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La matinale de Radio Classique avec David Abiker.
Guillaume Tabard pour l'éditorial avec le Figaro. Bonjour Guillaume. Bonjour
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David. Il
y a un an, jour pour jour, Sébastien Lecornu a été nommé Premier ministre. Qui dit anniversaire dit bilan. Peut-on faire un premier bilan de la présence de Lecornu à Matignon ? Vous avez noté la présence et pas l
'action. Oui, d'abord tout dépend de ce qu'on appelle bilan. Car s'il s'agit de savoir si la France va mieux, au 9 septembre 2026 qu'au 9 septembre 2025, ou de savoir si des réformes majeures ont été mises en œuvre, la réponse est claire et c'est non. Mais s'il s'agit de reconnaître le savoir-faire politique, il faut admettre que Sébastien Lecornu n'en est pas dénué. Souvenez-vous, avec le pataquès de la formation initiale de son gouvernement, le faux retour de Bruno Le Maire, le vrai départ de Bruno Retailleau, puis les exigences du PS sur la taxe Zucksmann, On avait quand même cru que tout cela n'allait durer que quelques jours. Eh bien, un an après, l'élu de l'heure est toujours là et... Sauf accident, il devrait, en tout cas il pourrait rester jusqu'à la fin de la présidence Macron. L'homme qu'on n'avait pas vu venir est devenu l'homme qui a su tenir.
Alors tenir c'est bien, mais qu'a-t-il fait avancer depuis un an ?
Il faut d'abord constater qu'il s'est surtout comporté en gestionnaire de crise. Et il n'en a pas manqué. Les carburants, l'agriculture, l'affaire Liana, la canicule et les feux de forêt. Et reconnaissons-lui de les avoir plutôt bien gérés sans trop céder. à la facilité du quoi qu'il en coûte. Mais ce qu'on retient surtout de sa première année, c'est quand même d'avoir fait passer son budget alors qu'il n'avait pas de majorité, mais en concédant au PS la suspension de la réforme des retraites. Alors est-ce que c'est un succès à mettre à son crédit ou un abandon qu'on peut lui reprocher ? Sur le fond, et au regard de l'état des finances publiques, cet abandon est coupable et je dirais même gravement. Coupable. Mais lui, le cornu, vous expliquera que certes, cette subvention lui aussi lui fait mal au cœur, mais que le coût, y compris financier, d'une censure, donc d'une crise politique, aurait été plus lourd encore. Et finalement, c'est un peu ça sa petite musique. C'est de faire comprendre, je ne fais pas de miracle, mais je ne vous mens pas. J'essaye de faire des petites choses parce que le contexte politique et cette assemblée éclatée m'interdisent d'en faire de grandes. Au fond, Le Cornu se pose en Premier ministre du moindre mal. Est-ce que ça plaît aux Français ? Écoutez, sa popularité est moyenne, autour de 30%, mais elle est quand même plutôt constante et supérieure à celle d'Emmanuel Macron. En tout cas, il n'y a pas d'effet Le Cornu dans l'opinion. Et ceux qui verraient en lui un candidat capable de remplacer à la fois Philippe, Attal et Retailleau ne sont quand même pas très nombreux. Mais disons qu'il essaye d'imposer un style fait de sobriété. et de désintérêt personnel. Style sobre, mais subtilement mis en scène malgré tout. C'est encore ce qu'il va jouer avec son prochain budget en disant « Je ne vous demande pas de m'offrir un succès personnel, mais juste d'éviter au prochain président, quel qu'il soit, de démarrer son mandat sans budget du tout. » Et même sans beaucoup de marge de manœuvre, vous savez, on se révèle homme d'État pas uniquement en étant habile, mais aussi en cherchant au moins à faire avancer des mesures courageuses. Et donc sur ce prochain budget, c'est le défi à la fois politique et personnel de Sébastien Lecornu.
Et vous, votre défi, si vous l'acceptez Guillaume, c'est de revenir demain. Et bien on va essayer de le relever. Pour l'éditorial avec le Figaro, il est 8h15, Jérôme Jaffray nous parle de la campagne.