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Vous recevez David Lissnard, qui est maire de Cannes, candidat Nouvelle Énergie à l'élection présidentielle. Bonjour David Lissnard. Bonjour. La flambée des prix des carburants a provoqué en début de semaine des actes de vandalisme dans des stations-service. Il y a aussi ce blocage dans certains dépôts pétroliers par des pêcheurs, ces appels à la mobilisation de certains élus. Vous redoutez, vous, un grand mouvement social ?
ne sais pas si j'ai à le redouter ou pas. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a une exaspération très légitime. On parle des pêcheurs. Dans ma commune, c'est la plus grande prud'homie de pêche professionnelle. Ce n'est pas connu.
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À Cannes.
33 pêcheurs professionnels, artisanales, des Alpes-Maritimes et du Var, qui sont déjà exaspérés par les surtranspositions européennes. C'est une réalité. Et à qui, aujourd'hui, on demande de payer un carburant extrêmement cher. Donc, il y a véritablement un malaise qui est très profond. Deux gens qui sont des gens raisonnables, en réalité, qui veulent juste bosser, qui veulent qu'on les laisse travailler. Mais si vous voulez, on aura la reproduction de ce genre de phénomène avec les agriculteurs dans quelques semaines, quand les engrais vont devoir être utilisés, qu'on va se rendre compte que le prix des engrais s'envole. À chaque crise, on va se rendre compte que la France devient faible. Elle devient faible, c'est très important. d'un excès de prélèvements obligatoires, d'impôts et de charges, de dépenses publiques, qui, paradoxalement, a fait un État très fragile. Donc, on est dans une société très fragile, et mon ambition, c'est qu'on retrouve une France beaucoup plus forte.
Mais là, à court terme, qu'est-ce qu'il faut faire ? Le gouvernement, même s'il n'exclut pas de nouveaux dispositifs pour les secteurs les plus exposés, il prolonge pour l'instant les fameuses aides ciblées, donc les pêcheurs, les agriculteurs, les grands rouleurs. Est-ce qu'il doit élargir ces aides ?
vais vous répondre, il n'y a pas de problème. Mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est pour ça que moi je me présente, c'est que ça fait des mois et des années qu'on voit la spirale infernale du court terme qui en fait détruit le long terme. Oui, le court terme, il faut évidemment permettre à des gens de pouvoir travailler. Évidemment, il faut sauver l'outil de production de la pêche française qui est très très mal en point pour d'autres raisons aussi. Oui, évidemment, il faut des aides circonstanciées, ponctuelles. Est
-ce qu'il faut les doubler, comme demande Edouard Philippe ? Je ne sais pas
s'il faut les doubler, tout ça c'est des formules, mais les doubler, c'est aussi ajouter de la dette, c'est-à-dire c'est faire payer nos plans de carburant par nos enfants. Et c'est donc avec ce système qu'il faut en finir. Donc dans le court terme, il faut une gestion profession par profession. Moi j'ai proposé depuis des mois et des mois, j'ai vu que c'était repris par d'autres, la seule solution de baisse provisoire générale. et qui ne plombez pas les comptes publics, qui sont la suspension des certificats d'économie d'énergie. Ça,
c'est la proposition faite par Bruno Retailleau. Que j
'ai faite depuis 6 ou 7 mois, mais comme chacun fait son travail, je pense que vous pourrez le vérifier. J'explique
cette baisse, ça serait selon Bruno Retailleau et d'autres, 15 à 17 centimes, grosso modo 8 euros de moins pour un plein. sauf que c'est aussi supprimer une partie du financement de la transition énergétique. Ça veut dire que le climat, vous n'en avez rien à faire ? Non,
parce que ça, ce serait complètement caricatural, ce serait même complètement infondé. C'est-à-dire que dans la vie, il faut hiérarchiser les choses. Soit on estime qu'il y a des gens aujourd'hui qui creuvent la bouche ouverte parce qu'ils ne peuvent pas payer le plein, ils ne peuvent pas aller bosser. On les assigne à résidence dans l'inactivité ou tout simplement dans la pauvreté. Et il faut des mesures provisoires qui ne plombent pas les comptes publics. Soit on estime que ce n'est pas grave. Donc à un moment donné, on ne peut pas tout faire. On est adulte. Et à force de vouloir croire à tout le monde qu'on peut raser gratis, qu'on peut toujours dépenser plus d'argent public, regardez la situation dans laquelle on est. On s'appauvrit. L'effet dans lequel on est, c'est un effet de ciseau. Moi, j'avais mis l'excès de réglementation et de bureaucratie dans une broyeuse. Ça avait fait sourire et ironiser. Sauf que c'est les Français qui sont dans la broyeuse aujourd'hui, parce qu'on a un salaire net qui devient des plus faibles d'Europe, et pourtant on a un salaire brut qui est un des plus élevé d'Europe. Donc on a un salaire net qui nous permet moins de faire le plein d'essence qu'ailleurs, mais parallèlement, on a un plein d'essence qui est à 60% grévé par des fiscalités et des impôts. Donc tout ça, c'est fini.
