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Agnès Evren, vous êtes sénatrice LR de Paris. C'est vous qui êtes à l'origine de cette commission d'enquête sur le scandale du périscolaire. Vous en êtes la rapporteure et vous avez mené deux auditions cruciales cette semaine. Celle de l'ancienne maire de Paris, Anne Hidalgo, et celle de l'actuel maire, Emmanuel Grégoire, qui était aussi son ancien adjoint. Vous leur reprochez, et vous le dites depuis des mois, une omerta. On va longuement y revenir. Mais d'abord, je rappelle l'ampleur du scandale dans la capitale. 235 enquêtes pénales, 110 écoles concernées. C'est une école sur six, le scandale qui n'est pas que parisien. Au niveau national, 587 témoignages recueillis, 73 départements, 16 régions. Avant de revenir sur les auditions des maires de Paris, Agnès Évren, quel premier bilan vous tirez de vos travaux
bilan, c'est une forme assez effrayante de dilution des responsabilités. de déni, de diversion. Alors c'est vrai qu'il y a beaucoup d'acteurs institutionnels qui entrent en ligne de compte sur la chaîne de protection de l'enfance. Il y a évidemment les municipalités puisqu'en fait elles endossent totalement le recrutement des animateurs et leur gestion. Ensuite il y a évidemment le problème judiciaire, il y a également la police, il y a le recueil de la parole et ce qu'on réalise en fait c'est que c'est une chaîne de protection. qui, en fait, est très fragile à chaque maillon de la chaîne. C'est-à-dire que si on me disait quel est le principal maillon faible, je commencerais par dire c'est le recrutement, mais c'est aussi ensuite la lenteur de la justice et le silence de la justice quand il y a un enfant agressé, compte tenu de la présomption d'innocence et du secret de l'enquête. Et c'est ça qui est le plus difficile pour les parents, c'est qu'en fait, ils se rendent compte que, eh bien, quand un enfant est agressé, d'abord les délais d'audition de leur enfant peuvent être de trois. à 4 mois, sauf qu'un enfant, quand il a 3 ou 4 ans, sa mémoire s'efface au bout de 3 semaines. Et donc, en fait, ils arrivent, ils se disent, enfin, notre enfant va être pris en charge par la brigade de protection des mineurs au bout de quelques mois. Et là, l'enfant est entendu seul, parce qu'il ne peut pas être influencé par la parole d'un parent. Parfois, l'enfant veut faire plaisir à ses parents. Et donc, ils ne sont pas tenus au courant. Il y a un classement sans suite, ils l'apprennent par hasard. parfois par la presse, ce qui est pour eux une seconde violence. Et donc moi, ce qui me frappe, pour avoir entendu énormément de parents, c'est d'abord cette espèce de silence, ce sentiment d'abandon, ce sentiment d'incompréhension, et puis deuxièmement, cette dilution des responsabilités. C'est-à-dire qu'en fait, on a eu Madame Hidalgo qui est venue nous expliquer que d'abord, pas de mea culpa, pas d'excuses, que c'était la faute de l'administration. Et en fait, l'administration renvoie ensuite à la police, qui renvoie ensuite à la justice. et qui renvoient parfois aux mairies. Vous voyez, il faut sortir, en fait, de cette dilution des responsabilités et de ce déni. Et le déni est encore très structurel en fonction. – Mais
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vous, alors, vous êtes élu de Paris, vous êtes conseillère de Paris, donc vous étiez au fait, vous saviez, en tout cas, depuis des mois, qu'il y avait quelque chose autour du périscolaire à Paris. Est-ce que vous attendiez ? – Pas
depuis des mois. Attention, il y a le rapport de l'inspection générale de la ville de Paris qui date de 2015. Et ce rapport détaille... et décrivait et documentait toutes les défaillances. Ce que j'ai révélé dans cette commission d'enquête, c'est que dix ans après, le rapport visant à mettre en œuvre justement toutes ces recommandations démontre qu'en fait seulement 50% des recommandations ont été mises en œuvre. Mais on va revenir
sur le cas de Paris, mais cette commission d'enquête, elle ne concerne pas que Paris. Est-ce que vous vous attendiez à une telle ampleur
honnêtement, de toute façon, les révélations médiatiques ont montré que Paris était certes un cas exceptionnel par l'ampleur des affaires, 33% des écoles maternelles. Ce qu'on réalise, c'est que c'est 33% des écoles, c'est-à-dire une école sur trois à Paris et une école sur six sur le plan élémentaire. Et comme je le dis souvent, Paris est un cas exceptionnel. compte tenu de l'ampleur de l'omerta et de l'ampleur des familles concernées, mais pour autant, Paris n'est pas une exception. 72 départements sont concernés par tous ces remontés de signalement et les mêmes défaillances se répètent en termes de formation, en termes de recrutement, en termes de culture de signalement. Les agents n'ont pas été formés à signaler, à faire des articles 40. Il y a aujourd'hui encore des maires qui ne savent pas, je le dis, dans des communes rurales notamment, qui ne savent pas qu'ils doivent... immédiatement signalés dès lors qu'ils acquièrent la connaissance d'un crime ou d'un délit commis dans l'exercice de leur fonction.
