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Thomas Bonnet, vous avez une
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vient de tomber.
Emmanuel Macron convie les chefs de parti demain pour leur parler des conflits internationaux en cours et les conséquences nationales. Bien sûr, ça va être sa carte. C'est de faire peur.
C'est de faire peur. C'est la seule stratégie d'Emmanuel Macron. Il va vouloir faire peur et il convoque les chefs de parti. Il va vouloir se maintenir jusqu'au bout, jusqu'au bout, jusqu'au bout et peut-être pourquoi pas davantage. Tout le monde le sait, c'est annoncé. Donc la stratégie d'Emmanuel Macron de ce point de vue-là, elle est claire. Dernière chose, Gabriel Attal, qui a sorti, j'allais dire le bazooka, mais en tout cas pour parler de... La sulfateuse. Voilà, la sulfateuse, on va dire. Vous avez parfaitement raison. Il a sorti la sulfateuse pour parler d'Emmanuel Macron.
Avant la dissolution, époque où je suis Premier ministre, les taux c'est en moyenne 1,2, 1,3, 1,5%. Aujourd'hui on est à 4,5%. Avant la dissolution, on avait tutoyé les 2% de croissance. Aujourd'hui on est quasiment en croissance nulle. On était à 7,5% de chômage, on approche des 9%. Tout est parti en live, entre guillemets, avec cette dissolution qui a contribué à quasiment flinguer l'économie française.
Flinguer l'économie française, c'est-à-dire que Emmanuel Macron a flingué l'économie française, dit Gabriel Attal qui était son premier ministre. Il a aussi flingué Gabriel Attal en même temps. C'est ça,
il ne se remet pas de la dissolution. C'est ça qui est très drôle, c'est que Gabriel Attal pour l'instant, il n'a pas encore grand chose à proposer, mais en revanche, il a envie de montrer qu'il en veut au président d'avoir... D'autant qu'il n'a pas été le premier averti de la dissolution. Voilà, sans prévenir par ailleurs. Non mais ce qui est assez intéressant, c'est les chiffres qu'il donne. En effet, si on regarde les chiffres de l'INSEE, moi je trouve qu'ils sont alarmants économiquement. La croissance 0,4. L'inflation augmente de 9 alors qu'on projetait 1,3. Le chômage est à la hausse, on en parle très peu, 8,6. Et il y a un recul du pouvoir d'achat, moins 0,7%. C'est effarant. Et en effet, heureusement qu'Emmanuel Macron ne peut pas se représenter et n'a pas un bilan à défendre. La question c'est comment vont faire un Édouard Philippe, qui quand même a participé à l'œuvre macroniste, et Gabriel Attal pour défendre ce qu'il en restera.
savez, s'il se représentait, ce serait d'ailleurs intéressant, parce que je n'excuse pas, et c'est un des grands paradoxes, qu'il pourrait encore séduire une grande partie des électeurs. Le professeur Kayat était avec nous, les gestes qui changent, le cancer du pancréas. Vous en parlez souvent, et vous m'avez dit l'autre jour, c'est très important de le dire. Lorsqu'on communique, nous, journalistes, on donne des informations sur l'avancée du cancer du pancréas. entre le moment où on donne l'information et la réalité du terrain, il y a une différence. Et vous, vous recevez parfois immédiatement des gens qui sont prêts à vous donner des fortunes pour vous dire, donnez-moi ce médicament, mais ce médicament, vous ne l'avez pas parce qu'il n'est pas opérationnel sur le sol de France.
