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que l'institution soit au rendez-vous. C'est notamment l'ambition de l'article 3 qui prévoit la création d'unités de services spécialisés de police judiciaire destinées à mener les investigations en matière de violence sexuelle sexiste et intrafamiliale. L'article 4 détermine les actes obligatoires d'enquête à réaliser dans toute procédure portant sur des violences sexuelles sexistes et intrafamiliales. L'article 10 étant le pouvoir dont dispose Faros d'émettre une injonction de retrait et de blocage au contenu diffusé sans le consentement d'une victime. L'article 11 interdit les investigations sur les antécédents sexuels d'une victime de VSS et BFI. Ou encore l'article 12 qui consacre la possibilité pour une victime de violences sexuelles, sexistes ou intrafamilielles de déposer plainte contre un établissement de santé. Nous savons que certaines de ces dispositions soulèvent des questions importantes d'organisation, de formation, de moyens ou encore d'articulation avec les principes de notre procédure pénale. Notre commission doit pouvoir les regarder pleinement. Mais notre responsabilité est aussi de partir du constat qui a conduit à cette proposition de loi et que nos auditions viennent documenter. Des progrès ont été accomplis, mais notre réponse aux violences sexuelles et sexistes reste encore perfectible. L'enjeu de nos travaux est donc de parvenir à un texte à la fois ambitieux dans les garanties qu'il apporte aux victimes, solide juridiquement et applicable concrètement par celles et ceux qui devront le mettre en œuvre. C'est dans cet esprit que nous souhaitons vous entendre ce matin sur les objectifs que vous partagez, sur les difficultés que vous identifiez et sur les solutions qui permettraient, lorsqu'une disposition doit évoluer, d'en préserver pleinement l'ambition. Avant d'entendre les questions de nos rapporteurs, je donne la parole à notre rapporteur général, Madame Céline Thibault-Martinez.
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Merci Monsieur le Président. Monsieur le ministre, chers collègues, je voulais vous remercier déjà d'être à cette audition pour examiner, nous aider à travailler sur la proposition de loi intégrale pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, les violences intrafamiliales faites aux femmes et aux enfants. Dans le cadre de cette audition, nous allons vous interroger sur un certain nombre de sujets. Je pense que vous avez examiné le texte avec intérêt. Il y a un certain nombre de points que nous avons travaillés avec les associations de la coalition féministe et enfantine. puisque je pense que vous n'êtes pas sans savoir que les dispositions qui figurent dans ce texte sont pour une bonne partie d'entre elles issues des propositions des associations, des propositions que, bien entendu, nous avons retravaillées. Et il y a quelques chapitres qui vous concernent, qui concernent le ministère de l'Intérieur. des sujets qui, je pense, sont des sujets sensibles, mais qui portent l'idée fondamentale et nécessaire qui est dans ce texte, qui est celle de la protection des femmes victimes de violences, quel que soit le statut de ces femmes, quelle que soit leur situation sur notre territoire. Alors moi, j'aurais quelques questions précises, mais je serais aussi très attentive aux réponses que vous pourrez apporter sur le chapitre qui est consacré à... à l'accompagnement des femmes migrantes sur notre territoire lorsqu'elles sont victimes de violences sur la création d'un titre de séjour pour violences conjugales. Et les questions plus précises que j'aimerais vous poser sont les suivantes. Est-ce qu'au sein de votre ministère, vous disposez de chiffres ? qui nous permettent de connaître, en tout cas de bien cerner, les moyens que vous allouez à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes et intrafamiliales. Quels sont ces chiffres ? Et puis, concernant les articles 21 et 29, qui sont plus spécifiquement tournés sur les cyberviolences, J'aimerais que vous reveniez plus précisément, parce qu'on a déjà fait quelques auditions sur cette partie-là, c'est assez complexe. J'aimerais que vous reveniez sur comment les violences sexuelles et sexistes qui sont commises en ligne sont appréhendées par votre ministère, notamment dans le cadre des enquêtes. Et puis s'il existe des formations sur le sujet, sur la gravité de ces violences. y compris quand elles sont conduites dans un environnement numérique. Je vous remercie et je vais céder la place aux rapporteurs thématiques.
Normalement, on commence juste avec le propos du éliminaire du ministre, ensuite on demande aux rapporteurs thématiques.
Je ne voulais pas vous brider.
Merci Madame la rapporteure générale. Monsieur le ministre.
Merci beaucoup, merci beaucoup, monsieur le président, mesdames les rapporteurs, mesdames et messieurs les députés. Tout d'abord, je vous remercie vivement, je remercie vivement la commission pour l'organisation de cette audition dans le cadre des travaux sur la proposition de loi dite intégrale. En effet, elle est l'occasion pour moi de vous dire que, moi-même ou d'ailleurs comme tous les services placés sous mon autorité, sont à votre entière et totale disposition pour enrichir et affiner ce texte, en maximiser l'efficacité opérationnelle et la solidité juridique dans le prolongement de la saisine du Conseil d'État. De la même manière que cette proposition de loi transpartisane rassemble un grand nombre de députés, Derrière elle, soyez assurés que cette PPL rassemble unanimement les membres du gouvernement qui en partagent non seulement l'objectif, mais aussi la nécessité. Le Premier ministre, comme l'ensemble des ministres compétents, dans lequel je m'inclus évidemment, ont déjà eu l'occasion d'apporter leur soutien très clair à cette PPL, ce que manifeste le choix de l'examen prioritaire sur tout autre texte. En effet, la lutte contre les violences sexuelles et sexistes sur les publics vulnérables, singulièrement les mineurs, est une priorité absolue du ministère de l'Intérieur, que j'ai eu d'ailleurs depuis ma nomination l'occasion de rappeler par diverses circulaires, encore ce mois-ci, par un télégramme du 3 septembre 2026. Et puis précédemment par un télégramme du 8 juin 2026. Cette priorité d'ailleurs n'est pas nouvelle. Sur les dix dernières années, nous avons démultiplié nos dispositifs au sein des commissariats et des gendarmeries pour mieux accueillir ces victimes et traiter ces procédures avec un effort tout particulier réalisé dans le cadre de la LOPMI 2023-2027. Juste quelques exemples. Ah, pardon. Vous m'entendez mieux là ? Vous m'entendez mieux ? Bon, je vais essayer de... Alors je disais, cette priorité n'est pas nouvelle. Sur les dix dernières années, nous avons démultiplié nos dispositifs au sein des commissariats et des gendarmeries pour mieux accueillir les victimes et traiter ces procédures avec un effort tout particulier réalisé dans le cadre de la LOPMI. Quelques exemples parmi d'autres. Des efforts conséquents ont été faits pour la formation et l'accueil des victimes de violences intrafamiliales. de la lutte contre les violences conjugales ou encore l'audition des mineurs et notamment le protocole NICHT. Notamment, des dispositifs rénovés d'évaluation du danger, le recrutement d'intervenants sociaux. Nous avons 478 intervenants côté PN, 195 côté gendarmerie, dont 85 sont mixtes. Et puis des psychologues, 101 en commissariat. La création d'une plateforme nationale d'accompagnement des victimes. Le déploiement de la prise de plaintes en milieu hospitalier. Évidemment, tous les établissements ne sont pas encore dotés, mais les conventions sont signées. Ce nombre ne cesse de croître. Le déploiement de maisons de protection de la famille dans chaque département, pour chaque gendarmerie nationale. Et la création de 131 groupements de protection des familles en police nationale. multiplication des salles Mélanie. Nous sommes à 378 à ce jour, contre seulement 21 fin 2021. Et bien sûr, les unités d'accueil pédiatrique pour enfants sans danger, UAPED. La création de l'œuf mine en 2023. En un mot, nous avons réellement et concrètement priorisé ces affaires. Parallèlement, notre droit et notre procédure pénale ont évolué dans le sens d'une meilleure prise en compte de ces victimes de violences sexuelles et sexistes. La prescription a été portée à 30 ans en 2018, le point de départ du délai étant fixé à la majorité de la victime. Ce délai peut être prolongé depuis 2021 si les faits ont été réitérés à un autre mineur. Les peines ont été aggravées, notamment par la loi du 21 avril 2021 visant à protéger les mineurs des crimes et délits sexuels et de l'inceste adoptés à l'initiative de la saignatrice Annick Billon. Dans cette droite continuité, le ministère de l'Intérieur accueille donc avec grand intérêt les dispositions nouvelles introduites par la proposition de loi qui permettront de mobiliser l'ensemble de la société dans une chaîne de prévention et de détection rénovée. Nous le savons, les enquêtes des services de police judiciaire dépendent de la réactivité avec laquelle les alertes sont portées à leur connaissance pour leur permettre de réagir promptement, notamment pour préserver les preuves et indices. En ce sens, nous accueillons par exemple très favorablement les dispositions de cette proposition de loi permettant de créer de nouvelles exceptions aux secrets professionnels des professionnels de santé afin de faciliter la dénonciation de violences physiques ou sexuelles, en particulier au cas de vulnérabilité de la victime, de favoriser la détection de certaines formes de violences au sein des établissements scolaires. De même, mes services ne peuvent qu'adhérer pleinement aux nouvelles dispositions prévues pour faire adapter notre droit au développement de ce type d'atteinte dans la sphère numérique. C'est le cas des mesures permettant de mieux qualifier et donc mieux réprimer les atteintes qui ont recours aux nouvelles technologies, notamment la diffusion d'hypertrucages. utilisé à des fins sexuelles sans consentement de la personne concernée. L'incrimination par ailleurs de la diffusion de modèles de traitement algorithmique spécialement adaptés pour créer des contenus à caractère sexuel représentant un mineur. Et bien sûr le renforcement de la répression de l'infraction de sexe torsion. Il me semble essentiel de rappeler à votre commission que les forces de sécurité intérieure ont fait face ces dernières années également à une augmentation des infractions liées aux violences sexuelles et sexistes, en particulier celles concernant les mineurs. Leur volume a triplé entre 2016 et 2025. Depuis la révélation du drame de l'affaire Liana, ce contentieux a encore explosé entre les mois de mai et les mois de juin derniers. Face à cette très forte augmentation du nombre des affaires de violence sexuelle et sexiste enregistrée par les services de police et de gendarmerie, la question du nombre d'enquêteurs dédiés à ces affaires est évidemment centrale. Du reste, le ministère de l'Intérieur ne le découvre pas. Pour preuve, les moyens humains dédiés sont en constante augmentation depuis 2017 et évidemment que ces efforts se poursuivent. Le plan investigation judiciaire, lancé en février dernier, prévoyait déjà un renfort de 700 ETP pour cette année, dont 400 dédiés au traitement des violences intrafamiliales, des violences sexuelles et sexistes, qui viendront renforcer les brigades traitant de ces affaires et poursuivre le déploiement du réseau de l'off mine. Pour autant... Le gouvernement ne considère pas que tout est optimal, loin sans feu, loin sans faux. Pour preuve, là aussi, il entend poursuivre encore les efforts engagés, puisque dans le cadre des réflexions en cours sur la préparation du projet de loi de finances pour 2027, il est prévu la création à nouveau de 700 emplois pour la filière d'investigation judiciaire d'étier à ses missions à date. L'EPM, comme vous le savez, évidemment, le Premier ministre vient d'annoncer 1,5 milliard dans le budget de 2027 pour les violences sexuelles et sexistes et 2,6 milliards pour la protection de l'enfance. Néanmoins, j'insiste sur un point. Augmenter le nombre d'enquêteurs ne suffit pas. Il faut aussi renforcer la formation pour leur permettre de mieux évaluer le danger, maîtriser les différentes étapes de la procédure. identifier les diligences à accomplir et d'assurer une prise en charge adaptée des victimes. A cet égard, nous partageons totalement l'objectif poursuivi par l'article 3 de la PPL intégrale qui prévoit une formation obligatoire à la prise en charge des victimes de violences sexuelles et sexistes et de violences intrafamiliales. J'ai d'ailleurs, dès cet été, lancé un choc de formation avec des objectifs clairs parvenir à terme à ce que 100% des OPJ et des APJ, donc officiers et agents de police judiciaire, soient formés à la prise en charge des victimes de violences sexuelles et intrafamiliales. 