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Maintenant, on va passer à notre temps suivant, à notre format que vous appréciez, les grands entretiens de l'humanité. C'est l'après-midi des candidats à la présidentielle. On accueille notre troisième candidat de la journée, Jean-Luc Mélenchon, en grand entretien de l'humanité. Un entretien...
! Bonjour, bonjour, bonjour ! Bonjour à tous et à tous. Merci d'être présents si nombreux. Alors on va vous proposer de quand même commencer. cet entretien avec Jean-Luc Mélenchon. Je le disais bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour cet entretien en direct de l'Agora de l'Humanité. Une dernière pour la route. On va effectivement parler de la lutte contre l'extrême droite pendant cet entretien à venir. Mais il va falloir, pour pouvoir s'entendre évidemment, qu'on commence sans tarder. Donc, on ne vous présente plus notre invité du jour, Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France Insoumise à la présidentielle. Et on vous propose d'entrer dans le vif du sujet sans plus tarder parce qu'on a beaucoup de questions et le temps file vite. Alors Jean-Luc Mélenchon, on a vécu un été catastrophique avec les canicules, les incendies. Après la présidentielle de l'année prochaine, il ne restera que quelques mois pour se préparer au prochain été. Quelles mesures d'urgence vous préconisez pour éviter de vivre le même enfer que cette année ?
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Bonjour tout le monde, merci pour l'accueil. Il faut qu'on tâche de les aider les deux parce que sinon on ne va pas y arriver. Bon, l'été, honnêtement, je ne veux pas faire le malin, mais on est prêts. C'est-à-dire qu'il y a les équipes, on a eu le temps d'y réfléchir, pendant l'été on a travaillé, aussi on a produit un rapport, Bonpart a fait une synthèse de tout ça, mais le fond de l'affaire... c'est qu'il faut que nous réalisions politiquement que notre adversaire dans l'histoire n'a toujours pas pris la mesure de ce qui se passe. Autrement dit, il n'a pas compris notamment qu'on ne va pas attendre jusqu'à l'été prochain pour apercevoir la profondeur et le caractère irréversible du changement climatique. Et ce changement irréversible porte en lui quelque chose, qui aggrave la difficulté, c'est qu'il ouvre une ère d'incertitude. C'est-à-dire que l'on n'est pas capable de dire ce qui va se passer, puisque les paramètres ont changé. Le climat est un système métastable, et comme les paramètres changent, personne ne peut dire « voilà ce dont je suis sûr pour les six prochains mois ». On ne peut arriver à savoir qu'à la condition de déployer des moyens de connaissance. qui aujourd'hui n'y sont pas. Par exemple, nous avons besoin d'une présence satellitaire beaucoup plus importante, beaucoup plus permanente que jamais. Premier élément. Deuxième élément, le capitalisme n'a pas de projet de rechange. Tous les 50 ans, bon allez, peu importe, il y a des cycles. Au lendemain de la guerre, le premier cycle, ça a été 71, la bascule dans un autre ordre du monde qui a donné l'hégémonie aux États-Unis d'Amérique en leur donnant le pouvoir de battre monnaie. Là, nous sommes dans une situation qu'ils n'avaient pas prévue et qu'ils nient. C'est-à-dire que pour eux, le changement climatique, ça n'a pas de réalité, c'est une invention des woke, des dingues d'extrême-gauche et des gens comme nous. Et par conséquent, ils sont à sec. Ils ont une stratégie, oui, toujours la même, et elle est en panne. Les États-Unis d'Amérique sont en panne, et ils n'ont d'autre sortie que dans la violence. Et l'ordre du monde, d'une manière générale, change. Nous sommes dans ce moment. Les épisodes climatiques, c'est eux qui vont scander l'histoire. Parce qu'un épisode climatique, ça ne s'arrête pas à l'instant où ça a lieu. Tout ce qui s'est passé dans les Landes a modifié la nature des sols. à changer la nature de la récolte, pas les landes, mais d'une manière générale la canicule. Donc tout événement écologique se transforme en un événement social, là la pénurie alimentaire. qui, bien sûr, va se reproduire d'ici l'été prochain. Nous verrons où nous en serons au printemps prochain. Et toute transformation, transcroissance de la crise climatique en crise sociale devient une crise politique. Et nous, les Français, nous sommes déjà dedans. Par conséquent... Il faut que nous pensions comme un continuum ce que nous sommes en train de faire aujourd'hui, c'est-à-dire nous rencontrer, nous rassembler, manifester notre force, l'élection elle-même et tous les événements que nous allons vivre. C'est-à-dire que la société, si elle entre dans la crise climatique, comme l'a dit Pablo Servigne, avec les valeurs du néolibéralisme, Ce sera pire que si nous y entrons avec les valeurs du collectivisme, de l'entraide et de la société de solidarité. C'est donc cette société de solidarité que nous commençons à créer dans la campagne électorale elle-même. Un
autre des arguments que vous opposent les libéraux, c'est souvent l'argument des déficits qui creusent la dette. On voit que Marine Le Pen propose maintenant la règle d'or dans la constitution française, donc le plafond des 3%. Qu'est-ce que vous répondez à cet argument qu'on vous oppose toujours chez les libéraux
? La règle d'or, c'est clunesque. Il y a deux pays qui ont mis la règle d'or dans leur constitution, l'Espagne et les Allemands, et ils ne respectent pas eux-mêmes. Alors, on arrête avec ça, ça n'existe pas, et des budgets qui seraient à l'équilibre comme ils le proposent, supposent de ramasser la somme qui manque, c'est-à-dire 150 milliards. Alors, il n'y a pas 50 manières de faire. Ils coupent dans les dépenses publiques, ils aggravent la situation, ils aggravent la récession, ou bien on dit ce que j'aurais dit l'autre jour. Mais si vous aimez les budgets en équilibre, moi je vais vous le mettre en équilibre en 5 minutes, vous n'aurez plus le droit, aucune aide. Point final, c'est terminé, il n'y a plus de déficit, parce que vous coûtez 120 milliards au pays. Tout le monde sait que ce n'est pas possible de faire comme ça. Mais en attendant, ce n'est pas un problème mathématique, c'est un problème politique. Alors comme c'est un problème politique, je vais en profiter pour régler un ou deux comptes. Regardez comment Madame Lagarde déclare que ce n'est pas possible parce que ce ne serait pas légal d'annuler la dette. La dette que détient la BCE, je vous rassure, je ne vais pas faire un cours