à aller dans le mur. Vous pensez vraiment que des jeunes de 25 ans qui vont aller à la banque demander un emprunt, qui, on va dire, c'est 6% le taux d'intérêt ? Ils ne sont pas appauvris. Vous pensez aux millions de salariés dont les salaires, eux, ne sont pas indexés sur l'inflation ? Vous trouvez ça juste
? Et certains disent que ça nous fait rentrer dans une guerre générationnelle, c'est-à-dire d'opposer les retraités aux actifs.
Non, parce qu'il faut donner des garanties aux retraités. C'est quoi la garantie qu'il faut leur donner ? C'est que ce que nous faisons, nous le faisons pour un temps limité. jusqu'à ce que nous reprenions le contrôle de nos finances publiques et que nous soyons comme tous les autres États de l'Union européenne, tous, tous les États membres de la zone euro, sous les 3% de déficit. Et la deuxième garantie qu'il faut leur donner, c'est que nous accompagnerons cela d'une réforme des retraites et aussi que chacun mette carte sur table. Moi, je mets carte sur table. Avec des chiffres, avec des réalités. Avec
un changement de l'âge pivot notamment. Bien
sûr, je propose 65 ans. Je propose qu'on développe la capitalisation, comme je l'avais fait avec le produit d'épargne aux retraites, qui était un immense succès. Je propose évidemment qu'on tienne compte de la pénibilité de certains métiers et des carrières des femmes qui sont trop souvent des carrières hachées. Mais c'est ça la garantie qu'on doit donner aux retraités. L'effort qu'on vous demande, ce n'est pas un effort jusqu'au calendre grec. C'est un effort pour une durée limitée et qui s'accompagnera d'une réforme des retraites et effectivement d'un âge légal de départ à 65 ans qui vous assure que tout le monde contribue. Mais ce qui est en jeu aujourd'hui, c'est la liberté de la France.
Mais comment vous faites pour faire passer un âge pivot à 65 ans alors qu'on a déjà du mal à laisser cette réforme des retraites d'Elisabeth Borne ? Comment vous
faites ? En expliquant très simplement aux Français. que ça leur garantira des retraites et des bonnes retraites. Quand je propose la capitalisation, je ne propose pas pour me faire plaisir, mais parce que je pense aux Français. Et que lorsque vous mettez un euro de côté, lorsque vous avez 30 ou 35 ans, plus tard, vous le retrouverez, il vaudra 2 euros, 2,50 euros. Vous aurez une meilleure pension de retraite, l'âge à 65 ans. Et la capitalisation, c'est deux garanties. La retraite par répartition sera sauvée, elle sera financièrement soutenable. Et vos pensions de retraite seront meilleures. Je reprends l'exemple du PER, du produit de pain de retraite, parce qu'il est très intéressant. Les Français sont infiniment plus lucides que leurs responsables politiques. Quand vous leur offrez la possibilité de mettre de l'argent de côté pour leur retraite, ils se précipitent sur ces produits. Ils
sont descendus dans la rue quand même pendant que vous étiez ministre pour protester contre les réformes des retraites que vous avez proposées. Pas vous-même directement, mais votre gouvernement.
Parce qu'il y a une inquiétude que je peux entendre, mais on ne peut pas vivre plus longtemps, ce qui est une très bonne nouvelle. Avoir une espérance de vie qui augmente, une démographie qui est plus faible, et continuer à dire de manière complètement aveugle, notre système de retraite par répartition va pouvoir continuer à fonctionner. Ce n'est pas vrai. Et je pense qu'aujourd'hui, dans la situation grave où nous sommes, le courage, le courage de la vérité, le courage des chiffres, le courage de la réalité... Est-ce qu'il y a de plus important pour un responsable politique ? Au passage, retirer la réforme des retraites, abandonner la réforme de retraite comme cela a été fait après la fâcheuse dissolution de 2024, je pense que c'est l'une des pires erreurs politiques qui a été commises.
Bruno Le Maire, vous portez ce projet vous-même, vous avez ouvert un site internet, vous avez fait un manifeste, comment on vous situe politiquement à l'heure actuelle
Comme un acteur politique ? Un observateur ? Non,
je n'ai
jamais été un observateur. J'étais 30 ans un acteur politique, j'occupais des fonctions ministérielles. J'ai fait le choix pendant deux ans de me mettre en retrait, de découvrir d'autres choses. Je travaille pour le géant de la tech à SML, qui fait la photographure pour les puces pour l'intelligence artificielle. Mais maintenant, je vois le débat qui arrive. Je vois des échéances qui sont majeures. J'ai simplement envie de faire part de mon expérience et de faire part de mes convictions. Et je le fais haut et fort et en homme totalement libre.
Alors est-ce qu'il y aura une autre option pour cette présidentielle ? C'est ce qu'a laissé entendre Jean-Louis Borloo sur ce plateau il y a quelques semaines. Écoutez.
dans un groupe, vous n'avez pas un regard d'ouvriers, de polytechniciens, de profs de sciences nat, de médecins, si vous n'avez pas ça,
si
vous n'avez que des contrôleurs, mais on a filé le pouvoir aux contrôleurs. Ça s'appelle des inspecteurs, inspecteurs des finances, cours des comptes, conseils d'État, école de Rennes. Ils ne voient pas à quel point le système sait. étiolé, dégradé et qu'il est plus sous contrôle. Je dis simplement qu'il faut réunir les mécanos de la République pour réparer, il faut réparer la France.
mécanos de la République, c'est un projet que Jean-Louis Borloo dit qu'il va peut-être porter avec d'autres. Vous voulez en faire partie ?
