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Bonjour Jean-Luc Ghana. Bonjour Richard, comment allez-vous ? Très bien, il est un peu en train de me prendre les pieds dans le conducteur, mais à part ça, à merveille. De quoi nous parlez-vous aujourd'hui ?
Écoutez, je suis désolé pour les auditeurs les plus fidèles et les plus tenaces qui vous écoutent depuis ce matin, mais je vais revenir un petit peu sur la dissolution du rassemblement des étudiants de droite. J'ai le triste honneur d'avoir cofondé deux mouvements qui auront été dissous, puisque j'ai fait partie des cofondateurs du RAID en 2012 ou en 2013, je ne sais plus, et que j'avais cofondé l'Alvarium également, mais ça à la rigueur. On s'en fiche. Ce qui est intéressant de noter, c'est que sur plus de 130 dissolutions sous la Ve République, une cinquantaine déjà, donc quasiment pas la moitié, mais disons plus du tiers, ont eu lieu sous l'ère Macron. Quand on y pense, c'est vertigineux. La France aura connu la guerre d'Algérie, aura connu mai 68, aura connu la subversion communiste, les mouvements maoïstes, etc. Beaucoup de périodes où le gouvernement pouvait dissoudre des grandes organisations à échelle nationale avec de véritables védéités révolutionnaires, disons. Mais sous Macron… eh bien la moindre critique du système là donne lieu à des dissolutions alors même qu'il n'y a pas de véritable risque. Or, j'avais assisté moi en 2023. à l'audience qui s'était tenue devant le Conseil d'État pour les soulèvements de la terre, qui avait fait un recours. Les soulèvements de la terre, c'est cette association écologiste qui, notamment au moment des bassines de Sainte-Soline, avait organisé des véritables émeutes dans les champs. Il y avait eu des dizaines ou peut-être des centaines de policiers blessés. Darmanin avait engagé une procédure de dissolution et l'alvarium était passé le même jour que le soulèvement de la terre, donc j'étais là. au Conseil d'État. Et le Conseil d'État avait rappelé que, eu égard à la gravité de l'atteinte portée par une mesure de dissolution à la liberté d'association, les dispositions de l'article L212.1 du Code de la sécurité intérieure sont d'interprétation stricte et ne peuvent être mises en œuvre que pour prévenir des troubles graves à l'ordre public. Voilà. La liberté d'expression est également une garantie conventionnelle au titre de l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme. Alors, s'agissant d'une ingérence aussi lourde que la dissolution, la Cour européenne des droits de l'homme ne l'admet que pour des raisons, je cite, « convaincantes et impératives, et à condition que cette mesure constitue l'unique option permettant de répondre aux objectifs poursuivis, les objectifs poursuivis étant donc le maintien de l'ordre public et de l'intégrité » du régime, des institutions. La dissolution est donc en théorie une mesure d'exception que seule peut justifier la protection de l'ordre public s'il est menacé de façon grave, tangible, effective, par de véritables actes de provocation et d'incitation à la subversion. Alors là, on voit bien pour la plupart des dissolutions que nous aurons vécues sur l'ère Macron, que ces motifs-là de maintien de l'ordre public, de sauvegarde de nos institutions, ne tiennent absolument pas. La réalité, on l'a eu, on l'a entendu sur vos ondes, on l'a entendu notamment à l'occasion du dernier colloque de l'Iliade, c'est que ces dernières années, nos dirigeants ont inventé ce qu'on appelle l'ordre public immatériel. Et troubler l'ordre public immatériel, c'est finalement remettre en cause les dogmes politiques, notamment ceux liés à l'universalisme républicain, à l'immigration, à l'antiracisme, etc. Parce que... Dans les motifs qui sont retenus pour dissoudre le Rassemblement des étudiants de droite, les principaux, ceux qui sont le plus répétés à l'envie, c'est le motif d'incitation à la haine, avec des exemples qui suffiraient à dissoudre n'importe quelle partie de droite, n'importe quelle école, n'importe quelle association, n'importe quel comité des fêtes de village dans lequel on s'exprime en fin de soirée ou en début de soirée d'ailleurs, et les Républicains inclus. puisque sont visées