d'économie politique, mais la dette que détient la BCE, d'où elle sort ça ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Ce n'est pas vrai. Il y a déjà eu, quand la Banque Centrale Européenne a racheté des titres de dette aux banques privées, des titres de dette des États, les Allemands ont porté plainte. Ils ont été déboutés. La Cour a dit, ah ben non, dans les statuts de l'Union Européenne, il n'y a rien qui s'oppose à ça. puisque ce n'est pas un achat direct sur les États, ce que nous contestons nous, mais peu importe. Donc c'est possible. Pourquoi elle dit que ce n'est pas possible ? Elle ment. Et je lui dis, Madame Lagarde, si vous ne savez pas quoi faire le prochain week-end, pourquoi vous ne liriez pas les études que vous publiez sur votre site de la Banque Centrale Européenne, où précisément vous avez interrogé un économiste qui discute des avantages de la suppression de la dette ? Mais je vous donne ma parole. Il discute de ça. J'ai trouvé ça dans le blog de Sophia Chikirou tout à l'heure. Et le gars dit, ben oui, si on supprime la dette des États, ça va donner des marges de manœuvre, ça va baisser le niveau des taux d'emprunt, etc. Enfin, l'argumentaire que peut-être vous avez déjà entendu de notre part. Alors voyez-vous, il y a quelque chose de scandaleux dans le comportement de quelqu'un qui ment publiquement comme ça. Et je vais dire surtout elle. Parce qu'elle, elle a été ministre de 2007 à 2011. Et pendant cette période... La France, le gouvernement français, a accumulé 500 milliards de dettes, c'est-à-dire l'équivalent de la somme que nous prétendons annuler par l'annulation de la dette. Au moins, si ce n'est pas par patriotisme, au moins par honte personnelle, elle pourrait dire, j'entends ce que vous dites, monsieur Mélenchon, mais ça se discute, non, ils sont là avec toute leur morgue pour dire non, ce n'est pas possible.
Alors il y a aussi Emmanuel Moulin de la Banque centrale française. Ah oui,
celui-là, il faut l'inventer. Qui a jugé
votre proposition à... illégale, dangereuse et inutile, un peu plus tard qu'il y a quelques heures. Et ils mettent notamment en avant l'argument de la création de l'inflation que ça engendrerait.
Bon, les amis, je laisse tomber sur l'inflation, parce qu'il faut aller dire à ce type que comme ces dettes ont déjà été achetées, donc elles ont déjà été monétisées, et on ne rajoutera pas de la monnaie en circulation si on annule. Il faut arrêter. Mais laissons ça de côté. Ce que je veux vous dire, c'est... Autrement dit, ce type parle sans savoir, il est censé savoir. Mais encore une fois, regardez la morgue de ces gens. Qui c'est celui-là ? Il sort de secrétaire général de l'Elysée. de monsieur Macron. Auparavant, il a été dans les cabinets ministériels du début des années 2000. Et récemment, directeur du Trésor, chef de ceci, directeur de cabinet de Le Maire, directeur de cabinet de machin. Alors, première période de sa vie, avec Sarkozy, 500 milliards de dettes. Deuxième période, 1200 milliards. Et ce type vient me faire la leçon, m'expliquer ce que je dois faire et penser. Alors qu'il vous ment en disant c'est inutile, dangereux, il ne démontre pas ce qu'il a à dire. Je crois qu'on a le droit de se fâcher, mais voyez-vous, au-delà de la fâcherie, il faut voir où en sont nos adversaires dans la lutte de classe. Il ne faut jamais sous-estimer son adversaire, mais il ne faut pas le surestimer. Ces gens ne savent plus où ils en sont. C'est-à-dire qu'ils ne savent pas quelle stratégie développer contre nous, si bien qu'ils reproduisent la seule chose qu'ils savent faire, c'est-à-dire... désorganiser le service public, éteindre toutes les conquêtes sociales avec l'idée que le marché va remplacer tout ça. Mais la création d'un marché, c'est un acte politique, c'est un acte culturel qui dépend de la façon avec laquelle les peuples entrent dans l'idée de marché, de l'échange. Nous sommes la France, c'est-à-dire un pays qui s'est entièrement construit autour de son État au cours de douze siècles et en particulier depuis la libération. des nazis, nous avons construit un état social qui, au fond, se confond avec l'identité de la France. Par conséquent, démonter l'état social, c'est démonter le pays lui-même et provoquer cela même, au moment même où ils le font, une révolte générale d'un peuple qui n'accepte pas cette idée, quelles que soient par ailleurs ses opinions politiques. Je veux dire qu'il y a des gens qui ne sont pas de notre bord, mais qui n'acceptent pas. que la police soit devenue ce qu'elle est devenue, qui n'accepte pas que les finances du pays soient employées comme elles le sont, que tous les services publics aient été mis à tenir à la gorge, raclés jusqu'à l'os. Par conséquent, ce monsieur Moulin, je lui recommande deux choses. La première, je lui dis les yeux dans les yeux, la France mérite mieux qu'un banquier central qui ment aux citoyens français. Et qu'il s'en souvienne. Je suis... Je suis trop vieux pour qu'il me fasse peur. Par conséquent, si quelqu'un doit avoir peur de nous deux, ça ne sera pas moi. Et je lui demande d'y réfléchir. Ça suffit, nous sommes le peuple français, nous sommes éduqués, on a été à l'école, on sait compter et on sait repérer un mensonge. Vous mentez, monsieur Moulin, et vous devriez plutôt aider votre patrie à trouver des marges de manœuvre que de nous accabler avec vos sarcasmes. Parce que je termine là-dessus, que tous ces gens me disent qu'ils me font la leçon sur la bonne gestion. Alors, et vous, vous comptez rembourser la dette comment ? Vous ne l'avez pas dit l'autre jour devant le MEDEF. Vous avez supprimé des cotisations, des impôts, des taxes. Et qui paye à la fin ? L'impôt des Français. C'est ça qu'ils ont dans la tête. C'est ça qu'ils ont dans la tête. Rien d'autre. C'est-à-dire la fiscalisation. Mon mot pour terminer est le suivant. La bataille de la dette qu'ils ont engagée avec nous est une erreur immense de leur part. Car à gauche, ça fait plus de 15 ans qu'on parle de cette question de la dette. Ça fait plus de 15 ans qu'on étudie le problème à fond. Et la question que nous soulevons à cette époque de la crise du capitalisme, c'est que nous voulons libérer notre pays et toute l'Europe de l'emprise de la finance sur l'évaluation de nos dettes. Car c'est un rapport purement politique. C'est pour des raisons purement politiques qu'on a décidé de soumettre les taux d'intérêt de la dette au marché financier mondial. On peut faire complètement autrement.