Et tant mieux ! Tant mieux, on a un moment de débat. Vous avez envie d'en faire
partie ?
Vous savez, je ne suis ni inspecteur des finances, ni conseiller d'Etat. Non, il a dit aussi des hommes de terrain.
Il citait même Thierry Breton. Tout le monde peut y rentrer. Ce que
dit Jean-Louis Borloo, et que je défends dans mon manifeste que vous pouvez trouver sur mon site uneautrefrance.fr, c'est que notre modèle, tous les Français le savent, tous les Français le voient, il est à bout de souffle. C'est un modèle qui ne produit plus assez de richesses. C'est un modèle qui est injuste. C'est un modèle dans lequel le fonctionnement politique, on ne sait plus qui décide de quoi, qui est responsable de quoi. C'est une confusion totale. Il y a trop de ministres, on ne sait pas vraiment ce que fait le Parlement. Il y a une multiplication de couches locales, nationales, européennes. On n'y comprend plus rien. Donc il faut, c'est mon diagnostic et ma proposition, refonder notre modèle et réinventer un modèle français. Qu'on le fasse en équipe, comme le propos de Jean-Louis Borloo, c'est une super idée. Si il vous le
propose, vous y allez.
Mais il faut que tous, ensemble, soit avec Jean-Louis Borloo, avec d'autres, nous réfléchissions à ce qui est bon pour le pays. Quel est aujourd'hui le problème de partie de gouvernement, je n'aime pas ce mot de bloc central, qu'il n'est ni un bloc, ni central ? C'est qu'on ne voit pas ce qu'ils défendent. Pourquoi ils se battent ? Moi, je veux dire clairement ce pourquoi je me bats. Je me bats pour la prospérité, par le travail. et par la production industrielle. Je me bats pour le rétablissement de l'autorité de l'Etat en disant qu'on doit passer d'un État-providence à un État-puissance qui garantit la sécurité. Vous voulez que les Français
votent sur un programme plutôt que pour une personne.
Et je me bats pour une fédération d'Etat-nation parce que, à mon sens, c'est la seule façon de résister à la Chine et aux États-Unis. À un moment donné, viendra le temps des personnes. Mais aujourd'hui, c'est le temps de la vision que l'on défend pour le pays.
Le temps des personnes, il est quand même là. Il y a un certain nombre de candidats dans le bloc central. Édouard Philippe, Gabriel Attal, alors eux, ils font beaucoup de communication. Édouard Philippe, par exemple, en Moselle, hier, avec, vous allez voir les images, il cuit des flammes cucheuses dans un four et donc il montre qu'il est dans une forme de proximité avec les Français. Gabriel Attal, il a lancé son opération 1000 bistrots à travers la France pour aller dans les bistrots, prendre une bière. parler de son programme. Tout ça pour vous, c'est important ? Ils font un travail de vrais candidats ? Ou alors vous dites, bon, c'est plutôt là, on a l'impression qu'ils font de la communication uniquement ? Non,
c'est important, ça fait partie d'une campagne. Les Flammes Cucheux, c'est très bon. surtout lorsqu'il y a beaucoup de jambon, beaucoup de lard et beaucoup de fromage dessus. Donc c'est très bien de faire campagne comme le font Gabriel Attal et Edouard Philippe. Il se trouve que j'ai une différence par rapport à eux, c'est que je ne suis pas né en politique nationale sous Emmanuel Macron. Je suis né dans la politique nationale. C'est un handicap pour eux ? Je ne sais pas si c'est un handicap ou un avantage, c'est aux Français de le dire. Je dis simplement que depuis 30 ans, comme ministre de l'Agriculture, comme conseiller de Jacques Chirac, comme ministre de l'Économie et des Finances, je n'ai cessé d'arpenter et de sillonner le pays.
Mais vos habits de ministre de l'Économie sous Emmanuel Macron vous collent à la peau, d'une certaine manière, Bruno Le Maire, sur les plateaux télé. Tout le monde vous le rappelle, vous le savez. Bien sûr,
mais je suis très fier de ce que nous avons pu faire pendant 7 ans. Il y a des choses... sur lesquels je n'ai pas réussi à convaincre. Les finances publiques, et c'est pour ça que je le dis aujourd'hui avec beaucoup de clarté, lorsque j'ai voulu rétablir les comptes, proposer un plan de rétablissement des comptes, on m'a dit non, c'est beaucoup trop difficile. Et vous assumez des
erreurs
sûr. J'aurais préféré laisser les comptes publics dans un meilleur état. Je constate simplement que lorsque j'ai proposé le projet que je vous présente aujourd'hui, qui a été déposé sur le bureau du président de la République dès avril 2024, et proposé aux parlementaires dès avril 2024, on s'est dit « oulala, c'est beaucoup trop difficile », on dissout et on abandonne tout projet de rétablissement sérieux des comptes publics. Je le regrette. Vous auriez pu
déposer votre démission ?
Et ça aurait arrangé quoi ?
C'est un signal de courage politique parfois.
