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Je ne suis pas dans le bloc central. Je suis de droite. Je veux assumer une rupture. Vous ne pouvez pas assumer... des conditions de transmission dans des établissements où l'autorité, la hiérarchie ne règne plus. J'ai pris la décision d'être candidat à l'élection présidentielle.
Bonsoir à tous, bonsoir à toutes. Bienvenue dans cette émission avec notre premier invité ce soir, Bruno Retailleau, invité d'Objectif Elysée 2027 sur CNews et sur Europe 1. Bonsoir, monsieur Retailleau. Bonsoir, Laurence Ferrari. Merci d'être là. Pourquoi les Français vous choisirez, vous, Bruno Retailleau, pour être président de la République ? Vous, président, pourquoi ?
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Je vais leur expliquer. Tout simplement parce que je veux renverser la table. On est au bout d'un système. Les Français sont en train de s'appauvrir. La France est surendettée. Et on ne peut plus supporter des rustines, du rafistolage. Eh bien, moi, je viens dire ce soir quel est mon projet et comment, justement, je veux renverser la table pour leur rendre la parole, pour que ce soit eux qui décident et pour que l'État puisse aussi retrouver le pouvoir de décider.
Relever la tête, c'est ça. Le pouvoir de pouvoir relever la tête,
faire prendre l'autorité. En tout cas, l'autorité, la fierté d'être Français. aimons la France. La France, elle est belle. Pourquoi la culpabiliser ? Pourquoi en faire un coupable perpétuel ? Un peuple qui ne croit plus, qui n'aime plus son pays, ce n'est pas un peuple qui peut relever les défis que nous lance le monde.
A quel moment vous y avez pensé, en vous rasant, pour prendre la célèbre formule ? Non,
c'est une évolution. J'ai vu qu'au ministère de l'Intérieur... Les gens appréciaient ce que je faisais, ma façon d'être. Et puis surtout, c'était pour moi comme une exigence, une nécessité. Je pense que la France est en train de tomber. L'élection de 2027, c'est l'élection de la dernière chance. On ne peut pas se planquer. Et je me suis dit, il faut prendre ses responsabilités. Alors j'y vais.
On va ausculter votre programme. Les Français ont beaucoup de choses à vous dire. On a des sondages qui vont le démontrer. Pour l'instant, vous plafonnez dans les intentions de vote à moins de 10%. Comment est-ce que vous allez les chercher, les Français ? Les convaincre, leur dire encore une fois, c'est moi qui devrais être président ?
C'est normal parce qu'en fait, les choses ne bougent pas beaucoup. Dans la mesure où les Français, ce n'est pas encore leur passion, ils parlent un peu d'élection présidentielle. Mais pour l'instant, rien ne bouge. Eh bien, vous verrez que dans quelques mois, je vais faire des propositions. Ils verront que je veux vraiment changer les choses. Je dirai où je veux aller, où je veux les emmener et on va refaire une très belle France ensemble. Je dirai comment faire, avec quelle méthode ?
Rompre avec le macronisme ?
Ça fait quelques temps que j'ai rompu déjà avec le macronisme. Il n'est pas question d'ailleurs d'y revenir avec le bloc central.
Brune Retailleau, ce soir, Edouard Philippe, hasard du calendrier, vous propose... Propose en tout cas aux familles de la droite et du centre du modem à Nouvelle Énergie, en passant par le Renaissance et LR, une grande réunion à la Toussaint, le jour des saints, pas le jour des morts qui est le 2 novembre. Est-ce que vous irez ? Est-ce que vous répondez à la main tendue d'Edouard Philippe
? C'est drôle la Toussaint quand même comme choix de date. Le 11 novembre, la victoire, l'armistice. Non, je n'irai pas. Pourquoi ? C'est une réunion pour les macronistes, entre les macronistes. Et s'il y a des LR
qui vont ?
Si il y a des LR qui vont. Je suis le candidat LR choisi démocratiquement à 74% par les militants LR. Voilà, donc ceux qui iront ne représenteront pas LR. Ils sont exclus ? Attendez, les exclusions. Chaque matin que fait le bon Dieu, je ne vais pas me demander qui je vais exclure dans la journée. Simplement, moi, je veux aller devant les Français, leur présenter mes convictions, mais surtout les mesures très concrètes et comment on va renverser la table. J'ajoute en plus qu'on a bien vu ce que ça donnait d'ailleurs, cette espèce d'idée d'un grand parti, le grand parti du centre. On sait comment ça commence et comment ça se termine dans l'échec. –
D'accord,
donc non à Édouard
Philippe, la course n'a pas commencé, vous n'avez pas envie d'arrêter la course tout de suite, c'est ça Bono Retailleau ?
– Je n'ai pas du tout envie d'arrêter la course, ni tout de suite, ni demain. La course, elle va se continuer jusqu'au premier tour de l'élection présidentielle et je serai au second tour. Et je peux vous dire une chose, cette élection, elle ne se gagnera pas au centre. Elle ne se gagnera pas en essayant de prolonger l'expérience Macron. Elle se gagnera à droite. Et je suis un candidat de droite, avec des convictions de droite et avec des mesures qui, pour répondre à ces convictions de droite, je pense, peuvent aller à beaucoup, beaucoup de Français. Quelle que soit en réalité leur appartenance politique.
Et on va sonder vos propositions dans un instant. Mais vous dites non à Edouard Philippe. Pourtant, en Vendée, il y a une élection sénatoriale, je crois, dimanche prochain.
Ah pas dimanche prochain, c'est dans trois semaines. Dans trois
semaines, voilà. C'est une liste d'union. Il y a du Odem, il y a du Horizon. Non mais
j'ai gagné l'élection. Il y a du LR.
J
'ai gagné l'élection régionale sur la gauche en 2000. 14, 15 même, avec une liste d'union. Les sénatoriales, les choses sont claires.
Donc c'est différent du plan national ? C
'est le prolongement élections sénatoriales qui votent. Ce sont les conseillers municipaux et les maires. C'est donc la prolongation des élections municipales. Aux élections municipales, oui, j'ai assumé parfaitement de battre la gauche et pour ça, de faire des unions larges. Et là, vous dites non. Et là, à l'élection présidentielle, pardon, c'est autre chose. C'est autre chose. Et là, je pense qu'encore une fois, le pays est à droite et l'élection, c'est à droite qu'elle se gagnera.
Alors, que pensent les Français ? Que veulent-ils entendre ce soir, Bruno Retailleau ? Nous les avons interrogés avec l'Institut CSA pour CNews Européen, le JDD. Voilà ce qu'ils estiment être la priorité absolue pour le prochain président de la République. Pouvoir d'achat, c'est ce qui arrive très, très largement en tête. 43%. La priorité pour les Français, insécurité, 30%. La santé qui arrive très très proche aussi à 30%. Immigration, 26%. Montant du déficit public, ça ils ont bien compris que la dette était un problème, 26%. Environnement, 22%. Le pouvoir d'achat, on le voit, Bruno Retailleau, c'est transversal. Hommes, femmes, actifs, retraités, gauche, droite, tout le monde est concerné. Est-ce que ça, c'est l'échec majeur des quinquennats Macron ?
'échec majeur, bien sûr, c'est l'appauvrissement des Français. Vous savez que désormais, le niveau de vie en France est inférieur à la moyenne du niveau de vie européen. Chaque jour, en tout cas très régulièrement, sans doute pas chaque jour, mais régulièrement, il y a 12% de Français qui se rendent sur des parkings de grande surface pour aller faire le tri dans les bennes, pour voir ce qu'ils peuvent récupérer. Vous vous rendez compte ? C'est une forme de tiers-mondisation, d'appauvrissement des Français. Donc moi j'ai des solutions pour, par exemple, avec 30 minutes de travail en plus, ça jamais... fait mourir personne, 30 minutes de travail en plus par jour, être capable de donner aux salariés quasiment un 14e mois. Deux mois de rémunération. Travailler plus pour gagner plus,
Bruno Rottel.
Une idée de droite. C'est vrai, une idée de droite. Je dirai tout à l'heure comment je m'y prends. Mais les choses sont très concrètes, à condition de travailler un peu plus. Et puis je pense qu'on paye l'électricité trop cher. Le logement. J'ai des propositions pour faire baisser la facture d'électricité et j'ai des propositions pour relancer le logement parce que c'est la pénurie de logements. qui créent des loyers chers ou des prix d'acquisition que les jeunes aujourd'hui ne peuvent pas se permettre de donner, d'acquérir.
Donc voilà, on voit que le pouvoir d'achat, c'est la première préoccupation des Français. On va dérouler les autres. Mais d'abord, c'est l'épreuve des faits. Bruno Retailleau, est-ce que vous êtes cohérent avec ce que vous disiez il y a 20 ans ? On regarde tout de suite. Bruno Retailleau, nous avons fouillé les archives pour savoir si ce que vous disiez il y a 20 ans est la même chose que ce que vous dites aujourd'hui. Il y a des gens qui ont changé. Vous avez pu changer d'avis. Ça n'arrive pas
changer d'avis. On pourrait être d'accord avec ce que je suis ou pas, ce que je dis ou pas, mes convictions ou pas. moins, on peut me reconnaître la sincérité et la constance.
On va écouter tout de suite. Vérification immédiatement sur ces news et européens. Première archive, très très courte. Elle date, je crois, des années 90. Vous êtes député de la Vendée et vous parlez de l'immigration et des immigrés. Écoutez.
Le problème est que ces gens ne souhaitent pas s'assimiler. Moi, je suis pour le terme d'assimilation plutôt que pour le terme de l'intégration. Pourquoi ? Parce que l'assimilation, ça veut dire qu'on leur propose de devenir complètement français. C'est le droit. à la ressemblance. L'intégration, on nous dit que c'est le droit à la différence. C'est le droit, en fait, à conserver une identité culturelle qui est leur propre identité culturelle. Ça ne peut pas marcher. Ça ne marche pas. On voit bien, quand on parle du problème des banlieues, en fait, on dit banlieue pour ne pas dire immigration.
Voilà, Bruno Retailleau, qui avait quelques années de moins, évidemment, et qui dit quasiment la même chose. Aujourd'hui, vous dites l'immigration... J'étais plus jeune.
Merci de me le faire remarquer, Laurence Ferrari. Non, mais voilà,
aujourd'hui, vous dites... quasiment la même chose. Vous le diriez avec les mêmes mots ? Oui,
mais c'est ce que je voudrais dire à nos compatriotes, les Françaises et les Français qui nous regardent. Demandez au moins à un homme, une femme politique, une chose d'essentiel. Des convictions, bien sûr, des propositions. Mais surtout, cette sincérité et cette constance. Parce que si vous avez des gens... qui changent de veste comme de chemise. Vous savez, la chanson de Jacques Dutronc. Je me retrouve, je tourne ma veste, toujours du bon côté. L'opportuniste, je crois. Ce qu'ils vont vous dire avant l'élection, pendant la campagne, vous n'êtes pas du tout sûr que c'est ce qu'ils feront après la campagne. Moi, ce que je vous dis aujourd'hui, je le disais hier et je le ferai demain.