les forces du capital seront rassemblées elles aussi pour s'opposer à ces mesures, mais ça on en parlera juste après sur comment faire face à ces forces. On voulait quand même d'abord, parce que c'est une question essentielle pour énormément de Français très concrètement aujourd'hui, parler de la question des salaires. Quand vous avez évoqué l'augmentation du SMIC lors de l'université d'été du MEDEF, vous avez fait face à un patronat hilar. Concrètement, comment est-ce que vous faites ? du Capital qui est prêt à protéger ses intérêts. Dans ces circonstances, comment vous faites pour arracher les augmentations de salaires qui figurent dans vos propositions ?
'abord, attendons-nous à une féroce résistance. Néanmoins, je m'arrête un instant sur cet instant étrange où tous ces gens se mettent à rire quand on parle d'augmenter les salaires. Je pense que, de leur part, ce fut une grande erreur, parce que leur but était de montrer qu'ils étaient l'organisation centrale de la vie politique des Français, et que c'est au fond ce qui importe au patronat et ce qui compte, et le reste est dérisoire et marginal. Et cette sorte de réponse de classe... que traduit le rire qui a été ressenti par la masse des Français comme quelque chose d'attentatoire à leur dignité. C'est-à-dire, nous, on vit, on bosse, on a qui des salaires, qui des retraites, qui d'autres revenus, et on n'a pas le droit de rire de ceux qui manquent. Et je pense que là, quelque chose de très profond a été atteint dans notre pays. J'étais certain qu'ils allaient finir par commettre une erreur, tant ils étaient arrogants, et tant étaient invraisemblables les discours qu'ils approuvaient ce jour-là, par leurs applaudissements, quand M. Retailleau parlait, ou Attal, ou l'autre, etc. Alors, venons aux mesures. D'abord, ils continuent à dérouler leurs plans. Et des fois, ils rendent compte du succès. Quand ils disent, il faut rapprocher le salaire brut du salaire net. Ce n'est pas un public réuni à la fête de l'humanité que je vais expliquer, que le brut et le net, c'est la même chose, c'est en salaire. Et qu'il n'y a pas d'un côté un cadeau et de l'autre un salaire. Il y a un seul et unique salaire. Et que, pour acquérir... Vous avez vu Rotaillot dire « mais moi je rends du pouvoir d'achat aux Français ». Oui, d'accord, il rend du pouvoir d'achat, s'il basculait tout le salaire brut dans le salaire net, il dit « je rends du pouvoir d'achat ». Oui, mais avec ce pouvoir d'achat, vous devriez quand même, vous payez votre retraite, vous payez une assurance santé, vous payez une assurance emploi, et pour ne prendre que cet exemple, pour arriver au même taux. de retour en retraite par des cotisations, il faudrait que vous payiez deux fois ce que vous payez aujourd'hui avec une cotisation, si vous deviez l'acheter directement à une assurance. Et avec ceci, vous exposeriez la totalité de votre travail à un aléa financier. Car en 2008, les sociétés qui servaient des fonds de pension, les fonds de pension qui servaient des retraites aux nord-américains, se sont effondrés. pour les plus essentielles d'entre elles. Et aujourd'hui encore, vous continuez à avoir des gens qui couchent à la rue ou qui sont dans des caravanes parce qu'ils ont tout perdu en 2008. Le système des États-Unis d'Amérique ne les a ni récupérés ni protégés. De la sorte, nous sommes en face de gens qui tentent, qui font l'assaut final en quelque sorte, c'est... finir la socialisation des cotisations qui permettent de faire face aux aléas de l'existence. Donc, ne nous y trompons pas. Ils ne savent plus, certes, avoir une stratégie qui leur permette d'avancer, mais leur détermination est absolue. Et il s'agit de réorganiser la répartition capital-travail en réinjectant dans l'accumulation capitaliste la somme qui se trouve dans le salaire brut. C'est leur rêve depuis toujours, les amis. Il faut bien comprendre que les assurances sociales en général... C'est quelque chose comme 500 milliards d'euros. C'est le plus gros gâteau qu'il y a sur la table, qui, dans le système socialisé actuel, fonctionne en tournant sans arrêt. Eux, ils n'en voient la couleur que quand on achète des médicaments, ou quand avec son assurance chômage on va faire ses courses, etc. Mais en attendant, ils n'en touchent jamais l'accumulation. Alors nous, il faut d'abord mettre un coup d'arrêt à ce qu'ils font. L'inflation va continuer à vous voler une partie de votre paye. Parce que cette inflation-là, il faut bien la regarder comme elle est. L'inflation pour quelqu'un qui va aller acheter en euros des actions et toucher des dividendes, cette valeur-là, elle n'existe pas. Cette valeur-là ne se déprécie pas. Tandis que le prix du travail, j'ai bien dit le prix, pas le coût, le prix du travail. Par l'inflation, il le dévalue progressivement. C'est donc un rapte qui a cours en ce moment et une nouvelle organisation Capital Travail en défaveur du travail. C'est la raison pour laquelle il faut immédiatement construire un barrage. Il fonctionne avec deux murs. Premier mur, augmenter le SMIC. Va avec, s'il le faut, la convocation. Nous au pouvoir en mai. La convocation immédiate des négociations annuelles obligatoires de salaire, de manière à ce qu'on puisse étaler sur l'ensemble des salaires l'augmentation qui est nécessaire. Car que fait le patronat aujourd'hui ? Quand il mène cette négociation, il ne fait pas une augmentation générale à l'intérieur de l'entreprise. Il va favoriser les cadres pour pouvoir les garder et mépriser le reste de la masse salariale. Or nous avons besoin... du fait que tous les salaires augmentent, pas seulement les premiers salaires au niveau du SMIC. Parce que c'est à cette condition que nous relancerons l'activité économique du pays. La consommation populaire, c'est 55% du PIB de notre pays. Par conséquent, le bonheur quotidien, c'est le bonheur de la patrie. Parce que si vous êtes en situation d'organiser votre vie sans être en état de survie, alors vous ferez tourner la boîte. Je termine sur une chose. C'est qu'à côté de ces deux choses-là, il faut mettre en place l'autre barrage. C'est l'échelle mobile des salaires. De 1952 à 1983, il y a eu une échelle mobile des salaires. Ça veut dire qu'à intervalles réguliers, les salaires sont mécaniquement augmentés autant que le coût de la vie.