dans le texte la comparaison entre la situation à Lampedusa. et le camp des saints, sont visés l'utilisation du terme « remigration », l'utilisation du terme « grand remplacement », sont également cités un hommage rendu à Jean-Marie Le Pen, comme si Jean-Marie Le Pen était Adolf Hitler, vous savez, le Rassemblement National a rendu hommage à Jean-Marie Le Pen, reconquête aussi, Jean-Marie Le Pen avait un mouvement qui a été autorisé pendant 50 ans, donc tout ça est absolument scandaleux, absurde, inique. Dans les autres motifs d'incitation à la haine, enfin tout est incitation à la haine. chers auditeurs, prendre une vidéo dans un camp de Rome, enfin un camp de Rome qui vient, un squad de Rome qui vient d'être évacué, dans lequel il y a des détritus, des choses dégradées, etc. C'est une incitation à la haine. Critiquer l'immigration, c'est une incitation à la haine. Dire que la meurtrière de Lola ou les meurtriers de Thomas Acrépole sont des barbares, quand bien même ils sont poursuivis pour actes de barbarie concernant la Dabia Benkired, eh bien ça aussi, c'est une incitation. Et il y a un deuxième motif qui est invoqué, qui est absolument ridicule, qui est l'incitation à la violence. Le rassemblement des étudiants de droite existe depuis 14 ans, et du fait des échauffourés qui ont eu lieu rue du Cornet à l'occasion des émeutes pour Naël, le rassemblement des étudiants de droite est considéré par le gouvernement, enfin du moins le gouvernement fait mine de considérer que c'est un mouvement qui incite à la violence. La réalité, c'est qu'en 14 ans d'existence, il n'y a eu qu'une seule histoire de violence, un seul épisode. C'est cette période exceptionnelle, je rappelle, de dizaines, voire de centaines de gauchistes et de hordes afro-maghrébines issues des banlieues qui sont venues avec des armes. Ouest France parle de machettes, parle de bâtons, de mortiers, etc. pour attaquer un local. que les jeunes du RAID et d'autres avaient défendu. Et en première instance, l'état de nécessité avait été invoqué par le tribunal pour relaxer tout le monde. Comme quoi la situation n'était pas totalement une situation d'agression et de violence gratuite de la part du RAID. Bref. La réalité, c'est que le gouvernement tape au hasard pour empêcher toute révolte avec, on l'a dit, un thème comme ligne rouge, celui de la remigration. J'en profite au passage pour vous appeler à participer au colloque organisé par Jean-Yves Le Gallou le 31 octobre à Paris sur le thème de la remigration. Voilà, s'il est autorisé. Mais voilà, c'est le thème vraiment dont on sent qu'il est interdit de l'aborder. Ça et le fait de dire que les Français ont le droit de se défendre, l'autodéfense. Alors, je sais que certains auditeurs se demandent dans cette situation, dans cette circonstance, à quoi bon militer, à quoi bon essayer de se battre, puisque les colloques, les associations, bref, tout est interdit. Pourquoi ne pas essayer de faire des choses dans notre coin ? Et je voudrais leur parler d'une distinction entre l'agir et le faire, faite par Aristote, que j'ai découverte très récemment. Alors, peut-être que beaucoup de nos auditeurs connaissent déjà cette distinction, mais je voudrais étaler ma très récente culture générale sur le sujet. Distinction fondamentale d'Aristote, donc, entre le faire, le poésis et l'agir, la praxis. Le faire, c'est l'action matérielle. cultiver un potager, réparer un toit, etc. Le but est dans l'objet fabriqué à l'extérieur de nous. L'agir, la praxis, c'est une action morale vertueuse, être juste, courageux, prudent. Le but de l'agir, c'est l'acte lui-même. Il élève celui qui le pose. La différence radicale entre les deux, c'est que le fer se délègue, on peut demander à quelqu'un de faire un mur, mais l'agir, le fait de poser des actes vertueux en vue d'un bien supérieur, ne peut pas se déléguer. On peut payer un ouvrier pour bâtir un mur, on peut sous-traiter la gestion d'un budget, mais on ne peut pas payer quelqu'un pour être courageux à notre place ou pour sauver un pays à notre place. On ne peut pas déléguer sa loyauté, sa justice ou son devoir de parent. L'agir exige un engagement personnel inaliénable. Alors je vais