Alors, cette semaine, vous avez auditionné, on le disait, l'ancienne maire de Paris, Anne Dalgo, l'actuel maire de Paris, Emmanuel Grégoire. Et Stéphane, dans son audition hier, Emmanuel Grégoire a exprimé des regrets.
Oui, parce qu'il vous a dit, dire que tout était parfait serait ridicule. C'est les mots qu'il vous a prononcés en audition. Et le maire de Paris a aussi noté un manque de transparence de la ville de Paris sur ces violences sexuelles. En revanche, il a tenu à être très clair sur les accusations qui visent son administration. On l'écoute.
a fait plein de choses mal. On va faire plein de choses mieux et n'y voyez aucune, aucune obsession d'exonération de responsabilité de ma part. Mais quand même, sur ce sujet aussi essentiel, on ne couvre pas de pédophiles à la ville de Paris. Au regard de ce qui a été porté à ma connaissance, ça n'a jamais été fait et je vous jure que ce ne sera jamais fait. Et si d'aventure c'était le cas, je le rappelle, c'est une infraction pénale.
Alors Emmanuel Grégoire, il l'a dit, cette réponse, elle s'adresse aussi à Rachida Dati qui avait dénoncé l'omerta de la ville de Paris sur ce sujet. Auriane l'a rappelé, vous êtes conseillère de Paris, elle est présidente de ce groupe d'opposition au Conseil de Paris. Est-ce que vous diriez, à l'aune de cette réponse, que les attaques contre la ville ont été trop loin
absolument pas, puisque dès 2015, Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e, alertait tout simplement. Vous savez, la protection de l'enfant, c'est quand même un sujet gravissime et qu'il fallait immédiatement mettre les enfants, les protéger. Et donc, en fait... Ma commission, elle n'est pas partisane. Moi, je ne suis pas juge, je ne suis pas procureur. L'idée, c'est d'identifier justement tous les dysfonctionnements et d'y apporter des recommandations. Parce que la petite polémique politicienne, vous savez, c'est Madame Hidalgo qui, dès 2015, nous disait arrêter avec cette obsession des animateurs, agents, prédateurs. Ça n'était pas une obsession, c'était tout simplement des alertes. Et qui est aujourd'hui en responsabilité ? C'est Monsieur Grégoire. C'est Mme Hidalgo. Je reconnais à Emmanuel Grégoire, c'est vrai. Il est arrivé, il a commencé par exprimer des profonds regrets, contrairement à Mme Hidalgo, qui est arrivé en disant que c'est une faillite collective. Non, pourquoi ? Parce que 100% de la responsabilité, je le redis, de la formation, du recrutement et des signalements sont de la compétence de la mairie centrale. Donc moi, je veux bien qu'on me parle de Mme Dati, mais en l'occurrence, c'est pas elle qui était maire de Paris quand ses crimes et délits ont été commis. Mais est-ce qu'en ayant auditionné à
Nidalgo Emmanuel Grégoire, vous... dites ce matin, oui, il y a eu une omerta. Vous
maintenez ça ? Je maintiens qu'il y a eu une omerta systémique même. Je le dis, l'omerta, il y a eu des signalements, il y a des agents, j'ai demandé tous les rapports de l'inspection générale et on voit bien qu'il y a des agents qui n'osaient pas remonter des signalements parce qu'ils avaient peur ensuite d'être sanctionnés. Il y a aussi des agents qui ont été déplacés, notamment sur des délits de violence physique et qui ensuite ont commis des crimes. Comme il n'y a pas de traçabilité administrative des vacataires qui passent, eh bien... Il est tout à fait possible qu'un agent qui ait été écarté puisse revenir six mois, voire un an après, dans une autre école. Et c'est ça qui est très dangereux.