Non, je ne crois pas que démissionner soit du courage. Je pense que très souvent, c'est la lâcheté, c'est fuir le combat. J'ai préféré mener le combat et je revendique cette position. Je préfère mener le combat que claquer la porte et m'en aller à grand fracas. Par ailleurs, c'était difficile d'imaginer, même si beaucoup d'imagination, que l'Assemblée nationale allait être dissoute. Je reviens juste une seconde sur le bilan et ce que nous avons fait en matière économique. Je regarde juste la situation lorsque j'ai quitté Bercy. Au milieu de l'année 2024, nous avions 7,5% de taux de chômage. C'est un des points les plus bas des 30 dernières années. On est à 8,6% aujourd'hui. Nous avions des taux d'intérêt à 1,1%. Ils ont bondi à 4,4% et seront bientôt à 5%. On avait un écart de taux d'emprunt avec l'Allemagne qui était de 30 points. Il est aujourd'hui à près de 100 points. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire tout simplement que la dissolution a cassé. le redressement économique du pays que nous avions engagé, et j'en suis fier, entre 2017 et 2024.
Certains observateurs étrangers disent que ce serait une bonne chose que le FMI vienne à nos portes pour tirer la sonnette d'alarme parce que personne n'écoute. Est-ce que vous pensez que c'est quelque chose de probable ? Et est-ce que vous pensez aussi que ça pourrait être une bonne chose que le FMI mette le haut là une fois pour toutes ?
Je pense que c'est ni probable, ni souhaitable. La France est une grande nation, une nation indépendante. Et elle doit garder sa souveraineté et son indépendance. Et quand vous regardez l'histoire des siècles passés, oui, il y a eu dans l'histoire de France des moments financiers extraordinairement difficiles. Quand on regarde notre
croissance, Bruno Le Maire, on peut se poser la question. Vous avez vu les chiffres de l'INSEE. Sur la trajectoire européenne, on
est les derniers. Forcément, on a cassé les choix économiques que nous avions faits en faveur des entreprises et des PME que j'ai portées pendant 7 ans. On a cassé ce choix-là. Là aussi, je rappelle que la dernière année... pleine que j'ai faite comme ministre de l'économie, vous savez de combien était le taux de croissance ? 1,9. Il est de 0,4 aujourd'hui. Alors quand on abandonne une politique économique, on en paye le résultat. Mais il n'est ni souhaitable, ni envisageable que le FMI prenne aujourd'hui des décisions à la place du peuple français.
Ce « on » que vous utilisez, on a dissous, on a cassé la croissance. C'est qui ? C'est le Premier ministre actuel ?
C'est le président de la République ? La dissolution, c'est la responsabilité du président de la République. C'est la Constitution qui le dit et c'est sa décision. Je suis parti à ce moment-là, j'ai repris ma liberté et le choix à ce moment très important de juin 2024, c'était quoi ? C'était... comme il y avait eu des accidents sur les recettes, je ne reviens pas sur les détails techniques, soit on adopte le plan de redressement des comptes que j'avais proposé, qui comportait toutes les décisions difficiles que je vous présente aujourd'hui. Et on prenait le risque, effectivement, que les oppositions, qui ne nous ont jamais soutenus pour faire des économies, nous censurent. C'est ce que j'avais proposé. Soit on se débarrassait et du plan et du ministre des Finances et on allait vers la dissolution de l'Assemblée nationale, c'est ce qui a été choisi.
Donc vous trouvez que vous avez été le bouc émissaire d'une certaine manière ?
Je trouve que le choix de la dissolution a entraîné des conséquences politiques, économiques et financières qui sont dramatiques pour le pays. Mais
vous dites qu'on se retourne vers le ministre de l'Economie et des Finances.
Oui, parce que j'aimerais bien être le seul responsable. Je prends ma part de responsabilité. J'aimerais bien être le seul responsable parce que ça voudrait dire que mon départ aurait pu arranger la situation. Alors je viens de vous donner les chiffres. On a 300 milliards d'euros de dettes supplémentaires depuis que je suis parti. 300. Alors qu'il n'y a pas de Covid. que l'inflation n'est pas au même niveau et que nous ne sommes pas au début de la guerre en Ukraine. Joli résultat.
Mais vous êtes toujours pour une aide, notamment sur les carburants. On a vu à quel point c'est difficile à l'heure actuelle. On approche tout de même des 3 euros le litre. Là, à l'heure actuelle, est-ce que dans cette situation, même si on n'est plus du quoi qu'il en coûte, est-ce que vous gardez certaines aides économiques ? Bien sûr.
sûr qu'il faut aider. Quand vous êtes une infirmière libérale, que vous circulez dans mon ancien département de l'heure, et que vous avez un revenu qui est faible, et que vous avez 200 ou 250 euros de frais de carburant, en plus vous faites comment ? Quand vous êtes ouvrier dans une PME que j'ai visitée il n'y a pas très longtemps dans le Finistère, vous avez des ouvriers qui font 80 à 100 kilomètres par jour, parce qu'ils ne peuvent pas se loger sur le lieu de l'entreprise, c'est trop cher. Vous leur expliquez quoi ? Tu gagnes toujours 1650 euros net par mois ? Mais tu vas payer 200 euros de plus de carburant ? Qu'est-ce que vous allez dire à l'agriculteur qui met lui aussi son carburant dans son tracteur, qui va payer plus cher, alors qu'il touche 600 euros de revenus ? Ce n'est pas possible. Donc oui, je le dis vraiment, avec beaucoup de fermeté, il faut aider ceux qui, pour travailler, n'ont pas d'autre choix que de prendre leur véhicule. Donc vous êtes
ciblés ?
