Chargement...
Chargement...

Bienvenue dans Santé Futur, votre rendez-vous dédié à l'innovation et à l'avenir de la santé. Aujourd'hui, on s'intéresse au secteur de la health tech française. La France dispose d'une recherche de haut niveau, d'un écosystème de start-up dynamique, d'industriel et d'investisseurs spécialisés. Mais entre le laboratoire et le patient, les étapes restent nombreuses. Financement, réglementation, accès au marché. Comment mieux accompagner les entreprises et leur permettre de changer d'échelle ? Pour en parler aujourd'hui, trois regards complémentaires. Celui de Frédéric Girard, président... de France Biotech qui vient de présenter un plan pour accélérer l'innovation en santé. Celui de Valérie Tally, directrice de recherche au CNRS, présidente et directrice scientifique et cofondatrice de MétisDX. Une spin-off issue de son laboratoire qui développe des outils de biopsie liquide pour le suivi de patients atteints de cancer. Et celui d'Olivier Chabanon, directeur délégué au plan French Care chez BPI France. BPI France a déployé 2,5 milliards d'euros dans la santé et anime avec la French Care une communauté de près de 1400. professionnels. Avec eux, nous suivrons le parcours d'innovation du laboratoire jusqu'au marché, financement, accompagnement, changement d'échelle, quel levier pour faire grandir l'ALSTEC française. Et dans sa chronique, Hervé Bonneau se demande à qui profite cette complexité. C'est parti pour une nouvelle émission. Bienvenue dans Santé Futur, merci d'avoir répondu présent à notre invitation. Frédéric Girard, je commence avec vous. Quelles sont aujourd'hui les étapes les plus difficiles à franchir
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
? Le parcours lui-même est un parcours difficile et quelque part l'objectif de ces difficultés... C'est malgré tout de s'assurer que les technologies qui arrivent sur le marché, aux patients, aux professionnels de santé, présentent un ratio bénéfice-risque favorable. C'est-à-dire qu'on a besoin en tant que citoyen d'être rassuré de la sécurité des technologies de santé qui vont nous être prescrites, de s'assurer qu'il y a réellement un bénéfice clinique important. Donc je dirais que c'est tout l'objectif de ce parcours, c'est d'amener les preuves. convaincante du bénéfice qu'apportent ces technologies et de leur sécurité. Après, c'est vrai que pour une entreprise qui souvent est une spin-off académique, c'est-à-dire que la plupart des entreprises aujourd'hui, elles naissent d'un projet universitaire, l'université... peut accompagner ces inventions jusqu'à un certain niveau de maturité, mais vous devez après passer des étapes de développement réglementaire aux standards internationaux qui sont très exigeants, avec des coûts très élevés, donc une ingénierie financière qui va avec. Et donc pour ces jeunes entreprises qui quittent l'université, évidemment c'est extrêmement compliqué de suivre ce parcours qui va demander un développement non clinique, puis un passage à l'homme développement clinique. puis un développement industriel, la construction d'une usine, l'accès aux différents marchés en France et à l'international.
'est-à-dire qu'on sait bien faire émerger l'innovation, mais moins l'accompagner peut-être
On voit qu'il y a une vraie dynamique. Aujourd'hui, le secteur des start-up PME de croissance en santé, c'est 2800 entreprises, bien réparties sur le territoire national, 80 000 emplois. La majorité des technologies, je vous le disais, est issue de la sphère académique. Mais on se rend compte qu'il y a des opportunités manquées. Sur le plan économique, d'abord, on voit que malgré cette dynamique, on produit de moins en moins de nouveaux médicaments en France. La part des technologies médicales dans la balance des exportations a tendance à se réduire. On a de moins en moins d'essais cliniques en France et donc on perd cette opportunité de création de valeur sur le territoire national. Et puis, il y a des manques d'opportunités au niveau médical, clinique, puisqu'on se rend compte que les patients français mettent beaucoup de temps finalement à accéder à ces innovations.