auriez attendu, vous le rappelez, il y a eu des regrets. Alors, Anne Dalgo a regretté de ne pas avoir rencontré les familles. Emmanuel Grégoire est allé plus loin. Il a exprimé de profonds regrets. Est-ce que vous attendiez des excuses de leur part
Oui, oui, oui. surtout de la part de Mme Hidalgo, parce qu'encore une fois, il y avait un rapport de l'inspection générale que si ce rapport, qui contenait 50 recommandations, tout particulièrement sur la formation, avait été entièrement mis en œuvre, peut-être nous aurions pu éviter ce type de cas. Vous savez, ce qui rend fou les parents, c'est de se dire, donc il y avait des alertes depuis 2015. Ces alertes, il y avait un comité de pilotage qui se réunissait de façon totalement intermittente, c'est écrit dans le rapport, et qu'en fait, il n'y a eu aucun suivi de ces recommandations, dont certaines qui concernent la formation. Vous savez, en fait, former un agent. c'est de lui dire, attention, il y a des symptômes qui sont les mêmes. Quand un enfant se remet à avoir mal au ventre, à pleurer, à crier, à être agressif, c'est que souvent, ils ont subi un délit ou un crime et que dans ces cas-là, il faut que l'adulte présent puisse immédiatement alerter la hiérarchie pour qu'il soit protégé. Or là, à chaque fois, en fait... qu'on a vu que c'était un crime, eh bien, ce ne sont pas les adultes sur place, mais les parents qui ont alerté. – Mais pour qu'on comprenne bien, vous, groupe de droite, qu'est-ce que vous avez fait depuis 2015 ? – Alors, nous, groupe de droite ou pas, groupe de droite, peu importe. – Non mais groupe d'opposition, c'est-à-dire, parce que là, vous pointez du doigt la
responsabilité de la mairie de Paris, qui était aux manettes, mais vous, dans l'opposition, depuis 2015, qu'est-ce que
vous avez fait ? – Moi, je n'étais pas maire de Paris. Madame Dati n'était pas maire de Paris et, encore une fois, je ne suis pas dans un procès politique. Ça n'a aucun sens. Nous, on a fait, évidemment, on avait demandé un débat au Conseil de Paris. On a demandé une mission d'évaluation, justement, sur la mise en œuvre de ces recommandations. Inès de Ragnel, qui est conseillère de Paris, a pris le sujet à bras-le-corps. et a fait ce qui valait. Voilà, mais vous savez, encore une fois, moi, je ne veux pas instrumentaliser ce sujet d'un point de vue politique. Vous n'avez pas les moyens de briser cette omerta,
c'est ça ? Politiquement parlant, vous n'avez pas les moyens de briser cette omerta ? Vous n'avez pas trouvé que pendant la
campagne municipale, Rachida en a beaucoup parlé, malheureusement, on n'a pas réussi, parce qu'on nous reprochait systématiquement, en fait, de faire de la petite politique politicienne. Et ce ne sont pas mes termes, ce sont les termes de Mme Hidalgo. Moi, je le redis, je n'ai pas d'esprit partisan. Cette commission, elle est transpartisane. Il y a des élus de gauche qui font partie de la commission culture-éducation qui en sont membres. Mon seul sujet, moi, aujourd'hui, c'est de protéger les enfants.
Votre analyse des violences sexuelles à Paris vous a opposé du coup à Anne Hidalgo mardi et à Emmanuel Grégoire hier.
