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Bonjour Maya, bonjour à tous et bienvenue dans les cas de vérité. Alors qu'il est tous les enfants sont à l'école normalement, l'année est lancée en tout cas. Du point de vue politique, l'éducation et sur toutes les lèvres, au centre de la campagne présidentielle, tous les candidats en parlent et veulent faire la révolution. Bonjour Edouard Geffray, invité des cas de vérité aujourd'hui. Merci d'être avec nous. D'abord faisons un point à 15 jours après la rentrée. Est-ce qu'il y a un prof devant chaque élève et dans chaque classe ?
Alors comme je l'avais dit, nous avons un nombre de postes vacants qu'on peut croiser comme marginal rapporté aux 800 000 professeurs. En revanche, il reste ici ou là, comme chaque année, malheureusement, c'est assez inévitable, des groupes d'heures qui ne sont pas encore pourvues, donc on y travaille. Ça représente
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combien de pourcentages d'heures qui ne sont pas pourvues ou de profs qui ne sont pas à leur pause ?
C'est difficile de dire parce qu'en fait, c'est souvent des groupes d'heures dans l'établissement. C'est trois heures, par exemple, parce qu'une personne est passée à 90%, etc. Donc on ne sait pas le quantifier en équivalent. Les syndicats,
eux, ils disent, ça touche un établissement sur deux, cette histoire.
'est probablement un tout petit peu excessif, mais pas forcément de la vérité. Après ça, un établissement, c'est plusieurs centaines d'heures et ça peut être deux, trois heures qui manquent. Donc ça ne veut pas forcément dire grand-chose appréhender comme ça. Ce qu'il y a de sûr, c'est que la quasi-totalité, évidemment, des cours sont assurés. Dans le premier degré, il nous reste à peine une cinquantaine de postes non pourvus sur les 355 000. C'est l'école primaire, premier degré. Voilà, dans le premier degré. Et collège et lycée. Et collège et lycée, on est sur quelques dizaines de postes non pourvus actuellement. Donc globalement, on a eu une rentrée que je qualifierais de correcte en termes de qualité du service public pour les Français.
Et parmi les nouveautés, l'interdiction du téléphone portable dans les lycées. Est-ce que ça marche ? Est-ce que c'est respecté
? Alors, ça se met en place progressivement. Ça veut dire que bon, c'est difficile. Non, non, parce qu'il y a des directions. Mais si vous voulez, c'est assez intéressant ce truc-là, parce que tout le monde dit que c'est quand même bien difficile de faire respecter par des élèves de 15 ans la traduction du téléphone portable. Mais en revanche, y compris dans Pisa la semaine dernière, tout le monde nous dit, et il s'est démontré scientifiquement, que c'est indispensable. Donc au bout d'un moment, ça se met en place progressivement, mais la ligne, elle est claire. Très
progressivement, vous voulez dire ?
Non, progressivement. Bon, d'accord. Mais la ligne, elle est claire, c'est qu'un élève, un lycéen ou une lycéenne... Il laisse son portable au fond du sac au lycée. Et c'est vital, c'est tout.
Sébastien Lecornu appelle tous les ministres à faire des économies sur leur budget d'ici la fin de l'année. Et il y a quelque chose qui est en train de monter. Vous allez me dire si c'est vrai ou faux. C'est très clair et net. Parmi les pistes d'économie sur le budget, il y aurait les déductions fiscales, les crédits d'impôt pour les frais de scolarité qui seraient mis en cause. Vrai ou faux ?
Écoutez, à ma connaissance, ni l'un ni l'autre en tout cas, il y a des supputations. Comme ça fait des semaines que tout le monde émet des hypothèses, si vous voulez, en dehors du budget, je suis content de voir que ça intéresse tout le monde, mais il faut regarder la copie finale. L'effet de
scolarité déductible des impôts ou qui donne droit à un crédit d'impôt, ce n'est pas remis en cause.
En tout cas, moi, à date, je n'ai aucun élément dans ce sens, mais on a un séminaire gouvernemental cet après-midi sur le budget, donc j'imagine qu'on parlera globalement du budget. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il faut vraiment arrêter collectivement les petites musiques qui visent en fait à faire peur à chacun, pour mieux faire peur à tout le monde. Ce qui compte, c'est qu'on ait un budget à la fin, parce que ça, par contre, si le pays n'a pas de budget, je peux garantir qu'on sera vraiment, pour le coup, dans une situation compliquée.