Bien sûr, ciblés sur ceux qui travaillent. Mais je suggère aussi de regarder les chiffres. aider avec des chèques carburants, toute autre forme d'aide directe qui aille vraiment chez les gens, ça va vous compter combien ? 100, 120, 130 millions d'euros. C'est un effort important. Mais les économies que je propose, elles se chiffrent en dizaines de milliards d'euros. Ces aides,
est-ce qu'elles vont suffire à calmer une grogne sociale ? On peut imaginer qu'un certain nombre de facteurs sont réunis pour que des nouveaux Gilets jaunes surgissent. D'ailleurs, il y a des appels à manifester en octobre. Est-ce que vous craignez une colère sociale qui puisse monter à quelques mois l'élection présidentielle ? Bien sûr.
sûr que c'est possible. Et donc la responsabilité collective, pas simplement du gouvernement, mais de toutes les oppositions, c'est de faire en sorte de rassurer. Et vous rassurez par l'action. Vous rassurez par la décision. Vous rassurez par la sérénité. Je soutiens les efforts du Premier ministre Sébastien Lecornu. pour trouver la voie pour un budget. Vous voyez bien que ne pas avoir de budget aujourd'hui, avoir une censure, avoir un chaos politique, ça ne ferait qu'aggraver à nouveau la situation des Français, donc l'inquiétude, donc le risque de colère.
y a un risque de colère, mais la France insoumise, eux, disent très clairement qu'il faut que le peuple s'en mêle, parce qu'à l'heure actuelle, plus personne n'entend. et que la colère sociale commence à monter. On a parlé de cette mobilisation le 17 octobre. Est-ce que c'est une bonne stratégie
'est la stratégie de LFI et c'est une stratégie catastrophique pour le pays.
Donc le peuple dans la rue, c'est une stratégie catastrophique ?
Parce qu'au bout du compte, qu'est-ce qui paye ? C'est le peuple. C'est les plus faibles. C'est les plus modestes. Moi, je vais vous dire, ça me fait mal au cœur d'entendre des propos pareils. Pourquoi ? Parce que c'est les plus modestes, c'est les salariés les plus faibles. C'est ceux qui ont les revenus les plus bas dans la société française qui trinqueront. Parce que si vous avez du désordre, si vous avez du désordre dans la rue, comme le réclame la France Insoumise, vous croyez que vos taux d'intérêt vont faire quoi ? Ils vont baisser ou ils vont monter ? Les gens, ils pourront se loger plus facilement ou moins facilement ? Les entreprises, elles vont embaucher ou elles vont licencier ? Le chaos pour le chaos, c'est la seule stratégie de la France Insoumise. Je trouve ça irresponsable. Là,
c'est pas du chaos, c'est une mobilisation.
Non, c'est le chaos pour le chaos.
Mais les manifestations, pourquoi
? Pour créer du désordre ?
Pour se faire entendre.
Mais vous croyez qu'on ne les entend pas suffisamment, la France Insoumise ? Personnellement,
la France Insoumise, je vous dis les Gilets jaunes.
Personnellement, la France Insoumise, je les entends plutôt trop.
Mais les Gilets jaunes, ceux qui veulent revenir lors des manifestations, faire entordre leur monde. Je le redis,
notre responsabilité. C'est par la décision et par l'action de sortir la France de la situation dans laquelle elle est. Et je pense qu'il vaut mieux jouer carte sur table en disant clairement ce que l'on va faire et en le revendiquant qu'en essayant d'avancer massivement.
La France insoumise, elle met quand même des propositions sur la table. Jean-Luc Mélenchon, il a fait cette proposition qui a beaucoup fait parler de « je l'ai ». la dette de la France. Alors, c'est vrai que c'est un système qui paraît compliqué, mais ce que les Français ne comprennent pas bien, c'est que la Banque Centrale Européenne a racheté de la dette française et, en quelque sorte, c'est notre propre dette. On pourrait mettre de côté cette dette. C'est une proposition que fait Jean-Luc Mélenchon qui est techniquement réalisable. Et
politiquement absurde. Parce qu'elle conduirait à la sortie de la France de l'euro. Donc que chacun fasse ses choix, aille au bout des raisonnements, le jour où la France... Pas
de manière automatique. On perdrait la confiance de nos partenaires, mais on ne perdrait pas forcément l'euro tout de suite. Non, ce ne serait pas
simplement la perte de la confiance de nos partenaires. Vous pensez que nos partenaires vont accepter que nous restions dans un club, la zone euro, la monnaie commune, sans respecter les règles du club ? L'Italie
a fait cette proposition il y a quelques années, en 2018 par exemple.
L'Italie justement en 2008, plutôt qu'en 2018 je crois, s'est fait très vite rappeler à l'ordre. Et je me souviens, il y en a aussi de longues expériences politiques, de réunions du G7, de réunions du G20, où Mme Merkel et M. Sarkozy ont dit à M. Berlusconi, écoute, ça suffit, tes plaisanteries, tout ça c'est en train de planter l'euro, donc tu retires tes propositions. Vous avez vraiment envie qu'on soit traité comme ça ? Vraiment ?