Oui, sur ce mot systémique justement là-dessus, il n'y a pas vraiment eu d'accord entre vous, Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire. Laurent Laffont a re-questionné le maire de Paris aussi là-dessus en disant mais les cas ont bondi en 2025 et en 2026 à Paris. Pour vous et pour le président de la commission d'enquête, Laurent Laffont, il y a une spécificité à Paris. Ce n'est pas ce que pensent Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire. Regardez leur réponse, ils ont un même argument.
ne sais pas ce que vous entendez par systémique. C'est un sujet national. C'est un sujet global. La violence contre nos enfants. Attendez, je réponds. Je parle à l'échelle
de Paris. Quand on a un tiers des écoles concernées par des enquêtes, c'était
ça ma question tout à fait concrète. Ce qui est systémique, c'est la violence globale, les agressions contre nos enfants.
Je ne crois pas qu'il y ait de spécificité parisienne dans la matière. Et je crois que l'explosion des signalements, c'est lié à l'hypersensibilité du sujet, à l'attention des parents. à l'attention de notre propre administration.
'est trop facile à chaque fois de déplacer la responsabilité sur les voisins. Personne
n'a
dit ça,
je
ne parle que de nous. pourquoi vous ne pensez pas comme eux ? Pourquoi vous cautionnez pas cette explication d'Emmanuel Grégoire qui dit qu'il y a plus de sensibilité sur le sujet, ce qui explique l'augmentation des cas ?
C'est très simple. D'abord c'est arithmétique. C'est-à-dire que quand vous avez 277 écoles à Paris, que vous avez 121 écoles maternelles, je parle de maternelles, C'est une sur trois. Ce ne sont pas des cas isolés. Et c'est vrai que pendant des années, ça a contribué à cette omerta où on disait on est dans la statistique nationale finalement. Et donc les questionnaires d'ailleurs que j'ai reçus... de la procureure générale de Paris, disent bien le caractère sériel. Moi, ce que je veux dire, c'est qu'en fait, ces dysfonctionnements, ils sont structurels. Ce n'est pas un petit fait divers dans une telle école ou dans une autre école. On voit bien qu'en fait, toutes ces défaillances, à l'échelle de Paris, en effet, elles ont été importantes. On est toujours dans cette culture du déni et de l'omerta, c'est-à-dire qu'on essaie de minorer, on essaie de minimiser. Moi, je dis juste, ma commission est là pour révéler des faits et pour briser cette omerta. Vous savez, je sais même qu'il y a parfois une omerta médiatique, parce que c'est vrai que ça peut être angoissant pour des parents. C'est tellement impossible de s'imaginer qu'on puisse s'attaquer à des enfants si fragiles. Les enfants ont 2, 3, 4, 5 ans. Ils ne savent pas mettre de mots sur ce qu'ils ont subi. C'est d'autant plus ignoble, en fait. devant protection
de son audition vous avez une passe d'armes avec emmanuel grégoire sur une offre d'emploi
oui vous lui avez montré une offre d'emploi pour un poste d'animateur dans le périscolaire à paris où les spécifiques on peut y candidater sans diplôme si les conditions sont fixées par la loi c'est ce que vous a répondu emmanuel grégoire et il a aussi parlé du profil des agents pourquoi sont-ils plus vacataires qu'aux titulaires on l'écoute
Pourquoi la vacation est une référence nationale de recrutement ? Parce qu'on s'est nés sur des missions ponctuelles. C'est-à-dire que certaines villes font de l'accueil Perisco le matin, une demi-heure le matin, ou un peu plus. On en a besoin le midi, on en a besoin en fin d'après-midi. Et sur le plan fonctionnel et sur le plan juridique, ça ne peut pas reposer sur les titulaires.
Comment on fait pour concilier l'exigence de sécurité des enfants avec ces formes d'emplois qui sont des emplois par petites touches le matin, le midi, le soir ?
Vous avez parfaitement bien résumé la situation. C'est comment concilier en effet le contrôle et la sécurité. Il faut savoir que j'ai donné un chiffre d'ailleurs qu'il n'a pas démenti, le maire de Paris. Depuis 2013, 40 000 vacataires ont été recrutés. La difficulté, en fait, c'est qu'avec ce turnover, ça crée des angles morts. C'est-à-dire que le vacataire, il arrive, il ne connaît pas les équipes, il ne connaît pas les enfants et il est immédiatement au contact des enfants. Et donc, ce qu'on dit, c'est comment est-ce qu'on peut faire en sorte d'éviter que ce turnover, en fait, se retourne tout simplement contre les enfants. Et en même temps, tous les mères, vous le diront, ils gèrent la pénurie d'animateurs formés et qualifiés. Et donc, ce qu'on dit, c'est qu'il faut en effet, ça fait des années que... Tout le monde le dit en fait, mais professionnaliser cette filière. Vous savez, c'est une vocation d'être au contact d'enfants. Et le BAFA est totalement insuffisant. Il faut une vraie formation diplômante de 2 ans, un diplôme d'État qui permet tout simplement, plutôt que ce soit de la garderie, de la sieste, surveiller les dortoirs ou la cantine, qu'on ait un peu plus d'ambition éducative à un moment où on voit en fait que la France s'écroule dans toutes les enquêtes PISA.