Valérie Thaly, quand vous entendez ce diagnostic, est-ce que vous reconnaissez le parcours de médecine DX
? Oui, tout à fait. On a vraiment... Aujourd'hui, un écosystème hyper riche, effectivement, avec une recherche académique d'excellence. On a beaucoup de start-up, beaucoup d'idées, beaucoup d'innovations. Et après, il faut amener cette innovation aux patients. Et le chemin, il est long. Oui, une bonne technologie, ça ne suffit pas. Exactement. La technologie, elle ne suffit pas. Il faut qu'elle ait un intérêt pour le patient, qu'elle ait un intérêt pour le praticien, qu'elle soit facile d'utilisation, qu'elle soit réellement pertinente, qu'elle ait vraiment sa place. Et voilà. Et donc, tout ça, c'est effectivement très complexe. Il y a des exigences réglementaires au niveau du remboursement, etc., qui sont de plus en plus complexes, qui demandent énormément de financement. On a une vraie problématique aujourd'hui d'accès au financement. On finance assez bien. l'innovation, la création des startups, un petit peu moins la phase de croissance, celle qui va vraiment générer de la valeur, mais qui demande beaucoup de développement, de preuves cliniques, de dossiers de remboursement, etc. Et tout ça, ça prend beaucoup de temps, et on a beaucoup plus de difficultés sur ces aspects-là de financement, vraiment de la croissance, de cette capacité à faire émerger vraiment des leaders nationaux, internationaux, tout en gardant... Et ça, c'est vraiment important tout en gardant notre empreinte nationale européenne. On parle beaucoup de souveraineté, mais c'est extrêmement important. Et c'est extrêmement important pour nos développements et la place de nos startups au niveau international. Olivier
Chabanon, BPI France, intervient précisément sur cette transformation d'une innovation en entreprise. Quand vous regardez les projets qui vous arrivent, où voyez-vous le plus souvent le besoin d'accompagnement
Bonjour. Évidemment, le BPI joue un rôle assez important dans le financement des innovations, notamment des innovations en santé. On a ce rôle... en tant que banque publique, un actionnariat à l'État et la Caisse des dépôts, d'aider à stimuler l'innovation, et en particulier sur le champ de la santé. On déploie un certain nombre de dispositifs, notamment sur les innovations de rupture en santé, à travers l'offre Deep Tech déployée par BPI France, pour permettre à des universitaires, à des chercheurs, d'avoir une espèce de boîte à outils dont il va pouvoir se servir. pour créer son entreprise et cette boîte outils a vocation à l'accompagner sur tout le cycle de développement de son entreprise, de la phase de création d'amorçage jusqu'à, comme ça a été dit par Frédéric Girard, les phases d'industrialisation. Donc on a cette capacité à offrir à cet entrepreneur en santé toute une gamme de produits, de services qui va pouvoir l'aider à structurer et à développer son entreprise.
Pour en revenir à ma question, sur ce que vous identifiez en termes de... de besoin d'accompagnement un peu prioritaire ?
Les accompagnements, c'est évidemment du financement. Ça, c'est évidemment le nerf de la guerre. Donc, le financement de l'innovation est une composante importante de BPI France à travers des aides, des prêts à l'innovation, des avances remboursables, etc. Le financement de l'innovation pour BPI France, c'est 3 millions d'euros. Et on a déployé... 3 milliards d'euros, pardon. Et on a déployé... Un milliard d'euros sur la santé en 2025. Donc un tiers du financement de l'innovation de BPI France concerne le champ de la santé. C'est dire si les besoins évidemment de financement sont considérables pour la filière. Après on a des solutions notamment d'accompagnement. L'accès aux
compétences. L
'accès aux compétences parce que ce n'est pas le tout d'avoir de l'argent d'en prêter, d'en mettre à disposition de l'entrepreneur. C'est qu'il en fasse une bonne utilisation. Et donc pour ça on a des dispositifs d'accélération. accélérateurs qui vont permettre aux entreprises de la filière d'être aidées, à structurer leur plan de développement, à réfléchir à leur stratégie, notamment sur l'accès au marché, sur les aspects réglementaires. Et puis on a des consultants qui interviennent auprès de ces entreprises pour les aider, qui ne sont pas des consultants au sein de BPI France, ce sont des consultants externes, référencés par BPI France. On en a une centaine dans le secteur de la santé qui vont avoir cette capacité d'intervenir auprès du chef d'entreprise pour l'aider. dans la structuration de son plan de développement et de plan stratégique.
Valérie Tali, si on revient à la naissance de MétisDX, vous êtes scientifique académique, je le disais, et vous vous retrouvez à devoir construire une entreprise. Donc ça change le métier, il faut tout à coup maîtriser des sujets qui ne sont plus uniquement scientifiques. Qu'est-ce qui a été le plus difficile à apprendre ? Question
très vaste.
