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On se demande donc ce soir si la gauche est en train de construire une rampe de lancement ou au contraire de créer les conditions d'un crash. Voilà en tout cas Johanna Roland, la maire de Nantes, qui présentait cet après-midi les modalités de la primaire socialiste, place publique, social-démocrate. 15 euros pour voter, vote essentiellement numérique jusqu'au 15 septembre. jusqu'au 15 septembre pour se présenter et effectivement une foultitude de candidats. Commençons d'abord par écouter Johanna Roland.
vous dis qu'il y a des discussions aujourd'hui entre les équipes de candidats avec l'ensemble des représentants de la presse concernés. Je crois que dorénavant les choses se passent en bonne intelligence pour trouver la meilleure réponse et la meilleure option. Et je ne doute pas que dans les jours à venir, on sera capable collectivement de vous dire combien de débats, à quel endroit et à quelle date.
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Voilà, Johanna Roland qui parlait de l'organisation des débats, parce que c'est de ça aussi dont il est question. Il faut dire que tout le monde doit se mettre d'accord. Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, bien sûr, Jérôme Gage, Ségolène Royal, le député Emmanuel Morel. J'ai tout le monde, Antoine Oberdor. Vous
avez cité Philippe Brun, peut-être ? Ah, j'ai oublié Philippe Brun. Et voilà le petit dernier. Philippe Brun, député de l'heure.
Donc là, quel est le... L'objet, il fallait aujourd'hui, et pour l'instant en tout cas, commencer à évoquer la question de comment vont s'organiser les choses ? Oui, essayer de définir
les règles. Vous savez, il y a eu deux objets de contentieux entre les socialistes dans cette pré-campagne de primaire. Le premier, vous l'avez dit, c'était les débats. Faut-il un ou plusieurs débats ? Raphaël Glucksmann a été allègrement accusé de fuir les débats, notamment parce qu'il a fait dire par l'un de ses sherpas dans cette primaire, le sénateur Alexandrosi, que quand on est de gauche, on débat sur le service public et qu'il répondrait favorablement à la demande de débattre uniquement sur le service public. Ce à quoi, évidemment, ses petits camarades ont répondu qu'il fallait deux, voire trois débats. donc il ya vraiment là dessus un vrai enjeu et puis une compétition entre les chaînes ensuite l'autre objet du litige c'était le prix le prix appellent euros quand même participer à cette primaire 15 euros absolument que olivier fort et pas que olivier fort certains ops ont considéré que 15 euros, c'était une volonté de verrouiller le corps électoral de cette primaire, d'en faire même un suffrage censitaire, ont-ils dit. Et que c'était, là encore, l'entourage de Raphaël Duxman qui s'assurait qu'au fond, tout ça se passe entre gens de bonne compagnie et que ça ne soit pas étendu à bien trop de votants, comme ça a pu l'être par le passé. On se souvient, par exemple, la primaire de 2011 qui a investi François Hollande face à Martine Aubry. François Hollande ne perd jamais une occasion de rappeler que c'était 3 millions de votants.
On va l'entendre d'ailleurs tout à l'heure, François Hollande, effectivement. 100 000, 100 000, c'est je crois un des objectifs optimistes du nombre de votants. Elisabeth Pinault, dans ces conditions, est-ce que ça peut vraiment être 100 000 ?
paraît difficile, de toute façon c'est assez mal parti cette primaire. En plus des débats que vous avez déjà suggérés, il y avait déjà aussi des discussions sur cette charte des valeurs que doivent signer les candidats, qui doivent avoir d'ailleurs leur parrainage, ils ne l'ont pas encore tous, Eglène Aurélien a dit qu'elle les avait, il faut être soutenu par un certain nombre d'élus, un certain nombre de députés, de maires, de différentes régions, donc on verra s'ils vont y arriver, pourquoi pas ces règles-là, donc on ne sait pas quelle sera la liste in fine. Il y avait aussi sur cette charte des valeurs, un débat sur est-ce qu'on dit qu'on ne se salira jamais avec la France insoumise, ce que voulait Raphaël Glucksmann, les autres, en tout cas Olivier Faure, l'a refusé finalement, il n'y aura pas cette phrase, Géonard Hollande, nous l'oublions pas, a été élu maire de Nantes avec les voix de la France insoumise, donc on voit quand même des divergences assez profondes, et est-ce qu'ils vont réussir à atteindre 100 000, alors que vous l'avez dit pour François Hollande quand il a... gagner la primaire, c'était 3 millions de votants, ce sera difficile. Et ça veut dire qu'il faut ensuite convaincre, faire campagne ensuite, et essayer d'aller jusqu'à l'Élysée, ce qui n'est quand même pas rien. – Les 100 000, Anton
Oberdorf, ça vous semble jouable ? Alors, sachant, comme vous le disiez, vous allez le redire, et on entendra François Hollande le redire, on est très loin des 3 millions, mais est-ce que ça vous semble jouable déjà 100 000 ?