Moi j'ai envie de rien, je vous poserai une question, Bruno Le Maire. Je vous le dis
pour que vraiment nos téléspectateurs comprennent à quel point cette proposition de LFI est démagogique. et irresponsable. Elle entraînera la mise au banc de la France de la zone euro. C'est ce que l'on veut. L'euro, ça nous protège. Ça protège nos économies. Ça protège la valeur de notre épargne. Ça protège la valeur de nos logements. Ça protège la capacité de nos entreprises à investir, à innover. Donc c'est dangereux. de jouer avec l'euro, comme le fait Jean-Luc Mélenchon.
Mais pourtant, ces propositions, elles ont un certain écho auprès des jeunes. Quand on voit les sondages qu'on va voir s'afficher, tout de même, le RN et la France Insoumise, chez les jeunes, on le vend en poupe. Donc, ces propositions-là... Elles ont un certain écho, elles sont entendues. Il y a aussi cette possibilité que la valeur travail n'est plus de réelle valeur.
Ces propositions sont entendues, vous avez raison, parce qu'elles sont claires, simples et tranchées. Il faut que nous fassions la même chose. Et c'est là que je reviens à cette idée essentielle d'avoir une vision pour la France. On a beaucoup parlé de logement avec le discours de Marine Le Pen. La
difficulté,
c'est effectivement urgent de construire davantage et de permettre aux jeunes qui veulent se loger de se loger dans de meilleures conditions. Avec une priorité
nationale ?
Mais certainement pas de priorité nationale. Ce qui compte, c'est que tout le monde en France, toutes les personnes qui se trouvent sur le territoire français puissent se loger. Mais je fais une proposition très concrète. Donc même
des jeunes qui viendraient en visa étudiant, ça, ils auraient la même priorité que des jeunes français qui viendraient étudiant ? Si vous avez fait venir des
jeunes en visa étudiant, parce que vous estimiez que c'était utile pour le pays d'avoir des ingénieurs venus de l'étranger, il faut quand même qu'ils puissent se loger correctement. Sinon, vous allez perdre votre attractivité pour ces jeunes ingénieurs dont nous pouvons avoir besoin. Mais là, je fais une proposition extrêmement concrète sur le logement. Je vois que les jeunes aujourd'hui n'arrivent pas à emprunter, parce qu'on leur dit toujours « vous n'avez pas assez de revenus, ce n'est pas assez stable ». Nous avons mis en place des prêts garantis par l'État pour les entreprises en difficulté quand il y avait le Covid. Ça a remarquablement marché. Ça a sauvé des dizaines de milliers d'entreprises. Je propose que nous fassions exactement la même chose pour les jeunes. Que l'État se porte garant des prêts que les jeunes feront s'ils ont moins de 30 ans pour se loger. Un prêt garanti par l'État pour le logement des jeunes qui ont moins de 30 ans. Ça, c'est une manière de dire aux jeunes, et ça me paraît essentiel, oui, c'est difficile pour vous. Donc d
'emprunter plus facilement ?
Bien sûr. comme
c'est le cas pour les Etats-Unis par exemple ?
Aux Etats-Unis, il n'y a pas ce type de prêt garanti, mais je pense très sincèrement que si vous apportez cette garantie... Les banques diront, à partir du moment où un jeune, même s'il a des revenus faibles, même s'il n'y a pas de revenus dans son foyer, veut contracter un emprunt, j'ai la garantie de l'Etat, donc je lui accorde ce prêt. Moi, je vois tellement de jeunes, parmi les amis de mes enfants, par exemple, qui me disent, nous, on aurait voulu acheter, on ne peut pas, on nous dit, nos revenus sont trop faibles, on n'a pas de revenus. Que l'Etat prenne ses responsabilités, il ne paye pas à leur place, il se porte. Vous avez vu
la proposition de Sébastien Lecornu, transformée en 2027, sur les donations, de faire circuler plus librement l'argent entre les retraités ou les personnes qui voudraient faire des dons plus facilement. Est-ce que vous êtes pour cette proposition ?
Oui, je pense que c'est une très bonne idée. Je pense que tout ce qui permet de faire circuler l'argent, de faire en sorte qu'ils ne dorment pas sur les livrets d'épargne, aujourd'hui on a un taux d'épargne qui est extraordinairement élevé. Pourquoi ? Parce que les gens sont inquiets. Ils ont anticipé une augmentation d'impôts, ils ont peur de ce qui va se passer politiquement. Donc nous devons les rassurer par la clarté de notre vision et en leur offrant des opportunités comme celle de transmettre plus facilement.
Vous avez vous-même cité Marine Le Pen sur le logement à l'instant. Donc vous lui reconnaissez finalement d'investir un terrain politique qui intéresse les Français. Et donc vous lui reconnaissez de faire des propositions. Sur les autres propositions de la candidate du Rassemblement national, à savoir supprimer cette fameuse loi SRU, c'est-à-dire le quota que doivent mettre les communes pour le logement social, qui pour certaines communes est une difficulté. Supprimer cette loi SRU, supprimer le DPE, le diagnostic de performance énergétique qui bloque, semble-t-il, si on en croit les professionnels, le marché immobilier. Tout ça, ce sont de bonnes mesures qui pourraient... fluidifier le secteur du logement
vois beaucoup de slogans dans les propos de Marine Le Pen. C'est des propositions ? Beaucoup de slogans, mais pas beaucoup de solutions. Des propositions, mais ce n'est pas forcément des solutions. Pour tout vous dire, j'ai trouvé le discours de Marine Le Pen assez convenu. C'est toujours les mêmes rengaines, mais on ne voit pas très bien ce que ça peut construire pour le pays.