Je veux dire, il y a le business
model, il y a la réglementation, les histoires de propriété intellectuelle. L'idée, c'était vraiment, quand on a fondé Métis, l'idée, c'était vraiment de porter nos innovations aux patients. Et on a vraiment eu cette... on s'est vraiment dit que c'était nous qui devions y aller. On avait vraiment cette envie d'amener cette innovation aux patients. Et donc, on s'est impliqués. C'est pour ça que j'ai eu un concours scientifique pour m'impliquer au niveau de la société. Mais en même temps, il a fallu s'entourer. Donc on est très accompagné par la BPI qui a un rôle central. On est accompagné par des réseaux, par France Biotech également, qui est un vrai acteur aussi. Et on a vraiment, donc il a fallu s'entourer. Oui, c'est là que l'écosystème joue son rôle. Mais aussi s'entourer. Donc moi j'ai une cofondatrice, Magali Dronyou, qui est directrice générale, qui a des compétences plus. Donc elle est cofondatrice d'une autre start-up. Donc on a pu s'associer comme ça. Et on a vraiment, on travaille au jour le jour. Donc vraiment aller chercher les bonnes choses. de compétences. Effectivement, pour moi, il y avait plein de choses qui étaient nouvelles. Aller chercher des financements comme ça, aller pitcher, c'était vraiment quelque chose de nouveau. Donc vraiment, tout construire, construire de zéro, vous avez parlé du business plan, etc. Tout ça, c'est vraiment un nouveau métier, mais avec cette même motivation d'amener nos innovations au patient. Tout ça, on est allé chercher des compétences, on demande. On a un écosystème aujourd'hui qui est extrêmement fourni au niveau de la health tech en France. On a utilisé tout ça, utilisé les compétences et aller chercher les bonnes compétences pour pouvoir aller... Toujours ce même but, d'amener nos innovations aux patients et de réfléchir avec les acteurs du système aussi à cette innovation, à sa meilleure forme, entre guillemets. Frédéric Girard,
est-ce qu'on fait entrer suffisamment tôt ces compétences entrepreneuriales autour des chercheurs ?
Il y a sans aucun doute beaucoup de choses à faire pour accélérer ce parcours. on peut faire en sorte que les inventions académiques bénéficient le plus tôt possible aux patients et aux professionnels de santé sans compromettre évidemment la sécurité, ce qui reste priorité. Et c'est tout le travail de réflexion qu'on a entamé il y a maintenant une année pour publier ce qu'on a appelé le plan d'accélération de l'innovation en santé. C'est-à-dire vraiment quelles sont à toutes les étapes les accélérateurs que l'on peut mettre en place avec trois priorités. Accélérer le passage de la recherche fondamentale à la recherche appliquée, faciliter le transfert de technologies, acculturer les chercheurs au monde de l'entreprise, valoriser les carrières mixtes public-privé, première priorité. Deuxième priorité c'est l'accompagnement, c'est essentiel, Valérie vient d'en parler, avec cinq propositions. Renforcer l'accompagnement des entrepreneurs, c'est essentiel, c'est diversifier les financements. Et c'est vraiment, comme le disait Olivier, le nerf de la guerre. C'est maximiser l'ancrage de la création de valeur en France et donc motiver les entreprises à faire en France leur développement préclinique, leur développement clinique. et leur développement industriel pour qu'elles construisent des usines en France. C'est faciliter l'accès aux données de santé, qui est aujourd'hui une ressource essentielle pour toutes les technologies de santé. Et la troisième priorité, c'est sécuriser l'accès des patients français aux technologies. C'est la préférence nationale et européenne dans les achats publics. C'est la possibilité d'avoir des évaluations plus prévisibles de la part de nos autorités. Et finalement, c'est un peu technique, mais... L'accès au marché des dispositifs médicaux est réglementé par un règlement européen qui va être simplifié probablement en 2027 ou 2028. On pense qu'il y a la possibilité pour la France d'anticiper ces simplifications. Donc vous voyez, ça fait 11. accélérateurs identifiés dans notre travail. Ce qui est intéressant, c'est que la très grande majorité de ces accélérateurs ne coûtent rien au budget de l'État. C'est souvent, je dirais, des actions de simplification. d'alignement, de coordination des différents acteurs impliqués sur ce parcours.
