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Alors, clairement, Marine Le Pen laisse penser qu'elle ne rejettera pas, qu'elle ne censurera pas le budget. Alors, ça va complètement à l'encontre, il faut le dire, de ce que disait Jordan Bardella la semaine dernière. Je propose d'écouter Jordan Bardella.
n'y a pas grand-chose à attendre de ce budget, on sera sans doute quand même déçus. Nous n'excluons rien par principe.
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nous ne décidons rien par principe, mais nous n'en voulons pas, c'était les propos de Jordan Bardella. Marine Le Pen aujourd'hui, effectivement, est beaucoup plus clairement, ouvertement pour maintenir ce budget. Qu'en dites-vous et qu'est-ce que ça dit
que j'observe en tout cas de ce moment politique clé, c'est que c'est elle, chef des députés RN, on oublie souvent qu'elle est la candidate du parti RN, malgré sa condamnation. elle est la chef des députés Rennes, donc c'est elle qui va être en première ligne, là, cet automne, automne clé pour l'avenir du budget, pour Sébastien Lecornu, pour la présidentielle, puisque tout va découler aussi budgétairement du succès ou non de la loi de finances votée ou censurée, donc elle est en première ligne. Donc pour Jordan Bardala, c'est plus facile, président du parti en extérieur, de dire, nous n'excluons rien, c'est Marine Le Pen qui prend les décisions, c'est elle qui va engager... La réputation même du RN. Or le RN s'est construit, et ce n'est pas un scoop, comme le parti anti-système par excellence. Là c'est un moment de vérité pour le RN puisque c'est la perspective des portes du pouvoir, de gouverner, montrer qu'on est compétent et qu'on peut gérer la France. Donc si elle se tire une balle dans le pied d'entrée de jeu en disant je sens sur le budget, elle se crée un boulet pour plus tard si elle est présidente parce qu'il y aurait six mois de perdu. Une loi spéciale. D'ailleurs, elle l'explique clairement. Et c'est 15 milliards d'euros de plus à trouver en financement. Donc, ça veut dire que dès le début de sa présidence, si elle existe, elle est plombée en termes de budget. Donc, ça peut vouloir dire très vite une crise financière, très vite la preuve, par exemple, qu'il n'arriverait pas à gouverner, à tenir les cordons de la bourse. Donc, c'est pour ça qu'elle dit ça. C'est pour ça qu'elle dit là, maintenant, elle refait une barnier. J'appelle ça comme ça. Faire une Barnier pour le RN, ça veut dire, c'est eux, dans l'équation finale en termes de majorité, de nombre de voix à l'Assemblée, qui sont les juges de paix de ce budget. Donc elle peut faire chanter Sébastien Lecornu très longtemps, sur plein d'items, notamment les retraités. La dédexation des pensions de retraite, ça c'est un casus belli, ça l'était déjà avec Michel Barnier il y a deux ans, et le RN avait finalement provoqué la chute de Michel Barnier. Est-ce que c'est bis repetita cette fois-ci ? C'est tout l'enjeu de l'automne.
Antoine, en plus, Sébastien Lecornu a dit qu'il allait présenter son budget à la fin du mois de septembre. Là, le délai est extrêmement court.
Oui, la copie budgétaire du gouvernement sera présentée sur la table du Conseil des ministres 30 octobre. Donc, ça arrive très vite. Mais c'est très malin ce qu'elle fait Marine Le Pen. C'est très malin. Plutôt que de dire, en fait, Jordan Berdella, il a répondu à une question, mais en fait, ce n'est pas lui le stratège du parti. On le sait. Et là, c'est très clair. Alors, vous avez raison de dire qu'elle est chef des députés. Mais au-delà de ça, en fait, c'est elle qui drive trop. totalement le parti aujourd'hui. À un moment, on a cru avec ses déboires judiciaires qu'elle n'allait pas être la candidate et que Jordan Bardella avait pris le lead. Ce n'est pas du tout le cas. Et en fait, là, ce qu'elle dit, c'est qu'elle voit bien qu'elle veut apparaître, enfin, l'essaye d'apparaître aux yeux des Français comme un parti responsable et de gouvernement. Et donc, si elle censure le budget, ça ne sera pas le cas. Et puis surtout, ça n'a aucun intérêt pour Marine Le Pen et le RN de censurer un budget, puisqu'en fait... Si vous avez, mettons que vous ayez une loi spéciale, la loi spéciale, c'est un an, elle s'applique pendant un an, donc c'est un budget que vous ne voulez pas. Là, elle pourra aussi faire un petit peu son propre budget finalement. Enfin voilà, il y a plein d'éléments, d'ingrédients qui montrent qu'en fait, les ordonnances, parce que le gouvernement va finir par les ordonnances. Oui, alors attendez, pour
nos téléspectateurs, donc on est d'accord, une loi spéciale, ça veut dire que les crédits de l'année précédente sont reconduits à l'identique, et les dépenses sociales augmentent mécaniquement. Donc ça crée une situation très
complexe. Et avec les ordonnances, c'est... Ce n'est pas le cas. Avec les ordonnances, on
peut imposer son propre budget.