conclure là-dessus, il faut agir pour être meilleur, car avant même de changer des institutions, de poser le bon diagnostic, d'avoir raison, encore faut-il améliorer le matériau humain de ce pays. Et donc nous-mêmes... Voilà, c'est nous le matériau humain, si l'on veut vraiment changer les choses. Et là est l'utilité première de ces groupes militants qui semblent un peu ésotériques ou incongrus à tant de gens ou inutiles. Au-delà de leur réelle efficacité pratique pour imposer des thèmes ou des rapports de force ou empêcher des scandales ou des injustices, ils transforment bien souvent de jeunes Français qui n'avaient pas reçu beaucoup en leur inculquant le sens de l'effort, du courage, du patriotisme, du sacrifice. En plus de les former intellectuellement, il leur donne le sens de l'agir. Et c'est ça qui est fondamental dans tous ces groupes. Et c'est pour ça que ces dissolutions sont scandaleuses, qu'il faut soutenir le rassemblement des étudiants de droite, soutenir la cagnotte qu'il a fait pour aller dans le Conseil d'État et d'une manière générale interpeller nos députés patriotes qui pourraient subir avec les mêmes arguments la dissolution de leur mouvement.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Merci Jean-Eude. Quand vous disiez « nous sommes le matériau humain », il y avait une résonance totalement augustinienne. Saint-Augustin disait « les temps sont proches, oui, mais nous sommes les temps ». Vraiment, ça parle terriblement. Il nous reste un peu plus de deux minutes. Dans la lettre de la direction des libertés publiques, on reproche aux militants de s'être défendus avec des boucliers de verre. Des boucliers de verre ? Des
boucliers
de verre. 'accord.
C'est très amusant. Je voyais comme quoi vraiment le dossier a été monté à la va-vite parce que, chers auditeurs, n'essayez surtout pas de vous défendre avec un bouclier de verre. S'il y a des gens ici qui se mettent à empoigner leur Vélux pour aller en manifestation affronter les CRS, ils vont avoir de très mauvaises surprises. Des boucliers de verre, maintenant je le voyais, je n'avais pas fait attention.
J'étais un peu étonné aussi, je me disais très bien que tout ça avait été improvisé, mais donc on est d'accord, ça ne veut rien dire. Vous avez dit que tous les députés nationalistes, nationaux, en tout cas seraient inspirés de lire cette lettre, parce que c'est vrai. quand on voit qu'on reproche un hommage à Le Pen, quand on voit qu'on reproche l'usage du mot « remigration », qu'il suffit de dire qu'il y a un lien entre immigration et insécurité pour que ça caractérise un discours de haine qui est censé aboutir à l'attaque physique des immigrés. Je cite et je résume la lettre de la direction des libertés publiques. On se dit que n'importe quel discours du RN de Zemmour... et criminalisables, et que même Gabriel Attal et Edouard Philippe, qui expliquent qu'il y a un problème avec l'immigration, sont passibles un jour de se faire liberté publicisée.
à fait, et c'est le grand drame, je crois, de notre camp qui ne comprend pas que ce n'est pas en faisant l'autruche qu'on va échapper aux persécutions. À vrai dire, s'il y a une jurisprudence avec 5, 10, 15, 20, bientôt 50 groupes qui ont été dissous parce qu'ils faisaient le lien entre immigration et insécurité, il n'y a aucune raison que Mélenchon, si demain il est au pouvoir, n'interdise pas le RN. Souvenez-vous que Mélenchon a demandé la dissolution du Front National à nombreuses reprises, qu'il ne s'est jamais caché qu'il était pour l'interdiction de ce genre de mouvement. Et là, par leur inaction, nos députés sont en train d'offrir sur un plateau toute la jurisprudence nécessaire à la dissolution de leur propre mouvement. Voilà, c'est absolument dramatique. Je sais qu'il y en a qui nous écoutent actuellement. qui écouteront la retranscription. Je leur lance un appel, ne regardez pas le prétendu extrémisme des jeunes du Rassemblement des étudiants de droite, ne regardez pas ce qui divise, mais regardez plutôt ce qui, dans les persécutions dont ils sont l'objet, pourrait être retourné contre vous. Jurisprudence à l'appui.
Merci beaucoup Jean-Diana et à la semaine prochaine sur Ligne droite.