Il faut
enlever l'idéologie de tout ça. Il faut retrouver de la performance.
Vous dites qu'il faut baisser les dépenses de l'État, mais est-ce que ce n'est pas aussi ce qu'est en train de faire Sébastien Lecornu, à l'exception des armées, ceinture pour les autres budgets des ministères ? Est-ce que ce n'est pas facile de tenir des promesses quand on est candidat à la présidentielle ?
D'abord, ce ne sont pas des promesses. Moi, je parle à des adultes. Et j'essaie de démontrer comment on va réorganiser les pouvoirs publics. Vous savez, il y aura trois ruptures dans cette élection présidentielle. Il y aura celle que propose le Rassemblement National, qui en fait va être très étatiste, celle de la gauche et notamment de l'FI, qui sera extrémiste et très étatiste, et moi, qui essaie de démontrer que c'est parce qu'on dépense plus d'argent public qu'ailleurs qu'on a moins de services publics qu'ailleurs. Dans ma commune, j'ai baissé tous les ans la dette, une commune où il y a un taux de pauvreté élevé. On a moins de fonctionnaires qu'avant, mais mieux payé. En revanche, il y a des objectifs très clairs. On dirige, on commande. On fait des gains de productivité. On essaie d'utiliser les outils actuels, de la numérisation, pour rendre de la performance. Personne ne parle de ça.
comprenez bien ? Si vous êtes élu en mai prochain, vous dites vouloir faire 80 milliards d'euros d'économie dès la première année de vos quinquennats. Donc ma question est simple, comment ?
C'est très simple. Par exemple, cette année, on va verser 3 milliards, j'ai appris ça hier, 3 milliards 200 millions pour l'hébergement d'urgence. dans des hôtels, l'hébergement d'urgence. Pas pour des SDF, parce que les SDF, c'est nous qui les prenons en compte, c'est les mairies, c'est les communes. Mais pour des personnes qui sont en situation illicite. illicite, régulière. Je suis désolé, mais on est le seul pays à faire cela, en donnant en plus une prime. Vous ajoutez à ça 3 500 euros par retour. Le fait aujourd'hui de dire que dans l'hôpital, par exemple, mais dans toute la fonction publique, on atteint 34 à 35 % de fonctions administrantes, alors que des pays très administrés, très performants, comme le Danemark, les Pays-Bas, la Suède, sont à 24 %. Donc on dépense plus pour des bureaucrates et moins pour les infirmiers, les infirmières, les policiers, etc.
Donc
là-dessus, évidemment, les 1123 organismes qui ont été créés, les 11 agences environnementales, une seule suffit. Les 14 organismes de santé, un seul suffit. Il y a eu depuis 20 ans 450 000 recrutements pour 1 153 établissements qui éparpillent l'État. C'est plus de 100 milliards de dépenses. On voit vos pistes d'économie. Et avec des fonctionnaires en France qui sont des gens de grande qualité et qui sont moins payés qu'ailleurs. Parce qu'on les met sur la bureaucratie. Baisser
les dépenses de l'État, c'est aussi baisser les dépenses sociales. Et
ce n'est pas ce que fait le gouvernement, pardon. Il fait du rabot. Il fait du rabot,
mais en tout cas, un mot sur ses dépenses sociales. Sébastien Lecornu, il veut mettre à contribution les retraités, soit en désindexant les pensions de retraite sur l'inflation, soit en supprimant l'abattement fiscal de 10%. dont il bénéficie. Voyez le tollé. Est-ce que vous vous dites que c'est une piste qu'il faut soutenir ou pas ? C
'est-à-dire que ça ne fera qu'un tollé comme chaque mesure catégorie puisqu'il n'y aura pas de redressement des comptes publics. C'est-à-dire que les retraités qui gagnent plus de 2 000 euros sont tout à fait d'accord, je pense, pour une large majorité d'entre eux, 2 500 pour ne pas avoir une indexation. On parle de quoi ? À condition que l'année d'après, le pays soit plus fort. À condition que leurs petits-enfants puissent avoir une espérance française. Ça fait des années qu'on nous dit participer à l'effort de redressement des comptes publics et qu'à la fin, c'est pire. Pourquoi ? Parce que trop d'impôts tue l'impôt. Et c'est qu'aujourd'hui, on paie plus d'impôts qu'ailleurs. Le problème, c'est la dépense et l'impôt. Donc la
piste des retraités, elle ne vous semble pas absurde ?
Non, elle n'est pas absurde. Moi, je l'ai toujours dit. Mais j'ai dit surtout qu'il fallait faire la retraite par capitalisation. Ça fait 15 ans que je plaide pour cela. C'est-à-dire que... Je crois que chacun est capable de comprendre qu'il peut y avoir une restriction à un moment donné provisoire si le pays se redresse, si on retrouve la fierté d'être pensé. Mais le système actuel, qui est le système le plus dépensier, c'est le système qui plante le plus les pauvres. Vous êtes aussi patron
des maires de France. Sébastien Lecornu veut mettre à contribution les collectivités, le gouvernement leur demande entre 6 et 7 milliards d'euros d'efforts en 2027. C'est possible.
