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Où on vous retrouve, Anthony Lebeauze, vous êtes en compagnie de Marine Tondelier.
la présente au sauna, mais habillée.
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Bonjour Marine Tondelier. Bonjour. Merci d'être avec nous. On est ici au stand des écologistes à la fête de l'humanité. Bienvenue. Merci beaucoup de nous accueillir ici et de nous accorder cette interview. Vous êtes candidate à la présidentielle. Le grand sujet de la rentrée, évidemment, pour les Français, c'est l'inquiétude, la préoccupation concernant la vie chère, la hausse des prix, la hausse des prix du carburant notamment. Vous, présidente de la République, quelle est votre première décision pour soulager les Français ?
Alors nous on a monté ce qu'on appelle un bouclier social et environnemental parce qu'en fait la France vit en état de surendettement climatique. C'est-à-dire qu'on vit chaque jour à crédit sur la planète parce qu'on consomme plus qu'elle peut nous offrir. Mais ça endette aussi des ménages qui sont dépendants du prix du gaz, de l'électricité, du pétrole. Et donc on a construit un plan d'action à mettre en place dès notre arrivée au pouvoir. Avec toutes celles et ceux qui seront avec nous, c'est-à-dire les gens de la fête de l'Huma. Quelles mesures ? Et donc c'est des mesures qui visent les trois principaux postes de dépense des Français, c'est-à-dire leurs dépenses pour se nourrir, pour se loger. Et pour se déplacer. Alors se déplacer, on a vu les histoires des aides ciblées, etc. Et moi, je le dis, ce que le gouvernement propose ne suffit pas. Ça c'est 3 millions de Français seulement. 100 euros pour les gros rouleurs, par exemple. 100 euros par mois, c'est pas assez. Donc il faut taxer les super profits de Total et compagnie pour pouvoir l'affecter à ça. Mais sûr... Il faut
bloquer les prix, pardon, sur le carburant. Il faut bloquer les prix.
Moi, bloquer les prix, ce qui m'embête, c'est que ça aide autant quelqu'un qui a un SUV de 3 tonnes, donc il y a eu les moyens de se l'acheter, pour conduire un enfant de 30 kilos à l'école, que quelqu'un qui galère avec son diesel, comme un infirmier libéral en ruralité qui fait 100 kilomètres par jour. C
'était dans le programme du NFP en 2024. C'était sur
certains produits, mais moi je vais le dire. Le carburant aussi, je l'ai lu. Sur l'alimentation, nous on en a marre de voir, et c'était une commission d'enquête au Sénat sur les marges de la grande distribution, qu'en fait la grande distribution, vous savez sur les fameux paniers anti-inflation, ils se sont fait une concurrence à mort entre eux sur le coca, les oreos, produits pas très bons pour la santé, où ils les vendent quasiment à perte. C'est là-dessus qu'ils se comparent en disant c'est moins cher chez nous, c'est moins cher chez nous. Qu'est-ce qu'on fait ? Et donc nous on veut... une liste de produits de première nécessité, mais des produits bons pour la santé.
Combien, par exemple, combien de produits ?
En fait, ça peut être une centaine, c'est pas vraiment ça le sujet, mais c'est de dire, on en a marre que les marges soient beaucoup plus fortes sur les produits bons pour la santé, par exemple sur des fruits et des légumes bio, des fois les marges sont 80% plus élevées que sur les gâteaux pas bons pour la santé, etc. Donc ça
se vend à prix coûtant, vous l'imposez au distributeur ?
Aujourd'hui on vend à prix coûtant ce qui n'est pas bon pour la santé, et si tu veux manger bien... T'es surtaxé. Nous, on veut l'inverse et on veut qu'il y ait un panier qui soit vu avec les distributeurs par un décret avec des critères très stricts de qu'est-ce qui est bon pour la santé ou pas et qu'on puisse permettre à tous les Français de manger bien en quantité. Il y a un Français sur six qui ne mange pas à sa faim. mais aussi de manger bien en qualité. C'est une proposition de loi de Boris Tavernier, député écolo, qui a été dépusé et qu'on va bientôt examiner. Qui
contrôle ce respect du prix coûtant que vous voulez mettre en place ? C'est à nous de mettre en place en termes
de politique publique. C'est sûr que quand on fait contrôler la grande distribution par les macronistes, on a vu que c'était contrôlé de très très loin. Il y a quand même des moments où les agriculteurs vendaient très très peu cher leur production, de moins en moins cher, et nous on achetait des produits plus chers au bout. Donc il y aura des sanctions ? Les deux farces d'un même dindon, les deux dindons d'une mère farce, si jamais comment il faut dire. Mais on voyait bien qu'au milieu, quelqu'un s'en mettait plein les poches. Il
y aura des sanctions contre les distributeurs qui ne respectent pas. Evidemment, sinon ça marche
pas. Vous savez comment ça marche en économie ? Si vous laissez faire quelqu'un ce qu'il veut, alors c'est pas respecté. Donc ce serait un décret qui fixerait des critères très stricts de... Comment on juge que le produit est bon pour la santé ou pas ? Et on en finit avec ce système où acheter des fruits et légumes bio fait que vous payez des marges 80% plus élevées que sur des produits qui ne sont pas bons pour votre santé.
