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Bonjour tout le monde, ravi de vous retrouver sur Le Média. Bienvenue pour un nouvel épisode des Indiscrets, votre rendez-vous politique hebdomadaire tous les vendredis. Nils nous offre les indiscrétions du monde politique et avons-le, on adore ça. Alors au sommaire, aujourd'hui on va parler de Sébastien Lecornu. Il est plutôt à cran à cause du budget et il a décidé de se venger sur qui ? Sur ses équipes. On va en parler dans quelques instants avec Nils et puis on va... Également évoqué le cas de Rachida Dati sur sa stratégie. Et on le rappelle, elle passe en procès pour corruption dans quelques jours. Allez, les indiscrets, c'est parti. Bonjour Nils.
Salut Amira, bon retour parmi nous, salut à toutes et à tous.
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Merci, ravi de te retrouver et de toutes et tous vous retrouver. Allez, on va tout de suite commencer l'émission et puis on va encore parler de Sébastien Lecornu qui est un peu stressé cette semaine, tu vas nous dire tout Nils.
Ah oui, il est complètement à cran, le pauvre. Il a suscité le scandale en faisant un signalement il y a quelques jours à la justice concernant une fuite dans la presse. Petit rappel des faits.
Sébastien Lecornu annonce saisir la justice après les fuites dans la presse autour du budget.
Le Premier ministre passe à l'offensive. Il a d'abord démenti sur ex-tout-annonce ou ballon décès. Hier soir, Alix Bouillaguet, on apprend qu'il a saisi le procureur de la République de Paris en raison de ses fuites. Est-ce que cette riposte a traduit une forme de nervosité de la part de Matignon ?
C'est un article des échos qui a fait enrager notre Premier ministre. Le quotidien de Bernard Arnault a révélé que son gouvernement envisageait la taxation de l'épargne salariale. pour tenter de réussir à ramener le déficit public à 5% dans le cadre du budget 2027. Et si
vous pouviez récupérer jusqu'à 5000 euros de votre épargne salariale, normalement bloquée pendant 5 ans, là, maintenant, qu'en feriez-vous ? L'épargne salariale regroupe la prime de participation, la prime d'intéressement et l'abondement de l'employeur quand il y en a. Plus de 13 millions de salariés sont concernés. Elle ne cesse de séduire, regardez. L'épargne salariale totale des Français atteint près de 230 milliards d'euros aujourd'hui, le double d'il y a 10 ans.
Alors c'est effectivement un arbitrage parmi d'autres qui est en cours de discussion. Mais il y en a d'autres qui ont fuité aussi dans le Figaro. Et effectivement, ça a suscité la colère du Premier ministre.
Alors c'est plutôt la tradition, Nice, rien de choquant, les fuites des mesures budgétaires dans les journaux, il y en a chaque été j'ai envie de te dire.
Je te le confirme, chaque été les échos publient d'ailleurs des exclusivités, parfois même ce sont des ballons d'essai lancés par le gouvernement lui-même, au point que parfois nous les journalistes politiques et économiques, on se demande si on doit continuer à suivre les débats du gouvernement, puisque de toute façon tout sort dans les échos. Plaisanterie mise à part aux médias, on n'a pas eu la primeur de ces intenses débats et pour cause, le gouvernement choisit délibérément d'ignorer les mises en garde des élus de gauche mais aussi de la société civile sur la montée des inégalités. Oh
merde ! Oh c'est con ça ! Alors au début on a créé une blague, c'est ça Nils.
oui parce que quand même un article 40, c'est quand un fonctionnaire a connaissance d'un crime ou d'un délit et en avertit le procureur. Donc on pensait peut-être à la transmission des codes nucléaires, à la révélation de marché d'armement. Mais non, voici ce que déclare Matignon.
La sortie répétée de documents préparatoires perturbe le travail d'arbitrage, crée artificiellement de l'inquiétude chez les Français et peut affecter directement des intérêts économiques ou patrimoniaux. Présenter l'une de ses expertises techniques comme un arbitrage rendu est donc faux.
