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Bonjour, Yael, qu'est-ce que vous pensez justement de ce moment ? C'est la stratégie
du coucou. Ce n'est pas la première fois pour Jean-Luc Mélenchon. Le coucou, vous savez, vous faites votre nid dans celui de l'autre. Donc en fait, Jean-Luc Mélenchon a dragué clairement les militants communistes de la fête de l'UMA. Il faut voir la marée humaine. Il y a même eu en coulisses quelques grincements dedans parce que c'est la fête de l'UMA et c'est LFI qui était superstar dans cet événement. 11e édition de la fête de l'UMA. Je rappelle quand même que c'est une fête indépendante du Parti communiste. C'est la fête du journal L'Humanité qui a coupé le cordon avec le PC en 1994. Mais n'empêche que c'est évidemment là que les communistes ont encore une existence annuelle, visible, une tradition bien ancrée. Un Fabien Roussel qui plafonne maximum à 3% dans les sondages. c'est-à-dire 5, 6 fois moins que Jean-Luc Mélenchon. Donc ça donne un moment très particulier où les deux ne s'agressent pas. Il y a comme un pacte de non-agression tacite, mais en coulisses, vous savez que Jean-Luc Mélenchon, il est bouillant. Il y a 5 ans, il avait reproché à Fabien Roussel de lui avoir empêché l'accès au deuxième tour à 420 000 voix près. Donc ça, ça n'est pas oublié, mais c'est silencier. Je ne sais pas comment dire, on n'en parle plus. L'idée, c'est évidemment de faire une OPA sur l'électorat communiste, avec un PC qui est très divisé aujourd'hui. Il y a un tiers du PC qui ne veut pas d'une candidature Roussel et qui veut aller sur Mélenchon. Donc, tranquillement, de faire son OPA et de faire le coucou chez les communistes.
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Alors, le coucou, donc Jean-Luc Mélenchon est un coucou selon Yael Gauze. Ariane, comment vous voyez, vous avez vu ce moment justement aussi, on voyait deux leaders extrêmement à la bagarre. Ils étaient dans leur discours, ils étaient très offensifs, tous les deux.
Oui, c'est clairement une querelle et un test de popularité pour les deux. C'était déjà le cas vendredi, puisque vendredi, M. Mélenchon avait fait de l'ombre à Fabien Roussel en rassemblant plus de monde à l'Agora, qui est une des places de la fête de l'humanité, alors qu'il y avait en parallèle un débat entre Fabien Roussel et le patron du METEF, Patrick Martin. Il y avait plus de monde chez Mélenchon. Donc déjà vendredi, ils avaient installé ce terrain de querelle. Ça a été à nouveau le cas. hier, s'ajoute à ça qu'on voit qu'il y a une curelle de ligne. Les deux sont dans la radicalité, vous l'avez dit, mais on voit que l'idée de Fabien Rousset, c'est de faire encore plus à gauche que Mélenchon. Ils le disent. On a même le porte-parole des communistes, Léon Desfontaines, qui parle de faire du rouge qui tâche. Et on voit bien que tous les éléments qu'il a égrenés, que ce soit... les nationalisations, le fait de renvoyer le patron de Total devant un tribunal. Il a aussi réévoqué, lui, la question de la dette. Donc, on voit qu'il est vraiment sur une ligne très communiste et très radicale pour concurrencer un peu Mélenchon sur ce terrain-là. J'ajouterais quand même une chose. Allez-y. C'est qu'il y a, vous l'avez dit, le discours et la pression du vote utile en disant, en 2022, Fabien Roussel avait fait 2,28 % et ça avait... peser dans le passage au deuxième tour de Jean-Luc Mélenchon. Mais si vous écoutez bien Fabien Roussel, il a conscience de cela et il dit autre chose. Qu'est-ce qu'il dit Fabien Roussel ? Il dit, mais attendez, si vous arrivez au deuxième tour, il faut avoir élargi le socle électoral au premier tour. Or moi, je parle aussi à d'autres gens à qui Mélenchon ne parle pas.
