Chargement...
Chargement...

donc, Marine Le Pen qui lance sa campagne à Yéna Beaumont avec une promesse, un parler au portefeuille des Français. Mais derrière le discours attendu aujourd'hui sur le pouvoir d'achat, les baisses d'impôts et la protection sociale, une question demeure. Comment financer alors de la dette et du budget sous tension ? L'économie est-elle le talent d'Achille du Rassemblement National ? C'est notre débat du jour. D'abord, Cassandre, à quoi ressemble le programme économique du RN pour 2027 ?
Le programme du RN, dans l'instant, il y a quelques grandes priorités. C'est le pouvoir d'achat, la baisse des impôts et des charges, la priorité donnée à la production française et la réduction du déficit. Le Rassemblement national veut notamment faire baisser la TVA sur l'énergie de 5,5% contre 20% aujourd'hui. Ça, c'est vraiment leur plus grosse annonce, on va dire. Le parti veut également alléger la fiscalité qui pèse sur les entreprises, notamment en supprimant certaines taxes de production, avec évidemment l'objectif de favoriser l'investissement et la réindustrialisation. Et puis l'autre pilier, c'est la préférence nationale dans l'économie. Le RN veut notamment favoriser... les entreprises françaises dans certaines commandes publiques et réserver certains dispositifs également aux Français. Et puis, bien sûr, il y a le sujet des retraites, un sujet qui devient particulièrement sensible parce que là, le RN veut revenir sur la réforme des retraites, mais la proposition n'est plus exactement la même entre Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Justement, où sont les différences qui assemblent entre les deux ? Est-ce qu'on a aujourd'hui deux programmes économiques au sein du Rassemblement national ?
Si vous voulez, sur le fond, ils défendent toujours la même philosophie ou même la même économie, si je peux dire. C'est-à-dire moins d'impôts, plus de pouvoir d'achat et une préférence pour la production française. Mais en fait, on remarque plutôt une différence de ton et surtout quelques divergences sur certaines mesures. La plus importante, elle concerne les retraites. Marine Le Pen défend toujours le retour à 62 ans avec la possibilité de partir à 60 pour ceux qui ont commencé à travailler tôt. Elle veut conserver cette mesure sociale très populaire auprès de l'électorat du RN. Et Jordan Bardella, lui, il se montre beaucoup plus prudent. Il considère que le système actuel n'est pas soutenable financièrement. Et puis, il y a aussi la question des super profits. Vous savez, on en parle plutôt régulièrement. Marine Le Pen, elle, veut toujours les taxer. C'est-à-dire que lorsqu'une entreprise réalise des bénéfices exceptionnels... elle considère qu'une partie peut revenir à la collectivité. Alors que Jordan Bardella, là encore une fois, il est plus prudent. Donc on voit bien que derrière ces différences, il y a deux stratégies qui sont différentes. Marine Le Pen, elle veut préserver le volet social et populaire du RN. Jordan Bardella, lui, il veut davantage envoyer un message aux entreprises, aux investisseurs. Un RN qui se veut désormais un peu pro-business finalement avec Jordan Bardella.
Antoine, il y a une fracture clairement entre Jordan Bardella et Marine Le Pen. marqué notamment par le départ surprise du conseiller aux questions économiques, François Durvie, lui qui était présent justement pour rassurer les milieux économiques. Clairement, Marine Le Pen souhaite davantage axer sa campagne sur les questions sociales.
En fait, ce qui est intéressant au sein du Rassemblement national, alors bien évidemment, ils vous diront que tout va bien dans le meilleur des mondes, sauf que ce n'est vraiment pas le cas entre Jordan Bardella. et Marine Le Pen sur plein de sujets. Mais sur l'économie, sur le volet économique, ils sont quasiment d'accord sur rien. Alors bien évidemment, Jordan Bardella va vous dire la candidate c'est Marine Le Pen et je suis finalement sa ligne et je ferai sa campagne. Mais Jordan Bardella, c'était lui préparé à être le candidat. Et il avait passé son temps à tenter de séduire les milieux économiques, les patrons, et ça marchait plutôt pas mal. Il y avait des bons retours. On se rappelle de Patrick Martin, le patron du Medef, qui avait eu plutôt des phrases assez... On va dire qu'il saluait plutôt le... les ambitions et la présentation du programme économique à la façon Bardella, même s'il n'avait pas apporté son soutien à Jordan Bardella, mais en tout cas, il avait plutôt été séduit par sa prestation. Et en fait, depuis que Marine Le Pen est officiellement candidate finalement, et qu'elle est finalement candidate, vous avez en fait cette ligne sociale qui désormais domine les débats au sein du RN. Alors après, Marine Le Pen, il suffit qu'on... Il y a cinq ans, en 2022, je le disais tout à l'heure, elle se présentait comme la candidate du pouvoir d'achat. En fait, vous avez des sujets qu'elle maîtrise très bien, et c'est vrai qu'elle maîtrise très bien les sujets liés au social, le logement, toutes ces thématiques-là. Et d'ailleurs, ça va être les trois quarts de son discours tout à l'heure. Après, elle va évidemment parler aussi d'immigration, d'insécurité, parce que c'est quand même le fonds de commerce du Rassemblement National aussi. Il y a vraiment deux lignes aujourd'hui au sein de ce parti. Une ligne très libérale incarnée par Jordan Bardella et une ligne beaucoup plus sociale incarnée par Marine Le Pen. Et celle qui est en train de reprendre le dessus, celle qui est en train de gagner, parce que Marine Le Pen est la candidate, c'est la ligne sociale.