Marine Tondelier, sur le carburant, vous avez dit qu'il faut taxer les super profits, il faut sans doute baisser les prix pour de nombreux Français qui subissent cette hausse du carburant. Il y a des appels à la mobilisation qui surgissent sur les réseaux sociaux, notamment le 17 octobre. Est-ce que vous soutenez ces appels à la mobilisation ?
Evidemment parce que c'est pas juste, moi je porte une écologie populaire. Une écologie populaire ça veut dire quoi ? C'est-à-dire bien sûr il faut prendre des mesures, on ne peut pas continuer comme ça. Mais on ne peut pas prendre les mêmes mesures concernant des personnes qui n'ont pas la même responsabilité dans le problème. Et aujourd'hui il y a des milliardaires qui en 90 minutes dépensent et mettent autant de CO2 que vous, moi, un humain moyen dans toute sa vie. On ne peut pas imposer les mêmes mesures des gens qui n'ont pas les mêmes alternatives. quelqu'un qui est en ruralité, quelqu'un qui est en centre-ville. Et on ne peut pas imposer les mêmes mesures des gens qui n'ont pas les mêmes ressources. Vous
irez sur les ronds-points avec Fabien Roussel ? Alors,
il se trouve que je vais accoucher à peu près dans ces eaux-là, donc on verra. Mais vous savez, ce pays, il recule. Je vais vous expliquer un truc. Mon premier enfant, il est né en décembre 2018. J'étais à la maternité pendant la première marche climat et qui était aussi à la fin de la première semaine des Gilets jaunes. Et là, je me prépare à redonner la vie dans une semaine qui sera marquée par le retour des gilets jaunes et par les marches climat. Je me suis fait cette réflexion en disant mais quel hasard de la vie. Ce pays, c'est une boucle spatio-temporelle. En fait, on n'arrive plus à sortir de ça. Le macronisme nous a fait perdre beaucoup de temps. Et donc cette écologie populaire, elle est solidale des marches climat et des gilets jaunes. Il
faut ce retour à ce mouvement des gilets jaunes que d'ailleurs le renseignement territorial sur les informations de BFM TV observe.
Mais la colère, elle est légitime. On a des gens qui ont acheté des véhicules diesel. Pourquoi ? Moi aussi, j'avais un véhicule diesel. Pendant des années, l'État a dit, c'est ça que vous devez acheter. Il l'a dit d'ailleurs en mettant des incitations financières. C'est comme pour le Coca et les Oreos dans le supermarché. Si vous voulez acheter une voiture, si vous voulez payer moins cher, vous achetez celle-là. Donc les gens achètent. Nous, on disait depuis le début que ce n'était pas une bonne idée que ça allait emmener dans le mur. Et tout d'un coup, l'État se rend compte qu'on avait raison. Et du jour au lendemain, ils disent, en fait, le diesel, c'est criminel. Tous ceux qui ont une voiture diesel. Vous ne pouvez plus l'utiliser et débrouillez-vous. Mais alors il faut baisser le prix
de l'essence ou il faut essayer de faire en sorte que les Français utilisent moins la voiture ?
Oui mais tu peux l'utiliser les moins quand tu as une alternative. Quand tu n'as pas d'alternative, quand tu es un féminin libéral dans la ruralité Picard et que tu fais 100 km en voiture par jour, tu fais comment ? Donc du coup, il y a vraiment un besoin de justice. Donc il faut aider les gens à se sortir de l'impasse dans laquelle on les a mis, à changer de voiture, le leasing social. Pour changer de voiture, on avait prévenu que le dispositif, il n'y avait pas assez d'argent dessus. Résultat, à la fin de l'année dernière, il était à zéro. Ils ont dû le suspendre, il n'y avait pas assez de moyens. Donc on laisse les gens dans l'impasse, ce n'est pas possible.