L'épreuve des faits. On continue. Deuxième archive. Elle date d'août 2021. Là, vous parlez des divisions de la droite. Mortifère. On vous écoute.
meilleur ennemi de la droite, c'est la droite. Ce sont nos confusions, nos divisions, nos confusions qui trop souvent déroutent nos électeurs, nos divisions qui les dégoûtent. Non, il faut qu'on arrive à se situer et à nous hisser à la hauteur de cet enjeu en portant un vrai projet. Et ce projet-là, ça ne peut pas être une droite de contrition qui le porte. Ça doit être... une droite de conviction.
parliez d'or, monsieur Retailleau. La droite, elle est divisée aujourd'hui. Elle l'a toujours été. Mais là, elle l'est en 2026.
Le problème le plus grave de la droite, c'est bien sûr que ça a été ses divisions, mais il y a pire que ça. Ça a été que la droite n'a pas assumé ses convictions. Moi, je veux une droite, effectivement, toujours de conviction plutôt qu'une droite de contrition, c'est-à-dire une droite qui s'excuse d'être de droit. Souvent, pourquoi on a perdu tant d'électeurs ? qui se sont réfugiés dans l'abstention, qui se sont éparpillés ici ou là. Parce qu'on n'a pas été sûr, par exemple, à reconquêter ailleurs. Parce qu'on n'a pas été clair dans nos choix. gonflait les biceps, le torse sur des estrades pendant les campagnes, et ensuite, dans l'exercice du pouvoir, on ne faisait pas toujours ce qu'on avait promis de faire, parce qu'on était intimidés par la gauche. Donc la droite, c'était juste un petit peu moins d'impôts, juste un petit peu plus de sécurité, un petit peu moins d'immigration. Non, aujourd'hui, le système est à bout. Et aujourd'hui, il faut le renverser. Et il faut des solutions qui soient radicales, mais sérieuses, mais radicales.
Mais il faut unifier votre camp, Bruno Rotaillot. Il faut que la droite soit derrière vous. Elle ne l'est pas aujourd'hui.
Je veux unifier les électeurs. C'est-à-dire, le général de Gaulle parlait de la majorité nationale. Moi, ce qui m'importe, c'est d'aller au peuple. C'est pour ça qu'on en parlera tout à l'heure, j'imagine. Je veux rendre le pouvoir de choisir au peuple français. Ils n'ont pas choisi cette immigration massive. Ils n'ont pas choisi le laxisme pénal. Ce sont souvent les juges qui nous imposent les règles. Eh bien demain, les règles, ce sont les gens qui les fixeront. Et ça, ça va tout changer. Tout changer. Et je vais m'adresser au peuple français et pas seulement d'ailleurs à ceux qui ont une étiquette ou une carte LR. Quand la maison brûle, on ne demande pas si vous avez tel ou tel certificat de baptême ou telle ou telle carte de telle ou telle partie. Non, la maison est en train de brûler. La maison France. Et on a tous une responsabilité. Et je le dis aux téléspectateurs qui nous écoutent et les auditeurs sur Europe et sur CNews, vous avez une responsabilité. J'ai une énorme responsabilité. Mais si demain vous voulez regarder vos enfants, vos petits-enfants dans les yeux, si vous voulez convoquer le souvenir dans vos mémoires de vos parents, de vos grands-parents qui se sont saignés aux quatre veines pour vous, pour notre pays, alors il va falloir se tenir debout, debout pour redresser notre pays, le reconstruire entièrement.
Voilà, c'était l'épreuve des faits, Bruno Retailleau. On a vu que vous étiez cohérent par rapport à ce que vous disiez il y a quelques années. Maintenant, c'est l'heure de l'engagement. Le principe de notre émission, c'est de demander aux candidats que nous avons face à nous une mesure, la première mesure que vous mettez en place lorsque vous arrivez à l'Elysée, si vous êtes élu, bien sûr. Vous avez proposé une révision de la Constitution pour permettre un référendum sur l'immigration. Quel engagement prenez-vous ce soir sur l'immigration, Bruno Retailleau
prends cet engagement. que ce sera les Français qui enfin définiront la politique migratoire et avec des idées très très fortes que les juges n'accepteraient pas, si on ne passe pas par le référendum et par le peuple, par exemple, de renoncer au droit du sol.
Abrogation du droit du sol.
Pourquoi est-ce qu'on a renoncé à l'abrogation du droit du sol à Mayotte et pourquoi ce qui est bon à Mayotte ne le serait pas sur le sol national hexagonal ? Mais est-ce que ça a marché
à Mayotte ?
Non, parce qu'à Mayotte, attendez, on n'y a pas renoncé totalement. Puisqu'il y a des conditions, il faut que les parents soient là pendant un an, en situation régulière, patati et patata. C'est ce que j'appelle du rafistolage. Donc vous, vous proposez quoi ? Je propose qu'il n'y ait plus de Français automatiques. Parce que le droit du sol avait pour une contrepartie l'assimilation. l'assimilation à nos valeurs, l'assimilation à la République. Et ça n'est plus toujours le cas. Donc je pense qu'on ne peut pas devenir français par hasard, en catimini, de façon automatique.
Donc là, vous passez évidemment par un référendum ou par une révision de la Constitution ?
Non, il faut d'abord réviser la Constitution, par l'article 89, peu importe. Je l'ai expliqué dans un journal du matin, dans le Figaro, la semaine dernière. Mais je soumettrai ensuite, dès que j'aurai élargi la possibilité d'en appeler aux Français, Avec le référendum, je soumettrai deux textes de loi. Une loi pour réduire l'immigration. L'immigration n'est pas une chance pour la France. Désormais, c'est devenu une charge. Et aussi un autre projet de loi, en même temps, sur une politique pénale de grande fermeté. Si on ne le fait pas, malheureusement, les juges d'autres que le peuple ou ses représentants ne nous le permettront pas, nous l'interdirons. Et je pense que c'est un projet éminemment démocratique. Le peuple français a le droit de choisir. qui il souhaite accueillir sur son sol. De même, sa politique pénale.
L'abrogation du droit du sol, honnêtement, ça ne va pas régler le problème de l'immigration dans notre pays. Là, on parle de 36 000 personnes environ qui, chaque année, ont l'acquisition de la nationalité par ce biais-là versus 500 000 personnes qui entrent chaque année sur le territoire. C'est une petite partie du problème. C'est pour ça que
je vous ai dit que je soumettrais au référendum. Ça peut être compliqué, mais je veux me faire comprendre. Ce n'est pas seulement le droit du sol. Je soumettrai un projet de loi. C'est ça l'article 11. C'est un référendum législatif. Et dans le projet de loi, il y aura plusieurs dizaines d'articles. Et il y a une philosophie. La philosophie, d'abord, ce que d'ailleurs n'acceptent pas un certain nombre de mes concurrents, si on veut réduire l'immigration, c'est pas seulement l'immigration légale, c'est aussi... L'immigration illégale est légale. Pourquoi ? Parce que l'immigration légale débouche souvent sur l'immigration légale. Vous rentrez par exemple avec un visa touristique, c'est légal, mais vous vous maintenez illégalement, au-delà de ce qui est prévu pour votre visa, pour la carte de séjour, vous vous maintenez illégalement. Première chose. Deuxième chose, le référendum et la philosophie aussi, c'est qu'on arrête les pompes aspirantes. Un modèle social qui est le plus généreux vis-à-vis des étrangers. Donc l'aide médicale obligatoire qui est un scandale. C'est 100% de remboursement aux clandestins qui ont donc triché avec nos lois. Alors qu'un Français qui cotise qu'à une mutuelle pour ses frais dentaires, lui, il va devoir payer une franchise. Par exemple, le fait qu'un étranger n'ait pas immédiatement, automatiquement des aides sociales. Il faudra prouver 5 ans de résidence légale et un travail pour avoir accès. Donc on va réduire ensuite l'ensemble des grands canaux, les étudiants, par exemple l'étranger, le droit d'asile, le regroupement familial, et on encouragera les retours. Je vous dirai comment.
Dites-moi tout de suite comment on encourage les retours. Les
retours, c'est d'abord un. Le ministre de l'Intérieur, on lui demande évidemment d'exécuter les EQTF, mais il n'a pas le droit de citer pour vérifier les entrées. C'est les affaires étrangères. Eh bien, moi, je pense que si on veut limiter les flux, il faut limiter les entrées. Et si on veut renvoyer les EQTF, c'est très simple. On dit au pays récalcitrant, très bien. ne voulez pas nous reprendre les OQTF ? Pas de visa. Très bien, vous ne voulez pas reprendre les OQTF ? Eh bien, les tarifs commerciaux européens favorables pour votre commerce, on va les augmenter. Vous avez une aide au développement qui nous coûte cher, nous, aux contribuables français. Eh bien, vous ne voulez pas nous reprendre les OQTF ? Eh bien, on arrête cette aide. Exactement, c'est-à-dire un bras de fer. J'engage le bras de fer vis-à-vis des pays. qui ne coopèrent pas. C'est du donnant-donnant. – On va en parler dans
un instant, avec les filles dames de nos rédactions, Louis de Ragnel, Gauthier, Le Bretteur, Le Dornelas, qui seront avec nous dans un instant. Un tout petit mot, et on revient au sondage, CSA, CNews, Europe 1 et le JDD, vos propositions sur l'immigration semblent rencontrer l'approbation des Français, conditionner l'aide publique, vous venez de le dire, au développement, à la coopération des pays partenaires, 72% des Français sont d'accord, diminuer le nombre de bénéficiaires de l'AME, 60%. 58% des Français sont favorables. En revanche, modifier la Constitution pour permettre davantage de référendums, 59%. C'est-à-dire que la mesure n'est pas bien comprise, Bruno Retailleau, à l'heure où on se parle.
Dans un autre sondage, la semaine dernière, Odoxa Backbone, c'était 80% des Français qui voulaient pouvoir décider par eux-mêmes, qu'on leur donne la parole. pour qu'ils aient le pouvoir de choisir et non pas de subir. Et ce qui était intéressant, Laurence Ferraille, c'est qu'il y avait 76% de gens qui votaient PS, qui se déclaraient proches du PS, qui étaient pour. LFI, pareil. Le RN, c'était 88%. LR, c'était aussi plus de 80%. Donc, vous savez, les Français sont souvent dévisés, mais là où ils ne le sont pas... Ils savent très bien que s'il faut changer les règles du jeu, renverser la table, on ne le pourra pas si on ne leur fait pas directement appel, notamment par la voie du référendum. C'est à eux de décider. On est aujourd'hui dans ce que j'ai appelé une démocratie sans le peuple. On n'est plus vraiment. dans un véritable régime démocratique.
Vous les censez, les censeurs, Bruno Retailleau. Ça fait bondir dans la classe politique. Edouard Philippe dit, à propos du fait de contourner le Conseil constitutionnel, ne dénigrons pas un système qui a pour objectif de vérifier que le Parlement écrit bien la loi. Je ne crois pas que l'on gagne quoi que ce soit à instiller un rapport de défiance avec les juges.
