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Voici une partie de l'équipe et le public. Comment allez-vous ? Ça
va.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Je rappelle que vous êtes journaliste d'investigation à Marianne et que vous êtes surtout l'homme des grands procès. Vos hors-série sur Sarkozy et Le Pen qu'on voit là ont cassé la baraque. Vous étiez aujourd'hui dans la salle d'audience du tribunal correctionnel de Paris. Le procès pour corruption et trafic d'influence ainsi que pour recel d'abus de pouvoir et d'abus de confiance de l'ancienne ministre Rachida Dati a-t-elle été payée 900 000 euros ? par Renaud pour faire un job d'avocate ou alors pour faire un job de lobbyiste, à une époque où elle était députée européenne. C'est ce que va devoir établir ce procès. L'ex-PDG de Renaud, Carlos Ghosn, s'est appuyé sur une erreur procédurale pour ne pas comparaître, pour ne pas être à Paris. Je rappelle qu'il est toujours réfugié au Liban après sa fuite rocambolesque du Japon dans une malle. Tout le monde s'attendait à ce que le procès soit reporté. Et finalement, non. Pourquoi ?
Ça s'est joué. C'est vrai que les premières journées d'audience, c'est comme au théâtre et tout ça, ça donne pour ceux qui rentrent sur scène un peu une idée du public. Et là, la salle, elle était pleine, remplie. Alors déjà, dans la salle, il y avait un peu la famille de Rachida Dati, tout ça. Elle est arrivée à la dernière minute. Elle a fait attention à ne pas glisser parce que c'est une pente douce en bambou. Et c'est très glissant. Et ils se sont bagarrés. Donc la tonalité de cette première journée, c'est que dans chaque camp, il y a des avocats qui mordent. Et ça, on n'avait pas trop l'habitude. C'est assez nouveau parce que dans les procès Sarkozy et Le Pen, les avocats sont des défenses un peu soft, un peu calmes, pas à l'ancienne. Et puis là, tout d'un coup, il y a deux avocats un peu à l'ancienne. Alors d'abord, il y a les avocats de Dati, Pardo et Baratelli. qui ont eu envie d'en découdre, assez théâtralement, parce qu'ils ne demandent pas du tout le renvoi puisqu'ils veulent que leurs clientes soient jugées. D'ailleurs, Olivier Pardot a dit, c'est un crève-cœur pour moi, je suis obligé d'obéir aux instructions de ma cliente et de ne pas vous demander le renvoi. Mais tout ce qu'il disait, demandez le renvoi. Et en face, il y a un avocat, un pénaliste, Camille Aheri, qui s'appelle, qui est l'avocat de Renault. Alors lui qui a décidé d'être méchant, très méchant. C 'est quoi l'avocat
méchant ?
Un avocat méchant, c'est un avocat qui balance un peu les coulisses. D'ailleurs, il a dit... Là, ça, c'est les avocats de Rachid Adati. Il a dit que cette affaire était très, très simple. C'était quelqu'un en face de lui qui avait été payé très cher pour des services qu'elle était incapable de justifier. Rachida Dettiel ne l'a jamais regardé, il avait toujours le dos tourné. Et puis il a expliqué que ses confrères de Carlos Ghosn avaient au fond joué la montre, le calendrier. C'était depuis le début très très mal comporté. Parce que Carlos Ghosn, qui explique qu'au pénal, il ne peut pas se défendre parce qu'il n'a pas accès au dossier, a envoyé des avocats aux civils pour réclamer 215 millions d'euros à Renaud. Alors ça, l'avocat de Renaud, il est en travers de la gorge. Donc la grande bagarre a commencé. Et cette petite escarmouche de début qui fait que hier soir, tout le monde pouvait s'attendre, y compris Rachid Haddati, à ce que le procès à peine commencé soit reporté. Parce que c'est vrai qu'elle est nulle, la citation de Carlos Ghosn. Elle a été délivrée 7 jours trop tard. Alors, il y a mis du sien. Ça,
c'est un raté incroyable
quand même, non ? Il y a mis du sien, Carlos Ghosn, parce qu'il n'est pas allé chercher un premier courrier simple. Il n'a pas répondu au téléphone du consulat. Quand il a reçu un recommandé le 6 juillet, qui était le dernier jour, il ne s'est manifesté que le lendemain, le 7. Pourtant, il a le temps de faire
du TikTok. Pourtant, il a le temps. Il fait même des cours. Alors, Juliette, toi aussi, tu étais au tribunal aujourd'hui. On va voir tous les personnages dans l'Europe.