Une loi spéciale, c'est 15 milliards. Vous l'avez dit aussi. Ça rajouterait un coup aussi. Elle joue là-dessus. Bien sûr qu'elle va imposer des lignes rouges. Bien sûr qu'elle va faire chanter Sébastien Luj-Cornu jusqu'au bout pour montrer l'opposition farouche du RN au gouvernement et montrer que la candidate est là aussi. Mais c'est assez logique et je trouve très malin de faire cette proposition dès maintenant. Oui, le budget, ça arrive au Conseil des ministres le 30, mais on est parti pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois de débats budgétaires du côté du Parlement.
Alors Ariane Ferrand, on a bien compris la position du RN. Maintenant, la position des autres candidats, on voit bien que c'est mitigé. Il y a LFI catégorique, ils s'en fichent, ils ne veulent pas de ce budget. Et puis, on sent quand même que c'est compliqué à droite.
enfin, on a un parti qui est complètement tranché, vous l'avez dit, c'est la France Insoumise, ils l'ont tout de suite dit, nous on va censurer, il n'est pas question qu'on donne du crédit à ce gouvernement-là. Ensuite, il y a le reste de la gauche quand même qui interroge un petit peu, parce que quand on écoute Olivier Faure, par rapport à il y a un an, chez les socialistes, il y a vraiment cette idée, surtout chez Faure, de continuer à ancrer son parti à gauche dans une séquence présidentielle. Donc on sent que c'est beaucoup plus compliqué pour eux. que l'année dernière, de laisser passer. Si on suit toutes les petites phrases qu'il a pu donner, il dit s'il n'y a aucun compromis possible, on ne va pas censurer. À Libération, il dit si ça ressemble trop au programme de Attal et Philippe, ce qui est possible, on censurera également. Donc on voit que du côté des socialistes, on tend quand même plutôt vers une censure, même si ça n'est pas écrit. Chez LR, il y a un peu un point d'interrogation. Ça va être quand même compliqué pour eux de censurer. Au sens où, l'année dernière, Bruno Rotaillot a tenu un discours qui consistait à dire, même si finalement le budget est très imparfait, même si c'est un budget socialisant, ça n'impliquera pas nécessairement une censure. C'est ce qu'il disait. Or là, le budget actuel, il va sans doute être sur une ligne un peu plus à droite et un peu plus redressement des comptes publics que ça ne l'a été l'année dernière. Donc ce serait compliqué pour eux, en période présidentielle, de ne pas être le parti de la respectabilité en période de crise budgétaire et avec un budget plus à droite que l'année dernière, expliquer que finalement, ils ne vont pas voter ce budget-là. Et après, du côté de Attal et de Philippe, c'est évitant qui voteront le budget. Donc finalement, la balle est aussi beaucoup, sur tout ce qu'on vient de dire, la balle est beaucoup dans le camp du RN. Je nuancerai un peu ce qu'on vient de dire. Je suis tout à fait d'accord avec vous sur deux points. Il y a deux enjeux dans la phrase de Marine Le Pen. Premier enjeu, ne pas se laisser des comptes publics catastrophiques, d'autant que l'inspection générale des finances... En août, a expliqué qu'on ne pourrait plus redresser les comptes publics s'il y avait une loi spéciale. Et c'est eux
qui ont sorti le chiffre des 15 milliards de surcoûts si, effectivement,
on censurait. Exactement. Et deuxième élément, l'enjeu de la respectabilité. Là, c'est une opposition avec Jean-Luc Mélenchon de dire non, nous, regardez, dans un contexte un peu chaotique, nous, on fait le choix de la respectabilité. Mais il y a quand même quelques lignes rouges qui sont esquissées. Dans les lignes rouges, Marine Le Pen cite pas d'audance d'impôt, pas d'injustice contre la France. du travail. Il y a un sujet sur lequel le gouvernement veut aller et qui normalement était théoriquement une des lignes rouges précédentes de Marine Le Pen, c'est la question de la désintexation des retraites. Elle y a quand même toujours été extrêmement hostile. Est-ce que ça, ça va passer ? Je ne sais pas. Stéphane, votre regard.