Et ça, je l'ai vu tout au long de ma carrière, il y a des scoops comme ça qui sont donnés par la presse. On se réveille le matin, on lit le journal et on apprend qu'on a découvert un truc dingue dans le cancer. Alors qu'en fait, nous, qui suivons tout ce qui sort dans le cancer, On voit bien que ce n'est pas la panacée. Ce médicament dans le cancer... Il y a une épidémie de cancer du pancréas. Ce qui fait que pratiquement tout le monde connaît quelqu'un qui a un cancer du pancréas en ce moment. Et c'est une catastrophe parce que c'est un des 2-3 cancers pour lesquels nous n'avons fait aucun progrès pratiquement dans les 30 dernières années. Le problème, ce qui s'est passé avec ce scoop, c'est que comme c'était une équipe française... qui coordonnaient l'étude internationale sur ce nouveau médicament, la presse française s'est déchaînée en disant, le truc dingue qui change tout dans le pancréas, c'est tout. La réalité, c'est que ça augmente la survie des malades atteints de cancer du pancréas de trois semaines. D'accord ? Et l'autre jour, j'ai quelqu'un, un étranger, qui m'a appelé, qui m'a dit, je vous donne 50 000 euros si vous me procurez le médicament. Le médicament n'est pas disponible, parce qu'entre le jour où une étude de phase 3, c'est-à-dire la dernière étude, est finie... Le jour où le médicament est disponible, il y a une phase qui dure peu aux Etats-Unis, beaucoup en Europe, pendant laquelle le médicament n'est pas disponible. On sait qu'il a une certaine efficacité, même si c'est que 2-3 semaines, et tout le monde en rêve. Quand j'avais fait le premier essai de thérapie génique, j'ai vu la queue devant mon service quand je l'avais annoncé un jour sur France 3. Depuis ce jour, j'ai appris à ne jamais plus... parler de scoop comme ça, qui va tout changer parce qu'on donne des faux espoirs à ces pauvres malades.
Bon, à la demande, non pas à la demande d'ailleurs, mais au conseil de Richard Millet, j'ai lu cet été le livre de la femme de Paul Auster, que j'ai trouvé très intéressant, qui est sa veuve, qui s'appelle Siri Usveld. Elle dit quelque chose qui nous interpelle tous, qu'au fond, Paul Auster, il est davantage mort du traitement du cancer que de son cancer. C'est-à-dire que le traitement est tellement terrible qu'il te met dans un tel état. que tu souffres tellement, sans espoir en plus. Et je me demande toujours, puisque vous dites que vous savez tout lorsque quelqu'un arrive, pourquoi parfois aller sur un traitement alors qu'on sait qu'il n'y a pas forcément de solution
? Ce que vous décrivez existe, mais il y va de la qualité du médecin, de son honneur. Il a un devoir de mesurer ce qu'il propose aux malades et ce qu'il fait aux malades. Et n'oublions jamais que la première chose, c'est de ne pas nuire. C'est Armand d'Hippocrate. Il ne faut pas abandonner. J'ai beaucoup fait ma réputation sur le fait que j'ai vu des malades à qui on avait dit qu'il n'y avait plus rien à faire et que j'ai tenu 2 ans, 3 ans, 4 ans. Il ne faut pas abandonner trop tôt et il ne faut pas pousser trop loin. C'est la finesse du jugement de chaque médecin face à chaque malade. à chaque moment de la vie du malade, parce que les choses peuvent changer. Et en fait, c'est un dialogue, parce que le malade... Est-ce qu'il est à tout moment possible de dire à un malade, écoutez, on arrête tout ? Parce que je ne suis pas sûr que ça va servir à grand-chose. Mais qu'est-ce qui se passe ? Mais non, vous n'imaginez pas la réaction des malades. Ils vont voir un autre médecin, mais moi je veux quelque chose, mais j'ai vu sur Internet, mais machin. Donc il faut à la fois ne pas donner de faux espoirs, j'en ai parlé pour les scoops, mais c'est vrai que dans la pratique quotidienne, dans le cancer, parce que le cancer, c'est quand même la seule maladie pour laquelle, dès l'annonce du diagnostic, vous vous pensez mort. Est
-ce qu'il y a des cancers aujourd'hui qu'on guérit
quasiment à 100% ? Oui, le testicule par exemple, les cancers des ganglions qu'on appelle les lymphomes, il y a beaucoup de cancers qu'on guérit presque à 100%. Mais même le cancer du sein qui est quand même le plus iconique et le plus fréquent chez la femme, on est à 87-88% de guérison. Le cancer
du pancréas, est-ce qu'il y a de guérison ?
Oui, il y en a un, c'est 5 à 10%.
Ça
n'arrive que quand vous allez faire une échographie parce que votre médecin pense que vous avez un calcul dans la vésicule. Il vous fait une échographie pour voir s'il faut opérer ou pas la vésicule. Et à l'échographie, on tombe sur le fait qu'il y a une petite tumeur dans le pancréas. Ces petites tumeurs, elles sont opérables. Et si à la chirurgie... Il y a en tout cas la possibilité peut-être de...