Alors justement sur ça, on avait tout à l'heure Patrick Martin sur cet agora qui assure que les entreprises n'ont pas les moyens. Évidemment, c'est très contestable, notamment pour les grandes entreprises, mais se pose la question des petites entreprises. Est-ce qu'il y a une différenciation à faire ? Comment on embarque ces entreprises-là qui, pour beaucoup, font face aussi à des difficultés ? Je pense par exemple au prix de l'électricité, au taux d'intérêt, etc.
Je te remercie parce que ça me facilite la tâche pour toutes les autres choses que j'ai à dire depuis...
Mais assez rapidement parce qu'on a beaucoup d'autres problèmes à aborder.
Oui, il y a une différence. Et nous autres, la gauche, et spécialement les collectivistes comme vous et moi. Nous devons tenir compte du fait que le patronat n'est pas une masse homogène, même si la condition particulière les conduit tous dans la logique de l'accumulation. Mais en attendant, un patron sur deux n'a aucun employé. C'est-à-dire qu'on a assimilé à la classe patronale, par exemple, des gens ubérisés. Par exemple, des auto-entrepreneurs et tous ces statuts qu'ils ont inventés. Leur relation au travail, leur relation aux assurances sociales n'est pas la même que ceux qui se trouvent dans des multinationales. Pas du tout la même. Puisque tu me le demandais, oui, il y a une différence absolue à faire à l'intérieur du patronat. Le patronat qui fonctionne sur le marché mondial. Les SMICARD en serrant, c'est 3% des salaires. C'est résiduel pour eux, ça ne compte pas. Par contre, dans la petite entreprise, c'est décisif. C'est la raison pour laquelle nous autres, nous devons bien réfléchir à la façon de travailler. Je vais vous dire pourquoi on est obligé. Ils ont fait passer. à financer par l'Etat, compenser les cotisations sociales non payées, jusqu'à trois fois le SWIC. Ils ont voulu fiscaliser de cette manière-là. Il y a un quart des revenus de la TVA qui sert à payer des cotisations, à se substituer aux cotisations sociales. D'accord ? Si d'un seul coup, un seul jour, on repassait tout sur la cotisation sociale, on enverrait au tapis des centaines d'entreprises. C'est la raison pour laquelle, article 1, il faut distinguer grand et petit patronat, et je vais vous dire comment je m'y prends. D'abord, puisqu'ils aiment tant la démocratie, nous disent-ils, et qu'ils nous font souvent tant de reproches, nous allons modifier les règles de la représentation patronale dans les instances de négociation. De manière... à ce que le petit patronat et le patronat de l'économie sociale et solidaire, qui représente 19% de ce pays, soient intégrés dans toutes ces négociations, et que ça ne soit pas le MEDEF qui joue le numéro qu'ils nous ont fait la dernière fois, quand nous y étions là-bas. Ils ont poussé devant des petits entrepreneurs, des boîtes familiales, vous voyez des choses de cette nature. Alors maintenant... Bien sûr qu'il y aura une conséquence. Si nous réanimons le marché, à ceux qui pleurent, je leur dis, mais il vous faudrait combien ? Il vous faudrait combien de clients de plus ? Sinon, mais qu'est-ce que vous me demandez ? de me conformer à une règle mathématique abstraite et magique d'après laquelle plus les salaires seraient bas, mieux vous vous porterez. C'est l'inverse. Plus les salaires sont allants, augmentants, plus vous avez de clients. Vous êtes donc accrochés à la consommation. Arrêtez de penser que ça irait mieux si vous payez moins les gens. Alors, qui va payer ? Le travail, bien sûr. Encore une fois, parce qu'il n'y a que lui qui crée de la richesse. Mais je veux dire que nous trouverons des moyens de péréquation entre les grandes et les petites entreprises pour prendre en charge, sur la base du chiffre d'affaires et des bénéfices, les cotisations sociales qui aujourd'hui sont payées par la TVA et qui doivent revenir à la source de la production de la richesse. Et qu'on ne vienne pas me dire que ce n'est pas possible, parce que dans le bâtiment, ça existe. Il y a des phénomènes de péréquation entre très grandes entreprises et moins grandes, suivant les moments où... où on arrête le travail. Donc je sais de quoi je parle et je leur dis 1 oui je vais vous changer la règle de représentation 2 augmenter les salaires ça fait les affaires de tout le monde à commencer par les vôtres et j'en dis pas plus parce que sinon à la fin vous allez me dire et dis donc t'as pas demandé de faire le bonheur du patronat.