100% des effectifs chargés de ces enquêtes doivent également recevoir une formation approfondie. Ce choc de formation viendra amplifier les efforts qui ont déjà été engagés ces dernières années. Je veux rappeler que 75 000 personnels de la gendarmerie sont formés depuis 2019 à l'accueil et à la prise en compte des violences intrafamiliales. 64 000 policiers ont été formés à la lutte contre la violence. Les violences conjugales en formation continuent. 22 000 policiers et gendarmes ont été formés spécifiquement sur les violences sexuelles aux mineurs et donc à l'audition des mineurs. parmi lesquels près de 3200 ont suivi un perfectionnement à l'utilisation du protocole NICHT. L'ambition de votre proposition de loi visant à mieux prendre en charge les victimes de violences sexuelles et sexistes pourrait être mise à mal par toute disposition, en revanche, et j'attire évidemment l'attention là-dessus, qui aurait pour effet collatéral de rigidifier une procédure pénale qui est déjà extrêmement complexe pour les enquêteurs. Pour cette raison en lien étroit avec le garde des Sceaux, je serai évidemment particulièrement attentif aux discussions sur l'article 4 qui prévoit une liste d'actes d'enquête obligatoire ou l'article 11 qui prévoit des actes d'enquête prohibés. Encore une fois, il ne s'agit pas de s'opposer par principe à ce qui est prévu, à ce qui est écrit dans ces textes, mais à bien veiller que ce ne soit pas un élément de rigidification et donc d'entrave aux capacités opérationnelles des services. qui, je crois, l'efficacité opérationnelle des services. Et je crois que c'est là le but que nous partageons toutes et tous. Je serai également attentif aux effets induits par certaines dispositions qui imposeraient, par exemple, la présence d'un avocat, d'un mineur victime à toutes les étapes de l'enquête. Je pense notamment à l'artiste le 31. y compris lors du recueil sensible de la parole de très jeunes mineurs. Donc évidemment, je suis prêt à en débattre, à en discuter avec vous là-dessus, mais sachez que cela peut être vu comme un élément qui peut perturber pour certains mineurs l'audition et le fait de pouvoir libérer la parole. Donc tout ça, ça mérite que nous échangeons, que nous discutions et je parle. comme ministre de l'Intérieur, mais aussi comme ancien patron de service de police. Ce sont des sujets que je crois connaître un peu aussi par le côté pratique des choses. J'invite ainsi la Commission à concilier au mieux l'indispensable souplesse que requièrent des enquêtes pénales complexes, parfois sur des faits anciens, les droits de la défense, la prise en charge de qualité des victimes et l'indispensable réactivité que requièrent la manifestation de la vérité. Il est nécessaire de ne pas remettre en cause la stratégie d'enquête et le pouvoir d'appréciation des enquêteurs, toujours sous la direction et le contrôle de l'autorité judiciaire. L'objectif du choc de formation dont je parlais il y a quelques instants est in fine de permettre aux victimes de pouvoir, dans n'importe quel commissariat ou brigade de gendarmerie, y trouver un policier ou un gendarme formé, capable de l'écouter, de recueillir sa parole et de déclencher immédiatement les mesures de protection nécessaires et d 'enclencher la réponse judiciaire adaptée. C'est la condition même d'un service public de qualité et de son égal excès par tous. La qualité de prise en charge de la victime ne doit jamais dépendre du lieu où elle a été agressée. C'est la logique du guichet universel que nous avons construite depuis près de 10 ans, pour ne pas ajouter de nouvelles épreuves au parcours déjà éprouvant des victimes. Or, en l'état de sa rédaction, l'article 3 de l'APPL s'inscrit dans une autre logique. Il prévoit une compétence exclusive sans possibilité d'y déroger. Les victimes ne pourront porter plainte qu'auprès de ces unités spécialisées et les procureurs et juges d'instruction ne pourront saisir que ces unités spécialisées pour conduire les investigations. A défaut de moyens massifs à mobiliser, un tel modèle conduirait à renoncer au principe essentiel de la proximité dans la mesure où il ne sera pas possible de disposer d'unités spécialisées dans chacun des commissariats et casernes. Il en résulterait également une dissociation entre le lieu de dépôt de plainte et les lieux de l'enquête et la nécessité pour les victimes de devoir expliquer plusieurs fois les mêmes faits. Encore une fois, je ne rejette pas en soi le principe des unités spécialisées, puisque ces unités existent déjà en police nationale et en gendarmerie nationale. Mais il est sans doute nécessaire de préserver la conciliation entre spécialisation et proximité. DGPN et DGGN disposent au niveau national et territorial de structures spécialisées dans la lutte contre les violences intrafamiliales, les violences sexuelles et sexistes, les violences faites aux mineurs et la sérialité. Dans la gendarmerie, le principe de subsidiarité permet en réalité à chacune des 3000 brigades réparties sur le territoire de bénéficier du concours d'unités ou de moyens spécialisés qui leur sont rattachés au gelesson hiérarchique supérieur. L'article 10 de la PPL prévoit de mettre en œuvre le dispositif de retrait, je voudrais en dire un mot de cet article également, de retrait des contenus portant une atteinte manifeste à la dignité, à la vie privée ou à l'intégrité d'une personne qui n'aurait pas consenti à leur diffusion en ligne. Il faut faire attention car cette formulation peut apparaître sans doute trop large et trop imprécise. Ce champ infractionnel ne peut pas relever de la police administrative, telle que cela est prévu dans le texte, car il ne relève pas de... Ces contenus nécessitent une analyse poussée dans laquelle l'identification et l'audition de la personne qui se déclare victime constitueraient des éléments indispensables à la qualification des faits. On aura l'occasion d'en discuter lors des questions, du débat, mais le dispositif Pharos est un dispositif qui permet de retirer des contenus dont l'analyse ne suppose pas des investigations poussées. Qu'il s'agisse de contenus terroristes, de contenus pétocriminels, très vite, la réalité de l'infraction se fait jour et le contenu peut être retiré. Au cas d'espèce, c'est plus subtil. Il y a une analyse à laquelle il faut se livrer, des investigations à laquelle il faut se livrer, qui peuvent laisser à penser que la mise en œuvre de cette police administrative serait compliquée. C'est pourquoi c'est une suggestion, c'est une observation. Il nous semble que le retrait pourrait plutôt relever de l'autorité judiciaire, comme le prévoient d'ailleurs les autres dispositions de l'article 10, en s'appuyant sur la compétence dont dispose déjà le président du tribunal judiciaire pour ordonner le retrait d'un contenu. Encore une fois, cette question est ouverte au débat, mais il me semblait de ma responsabilité, en tant que patron du dispositif Faros, qui relève de l'ADNPJ. sous le contrôle de l'office anticriminalité, mais qui était un prérogatif de police administrative, il me semblait indispensable d'évoquer cela et peut-être de réfléchir à une écriture, une réécriture qui permettrait de protéger les victimes sans remettre en cause la lutte que Pharos mène par ailleurs contre les contenus de haut de spectre. A l'inverse des autres dispositions du texte, je veux dire un mot, vous l'avez évoqué Madame la rapporteure, des articles 62 et 66, j'attirais l'attention sur le fait qu'il est absolument indispensable évidemment que ces dispositions visent à permettre de lutter contre les violences sexuelles et sexistes. Ces articles, je le rappelle, introduisent des dispositifs dérogatoires en matière de droit au séjour et de conditions d'accueil qui présentent aussi, il faut le dire, un risque fort d'instrumentalisation et de détournement des procédures qu'on ne peut pas ignorer. Les professionnels, notamment de la DGF, du ministère de l'Intérieur, n'ignorent pas. En plus, évidemment, des difficultés juridiques qui ont parfois été relevées par le Conseil d'État en termes d'inconventionnalité, voire d'inconstitutionnalité. Je tiens simplement à rappeler qu'il existe déjà des dispositifs de protection en droit positif. Un titre de séjour temporaire peut être délivré aux personnes qui ont été victimes de traites d'êtres humains ou de proxénétisme. En matière d'asile, les conditions matérielles d'accueil prennent en compte la vulnérabilité du demandeur. Et c'est d'ailleurs obligatoire dans le cadre du nouveau pacte. Des places spécialisées pour l'accueil des victimes de... de violences et ou de traite d'êtres humains existent dans le dispositif national d'accueil et dans le parc généraliste. Je veux juste un mot également pour signaler que le dépôt de plaintes pour violences sexuelles risque de devenir une voie de contournement facile pour éviter l'addiction d'une mesure d'éloignement ou pour accéder à un titre de séjour. L'avis du Conseil d'État est d'ailleurs formel, conseillant de ne pas retenir cette disposition. Je me devais de vous le préciser, mais nous aurons l'occasion évidemment d'en discuter. Un élément également que je voulais livrer, deux éléments pardon sur ce sujet que je voulais vous livrer sur le retrait des conditions matérielles d'accueil qui ne serait pas possible dès lors qu'une personne a déposé plainte. Je veux quand même rappeler qu'il faut être prudent car il ne faudrait pas que cela empêche le retrait alors même qu'il y ait pu avoir par ailleurs des comportements violents ou menaçants au sein d'un centre d'hébergement qui est aussi un des cas qui permet le retrait des conditions matérielles d'accueil. Concernant l'article 63 et la possibilité pour les demandeurs d'asile d'avoir une autorisation de travail immédiatement et non sans attendre l'expiration du délai de 6 mois, vous direz rappeler que cette disposition avait été évoquée en 2024 au moment de la discussion sur la loi. visant à contrôler l'immigration, à améliorer l'intégration. Il avait été question notamment de favoriser l'accès au marché du travail des demandeurs d'asile ressortissants de pays qui bénéficiaient d'un très haut niveau de protection. Et cette mesure n'avait pas fait consensus et avait dû être retirée. Voilà les quelques remarques que je voulais vous faire en vous disant plusieurs choses pour conclure. D'abord, évidemment, vous confirmez ma totale disponibilité pour contribuer à l'amélioration. de cette proposition en veillant à cet équilibre entre l'efficacité... qui est recherché. Et ça peut paraître paradoxal que cette efficacité, elle ne peut être garantie que si les services de police et de gendarmerie ne sont pas entravés par des procédures trop longues, trop alambiquées, où les actes d'enquête sont contraints, où ils perdent toute initiative et toute capacité d'appréciation d'une situation qui est absolument fondamentale. Mais donc, évidemment, je vous redis que le gouvernement partage pleinement l'ambition de ce texte, que je suis à votre disposition, évidemment, pour y travailler, que je serai personnellement... au banc du gouvernement pour les articles que vous avez cités, monsieur le président, madame la rapporteure, et qui concernent le champ de compétences de mon ministère. Et je ne peux conclure sans avoir un mot, évidemment, pour l'ensemble des victimes, évidemment, et puis pour l'ensemble des agents d'investigation des services de la police nationale, de la gendarmerie nationale, qui font un travail remarquable sur ces sujets depuis de nombreuses années, qui sont confrontés en permanence au... drame humain et qui le font avec beaucoup de tact, beaucoup d'engagement. Loin de ce qu'on a pu entendre, il y a encore quelques semaines, quant à ce qui est de leur engagement pour mener ces investigations, en lien très étroit avec les parquets, dans une très grande solidarité, avec un engagement total par ailleurs de la hiérarchie sur ces sujets qui sont, je le redis, pour nous, des sujets absolument prioritaires.
Merci monsieur le ministre pour ces propos liminaires. Maintenant c'est le passage des rapporteurs en commençant par Marie-Charlotte Garin.