Elle se normalise pour vous ?
Non, c'est simplement que c'est la banalisation de propos qu'on a entendu mille fois, la préférence nationale. Enfin, c'est des choses, une fois encore, assez convenues. Je n'ai pas été surpris par ce discours. On l'entend depuis des années. Je ne vois pas une nouvelle perspective qui s'ouvre pour les Français. Sur le logement, qui est effectivement un sujet absolument prioritaire pour le pouvoir d'achat des Français, c'est quoi les priorités ? C'est 1. Construire plus, construire plus vite. et construire partout. Et de ce point de vue-là, la suppression de la loi SRU ne me paraît pas une bonne idée, ça va créer beaucoup d'injustices, ce qu'il faut assouplir. C'est le ZAN, c'est le zéro artificialisation nette. C'est ça pour moi le vrai sujet. Parce que là, ça pose un énorme problème, notamment pour les zones rurales, où on ne leur permet pas de construire dans des zones dites non tendues, ça s'appelle les zones C. Il faut leur permettre à tous les maires des communes rurales de construire dans les zones non tendues en assouplissant le zéro artificialisation. La deuxième chose, je l'ai mentionné, c'est donner de l'offre financière pour que chacun puisse emprunter plus facilement. J'ai proposé un prêt garanti par l'Etat pour les moins de 30 ans. Je propose une deuxième chose, c'est la portabilité des prêts qui ont été signés avant 2022, quand les taux étaient très faibles, qu'on puisse reloger avec le même prêt que les banques accepteraient de porter pour un nouveau projet immobilier. Troisième proposition. C'est la mobilité dans les HLM qui me paraît un sujet très important. Je termine juste là-dessus. Il faut mettre fin au droit au bail à vie qui existe aujourd'hui dans les HLM, c'est-à-dire l'impossibilité que vous avez lorsqu'une personne a une famille, elle avait un T5, lorsqu'elle a plus de famille avec deux ou trois enfants, il faut qu'elle quitte son T5 et qu'elle ait un autre logement.
Proposer un programme, c'est difficile de croire que vous n'êtes pas candidat. Vous l'entendez, les téléspectateurs qui nous regardent se disent « il y a un programme tout fait, il a fait un manifeste ». Comment vous répondez à ces personnes qui nous écoutent et qui se disent « il est candidat, ce n'est pas possible ».
Il faut être comme Saint-Thomas, il faut croire ce qu'on voit. Vous avez en face de vous une personnalité politique qui n'a pas déclaré sa candidature. Encore.
Pas encore ?
Pour une raison qui est très simple.
Vous ne répondez pas, Bruno Le Maire, pas encore ? Non,
pas encore. Peut-être que ça viendra, peut-être que ça ne viendra pas. Il faut voir comment cette vision, qui est une vision très radicale, je ne propose pas. Donc vous y pensez,
vous y réfléchissez ? Je
propose un changement complet de modèle français. Mais
vous y réfléchissez, Bruno Le Maire, si on nous écoute ce soir ?
Bien sûr, bien sûr que j'y réfléchis, bien sûr que j'écoute ce que me disent les Français sur mon projet. Mais je trouve qu'on prend trop à la légère. ce qu'est une candidature. C'est une décision qui est grave, c'est une décision qui est intime, c'est une décision qui est lourde. Et vous la prenez uniquement si vous estimez que ce que vous avez dit convainc les Français. Si vous estimez que les circonstances sont réunies, laissez le temps faire. Le temps écercit
beaucoup de choses. Ce qu'on comprend quand même en creux dans ce que vous nous dites, alors vous ne voulez pas dire si vous êtes ou pas candidat, bon très bien, c'est que finalement dans les candidats du Bloc central, aucun, à vos yeux, n'a... n'incarne cette rupture, ce renouvellement que vous souhaitez ? Ça veut dire qu'Edouard Philippe, Gabriel Attal ou Bruno Roteo, qui sont pourtant proches de votre ancienne famille politique, ou toujours famille politique, notamment les Républicains, est-ce que pour vous, ces candidats, ils ne sont pas à la hauteur de la situation et finalement, il faut trouver une autre alternative ?
Je ne vais certainement pas me faire le juge de qui est à la hauteur et qui n'est pas à la hauteur. Chacun suit son chemin. Non, mais si vous pensiez que quelqu'un est
à la hauteur... S'il y
avait un leader qui s'était dégagé naturellement, il n'y aurait pas autant de candidats.
C'est parce qu'il n'y a pas de
leader naturel qu'il y a autant de candidats. Toutes ces candidatures sont parfaitement... légitime. Toutes les campagnes qui sont menées sont des campagnes qui sont utiles. Il faut une primaire du centre à la
droite pour aller vers quelque chose. Il
faut que le pays ait une vision de ce qu'il peut devenir. La mienne, je le redis, elle tient en trois mots. Prospérité, autorité, fédération d'état-nation. Et avec derrière des transformations qui effectivement sont... très radicale du modèle français.
Bruno Le Maire, vous aimez la France. Oui. Vous le dites souvent, vous ne voulez pas d'un duel RN et LFI. Quand vous voyez justement la dispersion de ces candidats, est-ce que vous ne regrettez pas d'une certaine manière ?