Et justement vous parliez des petits patrons, parlons des méga fortunes. L'eurodéputé LFI Manon Aubry avait déclaré récemment que les milliardaires étaient nuisibles à l'économie et qu'il fallait les interdire. Visiblement, c'est populaire. Est-ce que vous vous engagez aujourd'hui à ce que la France de Jean-Luc Mélenchon soit une France sans milliardaire
vais faire quelque chose de plus raisonnable. Je m'engage absolument à tout faire pour qu'il n'y ait plus de pauvres. Parce que... Les amis, j'adore vos applaudissements d'il y a un instant. Vous vous rappelez la fois où Macron avait dit, j'espère que la jeunesse de mon pays rêve d'être milliardaire. Et alors, moi j'avais dit, non, moi j'espère pas ça, parce que c'est immoral d'être milliardaire. Et on m'a dit, mais qu'est-ce qu'il y a d'immoral ? Comment tu peux ne pas savoir, comment tu peux ne pas savoir que l'accumulation que tu fais, se fait au détriment des autres, enfin. Il n'y a pas besoin d'être un aigle pour le comprendre. Et non mais je dis tout ça parce que vous savez il y a les débats entre gens de bonne compagnie alors ils disent oui alors vous n'aimez pas les riches et alors il y a toujours quelqu'un qui est très intelligent pour dire moi c'est pas le fait qu'il y ait des riches qui me pose problème c 'est qu'il y ait des pauvres et tu es obligé de dire tu vois pas le rapport entre les deux tu vois pas que bon mais c'est mécanique par conséquent On a lancé ça, et moi, les copains ont trouvé cette idée de dire on va interdire les milliardaires, c'est drôle. Bon, la pauvre bête. Non, c'est la pauvreté qu'on va éradiquer, donc organiser les choses différemment. C'est pas si compliqué que ça à faire. C'est une affaire d'impôts, c'est une affaire de succession. Tout ça, ça se calcule. C'est bien organisé.
Puisqu'on parle de succession, parlons héritage. D'ici 2040, 9 000 milliards d'euros de patrimoine devraient être transmis. Pour endiguer la société des héritiers, vous avez mis dans le débat une taxe à 100% sur les successions au-delà de 12 millions. 12 millions, on se demandait si c'était pas déjà un peu beaucoup en fait.
Non mais, j'adore cette histoire parce que quand on parle d'héritage, les amis... Il faut savoir qu'on est dans le fantasme. Je me rappelle d'une émission de télé à laquelle je participais il y a bien longtemps. Le gars, c'était un humoriste, monsieur Timsit. Et il m'avait dit, monsieur Mélenchon, vous voulez tout prendre. La petite maison, on voudrait la passer à l'héritier. Alors, d'un coup, on aurait tous sorti de notre mouchoir pour pleurer sur la petite maison. Mais la vérité, c'est qu'aucune petite maison ne sera saisie. Pourquoi ? Aujourd'hui, 37% des gens n'ont aucun héritage, donc ils ne sont pas concernés par ce débat. Mais 37%, 87% ne payent rien du tout parce qu'ils arrivent à 100 000 euros. Aujourd'hui, la moyenne de ceux qui héritent, c'est par famille, il y a le plus souvent deux enfants et plus. Donc tout héritage, vous le divisez par deux. Et quand vous divisez, par exemple, la petite maison à 300 000 euros, ce n'est pas à Paris, mais la petite maison à 300 000 euros divisé par 2 égale 150 000. 150 000, tu ne payes pas d'impôt dessus. Alors, il faut attendre d'être... à 1% de la population pour tomber sur des gens qui ont un héritage de 4 millions d'euros. Et comme je ne sais par quelle faiblesse, nous avons encore monté la barre. On a dit, à partir de 12 millions, on prend tout. Alors, j'adore le mot on prend tout, parce que c'est provoquant, c'est fait pour ça. Vous savez, sinon, toutes les lois du capitalisme, l'organisation de la société, la manière de vivre dans le capitalisme, tout est présenté comme un état de nature. C'est comme ça, ça ne peut pas être autrement, allons. Et quand tu dis, on prend tout, un souffle glacé passe sur les gens. On prend tout, voilà les communistes qui arrivent. Bon, alors, à qui on prend tout ? 0,1% de la population totale du pays. Chaque fois qu'il y en a un, chaque fois qu'il y en a un qui vient me chercher, je lui dis, tu es dans les 0,1% toi, alors pourquoi tu pleures si tu n'y es pas ? Alors attends, je t'ai un mot.
Qu
'est-ce que ça donne 0,1 ? Et bien avec ce 0,1, je vous finance l'allocation autonomie des jeunes de 18 à 24 ans. Tous les jeunes ! Tous les jeunes ! Alors, les pleurnicheries, ça va un temps. Il y a la réalité. C'est à quoi correspondent ces sommes. Voilà à quoi ça correspond. L'équivalent d'une allocation autonomie pour toute la jeunesse de 18 à 24 ans. Voilà, je préfère faire une société, un peuple qui hérite de la société, que de faire une société d'héritier. Voilà ce que j'ai à dire.
Le fil conducteur de la discussion, ça montre que chaque réforme devra être arrachée face au capital. A quel point vous comptez sur le mouvement social et les syndicats avec qui vous n'avez pas toujours eu de très bonnes relations pour avoir le rapport de force face au capital en cas de victoire à la présidentielle ? Oui.