Alors Antoine, je voudrais faire une petite aparté. On entendait tout à l'heure, et ça nous avait fait réagir sur le plateau, Fabien Roussel qui parlait des gilets jaunes en appelant effectivement à une mobilisation populaire. Et il disait, nous avions en 2018 créé l'événement. Il s'approprie finalement ce mouvement populaire.
Oui, alors que c'était un mouvement citoyen et pas du tout politique. Et c'est d'ailleurs peut-être pour ça qu'il a fonctionné aussi bien. Parce que quand en général il y a une récupération politique... Soit il y a un pourrissement du mouvement, soit ça finit par finalement un mouvement qui perd au niveau de l'intensité de ses revendications et face au pouvoir notamment qui est en place. Oui, oui, il s'approprie ça, mais c'est une technique politique vieille comme le monde. Nous, on est juristes politiques, on est des experts finalement du sujet, on suit ça de très près, mais je pense que certains Français peuvent... Il peut arriver à faire croire dans l'inconscient des Français que les communistes étaient sur les ronds-points. Ils étaient à la manœuvre. Oui, bien sûr. Ça peut fonctionner parce que finalement, les revendications que portaient les gilets jaunes sont assez proches des revendications portées par Fabien Roussel et des communistes, et aussi d'une partie de la gauche. Je ferme la parenthèse là-dessus. C'est assez logique qu'ils se l'approprient. D'autres l'ont fait avant lui sur d'autres thèmes, et notamment du côté de l'extrême droite aussi. On ne va pas citer l'ensemble des revendications de l'extrême droite, mais c'est le cas. Après, sur la querelle, sur la guéguerre entre Fabien Roussel et Jean-Luc Mélenchon, on va se parler très clairement, Fabien Roussel n'a aucune chance d'emporter cette présidentielle. On va le dire tout de suite. On en a
vu d'autres.
Ça n'a jamais
vraiment été l'enjeu. Mais
lui dit, par contre, derrière tout ça, qu'il ne se retirera jamais. Il a dit hier cette phrase, nous ne voulons pas être tendus comme des moules. mouton, par notamment les filles.
En fait, il joue sa disparition.
Oui, parce que là, il joue gros. C'est pour ça qu'il maintient sa candidature. Parce que les communistes, s'il n'y a pas de candidature à l'élection présidentielle, c'est la fin quasiment du Parti communiste. On a vu la déliquescence de ce parti, les défaites. Ils avaient de nombreuses villes en France. Maintenant, ils en ont quand même beaucoup moins. Donc voilà, il y a ça qui joue. Il y a la survie du Parti communiste qui joue derrière. Et puis, il y a aussi le fait qu'il a une détestation quand même profonde pour Jean-Luc Mélenchon et qu'il n'a pas envie qu'il gagne cette élection présidentielle, comme en 2020. où Yaël l'a très bien dit, en tout cas Jean-Luc Mélenchon lui reproche les 2,28% qu'a fait Fabien Roussel de l'avoir empêché d'accéder au second tour.
Alors, on va voir tout cela, mais avant toute chose, je voudrais qu'on écoute les gens, ceux qui étaient à la fête de l'humanité, ceux qui participaient, et c'est vrai qu'on voit quand même que Jean-Luc Mélenchon emportait la majorité des suffrages, même à la fête de l'humanité, écoutez.
'est hyper important avec 2027 qui arrive, je ne sais pas si ça crée une espèce d'illusion ou pas. Ça donne de l'espoir en vrai.
Il y
a une force
politique qui est majeure à gauche, c'est la France insoumise. Donc il faut que tout le monde se joigne. C'est forcément un rassemblement qui va derrière aboutir.
Alors Stéphane Zumsteg, on voit bien ces gens interrogés, ils ont la présidentielle en vue. Ils jouent presque l'efficacité, j'allais dire.