C'est quoi le message derrière cette action, Nils ?
Je pense que tu t'en doutes un peu, mais j'ai quand même posé la question à un fonctionnaire de Bercy qui a de la bouteille, qui n'avait jamais vu une telle mesure prise par un gouvernement, et voici ce qu'il me déclare.
Le message du Premier ministre en signalant les fuites dans la presse sur le budget à la justice, c'est fermez tous vos gueules. C'est une manière de museler les hauts fonctionnaires, mais aussi les conseillers ministériels qui aiment parler aux journalistes.
Évidemment, c'est une manière d'intimider à la fois les hauts fonctionnaires et les journalistes qui essayent de faire leur travail. Alors le dernier précédent remonte à avril 2019, lorsque le Média Disclose avait publié une note de la direction du renseignement militaire classé Confidentiel Défense et que Florence Parly, alors ministre des armées, avait effectué un signalement sur le fondement de l'article 40 pour violation du secret défense. ça a une haute gueule. La journaliste de Disclose à l'origine de ses révélations, Ariane Lavrieux, avait été placée en garde à vue en 2023 et son domicile avait été perquisitionné pendant de longues heures. Alors si le corps nu a aussi mal réagi à ces fuites dans la presse, c'est peut-être aussi parce que la mesure étudiée fait l'unanimité contre elle.
Ça fait des années qu'on veut mettre en avant les dispositifs d'épargne salariale, considérant que c'est un véritable outil d'amélioration du pouvoir d'achat des salariés. Préoccupation en ce moment, c'est un peu le pouvoir d'achat. C'est comment est-ce que l'on fait pour que le travail paie davantage. Pour toutes ces raisons, il y a effectivement très peu de chances que si cette piste est confirmée, elle réussisse à aller au bout de l'histoire quand elle sera face au Parlement qui, a priori, devrait s'y opposer.
Donc manifestement, ce gouvernement décide que l'État ne doit faire aucun effort, qu'il ne doit pas baisser dans la dépense. Et par conséquent, il y a les éternels vachalés, nous tous, vous, vous allez tous payer, tous ceux qui nous écoutent, nous devons payer pour les erreurs commises par les politiciens.
C'est vrai, taxer l'épargne salariale, c'était quand même l'idée la plus bête de la rentrée. C'est justement l'outil de partage de la valeur. Il est cher à Emmanuel Macron et il exhorte toujours les entreprises à s'en servir pour améliorer les salaires sans payer trop de charges.
Et oui, personne n'en veut de cette mesure, taxer l'épargne salariale. D'ailleurs, il a changé d'avis finalement.
Ah oui, oui, il a enterré le truc aussi rapidement qu'il l'avait dégainé. Alors, vous allez me dire, le cornu qui demande de la discipline aux fonctionnaires, ce n'est pas si grave. Après tout, ils ont un devoir de réserve. Oui, mais il y a un piège, parce que si le parquet enquête pour tenter de débusquer d'éventuelles sources des journalistes, à votre avis, est-ce que les journalistes vont être épargnés ? Aucune chance. En réalité, Sébastien Lecornu demande à la justice de traquer les sources des journalistes en invoquant l'avis des affaires, c'est-à-dire le business et les intérêts supérieurs de l'État. Alors ça, c'est pratique. Il est quand même question d'informations publiées sur l'élaboration du budget de la nation. C'est fort de café. Une fois de plus, le gouvernement piétine la liberté de la presse. On est habitué sous les présidences Macron. C'est aussi pour ça que les syndicats de journalistes ont réagi. Même les Echos ont publié un éditorial outré, c'est dire. Cette histoire en apparence anodine, il y a plus en jeu qu'on ne l'imagine. Alors j'ai interrogé un ancien membre de cabinet qui connaît le corps nu et pour qui le Premier ministre se prend volontiers pour un nouveau De Gaulle écouté.