Moi, je suis un héritier d'une époque politique. Vous savez que je ne sors pas de l'œuf. Donc, je sais une chose, si on gagne et qu'on recommence, comme on l'a fait en 1981, tous au garde-à-vous en attendant les consignes, il ne se passe rien, il n'y a pas de mobilisation populaire, alors l'adversaire se redéploiera. C'est la raison pour laquelle, si nous marquons cette étape extraordinaire, Il faudra immédiatement, non pas que le peuple soutienne le gouvernement. En quoi ça consiste ? Vous pouvez me dire, vous vous levez le matin et vous dites je soutiens le gouvernement, puis vous allez au boulot. Donc ça ne peut pas être ça le sujet. C'est participe à la lutte pour transformer de fond en comble la société. Oui, ben vous applaudissez. Eh, cochon qui s'en dédie, hein ! Parce qu'on va avoir besoin de ça. La vérité, c'est que toute la société française doit connaître une phase de révolution citoyenne. C'est-à-dire qu'on doit retrouver l'intervention populaire, le contrôle populaire, la défense de la révolution citoyenne. Quand je vous ai proposé de faire des éco-régions la première fois, personne ne s'en est rendu compte. C'est comme ça que je fais. Dans chaque discours, je mets un truc, puis le coup d'après, je le développe, puis le coup d'après, il y a un facho qui se rend compte et qui monte une campagne, un mort contre moi, et ça finit par marcher. Eh bien, ce que je veux vous dire, c'est que la conjonction de la crise écologique et de la crise sociale nécessite, et du capitalisme, nécessite que nous ayons une réorganisation de l'État. C'est-à-dire qu'ils doivent se tourner vers de nouveaux objectifs. Et pour ça, nous supprimerons les anciennes régions pour créer les nouvelles régions. Et ce à quoi nous avons à faire face. Ce sont des tâches qui, par nature, remettent en cause un modèle agricole, un modèle économique. Quand vous dites que les éco-régions vont s'occuper de l'air, de l'eau, de la qualité de la terre, des mobilités et des maladies, c'est-à-dire de la question du bien commun, qui est notre santé, à chaque fois... Vous touchez la nécessité d'une transition pour passer de l'état actuel du rapport capitaliste dans la société à une autre forme d'organisation de la société, laquelle ? C'est celle que nous allons faire avancer ensemble. Voilà pourquoi je veux dire que la première responsabilité, elle est pour ceux qui gouvernent. Nous devons mettre en place immédiatement... les chantiers qui transforment la réalité de l'État et de la relation sociale à l'intérieur du pays, et qu'ensuite... En même temps, on a besoin d'une application populaire de masse. Après, ne comptez pas sur moi pour vous dire ce que doivent faire les syndicats, parce qu'à chaque fois, ça me vaut des histoires. Donc, motus et bouche cousue. C'est clair que la structure de base du syndicat, c'est la section syndicale d'entreprise. Et l'autre structure qui nous importe, c'est la branche dans l'industrie, la branche en général, le commerce, la métallurgie, etc. C'est deux types de structures syndicales qui ont un rôle décisif, parce que c'est elles qui sont accrochées au terrain. Et évidemment, bien sûr que nous nous comptons sur le fait que ça se mette en mouvement. Et je crois que vous le ferez, et d'ailleurs il n'y a qu'à voir comment vous m'avez accueilli à l'instant. On a vu que... T'as dit on est prêt ? Qui c'est qui a dit on est prêt ? Lève la main qu'on te voit. Qui c'est ? Alors, t'as peur ? Voilà. Elle a dit « on est prêts
a vu qu'une partie de la campagne dans cette rentrée s'est focalisée sur des thèmes imposés par l'extrême droite, notamment la question du port du voile porté par le RN et l'interdiction du port du voile. On a eu un retour de la polémique sur l'ABAIA également. Comment on évite de s'enfermer dans le
piège identitaire de l'extrême droite ? Écoute, pardon, je me permets de tutoyer, ce qui est déjà pas bien. Pardon, écoutez-moi, je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites. La campagne n'est pas dominée par les thèmes de l'extrême droite. La campagne est dominée par nos thèmes. Et il n'y a pas besoin, pour moi, c'est pas un piège. C'est pas un piège. Ils se sont fourrés dans une histoire de fou. Le peuple français n'est pas ce qu'on croit. Le peuple français n'est pas raciste dans sa mate. Le peuple français veut pas enlever les voiles. Alors allez, allez fascistes, parlez du voile, parlez de la baillard, et vos autres idioties, parce que la masse du peuple français, elle, elle vit dans les problèmes de santé, les problèmes de salaire, et tout le monde le sait, que tout ça est fait pour jeter du venin, pour diviser les gens entre eux, par leur religion, ou pas leur religion, depuis quand Foula est à lui seul un étendard. Allez, fachos, continuez ! Vous nous rendez service ! Regardez ! Moi, on m'interdit, à juste titre,
d'entrer
directement sur X.
ne peut quand même pas dire qu'il n'y a pas de prise de ces thèmes-là. On a vu l'extrême droite grappiller, évidemment, aux dernières élections, mais y compris à la fois dans le débat public, ces thèmes, ces questions infusent parmi les citoyens les électeurs, non
Moi, je donne le point de vue d'un militant. Et d'un militant avec une longue... J'ai fait que ça toute ma vie, militer politiquement. Donc je te dis, au pif, comme ça, leur affaire ne marche pas comme elle marchait à un autre temps. Avec leur banque qui passe dans la rue et qui casse la figure à tout le monde. Avec les assassins qu'il y a parmi eux. Avec les complicités qu'il y a dans des services de l'État. Tout le monde est exaspéré de voir ça. On ne supporte pas de voir la France dans cet état-là. Je vous le dis, des milliers de gens. Alors... Qu'est-ce qui se passe ? Évidemment, là où tu as raison, c'est que la société se polarise. D'un côté, il y a nous, les collectivistes, et de l'autre côté, il y a eux, les fascistes ou les suprémacistes. Parce que j'aime mieux qu'on dise suprémaciste parce qu'il y a des variétés parmi eux. Mais toutes ont le même principe. Les uns dominent les autres. C'est-à-dire, ceux qui sont riches dominent ceux qui ne sont pas. Les hommes dominent les femmes, les êtres humains dominent la nature. Il est tout le temps question de dominer. Ils n'arrivent pas jusqu'à leur esprit, et fusent de force, ils n'arrivent pas jusqu'à leur esprit. La relation d'une société de solidarité, qui nécessite pour qu'elle puisse fonctionner, une société d'égalité. Ces concepts-là sont liés pour nous, et de même à l'inverse pour eux. Et puis, il y a plein de gens. Les plus anciens comme moi, vous le savez. Plein de gens qui ne savent plus où ils habitent. Alors, ils étaient de droite. Alors, des fois, en plus gaullistes, comme ça, c'était plus fréquentable. Et puis d'autres, ils ne savaient pas bien. Et puis certains, ils disaient, nous, on n'est ni de gauche, ni de gauche, mais pas vraiment de droite. Et tous ces gens aujourd'hui, ils sont perdus, ils regardent. Et je vais vous dire, ils n'ont pas envie de se battre avec les gens dans la rue à propos de foulards. Et ils écoutent ce qu'on dit. Quand on leur dit la santé, que les maladies qui accablent notre pays, le diabète, le cancer, les maladies du cœur, sont des maladies politiques qui résultent de la malbouffe parce qu'on ne peut pas bien bouffer, résultent des pesticides. Alors... Ils entendent ce qu'on leur dit. Et je vois plein de gens qui trouvaient que Mélenchon était exagéré et qui disent maintenant « bon, quand même, ça ne peut plus durer comme ça ». Eh bien celui ou celle qui dit que ça ne peut plus durer comme ça, il fait un pas dans notre direction. Ce que je vous dis, c'est qu'on a intérêt à les gagner par les idées, par les propositions, pas par l'insulte. Je me réjouis de voir comme ils me maltraitent sur X. Et c'est toujours à propos de mon âge. Et à force de lire leurs trucs, je me dis, mais comment ils traitent leurs propres parents, ceux-là ? Comment ils osent parler de quelqu'un qui, à mon âge, ils disent à l'EHPAD, comme si c'était le bagne, ou la prison, ou la poubelle ? Regardez comme ces gens sont dégénérés moralement, autant que politiquement. Voilà, ma bonne idée, c'est qu'on est forts. Par nos propositions.