Merci monsieur le président, monsieur le ministre, madame la rapporteure générale, chers collègues rapporteurs et chers collègues. Je suis ravie de voir qu'on tombe d'accord sur le fait qu'il y a une marge de progression certaine, qu'on a encore nous beaucoup de témoignages sur le territoire de procédures qui ne se passent pas. pas de manière idéale, surtout pour les victimes. Moi, je suis rapporteure pour le titre 2, donc il y a un certain nombre d'articles qui vous concernent, vous les avez déjà évoqués. Le premier, c'est évidemment l'article 3, avec la spécialisation des services d'enquête. La croyance de la coalition et des parlementaires qui travaillent sur cette loi, c'est que les violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales, ce sont des violences très spécifiques et donc elles impliquent une prise en charge adaptée des victimes. Avec cet article, peut-être pour préciser, pour nous, il ne s'agit pas de créer une filière judiciaire unifiée pour les violences sexistes et sexuelles et les violences intrafamiliales. Il y a beaucoup de services spécialisés qui existent déjà dans la police et la gendarmerie, au niveau central comme au niveau local. Nous, on veut les préserver. en particulier ceux qui sont dédiés aux mineurs. Et là, avec l'article 3, on veut plutôt étendre cette spécialisation aux violences sexuelles et intrafamiliales qui sont commises sur les majeurs. Donc, est-ce que vous pouvez peut-être nous préciser votre avis une fois qu'on pose cette précision sur l'article 3 ? Et on entend qu'il y a un équilibre à trouver entre les spécialisations des unités et la proximité des victimes, mais pour nous, la manière dont c'est rédigé à ce stade, ce n'est pas un obstacle pour pouvoir maintenir cela. L'article 3, il renvoie aussi à un décret sur... Les principes de formation obligatoires que devront recevoir les officiers et agents de police judiciaire avec les modalités de désignation d'un agent qui sera formé à l'accueil des victimes VSS et VIF dans chaque service et unité de police judiciaire. La question de la formation, vous en avez pas mal parlé. Nous, c'est des questions qu'on pose systématiquement dès lors qu'on auditionne les services du ministère de l'Intérieur et vos prédécesseurs. Vous parlez d'un choc de formation. J'ai envie de vous dire qu'il était temps. La question ensuite, ça va être la question du contenu. et du déploiement aussi pour l'ensemble des agents. Et avec cette disposition, on pense qu'on pourra vraiment transformer la manière dont les victimes sont accueillies. Et je le disais tout à l'heure en introduction, on a encore trop de témoignages d'accueils qui sont... La manière polie de le dire, c'est défaillant. Il y a plein d'agents qui font très bien leur travail, mais on a encore des témoignages d'accueil où ça ne se passe pas bien. Les enquêteurs spécialisés devront, avec l'article 4, mettre en œuvre un socle d'actes d'enquête obligatoire pour essayer d'éviter au maximum les classements sans suite des procédures faute de preuve. Pour nous, c'est un des piliers de ce texte face à la faiblesse de la réponse pénale aux violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales. Je veux bien que vous précisiez votre avis sur cette rédaction et sur comment est-ce qu'on pourrait peut-être bouger un petit peu pour avoir un dispositif qui soit pleinement opérationnel. Vous évoquez l'article 10 avec le nouveau dispositif qui peut garantir aux victimes le retrait de contenu diffusé en ligne sans leur consentement. Alors on l'a dit, ça permet de solliciter Pharos pour que Pharos puisse mettre en œuvre une injonction de retrait ou une demande de blocage des contenus. On sait que cette proposition suscite des réticences. On a auditionné Pharos. On travaille à faire évoluer l'écriture de ce dispositif, notamment pour pouvoir le baser sur une sollicitation de la personne non consentante à la diffusion de ce contenu. Donc c'est un fonctionnement qui serait différent de ce que fait Pharos aujourd'hui, mais qui permettrait de s'éloigner justement de cette obligation du caractère manifeste que doit justifier Pharos pour pouvoir demander un retrait. Et là, on se baserait sur le consentement qui n'a pas été respecté de la victime en articulation avec l'article 26 de la proposition de loi que suit la rapporteure Madame Bonivard. Mais pour nous, aujourd'hui, dans cette loi intégrale, on ne peut pas faire l'impasse sur cette réalité qui est la diffusion de contenus sans le consentement. personnes et aujourd'hui on sait qu'il ya un fort préjudice le plus longtemps ces contenus restent en ligne pour la victime et donc on a besoin d'avoir un mode de sollicitation efficace en passant par l'autorité administrative plutôt que par la voie judiciaire parce qu'en fait les victimes ne veulent pas toujours porter plainte quand elles ont un contenu qui est diffusé sans leur consentement donc là on permettrait de créer une nouvelle voie qui serait plus efficace et qui permettrait d'éviter une forme d'impunité aujourd'hui qu'il ya en ligne avec cette infraction donc Est-ce qu'avec cette modalité et cette proposition, vous seriez prêts à travailler aussi au renforcement des moyens de Pharos ? Parce qu'on sait très bien que ça va leur demander plus de travail de ce point de vue-là. Et dans la même logique, l'article 11, qui encadre fortement les investigations qui peuvent être menées sur les antécédents sexuels d'une victime, pour nous, il est essentiel parce qu'on voit trop de victimisation secondaire liée notamment à cet aspect-là dans les procédures. Là, il s'agit pour nous de nous mettre en conformité avec la Convention d'Istanbul et avec la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme. Cet article interdit aussi les confrontations entre un auteur présumé et une victime mineure. Il faut que vous sachiez qu'évidemment, pour nous, la question se pose pour les victimes majeures. Parce qu'on sait que la confrontation est un vecteur de victimisation secondaire extrêmement élevé. On a auditionné les experts en psychotrauma notamment. Et donc nous on réfléchit à ces dispositions-là. Donc on serait aussi preneuse de votre avis là-dessus. Modulo en forme de cadre derrière cette disposition. Et enfin on a l'article 12 qui impose l'enregistrement des auditions de victimes majeures. Pour nous, c'est aussi une mesure importante pour protéger les victimes. C'est déjà le cas avec les victimes mineures aujourd'hui. Et il nous semble que cette mesure, si elle devait être mise en place, va demander beaucoup de moyens de la part de votre ministère pour être mise en place de manière effective. Donc j'aimerais vous entendre sur la question des moyens pour pouvoir renforcer la manière dont se passent les procédures. Je vous remercie.
Madame la rapporteure. La parole est à Isabelle Roche.
Merci Monsieur le Président. Je me permettrai aussi de faire les demandes au nom de Madame Émilie Bonivard qui ne peut pas être là ce matin et on partage. le même article avec les mêmes préoccupations par rapport aux cyber-violences puisqu'effectivement on a un nouveau mode maintenant avec le numérique qui s'est invité dans tous les foyers et au-delà c'est-à-dire que les violences ne sont plus maintenant uniquement dans des lieux clos ou dans des lieux physiques mais elles ont largement envahi l'espace numérique et donc il faut qu'on puisse s'y adapter et trouver les outils qui permettent de réprimer cela. Donc moi, je suis en charge des articles 22 à 25. 26, c'est Émilie qui les reprend. Et donc moi, j'aurais quelques questions à vous poser, notamment sur l'article 22, qui crée un délit réprimant l'envoi non consenti par un moyen électronique d'un contenu visuel à caractère sexuel, qu'on peut appeler régulièrement sous le terme de cyber-flashing. Et ces faits échappent aujourd'hui, en termes de qualification, à la fois à l'exhibition sexuelle, puisque ça suppose un lieu public, ou au harcèlement qui suppose une répétition. Donc moi, je voulais savoir, monsieur le ministre, si ce nouveau délit, comment s'accompagnera-t-il dans vos services ? Est-ce qu'il s'accompagnera d'une doctrine de traitement dédiée au sein de Pharos ? Ou ces signalements seront-ils traités dans le plus général avec le risque de dilution que cela implique ? Pour l'article 23, qui crée une circonstance aggravante à l'outrage sexiste et sexuel commis en ligne et donc modifie la définition de harcèlement moral, il ne sera plus nécessaire d'attendre que la santé de la victime soit effectivement altérée. Il suffira que la dégradation de ces conditions de vie soit susceptible d'y conduire. Je voulais savoir si les services de police disposent-ils aujourd'hui des moyens nécessaires pour identifier et poursuivre efficacement les auteurs d'outrages et de harcèlement commis en ligne ? Et est-ce que cette nouvelle circonstance aggravante appelle-t-elle, selon vous, des outils de verbalisation numérique spécifiques ? Et je ferai la comparaison avec les unités déjà déployées dans les transports de l'espace public. L'article 24, qui crée le délit de traque furtive en ligne... Donc, ça permet de transposer par anticipation la directive européenne du 14 mai 2024 sur la lutte contre les violences à l'égard des femmes. Je rappelle que nous devons la transposer avant le 14 juin 2027. Donc là, il s'agit de viser des comportements de surveillance ou de géolocalisation répétés qui, sans relever du harcèlement, placent la victime dans une situation d'angoisse durable. Je voulais savoir si vos services disposent de la capacité technique et de la formation nécessaire pour caractériser l'usage des tournées d'outils de géolocalisation tels que des traceurs ou des logiciels dits « stalkerware ». Et enfin, pensez-vous que la rédaction de l'infraction de tracts furtifs permet de protéger les activités légitimes des forces de sécurité ? Pour l'article 25, qui suscite quand même un certain nombre de débats, puisqu'il étend notre droit du proxénétisme aux actes de prostitution réalisés à distance et pénalise le client qui obtient contre rémunération un acte sexuel en ligne. Que pensez-vous de l'extension de la pénalisation du proxénétisme à la prostitution en ligne et à la pénalisation de l'achat d'actes sexuels en ligne ? Anticipez-vous, M. le ministre, un report de l'activité vers des plateformes moins coopératives ? ou davantage situé hors du champ d'action des autorités françaises à la suite de l'entrée en vigueur de cet article. Et maintenant, je passerai aux demandes de la rapporteure Émilie Bonivard, notamment sur l'article 26. Vous y avez en partie répondu, mais pour bien répondre à cette question précisément sur cet article. En pratique, à quelle difficulté les enquêteurs rencontrent-ils pour établir l'absence ou le retrait du consentement à la diffusion du contenu sexuel ? Et la... Deuxième question qu'elle pose, et c'est en lien avec la question de Marie-Charlotte Garin, sur la création d'un nouvel article qui pourrait permettre à Faros de retirer des contenus diffusés de manière non consentie dès lors que la victime leur a signalé ou le signale à un signaleur de confiance. Ce qui existe déjà pour point de contact, par exemple. Cela serait en prenant appui sur l'article 26. et la caractérisation du consentement spécifique à la diffusion est sur son caractère révocable. Bien évidemment, si cette mission est attribuée à Pharos sur la base de la déclaration de la victime, ce qui est un nouvel axe de travail, cela implique de renforcer largement les moyens de Pharos, voire de créer une section spécifique sur le retrait de contenu sexuel dont la diffusion est non consentie. Qu'en pensez-vous ? Mais ça rejoint la question de ma collègue. Et les dernières questions, c'est sur les articles 27 à 29. Ces articles visent à renforcer la lutte contre la création et la diffusion de contenus sexuels réalisés sans le consentement de la personne concernée. Lorsque le mal est fait, lorsque ces contenus sont diffusés sur Internet à la vue de tous, il faut que nous agissions vite et que nous garantissions aux victimes le retrait rapide de ces contenus. Idem, dans cette perspective, il me semble nécessaire que soient renforcés les moyens humains de Pharos. Quelles sont vos intentions en la matière ? Je vous remercie.
Madame la rapporteure et merci d'avoir pris les questions de Madame Bonivard. La parole est donc à Monsieur Balanant.