Exactement. Il y avait beaucoup de monde pour ce premier jour de procès qui va durer six jours. 6 après-midi, ça se passait au tribunal correctionnel de Paris. L'audience est prévue à 13h30. Avec Fanny Duvaux, on était là bien en avance. Beaucoup de monde dans les couloirs, beaucoup de caméras et dans la foule. Tiens, première rencontre avec cet homme, Guillaume Didier, spécialiste de la com de crise. Il a conseillé Nicolas Sarkozy pendant son procès. Désormais, il s'occupe de Rachida Dati. Après Sarkozy, Dati maintenant
Il
y a un de ses proches qui a dit qu'elle était morte de trouille. Est-ce que c'est vrai Bon, pas de réponse, on tente avec l'un des avocats de Rachid Adati. Comment vous allez ? Comment vous vous sentez
qui, pardonnez-moi
Juliette Pellerin, émission quotidienne.
C'est quoi
Sur TMC, Yann Barthès. Bon, c'est pas grave. On va couvrir le procès de Mme Dati, de votre cliente. Comment elle se sent
? Très sereine.
Très sereine ? Un de ses proches dit qu'elle est morte de trouille.
ne connaissais pas les mêmes proches que moi, et moi qui suis proche qu'elle, je ne connais pas ce proche.
Attendez, je vous pose juste une dernière question. On reproche à Mme Dati d'avoir pris 900 000 euros de la part de Renault. Pour quel travail exactement ?
C'est pas pris.
'avoir reçu 900 000 euros. C'est
mieux, c'est plus correct. A tout à l'heure.
Quel travail exactement maître ce procès, il y a donc deux personnages principaux, Rachida Dati et Carlos Ghosn. L'ancien patron de Renault est aujourd'hui réfugié au Liban. Entre 2010 et 2012, c'est lui qui a versé 900 000 euros à Rachida Dati. La question est maintenant de savoir, est-ce que cette somme, c'était pour du vrai boulot d'avocat ou alors pour faire du lobbying discretos en faveur de Renault au Parlement européen ? Voici justement l'avocat du grand patron. Ça va, vous allez bien ? Vous parlez avec Carlos Ghosn ? Non. Comment il va ? On sait qu'il est visé par un mandat d'art international. Vous êtes son avocat. Comment il se sent ?
Je suis son avocat libanais. Je ne suis pas là pour le représenter. Je suis là comme un simple spectateur.
-ce que vous pensez qu'un procès doit avoir lieu sans Carlos Ghosn
Non, je ne crois pas. S'il y a une possibilité, il faut qu'il s'explique pourquoi le procès sans sa présence.
Et concrètement, c'était quoi le travail de Rachid Adati auprès de Carlos Ghosn ?
C'est à elle de répondre.
Et toute la journée, la question, c'était donc le procès sera-t-il renvoyé à plus tard, puisqu'on l'a dit, il y avait un souci avec la convocation de Carlos Ghosn, mais le tribunal a décidé de rejeter la demande de renvoi. Mais moi, ce qui m'a frappée, c'est qu'une fois dans la salle d'audience, Rachida Dati, elle sait très bien qu'elle a épié, elle rigole avec ses avocats, elle sourit, et puis directement, elle jette un regard vers la presse, vers le public, comme pour vérifier que ce sourire est bien vu, parce qu'elle sait qu'il y a six mois, elle se voyait maire de Paris, et que maintenant, elle risque dix ans de prison.