Les candidats à la présidentielle promettent tous d'augmenter les salaires des enseignants. Ils ont raison. Ils ont raison. Donc ça veut dire qu'il y a eu du retard ces dernières années.
Vous l'actez,
ça ?
Il y a eu du retard ces dernières années. Ce n'est pas seulement une question de retard. On a deux sujets différents. Il y a eu des augmentations assez importantes entre 2022 et 2024. On est dans une situation actuellement budgétaire contrainte. Et surtout, la structure de rémunération des professeurs fait qu'on a beaucoup valorisé les débuts de carrière, mais qu'après, il y a un long plateau, en fait. C'est-à-dire qu'en gros, entre 5 et 20 ans de carrière, on ne pourresse pas beaucoup. Et ça, c'est un énorme sujet. Donc là, il y a eu du retard. Il ne faut pas forcément qu'il y ait de retard. Il y a en tout cas, structurellement, la progression des salaires est très lente chez les professeurs les 20 premières années, et après par contre elle s'accélère sérieusement. Et donc c'est là-dessus qu'il faut concentrer l'effort.
Mais comme il faut faire des efforts sur le budget, ça ne se sera pas touché. On
verra bien.
Ah, c'est pas encore acquis. C'est pas sanctuarisé. Non,
non, mais c'est ni l'un ni l'autre. Mais si vous voulez, arrêtons de se poser... Mais je vous pose la question. Tout le monde se pose la question de savoir sur qui ça va tomber. Eh bien, au bout d'un moment, il y aura des
décisions qui sont prises et on verra. Alors la bonne nouvelle, en tout cas, c'est que tous les candidats, je disais, s'intéressent à l'école, à l'éducation. Ils pourront faire campagne sur ce sujet partout.
Alors, ils pourront faire campagne dans les écoles, ils pourront se rendre dans les lieux, enfin dans les écoles, pardon, en dehors du temps scolaire, mais en dehors du temps scolaire.
C'est-à-dire ?
– L'école, c'est un objet de campagne, vous voyez bien, tout le monde en parle. – Oui. – Ce n'est pas le lieu de la campagne, c'est-à-dire qu'on ne va pas faire campagne au milieu des enfants. – Qu'est-ce que ça veut dire ? – Donc ça veut dire qu'ils pourront venir en dehors des cours pour éventuellement rencontrer des personnels volontaires, c'est-à-dire si les personnes n'acceptent de les rencontrer, aucun problème, au contraire, ça leur permettra de connaître la réalité du terrain. Mais en revanche, on ne les verra pas faire le tour des classes et être photographiés. – Vous allez leur Très concrètement, je prends aujourd'hui une instruction qui indique très clairement cela. C'est-à-dire que tout candidat peut venir voir les équipes en dehors du temps scolaire. En revanche, un candidat ne commence pas à faire le tour des classes pour parler aux élèves de faire campagne. Ce sera une circulaire ? Oui. C'est nouveau ça ? C'est la première fois qu'on le dit explicitement et je crois que c'est un peu de bon sens. Mais pourquoi ? Parce qu'il y a eu des dérapages ? Vous craignez quelque chose ? Il y a un principe de neutralité du service public dont moi je suis le garant. Et je considère que des élèves de 10, 12, 13 ans n'ont pas à voir un candidat débarquer dans leur salle de classe pour faire campagne. Donc que les professeurs, bien sûr, puissent les rencontrer sur le site scolaire, évidemment. Alors peut-être dans les
écoles et collèges, mais dans les lycées. Il y a aussi dans les lycées des jeunes qui ont 18 ans.
Alors
il y a quelques
jeunes qui ont 18 ans. Oui, oui, dans les lycées professionnels, dans les lycées classiques. Oui, mais on ne commence pas à faire l'autriche sur l'âge des élèves. Il y a un principe de neutralité au service public. je n'ouvre pas une école pendant des heures de cours pour qu'on puisse y faire campagne, surtout. Mais c'est de bon sens.