Merci Monsieur le Président. J'ai plusieurs remarques et questions d'ordre général sur l'ensemble du texte avant d'aller sur les questions du titre 4, donc en lien avec l'enfance. Premier point déjà, et c'est un témoignage par rapport à l'avis des forces de l'ordre sur ma circonscription, je crois qu'il reste beaucoup de choses à faire. Mais je crois qu'il faut aussi dire que beaucoup de progrès ont été faits sur la prise en compte des victimes et sur l'accueil. Moi, j'ai des associations qui... comme dans tous les territoires, des associations qui viennent en aide aux personnes victimes, qui accompagnent les femmes victimes de violences. Et on sent et on nous le dit qu'il y a des progrès qui ont été faits. Et je crois qu'il faut le dire parce que quand il y a des progrès de fait, c'est bien de le reconnaître parce que ça permet souvent de continuer à avancer. Mais il reste encore énormément de choses à faire et je crois que ça a été dit. Et c'est aussi pour ça qu'on est là et il y a tout un tas de... de procédures à améliorer. Et la question de la formation de l'ensemble des officiers de police judiciaire, des agents du ministère de l'Intérieur est évidemment un enjeu primordial. Un deuxième point d'ordre général, c'est sur la question du numérique. On le voit, le numérique transforme particulièrement nos vies et transforme aussi pour beaucoup de femmes, d'enfants et parfois d'hommes, créer des situations extrêmement compliquées, extrêmement malaisantes. Et on voit bien qu'il y a quelque chose qui est différent entre le numérique et la vie réelle. la vie de l'espace public réel. On voit que ça ne fonctionne pas de la même façon. Et il faut tendre à ce que tout soit identique, c'est-à-dire que nos règles de la vie de l'espace public soient exactement les mêmes que dans la vie numérique. Et il y a un sujet qui me semble être un point qui n'est pas suffisamment abordé. Vous le savez, aujourd'hui, les réseaux sociaux ne sont pas considérés comme des éditeurs de contenu. Et donc, ils n'ont aucune responsabilité. Et tout notre système médiatique, tout notre système même culturel repose sur un système, sur un principe. La liberté d'expression est complète, mais elle impose la responsabilité des propos que l'on tient. Je crois qu'il est temps de se poser la question de la responsabilité éditoriale des plateformes et des outils numériques. D'autant plus qu'à l'ère de l'IA, ils génèrent du contenu. Donc ils ne peuvent pas nous dire qu'ils ne sont pas éditeurs de contenu. C'était un point, je voulais le dire, parce que je crois que ça devra guider... Sur le titre 4, vous savez, on est nombreux ici à être extrêmement attachés à la mise en place d'un dispositif de contrôle d'honorabilité. Nous avons décidé de ne pas l'étudier dans ce texte parce qu'il est déjà dans différents textes en avette et ça va nous faire perdre beaucoup de temps parce que les débats sont riches autour de ce sujet. Mais j'aimerais bien quand même avoir votre avis sur... sur la question du contrôle d'honorabilité. Aujourd'hui, tous les dispositifs qu'on est en train d'essayer de mettre en place sont des dispositifs qui fonctionnent dans le cadre, évidemment, de notre état de droit, sur un contrôle d'honorabilité de gens qui ont été condamnés, qui sont sur différents fichiers. Et la plupart du temps, on le sait. Les prédateurs sexuels ont une habileté énorme pour ne pas être condamnés et pour être non pas des multirécidivistes, mais des... Alors, ce n'est pas les prédateurs. Parfois, je n'ai pas tout à fait le vocabulaire des féministes. J'essaye. Elle m'indique souvent de... Voilà. Bon, je vais continuer à essayer de progresser et à me déconstruire. La question est donc comment on fait quand des personnes n'ont pas été condamnées. Il y a deux solutions. Il y a des solutions qui sont des solutions d'enquête à chaque fois que quelqu'un postule à un poste. Et les services de la préfecture le font, par exemple, je le sais, puisque moi, mes services de préfecture m'ont dit, pour les moniteurs de colonies qui dépendent du ministère de l'Intérieur, il y a une étude de fait, une sorte de criblage. Voilà, c'est la première solution. Mais qui pourrait faire ce contrôle d'honorabilité en regardant, par exemple, les profils Facebook, en essayant de faire une mini-enquête, tout en restant évidemment dans le cadre de notre État de droit ? La deuxième solution, ce serait d'avoir... Je ne suis pas sûr de le souhaiter vraiment, mais je crois que ça serait pourtant extrêmement efficace. C'est d'avoir, comme le garde des Sceaux l'a évoqué hier, un fichier. Un fichier des gens qui sont en cours de procédure, un fichier des gens qui ont été signalés. Que pensez-vous de la faisabilité d'un tel fichier tout en gardant évidemment tous les garanties autour de notre état de droit et du contradictoire évidemment.
monsieur le député. La parole est maintenant à Soumya Bouroua.
Merci Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Madame la rapporteure, chers collègues, Mesdames et Messieurs les rapporteurs, chers collègues, je vais commencer mon intervention pour peut-être vous préciser que je suis rapporteure sur le titre 8 qui concerne les mariages forcés. et les personnes vulnérables. J'ai fait pas mal d'auditions, un certain nombre d'auditions, et il en ressort que dans cette proposition de loi, toutes les femmes ne sont pas suffisamment protégées. Il y a des angles morts, et je vais vous faire part de quelques remarques. Lors des auditions que j'ai conduites, L'association du réseau de femmes des quartiers populaires a attiré mon attention sur des situations qui sont particulièrement préoccupantes. Certaines femmes de nationalités étrangères qui sont installées en France rencontrent des difficultés pour faire venir leurs filles en France dans le cadre d'une procédure de regroupement familial alors même que ces filles... peuvent être exposées. On a un certain nombre de cas qu'on connaît en France et elles sont exposées, mais dans leur pays d'origine, avec des risques de mutilation sexuelle ou de mariage forcé. Or, à ce jour, le droit ne prévoit pas que ce risque puisse constituer un motif permettant de faciliter ou d'accélérer une procédure. de regroupement familial. Ma question est, est-ce que vous pouvez répondre à cette question et est-ce que vous êtes prêts à ouvrir, à en discuter, la possibilité à ces femmes qui souhaitent faire venir leur enfant en France pour les protéger de ces violences ? Sur l'article 61 qui concerne le mariage forcé, je souhaiterais savoir si la rédaction... telle qu'elle est dans cette proposition de loi, permet également de pénaliser les auteurs qui contraignent une victime à se marier dans le cadre d'une union qui n'est pas légalement reconnue, mais qui relève du mariage religieux, mais ça peut être aussi du mariage coutumier ou traditionnel, parce que c'est souvent plutôt le cas. En tout cas, c'est ce qui ressort des auditions que... que j'ai faites depuis un certain temps. Et j'en viens à un dernier sujet qui concerne cette foi. la protection qui est accordée aux femmes victimes de violences qui sont fondées sur le genre. De nombreuses voix, parmi lesquelles celles des associations et du Conseil économique, social et environnemental, qui demandent à la France de mettre pleinement en œuvre l'article 60 de la Convention d'Istanbul. Cet article prévoit notamment que les violences faites aux femmes qui sont fondées sur le genre puissent... être reconnue comme une forme de persécution au sens de la Convention de Genève de 1951 et comme un préjudice grave qui pouvant justifier l'octroi d'une protection subsidiaire. Et dans ce contexte, pouvons-nous compter sur votre soutien pour intégrer dans ce texte que les femmes qui subissent des persécutions en raison de leur genre, et je pense notamment aux femmes afghanes ? et qui souhaitent demander l'asile en France, puissent voir cette dimension qui soit pleinement prise en compte dans l'examen de leurs demandes. Et plus généralement, j'aimerais vous entendre sur tous les sujets qui concernent l'article 61 à 67, qui ont un certain ongle d'angle mort, comme je viens de le dire, et qui ne protègent pas toutes les femmes. Je vous remercie.
Merci Madame la rapporteure. Avant d'avoir vos réponses, je vais redonner la parole à Madame la rapporteure générale.
vous permettre de répondre à l'ensemble des questions, je me permets de rajouter quelque chose à la suite de votre propos liminaire. Quand vous avez évoqué l'article 31 sur votre inquiétude, sur les conséquences que pourrait avoir le fait d'imposer un avocat aux côtés de la victime lorsqu'elle dépose plainte, Quand une personne est convoquée au commissariat, elle a la possibilité de se faire assister par un avocat. Quand une personne est mise en examen, elle a la possibilité de se faire assister par un avocat. Donc on peut considérer, et c'est aussi le sens de cet article, que... On rétablit un déséquilibre qui existe aujourd'hui, c'est-à-dire qu'on prévoit systématiquement une défense pour ceux qui sont mis en cause. Par contre, je comprends dans votre propos qu'on ne pourrait pas prévoir systématiquement une défense ou un accompagnement pour une personne qui est victime. J'aimerais vraiment comprendre comment vous justifiez cette différence de traitement entre les victimes et les auteurs présumés.
monsieur le ministre.
Merci, merci beaucoup. Juste, si j'oublie des questions, rappelez-les-moi parce qu'elles étaient nombreuses et donc j'ai pris un certain nombre de notes, mais j'ai pu oublier certaines choses. Je vais peut-être répondre par la dernière question qui m'a été posée. Je vais le rapprocher, ce sera beaucoup plus simple. Voilà, vous m'entendez mieux là ? Je vais commencer par la dernière question qui n'est pas de méprise. L'avocat, tout le temps, c'est une crainte notamment pour le recueil de la parole des enfants. C'est une alerte que je fais. Je dis attention. Par exemple, quand vous avez des auditions... Je ne sais pas si la commission a pu visiter un certain nombre de services, mais si vous visitez la brigade de protection des mineurs, par exemple, qui se situe notamment à la préfecture de police, qui est une des unités spécialisées, les enquêteurs vous diront tous qu'au moment où ils sont dans une audition d'un mineur pour libérer la parole d'un tout jeune, ils pensent que la présence d'un avocat dès cet instant peut être un frein à la libération. de la parole de l'enfant et notamment dans le cadre du protocole où il y a toute une montée en puissance pour parvenir à cette libération, pour parvenir à ce que l'enfant s'exprime et relate ce qu'il a vécu. Ma remarque, ce n'est pas une critique générale contre le principe, vous l'avez bien compris, c'est le risque qu'il peut y avoir et que ça vienne perturber finalement, compromettre même le fait qu'on puisse aboutir à la... la vérité. Si je reprends les questions, tout ça pour dire que je rebondis, c'est Mme la rapporteure générale. En fait, le but, c'est qu'on trouve une écriture qui soit la plus efficace possible et la moins contraignante possible pour les forces de l'ordre. C'est vraiment ça. Concernant... Je vais répondre à Mme la rapporteure générale Garin sur le... Sur les conséquences, alors j'ai bien compris, merci, le fait que vous ne remettez pas en cause le... le principe de l'existence des unités spécialisées et que le but, c'est donc de les étendre, parce qu'on en est partout. Évidemment, on a regardé cette hypothèse au ministère de l'Intérieur, on a regardé cette hypothèse et en gendarmerie et en police nationale. Actuellement, je le redis, on a des maisons de protection des familles dans tous les départements pour la gendarmerie, on a des groupes de protection de la famille. En police, on a l'off mine, on a pour le périmètre de la préfecture de police, je la cite à l'instant, la brigade de protection des mineurs. Donc créer ce type d'unité spécialisée partout sur le territoire national, on a nous évalué les conséquences que cela aurait en termes de... d'emplois, d'effectifs qu'il faudrait mettre en place. Et ça représenterait de l'ordre de 12 500 enquêteurs supplémentaires pour armer l'ensemble de ces unités, ce qui évidemment nous poserait des problèmes organisationnels, structurels majeurs, mais qui ne seraient surmontables que dans la durée, que dans le temps, pour pouvoir généraliser ces unités. Évidemment, je tiens à la disposition de la Commission l'ensemble des chiffrages auxquels nous avons procédé pour parvenir à ces 12 500 enquêteurs supplémentaires, avec un coût évidemment qui est assez élevé. Il faudrait également intégrer le volet immobilier. Pour vous donner un exemple, pour ce qui concerne la gendarmerie nationale, il pourrait être créé une de ces unités par département, qui devrait être à ce moment-là renforcée, dont moins 20 effectifs systématiquement. Et il faudrait évidemment les loger. Voilà, donc je comprends la rédaction du texte, l'extension de l'ensemble des services spécialisés, mais bien avoir à l'esprit que cela mettra forcément du temps, ça ne peut s'inscrire que dans une dimension pluriannuelle et avec une programmation budgétaire en termes de moyens mobiliers, immobiliers et humains qui serait absolument... Une remarque sur le décret. Vous m'avez demandé un avis sur le décret qui prévoit de renforcer les formations. Bon, évidemment, nous y sommes favorables. Moi, c'est ce que j'ai lancé cet été, c'est-à-dire qu'on aille encore plus vite dans les formations, même si, vous l'avez dit et je le redis, beaucoup a été fait. Mais l'idée de... de renforcer ces formations, on y souscrit tout à fait. Même si nous, dans notre logique, par rapport à ce qu'on vient de dire au point précédent, notre logique, c'est d'être en capacité d'avoir, c'est un peu ce guichet universel partout, d'avoir des policiers et des gendarmes qui soient capables de traiter ces violences. Actuellement, en gendarmerie nationale, ce type d'affaires... et gérée dans plus de deux tiers des cas par des brigades