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Bonjour et bienvenue
dans
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Propaganda.
Cette semaine, on va vous parler du retour de François Hollande sur la scène politique française.
Et oui, parce que flambier de retour, toujours plus venimeux que jamais.
Et vous entendez, Olivier Faure, il dit, François Hollande, il a commencé à 3%, il a fini président de la République, il pourrait m'arriver la même chose. Oui, ça, ça vaut
pour
moi,
exclusivement.
Ah !
Derrière ce sourire potache se cache un redoutable homme politique. Pour ressusciter
sa carrière, faut quand même être sacrément fort.
Oui, alors on va regarder comment il s'y prend et ce que tout ça dissimule. Ça dissimule qu'il est de droite, mais alors vraiment de droite ! Et surtout, on va voir à quoi lui sert ce petit jeu, à reprendre une partition qui n'est pas la sienne, sans jamais avoir à en payer l'addition. Et
tant qu'on parlera d'addition qui pue un peu, on ira regarder un peu les chiffres de Roussel au congrès du PCF.
espère que ça vous plait comme programme, sinon dites-le en commentaire. Oui, promis,
on en tient compte. Bon,
là, on se demande quand même comment Hollande peut être candidat. Et dans quelle réalité alternative la politique macroniste nous a plongés ?
Un mec qui démantèle sa famille politique en mentant tout au long de son quinquennat sur ses engagements.
Le même qui a eu tellement peur de la sanction populaire qu'il ne s'est même pas présenté à sa réélection pour ne pas avoir à défendre son bilan.
Et bah il
se dit aujourd'hui, pourquoi pas ? Pourquoi pas moi ? Pourquoi pas maintenant ? Et on n'est pas les seuls à se poser la question. Alors, il y a eu les plus polis et les plus cash.
L
'expérience, est
-ce que
c 'est
un boulet ou est-ce que c'est une qualité ? Rochebin, il a été assez poli sur LCI le 29 août face à Hollande et Philippe, alors que du Hamel sur France Inter le 2 septembre, c'était un peu autre chose.
Est-ce que vous ne sous-estimez pas le rejet dont vous faites l'objet chez une partie du peuple de gauche et qui pourrait être un obstacle si d'aventure vous vous présentiez à nouveau devant les Français ? Peut-être que vous ne mesurez pas suffisamment la rupture, la fracture qu'a représenté ce quinquennat ?
Non, manifestement, Flamby ne doit pas bien mesurer.
Mais en réalité, il y a une chose qui permet à Hollande d'être candidat aujourd'hui.
Oui, c'est très simple, vous allez voir. Il dit qu'il n'est pas candidat.
Et ça le dispense même de se présenter à la primaire pour être candidat sans être candidat…
ne suis pas candidat aujourd'hui. Donc pourquoi il reste dans une primaire où il n'y a que des candidats à la candidature
la technique est imparable ! Et alors il a répété à toutes les occasions qu'il n'était pas candidat. Juste un ancien président qui donne son avis.
Ben tiens ! Expliquez-nous, François Hollande, quel est le sens de ce livre ? Est-ce que c'est celui d'un ancien président qui veut mettre à profit son expérience pour éclairer la nouvelle génération ? Ou est-ce que c'est celui d'un candidat qui a déjà un programme prêt à l'emploi ?
C'est celui de François Hollande qui regarde le monde tel qu'il est.
Oui, bon, en réalité, c'est pas qu'il n'est pas candidat, c'est qu'il ne l'a pas encore annoncé.
candidature, il y en a suffisamment aujourd'hui, j'apprécierai le moment venu, ce que j'ai à faire.
Et il a même un calendrier à sa non-annonce de candidature ou à son annonce de non-candidature. Enfin bref, vous avez compris quoi.
