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La politique avec vous Thomas Bonnet, selon un sondage adoxa pour le Figaro, 70% des sympathisants du centre et de la droite sont favorables à une primaire. Thomas, ça montre la difficulté de faire émerger un candidat incontestable dans ce qu'on appelle le bloc central. Oui,
elle commence à être un peu longue, cette nouvelle saison de Koh Lanta. Les naufragés du macronisme sont échoués depuis de longs mois, mais ils ont du mal à se départager alors qu'on le sait. A la fin, il n'en restera qu'un. Edouard Philippe est persuadé d'avoir l'immunité que lui confère sa courte avance dans les sondages. Se voyant déjà chef de parti, voire même chef de l'État, il convoque à sa guise les représentants des différents partis de droite et du centre. Rendez-vous à la Toussaint pour espérer signer l'armistice dans la foulée. L'ancien Premier ministre se rêve en maître des horloges et veut dicter son tempo, imposer son calendrier.
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Sauf que les autres candidats ne l'entendent pas de cette oreille.
Non, personne n'est encore décidé à rendre les armes. Ni Bruno Rotaillot, qui ne veut pas être associé aux turpitudes macronistes, ni Gabriel Attal, qui n'est pas convaincu par la prestation de son rival. En revanche, les deux ont toujours dit qu'ils étaient prêts à s'affronter dans une primaire pour se départager, contrairement à Edouard Philippe, qui ne veut pas en entendre parler. Lui, le boxeur, a rangé les gants et ne veut prendre aucun coup de peur d'abîmer l'image de rassembleur qu'il s'évertue à fabriquer depuis des mois. C'est toute l'ironie de la situation. Au moment où Edouard Philippe essaye de plier le match, voilà d'autres concurrents qui arrivent sur le ring. Elisabeth Borne n'a pas dit son dernier mot et se prend à rêver d'un fabuleux destin, c'est ce qu'elle dit dans le Figaro. On peut citer Bruno Le Maire qui y croit encore, Thierry Breton en embuscade, Sébastien Lecornu qui n'est pas hors-jeu, je pourrais aussi vous parler de Yaël Braun-Pivet, François Bayrou ou même Jean Castex qui veulent peser, comme le dit la célèbre formule. Bref, nous voilà devant ce spectacle assez crépusculaire du post-macronisme qui accouche d'un marécage de candidats. qui peuvent refaire le coup de 2017 en surgissant de nulle part pour raffer la mise. Comment est-ce qu'on peut analyser cette incapacité à trouver un candidat ? Le macronisme a érégé la personnalité devant les idées. Un parti qui porte les initiales de son créateur et qui fait du dépassement la recette de son succès. C'est-à-dire que pendant dix ans, on a été trimballé dans un sens, puis dans un autre sur à peu près tous les sujets. L'avènement du consensus mou en toutes circonstances, un monde où la parole a remplacé l'action et où il est désormais plus important de tenir que d'agir, résultat un bilan catastrophique en tout domaine ou presque. Alors sur ce champ de ruines, les anciens ministres d'Emmanuel Macron auraient dû acter la nécessité de tout changer sur le fond et sur la forme. Certains semblent l'avoir compris. Gabriel Attal, Bruno Retailleau veulent une rupture quand d'autres préconisent de reprendre les mêmes... C'est ce que disait hier sur notre antenne l'ancien ministre de l'économie, Éric Lombard. En gros, il veut une alliance qui irait, pourquoi pas, de François Hollande jusqu'à Bruno Retailleau pour faire bloc face à ce qu'il qualifie d'extrême. C'est la même idée ou presque qui est défendue par Clément Beaune ou François Bayrou. A chaque fois, le seul ciment, évidemment, c'est de faire alliance contre les extrêmes. Ils font peu de cas des différences entre la gauche et la droite. Et à vouloir contenter tout le monde, les centristes risquent de ne convaincre personne. L'argument du rejet a fonctionné dans le passé. que ça marche à nouveau cette fois, ça donne l'impression d'une force politique immobile, coincée entre les désirs de radicalité qui s'expriment à gauche comme à droite. Alors pour résumer, on pourrait dire qu'on est passé du parti En Marche en 2016 à l'épreuve des poteaux aujourd'hui.
Merci beaucoup, merci à vous Thomas Bonnet.