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On a la chance, avec mon mari, on est proche de notre travail.
Par
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contre, on a fait deux arbitrages, c'est-à-dire qu'on est dans un désert médical. Et pour tous les spécialistes, et dedans j'inclus le dentiste, par exemple, on a une heure et quart de route. On espace, en fait, on n'essaie de faire qu'un déplacement par mois. Alors qu'avant, on pouvait en avoir deux, par exemple, sachant que moi, j'ai des petits soucis de santé, il faut que j'aille voir un spécialiste. Du coup, je repousse et j'ai des collègues qui ont carrément arrêté d'aller voir certains spécialistes pour le moment. Et deuxième arbitrage, notre fils, il fait du sport. Il a fait ses entraînements de la maison. Par contre, on peut faire jusqu'à trois déplacements par mois pour faire des rencontres sportives. Nous, d'ores et déjà, on a dit qu'on ne va plus faire qu'un seul déplacement par mois. Et si ça augmente encore, on ne fera plus de déplacement. C'est peut-être
que le début, effectivement, le début d'une colère plus grande. On a Stéphane qui est taxi du côté de la Haute-Vienne. Bonjour Stéphane. Bonjour. Merci d'avoir patienté Stéphane. Vous continuez à rouler. Qu'est-ce que vous faites comme sacrifice ? Où est-ce que vous en êtes ? Alors, dites-moi.
Alors, pour resituer un peu, moi j'ai une entreprise où on est canadien. Aujourd'hui, lundi, j'ai fait rentrer 2000 litres de gasoil pour 4700 euros. Ça va à peu près me permettre de travailler deux semaines. Aujourd'hui, on en est arrivé au point où on tape dans notre trésorerie pour pouvoir continuer de travailler. On a passé le stade, on fait de la trésorerie, là aujourd'hui on tape dedans.
Surtout que vous ne pouvez pas augmenter les tarifs en plus. êtes taxé
? Oui, je
suis
taxé.
Vous avez eu des aides
ou pas ? Vous êtes concerné par les aides gouvernementales ? Aucune aide.
Leur prix au kilomètre n'a pas été réévalué et alors compte toujours l'impôt sur le chiffre d'affaires. A aucun moment on a enfin une diminution des taxes sur peut-être la production de Stéphane.
En fait, on a la double peine. On a des tarifs qu'on avait dénoncés l'année dernière lors de manifestations, les tarifs de transport de malades assis, où une décision unilatérale de l'ACNAM a fait qu'on travaillera les pâques raides. Donc, à partir du 1er novembre, on n'arrivait quasiment plus à faire de trésorerie. Aujourd'hui, le problème n'est même pas d'en faire. Le problème, il est d'en avoir assez pour continuer à travailler.
c'est ça. Aujourd'hui, Stéphane, est-ce que vous pourriez vous dire, est-ce que vous envisagez à un moment, je ne sais pas, des licenciements, d'avoir moins de taxis, un arrêt de l'activité ou pas
Alors aujourd'hui, on en est à réduire certaines courses. Des courses qu'on ne fait plus, tout simplement. On essaye de grouper un maximum les gens en fonction de l'endroit pris en charge. Et là, on parle des gens qui vont en chimio, en radiothérapie. On ne parle pas de personnes qui vont chez le kiné parce que ça, on le faisait déjà. Donc, on allonge les temps d'attente. Après, réduire la flotte... Oui, sauf que qui c'est qui va acheter ma licence de taxi ? Personne.
Combien elle vaut votre licence de taxi aujourd'hui, Stéphane ? Avant
la convention, on était aux alentours de 60, 70, 80. Aujourd'hui, s'il y a quelqu'un qui l'achète à 40, c'est fantastique.
Et vous avez encore des crédits sur le dos, j'imagine ?
Au niveau des licences, elles sont payées. J'ai au moins cette chance-là. Mais les voitures, le personnel avec les charges qui en découlent. On a le taux horaire, on essaie de payer correctement nos salariés. On a les charges qui vont avec. Et en face, on a toujours le même. la même somme qui rentre en fait. Donc, dans le cas, il n'est plus là.