Oui, mais pour l'instant, on voit bien, les choses peuvent encore évidemment évoluer, elles vont évoluer, que ce qui s'est passé en 2021, dans le cas de la pré-campagne de 2022, se remet totalement en place. Vous en avez tous les trois parlé sur le Parti communiste et les Insoumis. C'est exactement, on a l'impression d'assister à un copier-coller avec Fabien Roussel qui se présente. Et vous avez la même chose aussi. Et là, pour le coup, Jean-Luc Mélenchon récolte les fruits de son début de campagne. qui date d'avant noté, qui est particulièrement réussi. Et ça a été parachevé par son discours très à gauche, très parti communiste d'autrefois, à la braderie de Lille, quand il parlait des pauvres. C'est la première fois que le mot pauvre, depuis très longtemps, avait été... Vous, les pauvres.
Pour
les pauvres. Enfin, on entend rarement ce mot, alors qu'il y a 20, 30, 40 ans, évidemment, quand vous étiez d'un parti de gauche, à gauche de la gauche, prenons l'exemple de ce qu'a été le parti communiste il y a très longtemps maintenant, ben oui, on parlait des pauvres, c'est les pauvres contre les riches. Et Jean-Luc Mélenchon est en train de réactiver ce clivage, et c'est vrai que ce reportage, il est quand même... C'est particulièrement remarquable. On est à la fête de l'UMA, on est censé avoir des communistes, et vous avez des gens qui déjà ont intériorisé le fait que, un peu comme en 2022, mais là encore, il faut être prudent, je ne sais pas ce qui va se passer, il y aura peut-être quatre candidats à gauche, parce qu'il y a quatre forces politiques à gauche, et qu'il y en a un qui va siphonner les voix des autres. On a déjà, si vous voulez, une partie de cet électorat qui est dans cette construction. Est-ce que ce sera ça ou pas ? Je n'en sais rien. Il faut juste rappeler un point. Très bien, on a raison de dire que les 800 000 voix de Fabien Roussel... n'ont pas rendu service à Jean-Luc Mélenchon. Ce n'est pas de l'arithmétique. Si Fabien Roussel n'avait pas été candidat, ça ne veut pas pour autant dire qu'automatiquement Jean-Luc Mélenchon aurait été... aurait été qualifié. Malgré tout, quand on regarde, même si ça ne correspond plus qu'à 2% du corps électoral, l'électorat communiste, il est différent de l'électorat mélenchoniste. Oui, parce que ça reste quand même quelque chose de parti communiste. Qu'est-ce qui lui reste ? Qu'est-ce qui reste depuis quelques décennies, depuis qu'il a disparu en tant que force politique majeure ? Quelques bastions. En gros, les anciennes ceintures rouges des grandes agglomérations de Paris, Lyon, Marseille. Et ces gens-là, cet électorat est plus âgé, un petit peu nostalgique, 'origine populaire, très populaire. avec une forte représentation d'ouvriers, d'ouvriers à la retraite, et qui a une certaine nostalgie de ce qu'a été le Parti communiste, qui est toujours loyal à la force, à la principale force, historiquement, qui a été proche de ses classes populaires. Mais ce n'est pas tout à fait du Mélenchonisme. Ce que je veux dire par là, c'est que si demain, Fabien Roussel retirait sa candidature, ou cet après-midi, est-ce pour autant que les quelques centaines de milliers de personnes qui comptent voter pour lui se rallieraient immédiatement à Jean-Luc Mélenchon ? Je n'en sais rien. Et dernier point. Si Jean-Luc Mélenchon a frôlé, il n'a fait que frôler le second tour, ça s'explique aussi par d'autres éléments, notamment parce qu'il y avait une candidate qui correspondait à l'espace social-démocrate qui a obtenu moins de 2% des voix, Anne Hidalgo, et que a priori, je dis bien a priori, la personne qui sortira, quelle qu'elle soit, gagnante de la primaire du Parti Socialiste et de Place Publique, devrait obtenir un score peu supérieur.