Il ne fera rien. Vous avez la preuve que l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron ne fera rien. Il a dit, j'ai écouté très attentivement sur une radio du service public ce matin ses propos, il a dit finalement pourquoi pas le référendum et je ne touche pas à l'article 11. Ça veut dire que par exemple la politique migratoire c'est interdit au peuple, la politique pénale c'est interdit au peuple. Et puis il dit notamment pour pouvoir contredire, donner le dernier mot au peuple quand il y a une censure du Conseil constitutionnel. Il a fait ses déclarations. Il dit même qu'on fasse un groupe, une sorte de commission pour refaire la loi. Ça, c'est typiquement technocratique. La démocratie, ce n'est pas la technocratie. C'est l'appel au peuple. Et là, faire une commission ou un groupe, en fait, c'est la solution technocratique. C'est-à-dire que ce n'est plus le gouvernement des juges, c'est le gouvernement des experts. Moi, je veux le retour au peuple. Il est temps de le faire. Je veux revenir. à la Constitution et à l'esprit de la Constitution, tel que l'a défini le général de Gaulle. Il y a d'ailleurs Alina, il y en a pour deux minutes, c'est génial, le général de Gaulle qui démonte les critiques, que ce soit vis-à-vis des juges, etc., de ceux qui disent « Ah, surtout pas le peuple ! » Pensez que le peuple, il pense mal. Le peuple, il faut le rééduquer. Il ne faut surtout pas soumettre ces questions. Elles sont trop sérieuses pour le peuple. Non, moi, j'ai beaucoup de respect pour le peuple français et je vais vous dire. ce que veulent les Français, pourquoi est-ce qu'ils sont aussi en colère aujourd'hui ? C'est parce qu'ils ont eu le sentiment d'être méprisés, de ne pas être respectés. C'est d'abord une question de respect, avant même d'être une question démocratique.
Bruno Retailleau, une dernière question avant notre face aux rédactions. Les journalistes, les finlames, je le disais, de CNews Européens et GDD sont là en coulisses, ils arrivent. Si vous permettez donc au peuple de censurer la censure par le référendum, comment est-ce que vous garantissez que ça ne devienne pas un outil de contournement des droits fondamentaux ? Quel garde-fou si un jour il y a un pouvoir qui décide de revenir sur des principes fondamentaux de notre démocratie
que je veux vous dire, pour que les Françaises et les Français qui nous écoutent, qui nous regardent, contraignent bien. Aujourd'hui, vous avez des juges qui font dire au texte, y compris à la Constitution, ce qu'elle ne dit pas. Un juge, ça doit être l'interprétation, enfin, il interprète les textes. C'est la bouche de la loi, disait Montesquieu. Donc ça, ça n'est pas possible. Je veux revenir au texte de la Constitution ou de nos traités. En revanche, je ne supprime pas le Conseil constitutionnel. Il y aura toujours un Conseil constitutionnel qui vérifiera, bien entendu, la conformité à la Constitution des lois. Moi, j'y tiens à la Constitution. Mais vous voyez, la pratique a été dévoyée. On ne doit pas être dans un régime de gouvernement des juges, mais de gouvernement par le peuple. L'article 2 de la Constitution qu'a voulu le général de Gaulle, le principe de la République, c'est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. C'est ce que je veux simplement rétablir.
Les journalistes de CNews et d'Europe 1 sont en train de s'installer. Gautier Lebrette pour CNews, Louis Doragnel pour Europe 1, Charlotte Dornelas pour le GDD. Bonsoir à tous les 3. Évidemment, vous vous en doutez, M. Rotaillot, ils ont des questions à vous poser. On commence par Gautier Lebrette.
Bruno Rotaillot, quand vous étiez ministre de l'Intérieur, vous avez dit « abat le voile », ce qui était une parole très forte. Est-ce que vous le regrettez aujourd'hui ?
Absolument pas. On a entendu tout à l'heure la phrase exacte, c'est « vive le sport ». abat le voile, je m'exprimais dans des conditions très précises, et je disais que le voile n'avait rien à faire dans les compétitions sportives, parce que le sport c'est un sanctuaire, c'est comme les institutions républicaines, c'est un moment où on peut créer du commun, où au-delà de ce que l'on est, la couleur de la peau, la religion, etc., on est capable de supporter une équipe. Et ça, je pense que ce sanctuaire de sport, il faut le garder. Et les signes ostentatoires, religieux, syndicaux... ou politiques n'ont rien à faire sur un terrain de foot ou peu importe.
Mais est-il possible de dire qu'on est ministre de l'Intérieur à bas le voile et ensuite, quand on est candidat à l'élection présidentielle, s'opposer à son interdiction dans l'espace public et dire que c'est populiste et irréalisable ?
Non mais attendez, là vous y allez fort. Bien sûr, ça pour moi... C'est démagogique. C'est typiquement la proposition. D'ailleurs, j'ai observé que depuis qu'elle a été formulée, il y a eu quatre reformulations, y compris d'ailleurs avec celui qui l'avait formulée en premier. Vous savez parfaitement que les policiers, les gendarmes dans la rue, ça ne pourra pas être respecté. Il n'y a pas pire conduit. Il le trouve le voile
intégral.
Mal, mal. Souvenez-vous d'ailleurs, il y avait un type qui s'était évadé d'une prison. Il s'était dévadé d'ailleurs sous une burqa pour passer inaperçu. Vous vous rendez compte ? Le symbole ? Non, ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas pire chose que dédicter une règle dont on sait qu'elle ne sera pas respectée. En revanche, qu'est-ce qu'on fait ? Un, on réduit l'immigration. Parce qu'on sait très bien que c'est l'immigration qui alimente ce séparatisme. Parce que le voile est aussi... un signe, un signal de séparatisme en même temps que de soumission de la femme. Deuxième chose, on interdit le voile là où c'est déjà possible, où on peut le faire. J'ai parlé par exemple du sport, c'est symbolique. J'ai parlé de l'école, en tout cas des accompagnatrices scolaires. J'ai parlé de l'université. Et troisième chose, on combat le voile. en s'attaquant à ceux qui veulent voiler les femmes, et notamment aux frères musulmans. J'ai déposé un texte qui a été voté au Sénat pour pouvoir dissoudre plus facilement ces organisations, pour les taper au portefeuille, pour créer un nouveau délit de séparatisme. Donc oui, on a un certain nombre... de mesures qui pourraient faciliter l'arsenal de combats contre cette idéologie qui est de l'antrisme ou du séparatisme.
Pour reformuler ma question une dernière fois, est-ce que philosophiquement, vous voulez que le voile disparaisse de l'espace public et de nos rues ?
non, mais philosophiquement, je pense le voile, je viens de le dire, c'est un double symbole. C'est un signe qui dit qu'on n'est pas comme vous, de séparatisme. Et c'est surtout un symbole qui veut inférioriser le statut de la femme. Et on sait parfaitement que toutes les femmes qui portent le voile ne sont pas des islamistes ou des terroristes, si vous voulez. Mais tous les islamistes, vous voyez, veulent que les femmes soient voilées. En revanche, je ne suis pas prêt. à faire n'importe quoi, à dire n'importe quoi. Je ne suis pas prêt non plus à interdire dans l'espace public des cornettes ou des kippas. C'est pas ça. La
kippa ou la religieuse, c'est la même
chose qu'une femme avec un voile islamique ? Vous aurez pu observer... que dans la charte constitutionnelle que j'ai adossée à la Constitution, pour la première fois, j'inscrivais les racines judéo-chrétiennes de notre culture et de notre civilisation. Donc non, ce n'est pas la même chose, mais en matière juridique, il faut y prendre garde. Il faut proposer des choses dont on sait qu'on pourra les faire. Or, le Rassemblement national, ils savent parfaitement que c'est inapplicable. Voilà.
Doragnel, une question pour Europe 1.
Bruno Retailleau, vous venez de rappeler à Gauthier Lebrette que vous vouliez réduire l'immigration légale en France. Mais vous le savez, le Rassemblement national vous le reproche. Quand vous étiez ministre de l'Intérieur, jamais autant de premiers titres de séjour n'ont été délivrés. On est à 385 000. Comment est-ce que vous vous y prendrez quand vous serez président de la République si vous êtes élu ? Et qu'est-ce qui changera par rapport à votre méthode de ministre de l'Intérieur ?
Un des points d'opposition avec le président de la République, c'est que moi j'ai voulu très vite, je me suis aperçu qu'on ne pouvait pas limiter l'immigration sans que le ministre de l'Intérieur ne soit responsable que des expulsions, des OQTF. Il fallait limiter les entrées. Je voulais avoir la main sur les visas parce que, je vais vous l'apprendre peut-être, la France c'est un quart de tous les visas européens. On est en avance par rapport à l'Allemagne de 900 000 à 1 million. C'est injustifiable. Donc il y a trop d'entrées. Je me souviens que l'ambassade d'Algérie nous avait fait un drôle de coup. Sur Twitter, il s'était vanté d'avoir augmenté de 1 000, je crois, le nombre des étudiants algériens qui venaient en France. avec la crise algérienne. Donc c'était quelque chose qui n'était pas entre mes mains. En revanche, moi j'ai abrogé la circulaire Valls, j'ai fait reculer de 34% justement les régularisations, ce qu'on appelle les admissions exceptionnelles pour les clandestins, et enfin la naturalisation, je me suis raccroché au concept d'assimilation, plus personne n'en parlait, y compris à droite, et la circulaire que j'ai fait a permis de faire baisser de 24%. Ce que moi je ferai, je l'ai dit tout à l'heure, d'abord rien de possible. sans que le peuple ne reprenne la main. Parce que le droit de l'immigration, je sais que vous le connaissez bien, est un droit qui était largement construit, non pas par des élus. Regardez le regroupement familial. C'est le Conseil d'État, dans les années, fin des années 68, qui impose à Giscard, en fait, de ne pas pouvoir revenir, de resserrer les conditions du regroupement familial. Donc, un, moi, c'est le peuple. Je reprends la main. Et ensuite, je vais aller sur l'ensemble des canaux d'entrée. Et les pompes aspirantes, les canaux d'entrée, c'est les étudiants, c'est l'asile, c'est le regroupement
familial. Renaud Rotaillot, c'est vous, président de la République. Vous choisirez quel type d'immigration légale ? Parce qu'aujourd'hui, le premier poste, ce sont les étudiants étrangers. Ensuite, il y a l'immigration familiale. Et puis très loin derrière, en réalité, il y a l'immigration économique. Vous vous attaquez à laquelle ? Vous avez oublié l'asile. Et l'asile, évidemment. Mais je
m'attaque à tout.