Stéphane, je vous remercie de votre témoignage. Stéphane, merci d'avoir été avec nous. Bonne journée, bonne route, soyez prudents. Merci d'avoir été dans les GG. Toujours, il faut rappeler que tu as plus de combien ? 65, quasiment 70% des Français aujourd'hui qui ont besoin de leur voiture pour faire le déplacement.
Tout à l'heure, Bruno Poncet s'en prenait au capitalisme. Pardon, la seule entreprise qui aujourd'hui fait réellement quelque chose pour les Français, c'est... C'est difficile à dire, mais c'est Total. Et d'ailleurs, Total est prise à sous, les stations Carthode. C'est concret. C'est-à-dire que tu vas chez Total, tu payes moins cher. Alors après, on va dire, les méchants Total, oui, mais Total se fait de l'argent par ailleurs, etc. Oui, très bien, mais là, au moins, c'est concret. Tu payes cher, mais moins cher que chez les autres. Non, mais c'est simple. Alors que là, les aides ciblées, on rentre dans un truc bureaucratique, il faut les demander, tu ne les perçois pas tout de suite. Ça se finance une aide, mais les dépenses... Ça m'amuse parce que les gens attendent toujours tout de l'État. Mais là, on voit bien que la seule aide qui est venue, c'est celle d'une entreprise privée.
Quand on pose la question des dépenses que les gens sacrifient, d'abord, ça fait un moment que les gens ont commencé à sacrifier des choses. Ce n'est pas qu'avec le carburant. Le carburant est venu étouffer davantage les Français. Mais là où ça devient inquiétant, c'est que ça dysfonctionne. Sérieusement. C'est-à-dire qu'on met des pansements, c'est-à-dire que l'État est habitué aux pansements, à la fois les hôpitaux crient un pansement, la police est en souffrance, un pansement, les banlieues... C'est la politique des pansements. Voilà, ça fait 40 ans que ça dure, moi qui suis dans l'actualité et dans la politique depuis toujours. Mais tout fonctionne. Non mais c'est dingue. Et le problème c'est que ça dysfonctionne sérieusement, le 10 ou 15 du moins une grande... partie des français est déjà à découvert et vit avec des découvertes autorisées ou pas et en fait on n'a personne qui détient une solution, des solutions faciles à exposer, à expliquer. En fait, on paye des gens qui vous disent, en fait, toutes les classes sociales, il y a énormément de classes sociales qui souffrent, on a un appauvrissement incroyable, le taux d'un payé de loyer est en train de s'envoler. Ça dysfonctionne de partout, on ne peut plus nous dire que c'est un sentiment, parce que c'est une réalité. Et nous, on élit des gens, ou en tout cas, il y a des gens à qui on donne... le pouvoir qu'on nomme, etc. Et normalement, le but, c'est de nous apporter des solutions. C'est comme si tu allais voir un médecin 50 fois, que tu lui disais que tu souffres de quelque chose que tu n'arrives pas à gérer, que tu as mal, et qu'en fait, au bout de 50 fois, mais en fait, il ne va pas 50 fois chez ce médecin, ça veut dire qu'il n'a pas la solution. Or, moi, ce qui m'inquiète, ce qui vraiment me rend dingue, c'est que je me dis, on sait... Il y a des sociologues, des spécialistes, des gens brillants qui viennent expliquer sur les plateaux télé et qui sont hors de la politique et qui sont dans aucun clan et qui expliquent très clairement un certain nombre de constats, de diagnostics. et qui lancent un peu des pistes, etc. Et on a une classe politique qui vient et qui nous dit, t'as mal, attends, appelle l'infirmière là, mets un pansement ici, le suivant, t'as mal, ou là, ok, mets un pansement. Et en fait, c'est pas ça qu'on veut. Mais là, ça sert à rien de se voiler la face, il va strictement
rien se
passer avant l'élection. Mais c'est ça qui est désespérant. Pour deux raisons, ils vont rien faire, petit
1, petit 2, les français attendent, et petit 3. Il faut être capable de se passer d'une journée de salaire par les temps qui courent. Donc là, il ne va rien se passer. Ça va péter si, effectivement, quand les élections auront lieu, que le gouvernement aura été mis en place, les Français vont peut-être laisser passer les 100 premiers jours. Moi, le pire, c'est que je ne crois
même
pas
en
2027. C
'est ça, c'est encore pire.