Vous aviez des craintes,
non ? Non, ce n'est pas une question de crainte, mais les règles sont toujours plus simples à faire respecter quand elles sont claires et quand elles sont écrites.
Un autre sujet, c'est le périscolaire, les affaires d'animateurs accusés ou poursuivis de violences ou d'abus sur les enfants lors d'activités extrascolaires, en particulier à Paris, une commission d'enquête parlementaire au Sénat en ce moment. Anne Hidalgo, ancienne maire de Paris, dit que c'est un problème. c'est le système, il n'y a pas forcément de responsabilité personnelle ou politique. Est-ce que vous partagez ce point de vue
complètement. Il y a un fait sociétal, c'est qu'aujourd'hui un enfant sur dix a été victime, alors qu'il était mineur, de viols ou d'agressions sexuelles. Bon, ça c'est un fait sociétal. Maintenant, quand on exerce une responsabilité, par définition, on prend toutes les mesures possibles pour que ce genre d'événement n'arrive pas. Et donc je ne crois pas qu'on puisse dire, mais comme ça a été fait pendant des années, un peu par tout le monde, chat-perché, ce n'est pas chez moi. Il n'y a pas de chat-perché en matière de viol. Donc ça veut
dire que quand Anne Hidalgo dit « ce n'est pas moi », vous dites-vous « elle a une part de responsabilité ». Non, je ne suis
pas Anne Hidalgo en particulier, je n'en sais rien. Ce que je sais, c'est qu'on a la responsabilité individuelle et collective d'agir. Moi, depuis que je suis arrivé, si vous voulez, j'ai publié un guide de signalement. J'ai nommé une médiatrice en charge du droit des enfants. Je porte un fichier intérieur d'école dans la loi. Ce sujet-là, c'est un combat pour moi. Donc ça, en tant que ministre, un maire doit faire aussi attention. Il doit prendre sa responsabilité. Il doit faire en sorte que le droit soit respecté, que le cadre soit respecté. Après ça, est-ce que le cadre est suffisant ? Ça, c'est une autre question. Mais au moins, il doit faire en sorte que le cadre soit respecté. Je ne sais pas en l'occurrence. Mais un maire a des responsabilités. Évidemment. Mais comme n'importe quel... Enfin oui, le maire a une responsabilité très précise sur ses personnels, comme le ministre de l'Occation nationale a une responsabilité sur ses personnels.
Alors, ça nous amène à un couac de la rentrée qui est un peu dans le même thème. Le questionnaire qui devait être distribué en novembre aux élèves. Qui va être distribué, oui. C'est toujours novembre. Sur les violences sexuelles et sexistes, ça a été retoqué, il faut qu'il soit re-rédigé. Qu'est-ce qui va se passer ?
Il n'a absolument pas été retoqué, puisqu'il y a une version qui est actuellement en cours de travail et de consultation avec des professionnels, les organisations syndicales, les associations de parents d'élèves, les associations de protection des enfants. Donc il y a juste une version, si je puis dire, martyr, qui a été malheureusement difficile dans la presse, alors que c'était juste un document de travail fait pour être complètement remanié. Donc ça, il n'y a pas de débat. En revanche, ce qui va se passer, c'est ça qui est intéressant, c'est que ce n'est pas un questionnaire isolé, c'est un processus. En s'appuyant sur les séances d'éducation à la vie affective et relationnelle, les élèves vont tous pouvoir remplir un questionnaire pour libérer la parole et dire si oui ou non, ils ont été victimes d'actes anormaux. Mais dans
un cadre précis et pas chez eux, ni dans leur
coin. Non, non, à l'école. Et si dans ce cadre-là, ils le souhaitent, ils pourront laisser leur nom et leur prénom pour rencontrer des professionnels ensuite, infirmières scolaires, psychologues, etc., qui déclencheront d'éventuelles poursuites judiciaires. Voilà, c'est aussi simple et lisible que ça.
Merci, Edouard Giffray, d'être venu sur le plateau des cas de vérité ce soir. Ce matin, pardon, vous nous avez dit que les candidats à la présidentielle sont priés de ne pas aller à l'école quand il y a des élèves. En tout cas, surtout scolaire, oui. Une circulaire va être publiée aujourd'hui là-dessus. Merci beaucoup.