Mais est-ce que la formation que propose la mairie de Paris, 14 heures de formation, pour voir si la personne est adaptée ou pas avec les enfants, est-ce que c'est déjà une première réponse ? Ça ne peut pas être suffisant évidemment. – Elle est
insuffisante, mais c'est déjà une première réponse. Vous savez, encore une fois, je le redis, j'ai bien vu que dans les formations qui avaient été faites, déjà les noms des vacataires qui ont fait cette formation n'existent pas. Donc on ne sait même pas en fait combien ont été formés. Il y avait un chiffre là que j'ai gardé sous les yeux, voilà. 3 200 vacataires, en fait, sont recrutés chaque année et environ 300 seulement ont été formés. 300 seulement. Donc, en fait, quand un vacataire arrive, il arrive avec ce qu'il a. S'il a l'habitude de prendre des enfants sur les genoux et qu'on lui a dit aujourd'hui, ça n'est pas possible, de même qu'on ne peut plus, on ne peut pas, on ne peut... jamais crier sur un enfant, mais que c'est son éducation et qu'il a reçu une telle éducation, il va crier sur un enfant. Sauf qu'on sait qu'un enfant de 3-4 ans, son cerveau, en fait, c'est assez traumatisant pour eux, d'être humilié, d'être dégradé, d'être tiré par la manche. Et donc, il y a toute cette formation sur les violences éducatives et sur, évidemment, la détection des signaux faibles qui est essentielle. Lors
de son audition, Emmanuel Grégoire vous a formulé plusieurs demandes.
Oui, l'une d'elles concerne le besoin d'informer l'employeur. Il a raconté le cas d'un animateur parisien placé en garde à vue hors d'Ile-de-France pour avoir consulté des contenus pédopornographiques. Il raconte cette histoire qui est assez écoutée. Il
faut plus d'un an pour que l'employeur... En soit informé, nos services le sont, par un SMS d'un commissariat local qui dit « warning ». Et on découvre que plus d'un an avant, le monsieur consultait des sites pédopornographiques. Mais les parents pètent les plombs. Et c'est normal. Il faut qu'on prenne un certain nombre de mesures conservatoires et préventives pour que ce genre de truc ne puisse plus arriver.
Emmanuel Grégoire lui demande d'informer systématiquement l'employeur que cette possibilité soit mise dans la loi. Est-ce que vous êtes favorable ?
Oui, parce que là encore, ça participe de l'omerta, qui fait qu'on ne peut absolument pas anticiper le fait d'être confronté à un prédateur potentiel. Et d'ailleurs, il a dit également qu'il fallait accéder aux tages. le fichier des antécédents judiciaires, parce qu'en fait, les trois fichiers qui sont actuellement contrôlés pour les vacataires comme pour les titulaires, en fait, sont un peu des tuyaux percés, j'allais dire pourquoi, parce qu'en fait, seules les condamnations pénales définitives figurent. Un classement sans suite ne figure absolument pas dans le B2, dans le casier judiciaire, ni d'ailleurs dans le FIGES. Alors le FIGES est un peu plus large, mais pour autant, il n'y a aucun classement sans suite qui apparaît, et donc en fait, ces contrôles d'honorabilité, c'est un peu des passoires.