Non. Et pourquoi j'ai fixé le mois de décembre ? Parce que le mois de décembre, dans une élection présidentielle, c'est le mois clé. À droite, vous allez voir, est-ce qu'il y aura autant de candidats à droite ? Bien sûr que non, sauf s'ils s'obstinaient. Je ne crois pas que ce sera le cas. Donc il y aura une clarification à droite, il doit y avoir une clarification de la gauche sociale-démocrate, et je vous l'assure ici, il n'y aura qu'une seule candidature de la gauche sociale-démocrate.
C'est quand même très très bizarre, parce que pour un non-candidat, il fait quand même... tout plein de trucs de candidats.
François Hollande, on va rentrer dans le détail de vos propositions, simplement pour tenter d'évacuer ce sujet, même si vous n'y rencontrez pas tout à fait. Nos confrères de Politico nous apprennent ce matin que vous avez, ou que vous vous apprêtez à signer le bail pour un QG de campagne. Alors là, c'est la première personne qui signe un QG de campagne sans être candidat.
du Hamel Saint-Cricq Junior, quel mauvais esprit ! Il n'est pas candidat ! Il le dit suffisamment de fois, non ?
ce n'est pas un QG de campagne, ce n'est pas d'ailleurs moi qui signe ce bail, comme vous dites. Ce sont des amis, parce que je ne veux pas, y
compris
pour la promotion de ce livre, confondre ce que je fais comme ancien président, avec les moyens qui sont assignés, avec ce que doit être en totale transparence la vie d'un auteur. demain qui aura à prendre sa responsabilité.
Ce ne sont que des amis qui louent un QG de campagne pour
un non-candidat ! Et d'ailleurs, il n'est tellement pas en campagne qu'il reprend même des mots qui font campagne. Mais pas pour faire campagne, ok ?
vais parler de la finance, vous vous souvenez de la finance, mon ennemi ? Bon, il se viande, il avait dit adversaire en 2012, mais bon, passons. Non, non, regardons. Cet adversaire, c'est le monde de la finance.
Ah c'est rigolo, il ne s'est pas trompé en adoucissant, il s'est trompé en gauchisant. Spontanément, 14 ans après, il range sa campagne de 2012, nettement plus à gauche qu'elle n'a jamais été.
Comme il présente son point de départ comme radical, il peut requalifier son quinquennat en épreuve de maturité. Pas en trahison !
Malgré tous ces effets de prestidigitation, ça ne trompe personne. François Hollande prépare sa candidature et joue du masque pour s'élever au-dessus de la mêlée.
ne crois pas que vous soyez candidat, monsieur Rochebin. J'ai dit que je l'étais. Je pense que c'est le troisième qui est en cause.
le monde se rend compte qu'il veut être candidat.
Alors évidemment, on pourrait commenter ce dispositif de dissimulation, mais si ses adversaires, Benjamin Duhamel et Darius Rochebin, s'en rendent compte, c'est que probablement ce n'est pas très intéressant à commenter d'un point de vue critique.
Bah oui, si le système médiatico-politique identifie ce dispositif de masquage, c'est qu'il est fait pour être dévoilé.
François Hollande cherche activement
à jouer ce double rôle. Se concentrer sur cet angle, candidat, pas candidat, ce que ça cache est la question du bilan. c'est jouer dans le cadrage que Hollande veut installer pour ses interactions.
Ce pseudo-flou stratégique masque
autre chose qu'il ne voit pas encore très bien, les Rochebains et Duhamel. Alors, on ne va pas s'arrêter là, parce que ce qu'Hollande dissimule s'éclaire à mesure qu'on l'écoute.
C'est désolant qu'en dix ans, ce qui faisait malgré tout la stabilité du pays, une droite, une gauche, des alternances, on n'était pas satisfait de l'une, on allait chercher l'autre, ce soit décomposé.
eu le fin de regretter
la
bipolarisation
classique de notre vie politique. Comment procéder ? Est-ce qu'on peut avoir une candidature unique de ce que vous appelez de la social-démocratie ? Ce que dit aussi François Bayrou par exemple, il dit qu'il faut qu'il y ait un candidat entre les sociodémocrates et le centre-droit. Non, je pense qu'on ne parviendra pas à avoir une candidature unique. Pourquoi ? Parce qu'il y a une droite qui est en train de se reconstituer. Je crois que vous avez reçu avant moi Edouard Philippe, il n'est pas dans cette stratégie. Il veut reconstituer, il l'a dit lui-même, l'UMP. la droite classique.