Tout est possible dans l'absolu, sauf que ça se fera au détriment de l'investissement et qu'on aura plus de récessions l'année prochaine. Il y a des collectivités mal gérées, il y a le millefeuille qui est indigeste. Donc
vous êtes d'accord, il faut faire des économies, les collectivités peuvent faire des économies ?
Moi je le fais tous les jours. Baisser les dépenses, baisser la dette de 85 millions dans ma commune et baisser la fiscalité, c'est possible. Et on a augmenté l'investissement, c'est-à-dire qu'on gère comme dans une boîte. Et plein de collectivités le font.
Mais 6 à 7 milliards, est-ce que c'est possible ? Est-ce que c'est souhaitable ?
Vous acceptez toute la doxa de Bercy. On nous a dit la même chose l'année dernière. On nous a dit la même chose il y a trois ans. Et à la fin, il n'y a pas d'assainissement des comptes publics. Parce que le raisonnement, il est fou. D'accord,
mais quel effort les collectivités peuvent faire ? C'est exactement
la même façon lorsqu'on dit, mais on n'est pas des enfants, des efforts, etc. On en fait tous les jours. C'est comme quand on dit, il faut prendre plus sur les entreprises. Mais à la fin, c'est toi qui es moins d'entreprises. Vous
n'avez pas une petite fourchette ?
Il y a eu 80 milliards de prélèvements sur les communes et les intercommunalités. 80 milliards de prélèvements de l'État depuis 11 ans. sur les communes et les collectivités, vous le savez, et les intercommunalités. Parallèlement, le déficit de l'État a augmenté. Tout est envisageable lorsque l'État nous dit comment l'huile se réforme, comment l'huile devient performante. On a 57% de la richesse française qui part en dépense publique. Donc c
'est donnant-donnant, vous nous dites que l'État fait des efforts, les collectivités... Pourquoi vous ne laissez pas terminer le raisonnement ? Parce que 57
% de dépense publique en France par rapport à la richesse publique, les Pays-Bas. où on a une meilleure couverture sociale, où les pauvres sont mieux traités, où il y a une meilleure justice, c'est 45%. Pourquoi on n'est pas capable de s'approcher de ces degrés de performance de pays administrés, européens ? Je ne vous parle pas de fantasmes ultra-libéraux, je vous parle de la réalité qui fonctionne ailleurs en Europe. Vous êtes
candidat depuis à peu près six mois, c'est ça ? Donc vous incarnez plutôt une droite libérale réformatrice. Du
terrain en tout cas, pragmatique, réaliste.
Oui, on vous voit souvent en jogging dans des vidéos. Je ne sais pas, mais... C'est votre cible, ça, d'être un petit souci ? Non, mais ce n'est pas vrai, ce
n'est pas vrai.
J'en ai vu une... Ça peut arriver, mais
ce n'est pas vrai.
Mais dans les sondages, vous êtes encore à la peine. Oui, c'est vrai. Entre 2, 4%, dernière Opinion West, c'est 2%. Pourquoi ça ne décolle pas, selon vous
? Parce qu'aujourd'hui, on est... D'abord, parce qu'il faut que je fasse plus. On est toujours responsable des résultats que l'on a. Et donc, je vais faire plus, encore plus. Ensuite, je ne suis pas sûr qu'il n'y ait pas un décollage. J'ai d'autres indicateurs. Je ne vais pas vous faire la langue de bois, tout va bien, etc. Mais il y a une vraie dynamique dans mon parti Nouvelle Énergie. On a des moyens. J'ai de plus en plus de personnes qui viennent. On va être à 30 000 adhérents payants. Je pense qu'en fait, tous les sondages, etc., montrent, vous savez, c'est la persistance cosmique, c'est-à-dire la persistance des étoiles qui sont déjà mortes, des gens qui sont connus, qui ont eu des fonctions nationales. Je pense que la prochaine échéance, soit on accepte l'alternative que représentent l'ERN et l'FI, soit on va vers la seule autre véritable alternative, celle du terrain, celle du pays réel, comme je l'ai dit pour citer Victor Hugo, c'est celle que j'essaie d'incarner, donc je vais faire campagne. Et essayer de convaincre, comme je le faisais quand j'avais des entreprises, comme je l'ai fait pour être maire de Cannes. Juste une petite curiosité,
l'hypothèse d'un duel second tour, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, vous voteriez qui
? Je vais répondre pour la énième fois que je voterai pour tout candidat contre Jean-Luc Mélenchon. Si c'est Marine Le Pen, Marine Le Pen. Je suis même prêt à voter pour un macroniste alors que je veux les vaincre aux élections. C'est dire jusqu'où je vais pour faire barrage à Jean-Luc Mélenchon.
Merci David Lissard, bonne journée.
Merci, bonne journée.
Merci beaucoup David Lissard.