Un peu supérieur, effectivement, à 2%. Dans ce
remake fratricide, Mélenchon-Roussel 2027, il y a une chose qui me frappe. dans ce qu'il a fait hier, débordé par la gauche, encore plus à gauche, plus radicale que Jean-Luc Mélenchon, est-ce qu'il se rend compte que peut-être en faisant ça, il rend un grand service aux insoumis, à Jean-Luc Mélenchon, qui ont besoin de se normaliser, de montrer qu'ils ne sont pas la gauche rouge qui tâche, radicale. Oui,
parce qu'ils font peur à 80% des Français, les filles, pour rappeler les chiffres. Les mots de Jean-Luc
Mélenchon, nous sommes le contraire des amateurs, nous sommes formés, éduqués, instruits, organisés, disciplinés. Autrement dit, l'objectif, c'est gouverner. Or, quand on dit « raviver les gilets jaunes, les ronds-points, aller devant les sous-préfectures, envoyer Pouyanné en prison », ça, pour le coup, ça permet aussi à Jean-Luc Mélenchon et aux Insoumis de dire « nous, c'est dans les urnes ». qu'on veut régler le problème. Alors que 2018, Jean-Luc Mélenchon voulait une marée humaine sur les Champs-Elysées. Il voulait embrasser le mouvement des Gilets jaunes. Il a raté. La greffe n'a pas pris du tout. C'est même le RN qui a davantage profité des Gilets jaunes que la gauche radicale. Donc là, un roussel qui déborde par la gauche, l'extrême gauche, ça permet à Jean-Luc Mélenchon de dire, nous, rendez-vous dans les urnes. Nous, c'est les urnes qui comptent. Pas une mobilisation, une énième... Pas un trouble à l'ordre public. Voilà.
Après, il faut reconnaître quand même un certain talent politique chez Fabien Roussel. Vous l'avez dit, son parti est très affaibli. Il a fait un peu plus de 2% la dernière fois, mais il arrive quand même à imposer une forme de discours politique de gauche de façon assez habile, je trouve, à chaque fois. Alors, on va voir comment se passe la suite de sa campagne, mais rappelez-vous en 2022. Il était quand même très présent médiatiquement, parce que bien sûr, nous, médias, on l'invite aussi, mais aussi dans ses prises de position. La France du barbecue. La France du barbecue, notamment en opposition à la France défendue par Sandrine Rousseau du côté des écologistes. Il avait réussi à avoir quelques marqueurs, quelques sujets un petit peu forts. Et aujourd'hui, la France du barbecue, on pense tout de suite à Fabien Roussel. Donc là, je pense qu'il va continuer. Il essaye peut-être avec les ronds-points et les gilets jaunes. C'est peut-être ça. Il vient juste de se déclarer candidat. La campagne est longue. mais c'est quand même quelqu'un qui arrive à marquer les esprits, qui n'arrive pas forcément à transformer finalement ses déclarations en vote en sa faveur, mais qui quand même est là dans le débat public, alors que le Parti communiste ne pèse quand même pas grand-chose politiquement aujourd'hui.