Ce cadre est très présent dans son positionnement politique. Philippe, c'est la droite classique, l'UMP. Par défaut, tout ce qui est plus à gauche, Hollande se le réserve.
Mais quand on regarde de plus près, cette présentation bien pratique droite-gauche cache quelque chose.
Une recette qu'on connaît par cœur, qui a déjà servi en 2017. On part de la gauche, on arrive à droite et on appelle ça du dépassement.
Aujourd'hui, on a à la fois un déséquilibre des comptes sociaux, 25 milliards, et on a surtout un déficit public de 150 milliards du budget de l'État. Et nous avons des taux d'intérêt qui nous cessent d'augmenter. Dans quelques mois, dans quelques années, si nous ne faisons rien, nous aurons à consacrer, non pas rembourser, mais pour payer les charges d'intérêt, 100 milliards d'euros. Aujourd'hui, c'est 70 milliards, c'est l'équivalent du budget de l'Éducation nationale.
Pour quelqu'un qui se dit de la sphère de gauche, il parle quand même de budget et de dette, comme un homme bien de droite.
Je reprends ce qui a été dit par Edouard Philippe sur l'étranglement, mais c'est un étranglement qui ne va pas durer très longtemps, parce qu'au fur et à mesure que les taux d'intérêt risquent de monter, à partir de là, nous ne pouvons pas assurer le paiement de la dette. Oui, bien sûr. mais avec des frais pour le budget d'État qui deviennent insupportables.
Crier au loup budgétaire, c'est un truc de droite. Ça a même surpris Darius Rochebin.
Vous avez vu, l'homme de gauche est presque plus alarmé que vous. Non, parce que ce n'est pas un problème de gauche et de droite, c'est un problème de place de la France.
La remarque de Rochebin est signifiante. Il est décontenancé qu'un homme politique, de gauche, avec de très gros guillemets, reprenne les postures et analyse de la droite.
Et avec dissolution l'an dernier et l'épisode de propaganda la semaine dernière, on a très bien vu à quoi sert le discours de la pression budgétaire.
A justifier des positions néolibérales et antisociales.
Il y a une mesure que vous suggérez qui a été très commentée, vous proposez d'augmenter la TVA de 4 points, de 20 à 24% pour financer une augmentation du salaire net des Français de 10%. Olivier Faure dans les colonnes du Parisien dimanche vous reproche de vouloir augmenter, je cite, l'impôt le plus injuste en France. Est-ce qu'on peut être de gauche ? et vouloir augmenter la TVA qui frappe tous les Français de façon indifférenciée.
Ça se cache même plus, la TVA sociale, c'était ce que
Bayrou avait proposé pour compenser le trou de la sécu. La grammaire néolibérale infuse dans tous ses angles.
Donc une des façons de mieux rémunérer, c'est de faire qu'il y ait moins de cotisations sociales salariales payées par les travailleurs. C'est la proposition que je fais. Pour financer la baisse des cotisations salariales, qui permettrait donc une augmentation de pouvoir d'achat d'à peu près 10%. Il faut trouver de la recette pour compenser la baisse des cotisations salariales. Je propose d'augmenter d'un point par an le... pendant quatre ans, la TVA au taux normal.
Financer une réduction des cotisations par la consommation via la TVA, c'est une mesure foncièrement de droite. Diminuer le coût du travail pour le rendre plus attractif et compenser ça par une taxe sur la consommation, c'est-à-dire sur les Français.
À la fin, ce seront les entreprises qui y auront gagné. Elles seront dispensées d'augmenter les salaires puisque le net aura augmenté.
Mais ça sera quand même payé par les travailleurs consommateurs.