Sur ce qui va se passer, je souhaite bien du plaisir à Sébastien Lecornu, parce que rappelez-vous ce qui s'est passé l'année dernière, il avait quand même le soutien de l'opinion publique. C'était un Premier ministre qui était certes impopulaire, parce qu'au bout de 8 ou 9 ans de macronisme, l'exécutif, que ce soit le président ou ses premiers ministres successifs, évidemment, étaient quand même perçus négativement par une majorité de la population. Mais Sébastien Lecornu échappait quand même, si vous voulez, à un sentiment d'hostilité. Quelque part, il faisait le boulot. Le fait qu'il n'ait jamais manifesté la moindre ambition. présidentielle aussi, n'a fait que finalement construire cette idée de quelqu'un qui va au charbon, qui ne se sacrifie pas, mais qui fait un job et qui se limite à ce job-là sans un agenda caché pour l'élection présidentielle. Quand on regarde aujourd'hui où il en est en termes de popularité, je pense notamment à une enquête qu'on a publiée dans la tribune dimanche hier soir, publiée ce matin. Le supposé immobilisme que lui reprochent les Français à l'Assemblée nationale ou en termes d'action gouvernementale lui fait très mal. Emmanuel Macron s'effondre. Son Premier ministre s'effondre. Il y a aujourd'hui 20% des Français ont une image positive de Sébastien Lecornu. malgré tout, n'est pas candidat à l'élection présidentielle, qui a une sorte de neutralité dans ce qu'il fait. Il était censé être un petit peu protégé par son travail de constituer un budget. Ça ne fonctionne pas. Et vous avez 70% des gens qui lui sont hostiles. C'est d'autant plus remarquable, notamment pour le président de la République, qu'en fin de règne, il ne se représente pas. En général, vous avez toujours une petite période où, finalement, on est un peu bienveillant à votre égard parce que c'est presque fini pour vous. Et pourquoi continuer à vous taper dessus ? Ce n'est pas du tout le cas en ce qui concerne Emmanuel Macron, et le président entraîne le Premier ministre vers le bas. Donc il n'a plus cette protection, ce bouclier de la sympathie ou de la bienveillance d'une partie de l'opinion en disant qu'il faut un budget avant tout. Non, là il va véritablement être confronté à une intransigeance totale d'un certain nombre de partis. Antoine a parlé du RN qui lui est dans une situation plus confortable, qui en plus va réhabiliter une sorte d'anti-LFI, dont il est une opposition responsable. Ne nous obligez pas à censurer par rapport à un travail hystérique des Insoumis. Mais qu'est-ce qui avait fait la différence la dernière fois ? C'est le Parti Socialiste. Qui peut imaginer dans ce contexte présidentiel où les socialistes, le centre-gauche, essayent de se trouver un candidat qui ne sera peut-être même pas issu du Parti Socialiste, mais imaginez-vous l'enfer que leur feraient vivre les autres partis. De gauche, notamment de Jean-Luc Mélenchon. Si le PS émettait une simple phrase du style « ça a l'air pas mal ça, peut-être qu'on hésite ». Et leurs électeurs. Tout
ça en pleine
primaire. Bien sûr, oui. On sent peut-être
quand même que le PS
ne peut pas se permettre ça. Et dernier point, qui est-ce qui vote un budget ? ou qui décident de censurer un budget, ce ne sont pas les partis politiques, ce ne sont pas les écuries présidentielles, ce sont les députés. Pensez à ces députés qui, au mois de juin prochain, vont être dans leur circonscription. Qu'est-ce que vous racontez à vos électeurs quand vous avez voté un budget macroniste ? associés aux élites françaises. Donc tout ça, pour dire que je ne sais pas comment... J'imagine mal qu'un budget puisse passer par les voies dites normales dans les mois qui viennent.