Mais comment est-ce qu'on desserra les taux ? Par la tambouille politique ? Par
une primaire, par exemple ? Si chacun accepte ?
Mais pourquoi pas ? Tout est possible. Je préfère les urnes au sondage. Mais ce qui nous permettra de convaincre les Français, c'est deux choses. D'abord, de reconnaître ce sur quoi nous avons échoué. Parce que quand on a exercé le pouvoir, je l'ai exercé longtemps, je pense que c'est un atout parce que ça vous donne de l'expérience. Mais il faut aussi reconnaître que sur certaines choses, ça n'a pas marché. Je reprends l'exemple des finances publiques. Si vous ne changez pas complètement la façon dont on adopte un budget, si vous n'avez pas plus de pouvoir aux ministres des Finances, si vous ne réduisez pas le droit d'amendement des parlementaires, de toute façon, vous retournerez à nouveau dans la même situation. Donc il faut reconnaître ces échecs et en tirer les leçons. C'est la première condition.
Ça peut être antidémocratique de demander à ce que les amendements soient limités. Oui,
ça existe dans des grands pays démocratiques comme la Grande-Bretagne. Moi, j'entends cet argument. On sert toujours les... Mais depuis 30 ans, j'en ai tellement entendu, tellement vu, tellement pris dans la figure que ça m'a donné des convictions qui sont inébranlables. Si vous ne changez pas la procédure d'adoption du budget, comme ça existe en Grande-Bretagne, où c'est le ministre des Finances qui choisit où on dépose les amendements, vous aurez toujours le même résultat, toujours plus de dépenses. Vous pensez que le budget passera cette fois-ci ? Je reviens à cette idée qui est importante. Première condition, avoir l'humilité de reconnaître nos erreurs et en tirer les conséquences. Et la deuxième condition, c'est de montrer aux Français que nous avons encore un destin. que l'élection présidentielle, ce n'est pas une accumulation de mesures ou de programmes, c'est ouvrir un nouveau destin pour le pays. Est
-ce que vous pensez que ce budget passera ?
Je le souhaite, vraiment je le souhaite de tout cœur. Tout simplement parce qu'il n'y aura pas de débat politique serein s'il n'y a pas de budget. Qu'est-ce qui se passe ?
Par ordonnance, par 49-3 sans censure ? Ça
c'est au gouvernement de le décider, mais je soutiens tous les efforts du Premier ministre pour avoir un budget. Pourquoi ? Parce qu'au-delà de l'aspect financier, s'il n'y a pas de budget, qu'est-ce qui se passera ? Nous serons dans le toboggan. Nous serons dans une mécanique infernale où les taux vont brutalement monter, où l'écart de taux entre l'Allemagne et la France va brutalement monter. Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est-à-dire que l'Allemagne pourra emprunter, investir, gagner du dynamisme économique là où nous, on s'effondrera. C'est ce que l'on veut. Et vous aurez une élection présidentielle qui sera totalement biaisée. par les difficultés financières.
Pardon de revenir sur les questions politiques, mais certains dans votre camp, dans le bloc central, disent qu'il faut vraiment un Big Bang, il faut créer une sorte de nouvelle UMP, en finir avec Renaissance, avec Horizon, avec le Modem, et faire un parti, un grand parti unique, qui puisse rivaliser avec le Rassemblement National et LFI de l'autre côté. Est-ce que vous y êtes favorable à ce Big Bang politique
? Tous ces mécano... politique me sont très étrangers. Vous me parleriez chinois, je pense que je comprendrais mieux. Mais ça compte pour les législatives, par exemple, derrière. Oui, mais je suis désolé de vous dire que ceux qui nous écoutent aujourd'hui, ils sont en train de se dire, tiens, le prêt garanti par l'État pour mon fils qui a 26 ans, est-ce que c'est intéressant ou pas ? Ce qu'il a proposé sur la désindexation des pensions ou le gel de l'avancement des fonctionnaires, est-ce que c'est vraiment efficace et juste ? C'est ça qui intéresse les Français. Nous disons que vous soyez en situation d'être élu. Bien sûr. Et de mettre en application ces mesures. Mais vous ne pouvez être en situation d'être élu que si ce que vous proposez entendu par les Français. Et je pense que dès que vous commencez à parler cuisine politique... Les oreilles se ferment.
Alors parlons des grands thèmes français, notamment l'école. Vous êtes revenu sur une proposition que vous avez pu faire, notamment sur l'entrée à l'école à un an. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que vous vouliez dire concrètement à ce sujet ? Parce que le ministre de l'Education a dit à un an, les gamins ne marchent même pas. Donc c'est inenvisageable. Je n'ai pas besoin
d'avoir les conseils du ministre de l'Education pour savoir comment se comporte un enfant d'un an. J'en ai eu quatre.
vous a agacé ? Oui,
il peut garder ses conseils pour lui. Et se concentrer sur son travail. Je pense que ce sera plus utile. Ce que j'ai proposé, c'est un changement de modèle. Là aussi, les conservatismes sont toujours les mêmes, notamment l'éducation nationale. Vous avez un modèle aujourd'hui où vous avez une rupture entre la petite enfance, 0 à 3 ans, puis la maternelle, puis l'école. Ce que je propose simplement, c'est qu'il y ait une continuité éducative, comme il y a en Grande-Bretagne, comme il y a dans les pays du Nord, entre la petite enfance et l'école. Ce que je propose, c'est que... Toutes les familles de France, qu'elles habitent dans des quartiers difficiles ou qu'elles habitent dans des zones rurales, aient dès l'âge de un an une solution possible de garde pour leurs enfants. en crèche publique, en crèche privée, en crèche associative, avec le réseau des assistantes maternelles. Vous le financez comment,
Bruno Le Maire ? Et
que vous n'y soyez pas en train de galérer en vous demandant, parce que vous habitez Nantes, Lyon, Marseille ou Paris, est-ce que je vais arriver à trouver une place de crèche pour mon enfant ? Enfin, qu'une grande économie comme la France, une grande puissance comme la France ait les familles dans lesquelles on se pose la question de la garde de ses enfants, je ne trouve pas ça normal. C'est le sens de ma proposition.