– 100 000, oui, je pense que les socialistes aujourd'hui se contenteraient de peu, il faut quand même rappeler qu'elle est aujourd'hui, le corps électoral restreint aux adhérents, on parle de… 25 000 votants pour le Parti socialiste, si je me réfère aux adhérents actifs du Parti socialiste, c'est-à-dire ceux qui ont voté pour élire Olivier Faure au congrès de Nancy en juin dernier. Et puis place publique, c'est 10 000 adhérents avec, nous dit-on, un nombre d'adhérents qui augmente de jour en jour. Donc 100 000, c'est atteignable. Il faut voir l'effet propulsif que tout sera susceptible d'avoir, ou pas, en fonction de l'image qu'offreront les compétiteurs lors des débats, notamment. Justement, pour l'instant, Christophe Jacobizine,
d'image, nous n'avons pas beaucoup.
Non, mais en plus, c'est vrai que vous parlez de François Hollande, c'est la formule, gardez-moi de mes ennemis, de mes amis, je m'en occupe. C'est-à-dire que l'idée de se moquer un peu des 100 000 participants, de l'objectif de... de 100 000 participants, c'est une manière de dire, de toute façon, cette première n'aura aucune valeur. Et que donc, ce que veut François Hollande en décembre, c'est pouvoir dire, enfin, ça vaut rien, ce candidat désigné par 100 000 personnes, moi, je suis candidat, peut-être qu'il le fera, François Hollande, et balayé d'un revers de main, une primaire qui aura effectivement eu peu de succès. C'est ça le calcul. Au fond, il y a même à l'extérieur, au sein des socialistes, un candidat... putatif ou potentiel comme François Hollande qui est en train de la torpiller. Donc c'est vrai que c'est mal parti.
Bon, vous nous parlez tous ce soir de François Hollande. Vous y penez de la pièce, si je puis dire. On va l'écouter, François Hollande. Et devinez ce qu'il dit. Je rappelle
qu'une primaire telle que je l'avais gagnée en 2011, il y avait eu 3 millions de votants. 3 millions. Et ça avait donné, c'est vrai, une légitimité assez forte à ma candidature. Bon, là, je souhaite qu'il y ait un débat qui soit le plus utile possible, qu'il élève le niveau de réflexion générale. Et puis... Est-ce que votre rôle, vous... Non, mon rôle n'est pas d'être dans cette primaire. Vous parlez de ce paysage polaire, ce que je veux plus éclaircir que jamais. C'est un projet pour les Français.
En tout cas, Jean-Rémi Baudot, on l'a compris, François Hollande dit qu'ils vont débattre.
Oui, honnêtement, c'est quand même un peu dramatique. Le jeu de François Hollande est quand même... Il n'est pas risible, mais c'est vraiment de la stratégie politique. Déjà, c'est assez grossier. Elle est visible, c'est ce que j'allais vous dire. Elle est assez visible, voilà. Donc, le fait de parier sur l'effondrement de ses petits camarades en imaginant récupérer les miettes à la fin, c'est quand même effectivement un peu grossier. Et j'imagine même que chez les électeurs, ça peut créer un peu des mois. C'est-à-dire qu'il y a un moment où, effectivement, ça interroge un petit peu sur à quel moment est-ce qu'il imagine. pouvoir, dans ces conditions, représenter le camp social-démocrate. Je voudrais juste vous citer une information que sort le service politique de France Info ce soir. Elia Bergel, notre reporter qui suit la gauche, a publié sur le site de France Info une lettre qu'il a pu consulter d'une centaine d'élus socialistes qui appellent à ouvrir cette fameuse primaire dont on parle depuis quelques minutes, l'ouvrir à des personnalités issues de la gauche comme Pigasse, Ruffin. ou encore Tondelier. Ça, c'est intéressant parce que ça veut dire aussi qu'il y a une forme d'envie de démocratie qui peut cacher aussi de la stratégie. Je vous vois évidemment faire la mouille. C'est un jeu très politique et on se rend compte que finalement cette primaire est peut-être un piège qui est en train de se refermer sur Raphaël Glucksmann, pardonnez-moi, qui pensait certainement, c'est probablement ce qu'on lui avait vendu, que ce serait une belle manière d'être sur la rampe de lancement et on se rend compte qu'il n'est pas impossible que dans le réservoir de cette fameuse fusée, il y ait de l'essence pour un soleil. Oui, d'autant que
ça vous fait rire, c'est marrant, vous les voyez tous les jours mais
ça
vous...