On
voit vraiment les gens pour des comptes quand même. Être de gauche, pas simplement d'ailleurs de ce point de vue-là, c'est vouloir que les salaires augmentent, que le travail soit mieux rémunéré.
croyais qu'être de gauche c'était l'équité sociale, fiscale, écologique.
Mais non, enfin c'est bien
connu, la gauche c'est travailler plus pour gagner plus. Mais vous allez voir, c'est pas que sur le fiscal et budgétaire que Hollande assume tranquille son virage à droite.
Nous aurons toujours besoin d'une immigration de travail. À nous de la fixer, de la définir, de dire sur quels emplois… Avec des régularisations de travailleurs ou pas ? Et avec des régularisations lorsque nous sommes dans des métiers en tension et que ces personnes travaillent de manière clandestine.
J'étais pas né, mais si je me souviens bien, la gauche c'était des régularisations sans conditions quand elle arrivait au pouvoir, non ?
Enfin, c'était sous Jospin, donc t'étais né, je crois. Enfin, je te confirme qu'il y avait des takes un peu moins claqués qu'avec Hollande. La solidarité des êtres humains entre eux, des trucs de gauche bien basiques, quoi.
Ouais, mais non, c'est fini, ça. On peut pas accueillir toute la misère du monde. On va
prendre
que ceux qui nous sont utiles et qui travaillent. Mais oui, mais parce qu'il y a beaucoup de fraude...
Fiscale ? Mais ça, pas, non. Ça, c'est de la stigmatisation des entrepreneurs et de nos gentils capitalistes. De la fraude à l'immigration, en revanche, hein... Bien sûr.
Deuxièmement, sur le recouvrement familial, nous savons bien qu'il y a des règles qui ne sont pas respectées. Pour l'immigration, pour le recouvrement familial, il faut que les personnes qui rejoignent leurs conjoints parlent le français et respectent les lois de la laïcité. Ce n'est pas déjà le cas ? Pas toujours. Et ça ne s'est pas suffisamment vérifié.
Bruno Retailleau, bonjour ! Non, non, pas bonjour. Ah mais si si, bonjour, regardez !
ne faut pas aller chercher des solutions qui sont des solutions irréelles et quelquefois même humiliantes. Aller prier un pays tiers pour des raisons qui seraient celles de nous débarrasser d'un certain nombre de populations parce qu'on ne saurait pas traiter nous-mêmes cette question-là. Pays qui ne sont pas toujours les plus exemplaires en matière de droits, non, je ne suis pas favorable à ces solutions. En revanche, je suis favorable à ce qu'on soit... avec les pays européens, beaucoup plus strict pour accueillir et pour contrôler et pour refouler les personnes qui n'ont pas à venir ici.
Oh, pfiou, il a refusé les camps de concentration pour migrants en pays étrangers. C'est bon, il est de gauche. Mais enfin,
ça commence
à se voir qu
'il
n'est plus du tout de gauche, non ? Non, mais tu fais erreur. Ce que tu ne comprends pas, c'est que justement, ce n'est pas une question politique.
ce n'est pas une question simplement, est-ce qu'on est de gauche ou de droite ? On doit le faire avec humanité. Mais c'est à nous de définir ce que nous voulons avoir comme immigration ou ce que nous ne voulons pas.
Là, Hollande dépolitise une question profondément politique en refusant de l'inscrire dans le champ partisan et en le rapportant à l'humanité, dont il ne fait qu'un mot désincarné, qui cherche à masquer ce qu'il veut faire vraiment. exactement l'inverse de l'humanité.
Et en fait, tout ça, ça fait système, et il l
'admet lui-même à demi-mot. Tout candidat, et je pense que nous serons dans cette configuration, tout candidat qui viendra de la droite ou du centre-droite, et Edouard Philippe se situe dans cette famille politique, ou tout candidat qui sera au second tour, venant du centre-gauche, ne pourra pas simplement dire « votez pour moi pour faire barrage ». Ça ne fonctionnera plus.
Hollande ne veut pas du tout ressusciter la social-démocratie. Glucksmann est moins à droite que lui sur l'héritage, la TVA sociale et même l'immigration.