territoriales dites généralistes. Pour autant, ce sont bien des militaires formés qui les traitent. Et donc ces contentieux sont traités. Voilà ce que je voulais vous dire là-dessus. Sur le socle d'enquête... là-dessus, plusieurs choses, c'est-à-dire sur le fait d'avoir des actes d'enquête obligatoires. Là-dessus, il y a... Il faut veiller à ne pas donner l'impression qu'on est en défiance avec les services de police et de gendarmerie, voire avec les parquets, sur les actes à mener pour parvenir à la réalité. Là, on a tout un tas d'investigations qui sont demandées, dont certaines d'ailleurs impliquent une autorisation d'un magistrat. Je pense à tout ce qui touche aux techniques d'investigation, aux perquisitions et autres qui vont demander de toute façon qu'on sollicite l'autorisation d'un magistrat. Je crois que... les services, les forces de sécurité intérieure sont plus tourner vers la souplesse et qu'on leur laisse les possibilités de mener les investigations comme ils l'entendent. Pardon, mais je me dois de vous faire cette remarque parce que je l'ai vécue, je la vis, je comprends l'objectif qu'il y a recherché, mais lister tout un tas d'investigations à mener, je pense par exemple aux réquisitions téléphoniques, à la réalisation de perquisitions. Les réquisitions téléphoniques, par exemple, c'est fait quasiment systématiquement. C'est le premier élément qu'on fait. Est-ce que dans le téléphone, il y a des éléments qui laissent à penser que l'individu a une tendance, une attirance particulière pour les enfants ? Pardon de se dire aussi crûment, mais c'est un peu ça. En tout cas, nous pensons qu'il est quand même important de laisser un peu de souplesse dans les investigations. Là-dessus, je pense que... Dans le cadre de la discussion, on proposera sans doute une rédaction qui viendra préciser la rédaction de l'article tel qu'elle nous est proposée actuellement. Donc on n'est pas sur une opposition de principe, j'insiste là-dessus. Mais cette idée de pouvoir conserver, de garder un peu de souplesse. Il y a un certain nombre d'enquêtes, d'actes d'enquête qui sont prohibées. Vous avez aussi interrogé là-dessus. Je pense notamment à l'interdiction de recueillir des preuves sur les antécédents sexuels de la victime, sa crédibilité, sa moralité, l'interdiction de la confrontation également entre le mineur et la victime de violences sexuelles ou intrafamiliales avec la personne mise en cause, sauf bien sûr si la victime le demande. Là-dessus, même chose, attention, c'est plus une... une mise en garde, il ne faut pas que cette contrainte vienne affaiblir la capacité probatoire. C'est vraiment ça le sujet. Attention également à cela. En tout cas, c'est une remarque que j'ai recueillie auprès d'enquêteurs. Et ça me paraît extrêmement important de vous le signaler à ce sujet. Voilà. Donc je pense que dans le cadre de la discussion, nous ferons un certain nombre de propositions. rédactionnelle sur ces sujets qui, j'insiste, ne remettent pas en cause le principe énoncé par chacun de ces articles concernant la demande de retrait et notamment pour ce qui est de Faros. Juste un élément là-dessus, bien comprendre que Faros, on est sur de la police administrative. C'est un service qui est placé auprès de l'OFAC et qui a pour mission, pour un certain nombre de contenus. C'est vrai que les contenus n'ont cessé de s'élargir. On est passé des contenus terroristes au contenu pédocriminel. La loi narcotrafic a prévu également de retirer un certain nombre de contenus. Dans le texte que je vous ai présenté, qui a été adopté, la loi Riposte, on a... l'énergie au protoxyde d'azote. C'est vrai qu'on avait aussi, pardon, j'oublie, c'est extrêmement important, tout ce qui touche les images de torture, les actes de barbarie et autres. On avait un certain nombre d'actes qui sont prévus comme pouvant être traités par Pharos. A droit constant, le fait de retirer un contenu repose sur une qualification qui peut s'effectuer, j'ouvre des guillemets, assez facilement. Il n'y a pas d'interprétation à avoir, c'est assez basique. On a un contenu qui est publié, qui manifestement rentre dans le champ du texte. Donc on peut demander le retrait, on peut demander le blocage du site s'il n'y a pas retrait, il peut y avoir des sanctions pénales, il y a tout le dispositif qui se met en place. Ici, au cas d'espèce, on a une... On a une rédaction qui prévoit le retrait des contenus, qui porte une atteinte manifeste à la dignité, à la vie privée ou à l'intégrité d'une personne qui n'aurait pas consenti à leur diffusion en ligne. Donc ce qui ne se voit pas en l'état, ce n'est pas quelque chose qu'on constate immédiatement. Et pour les opérateurs de Pharos, ça suppose évidemment des actes d'investigation. Par ailleurs, le retrait d'un contenu, il y a toujours un équilibre entre la liberté d'expression, la liberté de publication, la liberté et la protection des personnes. Donc il faut vraiment que ce soit un acte grave. cas qui sont actuellement possibles à droit constant rentrent dans ces catégories d'actes graves, de troubles à leur public manifeste. plus délicat à établir. L'inquiétude pour Pharos repose là-dessus. Encore une fois, ça supposerait une analyse poussée, une identification de la personne, voire son audition. C'est pour cela que nous nous préconisions plutôt le fait de renvoyer sur le juge judiciaire qui demande à ce moment-là le retrait du contenu. Je note la nuance que vous introduisez qui est de prévoir le cas échéant que ce soit à la demande de la personne qui pourrait s'adresser à Pharos pour demander le retrait du contenu. Il n'en demeure pas moins qu'il y aurait quand même un certain nombre d'actes d'investigation me semble-t-il à meuler. Il ne faut pas que Pharos... explose sous les demandes. Actuellement, les demandes sont déjà extrêmement importantes. Voilà. Là-dessus, voilà ce que je peux vous dire. Mais je voulais dérouler un peu la logique de la position qui est la nôtre sur ce sujet. Et l'idée de passer par le juge judiciaire, c'est le juge garant des libertés. C'est lui qui peut décider finalement qu'un contenu pose problème ou pas. Encore une fois, je crois qu'on s'est engagé dans le cadre des séances de travail à réfléchir avec vous. Et on va le faire bien évidemment à une écriture qui puisse... qui puisse recentrer le dispositif. Voilà, moi, je reste ouvert sur cette question. Il me paraissait important quand même de vous dire pourquoi, en l'état de la rédaction, il semble qu'il y ait un certain nombre de difficultés. Sur les autres sujets, sur l'encadrement des procédures, pardon, oui, j'en ai parlé, sur la confrontation. Donc le risque, à cet égard, c'est surtout... Ne pas se priver d'une possibilité qui permette d'atteindre la vérité, d'aller vers la vérité. C'est vraiment ça le sujet. Et dans certaines situations, ça peut être extrêmement utile. Voilà, ça peut être extrêmement utile. Sur l'enregistrement des victimes majeures, là-dessus, c'est le 12 de l'enregistrement. Moi, je n'ai pas de remarques particulières là-dessus. Voilà pour ces premières questions, qui concernaient beaucoup plus les textes qui concernent le ministère de l'Intérieur. Sur les articles 22 à 25. Donc la création de nouveaux délits, une pénalisation renforcée. Moi, je n'ai pas de... Là-dessus, on n'a pas d'opposition majeure sur ces sujets qui ne concernent pas forcément le ministère de l'Intérieur. Mais tout ce qui va dans le sens d'un aggravation des sanctions ne me pose pas de difficultés. Voilà, que les choses soient claires. Je pense que c'est le garde des Sceaux ou Mme Berger qui seront au banc sur ces textes. Mais sur tout ce que vous avez cité, à la fois la circonstance aggravante, la traque furtive en ligne, la pénalisation de la prostitution à chalec sexuel en ligne, etc. Voilà, j'ai pas de difficultés. Après, le risque que vous pointez que tout ceci se déplace vers des plateformes moins coopératives, oui, il existe. Oui, il existe. Mais bon, là-dessus, je me tourne vers... On n'a pas de difficultés particulières sur ces sujets. Sur les questions que posait Mme Émilie Bonivard, que vous avez reliées, Mme Roche, sur les pharos, j'ai répondu. On va regarder sur le volet à la demande de la victime. J'ai bien compris que c'était la proposition qui était la vôtre. Sur la section à créer à Pharos, oui, évidemment. Actuellement, Pharos, on est sur un service dont les effectifs ont augmenté significativement ces dernières années. Mais évidemment, il faudra de nouveau recruter, sans doute créer une section dédiée, car on peut penser que ce type... Ce type de signalement sera extrêmement important. Donc oui, évidemment, il faudra augmenter les moyens de Pharos et c'est ce que nous ferons quand le texte sera adopté. Alors concernant les questions posées par M. Balanant, que je remercie d'ailleurs d'avoir rappelé que les effectifs, les forces de sécurité intérieure faisaient un travail formidable sur ces sujets et qu'il fallait s'améliorer. Vous m'enlevez les mots de la gauche, M. le député. Je suis bien d'accord sur la responsabilité éditoriale des plateformes, bien évidemment, sur tout ce qui touche autour des fichiers et du contrôle d'honorabilité. Donc oui, évidemment, nous y sommes favorables. Il y a un dispositif qui est en cours de travail, notamment par l'éducation nationale, le ministère de la Santé, le ministère de l'Intérieur. Il est très favorable et accompagne fortement tout ceci, tout en ayant à l'esprit, évidemment, qu'en revanche, la création, le contrôle d'honorabilité, oui, la création d'un fichier, ce serait vraiment un nombre de cas extrêmement important. Je pense qu'il faut mesurer tout ça avec beaucoup de précautions sur la création de ce fichier. Sur la question des mariages, c'est Mme Bouroua qui m'a interrogé sur des articles qui ne relèvent pas du champ de compétences du ministère de l'Intérieur. Il y avait plusieurs questions. Le fait de faire venir en France des enfants qui sont victimes de violences. dans le pays d'origine, donc la possibilité de les faire venir pour éviter un certain nombre de violences sexuelles. Nous, on reste dans le cadre du droit commun, du droit au séjour, où ce cas spécifique n'est pas prévu. Concernant le fait de pénaliser les mariages, l'union forcée, il y aurait... C'est l'article 21, je crois. Non, vous m'avez interrogé sur le fait de savoir ce que je pensais, sur le fait qu'on puisse pénaliser les personnes qui imposaient des mariages forcés.
61.
61, pardon. Avec une pénalisation. Non, non, attention.
C'est une extension de la pénalisation du mariage forcé.
oui, d'accord.
61, d'accord, d'accord. Voilà, donc, depuis l'étranger. Oui. D'accord.
Excusez-moi, comme on doit avancer, s'il y a des sujets sur lesquels vous devez vous voir en... Oui, bon, OK. N'hésitez pas, mais essayons d'avancer, parce qu'il y a quand même pas mal de questions après.
Ok, je comprends que le temps passe. On aura l'occasion d'y revenir. Ensuite, sur les persécutions... Sur la Convention de Genève et le fait qu'on considère que les persécutions de genre peuvent être prises en compte pour la protection subsidiaire, ça existe déjà. C'est quelque chose qui existe déjà. Et c'est ensuite à l'OFPRA, dans le cadre des demandeurs de la demande d'asile, d'apprécier ou pas, si ça ouvre droit à la protection subsidiaire, à la protection internationale. Tout ça existe déjà. Donc là-dessus, pour répondre à votre question. Voilà, j'ai peut-être oublié des questions, mais on aura l'occasion dans l'échange d'y revenir. Voilà, donc vous avez bien compris l'état d'esprit qui est le mien, c'est vraiment, les remarques que je fais ne remettent pas en cause les principes qui sont énoncés dans la proposition, mais il s'agit surtout de faire en sorte que tout ceci reste un dispositif opérationnel.
Merci Monsieur le Ministre, et maintenant c'est le temps des orateurs de groupe, on va commencer avec Marie-France Leroux.
merci, monsieur le président, monsieur le ministre, mesdames et que mesdames, les rapporteurs, chers collègues. Plusieurs articles de la proposition de loi que nous examinons comportent des difficultés pour les personnels de la police judiciaire. Il existe en premier lieu une difficulté matérielle à la bonne application de l'article 3, qui dispose en son alinéa 9, que pour les territoires d'Outre-mer et la Nouvelle-Calédonie, la formation reçue par les personnels doit intégrer les spécificités linguistiques, culturelles, coutumières et géographiques propres à chaque territoire, ainsi que les contraintes liées à l'éloignement et le cas échéant à l'insularité. En regard de l'importance des flux migratoires, notamment à Mayotte, les officiers de police judiciaire... pourrait rencontrer des difficultés à tenir compte de la diversité culturelle et linguistique des populations qu'ils reçoivent. Comment, monsieur le ministre, comptez-vous rendre cette mesure applicable ? Par ailleurs, l'article 4 engendre l'obligation d'auditionner sans délai la victime de violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales. Or, comme le soulignait en audition le 14 septembre, madame Charlotte Belluet, haute fonctionnaire à l'égalité entre les femmes et les hommes et à la diversité au ministère de la Justice, on peine à entendre si l'audition sans délai concernera aussi les victimes... d'exhibition ou d'outrage, ce qui pourrait porter préjudice à la bonne audition de victimes reçues pour des actes de plus grande gravité, comme les violences sexuelles. Par ailleurs, comment les officiers de police pourront-ils mettre en œuvre une telle obligation si la victime ne veut pas être entendue ou s'il y a une impossibilité matérielle à son audition, comme par exemple s'il s'agit d'un enfant en très bas âge comme un nourrisson. Monsieur le ministre, je m'inquiète de nos policiers soient confrontés à des obligations qu'ils ne puissent décemment respecter pour des raisons proprement matérielles. Comment comptez-vous les prévenir de ces différentes impossibilités ? Je vous remercie.