s'agit donc de mettre les questions sociales, économiques et écologiques au cœur de la campagne. Alors pour l'heure, dans l'état du rapport de force, de nombreux sondages vous qualifient désormais au second tour face au RN justement. Mais il y en est... Il y a quand même un mais, je ne sais pas si vous allez m'entendre, mais je vais poser ma question. Ces mêmes sondages... Il y a donc un mais, je disais, ces mêmes sondages... Je ne sais pas si vous m'entendez, mais ces mêmes sondages vous donnent aussi battu par Marine Le Pen. Alors, il ne nous reste pas beaucoup de temps.
Attendez, parce que la question est importante. On va trop plus la poser.
parce que je le disais à l'instant, mais personne ne m'a entendu, je pense. Il y a quand même un « mais », parce que ces mêmes sondages, pour l'heure, vous donnent battus par Marine Le Pen. Alors, la question... Ce sont les sondages. La question, c'est qu'est-ce que vous répondez à ceux qui, à gauche surtout, en particulier, ceux qui nous intéressent, ne croient pas que vous puissiez l'emporter face à l'extrême droite en cas de second tour
Ben, écoutez, il fallait déjà arriver jusqu'à ce point-là. Mais écoutez-moi les amis, je réponds à votre question. Il y a eu une bascule qui s'est produite. Tous ceux qui militent ici le savent. Qu'est-ce qui s'est passé ? Jusqu'à la veille de Saint-Denis, l'ambiance à gauche était toute éperdue. Et puis, il aura suffi qu'on lève le fanal de combat. et qu'on s'y porte soi-même avec vigueur, avec force, détermination, sans baisser les yeux, pour que l'appel soit entendu, et que des masses de gens se disent « oui, je suis d'accord, ou un peu, ou moyen, ou très beaucoup d'accord avec eux ». Mais j'y vais, et c'est le rassemblement de Saint-Denis, de 26 000 ou 30 000 personnes, qui a opéré une bascule dans l'opinion. Ce n'est pas moi. J'y ai pris ma part. Ce n'est pas seulement le mouvement assoumis. C'est bien sûr le magnifique discours d'Annie Ernaud, le discours d'Éric Vuillat. Mais l'essentiel ce jour-là, c'était les gens qui étaient venus, qui avaient rempli les métros et les RER, et qui tout d'un coup se sont mis à crier « On va gagner ». Et en un instant, le sentiment politique s'est retourné dans les esprits. Et ceux qui dans cette salle sont des syndicalistes, ils nous ont appris une règle de base. La force va à la force. Et c'est parce que nous avons montré notre détermination. Et les gens l'ont montré. Voilà pourquoi la situation a basculé. Et maintenant je fais le pari. que sauf incident de parcours, cette dynamique-là ne peut plus être éteinte. C'est pourquoi, de manière un peu audacieuse et un peu taquine, j'ai dit la primaire est finie à ce moment-là. C'est ça que je voulais dire. Alors, on me pose la question. Vous savez, cette histoire de deuxième tour, je vais dire une méchanceté, mais ça ne va pas viser l'humanité. C'est un problème de journalisme, il faut bien qu'il s'occupe avec quelque chose. Alors comme ils ne peuvent pas passer leur temps à dire, mais comment ce type qu'on disait mort, lui et ses copains, est revenu nous casser les pieds et risque en plus de nous prendre, ce qui compte le plus, le pouvoir. Alors on a inventé le fait que je suis un homme rejeté, voire haï par une majorité de Français, mais même dans leur propre sondage. Ils ont trouvé d'autres têtes à claques que la mienne. Alors... Que faut-il faire ? Mais se battre, c'est tout. Est-ce qu'on n'a jamais fait autrement ? On va se battre. Et si nous faisons un bon premier tour, très dynamique, très fort, qui entraîne pas par l'exclusive, par les engueulades ou je sais pas quoi. qui entraîne parce que les gens se disent, ah, ceux-là, ils savent où ils vont, ils savent ce qu'ils vont faire. Comme on a dit, nous, sur tous les tons, c'est carré. Alors, si on passe cette barre, qu'on arrive dans ces conditions, on emportera tout, vous verrez, parce que, contrairement à ce qu'ils racontent, si ce qu'ils fabriquent avec leur sondage a une quelconque valeur scientifique, alors, scientifique, laissons tomber, mais disons approximative, eh bien, je leur dis la chose suivante. Si le taux de report du reste de la société vers les candidats insoumis est le même à l'élection présidentielle qu'il a été en 2024, alors le résultat prévisible, c'est 50-50 à cette heure-ci. Vous avez bien compris ? Si vous reportez sur le deuxième tour, c'est 50-50. Alors c'est maintenant qu'il faut y aller.