En réalité, tout en disant ressusciter la social-démocratie, Hollande chasse sur les terres macronistes. Et il n'y a pas meilleure recette que celle de 2017.
Prétendre partir d'une position de gauche progressiste et droitiser ses positions.
Son programme est de droite et n'a que quelques différences mineures avec celui des macronistes. C'est ça qu'il cherche à cacher.
Les catégories qu'il emploie sur les salaires, les cotisations… la dette et l'immigration sont celles de la droite. Les mesures qu'il propose, comme la TVA, sont de droite. C'était une des mesures qui avait fini par coûter à Bayrou son poste.
Mais je ne sais pas si vous avez remarqué, sur les trois sujets, la même esquive est revenue. Ce n'est pas une question de gauche et de droite. La dette, c'est la place de la France. Les salaires, c'est le pouvoir d'achat. L'immigration, c'est l'humanité.
Trois fois, le clivage gauche-droite se dissout par l'appel à une valeur supposément populaire. Qui est contre le pouvoir d'achat ?
Hein ? Hein ? Sauf qu'un désaccord, ça ne s'évapore pas. Il faut bien qu'il aille quelque part. Reste à savoir où.
Jusqu'au bout, Hollande a repris les postures macronistes.
Et le meilleur moyen pour le faire, sans que ça soit trop trop visible, c'est de dire qu
'on ne le fait pas. L'enjeu, ce n'est pas simplement d'écarter l'extrême droite, c'est bien sûr un de mes objectifs. L'enjeu, c'est de savoir si la France peut, au lendemain de 2027, être capable de se redresser, de retrouver une espérance, de redonner un sens à l'action publique.
Ah, et c'est quelle vision, quelle ambition qu'il donne à l'action publique ?
J'ai évoqué l'Union, pourquoi j'ai appelé ce livre « Unir ». Il faut unir les Françaises et les Français pour que nous puissions avoir un programme. donc une vision et peut-être demain un travail gouvernemental et présidentiel qui nous rassemble et nous permet de nous relever et de peser.
L'union est un mot extrêmement dangereux, surtout quand il est manipulé par un stratège politique de la trempe de l'an.
Oui bon là c'est quasiment du macronisme dans le
texte. Donc c'est l'enjeu, c'est d'unir, parce que les Français sont... finalement beaucoup plus en cohésion qu'ils ne le croient eux-mêmes. Mais faut-il leur proposer un projet ? Moi, je leur propose un projet. Et un projet, bien sûr, on peut me juger moi, mais ce qui compte, c'est moins ma personne aujourd'hui que ce que je vais avancer dans le débat public.
Il suffit de remplacer front républicain par union et vous retrouvez exactement les stratégies des macronistes.
Comme avec Macron, cette arme de l'union sert à dépolitiser les enjeux.
ne suis plus dans ce débat-là de savoir si je dois être encore regardé sur le bilan. Je l'assume, j'en vois aussi les insuffisances. Ce qui compte pour moi, c'est de savoir ce que nous allons faire ensemble, les Français, en 2027. Jamais la situation n'a été aussi grave. Nous vivons deux guerres. Est-ce qu'on mesure bien ce qui est en train de se produire dans le monde ? Et nous, on est là en train de parler de telle ou telle mesure qui peut être intéressante par ailleurs, ou de telle ou telle procédure.
Ah c'est rigolo, on lui pose une question politique et lui, il répond sur le terrain anxiogène de la guerre. Dès qu'il est mis en
difficulté sur une question politique, il dépolitise la question.
Mais regardez là, on lui pose une des questions les plus importantes pour les prochaines années. Comment gouverner si l'Assemblée est divisée comme aujourd'hui puisque les Français n'ont pas bougé de leur position ?