Vous baissez l'immigration économique, par exemple
? Je la baisse, oui. Je la baisse. Ce que je veux que... On en a parlé trop vite peut-être. Je ne vais peut-être pas rester suffisamment clair tout à l'heure. Je veux faire passer l'immigration. C'est ce que veulent les Français. Ils disent qu'il y a trop d'étrangers, trop d'immigrés régulièrement. eh bien on ne s'y prendra pas, en tout cas pour s'y prendre de façon efficace, il faut agir sur les deux, légal et illégal. Je l'ai dit tout à l'heure, quand vous entrez légalement sur le territoire avec un visa touristique, vous vous maintenez parfois illégalement. Donc l'entrée est légale, le maintien est illégal. Ça c'est quelque chose qu'il faut comprendre. Et je fais baisser. Alors l'immigration économique, un autre point. Je dis aux chefs d'entreprise... On a quasiment entre 380 et
400 000. Ils vous l'ont dit au MEDEF. Ils vous ont dit, on a besoin de main d'oeuvre. Aujourd'hui c'est
très faible. La part des titres de séjour économiques, on est à 13,5%. Comparé aux étudiants étrangers, on est à 31%. Vous voyez, le décalage est énorme. Je vais être
très clair. Le chômage touche quasiment deux fois plus les étrangers que les nationaux. On croit faire venir des travailleurs et on fabrique des chômeurs. La preuve ? Au moment où on se parle, à Pôle emploi, je n'ai pas les derniers chiffres, on doit être entre 380 000 et 400 000 étrangers qui ne sont pas clandestins. Eux, ils ont attendu des semaines, parfois des mois pour avoir un titre de séjour régulier. Et ils sont... À France Travail, ils sont au chômage. Donc je dis évidemment à ces chefs d'entreprise qu'ils sont disponibles. Mais moi, je pense par ailleurs qu'on doit réformer l'assurance chômage. Je pense qu'il y a trop d'assistanat en France. Je pense qu'on a encouragé... Mais là, on ne parle plus d'immigration. On ne parle plus d'immigration du tout. Non, mais regardez, Lance Ferrari. Quand Marine Le Pen, par exemple, elle avait refusé de voter les 15 heures, je l'avais proposé au Sénat, de contrepartie du RSA. pour remettre les gens au travail, en insertion économique. Elle avait refusé. Elle est pour l'assistanat. De toute façon, la retraite à 60 ou 62 ans, moins on travaille, mieux on se porte. Très bien. On sait ce que ça donne. C'est ce qui appauvrit la France. Mais quand vous faites ça... Et quand vous ne mobilisez pas suffisamment de travail en France, la solution c'est l'immigration. Donc moi je pense qu'il faut être très clair, je pense qu'en France il n'y a pas suffisamment de travail et je pense qu'il y a des prestations sociales, il y a des filets de sécurité avec des dérives qui encouragent.
Dernière relance sur ce sujet. Quel est votre chiffre idéal ? Aujourd'hui, on est à 385 000 premiers titres de séjour. Il y a un stock total de plus de 3 millions de titres de séjour. Vous, vous aimeriez quoi comme chiffre, comme ordre de grandeur
? Le plus faible possible. Je ne crois pas à l'immigration zéro. Je ne crois pas à l'immigration zéro. Je pense que sur les étudiants, on a besoin, mais pas du tout, de l'immigration estudiantine qu'on a aujourd'hui. On a aujourd'hui des étudiants, pour les deux tiers, ils passent leur licence en plus de trois ans. Et pour révoquer leur titre de séjour, il faut qu'ils aient redoublé trois fois la même année. C'est totalement laxiste. Je discutais avec l'ambassadeur indien tout à l'heure qu'il y ait des ingénieurs indiens qui viennent en France. Oui, bien sûr, parce qu'on en a besoin. Mais on n'est pas, encore une fois, le réceptacle d'une immigration estudiantine qui vient comme étudiante et en réalité qui reste en prolongeant son séjour. Il faut être beaucoup, beaucoup plus strict.
Bruno Rotaillot, il est 21h32, on est en direction CNews et sur Europe 1. Vous êtes l'invité d'Objectif Elysée 2027. Charlotte Dornelas du JDD a une question à vous poser à propos de la justice.
Absolument. Cet été a été marqué évidemment par la mort de la petite Liana. Et dans le sillage de ce drame, la question de la responsabilité, notamment individuelle, des magistrats a été posée. Mais l'intégralité de la chaîne pénale, depuis les enquêteurs jusqu'aux magistrats... On réagit parfois de manière assez virulente en expliquant que quelles que soient les responsabilités des uns et des autres, il y avait un engorgement structurel de toute la chaîne pénale. Les enquêteurs vous expliquent qu'il n'y a plus de vocation dans la police judiciaire, les magistrats qui sont beaucoup moins nombreux et c'est factuel que partout ailleurs en Europe, que la procédure pénale s'est complexifiée au fil du temps, que personne ne l'a simplifié. Bref, tout ça s'ajoute et au bout du bout, on a évidemment des victimes absolument désespérées. Qu'est-ce que vous répondez à cet état de fait ? De quoi faut-il aujourd'hui délester la chaîne pénale pour qu'elle retrouve son efficacité depuis les enquêteurs jusqu'au magistrat
'il y ait des problèmes de moyens, sans doute. On est dans l'État, je l'ai éprouvé, à l'âge de pierre numérique. Concrètement, pour qu'on comprenne ce que je veux dire à une portée très concrète, si on avait des systèmes d'information, des fichiers, entre le ministère de la Justice... Cassiopée et les fichiers gendarmerie, police, qui soient interconnectés. Et qu'on fasse ce qu'on fait pour les affaires sexuelles, ce qu'on fait pour le terrorisme. Que dès qu'un nom apparaît deux fois dans ces fichiers, il y ait une sonnette pour avertir. Il y en a serait en vie. Donc il y a bien sûr des questions qui sont des questions de moyens. Mais vous n'épuisez pas le problème en disant que ça n'est qu'une question de moyens. Il y a un problème de laxisme pénal en France. Moi, j'ai vu des policiers tabasser des vidéos. Donc on avait les images, on a interpellé les individus et quelques heures après, quelques jours, ils étaient en liberté. Ce n'est pas possible. Ce qui me choquait le plus quand j'étais au ministère de l'Intérieur, c'est la violence de mineurs. sans aucune empathie qui pouvait tuer. À chaque fois, je demandais aux policiers, aux gendarmes, le nombre d'antécédents judiciaires. Eh bien, c'était 20, 25 antécédents judiciaires. Il n'y avait pas eu de punition, de sanction. Et quand le Conseil constitutionnel, quand on vote un texte qui allait dans le bon sens, qui était timide, il y a un an, sur la justice pénale des mineurs, le Conseil constitutionnel en censure l'essentiel. Et vous savez ce qu'il dit ? Il dit, attention, en France, pour les mineurs, Le principe cardinal, ça doit être en réalité l'éducation et non pas la sanction. Ceux et celles qui ont des enfants, est-ce qu'un jour, ils ont imaginé de séparer la sanction et l'éducation ? C'est ce que je veux faire sauter, moi. Parce qu'on est dans un système qui refuse la sanction.
Donc vous voulez des peines courtes ?
Pour les mineurs, je veux par exemple abaisser la majorité pénale à 15 ans. Je veux que dès qu'un mineur, par exemple tabasse, qui a des violences physiques, un premier délit grave, qu'il fasse des courtes peines de prison. Parce qu'ils n'ont plus d'empathie, parce qu'ils ne savent plus calculer la portée de leurs actes. Et pour qu'ils la calculent, il faut qu'ils soient enfermés. pendant 15 jours, dans des prisons qui seront des prisons un peu spéciales, on ne va pas les mélanger avec des terroristes, évidemment. Mais il faut rétablir en France une fermeté. Il y a un principe très simple, parce que là on vit sur un principe, d'ailleurs un peu 68 ans, mais y compris du temps de Mme Taubira, il y avait eu des assises du consensus, et dans ses conclusions, il y avait la prison comme école du crime. Et moi je pense que le grand principe, c'est que les individus... sont parfois rationnels. Et il faut que lorsqu'ils commettent un crime ou un délit, ils se disent « ça peut me coûter beaucoup plus que ça va me rapporter ». Pour que ça leur coûte beaucoup plus, il faut augmenter les chaînes des peines. Voilà pourquoi je veux par exemple des peines minimales, pour que quand on tabasse un policier, un gendarme, un sapeur-pompier, le juge. Il n'est pas le choix. Il y a une peine minimale. Le code pénal dit qu'il y a des peines maximales. Il y aura des peines minimales. En
cas de
récidive, par exemple.
En effet, dans le siège de votre réforme constitutionnelle, il y a plusieurs points qui touchent la justice. Il y a cette question en effet des peines minimales, il y a le renforcement de la sécurité des établissements pénitentiaires.
Les fouilles par exemple des juges internationaux ont fait qu'aujourd'hui on ne peut quasiment plus faire de fouilles systématiques pour des individus qui pédètrent dans les prisons.
Mais il y a aussi la rétention de sûreté pour certaines personnes après leurs peines qui sont jugées encore dangereuses.
Notamment pour ceux qui risquent d'avoir une récidive sur les agressions sexuelles, oui. Parce que ce sont des pulsions, j'ai même été jusqu'à proposer la castration chimique. Soit tu acceptes la pratique, mais de façon... Obligatoire. Sinon, tu restes en prison.
Mais simplement, pour toutes ces mesures-là, il faut des places en prison. Or, il vous a échappé qu'on n'en a plus. Et que les magistrats sont aussi chargés de voir le nombre de places de prison qu'il reste. Et on leur demande également de regarder ça. Alors, j'imagine que vous allez me dire que vous voulez construire des places de prison. Vous n'êtes pas le premier à nous le promettre.
Pas seulement.
Comment vous ferez concrètement ? C'est-à-dire que, est-ce que les moyens de cette fermeté passent notamment par la construction de prison ? Et comment on fait, puisque personne n'a l'air d'y arriver ? Un,
il le faut. Deux, ceux qui disent que les maires ne le veulent pas, c'est faux. Ils mentent. Par exemple, en Vendée, il y avait deux maires, La Roche-sur-Yon et Fontenelle-Comte, qui avaient souhaité qu'il y ait une prison nouvelle, d'ailleurs, sur leur sol. Deuxième chose, on ne construit pas des prisons. Au même prix, il y a des prisons qui doivent être plus coûteuses parce qu'il y a un niveau de sécurité. Mais par exemple, pour des jeunes, il faut faire des prisons. Troisième chose, pourquoi s'interdire de construire grâce aux privés ? Il sera plus efficace que l'État. Et enfin, regardez ce qu'ont fait les Hollandais. Les Pays-Bas ont une politique où, effectivement, ils emprisonnent plus vite, moins longtemps. Et ce qui fait qu'ils ont besoin de beaucoup, beaucoup moins de place pour y mettre beaucoup plus... parce qu'il y a des places, il y a ce qu'on appelle une rotation, et ils ont d'ailleurs construit au départ des places de prison, et ils ont fini par en louer, notamment à la Belgique, parce que ça a été dissuasif. Donc je pense que la construction de prison, oui, mais il n'y a pas que ça. Il y a une différenciation, il y a le privé. Et puis il y a une autre politique pénale qui permettra justement de ne pas engorger les prisons. Nous on attend le dernier moment et donc on a des peines de prison qui sont beaucoup plus longues et ça engorge les prisons. Et 84
% des Français sont évidemment favorables à la construction de nouvelles places de prison. Une dernière
question justement sur le laxisme judiciaire parce que là encore une fois on le fait beaucoup peser sur des décisions individuelles de magistrats. Or il se trouve qu'on discute beaucoup du prononcé des peines. Mais il y a bien des peines qui sont prononcées puisqu'on discute aussi de l'exécution des peines. La question de l'exécution des peines est peut-être la première chose à examiner. Et là, le cadre est légal, cette fois-ci, de l'exécution des peines et de leur aménagement permanent. Est-ce que vous allez revoir ça de fond en comble ? De fond
en comble. Vous avez raison. Ce qui choque les Français, c'est l'écart entre les peines encourues dans le code pénal, les peines prononcées par le tribunal. Et les peines réellement effectuées. Comment fait-on ? Je supprime les aménagements de peines automatiques. Je supprime la loi de Taubira qui dit qu'avant 6 mois et 1 an, en réalité, dès que vous êtes condamné à 6 mois, 1 an de prison, vous ne faites pas de prison. Et ce que je fais aussi, je supprime le JAP, c'est-à-dire le juge d'application des peines. Parce qu'on est le seul pays européen avec l'Italie à avoir un juge qui va réformer, qui va... changer la décision du juge du tribunal. Non, le juge qui juge au tribunal, il prend une sanction, elle doit être appliquée. Je pense qu'il faut une grande fermeté, tout simplement. Vous supprimeriez
le juge d'application ?