Oui, justement, Olivier Chabannon, la French Care a justement été créée avec cette idée de briser les silos et de rapprocher les acteurs qui n'en ont pas toujours l'habitude de travailler ensemble. Concrètement, comment fait-on ?
La French Care a été créée il y a 4 ans maintenant, à l'initiative conjointe de Nicolas Dufourc, le directeur général de BPI France, et du professeur Antoine Tenière, l'actuel directeur général de Paris Santé Campus. Donc on était en sortie du Covid, et avec cette idée de faire en sorte de créer une communauté d'acteurs et de professionnels de la santé qui se reconnaissent tous derrière un emblème, celui du coq blanc que j'arbore ce matin. Et au-delà de ce pin, ce coq blanc, il y a derrière effectivement cette volonté de construire. Sous-titrage FR ? un moment collectif ensemble autour de la santé, puisqu'on sait que dans ce secteur et ce paysage de la santé qui est extrêmement horizontal, assez complexe peut-être par rapport à d'autres industries, ce coq blanc apporte un peu de verticalité derrière lequel tous ces acteurs et professionnels de la santé, au premier rang desquels les entrepreneurs qui évidemment sont importants pour BPI France, se reconnaissent. Nous on donne l'impulsion, on met... de l'essence dans le moteur. Et ensuite, l'idée, c'est que ces entrepreneurs s'approprient, et ces acteurs et professionnels de la santé s'approprient cette communauté. Aujourd'hui, vous le disiez, il y a 1 400 membres qui ont rejoint cette communauté. Et donc, nous, on organise des événements, des publications, des moments de rencontres, etc. Parce que l'idée, c'est de faire en sorte qu'un professionnel, un entrepreneur puisse discuter avec un directeur d'hôpital, etc. Parce qu'on croit que c'est comme ça que ça se passe dans l'innovation. Ça peut créer énormément de valeur.
Valérie, sur la question du financement, vous me disiez en préparant cette émission que vous avez le sentiment que l'investissement fonctionne par cycle et que la santé n'est pas toujours le secteur
le plus attractif. La BPI, j'ai un rôle central effectivement dans le financement. On a aussi effectivement des investisseurs privés qu'on remercie beaucoup et qui nous aident au jour le jour. Mais effectivement, c'est difficile. Le financement, moi je suis dans le domaine du diagnostic. Aujourd'hui, le financement du diagnostic, c'est compliqué. Il y a eu pas mal de financements dans la... la période Covid autour du diagnostic, aujourd'hui c'est beaucoup plus compliqué, on nous demande des niveaux de preuves toujours plus importants, on demande des validations cliniques, quasiment d'avoir déjà des remboursements, etc. C'est compliqué. Donc effectivement, la recherche de financement, elle nous prend une grande partie de notre temps, alors qu'en fait, notre temps devrait le passer à... à générer encore des données de l'innovation, encadrer nos équipes et à continuer à construire ensemble à nouveau pour aller plus loin. Et on passe énormément de temps dans ces recherches de financement, à justifier, à essayer d'avancer, alors qu'on a déjà beaucoup de choses. On a déjà un produit qui est commercialisé, c'est un produit pour la recherche, mais on a déjà un produit commercialisé, on a déjà des clients, on travaille, on a des partenariats cliniques, on a bien sûr notre réseau de départ, mais c'est vrai que c'est compliqué. Et c'est grâce à ce financement qu'on va pouvoir aller plus loin et générer les preuves qu'on nous demande. Donc on est sur quelque chose qui est compliqué, et j'ai dû dire compliqué beaucoup de fois, excusez-moi, mais c'est vrai qu'on le vit comme ça. C'est-à-dire qu'on est toujours dans cette problématique de financement, en plus de cette problématique d'apporter les preuves, de montrer que ce qu'on fait est un vrai intérêt pour le patient. Oui, c'est un problème de volume de
capitaux disponibles, de maturité des projets. Chaque étape
est à son lot de... de difficultés. J'entends souvent parler de vallée de la mort. Quand j'écoute les entrepreneurs, j'ai l'impression que c'est tout le temps, en fait, la vallée de la mort. C'est-à-dire que c'est un peu une course d'obtacle. Dès que vous passez un obstacle, le niveau de preuve qui est demandé à l'étape suivante est encore plus important. Le montant des financements demandés est encore plus important. Donc, si vous voulez, on a besoin que... Les entreprises gagnent en compétences à chaque étape de façon à pouvoir construire toutes ces preuves et passent finalement le moins de temps possible sur les sujets de financement. Aujourd'hui, je trouve qu'il y a un déséquilibre