Oui, on a les occupations qu'on peut. En réalité, François Ruffin, Mathieu Pigasse dans la primaire, moi j'ai l'impression de vivre un éternel retour parce qu'en fait, on nous parle depuis maintenant un an et demi de la primaire de Ruffin à Glucksmann. Et donc là maintenant, on nous remet Ruffin par la fenêtre et puis pourquoi pas Mathieu Pigasse, en réalité tout ça ayant pour but de fractionner le corps électoral pour éviter que, par exemple, sait-on jamais, Raphaël Glucksmann ne l'emporte dès le premier tour, ce qui serait fâcheux. Ensuite, quant à François Hollande, que l'on a entendu à l'instant. C'est quand même singulier pour un président de la République de se tenir effectivement comme ça en retrait, avec évidemment le risque d'apparaître comme le saboteur d'un parti qu'il a dirigé pendant 11 ans.
Il
a été premier secrétaire pendant 11 ans. Olivier Faure lui dit aujourd'hui à son ancien patron, à Solferino, il lui dit mais... François, soit tu montes à bord du train de la primaire, ce que tu n'as pas daigné faire, soit ne mise pas sur le fait que le candidat investi de la primaire se crache en fin d'année, pour dire finalement au moment où le corbiard passera devant toi, attendez, stop, je vais remplacer le défunt, et ensuite nous emmener jusqu'à la victoire. Ça ne marche pas comme ça, parce que le jeu du pourrissement, en réalité, on n'a jamais vu personne arriver à relever le gant, si vous voulez, pour amener sa famille politique ensuite jusqu'à la victoire, alors même qu'elle se sera abaissée. pendant des mois et des mois. Elisabeth Pinault.
On peut bien sûr regretter qu'il n'y ait pas plus de participants, en effet, à cette primaire. Ça aurait permis un premier rassemblement. Alors, pourquoi pas aller... Donc, ils n'ont pas voulu des Verts, ils n'ont pas voulu de Clémentinonta, de François Ruffin. Pourquoi pas aller jusqu'aux communistes ? Vraiment, le rassemblement qui sera absolument indispensable s'ils veulent être suffisamment solide face à Jean-Luc Mélenchon, qui, lui, ne perd absolument pas de temps. Il est parfaitement en place. Il a son programme, ses meetings, avec beaucoup de monde. On a une espèce de bataille à l'ancienne, mal fichue.
La démocratie interne, ça prend du temps.
Bien sûr. Et là, il y a quelque chose d'étriqué dans cette primaire.
Christophe Jacobizine, vous vouliez réagir aussi. Oui, je voudrais dire quelque chose de méchant et de gentil sur François Hollande. De méchant d'abord. Il faut se mettre dans sa tête. Vous vous disiez, il attend de voir le corbillard passer. Il a déjà vu un corbillard passer. Il a vu celui de DSK. Il s'est vu effectivement devenir candidat de la gauche. sur un malentendu. Et ça lui a profité. Donc dans sa tête, il est un peu comme François Bayrou, il croit sa bonne étoile. Donc il croit une nouvelle fois que sa bonne étoile peut l'aider à devenir candidat. Pour dire quelque chose de gentil aussi sur lui, il se rend compte quand même que cette, objectivement, cette primaire socialiste n'a aucune chance de faire émerger un futur président de la République. Il faut être un peu réaliste, et je pense qu'il l'est. Donc son jeu à François Hollande, ce n'est pas d'aller séduire uniquement cette petite portion de l'électorat, c'est d'être le candidat des démocrates. L'idée, c'est de voir le monde s'effondrer en décembre ou en janvier, de voir le duel se préfigurer Mélenchon-Le Pen, se confirmer, et donc d'apparaître comme celui qui peut rassembler, en tant qu'ancien président, une part beaucoup plus large du électorat que le simple électeur socialiste. Et
s'il y avait d'autres hypothèses ? thèse pour François Hollande, Anton Oberdorf, je crois que c'est ce qui était évoqué dans votre journal ce matin avec des informations. Oui, parce qu'en réalité,