Le rôle du président de la République va également changer. Le prochain président de la République, s'il est dans cette philosophie, il doit prendre de la hauteur, il doit être capable de donner ce cap et aussi de rassembler les
Français. À une question de négociation partisane sérieuse et concrète, il répond par la guerre ou par la fonction
présidentielle. La technique est simple. attribuer une obligation d'unité transpartisane, morale et presque religieuse par la guerre, l'Union nationale et en tirer des avantages stratégiques et politiques. Et
mieux encore, l'Union, elle est directement dans les Français. Comme si au fond, c'était la faute au parti politique. Ça ne vous rappelle pas quelque chose ?
Ces partis, les partis de gauche, du centre et de droite, se sont mis d'accord dans l'entre-deux-tours par ces désistements. Les Français en leur faisant confiance. leur ont dit, on a entendu votre message, on ne veut pas que le RN gouverne, mais vous allez vous mettre d'accord entre vous. L'union est un puissant outil
stratégique des macronistes. Alors regardons ce qu'Hollande en fait dans le champ politique.
Il faut s'adresser aux électrices et aux électeurs. Il faut leur dire, voilà, il y a une union à faire. Dans un pays aussi divisé, où la discorde a été installée, où il y a une forme de radicalité, de populisme, où on met les uns contre les autres, il faut s'unir. C'est ça le grand enjeu, je le disais, de l'élection présidentielle, c'est arriverons-nous à nous unir. Une élection, à ce niveau-là, c'est fait pour rassembler.
Bah oui, l'union c'est super, tout
le monde en veut, non ? Donc si on l'a pas, alors que les Français en fait en veulent vraiment, c'est que certains n'en veulent pas. Ces méchants diviseurs !
Contre qui, pardon ? Contre qui ? Contre tous ceux qui divisent. Mais c'est qui ? Ce sont les extrêmes qui divisent.
RN et LFI ? Oui, bien sûr, les deux divisent et ont besoin d'ailleurs de diviser, ont besoin l'un de l'autre, s'entraînent d'ailleurs dans cette discorde.
Le voilà le loup. Il y a le camp de ceux qui unissent et le camp de ceux qui divisent. Comme si c'était une donnée de la nature et pas une répartition qu'il vient d'établir lui-même à l'instant parce qu'elle l'arrange. C'est de la naturalisation pure et simple.
Allez, c'est tamponné.
Cette naturalisation de la division politique vise à faire oublier l'immense responsabilité qu'il porte dans l'état du paysage politique à gauche.
-ce que vous pensez, pardon, que ni le RN, ni l'EFI ne sont démocratiques ? Non, ils participent à la vie
démocratique, ils suscitent les voix du peuple et ils ne sont pas dans des processus de révolution ou de rupture. De ce point de vue-là, je ne les mets pas en cause. Ce que je dis, c'est qu'ils contribuent à la division du pays. Le
coup est classique. Constater une union qu'on peine à avoir dans la France d'aujourd'hui pour en conclure que la faute, c'est au diviseur.
Méchant diviseur.
Ce qu'il vise surtout, c'est LFI, qu'il dresse comme un égal danger pour la France que l'ERN.
Entre Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe, qui choisissez-vous ? Mais je n'ai pas à choisir, puisque vous me
poserez la question le jour où ce second tour se posera.
Tout à fait. Que ce soit à l'échelle d'un conseiller municipal, d'une assemblée de copropriétés, etc. Edouard
Philippe
n'est pas candidat au conseil municipal. On va dire que j'ai été élu, mais... Enfin, au Havre, au Havre. Vous ne choisissez pas. Vous n'exprimez pas de préférence politique. La question est tellement
impensable et improbable.
La question est posée deux fois et il s'esquive. Voilà à quoi sert l'Union, quand on l'invoque comme ça, sans présenter de chemin concret pour la fabriquer, à désigner des extrêmes contre lesquels le centre doit se battre.
Et pour bien voir que c'est pas une lubie de François Hollande, mais la grammaire stratégique et politique du centre, écoutez le monsieur d'en face.