entre le temps passé à développer les technologies dans un environnement mondial qui est hautement concurrentiel. Les Chinois avancent extrêmement vite. Aujourd'hui, c'est devenu le pays où les innovations naissent majoritairement et le temps qu'ils passent à chercher des fonds. Il faut se rappeler qu'une entreprise aujourd'hui, une start-up en santé, c'est 6 à 12 mois de trésorerie. Et qu'il faut en moyenne 11 mois pour lever des fonds. Donc vous voyez, les deux chiffres ne réconcilient pas entre eux. y a besoin de faciliter l'accès au financement. Ça passe par la diversification des financements. Et on rendra public dans les semaines qui viennent des propositions pour aller motiver les particuliers à investir. Dans l'innovation en santé, ça passe par des aides publiques. Le crédit impôt recherche est une aide absolument fondamentale. Ça passe aussi par une facilitation de l'accès au marché. C'est vrai que le marché français est long. Les délais sont très longs pour y accéder. On a mis en place des accès dérogatoires pour compenser, mais ils sont incertains. Il y a un élément qui est évident, mais qu'on mentionne assez peu sur le financement. C'est le temps. Parce que finalement, le temps qui passe, c'est quelque chose qui coûte très très cher aux entreprises sans que nécessairement il soit productif. Quand vous attendez... six mois une réponse d'une autorité ou que vous attendez six mois, dans le meilleur des cas, pour accéder aux données de santé, c'est six mois où vous avez consommé votre trésorerie et vous n'avez pas nécessairement avancé. Et donc on a besoin de rendre ce parcours fluide et je dirais chaque jour gagné, c'est un peu plus de ressources pour les entreprises. Chaque jour gagné pour comprendre... La complexité réglementaire, avoir des retours des autorités réglementaires sur les attendus, de la prévisibilité pour ne pas avoir à refaire ce que l'on a déjà fait. Chaque jour gagné sur la mise en place d'un essai clinique, c'est de la ressource supplémentaire. Chaque jour gagné sur la décision d'implantation d'un site industriel, c'est de la ressource supplémentaire.
Olivier Chavanon, BPI France lance InnoBio 3, un nouveau fonds consacré aux biotechnologies. A quel besoin vient-il répondre exactement
Oui, on a annoncé il y a quelques jours le lancement de la troisième génération des fonds InnoBio de BPI France, qui ont été lancés les premières générations à InnoBio 1, c'était il y a 15 ans. Avec un fonds qui a vocation à investir dans des entreprises de biotechnologie. Et donc ce sont 207 millions d'euros qui sont mobilisés par BPI France pour répondre. Ce besoin de financement qu'ont ces entreprises, on ne le fait pas tout seul, on le fait avec des souscripteurs, on le fait avec Sanofi, Servier, BMS, Ipsen et l'Institut Pasteur. Et comme disait assez justement Frédéric, c'est vrai que les entreprises de biotechnologie ont un modèle d'affaires un peu particulier, surtout pour un banquier, puisque ce sont des entreprises qui ne vont pas générer de chiffre d'affaires pendant 10 à 15 ans et donc qui sont évidemment très dépendants. des investisseurs. Sur la partie financement, ce que je disais tout à l'heure, on a une approche relativement systémique avec tous nos dispositifs de financement et d'innovation. En revanche, c'est une approche plus volontariste sur la partie investissement. En 2025, on a investi en direct 900 millions d'euros dans des entreprises en santé. Ce sont des montants assez considérables qui font probablement de BPI France l'un des principaux VCI français, si ce n'est européen. Ce sont 5 à 6 opérations d'investissement. ou de réinvestissement que l'on fait par mois. C'est encore le cas en 2026 pour soutenir la filière. Nous on joue notre rôle BPI France, mais il y a un enjeu qui est de réussir à mobiliser plus d'argent privé pour soutenir la filière. Je rappelle que quand nous on intervient au capital des entreprises, on l'est toujours de façon minoritaire. Et donc on a besoin de relais avec des investisseurs privés. Donc tout l'enjeu, comme expliqué aussi précédemment, c'est de réussir à mobiliser des investisseurs qui puissent intervenir au capital des biotech françaises. demande beaucoup de stabilité, de lisibilité. Je pense qu'en France, on doit gagner en lisibilité pour rassurer des investisseurs. C'est vrai qu'on a une particularité d'être sur le secteur de la santé dépendant d'un PLFSS, par exemple, qui remet en cause chaque année un certain nombre de dispositifs et qui, probablement, n'est pas de nature à donner suffisamment de lisibilité, de facilité aux investisseurs.