François Hollande, alors, il y a la possibilité qu'il apparaisse comme le roi du cimetière, le recours, effondrement de Raphaël Glucksmann. qu'il parviendrait à débrancher, alors qu'il n'a pas réussi à débrancher, souvenez-vous-en, Anne Hidalgo en 2021, qui pourtant se crachait dans les sondages. Mais bon, cette fois-ci, il réussirait à débrancher Raphaël Glucksmann, Edouard Philippe d'eux-mêmes effondré, Gabriel Attal. Il emporte la mise, et là, sa stratégie a du sens, parce qu'effectivement, il s'inscrit au-delà des parties, et faisant prévaloir en réalité... l'intérêt supérieur de la nation, etc., eh bien, il vise large, il vise une coalition, là, la proportionnelle a du sens, il met des marqueurs sur sa droite, durcissement du recoupement familial, augmentation de la TVA de 20 à 24. Voilà, ça, schéma numéro un. Mais après, schéma numéro deux, si ça ne marchait pas, eh bien, François Hollande serait susceptible, en ayant comme ça fait prospérer sa candidature, cette petite musique qui ne viendrait jamais, mais qui serait là quand même comme un bourdonnement dans l'oreille des Français, eh bien, il serait capable, à un moment où Edouard Philippe serait à la peine, de rabattre un certain nombre de voix du centre-gauche vers le centre-droit et de devenir en quelque sorte le François Bayrou. d'Edouard Philippe, mais comme François Bayrou avait su le faire pour Emmanuel Macron. C'est la stratégie... C'est le scénario qui est le plus incroyable. Regardez, par exemple, ça paraissait complètement anachronique hier, parce que quand on a vu les résultats en Allemagne, en Saxenault, qu'il y ait Clément Bonne et Grandjean, de... Philippe Grandjean. Philippe Grandjean, deux macronistes historiques. plutôt elle gauche, qui viennent nous parler d'une coalition un petit peu déraisonnable, alors même qu'on nous explique qu'en Allemagne, c'est la confusion des genres, le mélange et cette espèce de co-gouvernement qui a mené en fait l'AFD à apparaître comme la seule alternative, ça peut paraître complètement anachronique. Néanmoins, néanmoins, néanmoins, moi je vois s'organiser Elisabeth Borne, Bernard Cazeneuve, François Bayrou, François Hollande, tous ces gens se parlent et se disent « si ». Nous voulons résister aux extrêmes cet hiver, il va falloir se tenir chaud les amis. Il va falloir que nous soyons ensemble pour avoir la masse critique nécessaire pour survivre et passer l'hiver.
Jean-Rémi Baudot, alors on fait quand même, là c'est un peu de la politique fiction, mais est-il possible d'exclure que François Hollande
ait plusieurs fers au feu Alors je vais vous dire avec François Hollande, avec des gens qui sont tacticiens. Comme il l'est, je pense qu'on ne peut rien exclure. Après qu'il arrive à tirer les ficelles de manière aussi fine, rappelons qu'il a eu aussi des mauvaises expériences politiques, qu'il a parfois fait des mauvais choix. Une, qui était un choix stratégique, qui était dans un contexte très particulier après les attentats du 13 novembre, mais la déchéance de nationalité qu'il pense être à ce moment-là un ciment pour la société. En fait, tout le Congrès est debout à Versailles, 900 élus. En réalité, quelques semaines plus tard, la gauche se réveille, se rend compte que c'est complètement impossible. Et c'est ce qui l'empêche de se présenter à la présidentielle une deuxième fois. Il le dit d'ailleurs au moment où il quitte le pouvoir, il dit « mon seul regret, avoir proposé la déchéance de nationalité ». François Hollande, eh bien, ils sont en fonction aussi de sa vista du moment, peut-être. Je reviens à notre sujet initial, Elisabeth Pinault,
la primaire. n'y a, si on se résume, aucune issue. Favorables ? Christophe Jacobusine dit de toute façon que cette primaire ne sortira jamais un président.
Je le répète, c'est mal parti. On verra. Après, autre phrase de François Hollande, rien ne se passe jamais comme prévu. Donc il peut y avoir des morts et des blessés et on verra ce qui se passe. Petite parenthèse, j'ai parlé à des gens du Rassemblement national qui parient, eux, sur une victoire d'Olivier Faure. Ils se disent que ça va être surtout des socialistes qui vont voter. Et il est quand même encore premier secrétaire. Et puis, est-ce que les socialistes vont aimer l'idée que... Raphaël Guzman gagne donc qu'il n'y ait pas de candidat socialiste pour la première fois à la prochaine présidentielle. C'est une petite musique qui peut s'entendre. Un tout
petit mot. Ça, c'est très juste. Ça s'appelle le patriotisme de parti et ça jouera à plein régime. Les militants socialistes de base préfèreront toujours un socialiste, quelle que soit d'ailleurs la détestation qu'ils aient pu vouer à Olivier Faure à la faveur des alliances, du PSNFP. Mais un socialiste, ça reste un socialiste pur sucre. Et ça, ils savent faire la différence. Ce qui va compliquer la tâche de Raphaël Glucksmann, effectivement.