Laurent, on va revenir sur le fond de l'affaire. Les 900 000 euros perçus par Rachida Dati à leur qualité, on le rappelle, députée européenne. Qu'est-ce qu'on lui reproche exactement ? Est-ce qu'il y a eu un véritable pacte de corruption
Alors déjà, on lui reproche d'avoir touché 100 premiers 1 000 euros à une période où elle n'était pas encore avocate. Entre octobre 2009 et mai 2010. Elle n'est pas encore avocate. Pour un contrat d
'avocat ? Pour
un contrat d'avocat qui est antidaté en prévent 2010. Donc il y a tout un petit mic-mac au début. Et puis ensuite, on lui reproche. Alors, c'est vrai qu'ils ne sont pas d'accord, Carlos Ghosn et elle, parce qu'elle, elle dit « Mais moi, j'étais avocate, j'ai fait des conseils d'avocat. » Alors, ils ont interrogé l'ancienne directrice des services juridiques de Renault, qui était en charge de tous les contrats d'avocat de Renault. Et puis, ils l'ont un peu pris par surprise, les policiers, et ils lui ont dit « Mais vous connaissez Rachida Dati ? » « Ah non. » « Et elle a déjà travaillé pour vous, avocate ? » « Ah non, jamais. » Donc, ça, Rachida Dati avocate, ça a pris un peu du plomb dans l'aile. Après, dans un second temps, le directeur des services juridiques de Renault, au-dessus d'elle, il est décédé aujourd'hui d'ailleurs, la présidente a constaté l'instruction de l'action publique avec lui, a expliqué que non, elle avait fait un peu du lobbying, des choses comme ça pour Renault. Alors ça, c'est aussi une erreur complète parce qu'elle n'avait pas du tout le droit en tant que députée européenne de faire le moindre truc de lobbying. Après, Carlos Ghosn est allé l'entendre au Liban pendant deux jours. Juste avant
que vous parliez de Carlos Ghosn au Liban, est-ce que ça desserre ou ça sert Rachidati le fait qu'il ne soit pas ici à Paris ? Ça la
sert dans la mesure où ce qu'il avait dit au juge au Liban est complètement contraire à sa défense à elle puisqu'il a dit Rachidati, elle faisait de la diplomatie des affaires. C'était une sorte d'ambassadeur de la marque. Ça la sert qu'il ne soit pas là. Alors, ça la servirait qu'il soit là si tout d'un coup il changeait de version. Mais la version qu'il a tenue devant les juges au Liban, elle est catastrophique pour Rachida Dati, puisqu'il explique qu'elle ne faisait rien de concret comme avocate, mais qu'elle était simplement ambassadrice de la marque. Alors Rachida Dati, elle essaye d'inverser tout ça. Elle essaye d'expliquer qu'au contraire, elle a facilité la création d'une usine au Maroc, qu'elle a facilité des choses pour Renault en Algérie. Il y a des
preuves écrites.
Alors là, elle a fait citer des témoins qui, dans l'instruction, ont été entendus et qui ne se souvenaient pas trop. Parce qu'au début de l'enquête, quand elle a dit tout de suite, j'ai aidé à la construction d'une usine au Maroc, ils ont interrogé le directeur du Maroc,
qui
a dit qu'il était pas au courant. Et ils ont interrogé le supérieur du directeur au Maroc, qui gère tous les pays du Maghreb, pour Renaud, qui a dit qu'il n'était pas au courant.
qui est fou, c'est quand même, Laurent Valdigui, c'est que cette histoire, elle commence de manière plutôt anodine. C'est une petite actionnaire de Renaud qui lit dans la presse un article et qui se dit, tiens, je vais intenter une action en justice avec mon mari qui est avocat.
C'est ça. D'ailleurs, son mari avocat, il était là aujourd'hui. Sa femme, elle est décédée entre temps. Il avait lu dans les journaux le rapport Mazars. Vous savez, quand Carlos Ghosn, il est arrêté au Japon, il ne s'y attendait pas du tout. C'était un effet de surprise complet. Renaud non plus à Paris ne s'attendait pas à ce que son PDG soit arrêté. Donc, qu'est-ce qu'ils ont fait à Paris ? Ils ont déclenché des enquêtes. Et puis, ils se sont rendus compte quand même, à Paris, ça n'a rien à voir avec le Japon, qu'il y avait une petite structure aux Pays-Bas. RNBV, elle s'appelle, qui était quand même contrôlée quasi que par Gaune. Un peu sombre, cette structure. Au Pays-Bas, c'est toujours un peu discret. Et que cette structure, elle servait à payer des gens. Donc, il y a eu des articles dans les journaux. Et puis là, l'avocat, Jean-Paul Baduel, avec sa femme, qui était actionnaire de Renault de longue date, il a fait un courrier au Parc national financier. Et c'est ça qui a déclenché l'affaire. 'état d'esprit de Rachid Alati ? Alors aujourd'hui, elle a l'air tendue. Juliette disait qu'elle était plutôt souriante. Moi, je l'ai trouvé tendue, Juliette. Souriante
parce qu'elle soignait son image.