Sous De Gaulle, tout était vertical, malgré une apparence de collégialité. Tout devait passer par l'Elysée, puis par Matignon. Rien ne devait filtrer des arbitrages présidentiels avant le moment choisi par le président. C'est très monarchique et la Vème République façonnée par De Gaulle reproduit cette façon de gouverner.
en parlant de Monarchie Amira, je vais faire mon Stéphane Bern, mais je suis tombé sur un bouquin de l'historien de la diplomatie, Lucien Béli, en préparant cette émission. Donc ce livre détaille effectivement le goût du secret de Louis XIV, et j'en ai extrait une citation que je trouve particulièrement intéressante, eu égard à la situation actuelle.
secret est l'âme de tous les conseils, et l'un des principaux fondements de la politique. Le secret n'a jamais été gardé avec plus d'exactitude que dans les conseils du roi, dont les ennemis n'ont jamais pu pénétrer les desseins. C'est à ce profond secret que l'on doit en partie les grands et merveilleux succès de ce règne.
Voilà, donc le secret gouvernemental pour Louis XIV, la clé du succès d'un mandat politique, c'était évidemment le secret. Voilà, on peut dire que le Cornu recycle finalement de vieilles recettes. Alors en 2026, il n'y a plus de garde royale pour se débarrasser des conseillers trop bavards ou des plumitifs comme nous. Il n'y a pas non plus de lettres de cachet pour les enfermer à la Bastille ou dans une forteresse humide en province. Et oui, tout se perd, quelle époque ? Alors plus sérieusement, le Cornu cultive ce goût du secret. un héritage probablement de son passage aux armées, la grande muette, et puis on ne sait rien, ou très peu de sa vie personnelle et privée, alors qu'on en sait presque trop sur celle de Macron, par exemple.
Oui, dans tous les cas, le cornu, il a quelque chose à faire d'assez urgent, il faut qu'il boucle son budget, il a trois semaines.
C'est ça, trois semaines alors qu'on sort d'un été catastrophique. Les taux d'intérêt de la dette ont augmenté, les retraites coûtent cher. On a subi quand même une canicule très difficile. Et surtout, la présidentielle plane sur ce budget. Aucun parti, même les macronistes, n'ont réellement intérêt à soutenir le cornu, alors que Macron est toujours aussi impopulaire. Les socialistes ont déjà obtenu la suspension de la réforme des retraites pour le dernier budget. Et le Rassemblement national n'est pas du tout clair sur la question. et notamment celle des retraites. C'est un peu le bazar, on l'a vu avec le match de ping-pong estival entre Bardella et Marine Le Pen, qui se renvoie la balle sur fond de guéguerre pour 2027. Bref, pour résumer, le corps nu n'a aucun allié. Et puis, dernier élément à prendre en compte, il est fort possible au final que le Premier ministre doive en passer par les ordonnances pour doter le pays d'un budget. Et là, c'est la première copie présentée qui fait foi. Autrement dit, le corps nu ne peut pas se rater. Bref, la pression. est maximale et l'exécutif est en plein flottement en interne, ce que m'a confirmé un ministre en exercice.
En vérité, tout le monde est dans l'expectative. Il y a des pistes, oui, mais aucune n'est encore enterrinée. Même nous, les ministres, on n'a pas les finalités des arbitrages. C'est un moment assez inédit.
Les intérêts de la dette sont une laisse étrangleuse terrible pour le pays. On a une seule chance dans notre affaire, c'est que si on prend quelques décisions difficiles dans les temps qui viendront, ça évitera à celles et ceux qui nous suivront, quels qu'ils soient. quels qu'ils soient, quelles que soient leurs couleurs politiques, de prendre des décisions qui seront brutales et
aveugles. Alors pour résumer, on peut dire que le navire gouvernemental ne sait pas où il va, mais il tente de rester à flot pour tenter une métaphore maritime.
puis un dernier coup de le corps nu.