n'ont pas beaucoup d'espoir dans ce qui va se passer dans 7 mois. Si, il y a Glussmann. Il n'y a personne. Je dis ça, je ne parle pas au nom des Français, mais je regarde les études d'opinion. Mais là, tu vas monter en l'air. Attends, mais les Français n'ont jamais autant rejeté les responsabilités. Je suis complètement d'accord avec toi. Je te
dis juste que là, pourquoi aller se fatiguer à perdre une journée de boulot pour un gouvernement qui va sauter dans 7 mois ? On a Adèle
qui veut réagir. Adèle, elle est du côté de la Dordogne. Bonjour Adèle.
Bonjour BGG. Bonjour Adèle.
Comment vous faites-vous aujourd'hui dans la situation du moment ? Alors
nous, on a la chance, avec mon mari, on est proche de notre travail. Par contre, on a fait deux arbitrages, c'est-à-dire qu'on est dans un désert médical. Et pour tous les spécialistes, et dedans j'inclus le dentiste, par exemple, on a une heure et quart de route. On espace, en fait, on essaie de faire qu'un déplacement par mois. Alors qu'avant, on pouvait en avoir deux, par exemple, sachant que moi, j'ai des petits soucis de santé, il faut que j'aille voir un spécialiste. Du coup, je repousse et j'ai des collègues qui ont carrément arrêté d'aller voir certains spécialistes pour le moment. Et deuxième arbitrage, notre fils, il fait du sport. Il a ses entraînements proches de la maison. Par contre, on peut faire jusqu'à trois déplacements par mois pour faire des rencontres sportives. Nous, d'ores et des gens, on a dit qu'on ne va plus faire qu'un seul déplacement par mois. Et si ça augmente encore, on ne fera plus de déplacement. Donc déjà, quand on fait des arbitrages aussi sur la nourriture, là on est en train de se dire, c'est la santé qui prend, donc on va tomber malade, le taux de la sécu va encore augmenter, donc c'est le chat qui se mord la queue.
Ça va coûter encore plus d'argent. Mais quand on fait
des arbitrages sur la nourriture, c'est quoi par exemple
Nous, on va chercher nos légumes chez le maraîcher. Donc, par exemple, Bruno disait tout à l'heure, 6 euros qu'il y a de tomates, nous, on paye à 4.30 chez le maraîcher. Mais on va en prendre moins. On va manger plus de féculents avec, parce que c'est moins cher.
C'est sûr que 4.30 déjà. 4.30 c'est déjà miraculeux. C'est énorme. Vous imaginez 4.30 en fait quand on fait la bascule. C'est 30 francs. Vous avez l'air d'être jeune. 4.30 c'est énorme. C'est 30 francs un kilo de tomate.
Moi je
fais toujours le calcul dans ma tête. Quand tu dis ta
maquette tu l'as payé à 1 franc et que maintenant tu l'as payé à 1 euro. Adèle, j'ai une question
à vous poser. Est-ce que vous imaginiez ça il y a quelques mois encore ? Je
suis rentrée dans l'administration en 2018 et depuis, avec l'augmentation automatique de la carrière, j'ai gagné à peu près 200 euros
tout
ce qu'on a eu en plus. Je vis moins bien 200 euros en plus. Et mon mari, il gagne un petit peu plus aussi, mais bon, on est dans la classe moyenne. Et on vit moins bien qu'en 2018, même, j'ai un sens, par rapport à il y a deux ou trois ans en arrière, on vit moins bien.