Alors du point de vue des idées, dans ce qui a pu être développé hier par Jean-Luc Mélenchon, ou par Fabien Roussel, au-delà des provocations ou des discours adressés directement à l'émotion des gens, est-ce que vous avez retenu des points qui vous paraissent importants
Moi, je retiens surtout qu'on a eu des discours qui étaient très marqués sur l'économie et le social. C'est clairement ces éléments qu'ils ont investis. Pour Mélenchon, c'est dans la droite ligne de la Bradlire et de Lille, où il avait également tenu un discours sur la ligne économique et sociale. C'était déjà un peu dans la droite ligne. des débats au MEDEF, si ce n'est qu'au MEDEF, c'était quand même plutôt centré sur l'économie, avec la question de la dette, etc. Alors qu'à la braderie de Lille, on avait davantage le social. Donc là, on voit qu'on est dans une longue séquence sur le social. Et c'est le cas à la fois pour Jean-Luc Mélenchon et à la fois pour Fabien Roussel. Par contre, c'est ce qu'on a dit tout à l'heure, Fabien Roussel a un discours encore plus à gauche que Jean-Luc Mélenchon. Mais au-delà des idées... Je trouve que chez Jean-Luc Mélenchon, on a vu aussi un autre discours, c'est ce qu'il sait, qui est un discours un peu plus stratégique et une volonté de convaincre sur un point qui est extrêmement important pour eux, c'est le fait que ce n'est pas une machine à perdre au deuxième tour. Parce que c'est la petite musique qui commence à gagner les autres candidats de gauche quand on parle de Jean-Luc Mélenchon. C'est oui, Jean-Luc Mélenchon est très bien crédité dans les sondages pour le premier tour, mais regardez, il est détesté. par deux tiers des Français, c'est ce qu'a dit Ruffin également hier, il est détesté par deux tiers des Français Mélenchon, donc c'est une machine à perdre, il perdra au deuxième tour. Et il veut inverser cette logique-là Jean-Luc Mélenchon, et c'était très patent hier. Pourquoi c'était très patent ? Parce qu'il a expliqué, il fait tout un truc un petit peu bizarre, où il montrait les reports de voix aux législatifs de 2024, il a projeté ça sur la perspective de 2027 en disant, si c'est le cas, c'est 50-50 avec Marine Le Pen. Ce qui est tout à fait contestable, d'autant plus contestable que son image publique, c'est en partie dégradé. Depuis 2024. Mais on voit que ce sujet, il est cardinal pour Jean-Luc Mélenchon.
Stéphane Zumstek, on voit les candidats le nez plonger dans les sondages. Là, on parle de chiffres, on parle de pourcentages. Ils ajustent leur discours en fonction des besoins des Français. Ça a toujours été le cas,
vous savez. Ça a toujours été le cas. Le personnel politique critique les sondages, mais on les consomme avec. Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a
toujours un moment dans la campagne où tout à coup, le sondage prend toute son importance et ils s'attellent tous à essayer de les décrypter. les déchiffrer et surtout à s'ajuster. On parlait justement d'un ajustement de la part de Jean-Luc Mélenchon.
Mais ce sera encore plus le cas effectivement cette année, dans les quelques mois qui restent, parce que jamais les enjeux n'ont été aussi importants. C'est la première fois que le Rassemblement National est en mesure. de remporter une élection présidentielle. C'est la première fois que Jean-Luc... Enfin, c'est pas la première fois, mais Jean-Luc Mélenchon aussi, lui aussi, peut apparaître comme quelque chose de répulsif à une partie de l'électorat, est en mesure aussi de se qualifier pour le second tour. Et les sondages vont être utilisés, notamment parce qu'il y a pléthore de candidats, pléthore de candidats dans les camps. Pour l'instant, il y aura quatre candidats à gauche, il y a trois candidats déclarés sur le socle commun entre le centre et la droite. Il y a finalement... Bon, il y a plusieurs candidats du côté de la droite radicale, mais il y a un processus de sélection interne qui n'est pas... C'est pour ça que les sondages sont encore plus sollicités, scrutés, et ça c'est assez nouveau. On s'en sert comme d'un argument. C'est-à-dire qu'il y a très longtemps des gens qui ont craché, soyons clairs, sur les sondages et qui s'en réclament aujourd'hui. De toute façon, ce n'est pas compliqué. Soit un sondage vous est défavorable et c'est un scandale, soit il vous est favorable et évidemment il faut en tenir compte. C'était les 30 secondes du sondeur qui avait envie d'en parler. Mais malgré tout, juste pour revenir sur cette course entre les deux candidats de la gauche, de la gauche radicale. On voit bien le but de Jean-Luc Mélenchon, aussi de Fabien Roussel, même s'il n'a pas de chance, il a moins de chance que Jean-Luc Mélenchon d'accéder au second tour, c'est réactiver le plus vite possible un clivage très clair, gauche, droite. La droite, c'est le Rassemblement national, et en réactivant ce clivage, l'idée c'est d'effacer ce qu'on va appeler le centre et le centre droit en espérant jouer le match. Je n'apprends rien à personne, il n'y aura que deux qualifiés pour le second tour. Donc le principal opposant de Jean-Luc Mélenchon à court terme, alors à court terme ça pourrait être le candidat de l'espace social-démocrate, mais dans l'optique du premier tour, ce n'est pas Marine Le Pen. ce sera le candidat de droite ou du centre qui sera en mesure comme lui de se qualifier.