Et vous le financez comment ?
Vous le financez par l'évolution de la démographie scolaire. elle est positive on va récupérer de l'argent puisqu'il y a moins d'écoliers et bien je propose que cet argent soit donné en priorité à la petite enfance parce que c'est là que se joue beaucoup de choses derrière là aussi ce qui compte c'est l'avenir du pays à long terme je veux une france dans laquelle tous nos enfants parlent correctement comprennent correctement, lisent et écrivent correctement le français. Je ne comprends pas qu'on ne soit pas révoltés, qu'il y ait une telle inégalité, dès le plus petit âge, entre ceux qui vont maîtriser 500 mots et ceux qui en vont en maîtriser 1500. Je ne comprends pas qu'on ne soit pas tous en train de se dire, mais dans le fond, c'est quand même un des immenses sujets pour l'unité de la société française, pour l'apaisement de la société. que tous nos enfants comprennent le français, le lisent et l'écrivent correctement. C'est ça le sens de ma proposition.
Les Français aussi, alors il y a un autre sujet qui les intéresse dans cette campagne et qui est aussi dans le bilan d'Emmanuel Macron une difficulté, c'est la question de l'immigration. Sur ce sujet, est-ce que vous avez une proposition claire, ferme, moratoire, comme certains le proposent ? Est-ce qu'il faut mettre des quotas ? Qu'est-ce que vous allez proposer ? Il faut
arrêter l'immigration. Le temps que nous redéfinissions ce que nous voulons comme immigration. Donc oui, je suis favorable à un moratoire.
combien de temps
Le temps que nous ayons une politique d'immigration qui soit claire.
Trois ans vous semble plausible. Je ne vais pas donner de
délai parce qu'il me semble qu'une fois que vous aurez redéfinie l'immigration que nous voulons, ce que j'appelle une immigration utile. L'immigration, ce n'est pas on ouvre tout grand. L'immigration choisie ? Non, ce n'est pas choisie. C'est utile. C'est-à-dire utile pour le pays. C'est un des choix que je propose. Je propose que nous soyons la plus grande nation. des technologies, l'intelligence artificielle de tous les pays européens, donc ça veut dire qu'on a besoin de compétences, scientifiques, d'ingénieurs. On est un peu tard, le rapport Mario Draghi c'était en 2024. Vous avez tout à fait raison, mais ça c'est une immigration utile. Donc je propose qu'on stoppe l'immigration tant qu'on n'aura pas redéfini les critères. Je propose que ce soit le peuple qui décide. Je propose qu'il y ait un référendum sur les grandes lignes de l'immigration. Et je propose que le Parlement, avec les représentants du peuple français, décide chaque année de ce que sera cette immigration utile. Regardez sur la question fondamentale du droit d'asile. France s'honore à accueillir sur son territoire des personnes qui sont menacées de mort là où elles habitent. Mais elle ne s'honore pas, et je dirais même qu'elle se déshonore, à maintenir des droits alors que la situation géopolitique a profondément évolué. Vous avez des personnalités qui pouvaient être menacées il y a 4, 5 ou 6 ans, elles continuent à avoir le droit d'asile alors que la paix a été rétablie sur leur territoire. Vous dénoncez les
accords avec l'Algérie par exemple ?
c'est un des aspects du sujet. Le véritable sujet, c'est reprendre le contrôle
sur
les flux migratoires. Cet accord aujourd'hui est dépassé, il faut le refonder. Mais voyons les choses de manière plus globale. L'immigration, c'est l'autorité de l'État. C'est la garantie qu'on donne au peuple que c'est lui et lui seul qui choisit qui a le droit de venir sur le sol français. Donc tant que nous n'avons pas cette garantie-là, il faut un moratoire, redéfinir la politique migratoire, donner la parole au peuple français et ensuite avoir une immigration qui soit utile pour le pays.
Et la fin de l'AME ?
Une fois que vous aurez une personne étrangère qui aura une maladie contagieuse sur notre pays, vous faites quoi ? Vous le choignez ou vous ne le choignez pas ? Il faut le choigner. Donc il faut de toute façon une aide médicale d'État.
Transformée ou telle qu'elle ?
Peut-être transformée, mais ne prenons pas les sujets par le petit bout de la lorgnette. L'aide médicale d'État, c'est ce qui garantit qu'une personne qui est malade sur notre territoire sera prise en charge. On peut être très ferme sur l'immigration. Et garder le minimum d'humanité qui fait que notre société française sera une belle société.
Merci Bruno Le Maire. Je rappelle votre ouvrage Le temps d'une décision aux éditions Gallimard. Merci à vous Frédéric Delpech.