La question de fond. et qui est à la fois une question de fond et une vraie question politique, c'est qu'est-ce qu'on propose aux Français ? Comment on se fait entendre ? Qu'est-ce qu'on organise en matière de rassemblement pour ne pas se retrouver dans cette situation ? Ça, c'est une question politique. C'est celle-là qu'il faut répondre. Et c'est celle-là sur laquelle il faut passer du temps.
Lui aussi
appelle ça
le rassemblement. De toute manière. il y aura une coalition. Donc ça veut dire potentiellement gouverner avec le centre. Mais cette coalition, il ne veut pas la faire avec la gauche.
Il reprend toutes les mesures qui signalent aux gens de gauche qu'il est un ennemi. Hollande vise bien la droite et les macronistes.
Mais
résumons un peu toutes ces explications. En ne se disant pas candidat, François Hollande évite de répondre de son bilan désastreux. Comment être candidat quand son bilan, c'est le
massacre de sa famille politique ?
Il n'est donc pas... Candidat, politiquement, ces propositions sont des appels de phare transparents à l'électorat macroniste, dont il n'a pas apporté le bilan du chef.
Contrairement à Attal et Philippe, qui sont empêtrés dans leur lien de fidélité avec les dix ans qui viennent de passer.
Comme les macronistes, ils déploient la grammaire de l'Union, alors qu'ils passent son temps à proposer des politiques ultra-clivantes, parce que de droite.
Est-ce que cette opération de propagande hollandienne masque, c'est justement ce mouvement sur les terres macronistes
? Trop occupés à se demander s'il était candidat, ils ne se sont pas demandé candidat de qui. et pourquoi la prestidigitation hollandienne a fonctionné.
François Hollande fera peut-être flop encore une fois en 2027, mais il ne faut pas le sous-estimer. C'est un stratège et un homme politique hors pair qui a réussi à détrôner Sarkozy. Son plan est transparent.
Macron 2.0.
Bah non, il est le mentor de Macron. Du coup, un Macron moins 2.0.
Pas terrible celle-là. Allez, reprends un peu de café.
Elles sont belles nos tasses. Eh bien, elles sont actuellement au stand de la fête de l'humanité. Alors, allez y faire un tour et n'oubliez pas qu'on ne survit que grâce à votre soutien.
Même les mugs, ça nous aide. Et puis, nous aussi, on fait notre propagande. Propaganda !
Et en parlant de fête de l'humanité, rubrique suivante.
le congrès du PCF, Fabien Roussel a annoncé qu'il serait candidat.
candidat à la présidentielle ? Oui,
je suis candidat à l 'élection
présidentielle.
Alors évidemment, une nouvelle candidature qui ne rajoute pas grand-chose, eh bien, elle pose quand même question.
C'est un choix largement réfléchi, mais aussi largement soutenu, à 72% dans mon parti.
C'est génial les chiffres ! Regardez, 100% des gens qui regardent cette chronique sont abonnés à Blast.
Non, pas du tout. Donc du coup, abonnez-vous, là, là, la grosse cloche. Allez, ling ling !
alors, les 72% de Roussel, ça correspond à quoi ?
Au résultat de son congrès. Évidemment, ses scores étaient attendus. C'était déjà ceux de la précédente réunion des cocos pour savoir s'il fallait valider le principe d'une candidature communiste autonome.
C'est vrai que 72% des communistes encartés, ça donne légitimité à représenter les communistes. Mais concrètement, vous savez combien de voix ça fait ? 18 000. Si nos vidéos faisaient 18 000 vues, tu serais content, toi ? Non, je ne serais pas content. Et attends, parce qu'il a dit 72%, mais la participation n'était que de 64%. L'EPC la qualifie de forte.
Ah oui, je connais ça, c'était globalement positif.
Alors attends, s'il n'a fait que 72% des 64% des communistes qui ont voté, alors ça veut dire qu'il n'est élu que par 46% des communistes encartés. Vous voyez comment c'est magique les chiffres ? Et en avançant ce chiffre dont on vient de montrer qu'en fait, il est tout pourri, Roussel essaye d'esquiver une question centrale. Que peut-il légitimement représenter ? Et on lui a posé cette question.