Restez avec nous, chers invités. On passe tout de suite à la chronique d'Hervé. on retrouve Hervé pour sa chronique. Salut Hervé. Salut. On vient de voir que pour la MedTech française, c'était long et compliqué d'obtenir les autorisations réglementaires et le remboursement. Et toi Hervé, tu te poses trois questions toutes simples. D'abord la première, à qui profite cette complexité
Alors c'est une aimable variante de à qui profite le crime, vous l'aurez remarqué. Je me suis demandé à qui profitait cette lourdeur administrative. C'est histoire d'être un peu taquin, mais vous savez qu'il y a quand même à la chaise 440 agents de l'État en charge de l'évaluation. qui font bosser 2700 experts qui sont rémunérés pour ça, pour constituer les dossiers. Et vous êtes bien placé pour le savoir, les startups, vu que c'est impossible de remplir tout seul ce dossier réglementaire, s'appuient sur des tas de sociétés privées qui vous aident à remplir les dossiers. Avec un tarif moyen de consulting de 1500 euros par jour, pendant quelques semaines, quelques mois, vous les banquiers, surtout vous, vous apprécierez que ça fait tout de suite une fortune et que les startups, ça les étrangle assez rapidement. Et je me suis dit, tiens, c'est rigolo, mais c'est quoi ces officines privées qui finalement montent les dossiers pour la Cnedims ? Hyper complexe, j'ai regardé. En fait, c'est rigolo, c'est ceux qui ont travaillé à la HHS qui sont les meilleurs. Il suffit d'aller dans LinkedIn et vous voyez des boîtes privées qui se sont montées d'évaluation avec des gens qui étaient évaluateurs à la HHS pendant des années. et qui sont devenus experts indépendants. Moi, j'adore, parce qu'en France, on n'arrête pas de nous casser les pieds avec les conflits d'intérêts, mais pas avec le pantouflage, donc c'est tout à fait admirable. On peut simplifier, mais ça ne va pas en profiter à tout le monde.
La deuxième question que tu te poses
? La deuxième, c'est où partent toutes ces innovations qu'on lance en France, qu'on finance, et qui finalement déménagent, font leur carton, et partent aux USA, beaucoup, on en reviendra, en Israël, aux Pays-Bas, vous connaissez l'histoire. Donc si j'étais de bonne humeur, je dirais, ben voilà, elle fait ses cartons, la Medtech cartonne. C'est une blague, mais bon. Mais n'empêche que c'est un peu ça quand même. Quand on regarde quelques boîtes, vous en connaissez ? Medi-Crea, une boîte lyonnaise qui faisait des implants rachidiens, rachetée par Medtronic, américain, 157 millions de dollars. Medtech, qui était née à Montpellier, rachetée par Zimmer, 132 millions de dollars. Et vous parliez de votre associé, Stila, qui était la cofondatrice de Stila, qui maintenant travaille avec vous, bien obligée de vendre sa technologie, j'imagine, pour des raisons financières, là aussi, à se rapprocher d'une boîte américaine, Biorad. Donc c'est bien dommage en fait, je vous le dis, c'est vraiment, on a une superbe doctrine, on finance l'innovation, mais surtout celle qui part ailleurs. C'est un petit peu dommage.
Donc toi qui es médecin, ça t'inspire quoi tout ceci ?
Ça m'inspire la réflexion du médecin et le patient dans tout ça. Réellement, vous êtes bien placé pour le diagnostic liquide des cancers. C'est quand même scandaleux qu'il y a 4 ans, l'IGR était encore obligé d'envoyer ses prélèvements en Allemagne pour faire ses biopsies en milieu liquide. C'est absolument aberrant, on parle de souveraineté, d'innovation, voilà, donc c'est un vrai sujet. Et aujourd'hui encore, on sait qu'il y a 20% des patients qui n'arrivent pas à bénéficier d'un diagnostic précis génétique pour le cancer, parce que ça n'avance pas, on n'a pas le remboursement.