Attendez, je voudrais, après je vous laisse évidemment la parole, mais pas de problème. Puisque vous parliez justement de ces candidats qui étaient au sommet des sondages, moi je voudrais parler d'un qui essaye de mettre le pied dans la porte et de rentrer dans la conversation, c'est Bruno Retailleau. Alors évidemment, Bruno Retailleau n'est pas un fan de Jean-Luc Mélenchon, mais avec tous ces éléments de langage qu'il avait bien préparés visiblement, écoutez ce qu'il a dit de ce discours de Jean-Luc Mélenchon et après on en parle.
Parmi les bonimenteurs, le champion, le champion de toute catégorie, le leader maximo des bonimenteurs, l'admirateur des dictatures tropicales, le David Copperfield de la disparition de la dette, et encore David Copperfield, c'est trop lui prêter, c'est plutôt la fée clochette. La fée clochette qui d'un coup de petite baguette magique prétend... Faire disparaître la dette. Est-ce que les Français, franchement, peuvent le croire ? Voilà. C'est Jean-Luc Mélenchon, vous ne l'aviez pas découvert, non ? Je vous le dis.
Alors, c'était effectivement Bruno Retailleau hier. Je ne sais pas s'il faut en sourire. En tout cas, Yael.
On peut en sourire au sens où il y a une forme de talent oratoire chez Bruno Retailleau. Est-ce que c'est la formation Puy du Fou ? Rappelons quand même que c'était le metteur en scène originel. Ah d'accord, je ne savais pas. Chez Philippe de Villiers. Cavalier, Bruno Retailleau. Donc c'est un
comédien.
Il connaît très bien le spectacle, le son et lumière. C'est quelque chose qu'il connaît. Donc là, c'est une jolie prouesse parce que moi, je n'ai pas vu de prompteur. Non, non, on
a l'impression vraiment qu'il est en stand-up
réel. C'est vrai que moi je disais
qu'il y avait des éléments de langage, parce que j'imagine en coulisses les communicants qui disaient « Ah tiens, si on parlait de flé-clochette, etc. » et de petites baguettes.
Oui, bien sûr, c'est préparé. Non, alors c'est une manière d'exister pour lui aussi, entre le pôle Mélenchon et le pôle Le Pen, lui aussi d'essayer de trouver un espace. Et je rebondis en même temps sur ce que disait Stéphane avant. Oui, absolument. Mélenchon a choisi, évidemment, c'est Le Pen, Le Pen, Le Pen, c'est nous la gauche et eux la droite, l'extrême droite. C'est ça le duel. Et on est face au milieu. Il a aussi une obsession à Attal en ce moment, Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi ? Ils se font tous les deux la courte échelle, Gabriel Attal et Jean-Luc Mélenchon. Depuis le début de l'été, ils s'envoient des pics à la figure et ils s'invectivent à distance sur les réseaux sociaux. Parce que la stratégie de Jean-Luc Mélenchon, et sa régence celle de l'effacement du bloc central, essaie de fracturer le plus longtemps possible ce qu'il y a au milieu. Donc Attal, Retailleau et Edouard Philippe.