Et pourtant, peut-être qu'on peut dire que le gouvernement tente des appels du pied, justement, vers la gauche, vers cette gauche raisonnable. Par exemple, quand il propose ce ballon d'essai entendu hier, 6 milliards d'euros d'économie chez les retraités les plus fortunés, où ils se disent prêts à réfléchir... à l'impôt pour les plus riches, on sent quand même qu'il y a une espèce de tentative d'aller dire, bon, allez, regardez, on est prêt à faire quelques concessions. Oui, mais la
monnaie d'échange, elle sera trop faible cette année par rapport à l'année dernière. La monnaie d'échange, dans le dernier budget, c'était, on suspend la réforme des retraites. Je ne sais pas si vous vous rendez compte du symbole. Le totem d'Olivier Faure, chef des socialistes à ce moment-là, et de Boris Vallaud, président du groupe, c'est, on a obtenu le gel. La suspension de la réforme des retraites jusqu'à la présidentielle, c'est quand même colossal. Là, il n'y aura jamais une monnaie d'échange aussi forte que celle-là, ne serait-ce que parce que les comptes publics ne le permettent plus.
Ariane Ferrand, votre
regard
? Oui, dit-on plus que ce n'est vraiment pas vers ça qu'on s'oriente quand on regarde les prises de position du gouvernement. On a quand même la volonté de la part de Sébastien Lécornu de préserver la politique de l'offre d'Emmanuel Macron, un peu dernier totem, pas complètement mis à mal. d'Emmanuel Macron, donc ça veut dire pas de hausse d'impôts, ça veut dire maintien du pacte d'Utreuil, etc. Et je ne sais pas si vous avez vu hier, mais parmi les annonces est sortie notamment une note qui émanait de Matignon et qui disait que bon, on va fluidifier la transmission des patrimoines, notamment intergénérationnels, etc. Encore un marqueur qui est plutôt un marqueur de droite, puisque la gauche globalement réclame davantage de taxes sur les... Sur les héritages. Donc on voit que les petits signaux qui sont envoyés, c'est quand même moyennement des signaux qui tendent la main vers la gauche. Et je suis d'accord avec ce qu'elle dit à Egoz, il n'y a pas de symbole suffisamment fort qui pourrait être aussi fort que la réforme des retraites.
Antoine ? Non mais là c'est clair qu'on a une équation encore plus complexe que l'année dernière, budgetairement parlant pour Sébastien Locornu. Stéphane disait qu'il aimerait pas être à la place de vous, vous souhaitiez bien du courage. Sébastien Lecornu, moi aussi, je lui en souhaite, parce que là, ça va être très compliqué. En fait, il veut finir le boulot, Sébastien Lecornu. Voilà, on est en fin de quinquennat. C'est quand même l'un des derniers lieutenants d'Emmanuel Macron. Et l'objectif, c'est d'essayer de finir en beauté, mais ça va être très compliqué. Après, ce budget, oui, il va sans doute passer par ordonnance. Et puis, surtout, ce qu'il y a dans les esprits aujourd'hui, c'est la présidentielle. Le budget, on va en parler, bien évidemment, c'est très important. C'est ce qui fait tourner le pays. Mais je peux vous dire que les enchères vont monter et que là, c'est l'élection présidentielle qui va dominer l'ensemble des débats.
Ce qui est terrible pour Lecornu, parce que finalement, l'année dernière, il a créé son identité politique sur le fait d'être l'homme du débat. Il voulait éviter le plus possible d'aller jusqu'au 49.3. Il a vraiment essayé. Il disait, je vais redonner la parole à l'Assemblée nationale. Il a été obligé de faire un 49.3, mais dans la presse, on avait cette expression de 49.3 négocié, c'est-à-dire un 49.3. pas comme les autres, un 49-3 de débat. Là, s'il finit sur une ordonnance qui n 'a jamais été utilisée et qui est l'instrument antidémocratique par excellence, pour lui, c'est quand même un peu catastrophique.
Il aurait pu être candidat aussi et avoir un peu de courage politique.