Puisqu'on se projette dans le second tour, on se tourne aussi vers les législatives 2026. Vous aviez conditionné la question de l'alliance à gauche aux législatives à un accord plus large qui comprenait la présidentielle. Sans succès, il y a plusieurs candidats à gauche et il n'y a pas d'accord pour les législatives. Est-ce que cet accord est toujours d'actualité ? Est-ce qu'il est toujours possible selon vous ? Pour avoir une majorité parlementaire ? Je
vous apprends franchement, il y a eu des dégâts. On a fait... En 2022, on a fait ce qu'il fallait, c'était la nupesse. Ça s'est brisé sur les révoltes urbaines. Nos alliés nous ont dit, ah non, on a d'autres valeurs que vous, parce que je refusais de dire, je ne sais plus ce qu'il fallait que je dise, le retour au calme ou je ne sais pas quoi. Et moi j'ai dit non, non, moi ce que je réclame c'est justice pour le gamin qui est mort. Et j'ai à redire, je réclame justice. Mais là ça a commencé à dégénérer. Et puis après le ton est monté. Et puis après, ça a été l'événement du 7 octobre et la diabolisation absolue du mouvement insoumis comme étant des suppôts du terrorisme et tout ça. Bon, vous vous rappelez comment Rima a été traité et tout, mes camarades et moi-même. Donc, camarades, il y a eu des dégâts de faits. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui ont cru à toutes ces choses et ça les bloque par rapport à nous. Et à l'inverse, parce qu'il faut aussi le dire, tous ceux... qui avaient fait l'effort de voter pas toujours dans la joie, mais aussi ça leur a fait mal. Les gens qui votent ensemble avec nous, c'est pas des pions, c'est pas des choses, c'est des gens qui pensent et qui ont vu comment en l'espace de deux ans, alors qu'on nous avait annoncé perdant à l'élection de 2024, vous vous en souvenez, tous les sondages nous annonçaient perdant, et pourtant... Avec la manière avec laquelle on s'est battus, c'est nous qui avons gagné. Mais aussitôt, où est passée la détermination à imposer un gouvernement ? Où elle est passée ? Que s'est-il passé à ce moment-là ? Dix jours de palabres pour savoir qui, quoi, comment, à quelques heures près, Macron est arrivé. à décréter la trêve olympique sans qu'on ait été capable d'avancer un nom. Vous croyez que j'ai oublié ? Moi, je suis un militant, je ne m'amuse pas là-dedans. Je mène une stratégie avec des moyens, une volonté. Et quand on a de l'expérience, on apprend de l'expérience. C'est un lourd passif qui est là. Mais vous êtes en train de faire la décision. Parce que ce n'est pas moi qui ai décidé le niveau où je suis dans les sondages, chez vous. C'est vous qui faites la décision. Donc tout dépend de vous maintenant. Moi j'en ai assez. Et je ne perdrai pas une minute à jouer de la mandoline sous la fenêtre de qui que ce soit. Bienvenue à tous ceux qui veulent entrer dans la lutte avec nous. Point final.
La question que ça pose, c'est est-ce que la gauche peut avoir une majorité parlementaire au printemps prochain sans un accord
? Mais, ami, imagine qu'on m'ait élu, qu'est-ce que tu crois que je vais faire ? Que je vais rester caché ? Ou que je vais dire des paroles confuses ? J'irai, je dirai aux gens, j'ai besoin d'une majorité, votez pour les députés, Union pour la Sixième République, je le ferai tous les jours !
les autres forces de gauche, c'était ça la question !
Ceux qui veulent ! Mais attendez, je veux dire les choses, mais bien franchement, en ce moment déjà il y a un problème, nous on fait campagne électorale, ici j'apprends rien à personne, qu'est-ce que c'est une campagne électorale ? C'est beaucoup de boulot, tu vas au porte-à-porte, tu parles à quelqu'un qui au début t'aime bien, est content de te voir ou est pas content de te voir du tout. Et puis il y a des questions, et puis c'est difficile parce qu'on ne comprend pas tout. Monsieur Mélenchon, qu'est-ce que vous voulez faire ? Vous ne voulez plus qu'on paye les dettes ? On ne comprend pas. Bref, c'est ça faire campagne électorale. Expliquer, expliquer, expliquer, convaincre, rassurer. Il y en a là-dedans qui ont fait le programme commun dans le passé. Bon, on allait au porte-à-porte, et les gens disaient « Ah, c'est bien, vous y croyez ». Et puis ils disaient, mais vous êtes alliés avec les communistes, vous ? Ah oui, oui, oui, oui, ça se passe bien, on est assez contents. Ah oui, d'accord, mais ils ne croient pas en Dieu, alors nous, on ne vote pas contre Dieu. Voilà. C'est ça, faire campagne électorale. C'est beaucoup d'efforts, camarades. Et eux, pendant ce temps, ils font un congrès, ils ont le droit, pour savoir s'ils sont pour, contre, pour la rupture, pas pour la rupture, la rupture avec les filles, sans les filles. Écoutez, le temps qu'ils aient fini de décider, on respecte ce qu'ils font. Faites ce que vous voulez, on fait campagne. Et là, tu me poses la question, est-ce que la gauche ? J'en sais rien, je ne suis pas la gauche, moi. D'abord, qu'est-ce que c'est la gauche ? Qui c'est qui est ? Pour moi, qui est-ce qui est ta gauche ? Celui qui pratique un programme de gauche. Celle qui applique un programme de gauche. Celle qui le défend. Voilà. Alors, je biaise pas. Je ne suis pas en train de biaiser. Je fais la réponse que je peux faire aujourd'hui. Nous n'avons qu'une chose à faire, c'est campagne. Tout ce qui sera gagné à la conviction de gauche au programme L'Avenir en Commun, ça sera gagné en toute hypothèse pour le premier comme pour le deuxième tour. Il faut faire campagne.
Le temps passe très vite et on arrive au terme de ce débat. Il va me rester juste à vous remercier de votre présence, de votre présence à toutes et tous. Évidemment, sur cette question de la gauche et de tous les thèmes qu'on a abordés, le débat va être amené à se poursuivre pendant les trois jours de fête, avant de se poursuivre évidemment dans les mois qui viennent. Merci beaucoup à tous et puis restez tous ici parce que les débats se poursuivent sur l'agora de l'humanité.
Merci Jean-Luc Mélenchon. Merci. Merci à Jean-Luc Mélenchon. Merci à Julien Blaoui. Merci. Merci à tous. Merci. On a encore beaucoup de choses ce soir. Merci.