Quelle est ta conclusion
Ma conclusion, elle est double, on va dire. La première, c'est qu'on a des hommes politiques qui nous font rêver, je dis ça parce qu'on est en pleine présidentielle, et donc rappelons-nous, 2013, François Hollande nous a promis... Un choc de simplification. Je pense qu'on a eu le choc de la paperasse. Après, on a eu Emmanuel Macron qui nous a dit en 2021 qu'il allait faire de la France la première nation européenne indépendante et souveraine. On peut en discuter. Manu, tu n'as pas oublié un truc. Et pour finir, on a des acteurs formidables. Il y a les gentils qui aident la recherche, les chercheurs de l'Inserm, du CNRS, les gens qui les aident, la BPI, France Biotech, tout ça est bien. N'oublions pas en face l'HAS, Bercy qui est derrière, le CPS, enfin bon, c'est peut-être pas leur objectif de tout rembourser. Et donc je me suis dit, nos pépites ont découvert un autre organisme qui les aide à décoller, CDG. CDG c'est quoi ? C'est Charles de Gaulle, l'aéroport direction de New York.
Merci Hervé, tu t'es donné pour celle-ci. Et tu as une petite question.
bah petite question, c'était un peu ça. Donc en fait, vous, vous êtes les gentils. Je dis ça, France Biotech, les pays France. Non mais vous aidez, vous aidez les... Valérie pourrait en témoigner. en face, il y a un mur, quoi. C'est le remboursement et ça patine. Et est-ce que vous ne seriez pas les meilleurs alibis de l'État
? C'est compliqué pour nos entreprises, pour leur technologie, d'accéder aux patients français. Alors il y a tout le processus en amont, je vous ai décrit, où globalement l'entreprise a... un ensemble de barrières à passer, et elles arrivent éventuellement aux négociations d'accès au marché français. Alors, même rappeler que ces institutions ont un rôle, en fait, qui est aussi de protéger les patients, et de s'assurer que les technologies ont bien d'abord un rapport bénéfice-risque favorable, et puis derrière qu'elles ont un intérêt économique évalué selon des règles qui sont définies par l'État. Nous, ce que l'on aimerait, si vous voulez, c'est la prévisibilité du dispositif. Parce qu'aujourd'hui, ce qui est très délétère pour nos entreprises, c'est qu'elles suivent un processus de développement qui est long. Et quand elles vont voir ces autorités, elles n'ont pas toujours eu la capacité à anticiper ce qu'elles attendent, en fait, en termes de preuves. Et donc, dans notre plan d'accélération, nous, on a demandé qu'à tout moment, un industriel puisse... obtenir une réunion avec l'autorité réglementaire, la NSM, l'autorité d'évaluation qui est la Haute Autorité de Santé, voire le Comité économique des produits de santé qui fixe le prix, pour que l'on puisse débattre en fait du niveau de preuve attendu, sans que ce soit nécessairement engageant, mais un minimum contradictoire comme ça se fait au Royaume-Uni et en Allemagne, c'est-à-dire que l'on sorte de cette réunion avec un compte rendu que l'industriel peut commenter. Et que les autorités puissent commenter. C'est important pour l'entreprise, pour aller voir derrière les investisseurs en disant, ça n'est pas une garantie de succès, mais j'ai une feuille de route qui est un minima clair. Après, il faut rappeler quand même que le marché français, c'est 4% du marché mondial en valeur, probablement 2% en marge. Il faut que les entreprises regardent au-delà du territoire national. Et trois quarts des entreprises aujourd'hui ont des plans de développement internationaux.
France 2030 que vous citiez, a été quand même une opportunité assez... Remarquable pour la filière et particulièrement l'innovation en santé. Quand on regarde le catalogue de tous les projets financés par France 2030 dans le champ de la santé, c'est quand même assez impressionnant. Et oui, évidemment, il nous faut plus de champions français qui puissent jouer ce rôle de locomotive pour entraîner tout l'écosystème français. C'est ce à quoi on s'emploie au quotidien au sein de BPI France.
Merci beaucoup. Merci à tous, chers invités. Valérie Talide, cofondatrice de Métis DX et directrice de recherche au CNRS. Frédéric Girard, président de France. Olivier Chabanon, directeur délégué au plan French Care chez BPI France. Merci Hervé, merci à Camille Rewal et à très bientôt sur Bismarck for Change.