Je viens de le dire, je supprimerai, ça fait plusieurs années que je l'ai proposé. Mais tout simplement, on vit dans une société qui est hyper violente. Et moi, je veux casser la fabrique des barbares. Il faudrait même parler de l'école et même sans doute de la famille. Et on va en parler dans un instant. Parce que ça remonte, si j'ose dire, un peu loin tout cela. Il faut déjà que les familles donnent un cadre, qu'on arrête l'éducation dite positive. Un enfant, ça a besoin d'avoir un cadre, des limites. On lui dit non. Voilà, parce que dans la vie... Il y aura des buts. Il faut l'éduquer. Éduquer, ce n'est pas toujours dire oui. C'est vrai.
21h40 et une. On est en direct sur CNews Europe 1. Merci à Charlotte Donnelas, Gauthier Le Brette et Louis de Ragnel. On passe à la séquence. Le vrai ou le faux ? Bruno Retailleau et c'est Agnès Verdier-Molinier qui nous rejoint, directrice de l'IFRAP, un groupe d'économistes qui passe à la moulinette. Les programmes des candidats pour en détecter les faiblesses. Bonsoir Agnès. Elle
passe à la
moulinette. Attention, attention. Bruno Retailleau a annoncé à Agnès l'objectif ambitieux de réduire d'environ 300 000 postes la fonction publique. Vous voulez faire un gros plan sur l'éducation nationale. Alors je précise que nous avons eu aujourd'hui les résultats du classement PISA, classement international, qui nous classe vraiment très très mal au niveau des mathématiques, de la compréhension écrite. Ce sont les plus bas résultats obtenus par la France en 20 ans. Le niveau dégringole en France. Agnès, votre question. C'est à vous.
Et oui, on a eu ces résultats PISA qui ne sont pas bons pour la France. Et vous, vous proposez de faire sauter cette règle du 80-20 qui dit que... D'ailleurs, c'est une règle qui est non écrite. Absolument. C'est une sorte de coutume qui veut qu'il n'y ait que 20% des financements publics qui aillent financer l'enseignement privé sous contrat. Vous le dites dans votre programme. Et nous, à la Fondation IFRAP, on a sorti un sondage au DOXA qui montre que 65% des parents pensent que le privé sous contrat est mis. meilleure pour leurs enfants et même 56% des parents qui ont leurs enfants dans le public aimeraient mettre leurs enfants dans le privé sous contrat. Alors concrètement, ça veut dire quoi ? Si on extrapole, et aujourd'hui il y a 2 millions d'enfants scolarisés dans le privé sous contrat, il faudrait multiplier par 3, si on voulait une vraie liberté de choix. D'ailleurs en Vendée, c'est intéressant, j'ai regardé ça, le département de la Vendée, plus de 50% des élèves sont scolarisés en Vendée, mais c'est aussi le cas du Morbihan, sont scolarisés dans le privé sous contrat. Tout le monde trouve ça très bien, il y a quoi ? Il y a une liberté de... choix. Alors si on veut aller jusqu'au bout de votre idée de la liberté, eh bien il faudrait qu'on ait 50% d'offres de place dans le privé sous contrat en France, ce qui n'est pas du tout le cas. Il y a certains départements, en Seine-Saint-Denis, il n'y a que 8% de place dans le privé sous contrat. Donc si on pousse la logique de votre proposition... Il faudrait qu'on triple le nombre d'écoles du privé sous contrat, passer de 8 000 à 24 000. Ça, je ne l'ai pas vu dans votre programme. Et au contraire, j'ai vu la proposition, ça m'a étonnée, de créer 1 000 écoles publiques autonomes. Je me suis dit, comment c'est possible de vouloir faire sauter cette règle des 20% qui crée la pénurie dans le privé, et au lieu de proposer de créer des écoles privées sous contrat, proposer des écoles publiques.
vais vous le dire. Les deux sont complémentaires. Moi, je veux la liberté pour le choix des familles, pour leurs enfants. Je veux la liberté pour le privé, y compris d'ailleurs que le privé, on arrête de lui taper dessus et que quand il a un caractère propre, eh bien, ce caractère propre, il l'assume. On ne peut pas demander à une école catholique de ne pas être catholique, etc. Mais je veux la liberté. Pour le public. Et je veux aussi une école publique qui puisse être beaucoup plus agile. Et ce que je veux faire, c'est mon projet. Vous savez qu'à l'école publique, au sens général, pas seulement au niveau élémentaire, collège et lycée, c'est la France où il y a le moins d'autonomie de décision. 11% des décisions que prennent les chefs d'établissement, c'est eux-mêmes qui les prennent en toute liberté. Et dans les pays développés, c'est plus de 60%. Ce que je veux, et d'ailleurs on voit que les Britanniques sont bien meilleurs que nous, il y a eu une évolution favorable dans le même classement PISA. Ce que je veux, c'est insuffler beaucoup plus de liberté et je voudrais créer des écoles innovantes. Des écoles innovantes qui seraient publiques, donc gratuites et autonomes. Où le chef d'établissement recrute ses professeurs, où il choisit. Il choisit son projet, certains prendront par exemple pour l'écriture, par exemple Montessori, d'autres une méthode semi-gloal, peu importe. Et il y a une évaluation, il y aura un contrat avec le rectorat, pas avec Paris, et tous les trois ans ou cinq ans, une évaluation. Et si l'école réussit, on la conforte, sinon, elle change de projet. Et ça n'est que comme cela qu'on permettra à l'école publique... de redresser la tête. Il y a trop de bureaucratisation et je pense qu'il faut libérer en réalité l'école publique au niveau local des pesanteurs, des circulaires de la rue de Grenelle.
Ça me rappelle un peu ce qu'Emmanuel Macron proposait pour Marseille, où il fallait que les écoles publiques soient plus indépendantes, etc. Il n'a jamais fait. Oui, mais en fait, ça fait tellement de fois qu'on nous dit que les écoles publiques vont être plus indépendantes, qu'elles auront des directeurs qui auront plus de possibilités d'autonomie, etc. Mais ce que veulent les parents, ce n'est pas ça. En fait, les parents ne croient plus tellement en l'école publique. Ils ont envie et ils font des files d'attente énormes pour aller dans les établissements privés sous contrat. Et même en ce moment même où on se parle... Il y a des files d'attente incroyables pour les lycées privés, et notamment dans la capitale, mais dans plein de grandes villes de France. Et on leur demande de fermer des classes. Pourquoi ? Parce qu'il va y avoir une baisse des élèves, une baisse du nombre d'élèves. Malheureusement, c'est la démographie de la France. 1 700
000 en moins en 2035.
C'est ça. Et ça, on espère évidemment qu'il y aura un sursaut démographique à un moment, mais ce n'est pas le sujet de ce soir. Il y a vraiment une question maintenant. Est-ce qu'on doit vraiment... créer des écoles publiques, alors que l'attente des Français, c'est majoritairement d'avoir de la place dans l'enseignement privé sous contrat, et que justement la démographie nous encourage à fermer des classes. Il va falloir fermer des classes, mais il faut les fermer majoritairement dans les écoles publiques, et pas dans les écoles privées. Je
transforme des classes, je n'en crée pas en plus. Alors on a deux approches très très différentes. Alors vous voyez, moi j'ai suivi une filière privée, j'étais à l'université et dans le public ensuite, mais j'ai connu les deux. Vous vous dites finalement, c'est le privé qui est plébiscité. Mais oui. Très bien. Mais moi ce que je dis, c'est que je ne laisse pas tomber l'école publique. Je veux que l'école publique, l'école républicaine, puisse donner à chaque petit français les meilleures chances de progresser. Et donc je ne la laisse pas comme ça dépérir, je lui donne un souffle de liberté. beaucoup plus d'autonomie, parce que je sais que c'est comme cela que les meilleures formules, et vous aurez des écoles publiques qui seront meilleures, des écoles privées. Je connais d'ailleurs aujourd'hui, je connais des lycées, j'étais prison de région, je connais des lycées publics qui sont excellents. Je connais des collèges publics qui sont excellents. Eh bien, je veux rechercher. Voyez, la différence entre vous et moi, c'est que je pense que l'excellence, doit l'avoir dans le privé, on doit l'avoir dans le public. Pourquoi ? Parce que... Ce sont nos enfants, c'est l'avenir de la France. C'est trop important et je veux la compétition. Et la compétition, pour moi... c'est-à-dire la liberté, ça doit être de donner les moyens aux deux systèmes, un système privé, un système républicain public, de progresser. On ne le fera progresser que dans l'autonomie. Justement, c'est dans les
territoires où il y a une offre privée équivalente à celle du public que le public est meilleur parce que justement il y a de la concurrence, justement il y a du choix. Mais vous ne dites jamais dans votre programme finalement quel est votre objectif de pourcentage d'élèves qui seraient dans le privé sous contrat et en faisant sauter la règle du 80-20 ? Pour que ça ait un impact pour les parents et pour les élèves, il faut se donner un objectif. Et derrière, il y a le sujet des embauches aussi. Parce que vous dites que vous allez supprimer à peu près 250 000 postes dans le public. Alors peut-être 125 000, vraiment, suppressions de postes, si j'ai bien compris le programme exact. Mais là, il y a une possibilité. Avec la démographie des élèves, il y a une possibilité de supprimer des postes dans l'éducation nationale. Qui est le premier employeur ? employeur de l'État. Je
vous connais bien. Oui, mais là, ces questions sont très précises. Oui, mais ce qui m'étonne, c'est qu'en général, vous prenez le parti de la liberté. Et là, vous me dites, mais monsieur Retailleau, vous devriez, du haut de Paris, moi je suis un provincial, je suis même un rural, je pense que Paris ne sait pas tout et que souvent, Paris se trompe. Et vous voudriez que de Paris... Par une décision centralisée, on dit qu'il doit y avoir tant d'élèves dans le public et tant d'élèves dans le privé. Non, moi je dis qu'on fait sauter la règle. Les conditions de la liberté. La
liberté, c'est pouvoir choisir. On ne peut pas choisir. On n'a pas de liberté en tant que parent.