Oui, les petites mains du gouvernement ne sont pas au bout de leur peine. Après les contrôles antidrogues dont je vous avais parlé dans une précédente émission, il y a eu aussi la menace de supprimer leurs vacances cet été. On a appris hier que le Premier ministre, encore lui, songeait à rogner sur les indemnités des ministres et même de leurs collaborateurs. Une telle mesure ne permettra pas de réduire le déficit, mais doit participer, je cite, à la philosophie de justice à laquelle les Français sont attachés. C'est ce qu'explique un proche de Sébastien Leclerc. Cornu à BFM, qui a annoncé la nouvelle.
Et d'ailleurs, tu as interrogé un conseiller Nils qui n'était pas très content.
Non, ils ne sont pas très contents qu'on essaye de baisser leur salaire. Voici ce qu'ils m'ont déclaré.
Baisser les rémunérations des ministres, c'est une goutte d'eau dans l'océan du déficit. Ça ne change rien, même si on retirait 1000 euros par mois aux ministres. C'est vraiment le sommet de la démagogie.
Bref, tout le monde tire la tronche au sein de l'exécutif. Alors pour tenter de réduire les dépenses de l'État de quelques millions d'euros, il y a aussi l'idée de baisser l'indemnité des députés et des sénateurs de l'ordre de 10%. C'est ce qu'a proposé le Premier ministre. Alors problème, c'est une décision qui relève du Parlement. Et en plus, ça bloque. Regardez Yael Brown-Pivet sur le sujet cette semaine sur France 2. Il
faut être exemplaire, on est exemplaire dans la gestion interne de l'Assemblée nationale, on y veille avec nos trois caisseurs. Mais si on peut faire des économies, on en fera, on en fait toujours. Sur les indemnités des députés qui sont alignés sur le traitement des fonctionnaires, ça me paraît difficile, mais n'écartons aucune piste.
Voilà, alors on comprend que les parlementaires ne sont pas ravis, ravis non plus de devoir passer à la caisse. D'autant qu'eux aussi ont des frais, même s'ils ont des frais de représentation, des frais de mandat. Tout ça ne plaît à personne. Alors en interne au gouvernement, les collègues de Le Cornu se demandent si leur patron n'a pas perdu le sens des mesures en réclamant une baisse des indemnités parlementaires avant un débat budgétaire au Parlement.
Demander aux députés et aux sénateurs de baisser leurs indemnités alors qu'ils vont examiner le budget et qu'ils ne veulent pas faire de cadeau au gouvernement, ce n'est pas très malin.
On se demande s'il a perdu la tête, mais on le sait bien, pas tant que ça finalement.
Ah oui, Lecornu est tout sauf bête à se demander si au fond il pense survivre à ce budget mission impossible, comme je l'avais dit la semaine dernière. Certains penchent pour des ambitions présidentielles malgré cette dénégation. Est-ce que finalement faire preuve de fermeté, ce ne serait pas une façon de fasciner sa candidature à droite ?
tout cas Nils, Lecornu qui s'en prend aux sources des journalistes tant qu'il ne s'en prend pas aux tiennes, parce que sinon on n'aura plus d'émission.
c'est vrai que ce serait un petit peu embêtant. Et on a besoin, effectivement, de pouvoir rejoindre les hauts fonctionnaires, mais aussi les collaborateurs ministériels. Ça fait partie, en fait, c'est presque partie intégrante de mon métier de journaliste politique. C'est sûr que là, on trouvera un moyen de me recycler. De toute façon, c'est à la mode en ce moment. Voilà.
Alors, on va passer à notre deuxième sujet, Nils. Et on va parler de Rachida Dati, qui n'est pas très contente et pour cause.