– Mais ça pose cette question justement de comment on fait pour protéger les enfants et respecter par exemple la présomption d'innocence, ces deux principes qui sont un peu en tension quand on parle de ce sujet-là, comment on fait ? –
Moi je ne pense pas, je pense que le principe de la présomption d'innocence ne doit pas se traduire par un silence opposé aux familles, et d'ailleurs il le dit lui-même, le maire de Paris, il y a eu un silence époustouflant, c'est-à-dire que personne n'informait les familles alors qu'on aurait pu faire de la pédagogie en disant écoutez… Il y a un animateur qui a été suspendu. L'enquête est en cours. Nous sommes à vos côtés. On met en place une cellule psychologique. Aucune cellule psychologique n'a été mise en place. On met en place une aide juridictionnelle pour vous aider, une aide juridique, une assistance juridique. Rien de tout cela n'a été fait. Les parents se sont substitués à l'institution. Les parents ont porté plainte parce qu'à l'occasion de cette commission d'enquête, Mme Hidalgo nous a révélé qu'elle avait découvert en préparant l'audition. que les articles 40 n'étaient plus faits systématiquement entre 2021 et 2025. Heureusement que les parents ont fait ces articles 40 pour donc saisir le procureur sur un crime ou un délit parce que c'était la doctrine de l'administration et que l'administration, sa propre administration... ne l'avait pas tenu informé de ce changement de doctrine.
Il n'était plus fait parce qu'il y avait déjà des signalements, c'est ce qu'elle a expliqué. C'est exactement ça. Dans tous les cas, les faits étaient signalés. C'est-à-dire qu'ils
considéraient que c'était redondant, dès lors que des familles portaient plainte, ce n'était pas la peine que la ville de Paris. Sauf que la ville de Paris, c'est son rôle, j'allais dire même réglementaire, c'est légal de prévenir immédiatement le procureur. Emmanuel
Grégoire est revenu là-dessus, il vous en a parlé hier.
Cette semaine en
une, le canard enchaîné révèle que Rachida Dati a menacé le 29 janvier dernier une directrice d'école dans son arrondissement, le 7e arrondissement de Paris. C'est vous qui allez tout prendre, moi je ne savais rien. C'est ce que dit le canard alors qu'elle aurait été alertée dès mai 2025 à la suite de la première plainte déposée par les parents. Est-ce que vous étiez au courant de cette
Non, très franchement, encore une fois, je le redis, Madame Dati... n'était pas maire de Paris quand il y a eu ce rapport de l'inspection générale de la ville de Paris. Donc s'il faut auditionner des maires d'arrondissement, j'auditionnerai également des maires d'arrondissement.
Mais est-ce que suite à cet article, vous allez auditionner Rachida Dettier ?
Vous savez, après, il y a un vrai sujet pour moi, c'est qu'il y a le projet de loi de la protection de l'enfance le 27 octobre prochain. Et je veux raccrocher toutes les recommandations. de mon rapport à ce projet de loi pour faire des propositions très rapidement.
– Ça, on va y venir, mais là, il reste un peu de temps. Est-ce que ça peut être la semaine prochaine, dans 15 jours ? Quand vous avez lu cet article, est-ce que vous vous êtes dit ? – Mais
bien sûr, je vais recevoir aussi des maires d'arrondissement. Si ça rentre dans le calendrier, je n'ai aucun état d'âme, évidemment, à le faire. Il y a aussi d'autres maires d'arrondissement. Nous allons d'ailleurs auditionner. Gérald Darmanin, Édouard Geffray, Marina Ferrari, c'est prévu également. Et donc, il nous reste encore du temps, évidemment, pour auditionner. S'il faut auditionner Rachid Adati, on l'auditionnera. Vous avez prévu de le rendre compte, votre rapport ? Début fin octobre. Je vous dis, c'est au moment de la... du projet de loi de protection de l'enfance. Oui, qui arrivera au
Sénat le 27 octobre. Est-ce que votre objectif, c'est que les préconisations de votre rapport figurent dans ce projet de loi et puissent être transformées dans la discussion sénatoriale ? Absolument,
absolument. Je vais déposer des amendements, bien évidemment.