Exactement. Mais moi je fais sauter cette règle. qui est un frein pour la liberté. Et ensuite, je verrai. Peu importe si c'est 30% ou si c'est 25%, les familles, les parents choisiront. Simplement, je veux quand même qu'il y ait une offre gratuite publique en France. Et je veux que cette offre gratuite et publique en France puisse être aussi... une offre d'excellence.
Honnêtement, vous ne pourrez pas supprimer les postes que vous avez lancés pour supprimer des postes dans l'éducation nationale.
Bien sûr, mais je le dis. Il est
le premier employeur de l'État.
On le sait. Mais je le dis, puisqu'on va avoir 1,7 million... élèves en moins. Donc il y a une partie des professeurs qu'on ne renouvellera pas, et cet argent-là, il y a une autre partie qui sera utilisée pour mieux rémunérer des professeurs, pas n'importe comment d'ailleurs, parce que j'ai vu un certain nombre de candidats qui disent on va donner 200 euros pour tout le monde. Non, il y a des contrats de mission, il y a des gens qui sont plus engagés, il y a des gens qui feront plus que 18 heures, par exemple pour soutenir les élèves, ça existe déjà avec le pacte, mais moi je veux ne pas avoir des règles uniformes, mais pouvoir faire en sorte que... les fonctionnaires, les agents publics soient intéressés aussi au maire. Mais il y a quelque chose qui m'a
étonnée justement dans votre programme. Vous ne dites pas un centime d'économie sur l'école. Vous voyez la situation quand même de... nos finances publiques, de notre déficit, de notre dette. Et on se dit, le privé, ce contrat, il est 50% moins cher. Ça, vous le dites très bien dans votre programme. 50% moins cher que le public. Pour le même élève, c'est 50% plus cher pour la collectivité d'avoir un élève qui est dans le public. Là, il y a des économies à faire. On chiffre, nous, à 10 milliards d'euros par an. Ils sont absolument gigantesques. Pourquoi sans privé ? Je
fais une économie de 300 000 postes d'agents publics au total. Ensuite, vous dites, c'est vrai, le privé coûte moins cher à l'État. Pourquoi ? Parce que dans le privé, il y a une contribution des familles. Et toutes les familles ne peuvent pas. Mais même avec la contribution
des familles, il y a 30% plus cher. Mais non,
il faut tout mettre sur la table. Il faut être rationnel. Il faut aborder ce problème, je pense, sans parti pris, ni d'un côté, ni de l'autre. Moi, je veux le meilleur pour les enfants. Je veux, un, la liberté de choix pour les parents. Je veux l'excellence dans le privé, mais je ne renonce pas à l'excellence aussi dans le public. D'ailleurs, pourquoi y renoncerais-je quand je connais des écoles élémentaires, des collèges et des lycées publics qui sont vraiment excellents ? Mais je voudrais justement que notamment, parce qu'il y a des chefs d'établissement, c'est pas la rue de Grenelle qui dirige tout ça, et là aussi il y a un problème syndicalisme. On parle d'éducation nationale, mais en réalité l'éducation nationale, c'est l'éducation syndicale. La rue de Grenelle est sous l'emprise de syndicats et les ministres co-gèrent l'éducation de nos enfants avec des syndicats. C'est pour ça que vous n'arriverez
pas à faire vos écoles indépendantes du public et qu'il faudra compter avant tout sur le privé ce contrat et réaliser les économies nécessaires. On a une différence. Il y a des économies à faire. Mais les économies, je les ferai. 300 000
postes en moins.
Oui, mais c'est 10 milliards sur
l'éducation nationale qu'on peut
faire. On a
compris, Agnès, c'était votre démonstration. 300 000 postes de fonctionnaires en mois. Mais la
liberté de choix, c'est le public ou le privé. Sans plus de place dans le privé, ça ne donnera pas beaucoup plus de liberté aux parents.
Mais si, bien sûr que si. J'aurais fait sauter justement cette fameuse règle. Le débat est lancé.
Merci Agnès Tardier-Molinier, c'était passionnant. On passe maintenant à la confrontation. Moin ! Bruno Retailleau, là ce sont d'autres personnalités qui nous rejoignent, qui viendront parfois de la société civile. Vous
avez mobilisé toute la rédaction.
Toute, toute, toute la rédaction. Pierre Devineau est là. Bonsoir Pierre Devineau. Eugénie Bastier, Finiam du Figaro. Et Franz Olivier Gisbert, on ne vous présente pas mon cher Franz. Essayiste, écrivain, plume, libre et alerte. Là on va essayer de prendre un peu de hauteur. Mon cher Bruno Retailleau. Vous trouvez qu'on n'avait pas de hauteur ? Non mais on était dans le dur. Parler de l'école c'est important. La justice c'est important, l'immigration. de civilisation devant nous.
La constitution, justement, quand je rappelle les racines judéo-chrétiennes, c'est quand même bien que la civilisation, la culture, notre culture, ça me parle.
Eugénie Bastier, vous êtes la première à ouvrir le feu.
Oui, Bruno Retailleau, vous parlez beaucoup de transmission, de civilisation. Et une civilisation qu'on transmet, il faut la transmettre à des générations futures, à des enfants qui vont naître. Or, la France a un problème considérable qui est le problème de la natalité. Nous avons le taux de natalité le plus faible depuis la Première Guerre mondiale. Et cela ne nous permet pas de nous envisager à long terme une France puissante. Et c'est aussi le sens de la politique que de vouloir transmettre à des générations futures. Qu'allez-vous faire pour redresser la natalité française ? Est-ce que c'est une de vos priorités ?
'abord, mon choix, en tout cas ma politique, ce sera le libre choix des familles. Et je postule qu'aujourd'hui, contrairement à ce qu'on peut entendre, on dit qu'il y a un mouvement No Kids, des jeunes qui ne voudraient pas faire d'enfants. No Kids, voilà. No Kids, exactement. Pas d'enfants. Parlez français. pense que c'est marginal. Et qu'en réalité, quand on regarde les choses, les Français voudraient avoir un peu plus de 2 enfants, 2,4 enfants par couple. Et ils en ont moins. Pourquoi ils en ont moins ? qu'ils n'ont plus les moyens. Donc j'ai fait des propositions, je vais vous en citer trois. Première proposition, il y a une douzaine d'allocations pour la famille. Je les fonds en un revenu parental. Ce sera quasiment 1000 euros pour au troisième enfant. Mais dès le premier enfant... Dès le premier enfant, il y aura une aide. C'est concret. Et le fait de fusionner tout cela, ça permet d'économiser 6 à 700 millions de machinerie bureaucratique. Deuxième proposition. Pourquoi est-ce que les jeunes parents ont des difficultés à accueillir leurs enfants ? C'est tout simplement parce que le logement est trop cher. Et qu'en un peu plus d'une dizaine d'années, les jeunes dans les grandes métropoles, ils ont perdu l'équivalent en surface d'une à deux chambres d'enfants. Donc ce que je fais par exemple, c'est que... Je propose de déduire des emprunts. Vous achetez une maison, un appartement, vous voulez agrandir parce qu'il y a un enfant qui naît. Vous allez faire un emprunt, vous allez payer des taux d'intérêt. Ils sont de plus en plus élevés. Au premier enfant, l'État prend en charge 50% du coût du taux d'intérêt. Au deuxième enfant, 75%. Au troisième enfant, 100%. Au troisième enfant, ça voudra dire que ce sera l'équivalent de 8 annuités. Vous vous rendez compte ? Ce n'est pas rien. Deuxième proposition. Troisième proposition, les gardes d'enfants. Le problème, c'est la conciliation. Vous êtes sans doute maman. Vous avez aussi des
vies professionnelles et des vies familiales. C'est un enjeu pour beaucoup de femmes dans notre pays.
Et on a un problème. Aujourd'hui, il y aura de moins en moins d'assistantes maternelles. La crèche, on n'a pas partout. Et il y a des mames, peu importe, des regroupements parfois d'assistantes maternelles. Moi, ce que je veux, c'est qu'on arrive à débureaucratiser. Aujourd'hui, les crèches privées sont en train de mourir. les indépendants, tellement on a mis sur leur dos des normes, des normes et des normes. Je me souviens avoir été dans une inauguration parce qu'un petit village de Vendée, 1000 habitants, chez Foix, avait eu en réalité l'audace, l'ambition de faire une crèche. Et le maire m'invite à l'inauguration. Il me montre une poignée de porte. Il me dit, regarde Bruno, on a eu un problème avec la poignée de porte. Ah, je dis, ah bon ? Il me dit, bah oui, parce qu'on a un problème avec les normes. La poignée de porte, elle n'est pas aux normes PMR, ça veut dire pour les handicapés. Et il a fallu choisir. Il y avait une contradiction entre la norme pour les handicapés et la norme pour les enfants PMI. Vous vous rendez compte jusqu'où on en est
? Bruno, vous annoncez beaucoup de mesures qui ont un financement, un coût. Il y a 1000 milliards déjà de dépenses sociales en France. Comment vous allez financer ça ? Vous avez dit 40 milliards, vous allez regrouper les prestations, ça ne fait pas un euro de plus pour les familles. En gros, vous nous dites les prestations qui sont déjà là, je les supprime et j'en remplace par d'autres prestations, mais ça ne fait pas un euro de plus. Et ma deuxième question, c'est est-ce que c'est qu'une question de moyens ? Est-ce qu'il n'y a pas aussi un discours à porter civilisationnel sur promouvoir la famille, promouvoir l'engagement, promouvoir le fait d'avoir des enfants ? Un discours qui est plus idéologique que simplement financier. Vous avez totalement
raison. Vous savez, le projet que je veux porter, va y avoir trois piliers. Il y a un pilier prospérité, comment donner plus de travail, pouvoir d'achat. Il y a un pilier ordre public, justice, immigration. Et il y a un pilier immatériel. C'est quoi l'immatériel ? On pense, en Occident, les hommes et les femmes politiques sont devenus matérialistes. Ils pensent que les êtres humains, les peuples, ne sont guidés que par les intérêts matériels. C'est vrai, il faut un meilleur niveau de vie et je vais m'y employer. Il n'y a pas que ça. C'est comme dans une équipe de sport. Il faut croire à quelque chose. Les hommes et les femmes ont besoin d'un idéal, de croire à quelque chose si on veut faire des choses grandes. Et aujourd'hui, on culpabilise les Français de multiples façons. On a tapé sur la famille. Famille, je vois. Clémence Guettet, c'est une ressucée... Famille réactionnaire. Bien sûr, même fascisante, d'ailleurs. Mais t'as mis des tennis, la famille. Même d'extrême droite. La famille serait d'extrême droite. Moi, je pense que la transmission, ça devrait d'ailleurs être à droite la valeur cardinale. Je pense que c'est fondamental. Et là aussi, vous avez totalement raison de le dire. Ce discours qui consiste à dire la France est foutue, il n'y a pas d'avenir. Nos héritages, on les récuse. Regardez, aujourd'hui... On s'est coupé du passé, on refuse les liens avec ceux qui nous ont précédés et on a peur du collapse, de la catastrophe écologique. Et donc on est enfermé dans le présent. Quand vous êtes enfermé dans le présent, vous n'avez pas envie de regarder vers l'avenir. Or les enfants c'est l'avenir. Donc il y a une soif de l'avenir qu'il faut redéclencher. Et moi je veux porter une espérance à travers la fierté française.