Mais on va prolonger autrement. Cancer du poumon, cancer du panthéas, dans les deux pariants. Le
poumon, aujourd'hui, moi, quand j'ai débuté, on n'était même pas à 5% de guérison. Aujourd'hui, on est en guérison définitive. J'ai des malades que je soigne depuis 6 ans maintenant qui avaient des métastases de leur cancer du poumon et qui sont en rémission complète sans traitement depuis 4-5 ans. Avec l'immunothérapie, il y a ce qu'on appelle les « game changing », les traitements qui changent le jeu complètement. L'immunothérapie dans le poumon. Pas tous les poumons, c'est un peu général, on n'a pas le temps de distinguer les différents cancers du poumon, mais dans le cancer du poumon,
c'est
une révolution fantastique.
Cancer de la prostate pour les hommes, tous les hommes auront un cancer de la prostate ?
Quand vous faites des autopsies d'hommes morts d'accidents de la roue, d'infarctus, pas de cancer dans le cas, et que vous regardez la prostate, 80% des hommes de 80 ans ont un cancer de prostate, sans le savoir, ils ne le savaient pas. Donc le problème, c'est que presque tous les hommes, pas tous bien sûr, mais presque tous vont développer un cancer de la prostate. Mais combien de ces cancers vont réellement devenir significatifs, vont avoir un impact sur la durée de vie de cet homme ? Mais pas tous du tout. Et d'ailleurs, aujourd'hui, la recommandation internationale, c'est que quand vous faites le diagnostic, faites une biopsie, il y a bien un cancer de prostate. Je vais vous dire, il y a plus de 30% des malades à qui on ne fait rien. On les surveille avec un dosage dans le sang tous les trois mois, une IRM de la prostate tous les ans. Et il y a 30% à qui on fait simplement ce qu'on appelle du watchful follow-up, c'est-à-dire une surveillance armée très sérieuse.
L'intelligence artificielle, évidemment, vous emportez dans le domaine de l'histopathologie. L'intelligence artificielle pourrait bien marquer un tournant décisif. D'abord, elle s'impose comme un outil précieux pour aider les médecins à analyser plus rapidement et plus précisément. les échantillons de tissus, à l'image de ce qu'elle permet déjà en radiologie, l'IA peut participer à l'établissement d'un diagnostic en repérant des anomalies microscopiques comme la présence d'une autre tumeur.
Vous savez, il y a deux métiers en médecine dans lesquels tout est basé sur l'interprétation. Et donc l'expérience, la compétence, tout ce que vous voulez. Ces deux métiers, c'est la radiologie et l'anatomopathologie. L'anatomopathologie, c'est quand vous regardez un morceau de tumeur, un morceau de tissu au microscope. C'est de l'interprétation. Je vous donne un exemple. Au mois de juin, je vois un nouveau malade qui fait une biopsie de sa prostate. La biopsie est analysée dans un laboratoire d'Anapath qui me répond « il est très calme ce cancer, il n'est pas dangereux, il n'y a que 5% de cellules dangereuses ». Le malade lui-même demande à ce que les lames, c'est-à-dire la biopsie, soient revues dans un autre labo, qui me dit il y a 70% de cellules graves. C'est de l'interprétation. L'intelligence artificielle qui va pouvoir disposer de banques de données, c'est-à-dire d'images qu'un pathologiste ne pourra même pas avoir en toute sa vie, va dire c'est ça.
Ça, c'est opérationnel. Et c'est vrai pour la radio aussi. Mais en ce moment, vous vous en servez, par exemple. Ah oui, oui, oui. La radio,
c'est... Par exemple, aujourd'hui, quand vous faites un scanner des poumons, automatiquement, dans les grands cabinets, ils ont des systèmes d'intelligence qui vont les aider à regarder les nodules et dire c'est bénin, c'est douteux, c'est cancéreux, etc. Et ça, c'est très important parce que de ça découle tout le reste. biopsie, chirurgie, diagnostic et tout ce que vous voulez. Bon,
l'alimentation, rien de nouveau. On sait qu'il ne faut pas trop de viande. Si, quand même. Pas trop d'alcool, on sait évidemment la fumée, l'alcool. Le tabac,
il n'y a même pas de discussion sur le tabac. Mais à
haute dose quand même. Parce que vous, vous fumez
par exemple. Ah ben non. Il m'arrive de fumer un cigare par mois, mais je ne fume pas, on ne peut pas dire que je fume, non. Mais sur le tabac, comme d'ailleurs sur le reste, ce que je prône avec beaucoup de cancérologues dans le monde, ce n'est pas la recommandation d'une abstinence et d'une prohibition, parce qu'on a vu que ça ne marche pas. Vous prenez un type obèse sédentaire, vous lui dites voilà, à partir de maintenant, quatre fois par semaine, une heure dans la salle de sport, il va le faire deux semaines, et puis une heure, et puis zéro heure. Ça crée l'échec, ça crée le découragement, ça crée le sentiment. Il faut faire ce qu'on appelle de la réduction des risques. Dites-lui simplement de commencer par marcher 5 minutes par jour. Sur l'alimentation, ça joue un rôle dans cette autre épidémie. On a parlé de l'épidémie des cancers du pancréas. Mais il y a une autre épidémie à laquelle nous sommes confrontés qui nous fait vraiment tous peur. C'est les cancers du côlon chez les jeunes, les moins de 40 ans. J'en ai encore vu deux la semaine dernière. Alors que le cancer du côlon, c'était 60 ans, 70 ans. Et ça,
parce que c'est l'alimentation dit transformée, c'est votre analyse.