Merci. La parole est à madame Caroline Gadon.
remercie Monsieur le Président, Monsieur le Ministre. En 2021, 73% des plaintes pour violences sexistes et sexuelles ont été classées sans suite. Pour les affaires de viol, cette proportion atteint 94%. Bien entendu, les motifs de classement sont multiples et un classement sans suite ne signifie pas à lui seul qu'une enquête aurait été insuffisamment conduite, loin sans faux. Mais de tels chiffres ne peuvent nous laisser indifférents. Ils doivent nous conduire à nous interroger sur notre capacité collective à mener dans ces affaires particulièrement complexes l'ensemble des investigations nécessaires à la manifestation de la vérité. C'est précisément l'ambition de l'article 4 de la loi dite intégrale que nous allons examiner. Il prévoit pour toute procédure portant sur des violences sexuelles, sexistes ou intrafamiliales, la réalisation d'un socle minimal d'actes, audition sans délai de la victime, audition du mis en cause lorsqu'il est identifié, préservation des preuves, perquisition, consultation des fichiers, mais aussi mise en œuvre de toute démarche utile à la recherche et à l'identification d'éventuelles autres victimes. Vous avez indiqué que vous souteniez pleinement les dispositions du texte, en relevant évidemment qu'il fallait se pencher éventuellement sur une évolution rédactionnelle de cet article, notamment afin de préserver l'efficacité et le caractère opérationnel. Mais pour que cela produise concrètement ces effets, encore faut-il que nos services disposent des ressources nécessaires pour accomplir... Ces actes nécessaires et systématiquement ces actes. Monsieur le ministre, ma question est simple. Quel moyen humain, technique et numérique ? Entendez-vous mobiliser pour permettre aux services d'y répondre effectivement ? Et cette question se pose aussi s'agissant des technologies dont disposent les enquêteurs pour exploiter les volumes considérables de données numériques, téléphones, messageries, photographies, vidéos ou encore données de connexion. Dans ce contexte, l'intelligence artificielle peut constituer un appui particulièrement utile pour le tri, le rapprochement, l'analyse de ces données. Et d'ailleurs, plusieurs pays se sont déjà engagés dans cette voie, que ce soit le Royaume-Uni, Singapour ou autres. Est-ce qu'il y a des solutions, monsieur le ministre, qui sont déjà conçues ou expérimentées en France afin d'accélérer et de renforcer les capacités d'investigation dans un cadre souverain, sécurisé et pleinement respectueux des garanties de la procédure pénale ? Je vous remercie.
madame la députée. La parole est à madame Legrand.
Merci, monsieur le président. Monsieur le ministre de l'Intérieur, en cette ouverture de l'examen de la loi dite intégrale, je voulais vous interroger sur la possibilité qu'ont les victimes de violences sexistes et sexuelles de faire confiance à la police et sur les possibilités de vous faire confiance. à vous. Comment s'étonner que les victimes de violences sexistes et sexuelles, en particulier les plus vulnérables, les femmes minorisées, les femmes précaires, les femmes étrangères, les femmes victimes de traite, n'osent pas aller porter plainte quand nous avons toutes les semaines les exemples d'une police qui commet des violences racistes, LGBTphobes, sexistes, sexuelles. Des exemples de préfectures qui assument impunément des violences administratives et ce souvent sans la moindre réaction de votre part ou alors pour évoquer des brebis galeuses au mépris même de la statistique. J'en viens à la question de la confiance que nous pouvons vous faire à vous, ministre de l'Intérieur. Peut-on encore croire que vous faites respecter la déontologie ? Et en parlant de déontologie, comment ne pas évoquer les éléments gravissimes portés à notre connaissance par l'émission Complément d'Enquête hier soir ? Plusieurs journalistes témoignent avoir échangé avec vous au sujet de la garde à vue de l'eurodéputée Rima Hassan alors qu'elle était encore en cours. Selon eux, vous avez évoqué des éléments couverts par le secret de l'enquête. notamment concernant la prétendue présence de stupéfiants dans son sac à main, finalement démentis après plusieurs jours d'emballement médiatique calomnieux. Je rappelle qu'à l'époque, vous aviez vous-même déclaré « regrettez les fuites dans la presse ». Ma question est simple. Oui ou non, avez-vous transmis ou confirmé auprès de journalistes des informations couvertes par le secret de l'enquête ? Avez-vous utilisé votre fonction de ministre de l'Intérieur pour bafouer le secret de l'enquête, bafouer la déontologie et vous en prendre à une femme arabe, palestinienne, opposante politique ? Si oui, qu'attendez-vous pour démissionner, puisque décidément, nul ne peut plus vous faire confiance
? La parole est à madame Capdevieille. Excusez-moi juste une chose, je suis le président, je veux juste que les débats soient normaux. D'accord, mais juste deux secondes, je donne la parole à madame Capdevieille en fait, donc elle a le droit aussi d'exprimer ces deux minutes, juste ça, et après le ministre vous répondra.
Merci monsieur le président, merci monsieur le ministre de l'Intérieur pour les précisions et votre volonté de... de renforcer la protection des victimes. J'ai trois questions, trois points à avoir avec vous. Le premier concerne l'Office des mineurs que j'ai eu l'occasion et l'honneur de pouvoir visiter récemment. Leur travail d'enquête a véritablement changé d'échelle et nécessite désormais des compétences informatiques. pointu, avec des moyens effectifs importants pour lutter efficacement et concrètement contre la pédocriminalité en ligne. Je vais proposer pour les infractions sexuelles commises en bande organisée sur les mineurs un allongement de la durée de garde à vue pour tenir compte de la complexité et de la masse des preuves numériques à analyser par les policiers. Je voulais savoir si vous étiez favorable. C'est mon premier point. Le deuxième concerne l'article 4 dont on a beaucoup débattu. Pour nous, c'est important. C'est important pourquoi ? Parce qu'en fait, Madame Yadon vient de le dire, tant de plaintes sont classées. Au terme d'enquête brève, il faut quand même bien le dire, on le constate, indigente. Or, sur le socle d'enquête, est-ce que vous allez proposer une autre écriture ? Et ma question est vraiment très directe. Y êtes-vous favorable ? Ou alors pensez-vous, sans les énumérer, qu'il faille encadrer ces actes ? quel qu'il soit, en laissant la liberté à l'enquêteur de les faire, dans un délai précis, six mois, un an. Je souhaiterais donc avoir votre réponse à ce sujet. Et enfin, sur l'article 31, vous avez dit que la présence de l'avocat pouvait perturber l'enquête. Quand il s'agit des mises en cause, il ne perturbe pas l'enquête. La loi prévoit qu'ils sont présents. pour assister une personne mise en cause tout au long de la procédure et des auditions. Et les victimes sont souvent choquées de ne pouvoir être assistées par un tiers digne de confiance ou d'ailleurs par un avocat. Quand l'avocat est formé, et c'est quasiment toujours le cas s'agissant du mineur, c'est quand même un auxiliaire de justice utile. On les interrogera d'ailleurs tout à l'heure à ce sujet. L'avocat est le gardien du respect des procédures et aussi le gardien d'une éventuelle victimisation. secondaire. Donc j'aimerais bien pouvoir rediscuter ce point avec vous tellement il est important pour les victimes.
Madame la députée. La parole est à Monsieur Gosselin. Oui, merci, Monsieur le Président. On est bien sûr sur un sujet complexe, douloureux. L'actualité nous a malheureusement rattrapés et de façon trop importante. On a une opinion qui est à juste titre en émoi et ça vient d'être rappelé. Tout le monde l'a bien en tête. Trop de plaintes aujourd'hui sont classées sans suite. Trop de victimes ne sont pas prises en compte et il faut effectivement qu'on puisse avancer. C'est une façon de rappeler que nous partageons au groupe les objectifs de la proposition de loi, bien évidemment. Autant, ça ne veut pas dire qu'on approuve tous les moyens proposés et tous les dispositifs qui sont mis en avant. C'est vrai, sur l'article 3, l'article 10, en quelques mots, sur l'article 3, il faut s'assurer que la spécialisation soit réellement opérationnelle, qu'elle ne crée pas non plus de difficultés dans l'organisation des services et que les moyens humains et budgétaires suivent les obligations nouvelles. Vous avez en partie répondu, monsieur le ministre, mais c'est un vrai sujet. Arrêtons de donner des éléments juridiques qui sont... Ce qui semblerait majeur, mais qui ne serait pas suivi d'effet, je crois que ce serait un effet pire. Sur le 10, il faut être particulièrement attentif, je pense aussi à l'articulation entre la rapidité qui est nécessaire pour protéger les victimes, les pouvoirs du juge, du procureur et les garanties procédurales qui sont applicables aux plateformes, aux personnes concernées. Je crois que c'est important de rappeler tout ça et l'écriture aujourd'hui n'est pas totalement satisfaisante. Je voudrais maintenant développer un peu les articles 62, 63, 63. 64, 65, 66, qui pour nous posent problème. Ils introduisent des mécanismes automatiques, des exceptions successives au droit commun. Et pour plusieurs d'entre eux, il faut le dire, des dispositions qui existent déjà dans notre droit. Sur le 62, nous pensons qu'une plainte ne peut pas... à elle seule, devenir un droit automatique au maintien sur le territoire. Il faut protéger les victimes, il ne faut pas créer non plus, c'est sur le 62, une nouvelle filière automatique d'accès au séjour. Je le dis avec force, nous voulons bien sûr modifier les règles, mais l'employeur doit rester aussi maître d'un certain nombre de choses, comptable d'un certain nombre de choses, et le droit actuel, s'il ne permet pas tout, ne semble pas totalement insatisfaisant de ce... Je n'aurai pas le temps de passer tout en revue, mais en résumé, notre position est évidemment, sur l'ensemble des articles 62 et 66, cohérente. Nous sommes favorables à la protection des victimes de façon effective, mais nous ne voulons pas des dispositifs ciblés, contrôlables et individualisés. Ça ne peut pas faire, donc il faut se méfier. Le mieux serait l'ennemi du bien. Je conclue. Attention aussi à ne pas trop rigidifier la procédure pénale. Tout cela, son déni a nullité. Et c'est la question des moyens que je voulais aussi rappeler.
m'a demandé au comptoir pourquoi je venais porter plainte. J'ai dit pour viol. Le policier m'a répondu c'est-à-dire. J'ai dû commencer à expliquer mon viol au comptoir avec des gens à un mètre derrière moi. Dans un autre commissariat, pourquoi vous n'avez pas crié ? Est-ce que vous avez éprouvé du plaisir ? À Alençon, un policier demande pourquoi je porte une jupe quand je porte plainte. Ailleurs, êtes-vous sûr de vouloir porter plainte ? Vous pourriez gâcher la vie de cet homme. À Blois, Coévien... Déposer plainte pour violence conjugale, l'agent de police débordé lui demande de revenir le lendemain. Elle n'a pas eu l'occasion de revenir. Chloé a été tabassée en rentrant chez elle, plusieurs mois de coma avec des séquelles irréversibles. Confidence d'un policier. Il y a quelques mois, on avait 25 000 procédures en cours sur notre commissariat, mais il a fallu faire le ménage et classer sans suite. Sur incitation du parquet, conformément à une note du gouvernement envoyée au procureur le 31 mai 2021, visant à apurer les stocks de procédures, manière de faire baisser les chiffres. Une policière exerçant dans une commune de 60 000 habitants témoigne. On est cinq pour enquêter sur 1 300 dossiers de violences intrafamiliales. Donc c'est triste à dire, mais pour les personnes qui n'ont pas d'avocat pour nous relancer, c'est sous la pile. Ces témoignages sont massifs et ceux-ci sont extraits. Vous le trouverez dans un livre que je vous recommande, Classés sans suite, de Violaine de Philippe Abat. L'opération « Prends ma plainte de nous toutes » a recueilli plus de 3 500 témoignages. Conclusion, 66 % d'entre elles se sont senties... mal accueilli. On est loin du chiffre de 90% d'accueils satisfaits dont se targue le ministère. Le hashtag double peine lancé par Anne Toumazoff a reçu en 24 heures plus de 1000 témoignages préoccupants. C'est pourquoi, monsieur le ministre de l'Intérieur, j'ai plusieurs questions pour vous. Vous parlez de choc de formation pour tous les agents. Est-ce que cela comprend les personnels des guichets d'accueil des commissariats ? Avez-vous chiffré le budget nécessaire ? pour ces formations. Avez-vous une idée du délai de réalisation de cette formation pour tous les personnels ? En février, vous avez annoncé 400 emplois temps plein consacrés aux violences intrafamiliales. Où en est-on ? Il y a aussi des violences sexuelles et sexistes au sein de la police. L'inspection LIGA appelés à créer une véritable doctrine disciplinaire et cohérente ? Où en est-on ? Dernière question. Pourquoi les manquements manifestent à une prise en charge respectueuse des victimes suscitent-ils si marginalement des blames ou des sanctions ? Avez-vous d'ailleurs des chiffres à nous communiquer sur le nombre de ces rappels à l'ordre
Madame la députée. La parole est à Bertrand Bouix.