Emmanuel Grégoire donne une interview ce matin dans Le Parisien, dans laquelle il reformule les propositions qu'il vous a faites hier. Il dit qu'il en a parlé avec vous. Est-ce que ces préconisations, vous allez les mettre dans votre rapport ? Est-ce que ce sont les bonnes mesures
Je ne peux pas pour l'instant, tant que je n'ai pas consulté les autres membres de la commission, dévoiler des recommandations. Vous savez, ce n'est pas l'esprit du tout. Mais ça vous paraît dans le bon sens, ce qu'il préconise, Emmanuel Grégoire ? Il y a des choses intéressantes absolument dont il a parlé hier qui peuvent être intéressantes. Est-ce que
depuis qu'il est arrivé à la tête de la mairie Paris, vous avez l'impression que les choses ont changé dans la manière dont la mairie s'empare de ce scandale du périscolaire ? Une chose
est certaine, c'est qu'il a mesuré l'ampleur véritable. de l'inertie. Il y a eu une inertie depuis dix ans et il en a mesuré l'ampleur et il a pris le sujet à bras-le-corps. Jusqu'aujourd'hui, ce ne seront plus des rêves, comme on dit. des responsables éducatifs ville, pardon pour parler un peu en jargon, qui recrutent. Jusqu'à maintenant, chacun faisait venir un peu ses amis, c'était un peu du réseau. Là, désormais, il va y avoir un binôme avec un représentant des ressources humaines qui sera présent. Ils vont prendre les choses un peu plus sérieusement, avec de la vigilance, avec de la rigueur. Et c'est plutôt important.
ce scandale a juste raison, a suscité une inquiétude évidemment chez les parents. Et il y a une baisse de la fréquentation du périscolaire à Paris, mais aussi ailleurs en province. Est-ce que vous la comprenez ? Est-ce qu'on peut encore l'endiguer
? Vous avez tout à fait raison de poser la question. 13% de baisse cet été. de fréquentation des centres de loisirs, ça démontre une perte de confiance. Une perte de confiance de la part des parents, une perte de confiance quand ils se rendent compte qu'en fait, cette dilution des responsabilités fait que dans une même école, le scolaire dépend de l'éducation nationale, le périscolaire dépend des mairies, et que quand tout va bien, ça cohabite, mais dès qu'il y a un problème, chacun se renvoie la balle. Et c'est un renvoi de balle sans fin. Et c'est ça qui rend fou les parents, c'est qu'en fait, ils se disent, d'abord, il y avait les alertes, malgré ces alertes, eh bien, 10 ans après, aurait pu être évitée. Et en plus, ils sont plongés dans une solitude institutionnelle où en fait, ils n'ont pas reçu de soutien, encore une fois, de la ville de Paris. D'ailleurs, Madame Hidalgo le dit elle-même, elle ne les a pas reçus. Je peux vous assurer que pour avoir reçu beaucoup de parents de victimes, ça me réveille la nuit parfois, ces phrases que j'entends, ce sont des souffrances, des drames humains inouïs.
On suivra la poursuite de vos travaux et évidemment la remise de votre rapport. On espère que vous viendrez nous en parler fin octobre. Pour terminer, Agnès Evren, comme tous les jours, on regarde les unes de la presse régionale. Le carburant de la colère, c'est la une de la montagne. L'augmentation des prix à la pompe qui percute le quotidien des Français sans perspective d'amélioration. Le ras-le-bol monte. Le télégramme, quand l'héritage entre en campagne. Les Français vont-ils se ruer chez leur notaire avant la présidentielle ? Un dispositif est lancé pour favoriser les donations familiales. Une mesure très clivante entre droite et gauche. Et puis la lune de sud-ouest, c'est le Porges, sur la route de l'Elysée. Les candidats à la présidentielle qui défilent au Porges, cette commune martyr de Gironde, martyr des incendies de l'été. Marine Le Pen y est attendue aujourd'hui. Hier, les maires des zones sinistrées étaient reçues à l'Elysée. De quelle lune avez-vous envie de nous parler
? Sur le pouvoir d'achat, évidemment. C'est un sujet qui, je l'espère, va être vraiment... comment dire, regarder de près, parce qu'on voit qu'aujourd'hui, on a des familles qui ont du mal à remplir leurs caddies, qui ont du mal, en fait, tout simplement, à se déplacer. Et je vois qu'il y a un véritable appauvrissement en France. Et une peur du déclassement. Il faut impérativement réduire cet état obèse, en fait, qui empêche d'aider les Français quand on est face à une crise, face à des difficultés. Et donc, enfin, avoir le courage de réduire les dépenses publiques et de redonner cet argent aux Français.
Merci,
Agnès Éveraine. Merci beaucoup d'avoir été
notre invitée.