y a aussi un deuxième aspect de notre démographie. C'est l'aspect démographique. Nous sommes un pays de plus en plus vieillissant, où le poids des retraites dans la dépense publique est de plus en plus lourd. Vous avez un mouvement de jeunes qui disent Nicolas qui paie en a assez. Les jeunes actifs qui ont essayé de payer et de porter finalement tout le poids du pays sur leurs épaules. Qu'est-ce que vous leur dites à ces jeunes pour l'avenir de leur pays ? Est-ce qu'ils ont encore un avenir en France dans un pays qui est effectivement de façon structurelle en train de vieillir ? Je leur dis que ce
n'est pas un problème de génération. C'est un problème de choix politique. 'est un choix politique qui a été fait. Pardon, les 35 heures, ce ne sont pas nos parents qui les ont voulues. La retraite à 60 ans, pareil, ce sont des choix notamment de la gauche. Donc ne tombons pas dans cette guerre de génération. Croyez-moi, la France est suffisamment divisée pour ne pas en rajouter. Mais ce que je dis, moi, aux jeunes, c'est que bien sûr, on leur a menti. On a fait des chèques en bois. On leur a promis une société multiculturelle qui allait être le sommet de la fraternité. Et cette société, elle est multi-conflictuelle. On leur a promis de l'argent magique. Ils ont une dette astronomique. On leur a promis plein de choses. Une école qui allait être un ascenseur social. Et ils restent en bas de l'escalier. Non, je leur dis que s'ils croient en la France, si on renverse la table, et on va le faire ensemble. Vous savez, mon engagement... qui n'est pas un engagement tous les jours, c'est de l'huile de foie de morue, c'est des bols de crapaud, c'est pas facile l'élection présidentielle. Je fais pour eux. Je fais pour eux parce que c'est pour cette génération, c'est pour les nouvelles générations que je veux que la France soit plus belle. C'est pour la première fois de notre histoire depuis 1945 que les jeunes vivent dans de moins bonnes conditions que leurs parents. Et ça c'est insupportable. Mais leur donne un espoir. Quand on voit la Grèce, quand on voit les pays du sud de l'Europe... Mais qui ont connu des crises.
La potion a été amère en Grèce.
Voilà. Mais aujourd'hui, ça va mieux. Et nous, on a beaucoup, beaucoup plus d'atouts que ces pays-là. Je respecte beaucoup ces pays de la Méditerranée. Eh bien, ensemble, on va rendre ce qui est nécessaire possible. Et je pense que c'est d'ailleurs la définition de la politique.
Bruno Retailleau, Pierre Dovilneau vous pose une question.
Vous avez dit au début de cette émission, je suis un candidat de droite. Alors, qu'est-ce que c'est la droite aujourd'hui en France ? Et quelle droite représentez-vous ? Moi je pense que la droite ce n'est pas le centre
la droite ce n'est pas non plus la gauche.
pense que la droite,
je l'ai dit tout à l'heure, a souffert d'un complexe d'infériorité. Elle a ployé sous l'hégémonie culturelle, universitaire, médiatique, politique de la gauche. La droite, pour moi, c'est le travail. Le travail qui paye beaucoup plus que l'assistanat. C'est ce que je veux faire. La droite considère que la liberté n'est pas possible sans l'ordre. Voilà, ça c'est la droite. L'ordre républicain, c'est d'abord pour les plus modestes. Parce que la loi de la jungle... C'est les plus forts qui gagnent contre les plus faibles. Et la droite, oui, de moins en moins. Mais la droite, c'est aussi la transmission. C'est une forme de fierté française. C'est aimer son pays, être patriote, le dire et en même temps le célébrer. Et moi, j'en ai marre. La question avec le président de la République sur l'Algérie, moi, j'en pouvais plus. Cette espèce de repentance perpétuelle, qu'on soit désigné comme le coupable. idéal. Comment voulez-vous agréger, on parlait des conflits de génération, comment voulez-vous agréger à notre destin collectif des jeunes générations qui sont souvent issues de l'immigration, si on leur dit que la France est les coupables du pire des crimes contre l'humanité ? Si on n'a pas la force de se poser comme un modèle, comme un exemple, vous croyez qu'on convaincra les gens de venir à nous, d'adhérer à nos valeurs, de rentrer dans notre destin, d'adopter nos héritages ? Vous voulez dire ce soir qu'il n'y a que la droite qui peut pallier ça ? Vous me posez une question précise. me dites, quelle est la
différence de la droite ? Je vous l'ai donnée. Et est-ce que Edouard Philippe, vous avez dit tout à l'heure que vous n'irez pas à son appel, de la Toussaint, vous avez effectivement parlé de la date, est-ce qu'Edouard Philippe est de droite ? Il y avait l'appel de prochain,
maintenant il y a l'appel de la Toussaint.
Est-ce qu'Edouard Philippe est de droite ? Il est du centre. Et quelle est la différence ? C'est difficile pour les électeurs de comprendre. Vous vous souvenez de François Mitterrand qui disait « le centre n'est ni de gauche ni de gauche ».
Je vais donner quelques exemples. Il dit par exemple « moi je veux une immigration choisie ». Moi je dis « je veux baisser l'immigration ». Il ne pourra pas faire l'immigration choisie parce qu'il refuse de donner la parole au peuple. Donc la parole, ce sera les magistrats comme d'habitude qui trancheront. Voilà, ça c'est du concret. Il craint quand je dis « moi je veux que le peuple ait le dernier mot sur les décisions des juges, du Conseil constitutionnel ». Voilà. Il m'aime d'ailleurs par une autre procédure du juge européen, la CEDH. Mais dire attention, attention, non, non, le Conseil constitutionnel, c'est la révérence.
Ce que vous avez dit tout à l'heure. Mais est-ce que, par exemple, le Rassemblement national ne porte pas des idées de droite ? Il porte des idées
de droite, mais Marine Le Pen, sur le plan social, économique, est clairement de gauche. Elle est pour l'assistanat. Elle ne veut rien remettre en cause. Elle est démagogue, donc elle veut aller dans le sens du poil des Français. Moi, je dis aux Français, je ne tricherai pas. Je vous dirai la vérité. Et la vérité, c'est qu'on est en train de s'appauvrir. Il y a quelques années, les Polonais, c'était le niveau de vie... Vous avez des racines polonais, je crois, Pierre de Villeneuve. Je suis polonais. Parmi les deux familles. Exactement. Eh bien, il y a une cinquantaine d'années, le niveau de vie des Polonais, c'était moins de 45% le niveau de vie des Français. Aujourd'hui, 85-87%. Et dans les cinq ans, les Polonais auront sans doute un meilleur niveau de vie que les Français. On est en train de s'appauvrir. Mais Marine Le Pen, en voulant protéger cet assistana, est en train de répéter les erreurs qu'on fait depuis 40 ans. Et on ne se sortira pas de la mouise, de l'appauvrissement et du déclassement de la France avec des solutions qui sont les vieilles solutions socialistes, pardon de vous le dire. J'en suis persuadé.
Pierre Dubinot vous a posé des questions, c'est autour de Franz Olivier Gisbert. Franz, vous qui avez vécu un certain nombre d'élections présidentielles, vous avez Bruno Retailleau en face de vous.
Gentil de rappeler mon âge. Bruno Retailleau, qu'est-ce qui s'est passé cet été ? Qu'est-ce qui s'est passé cet été ? Je ne comprends pas. Parce qu nous a changé Bruno Retailleau. Oui, avant l'été, c'était une Twingo ou deux chevaux. Là maintenant, c'est plutôt le genre machine de guerre. Qu'est-ce qui s'est passé ? C'est quoi ? J'ai pris des forces. J'ai bouffé du lion. Vous avez décidé de sourire beaucoup plus J'ai décidé d'être plus naturelle. Vous allez vendre des frites quand même ? Non, jamais. Comme Edouard Philippe ? Non, non. C'était
un
copier
collé de Donald Trump d'ailleurs. Non, non, non. Je n'exposerai pas les miens sur le papier glacé. Ce n'est pas le style de la maison. Mais c'est vrai que j'ai constaté... Et mes amis me l'ont dit qu'il y avait une différence entre ceux qui me connaissent de près, qui savent que je peux être drôle, que je suis plutôt sympa. Et l'image peut-être du ministre de l'Intérieur qui est très dure, sérieuse, très...
Coincée
?
Peut-être un peu coincé. Oui, vous aviez un petit côté croque-mort, disons-le. Comme Olivier Faure. Oui, l'Olivier Faure. En pitié, en pitié.
Ne comparez pas à lui, c'est terminé. Il faut essayer d'être plus naturel. Ce n'est pas toujours facile parce que quand on vous interroge, quand on vous presse de questions, il y a un petit stress. À un moment donné, il faut trouver le juste équilibre, être sérieux. Et moi, j'essaie d'incarner une radicalité à la fois tranquille et sérieuse. En
attendant, dans les sondages, vous êtes le troisième homme de ce bloc central qui n'existe pas. Non, pas du bloc central. Je sais, vous avez répété suffisamment qu'il n'existe pas. On dirait qu'il n'existe pas. J'ai une tête de centriste. Il faut des centristes pour la démocratie. Oui, pour voter pour la droite. Et vous êtes donc pour le problème. Comment se fait-il qu'Edouard Philippe et Gabriel Attal sont devant vous ? Il y a quand même un mystère. J'ai plusieurs explications. Dites
-moi, ça m'intéresse. Vous êtes un bon observateur.
Je pense que vous êtes peut-être trop gentil.
'est-ce que vous voulez que je fasse ? Je vais expliquer.
Trop poli. L'exemple, par exemple, c'est votre sortie du gouvernement. D'abord, c'était peut-être une erreur d'y entrer. Ah non, non, c'est pas une erreur. Je vais vous dire pourquoi. Ensuite, votre façon de sortir, c'est-à-dire, on a l'impression, normalement, un politique, il aurait claqué la gueule. la porte dans la gueule du président de la République, si je peux me permettre, toute réveillance gardée, mais ça serait passé comme ça. Mais vous, vous êtes parti un peu comme ça, en cachette, au fond, vous ne comprenez pas très
bien. Vous êtes depuis des décennies un observateur très avisé de la vie politique. Je vais vous poser juste une question. Avez-vous croisé sous la Ve République ? Dans les 30 ou 40 dernières années, depuis 1981, depuis Mitterrand, avez-vous croisé un ministre de l'Intérieur qui s'est permis ce que je me suis permis vis-à-vis du président de la République, n'hésitant pas à le contredire en public sur beaucoup de sujets ? Sur l'immigration.
Avec Chirac, autrefois, ça a pu arriver dans le passé. Beaucoup, fréquemment, pas beaucoup. Rendez-moi au
moins ça. Et si je suis rentré au gouvernement, c'était pour empêcher M. Mélenchon. d'y faire rentrer ses amis. 'est ça aussi, la droite. On préfère toujours. La droite, elle fait barrage à la gauche. Moi, je n'ai jamais appelé à voter Léfi. C'est ce que je veux dire.