D'abord, elle espérait, à mon avis, que le procès soit reporté. Parce que hier soir, le PNF avait produit des documents, notamment une jurisprudence d'une affaire où il y avait eu un report.
Elle a quand même fait 45 recours aussi, déjà, pour reporter à chaque fois le procès. Ah oui,
dans les vacheries de l'avocat de Renault, il a dit, vous savez, les affaires, elles traînent. Il y a eu 53 recours de Rachida Dati, dont 21 étaient irrecevables. Alors là,
c'était une méchanceté. Vous avez écrit un papier sur l'été de Rachida Dati aussi. Oui. Elle n'est pas très en forme. Pas très
en forme, elle est inquiète. Et c'est vrai qu'elle est assez lucide, Rachida Dati. En plus, elle a demandé à réintégrer la magistrature, donc c'est vrai que ça tombe plutôt mal.
Il faut expliquer pourquoi elle veut réintégrer la magistrature. Qu'est-ce qu'elle cherche ? Parce qu'on a eu évidemment beaucoup de réponses. Par exemple, elle veut assurer ses arrières parce qu'elle risque gros, là, avec ce procès.
C'est un peu à qui perd gagne, parce que si elle perd dans le procès, elle ne sera pas réintégrée magistrate. Oui, mais...
La décision de
la réintégrer, elle doit arriver à la fin du mois.
Alors
non, la fin du mois, c'est la décision de... Le CSM, c'est pas réintégré ou pas réintégré. Est-ce que le Conseil supérieur de la magistrature donne son feu vert pour le poste à la chancellerie européen ? Et puis, est-ce que le Conseil supérieur de la magistrature dit... Est-ce qu'un emploi de magistrat à plein temps à la chancellerie, est-ce que c'est compatible avec maire du 7e
? Mais là, qu'est-ce qu'elle risque avec ce procès ?
risque, comme disait Juliette, une peine de prison. Le tarif pour enrichissement personnel de politique ces dernières années, il a un peu monté. Parce que là où c'est dangereux, cette audience, c'est que soit elle démontre qu'elle a fait un réel boulot qui nécessitait 25 000 euros par mois, parce que 300 000 euros par an, ça fait 25 000 euros par mois. Donc soit elle arrive à le justifier, soit les juges estiment que c'était injustifiable. comme les juges d'instruction, qu'il n'y a rien qui justifie ce travail-là, auquel cas ils qualifieront ça, nous, en langage courant, on dit enrichissement personnel. Et là, enrichissement personnel, elle peut risquer de la prenne de prison ferme. Et en tout cas, une inégibilité. Ça va durer combien de temps et à quel moment elle prend la parole ? Alors là, ça ne dure que 6 demi-journées, ce n'est pas beaucoup. Jusqu'au 28 septembre.
Ce n
'est pas beaucoup, sachant qu'il y a 11 témoins qui ont été cités, donc il y a quand même un défilé de témoins qui vont expliquer. Il y en a 9 cités par Rachida Dati, qu'elle travaillait et tout ça. Elle va prendre la parole ? Elle va prendre la parole, elle va être dès demain, dès demain après-midi. Aujourd'hui, elle a juste dit sa naissance et son lieu de naissance, on l'entendait à peine. Et elle a répondu aussi oui,
quand la présidente lui a demandé que vous êtes bien Rachida Dati, au début quand elle arrivait.
Elle avait quand même un petit filet de voix qui trahissait du trac. à sa décharge, à la barre de ce tribunal, dans cette grande salle Victor Hugo, bondée, avec des avocats partout, un peu hostiles, et puis le PRF, même Sarkozy, même Marine Le Pen, dans cette grande salle. D'ailleurs, on se revoit
fin septembre, non ? Fin novembre.
Le 30 novembre pour Nicolas Sarkozy, la suite. Le délibéré, Jean-Michel Sarkozy, le délibéré. Iris s'est enferme.
Oui, il risque ce qu'il risque. Je m'en fous, moi. Et il aura ce qu
'il
aura.
pas pleurer. C'est pas mon problème. Donc, on se revoit le 30 novembre, du coup. Le 30 novembre. OK, merci, Laurent. Je remonte donc votre dernier hors-série pour le procès Le Pen. Décidément, ça tourne. Le Pen, Parkegi, tout ça, ça tourne.