Vous parlez de justice justement. Le gouvernement par la voix du ministre des Comptes publics, David Amiel. dit il faut faire 6 milliards d'euros d'économie sur les retraites. Est-ce que c'est une ligne rouge pour vous ? Est-ce que ça vaut censure du gouvernement à l'approche de l'examen budgétaire ?
On va se dire des choses très clairement. Ils nous disent on va aller taxer les retraités aisés. Moi je ne sais pas ce que c'est un retraité aisé. On peut se dire par exemple bah tiens 2000 euros par mois c'est bien 2000 euros par mois. Sauf qu'aujourd'hui une place en EHPAD ça coûte hors pari. deux à trois mille euros par mois
et c'est ça la justice sociale tout le monde peut participer à sa charge à sa hauteur oui mais
du coup quand ça veut dire que considérer que vous avez juste l'argent pour payer votre ehpad ça c'est être aisé mais moi je sais pas ce que c'est un retraité aisé donc en fait on a un sujet de qui perçoit qui comme aisé les macronistes pensent que les ceux qui doivent trinquer c'est les classes moyennes mais qui s'appauvrissent en termes de pouvoir d'achat que l'inflation moi je considère qu'on doit aller chercher chez les plus riches notamment les dans les héritages qui vont arriver Il y a 9000 milliards de flux successos d'ici 2040 d'argent qui va passer d'une génération à l'autre. Je veux qu'on aille chercher. les 1% d'héritage les plus élevés, puis 4 millions d'euros, et encore plus, donc 10% de taxes en plus, et 10% en plus, donc 20, pour les 0,1% des héritages les plus élevés, 13 millions d'euros d'héritage, vous pouvez bien donner 20% à l'État.
Marine Tondelier, dernière question, on est à la fête de l'UMA, la gauche est une nouvelle fois dispersée, discours de Jean-Luc Mélenchon dans quelques instants maintenant, il vous a proposé une offre, en quelque sorte, aux écologistes, un accord de gouvernement, un accord au législatif 2027, à la condition de le soutenir. Est-ce que vous allez répondre oui à un moment donné ?
Nous on dit la même chose depuis le début, regardez notre slogan, il est écrit là, pour l'écologie et pour l'union. C'est notre engagement écologiste, on sera juste au bout du côté de la solution. Oui mais tout le monde a toujours fait les discours, chacun de son côté à la fête de l'humain, c'est normal, on a nos stands, etc. Moi ce que je dis... C'est qu'on s'est battu pour la primaire qui n'existe plus. C'est très dommage parce que c'était vraiment un chemin de victoire possible. Là, aujourd'hui, on a écrit à tous nos partenaires, on leur a proposé des rendez-vous avec une liste de sujets à discuter. Donc on est disponible, mais il faut que chacun comprenne que personne ne gagnera seul. Et deuxièmement, que la solution, ce n'est pas tout le monde doit se rallier derrière l'un ou l'autre. C'est est-ce qu'on est capable, chacun, de se dépasser pour quelque chose de plus grand que nous. On n'a pas le choix. Sinon, on aura écrit l'histoire d'une partie de la gauche qui voulait tuer l'autre partie de la gauche et qui a sommé les écologistes de les aider à appuyer sur la détente. Ce n'est pas ça pour lequel moi je veux dire.
Il y a une mesure qui vous empêcherait de le rallier à Jean-Luc Mélenchon ? On
a listé un certain nombre de sujets. Mais je veux terminer parce qu'on a proposé beaucoup de choses. Vous savez, moi j'ai l'impression qu'on met nos électeurs comme des enfants devant une vitrine de Noël. Vous avez les enfants, les étoiles, plein les yeux qui regardent en rêvant en disant « j'aimerais bien voir ça, ça, ça ». Ils regardent nos programmes. La fête de l'année prochaine, ça pourrait être la fête de tout ce qu'on a mis en œuvre dans les 100 premiers jours. Eh bien moi, je ne veux pas qu'on déçoive nos électeurs qui disent que c'était une victrine du Père Noël. Je veux qu'on ne fasse pas un concours de papier glacé, mais qu'on mette en place vraiment ce qu'on a dit, et ça veut dire travailler ensemble. Merci beaucoup Marie-Thondelet
d'avoir été avec nous en direct de la fête de l'Humanité.
Merci beaucoup Anthony Lobossé.