Anthony, si le Rassemblement national arrivait au pouvoir, sa politique économique serait immédiatement confrontée ? à Bruxelles, au marché et à nos partenaires européens.
Alors ça, j'invite rien, c'est un article qui a été publié, c'était hier, dans le Financial Times, le grand quotidien des affaires britanniques, qui est lu un peu par toute l'élite européenne et mondiale, d'ailleurs, de la presse. C'est un article passionnant parce que, d'abord ça s'est publié dans le Feftly Weekend, donc c'est fait pour être lu sur le long terme, c'est un long papier, et qui explique comment, en fait, l'ensemble des gouvernements de l'Union Européenne est en train, en ce moment, de se mettre au carré. pour faire vite, vite, vite passer l'agenda européen des cinq ou six prochaines années, avant que n'arrive éventuellement au pouvoir le Rassemblement national. Alors, ce n'est pas eux, les gouvernements européens, qui ont eu cette idée-là, c'est le gouvernement français, d'après le Financial Times, qui en ce moment, essaie d'accélérer la vitesse, en expliquant effectivement que l'arrivée de Marine Le Pen au gouvernement... pourrait bloquer tous les dossiers qui considèrent que l'actuelle présidence française ou que les gouvernements très pro-européens de l'Union européenne considèrent comme essentiels. Je veux dire par là le dossier sur les voitures, les voitures à moteur à combustion. Le RN n'a pas jamais fait secret du fait qu'il voulait revoir cette norme qui oblige les constructeurs européens à passer petit à petit à l'électrique, et ce dans des délais très
courts.
Le dossier aussi... le dossier sur le marché du carbone, vous savez, ces fameux droits de polluer, d'une certaine façon que l'on s'échange et que le Rennes voudrait revoir. Et puis aussi, tout simplement, le prochain budget, parce que là, on est en train de discuter, et ça va venir vers des six prochaines années de budget de l'Union européenne. Il y a une volonté, à la fois de Paris, il y a une double volonté. Paris dit, faites vite, s'il vous plaît, parce qu'à partir de l'année prochaine, et si on n'obtient pas un bon deal, on ne négociera pas, et ce sera le prochain gouvernement qui le fera, et ce sera peut-être le Rassemblement national. Et en le disant, se réserve aussi la possibilité de mieux négocier, bien sûr, c'est aussi de bonne guerre, c'est faire vite pour favoriser les intérêts de Paris.
On peut évoquer aussi ce matin le précédent Georgia Meloni, qui a dû composer avec Bruxelles et les contraintes budgétaires une fois au pouvoir. Est-ce que le Rassemblement national pourrait faire la même chose, une normalisation pragmatique en quelque sorte, ou est-ce qu'il assumerait ? une confrontation susceptible de renchérir le coût de la dette française.
Alors si je puis me permettre, là je peux répondre très clairement, c'est pas du tout Giorgia Meloni qui a eu l'intérêt. Giorgia Meloni n'a jamais voulu sortir de l'Union Européenne, c'est la Coffindustria, c'est-à-dire l'équivalent du Medef italien qui est allé la voir dans son petit bureau pour lui dire « Madame, vous allez arriver au pouvoir, il y a deux choses qu'il faut que vous sachiez, c'est un, pas question d'antagoniser l'Union Européenne et deux, merci de régulariser 500 à 600 000 personnes tout de suite. » Parce que nous en avons besoin pour faire tourner l'industrie italienne qui, je le rappelle, est la deuxième d'Europe. Elle a obtempéré le petit doigt sur la couture du pantalon. Elle n'était pas là depuis deux jours qu'elle a annoncé la régularisation. Dans un premier temps de 400 000 personnes, dans un deuxième temps de 600 000 à 1 million de personnes.
Merci beaucoup à tous les trois.