À gauche, vous êtes déjà nombreux à partir en ordre divisé. Qu'est-ce qui vous distingue des autres
Normalement, on ne répond pas à cette question avec « vivre », mais avec son programme, pour montrer qu'on a une analyse plus globale, plus fine, ou qui correspond mieux aux aspirations des Français ou de sa famille politique.
la réponse de Roussel… Reconstruire une France qui produit des richesses en respectant la nature, mais aussi en respectant les êtres humains et les salariés.
Même la
journaliste trouve que c'est faiblard.
Alors, en échangeant laborieusement, ils ont fini par trouver un point de différence avec Jean-Luc Mélenchon. Vous parliez du nucléaire, c'est ce qui vous différencie
sur le fond avec Jean-Luc Mélenchon.
Bon, les différences programmatiques sont donc à un niveau atomique.
Rapport au nucléaire ?
Oui. Eh ben, radioactif comme humour. Pas autant que lui en tout cas, parce que quand on ne sait pas répondre sur le programme, on dit qu'on représente un bloc partisan qui reflète une certaine option idéologique de ce champ politique. Oui,
par exemple, on montre qu'on a une assise partisane solide, qu'on peut aller chercher les autres partis de notre famille politique pour négocier et former une coalition politique. Là, elle va lui poser des questions avec ses liens avec Jean-Luc Mélenchon.
Vous avez aussi critiqué sa nouvelle France. Vous l'avez accusé de vouloir diviser la France, de faire des communautaristes. Est-ce que vous diriez que ce qui vous oppose, c'est une incompatibilité morale ?
Écoutez, d'abord je vais faire un choix dans cette campagne, c'est de ne pas parler des autres et de parler de mon programme et de ce que je souhaite pour mon pays et défendre nos propositions.
Bien entendu que la question était piégeuse. Mais Roussel aurait pu s'en sortir en allant chercher la belle politique de l'Union, mais en la présentant sous un angle sérieux. Quel compromis et accord de gouvernement possible avec LFI, surtout quand l'extrême droite risque de gouverner.
Vous pourriez prendre le risque de le primer d'un second tour. Est-ce que vous êtes prêts ? à prendre le risque et aller jusqu'au bout.
La réponse est parfaite. qui manque à la gauche, le problème de la gauche, ce n'est pas qu'il y ait plusieurs candidats. Le problème de la gauche, c'est qu'elle n'est pas majoritaire dans le pays. Ce que je souhaite, c'est pouvoir contribuer à ce qu'elle redevienne majoritaire, à les convaincre des hommes et des femmes qui ne votent
Oui, il n'en sait rien. D'ailleurs, il ne connaît pas son programme non plus. Mais on s'en fout des programmes. Vous l'avez entendu défendre son programme, vous ? Allons.
Je n'ai trouvé aucun cas de figure où votre proposition fonctionnait. Et où ça ne m'était pas. Est-ce que vous m'avez entendu dans
les émissions de télé défendre les 32 heures
'est
dans votre programme. Mais est-ce que vous m'avez défendu les défendre ?
Non, vous n'avez pas défendu les défendre.
En tous les cas, les 72% de ces 64% lui feront deux belles jambes quand le RN sera au pouvoir. pour cette fois, on se retrouve bientôt pour un nouvel épisode de Propaganda. N'hésitez pas à commenter sous la vidéo pour nous dire ce que vous en pensez.
N'oubliez pas d'activer la cloche pour ne manquer aucun épisode, de liker, commenter, partager pour diffuser une information libre, indépendante et accessible à tous.
Et en attendant la prochaine fois, on vous laisse avec cette citation inspirante.
La culture, devenue intégralement marchandise, doit aussi devenir la marchandise vedette de la société spectaculaire. Guy Debord, la société du spectacle.
confirmez que vous étiez candidat à la présidentielle pour le Parti communiste. Merci infiniment. Voilà, c'est la fin de ce journal. Je vous laisse avec votre film dimanche soir, Spider-Man. Très belle semaine à vous et à vendredi.