Monsieur le Président. Monsieur le Ministre, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et contre les violences intrafamiliales ne relève pas d'un seul ministère. Elle exige l'action coordonnée des administrations, des institutions concernées et du monde associatif. C'est précisément cette exigence de coordination que propose la loi intégrale dont nous avons commencé l'examen hier et dont votre ministère est l'un des principaux acteurs. Le groupe Horizon et Indépendance souhaite vous questionner sur l'article 62, dont les dispositions visent notamment à interdire le prononcé d'un OQTF à l'encontre d'un étranger ayant déposé plainte pour des faits de violence sexuelle, tant qu'il n'a pas été définitivement statué sur sa demande de titre de séjour et pendant toute la durée de la procédure pénale. En l'État, la dérogation à la notification des OQTF prévues par cet article ne vise que les ressortissants d'un pays tiers et n'inclut pas les ressortissants d'un État membre de l'Union européenne, ce qui interroge au regard du principe d'égalité devant la loi. De même, le garde des Sceaux nous a indiqué hier que cet article était satisfait par la loi dite séparatisme du 24 août 2021, ainsi que par une instruction relative à la délivrance des titres pour les victimes de violences conjugales et familiales du 23 décembre 2021. Pourriez-vous, monsieur le ministre, nous indiquer quels risques constitutionnels et conventionnels comportent, selon vous, cet article et s'il est effectivement déjà satisfait ? Merci. Merci,
monsieur le député. La parole est à Elsa Fossillon.
monsieur le président. Monsieur le ministre, je vais revenir, comme ma collègue Soumya Bouroua, sur le titre 8. Le Haut-Commissariat des Nations Unies estime que 90% des femmes, des jeunes filles... Et des petites filles empruntant les routes qui traversent la Méditerranée ont été violées. Je vous assure, M. le ministre, que malheureusement, les viols ont bien eu lieu. Les petites filles ne racontent pas cela pour obtenir des papiers. Elles s'en seraient bien passées. A l'image des femmes, les femmes étrangères sont exposées à un continuum de violences sexistes et sexuelles, mais leur situation est aggravée par une imbrication, avec d'autres formes de discrimination liées à leur statut administratif, qui les surexposent à la victimisation secondaire dans leur démarche d'accès au droit et à la justice. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les politiques migratoires que vous menez les placent en situation de vulnérabilité aggravée. Alors évidemment, moi, je me réjouis que dans ce texte, il y ait un volet qui est consacré à la protection des personnes vulnérables. Mais le champ de cette protection reste à mes yeux insuffisant et de nombreuses femmes étrangères confrontées à des violences sexuelles ne sont pas protégées par ces dispositions. Je vais donc concentrer mon propos sur l'article 62 qui conditionne la protection. qui conditionne la protection contre l'OQTF au seul déploie de plainte, ainsi que l'octroie d'une carte de séjour temporaire qui porte la mention vie privée et familiale d'une durée de deux ans. Il y a un rapport que vous devez connaître, celui de la défenseur des droits, celui de 2025, sur l'accueil des populations en commissariat et en gendarmerie, qui constate une tendance en augmentation particulièrement inquiétante. Des personnes étrangères venues signaler des faits de violence se sont retrouvées mises en cause, interpellées, placées en garde à vue, puis en centre de rétention administrative en vue d'être expulsées du territoire français. Et forcément, quand je vous entends venir dire que... Si on met ça en place, en gros, les femmes vont venir porter plainte pour violence pour obtenir des papiers. Je ne suis pas étonnée que dans les commissariats, il se passe ce genre de choses. Et donc, avec la rapporteure Soumya Boura, nous demandons que le droit au séjour soit accordé dès que des indices sérieux de violences sont établis par tout moyen, certificat médical, témoignage, pour protéger toutes les femmes étrangères victimes de violences, ce qui empêcherait justement cette situation d'aller porter plainte où elles sont en crainte. qu'on les questionne sur leur statut administratif et pas sur les violences qu'elles ont subies. Je pense que c'est essentiel. Mais irez-vous finalement à rebours des politiques que vous avez menées jusque-là en soutenant cette mesure ? Puis toute dernière question sur les mineurs non accompagnés victimes de traite. Franchement, qu'a-t-on fait depuis le procès du Trocadéro pour mieux détecter, mieux prévenir la traite ? Et quels moyens allez-vous accorder à la suite de ce texte à la MIPROF ? aussi à des associations, à des collectifs comme celui de Goucha, qui mènent des travaux essentiels pour les victimes de traite, mais qui manquent partout sur le territoire.
Merci Madame la députée. On continue avec la parole à M. Dragon.
Merci, monsieur le président, mes chers collègues, monsieur le ministre Nunez. Dans l'Aisne, dans mon département, les violences intrafamiliales restent à un niveau particulièrement préoccupant. Nous sommes le 12e département le plus touché de France par ces violences, le 12e. Les gendarmes, les policiers y interviennent en moyenne toutes les 4h30. Et je veux partir de situations très concrètes. Des maires m'ont récemment interpellé. Et après avoir eu connaissance de situations graves au sein de couples et notamment des épouses des femmes victimes de violences. Ils ont donc alerté évidemment les forces de l'ordre. Ces maires, comme tous les autres maires, ne sont pas de simples témoins extérieurs. Un maire en droit à la qualité, vous le savez, d'officier de police judiciaire. Et lorsqu'il acquiert dans l'exercice de ses fonctions la connaissance de faits susceptibles de constituer un crime ou un délit, la loi lui impose de les signaler à l'autorité judiciaire. Mais après avoir effectué ce signalement, plusieurs maires m'indiquent qu'ils restent sans réponse et sans savoir si leur alerte avait effectivement été reçue et prise en compte. Bien entendu, la victime doit rester au centre de la procédure. Elle doit être informée de ses droits, des dispositifs de protection qui peuvent lui être proposés et des suites qui la concernent. Le secret de l'enquête doit lui également être pleinement préservé. Mais il faut distinguer ces informations de la simple traçabilité du signalement. Dans le code de procédure pénale, l'article 40-2 prévoit que l'auteur d'un signalement soit ensuite informé des poursuites engagées, des mesures alternatives ou d'un éventuel classement sans suite. En revanche, entre le signalement et cette décision, rien ne garantit qu'un maire sache simplement si son alerte a bien été reçue, enregistrée. et orienté vers le service compétent. Alors, M. le ministre, comment justifier qu'un élu auquel la loi impose de signaler des faits aussi graves puisse ensuite rester dans l'incertitude sur la seule bonne réception de son alerte ? Nous ne demandons aucune information sur la victime ni sur l'enquête. Nous demandons simplement une garantie minimale. Lorsqu'une alerte est donnée, je conclue, elle doit être traçable. Et celui qui la transmise doit savoir qu'elle est bien entrée dans la chaîne de prise en charge. Je vous remercie.
Merci Madame Catala.
Merci, monsieur le président. Je vais relancer, monsieur le ministre, sur les propos de ma collègue, madame Legrain, puisque j'ai moi aussi regardé attentivement ce complément d'enquête. Et non seulement il s'agit de plusieurs sources concordantes qui témoignent à votre rencontre. Et il est précisé, cela est très intéressant, qu'en ayant connaissance que vous alliez être interrogé... sur cette information complètement fausse de drogue inventée dans le sac de madame Hassan vous avez ensuite refusé de participer à l'émission et lorsque les journalistes vous ont relancé sur ce sujet vous avez aussi évité les questions Et donc qu'un ministre qui est, comme on dit, le premier flic de France, bafoue à ce point le secret d'une enquête, est indigne de votre fonction. Et c'est pour ça que notre groupe demande votre démission. Et nous posons cette question aujourd'hui parce que vous n'avez pas ouvert de session extraordinaire pour éviter la censure. Nous n'avons donc pas de QAG. Nous n'avons aucune fenêtre pour vous interpeller. Donc je vous prie de répondre à cette question parce qu'il n'est pas concevable qu'un ministre qui occupe un tel poste traite comme cela une opposante politique. Et nous savons pourquoi elle a été traitée comme cela. Parce qu'elle est une opposante à la France insoumise. Elle est arabe et elle est arabe parmi les arabes car franco-palestiniennes. Donc j'aimerais que vous répondiez.
Madame Rousseau.
je crains d'aggraver un peu la situation, Madame Yadant, mais je voulais avoir une parole aussi forte à destination des victimes en premier lieu, parce que cette loi est très importante, elle est nécessaire, et merci vraiment à toutes les associations qui ont participé. Toutefois, je dois dire qu'elle devrait être étudiée et adoptée par le Sénat, qui n'a pas sanctionné Joël Guerriot suite à la soumission chimique dont il s'est rendu coupable vis-à-vis de notre collègue Sandrine Jossot, et qu'elle devrait ensuite faire l'objet de décrets de circulaire par un gouvernement dont... Le ministre de la Justice, anciennement ministre de l'Intérieur, Gérard Darmanin, a été accusé de viol, ça a été dit hier, dont la ministre de l'Égalité a été la chef du groupe parlementaire qui a protégé Damien Abad de toutes sanctions, qui ne voit rien à redire à la théorie du grand remplacement, y compris sur le plan de l'instrumentalisation du vagin des femmes et ce que cela signifie, dont la ministre de la Santé n'a strictement pris aucune mesure suite à l'affaire Joël Le Squarnec, dont le ministre des Armées n'a été... plus que discrète sur les révélations sur l'école Saint-Cyr, et dont vous, monsieur Nunez, avez possiblement contribué et activement au harcèlement en ligne d'une femme politique française, Rima Hassan. D'une majorité qui a maintenu Nicolas Hulot, comme Éric Dupond-Moretti, qui a plaidé l'inceste heureux, fait tout pour écarter le juge du rang de la civisme, François Bayrou, à la tête d'un gouvernement, lui qui a été si complaisant, avec Bétharam, issu d'une victoire d'un président de la République, qui trouve que Depardieu fait honneur à la France, qui emmène Béla Tardeau... et voyages présidentiels dont l'épouse parle de Salkong en parlant des féministes qui a maintenu à la tête du CNC Frédéric Boutonna. Au-delà de cela, les membres des forces de police dont vous avez la responsabilité ont pour certains volé des banderoles féministes lors de manifestations en posant goguenard derrière et je sais pour le coup que cela fait l'objet d'une procédure disciplinaire mais où en est-elle ? C'est ma première question. Ce que je veux dire par là, c'est que le gouvernement et ses prédécesseurs ne sont pas juste des institutions qui réfléchissent, essayent de faire bien. dire aux victimes c'est que ce gouvernement, comme ses prédécesseurs, sont des agents actifs de l'invisibilisation et de la minimisation des violences faites aux femmes et aux enfants. Ma question monsieur Nunez est la suivante. Les nouvelles formes de violence, soumission chimique et cyber harcèlement, sont dotées de peu de moyens et parfois on loupe des preuves par des délais trop importants. Si les contenus sont supprimés, si les produits s'évacuent du corps des victimes, quelles mesures pensez-vous utiles de mettre dans cette loi pour qu'enfin, lorsqu'une femme ou une d'une manière générale, passe la porte d'un commissariat, elle soit certaine que sa parole soit entendue, instruite et qu'il y ait une enquête. Merci.
Une dernière parole avec Mme Leboucher, avant la réponse du ministre.
Oui, merci, M. le Président. Alors, M. le ministre de l'Intérieur, ou plutôt M. le ministre de la Désinformation, vous comprendrez qu'il est délicat de vous auditionner comme si de rien n'était, suite aux révélations d'hier sur votre responsabilité, prétendue responsabilité, sur la fuite d'informations concernant notre collègue Grima Hassan. D'autant plus de fausses informations. D'ailleurs, ces révélations devraient choquer l'ensemble des élus et inquiéter la représentation nationale alors que vous êtes en charge de l'organisation des élections présidentielles. Comment avoir confiance ? Et comment s'étonner des difficultés rencontrées sur le terrain par les associations et les victimes ? Comment s'étonner de l'ampleur du sentiment d'impunité ? Trop de témoignages font remonter des défaillances dans l'accueil et le recueil des plaintes, comme l'a rappelé la rapporteure Marie-Charlotte Garin. Bien sûr, il y a des améliorations sur l'accueil, les formations. J'ai rencontré chez moi en Sarthe les gendarmes de la Maison de la protection de la famille et de la police nationale dans le cadre d'un rapport sur le coût des VSS que nous allons présenter prochainement avec Sandrine Jossot. J'ai constaté cette volonté de bien faire, mais aussi les difficultés d'effectifs face au nombre de dossiers à traiter. On sait aussi que les formations fonctionnent pour les personnes volontaires et motivées pour les appliquer. Qu'allez-vous mettre en place pour une tolérance zéro sur les mauvais comportements face à des victimes et le recueil de la parole dans le respect de toutes les victimes ? Enfin, plutôt votre successeur puisque votre démission est attendue.