Oui, décidément, ce n'est pas une bonne période pour les politiques, comme pour les Français d'ailleurs. Et c'est un doux euphémisme, puisque Rachida Dati fulmine, selon mes informations, alors en cause, la décision du Conseil supérieur de la magistrature, la concernant, je vous explique. Alors en apparence, tout va bien pour Rachida Dati, regardez sa rentrée de rêve sur Instagram. Mais loin de l'arène politique, Rachida Dati, comparée à partir de mercredi à Paris pour corruption et graphique d'influence. À l'origine de cette affaire,
une convention signée en 2009 entre Rachida Dati et le groupe Renault-Nissan, présidé par Carlos Ghosn. Celle qui est alors eurodéputée aurait perçu 900 000 euros entre 2010 et 2012, sans avoir réellement travaillé,
estiment les enquêteurs. on a appris la semaine dernière, par une info du Canard Enchaîné, que Dati avait demandé à Darmanin, le ministre de la Justice en titre, et son grand ami, de reprendre son travail de magistrate. Ah oui, elle est magistrate, Rachida Dati. Alors elle est maire du 7e arrondissement de Paris, elle a été eurodéputée, elle a été ministre, mais elle appartient toujours au corps de la magistrature. En réalité, elle n'a jamais abandonné son statut de fonctionnaire. Alors ça remonte loin, ça remonte à 23 ans. 23 ans après avoir demandé et obtenu une mise en disponibilité pour conseiller Sarkozy avant son élection, puis devenir sa ministre de la justice, puis élue européenne, puis maire d'arrondissement de Paris, la voilà qui brigue à nouveau une fonction judiciaire. Alors inutile de vous dire que l'annonce de son retour potentiel a fait l'effet d'une bombe dans le monde feutré de la magistrature.
Alors Nice, tu vas nous détailler pourquoi elle aurait fait cette demande ?
D'abord, pourquoi pas ? Rachida Dati, c'est d'abord la provocation, on la connaît, regardez un petit extrait.
Dans le cadre de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, la ministre de la Culture, Rachida Dati, a été interrogée sur cette accusation faite à l'encontre des journalistes de complément d'enquête qui ont diffusé une émission qui lui était consacrée il y a quelques mois. Quand vous envoyez quelqu'un payer un de mes frères, aller
chercher un de mes cousins, vous voulez le payer, j'ai tous les échanges. J'ai des journalistes, oui, journalistes de complément d'enquête qui dit à mon frère, on vous
paye pour... faire des témoignages. Un SMS dans lequel vous disiez, j'en donne quelques mots, « Salut le facho, c'est le début. Je t'ai entendu dire à ton officier de sécurité que tu allais me faire sauter la pseudo-facilité de passage que je n'ai pas, dites-vous, ou que j'aurais, dis-tu, à l'aéroport. Je vais te donner un dernier avertissement par ce SMS dont la copie a été envoyée à Nicolas Sarkozy. » Vous,
vous ferez mieux de baisser d'un ton parce qu'on verra au deuxième tour. Baissez d'un ton. Parce que je vais vous dire très sérieusement, quand je vois les dégâts que vous avez faits en Seine-Saint-Denis, dans les écoles, dans les institutions, vous devriez baisser d'un temps. Vous n'avez pas d'élément de ce qui a été dit, est-ce que vous avez été vérifié ? Monsieur Cohen, il y a une enquête Mediapart qui vous a mis en cause. harcèlement, management toxique. Si, l'enquête Mediapart qui est ressortie très récemment. Est-ce que c'est vrai, M. Cohen ? Est-ce que vous harcelez vos collaborateurs ? Est-ce que vous êtes désagréable avec lesquels vous travaillez ? C'est affirmé dans une enquête Mediapart. Non, mais on vous accuse de harcèlement. M. Cohen, est-ce que c'est vrai ? On
veut savoir si vous défendez des intérêts privés. C'est juste une interview, je vois pas ce qui vous fait peur, franchement.