On ne sait pas trop. mais l'hypothèse la plus probable, c'est que c'est dû au contact... très précoce dans la vie et prolongée et intensif avec les aliments ultra transformés. Moi, j'ai commencé à manger des trucs ultra transformés à la fac. Mais quand j'étais à l'école, j'allais à la cantine où il y avait des produits frais ou à la maison. Maintenant, moi j'étais à l'aéroport l'autre jour, il y avait une Américaine avec un bébé sur une chaise bébé, donc moins de deux ans, à qui elle a donné un paquet de chips.
Cancer du côlon, il faut faire une prévention tous les deux ans.
Normalement, le dépistage que j'ai mis en place... avec le plan cancer, c'est 49 ans, jusqu'à 74 ans. Mais le problème, c'est qu'il y a une zone noire, c'est entre 40 et 49. Aux États-Unis, ils sont en train d'envisager, même de le faire, je crois, de mettre le dépistage à partir de 40 ans.
En tout cas, vous êtes positif toujours. Vous dites que vous êtes certain que vous mourrez avec le cancer vaincu. C'est ce que vous m'avez dit parfois. Je crois qu'il n'y a rien qui
puisse réellement résister à l'intelligence humaine. Sauf que là, la cellule cancéreuse, elle est humaine aussi. Donc elle a la même intelligence que le cancérologue ou le chercheur. Donc ça rend cet ennemi particulièrement redoutable parce que particulièrement intelligent. La cellule cancéreuse a les mêmes gènes que la cellule du cerveau d'un chercheur sur le cancer. Donc on a deux intelligences qui s'affrontent avec la même puissance. Alors
moi je chambre souvent notre ami Marc Menand. Parce que Marc a, je peux dire son âge d'ailleurs, il a 78 ou 79 ans. Marc il a une discipline de vie incroyable. Tous les matins il fait une heure de sport. Moi il m'a dit je vais vivre jusqu'à 108 ans. Il m'a dit, je vais vivre à 108 ans. Il ne mange pas de lait, il ne mange pas de viande, il ne mange pas de sucre, etc. Il est persuadé qu'il ne sera jamais malade. En tout cas, qu'il n'aura jamais ce type de malade. Je lui souhaite,
mais la réalité, c'est que ce n'est pas forcément vrai. Moi, je vois tous les jours, et tous mes collègues cancérologues dans le monde entier... Lui,
il a son alimentation, c'est-à-dire qu'il n'a pas de produits laitiers. Non, mais il ne faut
pas diaboliser les produits laitiers. On en a besoin pour avoir du calcium dans les os. Les femmes à la ménopause en ont encore plus besoin, comme les enfants, si vous voulez. Non, il ne faut diaboliser aucun produit. Vous savez, la différence de survie entre les végétariens... Et ceux qui mangent un peu de viande, que les flexitariens, comme la plupart d'entre nous, la différence d'espérance de vie, elle est vraiment ridicule.
Bon, je marque une pause pour nos amis d'Europe 1 et je salue Christine Kelly. Voilà qui est fait. Et que dire de quelqu'un qui, depuis l'âge de 7 ans, mangerait tous les jours de la viande rouge ?
Il a sérieusement augmenté son risque de cancer du côlon. Mais bon, il s'est fait plaisir avec la viande s'il aime la viande. Moi, je suis contre la prohibition et contre la diabolisation, sauf pour le tabac.