Ça, c'est vrai. Je vais vous dire la chose redoutable. Dans le bilan d'Emmanuel Macron, c'est quand on va se poser la question, est-ce que dix ans après tu vis mieux ? C'est-à-dire qu'entre 2017
et 2027,
est-ce qu'effectivement les Français, dans la majorité, vivent mieux ? Adèle, je vous remercie de ce
témoignage, merci d'avoir été avec nous. Les ultra
-riches, mec, parce que quand tu vois la multiplication réellement de leur fortune, et c'est juste factuel, la multiplication de leur fortune en 10 ans, c'est phénoménal. Alors peut-être qu'ils ont fait des investissements extraordinaires, peut-être qu'en fait ils ont investi dans les bombes qui bombardent et tous les pays du monde qui se font dégommer, mais par contre, les ultra-riches, et c'est factuel, on voit les chiffres chaque année, moi je ne sais pas, mais tu... Tu vois aujourd'hui par exemple la fortune d'Elon Musk, d'Elon Musk en 10 ans, de Gates en 10 ans et tout, tu vois des chiffres monumentaux. Et tu te dis, mais alors eux, ça multiplie par 4, 5, 10, 20 peut-être pour certains. Et toi, t'es là, t'es en train de te dire. C'est la
valeur de leur société parce qu'ils sont sur des secteurs qui sont porteurs justement. Oui, mais quel secteur
? L'armement par exemple.
Oui, malheureusement, la guerre, effectivement, les nouvelles technologies, l'espace, des secteurs qui aujourd'hui sont porteurs
et en croissance. Mais nous, on ne produit plus
rien. Si, de la taxe et des impôts. Et on produit de la taxe et des impôts et les Français, ils en ont même pas pour leur argent. Et on produit beaucoup d'aide. On produit
240 milliardaires à des entreprises qui, derrière, renvoyent pas. Mais c'est en subvention et en crédit d'impôt. Bah si, c'est le chiffre. Je voudrais qu'on termine
en donnant la parole à Daniel Defusco qui est avec nous, qui est président du comité des pêches en Corse. Bonjour Daniel. Oui, bonjour. Vous allez rencontrer la ministre. Qu'est-ce que vous attendez de votre rendez-vous alors, Madame Chabot
? On va rencontrer la ministre en espérant qu'on ait des bonnes nouvelles. Malheureusement, on se fait une guerre d'illusions.
Vous avez déjà obtenu le prolongement de l'aide et même elle est plus importante puisqu'elle passe de 25 à 35 centimes d'euros.
Oui, mais en fait, une aide comme ça, elle est calculée en fonction d'un prix de départ avec un ratio par rapport à l'augmentation. Donc, c'est un pourcentage de 70% de l'augmentation par rapport à... C'est un calcul un peu compliqué. Mais là, j'ai rien compris. Oui, moi non plus. Non, non, je plaisante. Bien sûr qu'on a bien compris. Si vous voulez, on parle d'un prix de 58 centimes. On prend le prix actuel du gasoil. Le différentiel, l'État est censé nous donner 70% de ce différentiel. Entre 58 centimes et 1,20€, par exemple, il y aura 62 centimes. 70% de 62 centimes. Ça va vous
aider quand même, ce geste
Oui, le geste est bon, mais on ne sait pas le mois prochain à quel prix sera le gasoil. Donc si notre gasoil n'est pas 1,50€ dans nos bateaux, 35 centimes, ce sera insuffisant. Donc il faut que ça suive l'augmentation. C
'est ce que vous allez négocier avec Catherine Chabot
Oui, les négociations sont compliquées actuellement. Surtout qu'en plus,
derrière, vous ne pouvez pas vraiment répercuter sur les prix du poisson, sinon vous ne le vendez pas. Ce qui
se passe, ce blocage, parce qu'on voit plusieurs ports bloqués, c'est pour faire pression avant de voir la ministre, mais ensuite il va se passer quoi si vous n'êtes pas satisfait de ce rendez-vous ?
Écoutez, on va en discuter ensemble. Toute la Méditerranée va se retrouver chez la ministre tout à l'heure. On va essayer d'être cohérent et de donner les raisons les plus simples possibles. On va parler avec notre cœur, avec notre rythme. On ne va pas parler avec des termes techniques. Le problème, c'est que selon la réponse qu'il est donnée, on décidera ou pas de continuer ce mouvement. Mais je ne pense pas qu'il va s'arrêter aujourd'hui.