Soit tu me lâches, soit je vais déposer l'assignation qui date de deux ans dans laquelle tu figures avec d'autres pour atteinte à ma vie privée et écoute illicite. Vous ajoutez également, de plus je vais dénoncer l'argent liquide que tu as perçu pour organiser des rendez-vous auprès de Sarkozy lorsqu'il était président, des relations tout aussi liquides que tu as eues avec Taquetine, l'emploi fictif de ton ex à la caisse d'épargne grâce à Gobert. Et je peux continuer, dites-vous, avec les avantages que tu as eus. Et
puis on peut dire aussi peut-être qu'elle ne digère pas d'être renvoyée au procès. En bonne sarkoziste, elle considère peut-être qu'elle est au-dessus des lois. Sa réaction quand elle a été interrogée sur ce sujet l'été dernier est restée dans toutes les mémoires. et notamment celle des magistrats.
Toute la procédure a été émaillée d'accidents. D'ailleurs, j'avais saisi le président du tribunal sur un comportement qui n'était pas à la hauteur de la magistrate. Les droits de la défense en France, aujourd'hui, avec certains magistrats, marchent dessus. Vous faites des demandes d'actes, elles ne sont pas motivées. Je n'ai pas appris mon travail comme ça, moi.
Le mépris des juges et de la justice, c'est quand même un marqueur des bébés Sarkozy. L'ex-président lui-même n'avait pas hésité à qualifier les magistrats de petit poids à l'époque. Voilà pourquoi les juges ont joué à leur tour, un mauvais tour à leur ancienne ministre. Alors Darmanin s'est empressé d'accepter la demande de réintégration de Rachida Dati qui est de droit. Oui, c'est légal. Place Vendôme au ministère, son entourage répète qu'il n'avait pas le choix. que c'est la loi. Oui, peut-être, mais il aurait pu différer cette demande. Ce n'est pas comme si Rachida Dati allait l'attaquer devant le tribunal administratif. Au passage, le canard enchaîné assure que Rachida Dati a fait sa demande directement auprès de Darmanin. Selon mes informations, ce n'est pas le cas. Elle est allée plaider sa cause à la direction des affaires judiciaires du ministère, me dit-on. Après, est-ce qu'elle n'en aurait pas profité pour passer une tête chez son petit camarade ? Mystère.
Enfin, en tout cas, Nils, c'est peut-être légal, mais demander ça alors que dans quelques jours, elle passe pour procès pour corruption, c'est un peu fort de café quand même.
Oui, alors c'est vrai que la loi impose au ministre de la Justice de faire examiner le retour de Rachida Dati. par le conseil supérieur de la magistrature. Alors le conseil supérieur, le CSM, c'est une réunion de plusieurs hauts magistrats. Il y a aussi des représentants syndicaux. C'est un peu le conseil de discipline des juges, des procureurs, etc. Alors le CSM ne peut pas contraindre le garde des Sceaux à changer d'avis. Mais les juges ont joué un petit tour à Rachida Dati puisqu'ils ont décidé d'examiner la demande de l'ancienne ministre après son procès. Voilà, surprise.
C
'est un
pitbull. Elle a une capacité de nuisance peu commune. Personne ne va la critiquer, même Sarko en a peur.
L'autre raison est beaucoup plus prosaïque pour expliquer cette demande qui a l'air un peu incongrue au départ. Selon mes informations, Rachida Dati pourrait être rayé de la fonction publique à cause de cette très longue mise en disponibilité, on le rappelle, plus de 20 ans quand même. Adieu statut de fonctionnaire et surtout de magistrate, d'autant que si elle est réintégrée, elle recevra à nouveau un traitement de fonctionnaire sans réellement exercer de fonction juridictionnelle, c'est-à-dire sans être juge ou procureur, elle peut être détachée au ministère. de la justice bon
en fait elle a besoin d'un travail et d'argent et
bien sûr c'est un peu le nerf de la guerre pour l'ancienne ministre surtout pour elle
Mais
oui, rappelez-vous tous ces bijoux qu'elle n'avait pas déclarés malgré un train de vie fastueux assuré par son compagnon à l'époque, Henri Progrio. C'est ce qu'avait révélé Libération. Avec une liste à 500 000 euros qui avait donné le tournis, quand même une magnifique montre-chopard, 32 000 euros. Le Serpenti Viper de Bulgarie à 28 900 euros. Ou encore un bracelet Anitaco à 24 265 euros, etc. Bon, je ne vais pas faire toute la liste. Alors vous allez me dire quel est le rapport. Rashida Dati craint d'être condamné, mais surtout d'être condamné à une peine d'inéligibilité qui la priverait de son mandat de maire du 7e arrondissement de Paris avec ses émoluments. Autrement dit, adieu voiture avec chauffeur, petit personnel et avantage de la fonction. Autant vous dire que le traitement de fonctionnaire pourrait constituer une source de revenus bienvenue.