Merci. Monsieur le ministre, est-ce que vous pouvez répondre aux questions, s'il vous plaît
Oui, merci. Je vais répondre à toutes ces questions, y compris à l'interpellation qui m'a été faite sur les propos qui me sont prêtés. Et effectivement, Madame Catala, vous avez raison, je vais répondre. À la représentation nationale, je réponds aux journalistes. J'ai le droit de choisir dans quel cadre je veux m'exprimer. Mais devant la représentation nationale, je m'exprimerai. D'abord, pour répondre aux questions qui m'ont été posées. Je les reprends dans l'ordre. Pour la question que m'a posée Mme Lerot, j'ai annoté tout ça scrupuleusement. Voilà, sur les difficultés opérationnelles dont vous faites état, Madame la députée, sur le socle d'actes obligatoires, oui, je partage évidemment cette remarque et nous allons veiller pendant les débats à essayer de trouver les écritures qui fassent qu'à la fois on puisse répondre à l'objectif qui est souhaité par les auteurs de cette proposition de loi transpartisane et en même temps essayer de faire en sorte que ça reste très opérationnel pour les services, que ça reste très opérationnel. pour les services. Et ce qui nous ennuie le plus, c'est les actes obligatoires sans possibilité de dérogation, en fait. C'est ça qui pose véritablement un problème. Et nous voulons qu'il y ait de la confiance et de la souplesse qui puissent être apportées et qu'on fasse confiance à la capacité aussi d'appréciation des enquêteurs qui est toujours sous le contrôle d'un magistrat, en tout état de cause. Alors pardon, je vais les reprendre un peu dans le désordre. Pour la remarque qu'a formulée M. Bouix du groupe Horizon sur les OQTF, oui, je partage ce qui a été dit. Il y a une partie du contenu d'ailleurs, vous avez cité le 62, mais on pourrait citer l'ensemble des articles, qui sont déjà satisfaites. Et comme cela d'ailleurs a été dit par le garde des Sceaux. Il y a certaines dispositions qui peuvent être, attention, inconstitutionnelles ou inconventionnelles, c'est-à-dire contraires aux droits européens. Et notamment le pacte ne prévoit pas de possibilités. L'existence d'un OQTF n'est pas un motif qui fait qu'on ne pourrait pas reconduire quelqu'un et qu'on doit forcément délivrer un titre. Donc voilà, il y a un risque de ce point de vue-là. Mais on va regarder ça de très près. On va évidemment creuser tout cela. Pour les questions que m'a posées Mme Autain, pardon, je le prends dans le désordre, mais je gagne du temps. La formation à l'accueil, Mme la députée, est déjà en place systématiquement. Donc on a plusieurs dizaines de milliers de personnes qui ont été formées et en gendarmerie et en police nationale. Quand je parlais du choc de formation, c'était pour les enquêteurs spécialisés sur ces thématiques. La formation à l'accueil, elle, elle existe déjà partout. Le déploiement des agents supplémentaires pour la filière judiciaire, il est en cours. Donc à la fois pour les 400 emplois pour cette année. Et puis évidemment, il y aura ceux pour l'année prochaine, puisque nous renforçons également la filière d'investigation judiciaire. Il y a bien une doctrine au sein de la police nationale pour l'accueil, je vous le confirme. Vous avez cité de nombreux cas, un pourcentage d'un recensement qui avait été fait. Par une association, je vous redis le chiffre qui est le nôtre, qui est de 90% de satisfaction. Oui, il y a sans doute des situations, des cas dans lesquels l'accueil n'est pas à la hauteur. Et systématiquement, évidemment, il y a des rappels à l'ordre. Quant au nombre de plaintes et de rappels à l'ordre, surtout, qui ont été effectués, je ne l'ai pas ici, mais je me tiens évidemment à votre disposition pour vous le fournir, bien évidemment. plus précise des violences intrafamiliales, le nombre de gendarmes et de policiers formés au total est de 75 000 gendarmes et de 74 000 policiers. pour répondre à la question de Mme Faucillon sur d'abord la question des MNA victimes de traite. Évidemment, on continue de travailler en judiciaire et à démanteler ces réseaux. Et on a d'excellents résultats sur le démantèlement des filières qui exploitent évidemment la détresse des MNA. Et ils existent. Je ne le conteste pas. Et sur l'article 62... Ce qui interroge, ce n'est pas l'existence de cet article, c'est-à-dire le fait qu'un dépôt de plainte puisse soit éviter une OQTF, soit donner lieu à l'attribution d'un titre qui est d'ailleurs un titre de deux ans, qui est pris les familles, à l'habitude c'est un an, là ce serait un titre de deux ans. Ce qui interroge, c'est le caractère systématique. Et c'est en ce sens que je dis attention, il y a quand même un risque d'organiser une espèce de systématicité de le fait qu'on évite l'OQTF, qu'on délire. Mais dans le cas que vous avez cité, lorsque la personne se présente avec des documents, des plaintes, des examens médicaux qui sont très précis, circonstanciés, évidemment qu'il y a une capacité d'appréciation de l'autorité administrative qui permet évidemment de délivrer le titre en question dans ces cas-là. Sur la question posée par... Après la liste de Mme Rousseau, un peu excessive quand même sur le comportement des membres du gouvernement, un peu excessif quand même. Un peu excessif. Je vous réponds néanmoins. Je vous rassure, toutes les personnes qui rentrent dans un commissariat ou qui vont voir une brigade de gendarmerie ont fait tout pour conserver les preuves, matérialiser les faits et confondre les auteurs. C'est la fierté et l'honneur des policiers et des gendarmes dans ce pays. Il m'a semblé que vous pouviez avoir eu des propos qui laissaient à penser que vous pensiez le contraire. Voilà. Je vais vous répondre là-dessus. Je vais vous répondre. Monsieur Gosselin, sur ce qui a été dit par monsieur Gosselin, sur les difficultés opérationnelles de la création d'unités spécialisées et du SOC commun d'enquête, on les partage. Et je crois que dans le débat, on aura l'occasion de proposer des écritures qui fassent que tout en allant vers l'objectif, on puisse éviter d'avoir trop de contraintes opérationnelles qui, au final, nuiraient au but recherché. Et c'est cet équilibre qu'il faut qu'on parvienne ensemble, collectivement, à atteindre. Sous-titrage Société Radio-Canada au sein des articles 62 à 66 qui existent déjà. Et encore une fois, c'est ce côté systématique qu'il convient d'éviter, laisser un pouvoir d'appréciation à l'autorité administrative pour pouvoir, le cas échéant, accorder un titre, éviter une OQTF, mais dans des cas circonstanciés qui le justifient réellement et pas de manière aveugle et systématique. Mais ça, on doit pouvoir l'écrire. Monsieur le député Dragon, sur la question de la traçabilité... Donc effectivement, je peux comprendre quand un maire fait un signalement. On peut comprendre effectivement qu'il puisse, notamment sur les violences intrafamiliales qui concernent particulièrement votre département, il semblerait logique évidemment qu'il y ait un retour. Tout ça, c'est à la main du procureur. Je crois que Gérald Darman est assez sensible. Dans certaines conditions, c'est possible. Et moi, en tout cas, à titre personnel, j'y suis très favorable. Ça me paraît tout à fait normal que les maires aient des retours sur un certain nombre de signalements qu'ils aient pu faire. Madame la députée Yadant. Sur le recours au numérique, à l'IA, pour traiter ces dossiers, oui, ça devient évidemment de plus en plus important. Et ce sont des voies dans lesquelles on s'engage. Il y a à la fois la procédure numérique, c'est extrêmement important, qu'on puisse tracer et suivre les procédures très vite, assurer ce continuum entre les forces de sécurité intérieure et la justice, c'est extrêmement important. Et puis, par ailleurs, il y a évidemment l'IA qui peut être aussi utilisée dans l'exploitation des auditions pour gagner du temps pour la retranscription. et qui sait peut-être demain, pour analyser la gestuelle d'une victime, notamment pour les enfants, quand il s'agit de faire en sorte qu'on puisse arriver à libérer la parole, ou en tout cas quand la parole n'est pas libérée, de savoir traduire une attitude. Voilà ce que je voulais vous dire sur les questions que m'a posées... Je crois que c'était Madame Legrain sur ce que je... Non, pardon, sur l'off mine, l'allongement... pardon ? Oui, mais je ne vous ai pas oublié, je vous rassure. Je ne vous ai pas oublié. C'est Colette Capdeviel, pardon. Pardon, je vous confondrai. Madame Capdeviel, vous avez posé trois questions précises. L'allongement de la garde à vue, oui. On y est évidemment favorable. Bon, voilà, je crois que... Il y a des sujets pour lesquels cette mesure provisoire de privation de liberté a tout son intérêt. Et là, évidemment, ça ne fait pas de doute. Sur le socle d'enquête à préciser, oui, le principe ne pose pas de problème. Il faut qu'on trouve les rédactions qui vont dans le sens de la précision. Et sur l'avocat, oui, c'est un droit, mais il ne faut pas que ce soit obligatoire systématiquement. Moi, ce qui attire mon attention, c'est les enquêteurs qui m'ont dit que pour libérer la parole des enfants, notamment les enfants les plus jeunes, c'est extrêmement important que l'enquêteur est souvent seul, d'ailleurs c'est filmé, tout est filmé, enregistré, et donc c'est ça qui est extrêmement important. Pour finir, je réponds donc aux questions qui m'ont été posées par Madame Catala, Madame Legrain, Madame Rousseau. Donc, le jour où je vais à Bordeaux, avec le Premier ministre. Donc je pars toute la journée à Bordeaux pour rencontrer le maire de Bordeaux, des élus locaux, pour discuter de la loi sur les polices municipales. Je rencontre des journalistes dans un train, au retour, de manière totalement informelle, et ils sont au courant de tout. Ils ont toutes les informations concernant la garde à vue de Mme Rima Hassan, concernant les imputations qui lui sont prêtées d'être en position de drogue. Et ils m'interrogent. Ce n'est pas le ministre de l'Intérieur qui prend la parole et qui dit « Voilà, je vais vous dire, Mme Rima Hassan est en garde à vue, elle a des substances toxiques ». Ce n'est pas « On m'interroge, on m'interroge ». C'est tout. sur des informations qui sont déjà dans la presse depuis le milieu de la journée. On est en fin d'après-midi. Et moi, j'ai passé la journée à Bordeaux avec le Premier ministre de la France à rencontrer des élus. Alors si vous essayez de faire croire à travers cette émission que le ministre de l'Intérieur a organisé des fuites pour nuire à Mme Rima Hassan, mais c'est vraiment n'importe quoi. C'est n'importe quoi. Voilà. Je suis interrogé en off par des journalistes qui ont toutes les informations, ce que je regrette. Et je l'ai dit et je le redis. Ça n'est pas normal que des journalistes aient ce niveau d'information. Mais ça s'arrête là. Voilà. Je n'ai organisé aucune fuite. Je n'ai organisé aucune fuite. Je suis dans un déplacement. Je suis dans un déplacement. Les médias ont tout. Ils ont tout. Ils ont tout. toutes les informations. Je sais pas comment ils les ont eues. En tout cas, moi, je suis interrogé en off. Et dans cette conversation, j'incite à la prudence. J'incite à la prudence. Donc voilà, je joue mon rôle. de membres du gouvernement et surtout de grands professionnels de ces sujets qui sait que sur ces questions, il faut être extrêmement prudent. Et donc, contrairement à ce que vous laissez entendre, contrairement à ce que vous laissez entendre, on n'a absolument pas organisé ces fuites. Voilà, c'est tout ce que j'ai à dire. Merci, je vais vous demander, on va arrêter l'audition, on va arrêter l'audition, je vous remercie.
Vous avez donné le point de vue de Rima Hassan qui explique qu'elle a acheté des produits de manière parfaitement... ... ... ... ... ... ... ... ... ...