Ça, c'est pour Attal. Vous avez autre chose pour Philippe ? Non, mais vous me dites que je passe des gentillères. J'essaie de m'améliorer. Je vais vous donner l'occasion d'être méchant. Justement, on va commencer par les rivaux, les ennemis. Quel est le plus gros défaut d'Ébard Philippe
? Sans doute, il est conseiller d'État. C'est un moule. Emmanuel Macron, par exemple. C'est un technocrate. Emmanuel Macron, il est inspecteur des finances. Pardon, mais dans la réponse qu'il me fait aux propositions que j'ai, notamment sur la Constitution, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure, c'est une réponse technocratique. Le plus gros défaut de Gabriel Attal 'être un bon communicant. C'est à la fois une qualité et un défaut. Le plus gros défaut d'Emmanuel Macron ? Intelligent, mais ça lui permet d'être double. Je ne peux pas comprendre. Leur en même temps. Ah oui, d'accord.
Non ? Vous ne pouvez pas en dire un peu plus ? C'est un peu court quand même.
En même temps, ça nous a conduit là où on est aujourd'hui. Je veux dire qu'on ne peut pas être de droite et de gauche. C'est pour ça d'ailleurs qu'avec Édouard Philippe voudrait un grand parti du centre. Mais on ne va pas recommencer les mêmes erreurs que celles qu'a commis Emmanuel Macron. Parce que si le fait d'avoir un grand centre, le en même temps ni de droite ni de gauche... Ça fait pousser d'un côté le RN et de l'autre Mélenchon. Voilà le résultat. Et si vous voulez qu'on reprenne les vieilles recettes qui ont conduit au désastre politique des deux quinquennats, ben voilà, il faut le faire. Non, laissons Français choisir.
Bon, alors quelques questions comme ça du questionnaire Marcel Proust, qui ne vous est pas étranger. Rapidement France. Mais est votre principal trait de caractère ? La constance et la sincérité. Votre principal défaut ?
Peut-être la constance. Quand j'ai un cap, je m'y tiens. C'est sûr que dans la vie politique, on est plus agile quand on a une colonne un peu soupe. Vous avez bien un vrai défaut,
Bruno Retailleau.
Un
peu
de gentillesse, ce qu'on a dit tout à l'heure. Non,
mon défaut, peut-être, c'est l'exigence vis-à-vis des miens, mais je me l'applique à moi-même. Do it. Le bout de défaut, ce n'est peut-être pas d'être assez méchant. Non, mais...
Oui, on l'a dit.
Comment vous... J'ai dit, François-Louis Gisbert, que je n'avais pas envie que les Français se battent la coupe à chaque instant. Alors, je vais essayer de montrer l'exemple et de ne pas trop me battre ma coupe. J'ai plein de défauts, je vais vous dire. C'est à vous de les découvrir, ce n'est pas à moi de les donner. Alors, bon,
et puis, comme vous êtes très cultivé, on va en profiter. Vous écrivez un préféré, comme ça, on peut aller vite.
Ah, il y en a un, j'étais heureux, on vient de m'offrir cet après-midi. un livre dédicacé de François Chang. J'adore François Chang. Il est d'origine chinoise. Je pense que je le prends pour un des écrivains. Je ne veux pas parler de vous parce que vous êtes hors catégorie. On est d'accord, je ne veux pas vous vexer. Mais c'est un de ceux qui maîtrisent le mieux la langue française. C'est paradoxal puisqu'il vient de la Chine, il est très spirituel, il a fait à la fois des poèmes, mais il y en a bien d'autres. Une question aussi sur
le... Monsieur est très musicologue, il adore la musique. Oui. Il connaît très bien. J'ai même pratiqué. Vos compositeurs préférés. Oui, oui, vous avez pratiqué. J'ai même pratiqué.
Pardon, mais ? Vos compositeurs préférés. Je suis très éclectique. Dans le classique, c'est plutôt le baroque. Et dans la variété française et internationale, c'est plein de choses. Ça va de Céline Nyon à Véronique Samson, à Santa, à Bruce Pintring, à Eric Lacton, à Elton John, à Jeanne Chérald. Elle a fait son dernier duo avec. Jean Dujardin est génial. Elle avait déjà fait une composition d'ailleurs un peu coquine sur la traite de Jean Dujardin. Non, non, mais je suis très éclectique. J'aime beaucoup
la variété
internationale, française, nouvelle, plus ancienne.
Merci beaucoup en tout cas à tous les trois. François-Olivier Gisbert, Eugénie Bastier, Pierre de Villeneuve pour cette séquence. Maintenant, on en arrive au dernier mot. Bruno Retailleau, je vais vous demander dans un instant quelle est la phrase. que vous demandez aux Français de retenir de ce que nous avons dit ce soir. Mais avant ça, il y a un enjeu dont on n'a pas parlé, c'est l'intelligence artificielle. La façon dont elle va impacter le monde du travail, dont elle impacte déjà les jeunes générations, l'accès au savoir, la culture, France vient d'en parler. La façon aussi dont les Français vont s'en servir pour la présidentielle. On estime que 16% des Français ont utilisé leur IA sur leur téléphone pour savoir pour qui voter au municipal. Il y en aura peut-être un sur deux qui dira... Avant le premier ou le second tour, dis-moi pour qui je veux voter si je veux gagner un tout petit peu plus. Qu'est-ce que vous vous proposez sur l'IA ? Et puis l'IA nous écoute en ce moment et elle vous posera une question après. Qu'est-ce que vous proposez sur l'intelligence artificielle ?
l'intelligence artificielle, les choses sont très claires. Il faut qu'on ait plus de souveraineté. L'intelligence artificielle, pour bien comprendre les choses et les faire comprendre à ceux qui nous regardent et qui nous écoutent, dépend de la production d'énergie. D'ailleurs, on la mesure. La quantité de mesure, c'est la même chose que la quantité d'électricité. On mesure en gigawatts la puissance de calcul. Et donc, on en revient finalement aux fondamentaux. Il faut qu'on ait des DASA Center avec de l'électricité française décarbonée. Notre électricité est à 95% décarbonée. Donc il faut vraiment qu'on ait une électricité bon marché décarbonée pour qu'on puisse avoir... J'ai rencontré hier Arthur Mench. On a beaucoup parlé de ces questions-là. Et moi, je pense qu'au niveau européen comme au niveau français, il faut faire en sorte, par un système d'ailleurs de garantie, d'aider... par exemple Mistral, pas de façon gratuite du tout, mais à faire concurrence. En tout cas, à avoir sa place au milieu de ces géants que sont Anthropy, que sont OpenAI, Gemini et Google, etc.
Et sur le fait de l'impact de l'IA sur la politique. Il y a des moteurs de recherche qui moulinent les noms des candidats et il y en a un qui va sortir du chapeau à un moment. Qu'est-ce que vous dites là sur le contrôle de ce qui va se passer ?
Ce que je veux dire, c'est que d'abord, il faut qu'on fasse très attention. Il y a des intelligences artificielles qui ont conclu avec des journaux qui ont un biais politique en France, un certain nombre d'accords. Donc il va y avoir un biais quand ces journaux se plongent beaucoup plus à gauche. Donc ça, ça me préoccupe, voyez ce que je veux dire. Simplement, le plus fondamental, c'est que, attention, l'IA, ça doit être la machine. L'homme doit rester maître de la machine. Et moi, je pense que la politique doit inscrire l'humain au cœur de son projet. Et je pense que, alors qu'on voit bien que les algorithmes s'améliorent, ce qui serait triste, c'est que le niveau des élèves, et on l'a vu tout à l'heure, se détériore. À quoi ça nous servirait d'avoir justement une IA qui s'améliore sans cesse et une régression ? On aurait une génération. diminuer plutôt qu'augmenter. Ça veut dire qu'à l'école, je pense qu'avant le collège, pas d'IA, mais qu'il va falloir, comme à Singapour, on apprend aux lycéens à bien questionner, avoir une solide formation. La formation générale sera encore plus importante avec l'IA parce que sinon, on abdiquera notre esprit critique.
Alors Bruno Retailleau, je vous ai dit que l'IA nous écoutait. Elle a une question à vous poser. On va la découvrir en même temps. Elle va s'afficher à l'écran. Vous voyez l'IA comme une chance pour la France. Comment faire pour qu'elle améliore vraiment le quotidien des Français et des fonctionnaires sans créer une nouvelle dépendance vis-à-vis des grandes entreprises technologiques chinoises ou américaines ? Réponse à Tchad GPT.
Moi, je l'ai dit, il faut qu'on ait des solutions souveraines qui dépendent de nous parce que derrière ces intelligences artificielles... on embarque une vision du monde. Et pardon, la vision du monde des Chinois n'est pas la vision du monde des Européens et des Français. La vision du monde des Américains n'est pas notre vision du monde. Donc il y a une bataille qui se joue. Mais je pense que l'IA est une opportunité en même temps qu'elle est une menace pour l'emploi. Donc il faut s'y préparer. Pour les fonctionnaires, par exemple, je vois bien, on pourrait améliorer le quotidien de nos policiers ou de nos gendarmes, notamment sur les prises de dépositions, etc. On pourrait rendre aux professeurs des heures et des heures, aux infirmières, deux heures par jour. Ça a été calculé par des instituts. Donc il faut utiliser l'IA pour ce qu'elle a de bon et ce qu'elle peut améliorer dans notre vie. Mais restons maîtres de l'IA. Vous savez, cet été... Il y a deux modèles d'IA, de OpenAI, notamment dont dépend ChatGPT, et notamment Anthropik, dont dépend par exemple Claude. Ces modèles, qui sont les plus perfectionnés, ont échappé à leurs créateurs. Ils ont été faire des cyberattaques sans qu'on le leur demande. Donc là aussi, il va falloir... avoir des dispositions qui puissent permettre d'éteindre et surtout confiner les IA pour qu'elles n'échappent pas à l'humanité. La créature échapperait aux créateurs, c'est l'histoire de Frankenstein. Donc moi je pense que je suis plutôt technophile. J'ai été spécialiste du numérique, ça ne se voit pas, pendant des années au Sénat. Mais je pense qu'il faut être très réaliste et surtout conserver cette idée que l'IA doit être au service de l'homme et non pas l'homme au service de l'IA.
C'est le dernier mot, Bruno Retailleau, une phrase à retenir pour nos téléspectateurs, nos auditeurs, le plus important pour vous dans cette élection. C'est en une phrase, attention.
En une seule phrase, c'est de leur dire que même si la France va mal, on va la redresser. On va la redresser en France avec cette fierté. d'être français, de croire en notre pays. Et tout est possible. C'est possible de changer notre modèle social pour que le travail paye plus que l'assistanat. C'est possible de rétablir l'ordre républicain. Je vous donnerai la parole justement pour que vous puissiez décider. Et ensemble, on relèvera la France. On va remettre la France à l'endroit. Donc, je veux porter une espérance. Même si la France va mal, j'ai beaucoup d'espoir.
Merci beaucoup Bruno Retailleau, c'était votre dernier mot. Merci d'avoir été notre premier invité dans Objectif Elysée 2027 qui recevra tous les candidats au cours de cette saison. Bonne soirée sur CNews, Gauthier Lebrecht vous attend et sur Europe 1, Mel Hassani.