Et puis en plus, son train de vie, on le sait, est quand même assez fastu, Nils.
Oui, en 2015, la Cour des comptes avait refusé pour près de 9 000 euros de dépenses indues, notamment en deux vêtements, et 180 000 euros de dépenses de communication pour la période allant de 2007 à 2010, quand elle était ministre de la Justice. Elle nous a coûté cher, décidément. Sur les 9 000 euros de dépenses, une partie des sommes avait servi à acheter des foulards Hermès, par exemple.
Alors c'est beau les foulards Hermès, mais il n'y a pas que ça.
Mais nous aussi, on aimerait des foulards Hermès, Amira. On le mérite. Voilà, une proposition à soumettre au directoire à la prochaine réunion. Plus sérieusement, la décision fait état notamment de consommation de boissons, de repas, d'achats, de pâtisseries, de journaux et même de produits de pharmacie. Voilà, tout ça au frais de la princesse. Bref, Dati est comme vous et moi. Elle a des frais avec l'inflation, etc. Les temps sont durs. Alors, selon une source judiciaire qui s'est exprimée, je crois que c'était auprès de l'AFP, elle n'exercerait pas dans une juridiction, on l'a dit avant, mais elle devrait... devrait devenir chargée de mission à la délégation des affaires européennes et internationales du secrétariat général du ministère de la Justice. Ça veut dire
quoi
? En gros, elle s'occuperait de gérer les magistrats qui sont détachés dans des organismes européens, des magistrats français, effectivement, qui interviennent à l'étranger, notamment en Europe, pour venir en support à d'autres collègues européens. Alors ça, c'est une situation qui ne plaît pas du tout aux magistrats que j'ai consultés. Voici ce que me déclare notamment Ludovic Friat. et président de l'union syndicale des magistrats aux médias.
'institution judiciaire est durement critiquée par les responsables politiques, notamment sous l'angle de la déontologie et de la responsabilité des magistrats, mais également sur la nécessité de préserver l'image de l'institution. Or, notre institution a besoin de sérénité pour fonctionner. Ce projet de réintégration, à quelques jours d'un procès pénal médiatique concernant l'intéressé, envoie un message contradictoire.
pour que l'USM, qui est quand même pas un syndicat de gauchistes, réagisse aussi vertement, c'est vraiment que Rachida Dati n'a pas la cote dans la profession. Alors, on comprend que le timing est malheureux. On imagine aussi les réactions en Europe si Rachida Dati devait manager les magistrats en détachement, surtout au moment où leurs actions aux juges, aux procureurs sont scrutées, notamment après l'affaire Liana. Alors, évidemment, l'ancienne ministre conteste toute infraction et elle bénéficie, comme chacun, de la présence. d'innocence elle en cours tout de même dix ans d'emprisonnement et cinq ans d'inéligibilité on l'a dit un procès sur lequel on reviendra évidemment sur le média
un procès qui commence mercredi et qui finit le 28 septembre c'est ça
absolument tout à fait amyra
beaucoup aux nils
Merci à toi, merci à toutes et à tous.
C'était un plaisir de te retrouver. Et à vendredi prochain, Nils. Vous l'aurez compris, c'est la fin de cette émission. Je vous souhaite une excellente suite des programmes sur le Média.